Count Five.

BIOGRAPHIE.

 

COUNT FIVE/San Jose (Californie)

 

Count five intro

 

Actif entre 1964 et 1968,réunion unique en 1987 .

Label:Double Shot Records.

Genre:rock garage,rock psychédélique,acid rock,san francisco sound.

 

Maillon fort de la place de San Jose des 60's.

Dans le rock californien des années 60, l'histoire a toujours mis en avant deux scènes musicales majeures : celle de Los Angeles qui fusionne un peu tous les styles et celle de San Francisco, plus psychédélique.

Ces deux places ont mis sous l'éteignoir d'autres échiquiers qui, bien qu'éclipsés, ont réussi à tirer leur épingle du jeu contribuant eux aussi à forger l'héritage rock américain.

Si elle n'a pas eu la même reconnaissance que ces deux illustres lieux musicaux, la scène de San Jose n'en a pas moins été très active en terme de rock garage et grosse pourvoyeuse de formations de qualité dont certaines ont alimenté le vivier psyché de Frisco. Celle-ci avait alors un son bien à elle.

Count five groupeMaillon fort de la place de San Jose.

Count five 66Le premier de San Jose à faire le Billboard 100.

Count five capes 1Un look vestimentaire étrange.

Count five psychoticUn titre qui restera sans lendemain.

Count five john sean byrneJohn Sean Byrne, l'initiateur de Count Five.

Souvenons-nous plus particulièrement de Chocolate Watchband, de Syndicate Of Sound dans les 60's, au son plutôt cradingue et explosif, puis, dans un registre plus rock, des Doobie Brothers, vedettes de la décennie suivante.

Mais aussi de Count Five qui, alors que le rock de South Bay, entre 1964 et 1968, connaît son apogée et que Frisco snobe les artistes de San Jose, vient se mêler à la fête avec pour objectif premier, celui de faire danser son jeune public.

Le premier de San Jose à faire le Billboard 100.

Le groupe sort un pétillant et frénétique Psychotic Reaction de derrière les fagots qui, en faisant 5 du Billboard en septembre 1966, fait la nique à ces san franciscains condescendants en fusionnant garage-rock et psychédélisme. Le titre est aujourd'hui considéré comme l'une des chansons les plus influentes du rock américain des 60's.

L'histoire de Count Five est étroitement liée à l'invasion britannique qui déferle sur les côtes américaines au début des sixties. La vague musicale venue de l'autre côté de l'Atlantique emmène avec elle un irlandais un peu rebelle, John Byrne (décédé en décembre 2008), qui, un jour de 65, décide d'emprunter aux britanniques les grandes lignes de leur musique et de les combiner avec ce que San Jose avait alors à offrir de meilleur, un son et une énergie. Cette orientation fera de Count Five le premier groupe de San Jose à faire le Billboard 100.

Par ailleurs, lui et ses amis musiciens, poussent le concept jusqu'à donner une connotation anglaise à l'image de leur groupe : les Counts, initialement prévus, s'enrichissent d'un V (five) en hommage au Dave Clark Five, un des acteurs majeurs de la déferlante venue de Grande-Bretagne.

La formation de Tottenham est, en effet, le deuxième combo de ce tsunami musical à figurer au programme du Ed Sullivan Show, diffusé sur la chaîne américaine CBS (1964).

Pour faire encore plus vrai, John, chanteur et guitariste rythmique, abandonne son prénom pour celui de Sean qui a le mérite de sonner carrément britannique.

Un look vestimentaire étrange.

Mais l'histoire de Count Five n'est pas que celle de Byrne, elle implique également 4 autres jeunes lycéens du Pioneer High School de San Jose : Kenn Ellner, Roy Chaney, John Michalski et Craig Atkinson.

John Byrne intègre l'établissement en cours d'année 1964 et vient grossir les rangs du groupe scolaire alors constitué : The Squires, initialement The Citations, créé par Roy Chaney (basse) et John Michalski (guitare principale) et que rejoignent, dans un premier temps, Kenn Ellner (harmonica et chanteur) puis Byrne, guitariste, chanteur et compositeur et Atkinson, batteur. Les Squires s'anglicisent à partir de ce moment (1964/65) ; Count Five (ou Count V) prend le relais. Son style évolue alors vers un rock plus dur, celui des Yardbirds, des Who et des Stones.

Pour se faire remarquer, Count Five soigne aussi son look vestimentaire. Dès qu'ils sortent de leur garage où ils répètent assidûment pour apparaître en public, les musiciens s'affublent de longues capes noires qui les fait ressembler à autant de Draculas.

Psychotic Reaction, le déclic.

Malgré une éthique saine (pas de drogues et un comportement irréprochable), Count Five peine à convaincre les labels majeurs de les signer.

Le groupe reste une année sans attirer réellement l'attention des maisons de disques malgré son originalité et son gros potentiel. Le titre évoqué précédemment va radicalement changer les choses.

Psychotic Reaction naît dans l'esprit de Byrne alors qu'il est en cours et qu'il lutte pour ne pas s'endormir en écoutant son professeur parler de psychose et de névrose. Eureka !

Byrne vient de trouver là le chaînon manquant qui mène à la gloire. En un flash, il tient sa chanson. Il a ses paroles, sa mélodie, son rythme. Reste à soumettre l'idée au groupe qui (bien entendu) acquiesce et qui répète à l'unisson la trame de ce titre qu'il peaufine au contact de son maigre public.

La chanson tape dans l’œil de Brian Lord, un DJ de la radio locale KLIV. Sous l'impulsion de Sol Ellner, père de Kenn, commercial en assurances et manager auto-proclamé, ainsi qu'avec l'aide de l'animateur-radio, des contacts sont établis avec Joe Hooven et Hal Winn, deux producteurs en passe de créer leur propre label à Hollywood.

Count five dan orloff portrait

Dan Orloff

« Psychotic Reaction est une des chansons les plus importantes de l'histoire du rock. Si San Jose n'avait pas d'identité sonore propre, alors Count Five l'a créée. » (Dan Orloff–San José Rocks)

Ceux-ci cherchent des artistes et Count Five leur plaît bien. Ils intègrent Double Shot Records dès l'été 66, lequel publie aussitôt Psychotic Reaction/They're Gonna Get You.

La résonance reste d'abord locale, mais très vite, les stations de la Bay s'emparent du titre simultanément. L'impact devient alors national. Un pont d'or est offert aux 5 musiciens mais ceux-ci déclinent l'offre (un million de dollars dit-on), préférant sagement donner la priorité à leurs études.

Au Rock Hall Of Fame de San Jose.

D'autres singles (Peace of Mind/The Morning After en novembre 1966, Teeny Bopper/You Must Believe Me en mars 1967, Contrast/Merry-Go-Round en juin 1967, Declaration of Independence/Revelation in Slow Motion en janvier 1968, et Mailman/Pretty Big Mouth en 1969) et un album reprenant le nom de leur unique succès (1966) ne tardent pas à suivre. Tout est édité pour le compte de Double Shot. Les singles en question alimentent l'album Psychotic Reaction, réédité au début des 90's.

Psychotic Reaction s'avère finalement être un one-shot hit. Plus rien derrière ne suscitera le même engouement. Moins d'un an après le succès de son hymne pour ados (1968), le groupe se détourne du milieu pour les raisons évoquées précédemment, préférant continuer à jouer en dilettante, au grand dam de son cercle de fans dont Jeff Beck faisait partie.

Si le groupe s'est éteint depuis (il s'est réuni une fois en 1987), son œuvre majeure, elle, vivra éternellement. Le journaliste et critique américain Lester Bangs, dans Psychotic Reaction And Carburetor Dung, rendra hommage à ce binôme en 1972 et contribuera, à sa manière, à le populariser dans le temps.

Si c'est au regretté Byrne qu'on doit ce totem, ce sont 5 musiciens chauffés à blanc qui l'ont porté haut et fort au point de mériter le Rock Hall Of Fame de San Jose, en 2006 (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique - 1966

 

Count five psychotic lp

 

COUNT FIVE

PSYCHOTIC REACTION – 1966  4/5

 

Publié en 1966.

Produit par Hal Winn,Joseph Hooven.

Durée:25:39.

Label:Double Shot Records.

Genre:rock garage,acid rock,rock psychédélique.

 

Un p'tit tour et puis plus rien.

 

Formé en 1964, Count Five s’est révélé au rock, en 1966, avec un titre à couper le souffle : Psychotic Reaction. Ce morceau au riff fuzz carnassier, devenuintemporel depuis et dont on reparlera encore aux siècles prochains, est l’unique vitrine de ces étudiants de San Jose, l’incontestable clef de voûte de leur vie de groupe, né pendant une conférence au City College, sur la psychose et la névrose.

Ken Ellner (chanteur et harmoniciste), Sean Byrne (guitare rythmique), John Michalski (guitare), Roy Chaney (basse) et Craig Atkinson n’auront malheureusement pas l’occasion de renouveler l’exploit d’entrer directement dans le top 10 US, comme ce fut le cas pour Psychotic Reaction et ce, malgré la sortie de quelques singles intéressants.

L’album qui porte le titre de leur seul grand fait d’armes témoigne de la belle tenue de ces gamins de la baie de San Francisco qui s’offrent le luxe de reprendre My Generation et Out In The Street des Who.

D’entrée de disque, c’est l’ébullition avec l’excellent Double-Decker Bus. Les rockers en culotte courte qu’ils sont, proposent ni plus, ni moins, comme ils le démontrent par la suite, un solide rock garage, avec son cradingue et ambiance explosive.

C’est frais, pétillant, sans artifices, avec arrangements réduits à leur plus simple expression, proche des Standells ou d’Electric Prunes et influencés par les Yardbirds de Rave Up. Et ça marche.

Hélas, comme je le disais précédemment, l’histoire ne repassera pas les plats. Count Five verra son compteur bloqué au seul Psychotic Reaction de 1966, ses représentants refusant un pont d’or pour poursuivre l’aventure, préférant remettre le nez dans les bouquins dès 1969 (RAZOR©).

 

1. Double-Decker Bus.

2. Pretty Big Mouth.

3. The World.

4. My Generation.

5. She’s Fine.

6. Psychotic Reaction.

7. Peace Of My Mind.

8. They’re Gonna Get You.

9. The Morning After.

10. Can’t Get Your Lovin’.

11. Out In The Street.

 

John “Sean” Byrne:chant,guitare rythmique.

Ken Ellner:chant,harmonica.

John “Mouse” Michalski:guitare.

Roy Chaney:basse.

Craig “Butch” Atkinson:batterie.

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