Bob Weir.

BIOGRAPHIE.

 

BOB WEIR/San Francisco (Californie)

 

Bob weir

 

Né Robert Hall Weir,dit Bob Weir.

Né le 16 octobre 1947 à San Francisco.

Années actives:1963 à aujourd’hui.

Labels:Warner Bros,Arista,Grateful Dead.

Genre:rock,rock psychédélique.

Site officiel:bobweir.net

 

A la tête de Ratdog en 2014.

Membre fondateur de Grateful Dead, Bob Weir court toujours en 2019. Entendez par cette image qu’il est toujours actif, malgré quelques coups de pompe qui l'ont notamment amené, en 2015, à annuler tous les spectacles de Ratdog, son groupe du moment, Comme il est un boulimique de travail, la corde se distend parfois, mais ne rompt pas. Aucune raison n’étant invoquée dans l’information alors lancée par Rolling Stone Magazine, cela a rajouté aux interrogations qui animent ses fans. Fort heureusement, le gaillard est solide et il a depuis largement rassuré son entourage.

Bob Weir ayant rencontré quelques petits problèmes sanitaires en avril 2013, il a de lui-même fait le choix de lever le pied dans son rythme. A l’amorce du 50ème anniversaire (2015) de Grateful Dead qu’il a suggéré de commémorer avec les potes et pour les fans, Bob Weir est un peu sur tous les fronts. De quoi fatiguer un artiste qui est de toutes les batailles depuis plus de 50 ans.

Le Dead dans le coeur.

Gros travailleur, l’ex-Dead s’est investi énormément ces derniers mois sur des projets discographiques qui lui tiennent à cœur : l’un avec Josh Kaufman et Josh Ritter ; l’autre consiste à réorchestrer des chansons du légendaire Grateful Dead dans une version orchestrale.

Par ailleurs, Weir a dans l’idée de produire un opéra pour Miranda Jones. L’année 2014 est bigrement chargée pour un musicien qui n’a jamais pris de temps libre en cinq décennies. On comprend donc mieux les raisons de ce changement de programme.

Bob weir retouche 2020

« Jerry Garcia ? J’y pense très souvent. Il vit et il respire en moi. » (Bob Weir)

A 17 ans sur le devant de la scène.

Né dans la baie de San Francisco, la mythique Area Bay où il brille avec le Dead, Bob Weir chante, compose et occupe une des guitares du groupe dont Jerry Garcia est à l’origine en 1965.

Du haut de ses 17 ans, Robert Hall Weir en est le plus jeune membre. Il était préalablement, et toujours avec Garcia, dans le coup du Mother McCree’s Uptown Jug Champions qui mute en Warlock avant de donner le Grateful Dead. A cette époque, il était fréquent que le Kid parte à l’école après avoir joué avec le groupe toute la nuit.

Pilier de la formation san franciscaine, Bob Weir s’est affirmé au fil du temps comme l’un des meilleurs guitaristes rythmiques du rock, juste retour sur investissement d’un enseignement de l’instrument initié dès l’âge de 14 ans.

Un compositeur remarqué.

Ayant pour modèle le folkeux du crû, Jorma Kaukonen, par ailleurs un des leaders du concurrent Jefferson Airplane, Bob Weir est l’auteur de titres majeurs de la formation reine de l’acid-rock comme Sugar Magnolia sur l’album American Beauty, Mexicali Blues, Playing In The Band, Cassidy, Throwing Stones, The Other One ou Jack Straw.

Personnage d’une grande modestie malgré sa longévité dans le Dead, Bob Weir ouvre un chapitre solo au lendemain de la tournée de son groupe en Europe en 1972. Il était alors de bon ton que tout ce qui gravitait autour de Grateful Dead y aille de son disque et que les potes viennent filer le coup de main. Cet esprit communautaire habitait également le rival Airplane. L’époque voulait qu’il en soit ainsi.

Service gagnant pour Ace.

Sur un plan personnel, Weir signe d’abord Ace (1972), avant de rejoindre deux ans plus tard le très beau Kingfish, avec Matthew Kelly et Dave Torbert, toujours dans le giron de la Dead Family. Un deuxième LP pour son propre compte est réalisé en 1976 : Heaven Help The Fool.

La suite de sa carrière se fait dans diverses formations qu’il fait et défait jusqu’à créer les Ratdog qu’il anime aujourd’hui. Ses compositions, des reprises et le répertoire du Dead constituent aujourd’hui la matière jouée aux quatre coins de l’Amérique.

Au printemps 2018, c'est aux côtés de son complice du Dead, Phil Lesh qu'il a donné une série de concerts, avant, à la fin de la même année et au printemps 2019, de tourner sous Bob Weir & Wolf Bros dans un format à trois (RAZOR©2014).

DISCOGRAPHIE GRATEFUL DEAD 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Grateful dead the grateful dead

 

GRATEFUL DEAD

GRATEFUL DEAD – 1967  3,5/5

 

Publié le 17 mars 1967.

Produit par David Hassinger.

Durée original 1967:34:53.

Durée réédition 2003:75:46.

Label:Warner Bros.

Genre:blues-rock,rock psychédélique.

 

Le grand Dead, c'est pour après.

 

Disque constitué essentiellement de reprises, ce premier album éponyme de Grateful Dead paraît en 1967. Attention à ne pas le confondre avec le double live de 1971 qui porte le même nom et que l’on surnomme généralement Skull And Roses pour le différencier du studio.

Seule une chanson signée de celui qui sera le leader charismatique du Dead, Jerry Garcia, figure comme contribution propre du groupe à Grateful Dead l’album. Cet album éponyme, initialement baptisé The Golden Road, est quasiment passé inaperçu lors de sa publication en mars 1967. Et pourtant, s’il ne reflète pas vraiment les qualités musicales que le groupe étale en live surtout, et le son typique du Dead, cet album, à tendance folk-blues, peut se targuer de recéler d’excellents morceaux rock psychédélique.

Le Dead, dont le vrai leader est alors Pigpen, fait partie de la vague hippie qui déferle sur Frisco, rappelons-le, et est un des habitués des acid-test, ces soirées d’initiation au LSD. La pièce maîtresse de cet album, dont la réputation initiale peine à dépasser le cadre de la baie de San Francisco, est Viola Lee Blues et ses 10 minutes. Ce titre est l’exemple type de jam pour le plaisir, de ce vers quoi va tendre le Dead dans l’avenir.

La formation californienne, alors composée de Bob Weir (guitare et chant), de Jerry Garcia (guitare et chant), de Ron Pig Pen Mc Kernan (claviers et chant), de Phil Lesh (chant et basse) et du déjanté Bill Kreutzmann (batteur), ne parvient pas à retranscrire, sur cet album, la créativité de ses shows, la spontanéité de ses longues et folles improvisations initiées dans les rues de Haight-Asbury.

Quelques morceaux se mettent en évidence toutefois : les deux rocks sympas que sont Sitting On Top Of The World, Cold Rain And Snow sur lesquels Pig Pen s’éclate comme un damné sur son orgue, Good Morning Little School Girl (de Pig Pen), Morning Dew, une ballade antimilitariste poignante et classique, et The Golden Road.

Pris individuellement, on peut considérer que Grateful Dead est un très bon album. Si on le met en compétition avec ce que le groupe a fait dans la foulée, et là je réfère au tryptique Anthem Of The Sun, Aoxomoxoa et du fabuleux Live Dead), il s’efface naturellement et rentre dans le rang.

Enregistré et mixé en 4 jours, à Los Angeles, produit par David Hassinger, ingénieur pour les Stones et pour le concurrent Jefferson Airplane sur Surrealistic Pillow, fait pour Warner, cet album est le début de l’incarnation pure et dure de l’utopie hippie des années 60/70.

A avoir, si vous êtes un des indécrottables Deadheads, autrement dit si vous comptez parmi les inconditionnels fidèles qui suivaient partout ce groupe communautaire (RAZOR©).

 

1. The Golden Road (To Unlimited Devotion).

2. Beat It on Down the Line.

3. Good Morning Little Schoolgirl.

4. Cold Rain and Snow.

5. Sitting on Top of the World.

6. Cream Puff War.

7. (Walk Me Out in the) Morning Dew.

8. New Minglewood Blues.

9. Viola Lee Blues.

 

Jerry Garcia:guitare,chant.

Bob Weir:guitare,chant.

Ron "Pigpen" McKernan:claviers,harmonica,chant.

Phil Lesh:basse,chant.

Bill Kreutzmann:batterie.

 

LP Studio 2 - 1968

 

Gratefuldeadanthemofthesun 282

 

GRATEFUL DEAD

ANTHEM OF THE SUN - 1968  5/5

 

Publié le 18 juillet 1968.

Produit par David Hassinger,Grateful Dead.

Durée (Original 1968):38:57.

Durée réédition 2003:75:46.

Label :Warner Bros,Seven Arts.

Genre:rock psychédélique,rock experimental.

 

Le Dead, c’est ça !

 

L’Hymne du Soleil, alias Anthem Of The Sun, nous  transpose dans la phase psychédélique du Grateful Dead. A sa parution en 1968,  ce deuxième opus se démarque par sa structure, sorte de compilation entre le Dead des concerts et celui des studios. Les titres s’étirent sous l’effet des cachetons et l’étrangeté s’installe.

Sur scène, le Grateful Dead est hors norme, tout comme l’est sa consommation d’acids. Les deux font toutefois l’affaire et le Dead n’a pas son pareil pour partir dans de géniales improvisations très étendues et psychédéliques à volonté, généralement le temps de redescendre de leurs trips.

Côté studio, par contre, la formation d’Haight-Ashbury peine à y retranscrire l’atmosphère qui accompagne leurs concerts. Pour pallier cette déficience, un panachage entre des performances live captées durant la tournée US de fin 1967/début 1968 et des nouveaux titres est imaginé, travail qui consignera six mois durant, les Dead au studio.

Anthem Of The Sun fait rapidement  l’effet d’une bombe, remplissant parfaitement son rôle de disque curieux, culotté, original, puissant, excitant, ambitieux, parfois très étrange (LSD oblige) et innovant.

Pour promouvoir  l’affaire, le Dead, instigateur des acid-tests dans la West Coast, pousse le jeu jusqu’à agrémenter les 300 premières ventes de cet album d’autant de doses lysergiques. Petits veinards, va.

Cinq  titres l’alimentent (dont certains furent mixés sous psychotropes), qui témoignent de l’indéniable talent instrumental de son line-up, lequel est enrichi d’un second  batteur, Mickey Hart et bénéficie, pour la partie dévolue au mal portant claviériste Ron « Pigpen » McKernan, du soutien ponctuel de Tom Constanten.

Deux chansons se dégagent : le délirant et endiablé Alligator et le tout aussi foldingue, Caution (Do Not Stop On Tracks). Ce mélange hallucinant, qui a du scotcher sur leur siège les 300 premiers acheteurs, est  caractéristique du Dead complètement zinzin de la deuxième moitié des années 60. Si j’étais vous, je mettrais le mouchoir dessus (RAZOR©).

 

1. That’s It For The Other One.

2. New Popato Caboose.

3. Born cross-Eyed.

4. Alligator.

5. Caution (Do Not Stop On Tracks).

 

Jerry Garcia:guitare,kazoo,chant.

Bob Weir:guitare,kazoo,chant.

Ron “Pigpen” McKernan:orgue,chant.

Phil Lesh:basse,trompette,kazoo,piano,timbales,clavecin,chant.

Bill Kreutzmann:batterie,cloches,gong.

Mickey Hart:batterie,cloches,gong.

Tom Constanten:piano.

 

LP Studio 3 - 1969

 

Grateful dead aoxomoxoa

 

GRATEFUL DEAD

AOXOMOXOA – 1969  5/5

 

Publié le 20 juin 1969.

Produit par Grateful Dead.

Durée:38:07.

Label:Warner Bros,Seven Arts.

Genre:rock psychédélique,rock expérimental.

 

Fait avec les trips.

 

Après l’album éponyme en 1967 et Anthem Of The Sun en 1968, Grateful Dead sort, toujours en 1969, son troisième album studio, au nom palindromique imprononçable : Aoxomoxoa. Ce nom est vraisemblablement né d’une soirée trop psychotrope. Avant de continuer plus loin dans cette chronique, je vous le dis sans détour : cet album est un incontournable de la discographie du Dead. C’est l’album de nombreux classiques des californiens de Frisco.

Le groupe, à ce moment précis de sa carrière, accueille Mickey Hartman aux percussions et Tom Constanten, pianiste. Il est alors à fond dans le LSD, dont il est le pionnier des acid-tests du moment. Aoxomoxoa sent le trip à plein nez, l’influence psychédélique étant perceptible tant dans l’interprétation que dans les textes (CF l’inintelligible Rosemary).

On y retrouve l’acoustique et magique Mountains Of The Moon, chanté par Jerry Garcia et soutenu par un clavecin archaïque, le fantastique St Stephen, un des titres mythiques et préférés du Dead, le long, inquiétant et créatif  What’s Become Of The Baby, surprenant thème à vocalises.

Le Dead tente quelques expériences intéressantes sur cet album, pour fixer un son Dead. Le court Rosemary en est le symbole, qui fait appel à un filtre pour doter la voix de Garcia d’un son si particulier. Pas mal du tout.

Tout se tient sur Aoxomoxoa : Dupree’s Diamond Blues est un bon titre old rock qui deviendra un classique du groupe. Doin’ The Rag est un  bon folk, avec encore et toujours, des variations vocales intéressantes (en live, c’est un régal !), tandis que China Cat Sunflower (si ça ne sent pas le hippie, ça en est très ressemblant !) révèle un morceau excellemment produit, et aux effets sonores superbes. Cosmic Charlie, qui fait référence à un Deadhead en plein trip, lors d’un de leurs concerts, se fait soft dans son entame pour péter littéralement dans son final.

Aoxomoxoa, initialement prévu pour s’appeler Earthquake Country, en référence aux séismes qui affectent la Californie, est rempli de grands moments originaux et uniques. Très diversifié, très psychédélique, avec un chant excellent et une qualité de musique toujours égale à elle-même, il est magnifiquement produit et révèle le Dead tel qu’il était à cette époque expérimentale, dans tous les sens du terme.

Ce disque, qui a coûté énormément de fric à Warner, a vu sa pochette récompensée d’une huitième meilleure place de tous les temps. Il est un tournant de la merveilleuse carrière du Dead (RAZOR©).

 

1. St. Stephen.

2. Dupree's Diamond Blues.

3. Rosemary.

4. Doin' That Rag.

5. Mountains of the Moon.

6. China Cat Sunflower.

7. What's Become Of The Baby.

8. Charlie.

 

Jerry Garcia:guitare,chant.

Bob Weir:guitare,chant.

Tom Constanten:claviers.

Ron "Pigpen" McKernan:orgue.

Phil Lesh:basse,chant.

Bill Kreutzmann:batterie.

Mickey Hart:batterie.

 

LP Live 1 - 1969

 

Grateful dead live dead

 

GRATEFUL DEAD

LIVE DEAD – 1969  5/5

 

Publié le 10 novembre 1969.

Produit par Grateful Dead,Bob Matthews,Betty Cantor.

Durée:75:07.

Label:Warner Bros,Seven Arts.

Genre:rock psychédélique.

 

S'il en est un, c'est celui-ci.

 

S’il est un album de Grateful Dead qu’il faut avoir, c’est ce Live Dead enregistré sur plusieurs date de concerts en 1969, considéré par beaucoup d’initiés comme le plus grand du groupe et un des plus grands live ayant jamais été produit.

Il faut dire que la bande à Garcia (pas le sergent mais Jerry) n’a jamais été aussi à l’aise que sur scène, qu’en public et qu’il était grand temps que la mayonnaise prenne car les dettes engendrées par la production des deux albums studio précédents commençaient à s’alourdir.

Live Dead est une des plus grandes impros rock jamais réalisées. Certains titres dépassent les 10 minutes, les profanes pouvant  trouver l’affaire un peu longue… Soyez sûrs que les vrais initiés au Dead (et ils étaient peu nombreux à l’époque fin 60 début 70) apprécient encore aujourd’hui la performance musicale de cette jam et le talent du regretté Jerry Garcia.

Il faut savoir que les concerts du Dead étaient alors des messes psychédéliques au cours desquelles l’acide tournait à plein régime. Le Dead accompagnait ses concerts de projections de vidéo. Il ne s’agissait pas seulement de jouer de la musique. C’était le mode de vie communautaire de l’époque Power Flower et Grateful Dead était un membre de la communauté hippie de Frisco. C’était leur mode d’expression artistique et sensorielle. Tout cela, bien sûr, n’est pas perceptible sur l’album.

A nous, il nous reste cette musique qui a la particularité de ne présenter aucune faute de goût, même si quelques petits couacs au chant et aux harmonies sont perceptibles. Non stop, lancinante mais pas soporifique, cool sans être ennuyeuse, hypnotisante, bluesy, la prestation est une grande page du rock.

Live Dead, c’est le summum du rock sous acid. Paradoxalement il se situe alors que les hippies ont replié leurs gaules (RAZOR©)

 

1. Dark Star (Fillmore West de San Francisco le 27/2/69).

2. St. Stephen (Fillmore West de San Francisco le 27/2/69).

3. The Eleven (Avalon Ballroom de San Francisco le 26/1/69).

4. Turn On Your Lovelight (Avalon Ballroom de San Francisco le 26/1/69).

5. Death Don't Have No Mercy (Fillmore West de San Francisco le 2/3/69).

6. Feedback (Fillmore West de San Francisco 2/3/69).

7. And We Bid You Goodnight (Fillmore West de San Francisco 2/3/69).

 

Jerry Garcia:guitare,chant.

Bob Weir:guitare,chant.

Tom Constanten:orgue.

Ron "Pigpen" McKernan:chant,batterie.

Phil Lesh:basse,chant.

Bill Kreutzmann:batterie.

Mickey Hart:batterie.

 

LP Studio 4 - 1970

 

Grateful dead workingma s dead

 

GRATEFUL DEAD

WORKINGMAN’S DEAD – 1970  5/5

 

Publié le 14 juin 1970.

Produit par Bob Matthews,Betty Cantor,Grateful Dead.

Durée:36:00.

Label:Warner Bros.

Genre:rock,country-rock.

 

Hier c’était du caviar, aujourd’hui trop d’la balle !

 

Il est des albums sur lesquels le temps n’a pas fait œuvre d’avilissement. J’en veux pour exemple le quatrième maillon du parcours discographique studio alors tonitruant de Grateful Dead, Workingman’s Dead

Près de 45 ans plus tard, repassé au test impitoyable d’une aiguille stéréophonique renaissante, qu’on avait trop vite enterré au profit des formats modernisés, et auquel il a déjà souscrit avec succès une première fois en 1970, il nous ressort de l’examen contemporain fidèle à ce qu’il dégageait alors. La seule différence se situe dans le vocabulaire employé pour en faire l’éloge. Hier, c’était bat, du caviar. Aujourd’hui, c’est trop d’la balle. De quoi être fier de montrer aux minots ce que leurs vioques écoutaient, pour qui ils en pinçaient et ce qui alimentait les débats dans la cour du bahut, de quoi opposer à leurs arguments immatures et hâtivement avancer les incitant à croire que leurs idoles du moment ont inventées la musique.

Workingman’s Dead, dans la chronologie d’apparition au catalogue, pointe en fait en cinquième position, puisque le Live Dead de novembre 1969 précède le disque qui nous intéresse, et s’intercale dans ce qui est la discographie mythique du Dead : The Grateful Dead (1967), Anthem Of The Sun (1968), Aoxamoxoa (1969), le Live Dead (en concert). Il devance dans ce brillant répertoire l’autre œuvre de 1970, American Beauty : Juin pour Workingman’s Dead et novembre pour son suivant. Grateful Dead de 1971 (en concert), Live In Europe (1972) et, à un degré moindre, Wake Of The Flood (1973) complètent le fleuron des californiens. Blue For Allah (1975) marque le pas et après, ça se gâte. Pour moi, en tous cas.

Enregistré et édité en 1970, Workingman’s Dead est, cette même année, plébiscité par les lecteurs de Rolling Stones Magazine, s’offrant même le luxe de se glisser devant deux autres œuvres de référence : le fantastique Déjà Vu de Crosby Stills Nash & Young et le non moins délicieux Moondance de l’irlandais en vogue, Van Morrison.

Au moment de son exécution, une menace d’emprisonnement plane sur la formation san-franciscaine, alors à  donf dans les psychotropes, comportement que cautionne le sublime Casey Jones, véritable apologie à la cocaïne.

Workingman’s Dead marque un changement de cap dans la carrière du Dead, s’éloigne de l’atmosphère Haight-Ashbury que le groupe a lui-même initiée pour une incursion dans l’Americana. Sans jamais se départir de son énergie et de sa puissance, la bande à Jerry Garcia abandonne pourtant sa traditionnelle capture de son dans les conditions du direct, celle qui faisait la force des premiers LP. Elle se veut moins planante et moins expérimentale avec moins d’effets et d’étrangetés, revenant à un positionnement musical plus dans la tradition américaine : country, folk, rock, blues et jugband. Comme si le Dead s’était présentement réincarné…

Au final, Workingman’s Dead s’affirme comme un vrai album studio ; son rendu est surprenant, sobre, structuré, appliqué, crû, simple, novateur, détendu, efficace et cohérent. Il en résulte une belle collection de titres à forte majorité acoustique que l’on doit au tandem Garcia/Hunter, rehaussés de belles voix auxquelles les voisins du CSN & Y ne sont pas étrangers et d’une instrumentation équilibrée.

Le grandiose Casey Jones, un des airs favoris du Dead, en interne comme auprès des Deadheads indécrottables, l’ouvreur Uncle John’s Band, un classique, le génial High Time, grand mélange d’acoustique et d’électrique, le country Dire Wolf et son super jeu de steel guitare de qui vous savez, le bluesy New Speedway Boogie, Cumberland Blues venu du bluegrass, Black Peter, Easy Wind et sa basse travailleuse, c’est du solide, du mahousse costaud. On tient là un des meilleurs enregistrements du Dead.

Plus de quatre décennies après, on a beau chercher la plus petite des failles, peau de balle. Après un nombre incalculable d’écoutes, on en a toujours autant pour son argent. Avec le recul, on leur pardonnera volontiers le choc occasionné par le fait d’avoir tourné le dos au psychédélisme ambiant des réussis Anthem Of The Sun ou autres Aoxamoxoa, au profit d’un pari musical traditionnel osé et alors lourd de conséquences pour une équipe au sommet de sa gloire ; Workingman’s Dead et American Beauty sont intemporels. Pari réussi. Le Dead est un mythe (RAZOR©).


1. Uncle John's Band.

2. High Time.

3. Dire Wolf.

4. New Speedway Boogie.

5. Cumberland Blues.

6. Black Peter.

7. Easy Wind.

8. Casey Jones.

 

Jerry Garcia:guitare,chant.

Bob Weir:guitare,chant.

Ron "Pigpen" McKernan:claviers,chant.

Phil Lesh:basse,chant.

Bill Kreutzmann:batterie.

Mikey Hart:percussions.

David Nelson:guitare.

Robert Hunter:textes.

 

LP Studio 5 - 1970

 

Grateful dead american beauty

 

GRATEFUL DEAD

AMERICAN BEAUTY – 1970  5/5

 

Publié en novembre 1970.

Produit par Steve Barncard,Grateful Dead.

Durée:42:21.

Label:Warner Bros.

Genre:folk rock,country-rock.

 

Chef d’œuvre collectif.

 

American Beauty est le deuxième LP dans l’ordre d’arrivée de cette prolifique année 70 du Dead. Il est surtout leur cinquième studio, studio qui n’a jamais été leur tasse de thé. Le fabuleux Workingman’s Dead précédent est publié courant juin, tandis que début novembre, American Beauty prend le relais et confirme la mutation qui anime les californiens de Frisco, lesquels s’éloignent de leurs penchants psychédéliques et expérimentaux pour revenir vers leurs racines : le bluegrass, la country, le rock et plus discrètement le blues.

A l’instar de son prédécesseur, cette œuvre folk rock/country rock à l’atmosphère plutôt acoustique figure parmi les disques les plus mémorables du rock, dans le top 3 du catalogue du Dead, et peut certainement être vu comme leur meilleur en termes de studio. Il a ce petit quelque chose en plus que Workingman’s Dead n’a pas. L’ignorer reviendrait à s’en mordre les doigts.

Produit Warner Bros Records comme ses devanciers, il renoue avec la méthode artistique gagnante de Workingman’s Dead. Robert Hunter et Jerry Garcia reconduisent leurs efforts à l’écriture, même si tout le monde met la main à la pâte ; le line-up élargi est quasi identique, malgré un Ron « Pigpen » McKernan en proie à des ennuis de santé de plus en plus sérieux et l’absence du staff technique accaparé par la tournée nationale du Medicine Ball Caravan (1970), une réunion d’artistes (Alice Cooper, B.B King, le violoniste cadien Doug Kershaw, Sal Valentino) censée prôner la paix et l’amour.

Pour pallier cette déficience au niveau de la prod’, c’est donc Steve Barncard qui s’y colle. Pour l’anecdote, Barncard a bossé avec Lovecraft (Valley Of The Moon), Brewer & Shipley (Tarkio et Shake Off The Demon), Seals & Crofts, mais a surtout été, en 71, derrière le Tupelo Honey de Van Morrison, Songs For Beginners de Nash, If I Only Could Remember My Name de Stills (72) ou Toulouse Street du Doobie Brothers (72). Pas mal, non ?

Terreau de plages parmi les plus représentatives et les mieux appréciées du supporter du Dead, ce disque, 248 de tous les temps pour Rolling Stone Magazine, modèle de prestation collective et symbole du changement qui s’opère chez ces trentenaires, est un de leurs chefs d’œuvre.  

Box Of Rain, plein de spiritualité, le mélodique et rythmé mais surtout éternel Ripple, les astucieux Truckin' (N° 64 des Pop Singles), le cajun Friend Of The Devil, l'attachant Sugar Magnolia, l’enivrant Candyman, la splendide ballade qu'est Brokedown Palace ou encore Attics Of My Life (une page de souvenirs) font de cet American Beauty, bien équilibré, plus mature que jamais, un binôme indissociable de Workingman's Dead et surtout un très très grand album que je ne vous imagine pas snober une seule seconde . Le Dead a enfin eu la reconnaissance studio qu'il méritait ! Ce line-up était anthologique. La mort de Pigpen (73) et le départ de Mickey Hart tenaillé par une dépression suite aux détournements de fonds de son manager de père y mettent fin. Ce disque est bien la beauté américaine vantée par son titre. Pour les 7 à 77 ans (RAZOR©).

 

1. Box of Rain.

2. Friend of the Devil.

3. Sugar Magnolia.

4. Operator.

5. Candyman.

6. Ripple.

7. Brokedown Palace.

8. Till the Morning Comes.

9. Attics of My Life.

10. Truckin'.

 

Jerry Garcia:guitare,piano,chant.

Bob Weir:guitare,chant.

Ron "Pigpen" McKernan:harmonica,chant.

Phil Lesh:guitare basse,guitare,piano,chant.

Bill Kreutzmann:batterie,percussions.

Mickey Hart:batterie,percussions.

Dave Torbert:guitare basse sur 1.

David Nelson:guitare sur 1.

David Grisman:mandoline sur 2/6.

Howard Wales:orgue sur 5/10,piano sur 7.

Ned Lagin:piano sur 5.

New Riders of the Purple Sage

Robert Hunter:textes.

 

LP Studio 6 - 1973

 

Grateful dead wake flood

 

GRATEFUL DEAD

WAKE OF THE FLOOD – 1973  4/5

 

Publié le 15 octobre 1973.

Produit par Grateful Dead.

Durée:45:34.

Label:Grateful Dead.

Genre:rock,folk-rock,jazz fusion.

 

Le Dead s'ouvre au jazz.

 

Wake Of The Flood est le sixième album du Dead. Il sort sous son propre label, Grateful Dead Records en octobre 1973. Cette sortie, le Dead l’annonce à tous les Deadheads par le biais d’un flyer. Le Dead contrôle tout, y compris la commercialisation.

Pendant près de 3 ans, et depuis American Beauty, le Dead, hormis Europe 72 (live), n’a pas publié un seul album studio. Wake Of The Flood est le premier travail sans Ron Pig Pen McKernan, membre fondateur et claviériste, décédé en mars de cette année, d’une hémorragie digestive. Il est remplacé par Keith Godchaux (plus jazz que blues).Donna Jean, sa femme, intègre également le Dead au niveau du chant.

On tient là, entre les mains, un bien bel album qui a été travaillé entre les concerts, avec des titres comme Eyes Of The World et l’ambitieux Weather Report, plus jazzy que d’habitude. En ce sens, l’arrivée de Godchaux aux claviers n’est pas étrangère à cette influence jazz.

Relevons aussi la magnifique ballade signée Hunter et Garcia, Stella Blue, Here Comes Sunshine, Row Jimmy et Mississippi Half-Step Uptown Toodleloo. Le Dead avait une réputation, pas toujours fondée, de n’être qu’un groupe de live.

Wake Of The Flood démontre son aptitude à produire de bons albums studio. Sa musique est sublimement articulée, son écriture profonde et son cadre s’est ouvert au jazz avec bonheur. Vraiment du bon Dead. Cela faisait trois ans qu’on le guettait au tournant. Ce disque est une vraie surprise ignorée du catalogue du Grateful Dead (RAZOR©).


1. Half-Mississippi-Step Uptown Toodeloo.
2. Let Me Sing Your Blues Away.
3. Row Jimmy.
4. Stella Blue.
5. Here Comes Sunshine.
6. Eyes Of The World.
7. Weather Report Suite.

Jerry Garcia,BobWeir:guitare,chant.

Keith Godchaux:claviers,chant.

Bob Weir:guitare,chant.

Donna Jean Godchaux:chant.

Phil Lesh:basse.

Bill Kreutzmann:batterie.

Vassar Clements:violon.

Matthew Kelly:harmonica.

Bill Atwood,Joe Ellis:trompette.

Martin Fierro:saxophones alto et ténor.

Sarah Fulcher:chant.

Frank Morin:saxophone ténor.

Pat O'Hara:trombone.

Doug Sahm:bajo sexton.

Benny Velarde:timbales.

 

LP Studio 7 - 1974

 

Grateful dead mars hotel

 

GRATEFUL DEAD

FROM THE MARS HOTEL – 1974  3,5/5

 

Publié en juin 1974.

Produit par Grateful Dead.

Durée:37:26.

Label:Grateful Dead.

Genre:acid rock,rock psychédélique,blues-rock,folk-rock,country-rock.

 

Entre classique et commercial.

 

Ce septième opus du Dead, From The Mars Hotel, j’ai toujours eu du mal avec. Il oscille trop entre un Dead commercial, que je ne trouve pas fait pour ça et un Dead comme je l’ai toujours aimé, plus classique. Certains l’ont taxé d’album bâtard. C’est un peu excessif toutefois.

Je préfère cependant m’en tenir à ce qui m’intéresse réellement dans From The Mars Hotel, à savoir les titres typiques du groupe comme le sublime et original Unbroken Chain (interprété par Phil Lesh, qui a enfin la reconnaissance qu’il mérite) au son venu d’on-ne-sait-où et qui permet à tous les musicos de briller, comme la tendre ballade atmosphérique China Doll et sympa et enjoué US Blues, le très beau et doux Ships Of Fools.

Le fantaisiste Pride Of Cucamonga (en dépit d’une steel guitare efficace assurée par l’invité de marque John McFee de Cactus), country, et Money Money (Bob Weir), plus commercial, ainsi que Loose Lucy et le gai et latino Scarlet Begonias m’attirent moins.

En refaisant l’histoire du Dead, il n’est pas vain de rappeler, qu’à cette époque, le groupe cherchait à s’expatrier et à sensibiliser un public européen, d’où certains choix de titres incompréhensibles ou à caractères purement commerciaux. Stratégique comme on dit.

Retenons principalement de cet album les titres évoqués, la guitare magique de Jerry Garcia qui ne s’en sort pas trop mal au chant, même s’il n’est pas le meilleur chanteur, une section rythmique efficace, un Godchaux polyvalent et de qualité aux claviers, une Godchaux intéressante dans ses harmonies vocales.

Bon album en général, mais ce n’est pas par celui-ci que je ferai découvrir le Dead à qui ne connaît pas (RAZOR©).

 

1. U.S. Blues.

2. China Doll.

3. Unbroken Chain.

4. Loose Lucy.

5. Scarlet Begonias.

6. Pride Of Cucamonga.

7. Money Money.

8. Ship Of Fools.

 

Jerry Garcia:guitare,chant.

Bob Weir:guitare,chant.

Keith Godchaux:claviers,chant.

Donna Jean Godchaux:chant.

Phil Lesh:basse,chant.

Bill Kreutzmann:batterie.

John McFee:pedal steel guitare.

Ned Lagin:synthétiseur.

 

LP Studio 8 - 1975

 

Grateful dead blues for allah

 

GRATEFUL DEAD

BLUES FOR ALLAH – 1975  3,5/5

 

Publié en septembre 1975.

Produit par Grateful Dead.

Durée:44:13.

Label:Grateful Dead,United Artists.

Genre:acid rock,jam rock,jazz rock,psychedelic blues,blues-rock,folk-rock.

 

Le Dead rassure.

 

On les croyait morts ! Artistiquement parlant. Ou du moins, on s’inquiétait  de les voir par trop s’éloigner de ce qui faisait leur force, et dans le même temps, la grandeur du rock psychédélique californien. Beaucoup de fans, à ce stade de leur parcours, regrettent le Dead des grandes heures (Anthem Of The Sun, Aoxomoxoa, Live Dead, American Beauty).

Blues For Allah donne l’occasion de rassurer tous les Deadheads. C’est une réalité, après avoir dérivé vers le commercial, le Dead revient en force. Il apporte le démenti à ceux qui doutent alors de son aptitude à pouvoir encore nous ravir musicalement.

Grâce à la beauté vocale de Donna Godchaux, aux belles harmonies avec Garcia, Lesh, Weir et Keith Godchaux, à la finesse des textes, au raffinement des chœurs, aux envolées diaboliques d’une guitare garcienne toujours aussi fluide (une guitare jazz-rock, mais toujours bluesy), à une rythmique légère, souple et efficace, Blues For Allah s’inscrit comme un bon disque du Dead.

Pas le grand disque pouvant venir semer le trouble dans la collection majeure du groupe et cantonnée dans la première partie discographique du catalogue. Moyen de gamme +, il permet au Dead de mener son public comme il le veut, quand il le veut, où il le veut.

Enregistré dans le nouveau studio de Bob Weir, l’album, qui enregistre le retour de Mickey Hart, s’articule autour d’une épine dorsale faite de l’enchaînement un peu fou Help On The Way/Slipknot/Franklin’s Tower, suivi du magnifique King Salomon’s Marbles, du funky et enjoué The Music Never Stopped de Weir, du doux Crazy Fingers, de l’instrumental Sage And Spirit et de Blues For Allah, une chanson moyen-orientale merveilleuse et unique, certainement la moins en rapport avec la marque de fabrique du Dead (en concert, ce morceau est monstrueux !). A l’image de ce dernier titre, l’album est très abordable pour les non-Dead (RAZOR©).

 

1. Help on the Way.

2. Slipknot!.

3. Franklin's Tower.

4. King Solomon's Marbles.

5. Stronger Than Dirt or Milkin' the Turkey.

6. The Music Never Stopped.

7. Crazy Fingers.

8. Sage & Spirit.

9. Blues for Allah.

10. Sand Castles & Glass Camels.

11. Unusual Occurrences in the Desert.

 

Jerry Garcia:guitare,chant.

Bob Weir:guitare,chant.

Keith Godchaux:claviers,chant.

Donna Jean Godchaux:chant.

Phil Lesh:basse.

Bill Kreutzmann:batterie.

Mickey Hart:batterie.

Steven Schuster:flûte.

Robert Hunter:lyre,chant.

 

LP Studio 9 - 1977

 

Grateful dead terrapin station

 

GRATEFUL DEAD

TERRAPIN STATION – 1977  2,5/5

 

Publié en juillet 1977.

Produit Keith Olsen.

Durée:35:38.

Label:Arista.

Genre:rock progressif.

 

Le pire est là…et à venir.

 

Je ne sais pas de quel mal je souffre qui consiste, dès qu’un album est couvert d’or, de m’inscrire en faux contre ce que la majeure partie du public a plébiscité. A plus forte raison quand ça affecte un groupe mythique comme Grateful Dead qui a tellement pesé sur le rock.

Terrapin Station et son suivant Shakedown Street sont pour moi les deux LP les plus catastrophiques du Dead. Qu’ils aient, l’un comme l’autre, une réussite dans les bacs indiquent bien la voie commerciale que les californiens ont empruntée à la fin des années 70.

Changement de son, changement de registre, matière discutable, le Dead tente de séduire une autre clientèle. Il laisse en contrepartie au bord de la route les supporters des Workingman’s Dead, American Beauty, Aoxomoxoa, Anthem Of The Sun. Ces derniers ne peuvent pas être de la daube que sert le Dead de la deuxième moitié des 70’s. Impossible, aucun d’entre eux ne s’y retrouve.

Ce neuvième album du Dead sort en 1977, la même année que la compil’ What A Long Strange Trip It’s Been. Exit son propre label, le Dead publie Terrapin Station chez Arista. Exit le Dead, Terrapin Station, ça n’a plus rien à voir avec ce que le groupe a pu faire. Le son est totalement différent, plus symphonique. C’est très désagréable à entendre, dès lors que l’on est habitué, depuis une décennie, à un Frisco sound influent, à un folk rock psychédélique de derrière les fagots.

Du Dead, ce disque est le pire qu’il m’ait été donné d’entendre. Et le pire est à venir. Que l’on ne vienne surtout pas me présenter Terrapin Station comme un grand album ! Il ne ressemble à rien. C’est terriblement ennuyeux, si on va au bout de l’écoute.

Plus que très médiocre dans tout son contenu. L’histoire dit que le Dead, au travers de cet album, veut boxer dans la catégorie rock prog des européens comme Yes, Krimson. D’où la tentative de fixer ce son si particulier. Je suis mort de rire. PTDR pour reprendre l’acronyme né sous les pouces des djeunes. Ils en sont loin.

Remarquez, ils auront eu le mérite d’essayer. Mais franchement, je suis mort de rire. Que chacun reste à sa place et les vaches seront bien gardées ! Restons sérieux. Reprenez les cachetons, messieurs Garcia et consorts. C’est là que vous étiez le mieux. Non, mais… (RAZOR©)

 

1. Estimated Prophet.
2. Dancin' In The Streets.
3. Passenger.
4. Samson & Delilah.
5. Sunrise.
6. Terrapin Station.

 

Jerry Garcia:guitare,chant.

Bob Weir:guitare,chant.

Keith Godchaux:claviers,chant.

Donna Jean Godchaux:chant.

Phil Lesh:basse.

Bill Kreutzmann:persussions.

Mickey Hart:percussions.

Paul Buckmaster:arrangements orchestraux.

The Martyn Ford Orchestra.

The English Choral:choeurs.

Tom Scott:saxophones sur 1.

 

LP Studio 10 - 1979

 

Grateful dead shakedown street

 

GRATEFUL DEAD

SHAKEDOWN STREET – 1978  2/5

 

Publié en novembre 1978.

Produit par Lowell George.

Durée:39 :04.

Label:Arista.

Genre:jam rock,funk rock,disco.

 

Attention, produit avarié !

 

Oyez, oyez, braves gens, en ce quinzième jour de brumaire de l’an 78, le dénommé Grateful Dead, figure emblématique du rock, entre en discothèque. Fallait bien que ça arrive un jour, au vu du chemin commercial emprunté depuis deux LP.

Le grand Grateful Dead, l’unique Grateful Dead, mythe du du rock est à la dérive. Shakedown Street est la fiente du catalogue, preuve que même les Dead étaient capables de faire de la vraie daube et ils le prouvent dans cet album.

Pour qui veut prendre son pied sur du Dead, il y a quand même autre chose à se mettre sous la dent que ce travail ordurier. Dans la série des pires albums, ils rejoignent d’autres grands et illustres groupes comme les Beatles ou les Stones qui ont également fait de la merde.

Vous avez certainement autre chose à faire, par ces temps de disette, que d’investir de la tune dans un album de cet acabit. Hormis Shakedown Street, il n’y a rien du tout dans cet album. Avis aux amateurs : ne vous faites pas piéger ! Pour Deadhead de discothèque uniquement (RAZOR©).

 

1. Good Lovin'.

2. France.

3. Shakedown Street.

4. Serengetti.

5. Fire on the Mountain.

6. I Need a Miracle.

7. From the Heart of Me.

8. Stagger Lee.

9. New Minglewood Blues.

10. If I Had the World to Give.

Jerry Garcia:guitare,chant.

Bob Weir:guitare,chant.

Keith Godchaux:chant,claviers.

Donna Jean Godchaux:chant.

Phil Lesh:guitare basse.

Bill Kreutzmann:percussions.

Mickey Hart:percussions.

Jordan Amarantha:percussions.

Robert Hunter:paroles.

Matthew Kelly:harmonica.

DISCOGRAPHIE PERSONNELLE 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

Bob weir ace

 

BOB WEIR

ACE – 1972  5/5

 

Publié en mai 1972.

Produit par Ace.

Durée:37:45.

Label:Warner Bros,Grateful Dead.

 

Le Dead rien que pour lui.

 

Ils sont venus, ils sont tous là… Bob Weir, avec le Dead quasiment au grand complet derrière lui, s’offre un backing band prestigieux en alignant Garcia, Lesh, les Godchaux, Kreutzmann et Torbert, pour réaliser son premier album solo. Sorti en mai 1972, après la tournée européenne du groupe phare de San Francisco, il est baptisé Ace.

Ace a donc tout du Dead. Toutes les chansons, sans exception, ont un dénominateur commun : Bob Weir à l’écriture, seul (One More Saturday Night), en co-écriture, avec John Perry Barlow, l’ami d’enfance et complice de toujours (5 titres), ou avec  Mickey Hart et Robert Hunter, autres Dead.

Sept des huit pistes d’Ace devenant par la suite des standards du répertoire de Grateful Dead, c’est dire la pertinence de cet album et sa qualité.

Propre, lumineux, solide, cohérent, Ace comporte les meilleures chansons de Bob Weir : Greatest Story Ever Told, Playing In The Band, Mexicali Blues, Cassidy, Black Throated Wind, Looks Like Rain, One More Saturday Night.

La présence du Dead est une indéniable plus-value et contribue à en faire  un disque formidable pour Bob Weir, allant au-delà de ses espérances. L’histoire est belle. Merci les potes (RAZOR).

 

1. Greatest Story Ever Told.

2. Black-Throated Wind.

3. Walk in the Sunshine.

4. Playing in the Band.

5. Looks Like Rain.

6. Mexicali Blues.

7. One More Saturday Night.

8. Cassidy.

 

Bob Weir:chant,guitare électrique,guitare acoustique.

Jerry Garcia:lead guitare,pedal steel guitare sur 5,choeurs sur 1.

Phil Lesh:basse,choeurs sur 6.

Bill Kreutzmann:batterie,percussions.

Keith Godchaux:piano,orgue.

Donna Jean Godchaux:choeurs sur 1/3/4/8.

Dave Torbert:basse sur 1.

Snooky Flowers,Luis Gasca,The Space Rangers:cuivres sur 2/6/7.

LP Studio 2 - 1978

 

Bob weir heaven help the fool

 

BOB WEIR

HEAVEN HELP THE FOOL – 1978  3/5

 

Publié en janvier 1978.

Produit par Keith Olsen.

Durée:34:43.

Label:Arista.

Genre:rock,country,folk.

 

Médiocre Bobby solo.

 

Heaven Help The Fool (1978) est le deuxième album solo de Bob Weir. Son premier, Ace, bénéficiait du concours de son groupe de toujours, Grateful Dead, et en était fort agréablement imprégné, au point d’en faire un excellent disque.

Son second LP, malheureusement, ne jouit pas de cette aide musicale essentielle, et cela lui est préjudiciable malgré des musiciens dont le talent n’est en rien contestable ; il résulte de ce produit purement Bob Weir, pop dans l’âme, un disque exagérément lissé, diamétralement opposé à son prédécesseur.

Ceux qui pensent y trouver une ambiance similaire à Ace, sorti six ans avant, en seront pour leurs frais.  Le Deadhead ne partira donc pas en quête de cet album, réservé à une autre clientèle, amatrice de belles mélodies et d’arrangements disco.

Décontracté, parfois un peu trop sophistiqué quand même, il a les arguments pour se mettre dans la poche les amoureux de ces trop nombreux disques excessivement lustrés et destinés à briller, coûte que coûte, dans une fin de décennie qualitativement très insignifiante. Respectons ce choix, mais les Deadheads doivent se ronger les ongles (RAZOR©).

 

1. Bombs Away.

2. Easy to Slip.

3. Salt Lake City.

4. Shade of Grey.

5. Heaven Help the Fool.

6. This Time Forever.

7. I'll Be Doggone.

8. Wrong Way Feelin'.

 

Bob Weir:guitare rythmique,chant.

Mike Baird:batterie sur 1/3/6/8.

Bill Champlin:choeurs sur 1/3/8,claviers sur 2/7,orgue sur 3/8.

David Foster:claviers sur 1/8.

Lynette Gloud:choeurs sur 5/8.

Tom Kelly:choeurs sur 1/6/8.

Dee Murrey:basse sur 2.

Nigel Olsson:batterie sur 2/7.

David Paich:claviers sur 1/3/6/8.

Mike Porcaro:basse sur 1/3/8.

Peggy Sandvig:claviers sur 4.

Tom Scott:saxophone sur 1/3/5.

Carmen Twilley:choeurs sur 5/8.

Waddy Wachtel:lead guitar sur 2/3/7.

DISCOGRAPHIE KINGFISH 70'S.

LP Studio 1 - 1976

 

Kingfish 1976

 

KINGFISH

KINGFISH – 1976  4/5

 

Publié en mars 1976.

Produit par Dan Healy,Bob Weir.

Durée:40:07.

Label:Round Records.

 

Weiry Good.

 

Dans l’entourage du Grateful Dead, plusieurs formations ont existé, généralement de front et aux vocations purement récréatives, même si certaines comme les New Riders Of The Purple Sage en ayant progressivement pignon sur rue ont cherché à reprendre leur indépendance.

Les Jerry Garcia, Phil Lesh, Mickey Hart, Robert Hunter et autres, en s’écartant de la maison-mère Dead pour libérer un esprit accaparé H 24 par le Dead, sont partie prenante dans une production discographique parallèle non négligeable et qui contribue à alimenter le constat que la scène de San Francisco, l’Area Bay comme on dit, a été une fourmilière florissante et capitale pour le rock.

Dans le giron de la Grateful Dead Family, Kingfish. Ce groupe américain, fondé par Matthew Kelly, auteur-compositeur, guitariste, harmoniciste et Dave Torbert, nouvellement parti des New Riders, fait son apparition fin 1973 avec un line-up constitué, outre Kelly et Torbert, de Robbie Hoddinott, Chris Herold et Mick Ward (remplacé par Barry Flast).

A la mort accidentelle, importante pour Kingfish, de Mike Ward, Bob Weir rejoint Kingfish (1974) ; c’est à son niveau que se situe le lien le plus profondément ancré de Kingfish avec le Dead dont il a été un des membres fondateurs.

Le bassiste Dave Torbert, via NRPS, et du fait de sa collaboration sur certains projets des Dead (American Beauty), en qualité de musicien bâti dans le moule de l’Area Bay, peut être considéré comme étant de l’entourage proche du Dead. Kelly, invité sur Wake Of The Flood des Morts (1973), également.

Cette bougeotte qui habitait alors les musiciens de la baie de Frisco est très caractéristique de l’esprit communautaire, altruiste, ludique et libre qui régnait alors. Kingfish s’inscrit complètement dans l’aspect récréatif évoqué ci-dessus. D’où la décontraction qui en émerge.

Kingfish, avec l’arrivée de Bob Weir, bénéficie d’un contrat d’enregistrement auprès de la maison de disques parallèle de Grateful Dead, Round Records. C’est une aubaine pour lui ; le problème est que le groupe est considéré (à tort) comme le groupe parallèle de Bob Weir ou une ramification du Dead, alors que ce dernier s’y implique totalement entre 1974 et 1976. Le temps de réaliser l’album éponyme Kingfish (1976) et  Live’n’Kickin’ (1977) et Bob Weir revient au bercail.

Kingfish est, surtout et  avant tout, le groupe de Matthew Kelly, le seul qui puisse afficher une présence permanente, mais Bob Weir en est un élément incontournable et brillant. Quoi qu’il en soit la connexion avec le Dead est bien réelle.

Le répertoire de ce premier album ? Une combinaison jazzy pour débuter, les excellents Lazy Lightnin et Supplication. S’ensuit un tir groupé de très bons titres comme Wild Northland, Asia Minor, Home To Dixie, Hypnotise, Big Iron de Marty Robbins (le cowboy de service) et deux pointures, le traditionnel Bye And Bye et Jump For Joy, énorme.

Kingfish est un grand disque des années 70, bien écrit, composé d’originaux essentiellement et magnifiquement interprété. Rajoutez-y un côté « on est là pour s’amuser », un peu jam, et vous devinerez aisément  l’agréable sensation qui s’en dégage (RAZOR©).

 

1. Lazy Lightnin'.

2. Supplication.

3. Wild Northland.

4. Asia Minor.

5. Home to Dixie.

6. Jump for Joy.

7. Good-Bye Yer Honor.

8. Big Iron.

9. This Time.

10. Hypnotize.

11. Bye and Bye.

 

Bob Weir:guitare,chant.

Matthew Kelly:guitare,harmonica,chant.

Dave Torbert:basse ,chant.

Robby Hoddinott:guitare,guitare slide.

Chris Herold:batterie,percussions.

Steve Evans:basse.

Barry Flast:piano,chant.

Pablo Green:percussions sur 10.

Anna Rizzo:chant.

Jim Sanchez:batterie.

JD Sharp:Symphonizer sur 1/9/10.

DISCOGRAPHIE ÈRE MODERNE.

LP Studio 3 - 2016

 

Bob weir blue mountain 2016

 

BOB WEIR

BLUE MOUNTAIN - 2016  4/5

 

Publié en septembre 2016.

Produit par Josh Kaufman,Bob Weir.

Durée:51:43.

Label:Legacy,Columbia.

Genre:rock,country,folk.

 

Tout l'esprit hippie.

 

La mort, en 1995, de son pote Jerry Garcia, ainsi que la dissolution du Grateful Dead qu'ils ont contribué à fonder et qui les réunissait depuis 1965, a mis Bob Weir sur le carreau.

Certes, le plus jeune des membres du Dead a, une fois son deuil achevé, rebondi sur un projet destiné avant tout à préserver le souvenir de ce groupe fondateur du rock et de son âme défunte, The Other Ones (1998) devenu plus tard The Dead.

Mais le mal était bien plus profond que ça. La perte de son frère Jerry a sclérosé Bob Weir, qui perd alors le goût pour l'écriture, un poste qu'il a souvent partagé avec son mentor et avec Robert Hunter (décédé le 24 septembre 2019), au sein du légendaire groupe san franciscain.

Ses ambitions professionnelles se limitent alors à évoluer au sein de RatDog Revue, créé peu de temps avant la disparition de son pote, et à interpréter des reprises de Dylan, des Beatles et des monstres sacrés du rock, des classiques de Grateful Dead. Triste constat pour un mec qui vient d'être intronisé par le Rock & Roll Hall Of Fame avec ses copains du Dead (1994).

Qu'il revienne en 2016 avec un nouvel album personnel, son troisième, est, dans ce contexte, déjà une victoire pour lui et plus conforme à son statut de Grammy (2007) pour l'ensemble de son œuvre.

On attendait mieux d'un profil comme lui, 30 ans de bons et loyaux services dans la formation reine de l'Area Bay. Désormais, on tient les preuves de sa renaissance et celle-ci s'appelle Blue Mountain (septembre 2016).

Son retour en solo, 38 ans après Heaven Help The Fool (1978), s'il n'a pas la qualité de son premier LP Ace (1972), fait plaisir à voir. Et à entendre.

Le baroudeur au look de chercheur d'or n'a certes pas découvert le filon d'or mais son gisement personnel est loin d'être tari pour autant. Il a retrouvé le chemin pour redonner du plaisir à son panel de fidèles.

Comme il n'était pas encore suffisamment motivé pour entreprendre sa thérapie seul, Bob Weir est passé chez Josh : Josh Kaufman pour la production et Josh Ritter pour l'écriture. Aaron Dessner et Bryce Dessner aux guitares, Scott Devendorf à la basse sont également de la partie.

Le Blue Mountain qu'il nous propose s'articule autour d'histoires de cowboys, et installe en 12 titres une ambiance feu de camp. La voix est certes fatiguée ou usée, mais elle donne encore matière à vibrer. Les mélodies sont belles, captivantes, simples et efficaces. On retrouve là l'esprit hippie cher au tandem Weir-Garcia.

Premier album avec du matériel original depuis 3 décennies, il flotte au dessus de Blue Mountain des odeurs de temps qui passe, de lassitude et de chagrin. Le tout magnifiquement soutenu par une belle performance folk soul, blues et country acoustique. Que cette montagne est belle (RAZOR©).

 

1. Only A River.

2. Cottonwood Lullaby.

3. Gonesville.

4. Lay My Lily Down.

5. Gallop On The Run.

6. Whatever Happened To Rose.

7. Ghost Towns.

8. Darkest Hour.

9. Ki-Yi Bossie.

10. Storm Country.

11. Blue Mountain.

12. One More River To Cross.

 

Bob Weir:chant,guitare acoustique.

The Bandana Splits:choeurs.

Rob Burger:orgue,vibraphone,accordéon.

Sam Cohen:guitare électrique,pedal steel,chant.

Aaron Dessner:guitare électrique,guitare à archet.

Bryce Dessner:guitare électrique.

Scott Devendorf:basse électrique,chant.

Conrad Doucette:tambourin.

Ramblin' Jack Elliott & The Ramblin' Jac Kernacle Choir:chant,yodel,cris.

Dan Goodwin:chant.

Jose Kaufman:guitare électrique,guitare acoustique,guitare nylon,guitare baryton,pedal steel,mandoline électrique,banjo ténor,basse,piano,Wurlitzer électrique,orgue,batterie,chant.

Steve Kimock:lap steel.

JaY Lane:batterie,percussions,chant.

Nate Martinez:guitare électrique,guitare acoustique,shruti-box,chant.

Annie Nero:choeurs.

Ray Rizzo:batterie,percussions,harmonica,shruti-box,chant.

Joe Russo:batterie,percussions.

Jon Shaw:upright basse,piano,choeurs.

Robin Sylvester:basse électrique,upright basse,orgue Hammons,choeurs.

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