Cold Sun.

BIOGRAPHIE.

 

COLD SUN/Austin (Texas – USA)

 

 

Cold sun palmer auditorium 1971

 

 

Actif entre 1967 et 1970.

Labels:Rockadelic,Sonobeat.

Genre:rock psychédélique,rock garage.

 

Plaisir et liberté.

 

L'état du Texas a engendré son lot de groupes et d'artistes garage et psychédéliques dont certains n'ont eu qu'un rayonnement régional ; c'est le cas de Red Krayola, Moving Sidewalks ou Bubble Puppy, quand d'autres comme The 13th Floor Elevators ou, dans un registre différent, Janis Joplin, sont devenues des stars planétaires.

 

Sur cette scène régionale féconde, Austin a tiré son épingle du jeu en se positionnant sur la musique live et le garage, genre associé au rock psychédélique. La paisible petite cité universitaire s'est alors transformée en une Mecque du rock.

 

Au milieu des 60's, la ville grouillait de formations montées par de jeunes ados dont la seule motivation étaient le plaisir et la liberté. A l'instar de San Francisco en Californie, Austin a connu, en 1965 et 1966, son âge d'or.

Cold sun liveCold Sun : un groupe qui recherche l'originalité...

Cold sun bill miller 1Emmené par Bill Miller, un personnage.

Cold sun tom mcgarrigleMcGarrigle, guitariste.

Cold sun dark shadows lpDark Shadows, réhabilité par Rockadelic (1989).

Bill Miller, un personnage original.

 

Apparus en 1968 sous une identité différente, les membres de Cold Sun ont été élevés sur ce terreau. Bill Miller en tête. Ce jeune homme est un drôle de zinzin en marge de son époque, collectionneur de lézards et de serpents, adepte des excentricités sonores du producteur anglais Joe Meek (The Honeycombs), inconditionnel du son stratosphérique la clavioline, la signature des Tornados, et des singeries du scandaleux londonien Screaming Lord Sutch, chanteur raté reconverti en directeur de station-pirate (Radio City, concurrente de Radio Caroline).

 

Il tourne régulièrement aux cactus mexicains (peyolt) et son cerveau est aussi embrumé que ceux de tous les membres du 13th Floor Elevators mis bout à bout.

 

Bref, le Miller en question est un personnage ; comme bien d'autres musiciens de son époque et de cette scène, il va être attiré par les sirènes du psychédélisme. Comme ses aînés du 13th Floor Elevators et fidèle à ses influenceurs britanniques, il recherche également l'originalité.

 

Un son ésotérique venu de Mars.

 

Là où la bande à Roky Erickson, par le biais de Tommy Hall, introduit la cruche électrique (electric jug) qui contribue pour l'essentiel au son original du groupe, Miller ancre l'autoharpe, sorte de cithare, dans sa musique.

 

Après des recherches pour électriser l'instrument jusque là réservé au folk (la Carter Family l'utilisait), celui-ci est finalement amplifié via une fuzzbox et trouve sa place dans un contexte plus rock. Il va alors développer un étrange son ésotérique qui semble émaner d'une station de radio martienne.

 

L'homme est visiblement un allumé de première et la clique qui lui colle aux basques est visiblement sur la même longueur d'ondes hypnotique et aussi hallucinée que Miller.

 

Pour un premier album (qui s’avérera unique), les musiciens font montre d'un véritable talent, tant Tom McGarrigle qui sort de sa guitare, tels des coups de poignards, des flashes distordus, Mike Waugh et ses lignes de basse profondes et prog, Hugh Patton au jeu de batterie énergique. Et puis il y a ce son incroyable sorti de l'autoharpe de Miller...

 

Un LP jamais publié à son époque...

 

Le disque en question, Dark Shadows, est enregistré dans les studios Sonobeat Recording Company, label d'Austin fondé au début de 1967 par Bill Josey Père et Fils, déjà derrière la radio prog avant-gardiste Kazz-FM.

 

Les Josey sont de fervents supporters des Elevators qui, s'ils n'avaient pas signé chez International Artists, auraient vraisemblablement fini chez Sonobeat. Johnny Winter y enregistre son premier album, en 1967 : The Progressive Blues Experiment.

 

Billy Miller et ses acolytes consacrent 5 mois à l'enregistrement de ces bandes qui ne verront jamais le jour à l'époque.

 

Sonobeat ne publiera jamais l'album dont les sessions débutent en novembre 1970 et s'achèvent en mars 1971.

Le Western Hills Drive Studio dans le nord-ouest d'Austin (1967/71), qui est aussi le domicile des Josey, sert de cadre à celles-ci. Situé dans un quartier résidentiel, leurs propriétaires limitent son usage aux seuls overdubs et aux séances acoustiques de jour.

 

La grande majorité des enregistrements, les sessions de remix et les dernières retouches sont réalisées, en juillet et août 1971, dans un studio plus spacieux et flambant neuf, situé au rez-de-chaussée de la station de radio KVET Building (North Lamar à Austin).

Cold sun bill miller

« Les gens, au fil des ans, m'ont convaincu que l'album Dark Shadows était en avance sur son temps. Donc d'une certaine manière, je ne le considère pas comme quelque chose du passé.» (Bill Miller)

Ces enregistrements restent inédits jusqu'à ce que, deux décennies plus tard, on remette la main dessus. Les cassettes retrouvées révèlent que les titres finalisés sur le pressage de Rockadelic (1989) changent au gré de l'évolution de l'enregistrement. Ainsi Marble, Mind Aura, Cycle, Silent, What Season ou Light ne figurent pas dans les ultimes remixes, fin juillet 1971.

 

A l'époque, si l'album reste lettre morte, Bill Josey Père examine la possibilité de sortir un single avec See What You Cause/Twisted Flower. Le single ne sort pas non plus et les enregistrements obscurs n'intéressent pas plus les maisons de disques.

 

Malgré les efforts de Josey pour sensibiliser son entourage à ces artistes, aucun pressage vinyle ne circulera. La musique est jugée trop bizarre et a minima.

 

...réhabilité par Rockadelic.

 

Il faut donc attendre Rockadelic pour que ce travail soit enfin entériné sous Cold Sun et Dark Shadows : 300 copies sont réalisées, de quoi attiser les convoitises des orpailleurs contemporains du rock.

 

Le titre de ce qui est devenu collector aujourd'hui réfère à un feuilleton télévisé américain d'épouvante et d'horreur (27 juin 1966 au 2 avril 1971 sur ABC).

 

Si, après ce qui va devenir Dark Shadows, Miller rebondit auprès de son idole Roky Erickson (The Aliens), chacun des musiciens de Cold Sun prend des voies divergentes.

 

Le groupe, sans Hugh Patton remplacé par Tom Trusnovic (Blood Drained Cows), se retrouve le 1er mai 2011 lors d'un concert donné dans le cadre annuel de Levitation (anciennement Austin Psych Fest). C'est la dernière fois qu'il fait parler de lui, laissant désormais à Dark Shadows le soin de le faire à sa place (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE POSTHUME.

LP Studio - 1989 (inédit de 1971)

 

Cold sun dark shadows lp

 

COLD SUN

DARK SHADOWS – 1989  4/5

 

Publié en 1989.

Durée:43:47.

Label:Rockadelic.

Genre:rock psychédélique.

 

Vous avez dit étrange ?

 

Il n'y a qu'un déjanté du plafond pour faire ce genre de truc. Du genre halluciné qui carbure aux petites pilules ou aux buvards. Comme Bill Miller, jamais très loin de Rocky Erickson et des 13th Floor Elevators sur le plan relationnel comme sur celui artistique.

 

A force de manger des omelettes aux champignons mexicains au petit déjeuner, le gars Miller, Bill de son prénom, s'est aussi malheureusement salement amoché le cerveau ; il ne peut en être autrement pour sortir une musique aussi intrigante que celle qui alimente officiellement, depuis 1989, Dark Shadows, également appelé Cold Sun, nom du groupe derrière cet étrangeté.

 

Avant cette sortie par Rockadelic, chasseur de trésors discographiques par excellence, nada. Les bandes enregistrées fin des 60's/début des 70's restant inexploitées, l'album ne sort jamais, malgré les efforts de la famille Josey et de Sonobeat Recording Company.

 

Bill Josey et son fils, déjà derrière la station radiophonique avant-gardiste Kazz-FM, ont fondé le label trois ans plus tôt et fait signer Johnny Winter qui y enregistre son premier album.

 

L'opportunité est trop belle pour ceux qui n'ont pas pu s'offrir la bande à Erickson de rectifier le tir en mettant la main sur une autre œuvre essentielle du rock psychédélique.

 

Là où le 13th Floor Elevators mettait en avant la cruche électrifiée de Tommy Hall, Cold Sun, par l'entremise de Bill Miller, marque son originalité par l'utilisation de l'autoharp, sorte de cithare adapté et électrifié pour en restituer des sons surnaturels.

 

Un travail d'enregistrement, de mixage, d'overdubs et de retouches est alors entrepris durant plusieurs mois qui donne le jour à une esquisse de ce que sera Dark Shadows. La faillite de Sonobeat empêchera l'exploitation commerciale de tous ces efforts.

 

Le produit livré par Rockadelic diffère quelque peu des bandes originales, certains titres ayant été occultés au fil de la finalisation du disque.

Dans cette optique, deux studios servent de cadre à ces sessions : le Western Hills Drive Studio dans le nord-ouest d'Austin, alors domicile familial, et le studio plus moderne et spacieux de la radio KVET Building (North Lamar à Austin).

 

Ce qui nous est restitué depuis maintenant plus de 30 ans par Rockadelic et qui est définitivement entériné sous Cold Sun et Dark Shadows, confirme une chose : que le rock psychédélique peut parfois atteindre des hauts niveaux.

 

Outre la particularité du son de l'autoharp de Miller et sa voix déformée, le disque révèle aussi la qualité et l'inventitvité de la guitare de Tom McGarrigle qui délivre ici quelques coups de poignards stupéfiants, la profondeur des lignes de basse de Mike Waugh, la vitalité du jeu de batterie de Hugh Patton et l'implication collective totale des acteurs à ce projet sombre et obscur qui n'est pas sans rappeler parfois les Doors, parfois Zappa.

 

L'écoute de South Texas, Twisted Flower, Here In The Year, For Ever, Fall ainsi que l'épique Ra-Ma est vraiment exaltante. Et dire que Bill Miller n'a rien fait pour favoriser la mise sur le marché de ce disque que les fans de rock psychédélique s'arracheront ...(RAZOR©).

 

1. Ra-Ma.

2. Here In The Year.

3. See What You Cause.

4. Twisted Flower.

5. South Texas.

6. For Ever.

7. Fall.

 

Bill Miller:autoharp,harmonica,chant.

Mike Waugh,Mike Ritchey:basse.

Hugh Patton:batterie.

Tom McGarrigle:guitare.

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