Clear Light.

BIOGRAPHIE.

 

CLEAR LIGHT/Los Angeles (Californie)

 

Clear light

 

Actif entre 1966 et 1968

Label:Elektra.

Genre:rock psychédélique,acid rock.

 

Hommage à Dallas Taylor.

De tous les musiciens qui ont fait partie du groupe de Los Angeles Clear Light, le coloradien Dallas Taylor est le plus connu. Connu surtout pour avoir été le légendaire batteur du non moins mythique Crosby Stills Nash & Young avec lequel il a joué à la fin des années 60, moins pour avoir été celui de Stephen Stills quand ce dernier a monté son énorme Manassas en 1971. Dallas Taylor a été de Woodstock avec le quatuor, de l’enregistrement de 6 des albums du groupe ou de leurs individualités.

Clear light 1

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Clear light taylor

Ce statut de privilégié ne lui a pas permis pour autant de devenir persona non grata et d’échapper à une mise à l’écart de CSN & Y, après le géant Déjà Vu, pour être consommateur abusif de drogues et alcools, un péché mignon  dont il parvient à se libérer en 1990. « Plus connu pour sa toxicomanie que pour sa qualité de batteur » comme il se plaisait à le répéter, Dallas Taylor nous a quittés le 18 janvier 2015.

Clear Light tombe à pic pour nous rappeler quel grand batteur il fut. Et ce n’est pas faire injure à ses collaborateurs de la première heure, les Cliff De Young, Bob Seal, Douglas Lubahn, Ralph Schuckett et Michael Ney que de lui accorder la primeur de mon introduction au sujet, compte tenu de cette récente et triste actualité.

Pur produit angelin.

Clear Light, ai-je dit, est un pur produit du terroir angelin, positionné sur le folk-rock psychédélique. La rencontre entre Robert Parker Seal, alias Bob Seal, et Dallas Woodrow Taylor est l’élément déclencheur. Taylor est alors un acteur de cette scène californienne, notamment celle de Sunset Strip pour faire partie jusqu’en septembre 1966 du Factory que Lowell George, futur Little Feat, a fondé un an auparavant. Ils font alors la connaissance de Clyde Edgar Robbie Robison, guitariste et du batteur Michael Ney du futur Peanut Butter Conspiracy

Nous sommes en octobre 1966 et le quatuor, fort de deux frappeurs, recrute une voix supplémentaire en la personne de Wanda Watkins, vraisemblablement la girlfriend de Ney, et nomme cette petite unité sans véritable ambition, Sanitorium Garnerfield.

En fait, Sanitorium Garnerfield  sert de tremplin à une mouture plus ambitieuse intégrant un bassiste, Douglas Lubahn qui se rendra célèbre pour lui avoir tenu la basse sur certains morceaux des trois LP des Doors de la période 1967/1969. D’où son surnom de 5ème Doors.

Bud Mathis devient l’impresario d’un groupe qui mute de Sanitorium Garnerfield en Brain Train, en novembre 1966. Sans Wanda Watkins n’entrant plus dans les plans du manager qui la case dans une autre formation qu’il a sous sa coupe, The Joint Effort.

Seal, les deux batteurs Taylor et Ney, Robbie Robison et Doug Lubahn constituent le line-up de Brain Train engagé pour un an par Elektra le 16 janvier 1967. Mathis en est écarté au profit du producteur maison Paul A. Rothchild.

L’ambitieux Clear Light.

Le groupe prend à peine ses marques qu’il est procédé à un nouveau changement de nom : Brain Train est abandonné au profit de Clear Light, supposé avoir été inspiré par les lectures de philosophie orientale de Seal selon certains, référant aux effets du LSD pour d’autres.

Dès mars 1967, Clear Light se montre sur les love-in organisés à Los Angeles aux côtés des plus grands noms de l’échiquier psychédélique californien du moment. Bien que n’étant pas un groupe pouvant prétendre rivaliser avec les leaders du genre, Clear Light affiche de belles dispositions comme en atteste son premier single Black Roses, titre qui ouvre l’album, le seul, se préparant dans le même temps chez Elektra.

Fin mai, début juin de cette même année, Clear Light, après que Grateful Dead ait décliné la proposition faite par Theodore J. Flicker, réalisateur, apparaît dans quelques scènes du film The President’s Analyst (avec James Coburn), dans le sillage du chanteur et musicien  Barry McGuire (Eve Of Destruction), choisi pour interpréter le rôle d’Old Wrangler, le chef d’une bande hippie.

Clear light richard lewis

« Dallas Taylor est mort, mais son statut de batteur légendaire lui survivra... tout comme les milliers d'addicts dont il a sauvé la vie, moi inclus... Dallas était génial avec CSN&Y, mais son vrai acte de bravoure a été de sauver la vie de gens comme moi. C’est ce qu'il a fait ces trente dernières années. Repose en paix, mon pote. » (Richard Lewis)

Dans le ventre mou de la west coast psyché.

Cliff DeYoung, proche de Michael Ney, entre alors dans le groupe pour assurer le chant principal. De quintet, Clear Light passe en sextet mais se sépare de Robbie Robison, à l’approche jugée trop acoustique pour le passage à l’électrique ambitionné par le management. Robison est pourtant celui qui alimente essentiellement l’écriture du groupe. En lieu et place du guitariste évincé, Clear Light préfère opter pour un claviériste. Il jette son dévolu sur Ralph Schuckett.  

En octobre 1967 paraît aux Etats-Unis l’album éponyme de Clear Light. Il va prendre place au 126ème rang du Billboard 200. Quelques semaines plus tard, c’est au tour du Royaume-Uni de faire connaissance avec ces californiens par le biais de la B.B.C et de son animateur vedette John Peel. A peu près dans le même temps, il débarque dans les bacs frenchies par l’entremise de Vogue distributeur pour l’Hexagone.

Il ne suscite pas d’engouement particulier, Clear Light étant, j’insiste, un second couteau du rock psychédélique. Par contre, il surprend car c’est certainement la première fois que les français découvrent un groupe doté de deux batteurs. Passée cette spécificité qui fait son originalité, Clear Light ne fait pas grimper aux rideaux. Il est un énième produit logé dans le ventre mou de la scène west-coast psyché.

Le ver est dans le fruit.

Parallèlement, les membres n’entretiennent pas les meilleures relations et Paul Rothchild, qui en a vu d’autres avec le cas Jim Morrison, recadre tout son monde pour éviter que les sessions d’enregistrement ne tournent en eau de boudin. Mais le ver est dans le fruit et l’ambiance bordélique ambiante va peser sur l’avenir de cette formation.

Bob Seal, qui en est venu aux mains avec le producteur, est dans le collimateur de Rothchild qui va se faire un plaisir de le remplacer. Un casting est lancé pour trouver le guitariste remplaçant. Danny Kortchmar qui bossera plus tard avec, entre autres, David Crosby, Carole King, Graham Nash, Carly Simon et James Taylor, décroche la timbale, mais n’a jamais vraiment cru en ce groupe malgré la touche personnelle qu’il a amenée au son du groupe. Il y passe les six derniers mois précédant la fin de Clear Light.

Avec des si…

Néanmoins, Kootch est des sessions du deuxième LP de Clear Light. DeYoung non, qui quitte le groupe. Cet album reste lettre morte, mais au regard de ce qu’il en a été retrouvé fortuitement par Ralph Schuckett en 2007, les bandes survécues marquaient une belle progression de Clear Light.

Le dernier line-up de Clear Light s’articule autour de Dallas Taylor, Michael Ney, Doug Lubahn, Ralph Schuckett et Danny Kortchmar. Il explose quand ce dernier quitte subitement Clear Light au prétexte d’avoir touché un héritage et qu’il avait désormais mieux à faire avec sa copine (septembre 1968). Lubahn continue avec les Doors avant de fonder Dreams avec Randy Brecker (Ex-Blues Sweat & Tears) ; Schuckett et Ney partent pour le Peanut Butter Conspiracy tandis que Dallas Taylor se met à fréquenter Stills et son environnement. Cliff DeYoung, quant à lui, part faire l’acteur ; sa filmographie depuis 1972 recense plus d’une trentaine de films (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique - 1967

 

Clear light clear light 1967

 

CLEAR LIGHT

CLEAR LIGHT – 1967  3,5/5

 

Publié en septembre 1967.

Produit par Paul A. Rothchild.

Durée:31:59.

Label:Elektra.

Genre:rock,rock psychédélique.

 

L’émotion en moins.

 

La spécificité principale de Clear Light est de compter en son sein deux batteurs, fait particulièrement rare en 1967. L’autre particularité est que l’un des deux est Dallas Taylor (l’autre est Michael Ney), le fidèle complément des albums et prestations live de Crosby Stills Nash & Young et membre à part entière du grand Manassas monté par Stills et Hillman.

Issu de Los Angeles (créé en 1966 sur les cendres de Brain Train) où il officie dans le folk-rock psych, Clear Light n’a qu’un seul LP à présenter pour étayer une carrière très courte qui tourne rapidement en eau de boudin.

Il est éponyme, publié en 1967, et produit par l’éminent Paul Rothchild, plus connu pour son travail avec les Doors, après avoir été derrière des deux premiers jets de Paul Butterfield Blues Band et notamment le croustillant East-West.

Ce professionnel de chez Elektra Records, label courageux par définition d’avoir signé les Doors, dont on ne compte plus les stars qu’il a produit, a pignon sur rue et mène grand train dans sa propriété de Laurel Canyon, où tout ce qui brille dans le milieu entre comme dans un moulin. L’homme a du caractère et sait ce qu’il veut obtenir d’un groupe auquel il croit mais qui part un peu dans tous les sens. Il n’hésite pas à faire le ménage pour que ça file droit dans les rangs.

Les sessions d’enregistrement de leur unique album donnent lieu à des tiraillements permanents, mais quand on gère l’intenable Jim Morrison, ce ne sont pas des premiers communiants qui vont le perturber.

Une fois le disque parvenu à son terme, il ressort qu’il est situé dans la veine rock psychédélique californienne de leurs illustres colocataires chez Elektra, mais s’avère surtout être un énième produit dans un genre approchant et qu’il ne contribuera pas à la popularité du groupe angelin.

Lé débat est toujours ouvert au vingt et unième siècle. A une époque où l’on exhume tout et n’importe quoi de l’inépuisable vivier psychédélique des années 60, avec une fâcheuse tendance à crier haut et fort avoir déniché la perle rare, il faut raison garder. Si Clear Light n’a jamais fait parler de lui de son temps, c’est qu’il y a une explication.

Le groupe en question appartient à la deuxième division du genre malgré des soubresauts de talent. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de vraies et belles dispositions dans cette formation, ni de belles idées dans ce disque, mais, comme je le disais précédemment, ça part un peu dans tous les sens.

L’ensemble laisse entrevoir des lendemains prometteurs (notamment au niveau de la guitare de Bob Seal et des batteries) et le pédigrée des acteurs l’atteste : Doug Lubahn a tenu la basse des Doors et le claviériste Ralph Schuckett est devenu un « session man » recherché. Taylor, on sait ce qu’il en est advenu, tandis que le chanteur Cliff DeYoung a opté pour le cinéma et Seal n’a plus donné signe de vie.

Pour moi, ce combo n’est pas essentiel et n’appartient au gratin du rock psych, malgré ce que certains peuvent en penser. On a certes du solo de guitare « en veux tu, en voilà » (Black Roses, Street Singer), un très bon Mr Blue piqué au passage à Tom Paxton et psychédélisé pour les besoins du répertoire, une belle ballade (The Ballad Of Freddie & Larry), deux Bob Seal intéressants, les dénommés With All In Mind et They Who Have Nothing. Cette combinaison de folk, de rock et de psych plutôt excentrique, s’écoute bien, mais rien ne se dégage vraiment qui aurait pu faire briller cet album.

Il manque quelque chose qui puisse susciter une quelconque émotion chez moi. Et pourtant, ça s’écoute, aucune piste ne peut être taxée de faible. Tarif du jour : 3,5. Et ce, même si je vais m’attirer les foudres des fans de rock  psychédélique. Ca ne pète pas plus haut, point barre (RAZOR©).     

 

1. Black Roses.

2. Sand.

3. A Child's Smile.

4. Street Singer.

5. The Ballad of Freddie and Larry.

6. With All in Mind.

7. Mr. Blue.

8. Think Again.

9. They Who Have Nothing.

10. How Many Days Have Passed.

11. Night Sounds Loud.

 

Cliff De Young:chant.   

Bob Seal:guitare,chant.  

Douglas Lubahn:basse.

Ralph Schuckett:claviers.

Dallas Taylor,Michael Ney:batterie.

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