Fever Tree.

BIOGRAPHIE.

 

FEVER TREE/Houston (Texas-USA)

 

Fever tree 3

 

Actif entre 1966 et 1970.

Labels:Uni,Ampex,Shroom Records.

Genre:rock psychédélique,rock garage.

 

Des texans comme on les aime.

Alors qu'il est mort et enterré depuis la fin des 70's, voire même réduit à l'état de poussière depuis, v'là t'y pas que Fever Tree nous ressuscite plus de 40 ans après avoir rendu son dernier souffle et fini six pieds sous terre. En 2011, le spectre des texans revient mettre tous nos sens en émoi avec un disque pas piqué des hannetons que, même pas eux, du temps de leur vivant, savaient qu'il existait. C'est pas fort, ça ? Explications.

Un jour, Rob Landes, le claviériste des derniers râles de Fever Tree, fait du rangement dans une armoire laissée à l'abandon depuis son déménagement à la fin des années 90. Dans sa démarche, il met la main sur une boîte étiquetée Fever Tree Live Sessions. Cette écriture, il la reconnaît spontanément, c'est celle de Scott Holtzman, celui aui fut le manager de Fever Tree. La boîte renferme des bandes dont il ignore tout de leur contenu, encore moins de la manière dont elles sont arrivées dans cette armoire.

Fever tree 2La belle scène texane.

Fever tree 14 LP studios inégaux...

Fever tree lp...dont l'éponyme est le plus représentatif.

Fever tree 4Rival crédible des plus grands groupes texans.

Fever tree san francisco girls singleSan Francisco Girls: son titre majeur.

Fever tree live 69Revenu du diable Vauvert grâce à des rebuts (Live 69).

Revenu du diable Vauvert grâce à des rebuts.

Landes s'empresse de les confier à un ingénieur du son-ami de Sugarhill Records. Andy Bradley, le technicien en question, les écoute et reconnaît spontanément à qui il a affaire : Fever Tree. Seulement voilà, les bandes sont en mauvais état et ont vieilli. Qu'à cela ne tienne, Bradley les restaure et les numérise.

Landes sort du studio, met le support numérisé dans le lecteur de sa voiture et là, toutes les émotions et les souvenirs remontent à la surface. C'est le dernier concert donné en 1969 par Fever Tree. Quand il livre sa dernière prestation à Mt Carmel High School, le groupe est déjà dissous, mais il doit un disque au label UNI.

Mécontent du résultat, UNI préfère mettre sur le marché, pour des raisons contractuelles, le faible For Sale, fait avec des chutes des albums précédents. Il le rejette donc et se désintéresse des enregistrements de l'ultime concert du line-up classique composé de Dennis Keller (chant) et Rob Landes (claviers), toujours actifs, du regretté Michael Knust (guitariste mort en 2003), et des retraités EE Bud Wolfe III (basse) et John Tuttle (batterie). Rob Landes n'avait plus le souvenir de cet événement jusqu'à ce qu'il ne le rattrape. Bien évidemment, il vient compléter la discographie du groupe. Il appartient à Sundazed (2011) de sortir Fever Tree Live 69.

Une pensée pour Michael Knust.

Fever Tree, pour ceux qui ont suivi son parcours, a été l'un des meilleurs groupes de rock psychédélique des 60's. L'un des plus sous-estimés aussi de la magnfique scène texane comme Buble Puppy, Josefus, The Clique, Moving Sidewalks, Southwest F.O.B, Shiva's Headband. Eux sont nés sur les cendres des Bostwick Vines, un groupe formé en 1964 par Michael Knust, fils d'un pilote de la Luftwaffe ayant fui l'Allemagne.

Cet ado de 15 ans, encore étudiant à la Spring Branch High School de Houston et ayant pour influence majeure Jefferson Airplane et les Stones, convainc EE Bud Wolfe de le rejoindre dans ce projet. Dennis Keller, John Tuttle et Jerry Campbell en font de même. Quand ce dernier est appelé pour remplir ses obligations militaires (Vietnam), Don Lampton (décédé en 2009) rejoint la formation aux claviers et à la guitare rythmique.

Le passage sous tutelle des managers influents que sont Scott et Vivian Holtzman aboutit, en 1966, à ce que Bostwick Vines troque son nom pour Fever Tree. Le couple, outre la gestion et la production, est la force créatrice fournissant la majeure partie du songwriting de Fever Tree.

Rival crédible des plus grands groupes texans du moment.

La deuxième décision est de remplacer Lampton par le jeune Rob Landes au regard de son statut de multi-instrumentiste. Outre le piano et l'orgue, ce dernier, organiste d'église et formé au piano classique, manie également la flûte, le clavecin, le clavinet, le violoncelle et l'harmonica. Scott Holtzman a alors la géniale idée de le vieillir en l'affublant d'une fausse moustache et en lui faisant passer des vêtements délurés pour faire plus rock & roll.

Cette incarnation rencontre un certain succès sur Houston, au Catacombs (Post Oak) et au Love Street Light Circus d'Allen's Landing notamment, en pleine émergence de la scène texane qui voit Fever Tree rivaliser avec des formations dont le destin sera autrement plus glorieux : 13th Floor Elevators, Sir Douglas Quintet, Johnny Winter ou ZZ Top.

Elle enregistre également quelques singles (Girl Oh Girl/Steve Lenore-1967 et Hey Mister/I Can Beat Your Drum-1968) sortis sur le label new yorkais Mainstream Records avec lequel Scott Holtzman a passé un accord de principe. Mainstream, spécialisé dans le jazz, est alors la maison de disques de Big Brother & The Holding Company, dans lequel évolue Janis Joplin et des Moving Sidewalks, formation marquant les débuts du guitariste texan Billy Gibbons, futur ZZ Top.

San Francisco Girls, fait majeur.

Fever Tree signe pourtant son premier gros contrat chez UNI Records, alias Universal City Records, une étiquette appartenant à MCA.

Celui-ci amène un premier LP qui ne manque pas d'idées musicales et de force. Il est toutefois précédé par San Francisco Girls (Return Of The Native), le single majeur du groupe (91 au Billboard). Visiblement, son déménagement en Californie et les filles de la Baie l'ont inspiré, l'album regorgeant de belles pièces de qualité approchante.

Fever tree dennis keller

« Aucun d'entre nous n'avait mis les pieds à L.A. auparavant. Y être était déjà un plaisir en soi. Mais arpenter Sunset Boulevard et voir un grand panneau affichant la pochette de notre premier LP, c'était la cerise sur le gâteau. Partout dans la ville, il y avait des indices annonçant Fever Tree Is Coming ! Fever Tree Is Coming ! Nous nous sentions alors fiers et célèbres, même si personne ne savait ce qui se cachait derrière ce Fever Tree. » (Dennis Keller)

Longuement travaillé en studio entre Houston et Los Angeles (Andrus Studios), l'album (156 au Billboard) permet au groupe de tenter des choses et de globalement les concrétiser. Eponyme, ce premier jet sorti en mars 1968 mélange pop-rock psychédélique, pop baroque (arrangements et orchestrations de David Angel et Gene Page) et folk rock. Meilleur album de la discographie des texans, il concentre sur lui tout l'intérêt à porter à ce groupe.

Derrière, Another Time, Another Place (1968) revêt encore de l'attention. Il y a encore de la qualité dans le lot de chansons signées, une fois encore, par le duo des Holtzman, mais c'est plus décousu et parfois inégal.

Creation (1969), bien qu'animé de quelques saubresauts crédibles (Time Is Now, Wild Woman Ways, The God Game) mais surtout For Sale (1970) sont loin d'être au niveau de l'opus ouvrant le catalogue. Le catalogue de Fever Tree réunit aujourd'hui les 4 albums studio sur deux CD, Fever Tree/Another Time Another Place et Creation/For Sale.

Pour en apprécier la substantifique moelle, on peut toutefois se projeter sur les compilations San Francisco Girls et San Francisco Girls/The Best Of Fever Tree, cette dernière concentrant le meilleur de ce qui a fait la popularité de ces magnifiques, mais mésestimés texans, disparus en 1970, après 4 ans d'activité (RAZOR©).

 

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Fever tree lp

 

FEVER TREE

FEVER TREE – 1968  4/5

 

Publié en 1968.

Produit par Scoot & Vivian Holtzman.

Durée:34:37.

Label:UNI.

Genre:rock psychédélique.

 

Il avait tout d'un grand.

 

J’ai le souvenir encore très vivace d’avoir eu entre les mimines le vinyle original et éponyme de Fever Tree (en écoute intégrale ici), un ou deux ans après son apparition dans les bacs ; sa pochette aux allures psychédéliques me dit quelque chose et du peu dont je me souvienne, je ne risque pas de ramasser un seau de détritus sur la tronche à vous en parler, because son écoute m’avait alors laissée sur une impression d’ensemble tout à fait agréable et surprenante.

Ce Fever Tree de 1968 est aujourd’hui disponible en vinyle dans sa configuration initiale (onze titres), mais apparaît aussi, dans sa quasi intégralité (manque Where Do You Go ?), sur une réédition appelée San Francisco Girls (le titre majeur des texans) agrémentée de 7 bonus. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est la galette noire d'origine, même si je ne crache pas sur le CD, cela va sans dire.

Sur le support de 1968, on peut y identifier par ordre d’apparition, de gauche à droite, le premier line-up de Fever Tree : E.E. « Bud » Wolfe, le bassiste à genoux, Rob Landes (claviers), Dennis Keller, chanteur, Michael Stephen Knust (guitare) et le batteur John Tuttle.

Originaire de Houston, Fever Tree se situe dans la lignée des artistes texans ayant migré vers la scène rock psychédélique californienne, comme Sir Douglas Quintet, 13th Floor Elevators, Z.Z. Top ou Janis Joplin. Lui-même ne résiste pas longtemps à cette tentation d’aller se faire remarquer là où ça se passe alors.

Fever Tree compte cinq albums à son actif, quatre studios dont le présent éponyme de 1968, leur meilleur, Another Time Another Place (1968) et Creation de 1969, faits alors que le groupe est en phase déclinante, For Sale de 1970 alors qu'il est au stade terminal (achevé par des musiciens de sessions). Le live At Lake Charles (1978) implique une mouture plus ou moins réunifiée autour de Knust, mais qui n’a de Fever Tree que le nom.

Un Live 69 a été publié récemment qui est avant tout un leurre pour appâter les fans. Le coup des bandes retrouvées comme par le plus grand des hasards au fonds d'un tiroir... Pour dire vrai, l’intérêt du catalogue se concentre sur le premier album éponyme lequel a nécessité trois mois d’investissements et de sacrifices pour en accoucher.

Cet album, enregistré à cheval entre Houston (Studios Andrus) et L.A. (pour les phases orchestrales et le mixage définitif) a fait bomber le torse à ses auteurs, fraîchement débarqués dans la Cité des Anges et paidement pressentis par la presse et le public comme des futurs grands. On sait ce qu’il en adviendra.

Mais y a de quoi faire le paon, compte tenu d’une qualité évidente qui a surpris, en premier lieu, les artistes eux-mêmes lesquels, selon Rob Landes dans une interview, n’en espéraient pas tant.

L’unanimité se fait donc autour de Fever Tree, relayé par le réseau FM, mais marquant malheureusement trop tôt, le sommet artistique de ceux qui évoluaient encore il y a peu sous l’étiquette des Bostwick Vines (1967).

Eclectique, voire différent au changement de côté, plus psyché dans sa face initiale et plus rock dans sa seconde partie, il ne manque pas de temps forts: San Francisco Girls (Return Of The Native) 91 dans les charts en 1968 et dans l’esprit des lieux et de l’époque, Nowadays Clancy Can’t Even Sing (emprunté au Neil Young de Buffalo Springfield), Man Who Painted The Pictures, Ninety-Nine And One Half de Wilson Pickett (un classique de la soul), The Sun Also Rises, la belle et douce ballade Come With Me (Rainsong), un Unlock My Door aux influences baroques et classiques, un surprenant Filligree & Shadow.

Belle voix hypnotique de Dennis Keller, un claviériste créatif (Rob Landes), une guitare fuzz qui fume, des effets sonores, des textes intelligents mais utopiques, essentiellement l’œuvre de Scott et Viviane Holtzman, les financiers et producteurs du groupe, un son psychédélique qui en fait le plus californien des texans … Fever Tree aurait du cartonner. Hélas les ventes n’ont jamais été à la hauteur d’un excellent niveau qui se situe aux alentours de 4/5 (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Imitation Situation 1 (Toccata And Fugue).

2. Where Do You Go?

3. San Francisco Girls (Return of the Native).

4. Ninety-Nine and One-Half.

5. Man Who Paints the Pictures.

6. Filligree and Shadow.

 

Face 2.

7. The Sun Also Rises.

8. Day Tripper / We Can Work It Out.

9. Nowadays Clancy Can't Even Sing.

10. Unlock My Door.

11. Come With Me (Rainsong).

 

Rob Landes:piano,orgue,clavecin,clavinet,flute,cello,harmonica.

Dennis Keller:chant.

John Tuttle:batterie,percussions.

E.E. Wolfe:basse.

Michael Knust:guitare,chant.

David Angel:arrangements cordes sur 1 à 6.

Gene Page:arrangements cordes sur 7 à 11.

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