Blue Cheer.

BIOGRAPHIE.

 

BLUE CHEER/San Francisco (Californie)

 

Blue cheer trio

 

Actif entre 1967 et 1972,1974 et 1975,1978-1979,1984 et 1994,1999 et 2009.

Labels:Philips,Megaforce,Mercury,Akarma,Rainforce,Evangeline.

Genre:hard rock,rock psychédélique,blues-rock,acid rock,heavy metal.


Le pionnier du Stoner rock.

La place san franciscaine de la deuxième moitié des 60's et du début des 70's a généré différents courants qui ont contribué à façonner ce que l'on appelle le San Francisco Sound. Chacun avec un son et un style propres : les Charlatans, les Beau Brummels, Grateful Dead, Jefferson airplane, le Big Brother de Janis Joplin, Love, It's a Beautiful Day, Quicksilver Messenger Service, Santana, Moby Grape, Hot Tuna...

Blue Cheer, c'est la filière hard rock et heavy metal de la baie de Frisco, articulée autour du blues, du rock psychédélique et caractérisée par une rythmique hypnotique, simple et renouvelée qu'accompagne une déferlante de décibels : on appelle ça le stoner rock ou desert rock. Blue Cheer en est un des pionniers. Son nom revient en première ligne, dès lors que l'on évoque ce sous-genre du rock ; son album Vincebus Eruptum (1968) est l'incarnation même du psychédélisme en mode Area Bay ; Blue Cheer, monté en trio, a choisi de l'aborder de la manière la plus radicale : avec une production a minima, de la vitesse et du volume à te faire voler en éclats les tympans.

Blue Cheer est nommé ainsi en référence à une variété de LSD développée par le chimiste underground Owsley Stanley, celui-là même qui fournissait Ken Kesey et les Merry Pranksters pour leurs acids tests et qui arrosait la Baie en cachetons.

De 6 à 3.

La première incarnation de Blue Cheer est créée à la fin de l'année 1966 autour d'Eric Albronda, Jerry Russell et de Dickie Peterson, rejoints par Jerre Peterson, Vale Hamanaka et Jerry Whiting. Elle s'appuie donc sur 6 membres mais Eric Albronda est remplacé par Paul Whaley. Il reste cependant au sein de Blue Cheer et s'occupe de la direction du groupe, de la production de ses albums. Blue Cheer est également géré par Gut Turk, un ex-Hells Angels.

Blue cheer trio 1

Blue cheer trio 2

Blue cheer affiche

Blue cheer vincebus ereptum

Après avoir vu le Jimi Hendrix Experience évoluer à Monterey, Blue Cheer opte pour une configuration en trio. Hamanaka et Whiting sont sacrifiés sur l'autel du décibel tandis que Jerre Peterson se retire aussi. Restent Dickie Petersen et Paul Whaley ; ils recrutent alors Leigh Stephens comme guitariste. Le trio, en signant un explosif Summertime Blues (Eddie Cochran) montre à quel point il est cru, bestial, se positionnant comme le groupe le plus éloigné du peace and love ambiant que véhiculent alors les Dead, Airplane ou It's A Beautiful Day.

Sauvage mais efficace.

Du Summertime Blues d'Eddie Cochran, il rend une copie sauvage et insolente, mais ça marche et ce Summertime Blues ainsi revisité s'avère d'une grande simplicité mais surtout d'une redoutable efficacité, puisqu'il atteint la 14ème place du Billboard. Le batteur frappe comme un damné, le son émanant du jeu du guitariste est crade à souhait et son chanteur vocifère avec arrogance, beugle en frappant les cordes de sa basse.

Le chant, c'est l'affaire de Dickie Peterson, né en 1946 et mort en 2009 d'un cancer du foie ; il commence l'apprentissage de la basse à 13 ans et fait partie, dans un premier temps (1965/66), du groupe de garage appelé B. (originaire de Davis, à une heure de San Francisco) qui devient Andrew Staples. Dickie Peterson est très impliqué dans le processus de création de Blue Cheer et son jeu de basse est le point de mise à feu de l'apocalypse sonore du groupe.

Paul Whaley, batteur, vient d'Oxford Circle, formation de garage psychédélique, également originaire de Davis et qui a pour modèle les Yardbirds. Quand Paul Whaley intègre le projet à la place d'Albronda, au moment où l'écrémage pour passer en tierce s'opère, le choix des deux membres restants de recruter un guitariste se reporte sur Leigh Stephens, excellent guitariste dont le talent lui vaut encore aujourdui de trôner à une honorable 98ème place dans la liste des 100 meilleurs guitaristes Rolling Stone. Blue Cheer est né, Paul Whaley étant à l'origine du choix du nom. Cette configuration fait ses premières gammes dans les sous-sols du magasin de Gut Turk. Les prestations affichent une lourdeur, une puissance, une simplicité qui va faire du bruit dans le Landerneau californien. Et ça, Philips, le label qui les signe, semble adorer.

Le phénomène Vincebus Eruptum.

Quand Vincebus Eruptum tombe dans les bacs en janvier 1968, les murs des salles de rédaction se mettent à trembler ; le blues-rock psych minimaliste et structuré au rabais de Blue Cheer a les doubles faveurs des critiques et du Billboard dont il manque de peu d'entrer dans le top 10. Incroyable. Qui aurait imaginé un seul instant qu'un maelstrom sonore aussi simpliste et rougeoyant affreusement les Marshall, ait sa place dans le top 10 des disques de proto-metal, bénéficie d'une cotation digne des plus grandes œuvres discographiques rock et autorise la qualification de ses auteurs en power trio, terme réservé alors à des formations autrement mieux armées ? Qui ?

N'empêche en six titres (3 reprises, 3 originaux de Peterson) et un peu plus d'une demi-heure influencée par les prises d'acids, c'est un tsunami dévastant la Baie de Frisco auquel on assiste impuissant. A partir de cette prestation un peu primitive, décousue et désordonnée, on va même jusqu'à accorder à Blue Cheer la paternité du heavy metal. Mouais...

Quand le loup se fait agneau.

Outsideinside, paru 6 mois plus tard, (août 68), partagé, comme l'indique son titre, entre intérieur et extérieur, est en quelque sorte un Vincebus Eruptum bis, à savoir qu'il reproduit la même pression sonore que la référence supposée de Blue Cheer, mais en mieux. En mieux dans la mesure où les acteurs expriment leur grande frustration, leur folle agressivité et leur ardeur inouïe d'une façon plus canalisée, dans la mesure aussi où l'album bénéficie de la concision de ses chansons et de l'apport de claviers très intéressants (Ralph Burns Kellogg).

Pour Leigh Stephens, c'en est trop, il quitte le groupe pour ne plus partager l'ancrage artistique dans le Stoner rock et pour tous les dégâts qu'il occasionne dans son sillage (violence, drogue et problèmes relationnels en interne). Randy Holden (ex Other Half) saute dans la brèche dès l'été 1968, tandis que Ralph Burns Kellog reprend du service aux claviers et que Bruce Stephens vient poser sa guitare sur New ! Improved ! (avril 1969), troisième LP du catalogue.

Blue cheer peterson

« Je pense que la culture de la drogue a fait du bien, mais qu'elle est devenue mauvaise. Mais ne vous méprenez pas, je suis contre la drogue et je ne cautionne en aucun cas son usage. J'ai abusé des drogues, mais à ce moment-là, elles ont ouvert des pans dans ma tête et cela a changé ma vie ; peu de gens sont morts du LSD, mais beaucoup l'ont été et le sont avec l'alcool ou l'héroïne. Quand vous prenez du LSD, la musique prend une toute nouvelle perspective, le son change. » (Dickie Peterson)

Ce remaniement au niveau du personnel entraîne une métamorphose dans le son de Blue Cheer. En tempérant leur fougue, les acteurs proposent un rock, certes lourd, mais beaucoup plus digeste s'apparentant à des concurrents comme Mountain, Steppenwolf, Iron Butterfly, voire même Cream même s'il n'en ont pas le niveau.

Virage musical.

La plus-value technique est pourtant perceptible, Blue Cheer évolue favorablement et New ! Improved a de la qualité, malgré les quelques casseroles qu'il a toujours au cul. Il est pourtant une réalité : Blue Cheer n'a plus de commune mesure avec le groupe fétiche de Janis Joplin et des Hells Angels sanfranciscains qui pulsait, il y a un an encore, un blues-rock bâtard à partir d'amplis réglés au maximum de leur puissance.

L'éponyme Blue Cheer, sorti fin 1969 et encore blues psychédélique, flirte même avec l'acoustique et le country-rock. Le loup est devenu agneau. De la meute d'origine constituée en 1966, seul Dickie Peterson rôde encore dans les parages. Paul Whaley a passé la main au profit de Norman Mayell.

Ce que fait également Bruce Stephens qui n'est pas à l'appel du cinquième opus (The Original Human Being de septembre 1970), ouvert aux cuivres et aux influences orientales ; Gary Lee Yoder, ancien d'Oxford Circle et de KAK devient le nouveau guitariste d'un Blue Cheer qui, pour un peu et en virant folk-rock, ferait pleurer les Hells Angels de la première heure. Pas les adeptes de douceur, de coolitude ou de mélancolie qui se retrouvent dans cet album joyeux, accrocheur et pour lequel Richard Peddicord, deuxième guitariste, s'invite. Blue Cheer évolue dans des sphères qui lui vont plutôt bien comme en atteste le N° 6, Oh Pleasant Hope de 1971, dernier LP studio des 70's de Blue Cheer ; guère plus vendeur que les précédents, il précipite l'arrêt d'un groupe qui se fera et se défera plusieurs fois au cours des décennies suivantes sans jamais produire quoi que ce soit vraiment probant. Il s'est éteint définitivement en 2009 avec la mort de son membre permanent : Dickie Peterson (RAZOR©).

 

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Blue cheer vincebus ereptum

 

BLUE CHEER

VINCEBUS ERUPTUM – 1968  2,5/5

 

Publié en janvier 1968.

Produit par Abe Voco Kesh.

Durée:32:08.

Label:Philips.

Genre:stoner rock,hard rock,heavy metal,rock psychédélique,blues-rock.

 

Acid-rock primitif.

 

Le visage angélique de votre ravissante épouse se mue, tout d’un coup, en un affreux facies étique, aux cavités orbitales diaphanes, au crâne décharné. De sa bouche difforme s’extirpe, en ondulant, un hideux serpent tricéphale, pour venir se lover autour de votre cou. Vous tentez vainement de vous en dégager dans un mouvement saccadé, des gestes pesants et lents qui ne touchent jamais leur cible, mais affolant le reptile, lequel se réfugie, en émettant un rire sardonique, sous la mousse végétale multicolore et dense d’un vulgaire essuie-pieds crotté, avant de se désintégrer pour réapparaître, plus loin sur l’étagère à vinyles, sous l’apparence d’un sanglier inhospitalier et prêt à charger. L’air se fait de plus en plus moite, rare, changeant le grain de votre peau devenue verdâtre, en une pâte visqueuse qui se liquéfie dans le même temps que vos jambes se dérobent…

Ces hallucinations terrifiantes, induites par le LSD, traduisent en quelque sorte ce que m'inspire la musique alimentant Vincebus Eruptum (en écoute intégrale ici) sorti début 1968 et crédité à Blue Cheer : le reflet d’une défonce sous acid, prétexte à sonorisation à outrance, distorsions excessives, beuglements abusifs, par des gamins sauvages, brutaux, sans limites, sans scrupules, encore limités techniquement et avec peu de kilomètres au compteur. On appelle ça le Stoner rock et franchement, qu'il jette les bases du heavy metal à venir me laisse de marbre comme vous ne pouvez même pas imaginer.

Vincebus Eruptum a tout du Mammuthus Primigenius : dans une démarche pachydermique pataude, il charge violemment sur un Summertime Blues qui a rarement été aussi écrasé, trituré, malaxé, réduit à l’état de bouillie, avant de réserver un sort identique à d’autres standards du blues. Eddie Cochran, alors mort depuis 8 ans, doit se retourner dans sa tombe.

Basses amplifiées, guitares rugissantes, à la limite de ce que l’oreille peut supporter, amplis à donf, tapage nauséabond, souvent abominable et pas toujours dans la justesse, violence et lourdeur permanentes et mal canalisées, expérimentations partant dans tous les sens, son décousu, distorsions frénétiques, technique balbutiante, soli pourris, production minimale… cette nouvelle race de musicos (je me demande parfois s’il faut appeler ainsi ces rockers du paléolithique) n’a pas froid aux yeux et innove avec une brutalité et une sauvagerie alors jamais rencontrées.

Idolâtrés par les Hell’s Angels, ce trio de rock psychédélique californien, constitué de Dickie Peterson, Leigh Stephens, Paul Whaley, fait plus de bruit que Grand Funk, Black Sabbath et les Clash réunis.

Dans ce contexte de sales décibels maniés par des amateurs, difficile d’y trouver ma place. Que certains voient en ce disque désordonné, brouillon, maladroit, sans grand talent, dont chaque note pue l’acid et la crasse, un disque culte, je veux bien, car ces ancêtres du Neandertal Man sont incontestablement des précurseurs en termes de Heavy Metal, mais de là à lui octroyer la note maximale, je ne suis pas d’accord.

Hormis Doctor Please, Rock Me Baby, de quels arguments dispose ce disque dépourvu de la moindre parcelle de talent et d'intérêt et dont les acteurs-bikers en oublient même qu’ils jouent ensemble tant ils sont défoncés ? Aucun.

En tout cas, même s’il a été influent pour les générations de hard rockers à venir, je n’ai absolument pas été convaincu. Pas plus hier qu'aujourd'hui (RAZOR©).

 

1. Summertime Blues.

2. Rock Me, Baby.

3. Doctor Please.

4. Out Of Focus.

5. Parchment Farm.

6. Second Time Around.

 

Dickie Peterson:basse,chant.

Paul Whaley:batterie.

Leigh Stephens:guitare.

LP Studio 2 - 1968

 

Blue cheer outsideinside

 

BLUE CHEER

OUTSIDEINSIDE – 1968 3,5/5

 

Publié en août 1968.

Produit par Abe Voco Kesh.

Durée:32:44.

Label:Philips.

Genre:heavy metal,hard rock,rock psychédélique,acid rock,blues-rock,stoner rock.

 

Mieux structuré.

 

Autant j’étais resté dans les starting-blocks pour Vincebus Eruptum, pas du tout ma tasse de thé, autant le LP qui suit, Outsideinside (en écoute intégrale ici), sorti à l'été 1968, m’a un tantinet réconcilié avec ces 3 sauvageons qui font du bruit comme 1000.

Pour le coup, me voici supporter de Blue Cheer, ce trio psychédélique loin d’être dans l'esprit flower-power, certainement plus enclin à chevaucher les gros cubes qu’à conter fleurette à madame dans un champ de blé.

Leur deuxième effort discographique est mieux canalisé. Enfin, je parle là de la vigueur, de l'énergie, de la frustration et du désir de montrer de quel bois les lascars se chauffent.

Si les Marshall crachent toujours autant de décibels, si les riffs sont toujours aussi mordants, leur énergie fracassante est jugulée, les improvisations intempestives sont apprivoisées et le rendu est moins bordélique.

Blue Cheer joue enfin ensemble et la qualité de la prestation est sans commune mesure avec le cradingue et anarchique Vincebus Ereptum, qui n’a pour lui que le fait d’avoir ouvert une porte pour le heavy metal.

Outsideinside, enregistré simultanément à intérieur et à l’extérieur, est un excellent travail. Aux premières notes de l’album, on en est même à se demander si Blue Cheer n’a pas viré sa cuti, tant Outsideinside diffère de son cacophonique devancier.

De Feathers from Your Tree à Babylon, les 9 titres atmosphériques témoignent cette fois-ci de qualité, dont une reprise (peut-être la meilleure) du Satisfaction des Stones. Pour le coup, Outsideinside me réconcilie avec Blue Cheer et m'incite à aller plus loins dans sa découverte (RAZOR©).

 

1. Feathers from Your Tree.

2. Sun Cycle.

3. Just a Little Bit.

4. Gypsy Ball.

5. Come and Get It.

6. Satisfaction.

7. The Hunter.

8. Magnolia Caboose Babyfinger (Instrumental).

9. Babylon.

 

Dickie Peterson:basse,chant.

Paul Whaley:batterie.

Leigh Stephens:guitare.

LP Studio 3 - 1969

 

Blue cheer new improved

 

BLUE CHEER

NEW ! IMPROVED ! - 1969 3,5/5

 

Publié en avril 1969.

Produit par Milan Melvin.

Durée:31:25.

Label:Philips.

Genre:heavy metal,hard rock,rock psychédélique,blues-rock.

 

Un rock plus digeste.

 

Entre l’anarchique et cacophonique Vincebus Ereptum et ce troisième LP d’avril 1969 sur Philips Records, New ! Improved !, Blue Cheer, groupe de Frisco, nous entraîne dans deux mondes différents, en moins de deux années. Les fans d’origine y perdent leur latin.

Ces précurseurs d’une musique révolutionnaire (Stoner Rock), jamais entendue préalablement, jouée amplis à fond et électrifiée à outrance, annonciatrice du futur heavy metal, ont tempéré leurs ardeurs, transformant leur rock lourd en un rock plus digeste. C’était déjà perceptible sur Outsideinside.

Par ailleurs, de trio, la formation s’étoffe, tout en perdant au passage Leigh Stephens pour divergences artistiques. Elle bénéficie de l’apport de Randy Holden, de L.A, en remplacement, et du claviériste Ralph Burns Kellog. La guitare de Bruce Stephens s’invite également ici.

La métamorphose opéré par les sanfranciscains n’est pas pour me déplaire, dans la mesure où elle rapproche la formation américaine de références comme Mountain, Steppenwolf ou Iron Butterfly.

New ! Improved !, influencé par le blues, marque donc un changement de style notoire, une évolution significative à laquelle Randy Holden, Bruce Stephens et Ralph Burns Kellog ne sont pas étrangers. Leur présence contribue à doter ce disque d’une indéniable plus-value technique, notamment celle de Randy Holden au jeu de guitare, plus créatif que son prédécesseur au poste et de Ralph Burns Kellog, excellent claviériste.

L’album a de la qualité (I Want My Baby Back, Aces ‘N’ Eights, le country-rock As Long As I Live, le chant sauvage de Peterson sur la belle reprise de Dylan It Takes A Lot To Laugh It It Takes A Train To Cry), mais également de belles casseroles au cul (When It All Gets Old, West Coast Child Of Sunshine). En vérité, c’est dans la deuxième phase de New Improved! que ça se passe.

Blue Cheer, revenu à un trio (Holden, Whaley et Peterson), casse la baraque sur Peace Of Mind. La prestation d’Holden (en overdub) amène à regretter que ce dernier n’ait pas signé un bail plus long avec Blue Cheer, car il montre de bien belles dispositions (Fruit & Iceburgs).

Ce n’est pas le disque de l’année 1969, mais il a le mérite d’avoir été réalisé. Alors si, au fonds d’un bac, chez un vieux disquaire de quartier, vous étiez amené à le dénicher, mettez le mouchoir dessus, ça ne mange pas de pain (RAZOR©).

 

1. When It All Gets Old.

2. West Coast Child of Sunshine.

3. I Want My Baby Back.

4. Aces 'n' Eights.

5. As Long as I Live.

6. It Takes a Lot to Laugh, It Takes a Train to Cry.

7. Peace of Mind.

8. Fruit & Iceburgs.

9. Honey Butter Lover.

 

Dickie Peterson:basse,chant.

Paul Whaley:batterie.

Bruce Stephens:guitare sur 1 à 6.

Ralph Burns Kellogg:claviers sur 1 à 6.

Randy Holden:guitare sur 7 à 9.

LP Studio 4 - 1969

 

Blue cheer lp 69

 

BLUE CHEER

BLUE CHEER – 1969  3,5/5

 

Publié en décembre 1969.

Produit par Michael Sunday.

Durée:36:15.

Label:Philips.

Genre:hard rock,blues-rock.

 

Récréatif.


En tournant délibérément le dos à la musique ignoble de ses débuts (Vincebus Eruptum), Blue Cheer, l’enfant bâtard de la scène de Frisco, a perdu une grande partie de son électorat. En parallèle, en faisant dans la subtilité depuis New ! Improved !, voire déjà dans Outsideinside, il s'est attiré la sympathie d’autres fans, adeptes d’un rock moins cacophonique, plus léger et mieux structuré. Comme ces derniers, je suis client.

L’orientation vers un rock allégé, voire vers un pop-rock, n’a plus de commune mesure avec ce pour quoi les supporters de la première heure s’enflammaient. Même le line-up s’en éloigne, car de la mouture originelle, articulée autour du trio Dickie Peterson, Leigh Stephens et Paul Whaley, seul le premier nommé pointe encore présent à la sortie de l’éponyme quatrième LP de cette fin d'année 1969.

Peterson est désormais entouré de Bruce Stephens (guitariste), Ralph Burns Kellog (claviériste), déjà présents sur l’album précédent, et de Norman Mayell (batteur). Gary Lee Yoder, guitariste, apporte son écot à à la clôture de l’album en contribuant sur la première et la dernière composition, préfigurant un rôle plus prononcé dans le Blue Cheer à venir et auquel son jeu apportera une marque distinctive.

Blue Cheer, version LP et publié pour Philips Records, flirte avec l’acoustique, le country-rock et le blues psychédélique. Le rendu est digne d’un bon disque d’un bon groupe lambda. A noter l’excellente reprise de Delaney, Hello L.A Bye Bye Birmingham, Fool, You’re Gonna Need Someone et Saturday Freedom. Pour le reste, c’est à vous de voir…(RAZOR©)

 

1. Fool.

2. You're Gonna Need Someone.

3. Hello LA, Bye Bye Birmingham.

4. Saturday Freedom.

5. Ain't That the Way (Love's Supposed to Be).

6. Rock and Roll Queens.

7. Better When We Try.

8. Natural Man.

9. Lovin' You's Easy.

10. The Same Old Story.

 

Bruce Stephens:guitare,chant,choeurs.

Dickie Peterson:basse,chant.

Ralph Burns Kellogg:claviers.

Norman Mayell:batterie.

LP Studio 5 - 1970

 

Blue cheer original human being

 

BLUE CHEER

THE ORIGINAL HUMAN BEING – 1970 3,5/5

 

Publié en septembre 1970.

Produit par Eric Albronda,Ralph Burns Kellogg.

Durée:44:30.

Label:Philips.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,hard rock,country-rock.

 

Une curiosité.

 

Cinquième album de ce groupe considéré comme le plus bruyant et le plus craint sur terre, à son avènement (Vincebus Ereptum), groupe ayant posé les fondements du heavy metal, du grunge et du punk (Blue Cheer), The Original Human Being (en écoute intégrale ici) de 1970 est une autre curiosité de la bande à Peterson, désormais seul survivant d’une minorité musicale qui a représenté le rêve inabouti d’une jeunesse de la fin des sixties.

Ce statut de précurseur d’un rock sauvage est vite tempéré (dès le deuxième disque), au point de l’éloigner de ses fans du moment qui peinent à le lui pardonner depuis, bikers et Hells Angels en tête.

A vingt ans, l’époque était généralement à la colère, aux conneries et aux abus. Sur ce plan, Blue Cheer n’a pas lésiné sur les moyens et peut s’estimer être encore debout ; depuis ils ont mis de l'eau dans leur vin, se sont achetés une conduite. En ce sens, les turn-over amorcés par New ! Improved ! ont du bon. Personnellement, je ne regrette pas que les sauvageons aient pris du plomb dans le carafon, je les préfère comme ça.

Ils ont opté pour la sagesse et, ma foi, ce choix leur réussit plutôt bien si l’on en juge par ce que The Original Human Being a en magasin, et ce, malgré un manque de conformité, dû à sa diversité, et de rugosité.

Blue Cheer ouvre la porte aux cuivres (Love Of A Woman) et aux influences orientales (l’instrumental Babaji). Si ce n’est pas une nouveauté en soi, cela ne manque pas d’intérêt et de saveur. A l’image de Good Times Are So hard To Find, un de leurs meilleurs titres, du blues âpre Man On The Run, du countrysé Tears In My Bed, Pilot (du rock solide), de Black Sun ou de Sandwich, ce Blue Cheer-là tient la route (RAZOR©).

 

1. Good Times Are So Hard to Find.

2. Love of a Woman.

3. Make Me Laugh.

4. Pilot.

5. Babaji (Twilight Raga).

6. Preacher.

7. Black Sun.

8. Tears in My Bed.

9. Man on the Run.

10. Sandwich.

11. Rest at Ease.

 

Dickie Peterson:basse,guitare,chant sur 2/3/9.

Bruce Stephens:lead guitare.

Paul Whaley:batterie.

Gary Lee Yoder:guitare,harmonica,choeurs, chant sur 1/4/8,10/11

Ralph Burns Kellogg:orgue,piano,synthétiseurs,basse.

Norman Mayell:guitare,percussion,sitar,batterie.

LP Studio 6 - 1971

 

Blue cheer oh pleasant hope

 

BLUE CHEER

OH ! PLEASANT HOPE – 1971  4/5

 

Publié en avril1971.

Produit par Eric Albronda,Blue Cheer.

Durée:32:18.

Label:Philips.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,folk-rock.

 

Oh Oui, très plaisant !

 

Pour peu, ils nous feraient pleurer tant ils sont devenus mélancoliques, nos gaillards de Blue Cheer. Car de mélancolie, de décontraction, de douceur, il en est question ici. Certains inconditionnels de Vincebus Ereptum, la référence incontournable et terrifiante quant à ce groupe, pourraient en ressentir une grosse frustration. Je n’ose même pas imaginer la tronche du Hell’s Angel à la sortie de Oh ! Pleasant Hope (en écoute intégrale ici) en 1971. 

Oui mais voilà, Blue Cheer a décidé d’explorer d’autres terres et se retrouve à arpenter présentement (au creux de la vague et à la veille de se séparer) et avec bonheur, celles du folk-rock.

N’en déplaise aux individus tatoués, arborant casquettes en cuir et vêtements cloutés, enfourchant grosses cylindrées, cet album, encore très Area Bay, est éblouissant et joyeux, accrocheur et efficace. Il est un des très bons LP du groupe reconduit dans son intégralité par rapport à l'album précédent, plus Richard Peddicord, guitariste et docteur en mathématiques de l’Université de Frisco.

Oh! Pleasant Hope recèle de belles pièces : Highway Man, les blues-rock Believer et Heart Full Of Soul, Ecological Blues, Money troubles, Traveling Man, l’entraînante et gaie chanson-titre et puis ce magistral et psychédélique I’m The Light. Face au niveau de ce disque (le dernier jusqu’à l’année 1983) on est en droit de se poser la question de savoir ce qu’il serait advenu si Blue Cheer avait eu un peu d’écho et trouvé sa voie plus tôt… car pour moi, c'est cette voie qu'il aurait dû suivre et ça fait longtemps que je le dis haut et fort. Pour moi, c'est 4 ; cet album n'est jamais très loin de moi (RAZOR©).

 

1. Hiway Man.

2. Believer.

3. Money Troubles.

4. Traveling Man.

5. Oh! Pleasant Hope.

6. I'm the Light.

7. Ecological Blues.

8. Lester the Arrester.

9. Heart Full of Soul.

 

Dickie Peterson:basse,chant sur 7/9.

Norman Mayell:guitare,sitar,batterie.

Gary Yoder:guitare acoustique et électrique,harmonica,chant sur 1/6.

Ralph Burns Kellogg:orgue,piano,synthétiseurs,basse.

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