H.P. Lovecraft.

BIOGRAPHIE.

 

H.P. LOVECRAFT/Chicago (Illinois – USA)

 

Hp lovecraft 1

 

Actif entre 1967 et 1969, retour entre 1969 et 1971, 1975/76 et 1980 sous Lovecraft/Love Craft.

Label:Philips,Reprise,Mercury.

Genre:rock psychédélique,folk-rock,acid rock.

 

Un beau spécimen de la scène san franciscaine.

Le milieu des années 60's a été rock et psychédélique. Que l'on soit issu du folk, du blues, du rock ou du classique, de New York, de Detroit ou de Seattle, venu du Nord de l'Amérique ou un pur autochtone, constitué en duo ou élargi en grosse armada, la quasi-totalité des trajectoires des artistes d'alors a convergé vers San Francisco et la scène acid rock. C'est là que ça se passait, il fallait en être.

Issu de Chicago, H.P. Lovecraft a connu cet itinéraire, passé de formation folk à ses origines dans l'Illinois (1967) à groupe hybride acid folk-rock après avoir posé ses valises dans la cité nord-californienne.

En combinant des éléments de psychédélisme et de folk-rock, il y façonne une musique envoûtante, fantaisiste, aventureuse et mystérieuse, brodée autour des écrits de l'auteur de fantastique, d'horreur et de science fiction, dont le groupe a fait sien le nom : H.P. Lovecraft. H.P. Comme Howard Phillips.

Que de promesses !

Composé d'un mélange hétéroclite de talentueux musiciens, H.P. Lovecraft est connu pour avoir été un des meilleurs représentants de la scène psychédélique de la fin des 60's.

Son son particulier issu de sa diversité musicale en fait un des plus brillants et des plus intéressants acteurs de l'époque. Les deux albums qui lui sont alors crédités parlent d'eux-mêmes.

Il est toutefois à regretter que des problèmes d’ego, de gestion, de lassitude, d'abattement et de toxicomanie aient brisé avant l'heure la carrière de cette troupe pleine de promesses dont l'histoire débute au printemps 1967 sous l'impulsion de George Edwards et Dave Michaels.

Hp lovecraft ethan kenning aka edwardsEthan Kenning, alias george Edwards...

Hp lovecraft 2...à l'origine du groupe créé en 1967.

Hp lovecraft dave michaelsDave Michaels.

Hp lovecraft 4Une formation remarquée de l'acid-rock san franciscain.

Hp lovecraft lp1H.P. Lovecraft I (1967).

Hp lovecraft 3H.P. Lovecraft II (1968).

Edwards et Michaels aux manettes.

Né Charles Ethan Kenning, George Edwards est un auteur-compositeur et chanteur chicagoan. George Edwards est le nom qu'il prend pour mener une carrière musicale démarrée en 1962 passant d'abord par le folk et le blues et le circuit du midwest.

Edwards est également chanteur de session pour le label local indépendant, Dunwich Records, fondé par Bill Traut, Eddie Higgins et le regretté George Badonsky (reconverti depuis 1970 et avec succès dans la restauration).

Dunwich Records a la vocation de soutenir les jeunes artistes de la place de Chicago, comme c'est le cas avec les Shadows Of Knight dont il produit le tonique Gloria de Them.

George Edwards compte parmi les jeunes prometteurs de la région, aussi Badonsky le prend sous son aile en lui ouvrant les portes des studios et en lui permettant de collaborer avec d'autres musiciens. Il signe alors ses premières démos et peaufine son identité sonore.

Les publications de Norwegian Wood (Beatles) et de Any Way That You Want Me (Chip Taylor pour les Troggs) lui ouvrent les yeux. Si le potentiel est avéré, il lui manque encore ce petit quelque chose qui puisse faire la différence.

Il fait alors le choix de doter son travail d'harmonies vocales et fait appel à David Michaels (David Miotke pour l'état-civil) qu'il connaît pour avoir travaillé avec lui quelques mois plus tôt, dans un trio vocal (1966).

David Michaels est claviériste (orgue, clavecin, piano) de formation classique et un chanteur dont la spécificité est de posséder une voix couvrant quatre octaves. Il montre aussi de réelles aptitudes à la clarinette et à la flûte.

Sa panoplie instrumentale est si élargie qu'elle permet à Edwards de pouvoir enrichir et diversifier le son qu'il a en tête. L'idée de mettre en place un groupe dans l'air du temps naît alors.

Naissance de H.P. Lovecraft.

Au printemps 1967, Edwards et Michaels réunissent une équipe hétéroclite de musiciens laquelle donne le jour à H.P. Lovecraft, après que les héritiers de l'auteur américain aient donné leur quitus pour que le nom du romancier soit repris.

Le guitariste Tony Cavallari au style très personnel, le batteur Mike Tegza, déjà fort doué pour son âge (16 ans), le bassiste Tom Skidmore dans un premier temps, puis Jerry McGeorge en rupture de Shadows Of Knight forment la mouture originelle de H.P. Lovecraft, celle derrière le premier album du groupe enregistré au milieu de l'année 1967 et publié en octobre.

Une curiosité de la west coast.

Le disque, éponyme, consiste en un délicieux mélange d'adaptations de morceaux folk traditionnels (Wayfaring Stranger sorti en single en septembre 1967), de reprises (Chet Powers, Randy Newman, Travis Edmonson, Fred Neil) et d'originaux (Time Machine, That's How Much I Love You Baby et le fabuleux The White Ship, également publié en single), en un surprenant duo d'harmonies vocales éthérées que n'auraient pas reniées le Jefferson Airplane de la première heure, en un subtil brassage d'influences folk, de notes baroques et de psychédélisme.

L'expertise pluti-instrumentale de Michaels et le soutien de joueurs de cor, de piccolo, de clarinette et de vibraphone permet d'obtenir le son voulu par Edwards. Il résulte de ce premier travail une ambiance étrange et envoûtante, une sensation de dérive et d'errance donnant une profondeur particulière aux textes inspirés de Lovecraft l'écrivain.

Parmi les artistes repris sur H.P. Lovecraft I, échec commercial, figure Fred Neil (That's The Bag I'm In et Country Boy And Bleeker Street) qui a une grande influence sur George Edwards lorsque ce dernier quitte Chicago pour la Californie (1964).

A l'appel de H.P. Lovecraft II (septembre 1968), Jeff Boyan, bassiste accompli (The Blackstones, Saturday's Children) et chanteur, prend le relais de McGeorge. H.P. Lovecraft s'étoffe et se bonifie devenant une curiosité sur l'échiquier de la West Coast.

Le paradoxe H.P. Lovecraft.

Sur la scène en vogue de San Francisco, il traite d'égal à égal avec les groupes majeurs de l'acid rock du moment, tels que Moby Grape, Grateful DeadBig Brother And The Holding Company ou Jefferson Airplane et partage les podiums avec les anglais (Donovan, Procol Harum, Pink Floyd, les Who).

L'album sorti en 1991 chez Sundazed Music, Live May 11 - 1968, atteste de la pertinence des spectacles alors donnés par le groupe. Ici, en l'occurrence au Fillmore de Bill Graham, on peut juger de la qualité de la performance scénique du groupe. Ce disque posthume est un incontournable.

En devenant des consommateurs réguliers de LSD, les acteurs évoluent vers une musique axée sur plus de psychédélisme, un psychédélisme parfois confus et abusif comparable à un mauvais trip sous acid.

Le deuxième album des chicagoans ne souffre pas trop de cette direction. H.P. Lovecraft II (septembre 1968), s'il n'a pas la brillance de son prédécesseur, n'en a pas moins des arguments étranges et envoûtants en sa faveur.

Hp lovecraft ethan kenning

« Nous avons eu vent de HP Lovecraft, l'auteur, parce que notre manager avait un chien nommé Yuggoth. Quand j'ai demandé d'où venait le nom, il m'a parlé de cet écrivain, et j'ai commencé à lire ses livres. Par le plus grand des hasards, un de nos managers est allé à l'université avec August Derluth, qui était l'exécuteur testamentaire des biens de Lovecraft. Nous sommes passés par lui pour avoir l'autorisation d'utiliser le nom. » (Ethan Kenning)

Malgré ces marqueurs psychés marqués (production de Badonsky et avec l'omniprésent et novateur anglais Chris Huston comme ingénieur du son) et des travaux placés dans la tendance de l'époque, le groupe n'est pas récompensé dans les bacs.

La faute à une matière que HPL n'a pas le temps de peaufiner, alimentée dans l'urgence, au motif d'avoir passé la première partie de l'année 68 à se cramer dans d'interminables tournées.

C'est tout le paradoxe de H.P. Lovecraft que d'avoir figuré parmi les plus beaux spécimens de l'acid-rock de Frisco et de n'avoir pas réussi, parallèlement, à faire fructifier tout son talent en se positionnant dans les charts.

Clap de fin.

Ce constat génère des tensions en interne et provoque la dissolution du groupe (début 1969) suite au départ, fin 1968, de Michaels.

H.P. Lovecraft renaît de ses cendres quelques mois plus tard (fin 1969), sous la houlette d'Edwards et de Tegza. Le premier nommé y fait un passage furtif avant de commencer sa carrière de producteur et de d'artiste solo sous Ethan Kenning.

Renommée Lovecraft, la nouvelle mouture est l'auteur d'un LP, Valley Of The Moon (1970), plus soft rock ; séparée avant même sa sortie, elle réapparaît, toujours avec Tegza à sa tête, en 1975 (puis en 1980), sous Love Craft. Sans succès et bien loin du groupe majeur de l'acid-rock qu'il a été (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Hp lovecraft lp1

 

H.P. LOVECRAFT

H.P. LOCRAFT I – 1967  4/5

 

Publié en octobre 1967.

Produit par George Badonsky.

Durée:32:10.

Label:Philips Records.

Genre:rock psychédélique,folk-rock,acid rock.

 

Oh que oui !

 

Peu considéré au moment de sa publication en octobre 1967, le premier LP de H.P. Lovecraft (en écoute intégrale H.P. Lovecraft I et II), sobrement intitulé H.P. Lovecraft, est un excellent travail rock psychédélique. Pour des gars qui puisent leur origine dans le folk et originaires de Chicago la bluesy, reconnaissons leur le fait qu'ils ont dignement représenté la scène de San Francisco sur laquelle ils ont connu leur apogée entre 1967 et 1968.

Même s'ils ne sont pas recensés parmi les ténors de la place et du genre – on laissera cet honneur à l'Airplane et au Dead -, ils en furent des animateurs très courtisés d'autant qu'en public, ils valaient leur pesant de buvards.

Qu'il n'ait pas été plus loin ou plus haut peut s'expliquer par la qualité et la densité de cette scène de l'Area Bay et de la production discographique de l'année flower power. Beaucoup d'appelés, peu d'élus. C'est l'explication qui arrange tout le monde...

Par ailleurs, le constat a été fait selon lequel, ni les singles envoyés en éclaireur du premier album ou le suivant n'ont connu une grosse réussite commerciale. Aucune trace de H.P. Lovecraft dans quelque classement que ce soit, single comme LP. C'est sûr que ça n'aide pas à décrocher le pompon.

En poussant un peu plus l'analyse de la première incarnation de H.P. Lovecraft (on passera sur les variantes funky que sont Lovecraft et Love Craft du début des 70's), on fera surtout le constat que H.P. Lovecraft souffrait surtout d'un déficit d'écriture originale. Les débuts impressionnants de cette formation sont un peu l'arbre qui cache la forêt.

Le premier album, le plus intéressant à mes yeux (son suivant a encore quelques belles fluxions hip à découvrir), s'appuie essentiellement sur des reprises et du traditionnel arrangé par Edwards, l'initiateur du groupe. Let's Get Together est repris à Dino Valenti (alias Chet Powers), I've Been Wrong Before à Randy Newman, The Drifter à Travis Edmonson, That's The Bag I'm In et Country Boy & Bleeker Street à Fred Neil tandis qu'Edwards bricole deux titres trad, Wayfaring Stranger et le court final Gloria Patria.

Seuls 3 des 10 titres sont signés de la main d'Edwards, Michaels et Cavalleri : The Time Machine, l'underground The White Ship, la mystérieuse pièce maîtresse du lot, et That's How Much I Love You (More And Less), le morceau le moins intéressant du lot.

Si les emprunts sont plutôt bien traités, The White Ship et The Time Machine amènent à regretter que H.P. Lovecraft ne se soit pas fait un peu plus violence pour pondre d'autres petites pépites perso de ce niveau. Son écriture peut s'avérer solide, inventive et convaincante comme en attestent ces deux pièces que les fans de psych goûteront avec infiniment de plaisir.

Il ne déplaira pas à ces aficionados de retrouver des réminiscences de l'Airplane : des harmonies musicales éthérées et saisissantes, une ambiance étrange entretenue par le choix du nom de H.P. Lovecraft, l'auteur de l'horreur et de science-fiction, une combinaison d'éléments de folk-rock et de psychédélisme.

On relèvera également l'influence majeure sur l'identité sonore du groupe renforcée par l'apport des claviers (piano, orgue, clavecin) de Michaels (la voix principale haut perchée, c'est lui), par la flûte et la clarinette. Rien à dire, c'est de la belle ouvrage.

On est dans le ton de l'époque des love-in et du LSD. J'aime et je réserve la primeur de ce disque aux longues nuits solitaires. Avec un peu de matos à portée de main, ce qui ne gâche rien. Y a pas d'mal à s'faire du bien, cornecul ! (RAZOR©)

 

1. Wayfaring Stranger.
2. Let's Get Together.
3. I've Been Wrong Before.
4. Drifter.
5. That's the bag I'm In.
6. White Ship.
7. Country Boy and Bleeker Street.
8. Time Machine.
9. That's How Much I Love You, Baby...
10. Gloria patria (Trad.).

 

Clyde Bachand:tuba.

Tony Cavallari:guitare,chant.

Ralph Craig:trombone.

Lenny Druss:clarinette,cor,cor anglais,piccolo,saxophones.

George Edwards:basse,guitare,guitare (12 cordes),chant. 

Jack Henningbaum:cor français.

Eddie Higgins:choeurs,vibraphone.

Jerry McGeorge:basse,choeurs.

Dave Michaels:orgue,clavinet,piano,clavecin,claviers,recorder,chant.

Michael Tegza:percussion,batterie,chant,timpani.

Paul Tervelt:cuivres.

Bill Traub:flûte.

Bill Traut:percussion.

Paul Trevelt:cor français.

Herb Weiss:trombone.

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