Bent Wind.

BIOGRAPHIE.

 

 

BENT WIND/Toronto (Canada)

 

Bent wind intro

 

Actif en 1969,réunion dans les 80's et 90's.

Label:Trend Records.

Genre:rock psychédélique,stoner rock,acid rock,rock.

 

Un p'tit tour et puis s'en va.

Durant les 60's, Toronto avait l'enviable réputation d'être le centre d'intérêt du rock canadien. Pour bon nombre d'artistes, indigènes comme américains, la place de l'Ontario a constitué une terre promise tout en se révélant un tremplin pour leur carrière.

Cet échiquier s'est surtout développé autour de deux points focaux, le quartier folk et hippie de Yorkville d'une part, et, de l'autre, le long de l'axe routier de la Yonge Street, plus rock and roll et R & B. Véritable poumon de la musique canadienne, Toronto a développé un son qui lui est propre.

Bent Wind, à la fin des 60's, voit le jour au sein même de la partie hippie de la cité bordant le lac Ontario, à quelques encablures de Yorkville et du campus de l'Université de Toronto. Entre les avenues Spandina et Sussex, dans un environnement envahi par les étudiants, les musiciens et les camés...

Certes, la formation ontarienne n'a pas fait long feu, n'existant véritablement que l'espace de l'année 69 où Woodstock occupe encore lourdement la mémoire collective, avant de disparaître dès 70, en même temps que les illusions hippies virent au mauvais rêve avec le tragique Altamont et le massacre de Sharon Tate par la Family de Charles Manson.

Le groupe, sous la houlette de Marty Roth, son guitariste, renaîtra de ses cendres dans les années 80, puis 90 ; et même s'il a été l'auteur d'un excellent disque d'acid rock, Sussex (1969), qui réfère au quartier miteux où tout a commencé, Bent Wind n'en a pas pour autant bouleversé le rock canadien.

Celui-ci ne compte pas parmi les légendes consacrées par ce pays, les Neil Young, Steppenwolf, The Guess Who, Joni Mitchell, Leonard Cohen, Gordon Lightfoot...

Bent wind 1Une bande de potes de classe.

Bent wind roth gibasRoth/Gibas, un tandem efficace.

Bent wind north york pop festival 69Affiche du North York Pop Festival 69.

Bent wind sussexSussex, édité à 500 exemplaires en 69.

Une bande de potes de classe...

N'empêche, il a eu le mérite d'y être, même furtivement, et de proposer une très bonne musique hypnotique, épurée mais bien construite, lourde et mélodique, au point que son LP de l'époque, pressé dans une quantité restreinte, est aujourd'hui très recherché. Il s'échange, paraît-il, pour quelques milliers de dollars...

L'histoire de Bent Wind prend forme au sein d'une bande de copains d'école qui habite dans la périphérie du quartier du centre de Toronto, The Annex, où la drogue, organisée autour de nombreux trafics, circule largement.

Les communautés hippies y élisent domicile jusqu'à la fin des 60's quand le quartier, alors déprécié, sous la pression des familles de classe moyenne et des pontes de l'Université de Toronto le jouxtant, redevient résidentiel et fréquentable.

C'est en 1969 que Marty Roth, guitariste rythmique et chanteur, qui tient un head shop au coin de l'avenue Sussex et de la Robert Street, Gerry Gibas (lead guitare et chanteur), Sebastian Pellaia (bassiste) et Eddie Thomas Majchrowski (batteur) forment le noyau qui mène à Bent Wind.

Gibas et Roth, tous deux fans des Beatles, ont précédemment été de The Roads To Ruin, avec lequel ils ont tourné en reprenant des titres des anglais et de Simon & Garfunkel.

Ce répertoire emprunté, ils en font vite le tour et jugent opportun de créer leurs propres chansons. Pelaia et Thomas, quant à eux, sont des novices.

Une musique originale underground.

Les quatre potes se mettent à jammer régulièrement dans les sous-sols exigus, humides, insalubres et mal éclairés de la maison que la mère de Majchrowski loue à des hippies (Gibas en est un des locataires), située au 57 de la Sussex Avenue, tout en continuant à travailler leur écriture.

La musique originale devient alors leur fond de commerce.

Accord après accord, ligne après ligne, le groupe développe une musique underground rugueuse tirant sur le psychédélisme et trouve un écho favorable auprès de son entourage immédiat. C'est déjà ça.

A raison de 6 jours par semaine, de prises conséquentes d'acids et de fumette régulière, les quatre compères, sans formation musicale sérieuse pour certains d'entre eux, apprennent rapidement et collectivement se montrent assez efficaces, au point d’être repérés par les organisateurs de concerts régionaux.

Ils évoluent alors dans une filière proche de Blue Cheer ou d'Iron Butterfly, bien que plus lourds, plus primitifs et dépourvus de direction musicale.

Le rôle crucial de Buchanan.

En juillet 1969, Bent Wind prend part au North York Pop Festival réunissant, sur 12 heures, une douzaine de formations locales, au cours duquel il est approché par un certain Merv Buchanan, producteur et responsable torontois de Trend Records qu'il a fondé 4 ans auparavant dans une école de la banlieue torontoise de West Hill.

Ce dernier, à une époque où le Canada ne compte que très peu de maisons de disques, exception faite des labels majeurs comme Capitol et RCA, veut rendre accessible le domaine de l'enregistrement aux talents de la place qui n'ont pas les moyens de leurs ambitions. Produire, presser, distribuer et promouvoir un disque est alors un défi insurmontable pour les jeunes artistes inexpérimentés que sont les membres de Bent Wind.

Buchanan va leur donner la possibilité de traduire sur acétate le gros potentiel qui est le leur, à commercialiser ses chansons originales et à les diffuser sur les ondes radiophoniques du pays.

Une semaine après cette rencontre, le groupe se retrouve avec un contrat en main et peut ainsi procéder, en quelques heures et en un minimum de prises, à l'enregistrement d'un premier single : Sacred Cows/Castles Made Of Man.

Trop heureux d'être là, Bent Wind ne se montre pas trop regardant sur la qualité des enregistrements ainsi que sur le tirage limité d'un single qui fait le lien entre le rock garage du milieu des 60's et le heavy psych.

Bent wind marty roth

« Mon intention en musique était d'écrire des chansons et de faire en sorte que les gens les aiment. Je n'en ai jamais fait une question d'argent ou de célébrité. Si ça avait été le cas, j'aurais choisi une autre voie. «Sussex» de Bent Wind a été piraté à de nombreuses reprises à travers le monde et bien que de nombreuses personnes aient profité de «Sussex», le groupe lui-même n'a jamais gagné un centime. Je veux juste dire, merci à tous ceux qui nous ont soutenus au fil des ans et je fume un joint en votre honneur! » (Marty Roth)

Bent Wind, disque d'amateur mais denrée rare.

Dans la foulée de ce double titre, comme le groupe a la matière pour alimenter un premier album, celui-ci est réalisé avant la fin de l'année 69. Deux jours sont nécessaires pour enregistrer Sussex, référant à l'origine de Bent Wind.

Le tirage étant, une fois encore, très limité (500 exemplaires), le disque, solide et digne d'intérêt malgré de grosses imperfections techniques et un chant déroutant et terne, devient une denrée rare que les collectionneurs s'arrachent.

Sacred Cows, Riverside, Mystify, Going To The City, Hate et Touch Of Red sont les pièces les plus intéressantes de l'album signé par le line-up d'origine, mais, faute de véritables moyens, le LP, dans son ensemble, révèle de l'amateurisme, et du label et de leurs auteurs.

On est quand même loin du Saint Graal du psychédélisme annoncé, fut-il canadien... A sa sortie, Sussex n'a pas vraiment marqué les esprits. Ce n'est que depuis 50 ans, qu'il rallie à lui des supporters un peu partout sur la planète.

Dans la foulée de la sortie de Sussex, Bent Wind a assuré une poignée de concerts avant de revenir, en mars 1970, chez Trend pour l'enregistrement d'un second single (Leroy Goes West/The Leper) et quelques autres titres qui constituent la matière de The Lost Ryerson Tapes. C'est sa dernière apparition de l'époque avant de disparaître alors que le single n'est pas encore publié.

Rebelote dans les 90's.

Marty Roth réunit une nouvelle équipe 20 ans plus tard. Seul Gibas, parmi les membres fondateurs, repique furtivement au truc en revenant à la basse (il est remplacé avant la fin de l'année 1989 par Bill Miller), Robbie California (Robert Brockie) occupant la guitare et John Butt s'installant à la batterie.

Bent Wind y va alors d'un deuxième opus, The Fourth Line Is...You Will. Shadows On The Wall (en 1996 pour Psychedrome) vient compléter le catalogue.

Marty Roth et son équipe déposent, cette fois, définitivement les armes, le leader de Bent Wind se contentant de poursuivre sa route seul (RAZOR©2021).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Bent wind sussex

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BENT WIND

SUSSEX – 1969  3,5/5

 

Publié en octobre 1969.

Produit par Merv Buchanan.

Durée:35:02.

Label:Trend Records.

Genre:rock psychédélique.

 

Moins excitant que supposé.

 

Les critiques les plus dithyrambiques pleuvent généralement sur ce disque de Bent Wind, Sussex (1969), par ailleurs le seul de la discographie 60's des musiciens de Toronto.

Considéré par certains comme le Saint Graal du heavy psych canadien, Sussex n'est pas pour moi le disque vu comme tel. Il est parfois bon, on ne peut le nier, mais de là à faire grimper aux rideaux, il y a une marge.

Son côté obscur et la difficulté à mettre la main dessus alimentent une réputation qui me semble surfaite, Bent Wind n'étant, à mes yeux, qu'un groupe qui prend son pied à jouer pour jouer, mais sans grande originalité.

Dans certains cas, Bent Wind s'en sort avec les honneurs (Touch Of Red, Going To The City, Mystify, Riverside, Hate et Sacred Cows) mais, pris dans son ensemble, l'album, inégal, souffre de ne pas disposer d'une matière plus solide.

Et à la longue, au fil de l'écoute, ce garage rock un peu désordonné devient rasoir, d'autant que la qualité sonore n'est pas ce qu'il y a de mieux ici (RAZOR©).

 

1. Sacred Cows.

2. Riverside.

3. Mystify.

4. Going To The City.

5. Castles Made Of Man.

6. Look At Love.

7. Hate.

8. Touch Of Red.

9. The Lions.

 

Sebastian Pelaia:basse.

Jerry Gibas:guitare,chant.

Eddie Thomas:batterie.

Marty Roth:guitare rythmique,chant.

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