Iron Butterfly.

BIOGRAPHIE.

 

IRON BUTTERFLY/San Diego (Californie)

 

Iron butterfly band

 

Années actives:1966/71,1974/1985,1987.

Labels:Atco,MCA.

Genre:rock psychédélique,acid rock,heavy metal.

 

Un groupe unique du rock psychédélique.

Groupe de rock psychédélique venu tout droit de San Diego, ville côtière du sud de la Californie, Iron Butterfly appartient aux rares formations américaines des années 60 qui, sur ce terrain du psyché, ont établi leur propre norme.

Là où Grateful Dead fait le choix des improvisations sous LSD, où Jefferson Airplane emprunte une voie plus blues pour faire briller le genre, où d’autres décident de se placer sous l’influence des sonorités orientales, Iron Butterfly opte pour un angle plus abrupt et lourd pour développer sa vision psychédélique et tenter d’y imposer sa marque de fabrique.

Iron butterfly 1967 69

Iron butterfly 2005

Autour de riffs âpres, en s’appuyant sur un orgue aussi pesant que les guitares, Iron Butterfly, aussi proche des idéaux hip’ que les groupes des Garcia, Cipollina ou de Balin, a essentiellement gravé son identité au fronton marmoréen du rock par la grâce d’un seul morceau représentant aujourd’hui un titre important de l’histoire du psychédélisme.

In-A-Gadda-Da-Vida, 17 minutes pour l’éternité.

In-A-Gadda-Da-Vida, en 17 minutes d’une lourdeur rythmée sur un riff organique obsédant, auquel une batterie gourmande et généreuse vient ponctuellement mettre un terme avant qu’il ne reprenne ses droits, agit un peu comme un tampon entre la mouvance psyché et le heavy metal à venir.

En publiant ce titre phénoménal en juillet 1968, le quatuor d’Iron Butterfly est alors très loin de s’imaginer un seul instant que son futur mais unique grand fait d’armes commercial puisse encore être ancré à ce point dans la mémoire collective en 2016. La popularité de ce titre demeure pourtant une réalité.

In-A-Gadda-Da-Vida est si populaire qu’il sert de support musical à de nombreux films ou émissions de TV, dont un épisode des Simpsons, après avoir eu une belle vie de radio puisqu’il squatte pendant deux ans et demi les hits US.

Qui ne se souvient de cette basse sourde qui bourdonne durant le morceau entre les mains de feu Lee Dorman, de ces claviers planants placés sous les ordres de Doug Ingle, des envolées de la guitare d’Erik Braunn et du long solo sorti de la batterie atmosphérique de Ron Bushy ?

Discographie inégale.

Ce line-up qui a popularisé Iron Butterfly n’est pas celui d’origine car, avant d’en découdre avec le triomphal In-A-Gadda-Da-Vida, la formation de San Diego est passée par l’étape Heavy, premier LP signé pour Atco Records, filiale d’Atlantic, en 1967.

Si Ingle et Bushy sont de ce disque initial, ils sont alors accompagnés de Darryl DeLoach, Danny Weis et Jerry Penrod qui quittent Iron Butterfly avant même l’enregistrement d’In-A-Gadda-Da-Vida, deuxième jet de 1968, plusieurs fois couvert de platine.

Iron butterfly ron bushy

« L’origine de ce titre remonte à l’époque où je bossais comme pizzaiolo pour gagner un peu d’argent et soutenir les premiers pas du groupe. Un jour, Lee Dorman, passablement éméché, me dit qu’il a écrit une chanson supposée s’appeler In The Garden Of Eden. Il était tellement ivre que le titre enregistré sur son petit magnéto est devenu In-A-Gadda-Da-Vida. C’était accrocheur et je l’ai restitué comme il sonnait phonétiquement. Nous l’avons gardé comme tel jusqu’à son enregistrement en studio. » (Ron Bushy)

Ingle et Bushy sont alors rejoints par Erik Braunn et Lee Dorman, qui formera, plus tard, Captain Beyond, dont il ne manquera pas grand-chose pour bouffer à la table des très grands du rock. Ces deux derniers sont aujourd’hui décédés, Braunn en 2003 d’une crise cardiaque et Dorman plus récemment en 2012, dans des circonstances jugées mystérieuses.

Ball est le volet numéro 3 du catalogue. Il sort en 1969 et prolonge la dynamique autour d’Iron Butterfly. Moins lourd, malgré des critiques favorables, le registre plus pop-rock qui l’anime parait toutefois un peu soporifique et par trop édulcoré. Déception donc.

Le temps des ruptures.

Iron Butterfly prend une orientation blues-rock dans Metamorphosis (1970) qui ne lui va pas trop mal, suffisant en tout cas pour reprendre des couleurs après le triste Ball. Ce quatrième LP se fait sans Erik Braunn, en brouille avec les autres membres. Mike Pinera et Larry Reinhardt sautent dans la brèche. Une première rupture s’ensuit en 1971. Le temps mort qu’Iron Butterfly s’accorde dure jusqu’en 1974, date à laquelle le groupe se reforme à l’initiative de Bushy, seul rescapé de la mouture d’origine, et, ô surprise, du revenant Braunn. Deux albums s’attachent à cette reformation : le terne Scorching Beauty (1974), du hard-rock progressif,  et Sun And Steel (1975) qui aurait gagné à être fait plus tôt pour maintenir le navire à flots, navire qui rentre une nouvelle fois à quai, faute de pouvoir donner plus.

Une fin annoncée.

Dorman tentera bien de lever l’ancre pour une troisième expédition en 1977, mais sans grand succès. Le quatuor qui a vaqué aux enregistrements du titre mythique se réunit une nouvelle fois en 1988 pour les besoins d’une commémoration de la maison de disques.

Aujourd’hui, il semble que, comme l’a annoncé le dernier guitariste en place mais depuis démissionnaire, Charlie Marinkovich, après avoir été mis en sommeil en raison des décès (Dorman et Reinhardt en 2012) et des problèmes de santé ayant affecté Ron Bushy, le sort d’Iron Butterfly soit définitivement scellé (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Iron butterfly heavy

 

IRON BUTTERFLY

HEAVY – 1968  3,5/5

 

Publié le 22 janvier 1968.

Produit par Carles Greene,Brain Stone.

Durée:30:45.

Label:Atco.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,acid rock.

 

Performance intéressante.

 

Iron Butterfly, formé en 1966 aux confins  de San Diego et émigré vers Los Angeles, représente la partie dite lourde de la scène californienne. Il boxe dans la même catégorie que Blue Cheer. D’où son ancrage dans le décor rock psychédélique, d’où son statut de précurseur du heavy metal et, comme c’est très envisageable, d’où le titre de son premier album, Heavy (en écoute intégrale ici)sorti en 1968.

Second couteau  du rock psychédélique dans la mesure où le leadership du genre est entre les mains de Grateful Dead, de Jefferson Airplane, de Quicksilver ou d’It’s A Beautiful Day et où Iron Butterfly n’a vraiment brillé que par un seul titre, ce groupe n’en a pas moins quelques belles cordes à son arc.

In-A-Gadda-Da-Vida est son heure de gloire et un titre devenu culte pour qui s’intéresse au rock en mode planant. Outre ce mémorable morceau, Iron Butterfly est l’auteur de performances intéressantes articulées autour d’une musique psychédélique puissante, d’un son boueux entretenu  par l’orgue omniprésent de Doug Ingle (également chanteur).

Avec Darryl  DeLoach au chant (décédé en 2002 d’un cancer du foie), Danny Weis à la guitare, Greg Willis à la basse et Jack Pinney à la batterie (les deux derniers nommés sont vite remplacés par Jerry Penrod et Bruce Morris, lui-même auteur d’une très brève pige au sein du groupe et auquel on lui a préféré Ron Bushy), ils constituent la mouture initiale d’Iron Butterfly, réputée pour son acid rock puissant et pour son appartenance au mouvement musical rebelle espéré par toute une génération.

Après ce premier disque (pour Atco, filiale d’Atlantic), produit par Charles Greene et Brian Stone, seuls restent Ingle et Bushy  (Lee Dorman et Erik Braunn ou Brann complètent alors le line-up qui fera In-A-Gadda-Da-Vida).

Heavy a frappé les esprits d’entrée. Pour rester quasiment une année dans les charts US (en culminant au rang 78), faut-il encore avoir du grain à moudre…  Heavy l’a, même s’il n’est pas parfait et manque d’uniformité. Iron Butterfly en est encore à installer sa marque.

Certaines pistes ont d’incontestables atouts, comme Possession et Unconscious Power (et sa belle ligne de basse), emmenées par les riffs puissants ou le rythme hypnotique de l’orgue Hammond de Doug Ingle, comme le bluesy lourd repris  d’Allen Toussaint, Get Out Of My Life Woman, Look For The Sun (et sa base rock garage), So-Lo (de belles harmonies vocales et une guitare, en arrière plan, qui a des choses à dire), Fields Of Sun, le concis Stamped Ideas ou encore Iron Butterfly Theme.

Avec du recul, en analysant comme il se doit, on peut toujours trouver à redire sur des riffs qui ne soient pas toujours caractéristiques, sur des mélodies reléguées au second plan. Il faut remettre les choses dans leur contexte. C’était la musique et le son de cette époque, dont beaucoup de choses étaient à écarter.

Ici, ce qui qui reste est audible et artistiquement représentatif de la fin des années 60 et de ce groupe ; ça mérite une écoute et de l’intérêt (RAZOR©).

 

1. Possession.

2. Unconscious Power.

3. Get Out of My Life, Woman.

4. Gentle as It May Seem.

5. You Can't Win.

6. So-Lo.

7. Look for the Sun.

8. Fields of Sun.

9. Stamped Ideas.

10. Iron Butterfly Theme.

 

Doug Ingle:claviers,chant.

Ron Bushy:batterie.

Danny Weis:guitare.

Jerry Penrod:basse,chant.

Darryl DeLoach:chant,guitare,percussions.

LP Studio 2 - 1968

 

Iron butterfly in a gadda da vida 1968

 

IRON BUTTERFLY

IN-A-GADDA-DA-VIDA 1968  3,5/5

 

Publié le 14 juin 1968.

Produit par Don Casale.

Durée:36:15.

Label:Atco.

Genre:acid rock,rock psychédélique,heavy metal.

 

Pour son hymne uniquement. 

 

Iron Butterfly n’a jamais cassé trois pattes à un canard, ça se saurait. Mais le fait qu’il ne soit que le groupe d’un seul titre par lequel il a souvent et de tout temps été étouffé, n’autorise pas pour autant à le reléguer au rang des pignoufs du rock.

La notoriété planétaire d’In-A-Gadda-Da-Vida (en écoute intégrale ici) masque le reste d’un catalogue qui a quand même des choses à proposer. A l’heure où le groupe évoque la possibilité de ne plus prolonger leur activité faute de combattants, il faut se donner la peine de creuser un tantinet pour s’apercevoir qu’il y a matière à quelques louanges par ailleurs.

Si son morceau phare a envoyé dans les hautes sphères les fumeurs de tarpé de l’époque, réduire Iron Butterfly à ce seul fait serait faire peu de cas de son rôle de défricheur et d’influence pour les Metallica ou Iron Maiden.

Seulement voilà… il y a ce titre sur l’album du même nom (juillet 1968), écoulé à plus de 30 millions de copies dont plus de 100.000 en France, alors que chez nous, nous en étions encore  aux yéyés et aux variétoches.

Ses 17 minutes psychotropes sont entrées dans la légende et personne ne peut en discuter. Ce disque, leur deuxième mais le premier de platine de tous les temps, se résume essentiellement à ce trip sonore fait d’un riff de guitare assassin, appuyé par un orgue (et un Doug Ingle sous acid) shooté, voluptueux, porté par une voix forte et envoûtante laquelle éructe un borborygme naïf, autour duquel viennent se greffer, un solo de batterie hypnotisant, un peu longuet, puis d’orgue, une guitare mise au supplice (Erik Braunn sort des notes plaintives effrayantes), avant que le riff original ne réapparaisse accompagné d’un gargouillis de paroles illuminées similaire à celui du début.

C’est très basique, pas forcément original, mais c’est gagnant, et ça occupe plus de la moitié d’un disque que l’on s’arrache uniquement pour ce passage. Car le reste (autrement dit la face 1 du vinyle) est complètement mis sous l’éteignoir. Des 5 titres présents, je mets quiconque au défi d’en citer un seul. Personne n’a acheté ce disque pour la quinte de remplissage accompagnant le titre culte. Personne. Même en s’y penchant d’un peu plus près, plus de quarante années plus tard, sa face initiale demeure toujours aussi stérile.

De là à les montrer du doigt comme étant le groupe d’un seul disque, voire d’un seul titre, je ne rentrerai pas dans ce débat, ayant personnellement trouvé matière à satisfaction dès le précédent LP et sur la fin de son parcours. Ici, c’est 3,5/5, mais tout le mérite en revient à sa lumineuse phase B (RAZOR©).

 

1. Most Anything You Want.

2. Flowers And Beads.

3. My Mirage.

4. Termination.

5. Are You Happy?

6. In-A-Gadda-Da-Vida.

 

Doug Ingle:orgue,claviers,clavinet,piano, chant.

Erik Braunn:guitares,violon,chant.

Lee Dorman:basse.

Ron Bushy:batterie,percussions.

LP Studio 3 - 1969

 

Iron butterfly ball

 

IRON BUTTERFLY

BALL – 1969  3/5

 

Publié le 17 janvier 1969.

Produit par Jim Hilton,Gordon Anderson.

Durée:41:36.

Label:Atco.

Genre:acid rock,rock psychédélique,heavy metal.

 

Peau de Ball !

 

En février 1969, Iron Butterfly n’a pas encore digéré les retombées de l’énorme succès d’In-A-Gadda-Da-Vida que sort son troisième opus, Ball (en écoute intégrale ici). Le verdict, auprès du public, est sans appel : number one, disque d’or, présence pendant 44 semaines dans les charts alors que Vida y continue son petit bonhomme de chemin.

Ball connaît le type de désagrément qui affecte généralement l’album devant entériner le succès né du disque précédent. Or le disque d’avant, c’est celui d’In-A-Gadda-Da-Vida, morceau encore indéboulonnable au vingt-et-unième siècle.

Moins lourd (pas lourd du tout, diront certains), plus poli, annonçant des ambitions nouvelles et privilégiant un peu plus  la mélodie, écourtant ses plages pour les ramener dans une norme acceptable, il s’inscrit dans une veine pop-rock… souvent soporifique et trop édulcorée. De psychédélisme, peau de balle. Peau de Ball.

In The Times Of Our Lives manque cruellement d’un vrai riff. Malgré cette carence, il laisse entrevoir certaines promesses, hélas, vite étouffées.

Soul Experience et Lonely Boy, plus soul, semblent sorties tout droit du catalogue de la Motown, mais sans la saveur escomptée. Déception.  Les vraies satisfactions vont vers Real Fright et son côté garage, Filled With Fear, ainsi que Belda-Beast.

Pour le reste, le sujet est très approximatif, léthargique, dépourvu du moindre attrait. J’en arrive même à trouver que l’orgue d’Ingle sonne comme celui de Charly Oleg (Tournez Manège). A la longue, ça en devient rasoir… (RAZOR©).

 

1. In the Time of Our Lives.

2. Soul Experience.

3. Lonely Boy.

4. Real Fright.

5. In the Crowds.

6. It Must Be Love.

7. Her Favorite Style.

8. Filled With Fear.

9. Belda-Beast.

 

Doug Ingle:orgue,chant sauf 9.

Erik Braunn:guitare,chant sur 9.

Lee Dorman:basse,chant.

Ron Bushy:batterie.

LP Studio 4 - 1970

 

Iron butterfly metamorphosis

 

IRON BUTTERFLY

METAMORPHOSIS – 1970  3,5/5

 

Publié en 1970.

Produit par Richard Podolor.

Durée:40:50.

Label:Atco.

Genre:rock.

 

Honorable.

 

Iron Butterfly aborde les années 70 en proposant Metamorphosis (en écoute intégrale ici) en guise de quatrième LP et avec Mike Pinera et Larry Reinhardt (El Rhino), deux guitaristes pour suppléer le départ d’Eric Braunn, en proie à des dissensions avec le reste du groupe.

Produit par Richard Podolor, il marque une différence nette avec son prédécesseur, le triste Ball. La critique de l’époque lui accorde un intérêt nouveau et semble même apprécier cette direction blues rock prise.

L’arrivée de Pinera et Reinhardt ne bouleverse pas vraiment le son du groupe. Cependant, l’ouverture à ces deux artistes a notoirement ressoudé Iron Butterfly, redevenu quintet. 

L’écriture, désormais plus collective, est incontestablement meilleure que tout ce qui précède. Il s’en dégage une maturité nouvelle qui se ressent dans les thèmes abordés (la politique, la guerre, la vie), jusque dans la voix d’Ingle.

L’influence Motown est encore très présente (New Day, Shady Lady, Stone Believer, A Soldier In Your Town) et les racines blues plus que jamais affichées (Butterfly Bleu). Meilleurs titres : Easy Rider, Slower Than Guns et surtout  Butterly Bleu, à propos duquel on en revient à regretter qu’Iron Butterfly n’ait pas exploré plus régulièrement ce type de morceaux prog.

Dans l’ensemble, l’écoute, dont la qualité va crescendo, est appréciable, sans receler quoi que ce soit d’extraordinaire ou d’original (hormis l’utilisation de la talk box). Iron Butterfly n’a jamais vraiment décollé, jamais été un grand groupe. On se contentera de cet album « moyen plus », vraiment différent,  pour référence discographique principale du groupe de San Diego, en dehors du tronqué In-A-Gadda-Da-Vida qui brouille toutes les pistes quant à cette formation (RAZOR©).

 

1. Free Flight.

2. New Day.

3. Shady Lady.

4. Best Years of Our Life.

5. Slower Than Guns.

6. Stone Believer.

1. Soldier in Our Town.

2. Easy Rider (Let the Wind Pay the Way).

3. Butterfly Bleu.

 

Doug Ingle:chant,orgue.

Mike Pinera:chant,guitare.

Larry "Rhino" Reinhardt:guitare.

Lee Dorman:basse.

Ron Bushy:batterie.

Richard Podolor:sitar,guitare 12 cordes.

Bill Cooper:guitare 12 cordes.

LP Studio 5 - 1975

 

Iron butterfly scorching beauty

 

IRON BUTTERFLY

SCORCHING BEAUTY – 1975  3/5

 

Publié en janvier 1975.

Produit par Denny Randell.

Durée:36:18.

Label:MCA.

Genre:hard rock.

 

Manque d’éclat.

 

Scorching Beauty pour MCA (1975) est l’album par lequel Iron Butterfly revient aux affaires. Près de cinq ans après Metamorphosis et après que le groupe se soit complètement désintégré (1971). Doug Ingle n’est plus là, seul Ron Bushy, batteur, figurait sur le dernier album.

C’est à son initiative et celle d’Erik Braunn, qui a porté les couleurs d’Iron Butterfly sur Ball, que s’opère ce renouveau vraisemblablement dicté par des motivations mercantiles et pour lequel il est difficile de s’enthousiasmer.

Iron Butterfly véhicule trop de casseroles, dont la plus tapageuse est In-A-Gadda-Da-Vida, qu’il lui est impossible de tenter quelque chose. Il sort d’un orteil du registre pour lequel il est devenu culte et il est aussitôt assailli de critiques acerbes. Il lui est peu pardonné d’avoir été un précurseur du heavy metal et d’aller bouffer à d’autres râteliers. Il est quand même loisible, pour un artiste, d’explorer d’autres territoires, de faire des expériences, non ?  On aime ou pas, sans être obligé de tirer à boulets rouges.

Pour en revenir à cet album dont j’ai évoqué la difficulté à briller, il est patent que la nouvelle mouture d’IB est animée par cette démarche expérimentale. 1975 Overture annonce effectivement une orientation nouvelle, non dénuée d’intérêt. Il est regrettable qu’elle n’ait été qu’un feu de paille et que le titre suivant, Hard Miseree nous replonge, aussitôt, dans un univers plus familier, hard comme son nom l’indique (mais tout va encore bien), avant de basculer dès High On A Mountain Top dans du rock Arena, manifestement pas le répertoire pour lequel je m’enflamme.

Manquant sérieusement d’inspiration et de substance, l’album, pourtant parti sur des bases intéressantes, s’effiloche vite et devient aussi rapidement oubliable… sauf pour les amateurs du genre qui existent, j’en suis sûr.

Loin de moi l’intention de jeter la pierre à cette formation qui m’a enchantée avec son IAGDV planétaire, mais c’est vrai que ce genre de prestations donne une image écornée du rock de la moitié des seventies. Scorching Beauty vaut par trois pistes : son intro, citée précédemment, Hard Miseree, Pearly Gates (qui bénéficie de la co-écriture de Jon Anderson de Yes). Mais ce disque, un peu ringard aujourd’hui, cherche-t-il au moins à briller ? N’a-t-il pas plutôt vocation à exploiter le nom pour faire des ronds ? Ce cinquième LP de hard rock progressif et mélodique n’a pas beaucoup d’éclat certes, mais il a sa clientèle. Je n’en fais pas partie, mais respectons l’art, que Diable ! (RAZOR©).

 

1. 1975 Overture.

2. Hard Miseree.

3. High on a Mountain Top.

4. Am I Down.

5. People of the World.

6. Searchin' Circles.

7. Pearly Gates.

8. Lonely Hearts.

9. Before You Go.

 

Erik Braunn:guitare,chant sauf 3/7/9.

Howard Reitzes:claviers,chant sur 9.

Phil Kramer:basse,chant sur 3/7.

Ron Bushy:batterie.

LP Studio 6 - 1975

 

Iron butterfly sun and steel

 

IRON BUTTERLY

SUN AND STEEL – 1975

 

Publié en octobre 1975.

Produit par John Ryan.

Durée:35:05.

Label:MCA.

Genre:hard rock.

 

L’album qui arrive trop tard.

 

J’aime bien Sun And Steel (1975), disque par lequel Iron Butterfly marque son retrait de la scène rock des années 70. Il m’a agréablement surpris, très au-delà de ce que je pouvais en attendre, compte tenu du balbutiement des derniers travaux.

C’est le LP qu’IB aurait dû faire plus tôt pour fidéliser un public, las d’attendre un album de qualité. Plus intéressant que Scorching Beauty, dont il reprend le registre hard rock mélodique aux influences prog, Sun And Steel apporte la preuve, si besoin est, qu’Iron Butterfly (ou ce qu’il en reste) n’est pas que le groupe des 17 minutes d’In-A-Gadda-Da-Vida et qu’il peut en avoir dans le sac.

Rock graveleux, riffs, solos, belles guitares… toute la panoplie propice à faire passer un bon moment, est ici étalée. Ouvert sur l’excellent morceau titre progressif  (beau riff, belle voix), il combine force et puissance (Lightnin) avec quelques belles ballades comme seuls les hard rockers savent en faire (Beyond The Milky Way, Watch The World Going By), à un rock funky exceptionnel (Scorching Beauty) ou du heavy metal  (Scion).

On ne peut, par ailleurs, nier la plus-value qu’apporte la présence de Bill DeMartines aux claviers (plus particulièrement au mellotron sur le symphonique I’m Right, I’m Wrong) à un groupe techniquement affûté et collectif. Sun And Steel amène à regretter qu’Iron Butterfly ne nous ait pas produits plus souvent ce type d’albums. Ils en avaient les dispositions. La preuve (RAZOR©).

 

1. Sun and Steel.

2. Lightnin'.

3. Beyond the Milky Way.

4. Free.

5. Scion.

6. Get It Out.

7. I'm Right, I'm Wrong.

8. Watch the World Going By.

9. Scorching Beauty.

 

Erik Braunn:guitare,chant.

Ron Bushy:batterie.

Alex Quigley:marimba,tambourin,choeurs.

Phil Kramer:basse,chant sur 2/7.

Bill DeMartines:claviers,choeurs,chant sur 3.

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