Jefferson Airplane.

BIOGRAPHIE.

 

JEFFERSON AIRPLANE/San Francisco (Californie)

 

Jefferson airplane 2

 

Actif entre 1965 et 1973,1989 (réunion).

Labels:RCA,Grunt,Epic.

Genre:rock psychédélique,acid rock,folk rock.

Site officiel:www.jeffersonairplane.com

 

Jefferson Airplane, symbole du San Francisco Sound.

Grateful Dead et Jefferson Airplane, groupes san franciscains associés à la contre-culture, étaient dans le collimateur du F.B.I pour avoir eu un effet subversif sur la jeunesse américaine ; l’Amérique puritaine les accusaient de donner des récitals où les drogues, LSD en tête, tournaient chichement et constituaient une source potentielle de dépravation de sa jeunesse, le gouvernement Nixon les mit à l’index aux seules fins de fédérer les anarchistes et de favoriser une nouvelle gauche, hostile au Président, via les concerts organisés par le libertaire Youth International Party, parti sans véritable tête, sans corps franchement affiché. Une nébuleuse, quoi.

Bref, sujets dangereux, au point que ceux qui flirtaient avec, faisaient l’objet d’une surveillance particulière, Grateful Dead, comme Jefferson Airplane, étaient des menaces réelles pour le pouvoir en place : leur cas relevaient de la mise en danger de la sécurité intérieure. Jack Casady, bassiste de l’Airplane, avait des soupçons depuis le début du groupe, en août 1965, pour avoir vu défiler des profils suspects prenant notes et photos durant leurs concerts. Le basculement des rapports secrets du F.B.I dans le domaine public n’a fait que conforter ce qui est subodoré depuis belle lurette.

Jefferson Airplane n’est pas le dangereux mouton noir que les services sécuritaires américains ont infiltré, mais à être un des précurseurs, puis à devenir le symbole national du mouvement psychédélique, il s’est exposé dans la voie par lui choisie pour pratiquer son art et accéder à la notoriété.

Haight-Ashbury, l’épicentre.

Evoquer l’Airplane, c’est d’abord et surtout évoquer sa musique et le rôle culturel essentiel le rattachant au San Francisco Sound qui, quel que soit le côté vers lequel on se tourne, ramène irrémédiablement vers la contre-culture américaine des 60’s, dont l’épicentre est établi dans le quartier de Haight-Asbury, pris d’assaut par des dizaines de milliers de hippies, de freaks, d’acid heads.

Jefferson Airplane est de San Francisco. Dans sa version d’origine, à savoir celle qui le voit apparaître pour la première fois au Matrix, à l’occasion de son ouverture, le 13 août 1965, l’Airplane encore embryonnaire réunit Marty Balin au chant, Jorma Kaukonen à la guitare, Paul Kantner au chant et à la rythmique, Bob Harvey à la basse, Jerry Peloquin à la batterie, ainsi que Signe Anderson, la voix féminine du groupe.

Jefferson airplane marty balin

La rencontre Balin/Kantner.

L’histoire du montage de Jefferson Airplane remonte à quelques mois auparavant, quand Marty Balin approche Paul Kantner dans un club folk, le Drinking Gourd, et lui propose de fonder un groupe folk-rock qui se démarque de ceux existant alors dans la Baie.

Celui dont il est question doit être amplifié, électrifié et s’approcher de ce que les Byrds font. Le line-up référencé ci-dessus est recruté en ce sens.

Le cas de Peloquin est vite réglé. Irrité par Paul Kantner, il lui file une bonne beigne et se casse.

Skip Spence, passé visiter le Matrix avec John Cipollina, alors qu’il n’a aucune expérience de la batterie (il est guitariste pour Quicksilver Messenger Service), se retrouve installé derrière les fûts et les cymbales.

Skip Spence ne fait pas, non plus, de vieux os au sein de Jefferson Airplane. Après le premier LP, il s’en va fonder Moby Grape.

Anderson, Harvey, Peloquin, Spence…

Signe Anderson, née Toly, mariée à Jerry Anderson des Merry Pranksters, pionniers du mouvement hippie, est une chanteuse de folk connue et respectée sur la place, avant de devenir la première chanteuse de Jefferson Airplane. Elle figure sur le premier LP du groupe, Takes Off (septembre 1966) et se retire pour s’occuper de sa fille, non sans avoir préalablement fait rajouter une clause de départ à son contrat pour pouvoir partir librement. Elle n’a aucune confiance en Matthew Katz, le manager, dont il s’avèrera qu’il a joué en rôle trouble dans sa relation avec le Jefferson Airplane.

Bob Harvey est plus célèbre pour son incidence sur la scène folk et psychédélique West Coast que pour être le premier bassiste du Jef’, celui qui précède le légendaire et inamovible Jack Casady ; on situe à une dizaine de mois sa présence dans le groupe, étant des toutes premières joutes du groupe au Matrix, mais n’en faisant déjà plus partie à l’appel du premier LP. On le retrouve sur certaines démos parues plus tard chez Columbia.

Sans qu’il faille pour autant minimaliser les implications des Harvey, Peloquin, Spence et Anderson, force est de reconnaître que les vrais tauliers de Jefferson Airplane ont pour nom Marty Balin, Paul Kantner et Jorma Kaukonen.

Indissociable de Jefferson Airplane : le Matrix.

Devenu Marty Balin en 1962 pour les besoins d’une carrière qu’il choisit dans la musique, Martyn Jerel Buchwald pour l’état civil, le chanteur de Jefferson Airplane et fils du lithographe Joe Marty, auteur des affiches psychédéliques du Matrix, de l’Avalon et du Fillmore, est celui qui a donné le top départ à la scène de San Francisco.

Imprégné par l’idée que la musique peut contribuer à changer le monde, il ne croit pas si bien dire en donnant le jour à Jefferson Airplane quand on voit l’influence qu’a eu dans la culture américaine puis internationale et l’aura qu’a encore le nom du groupe dans la mémoire collective.

Leader des Town Criers, puis passé par les Gateway Singers, des groupes folkeux, l’envie lui vient d’électrifier le son folk afin de sortir des sentiers battus. Comme la majeure partie des clubs du moment sont folk et visiblement pas prêts à voir débarquer des artistes avec amplis, guitares et batterie, il décide d’ouvrir son propre lieu de spectacle : le Matrix.

Le Matrix, une pizzeria de Fillmore Street transformée en club, tient une place importante dans l’environnement musical du moment pour être un passage obligatoire, une sorte d’étalon pour les formations de Frisco en gestation. Les années de formation d’une palanquée de combos de la place transitent obligatoirement par ce lieu de réjouissances mythique. Jefferson Airplane, groupe maison, y démarre sa carrière, y installe la légende qui va s’associer pour l’éternité à son nom. Sept années de délires psychédéliques vont animer cet endroit séminal (1965/72).

Jefferson airplane paul kantner

Les tauliers de l’Airplane.

Si Marty Balin est l’homme d’affaires avisé, le chef incontesté, le décideur, le manageur dans l’âme mais aussi celui qui a défini le son Jefferson Airplane et écrit quelques unes de ses plus belles pièces, Paul Kantner, seul pur san franciscain, est son cerveau artistique.

Bien qu’effacé, mais  en apparence seulement, cet ancien fauteur de troubles durant son adolescence, resté 19 ans consécutifs dans le giron Airplane/Starship, est celui qui symbolise le rôle de porte-drapeau de la contre-culture endossé par le groupe et qui vaut à l’Airplane d’être dans le collimateur du F.B.I. C’est lui aussi qui recrute Jorma Kaukonen son guitariste mythique.

Jorma Kaukonen, issu du blues, est l’un des guitaristes les plus importants de notre ère. La musique l’a choisi et bien en a pris à la musique, car il est doté d’une technique exceptionnelle, capable de jouer du rock, du blues, du folk ou de la country. 

Comme il est également capable d’écrire, cet ami de Paul Kantner, originaire de Washington mais résidant alors à San Jose, est le guitariste de plomb souhaité par Balin pour aller au bout de son idée.

Les premières joutes.

Balin, Kantner, Kaukonen, Harvey, Peloquin (et Skip Spence) et Anderson lancent donc le premier Jefferson Airplane, celui qui aboutit à Takes Off en septembre 1966, l’album qui ouvre le catalogue et pour lequel Jack Casady, un an auparavant, vient affiner les rangs en lieu et place de Bob Harvey. Sur l’insistance de Jorma Kaukonen, Casady quitte l’école pour reprendre la basse de Jefferson Airplane pour 50 dollars par semaine. Les lignes mélodiques et inventives de basse caractéristique de la musique des californiens, c’est lui, une véritable icône de la 4 cordes aujourd’hui.

Le premier jet est très bon, mais en rien comparable avec son suivant pour lequel le line-up perd sa voix féminine pour en récupérer une autre, et non des moindres. Grace Slick remplace Signe Anderson et, dans le mouvement, le musical et spirituel Surrealistic Pillow (1967) relègue au rang de petit disque son prédécesseur Takes Off. Surrealistic Pillow est une pierre angulaire du Summer Of Love.

Jefferson airplane slick

Grace Slick, le visage de l’Airplane.

La présence de Grace Slick éclabousse d’une telle classe de disque qu’on en oublierait presque que le new yorkais Spencer Dryden, issu du jazz a relayé Skip Spence à la batterie.

Ce neveu de Charlot (Charlie Chapin), issu des Ashes, est recruté par Matthew Katz lequel n’arrive alors pas à dénicher un batteur à San Francisco, en raison de la densité de la scène de l’Area Bay.

Difficile à gérer en raison de sa liaison avec Grace Slick et de par les menaces qu’il fait peser constamment de quitter le groupe, Spencer Dryden est malgré tout le batteur anthologique de l’Airplane, celui du créneau 66/70.

Même si Grace Slick n’est pas un membre d’origine de l’Airplane, Grace Slick en est le visage du groupe.

Comme Jagger peut l’être des Stones. La sculpturale Grace est une des premières stars féminine du rock. Rares sont alors les femmes évoluant dans le rock, un milieu encore réservé aux mecs. Qui plus est, sur la place californienne, elles se comptent sur les doigts d’une main : Janis Joplin et Pattie Santos d’It’s A Beautiful Day doivent être les deux autres. Dans cette période de rébellion, elles sont les parfaits contre-exemples de la femme au foyer.

Grace Barnett Wing vient de The Great Society, fondé avec les frères Slick, Jerry Slick son mari, et Darby, le frangin. Non contente de développer un style de chant unique et énergique, cette forte personnalité montre des dispositions pour l’écriture. Un de ses premiers morceaux, écrit durant cette période formatrice, devient  un chef d’œuvre une fois passé au révélateur Jefferson Airplane ; il contribue dans le même temps à son intégration dans l’illustre pilier de la scène américaine.

Grace slick

« Ce qui a fait l’aspect si particulier de la scène rock de San Francisco du milieu jusqu’à la fin des 60’s, c’est le mélange qui en était issu. Il y avait ici une forte tradition de blues, là un énorme intérêt pour le folk, plus loin l’amour pour la musique espagnole et ainsi de suite.

Jefferson Airplane était un melting-pot de toutes ces influences. Nous étions le blues quand Jorma Kaukonen composait, le folk avec Paul Kantner et Marty Balin n’avait pas son pareil pour écrire l’amour. » (Grace Slick)

Le lysergique White Rabbit.

White Rabbit réfère au LSD et à ses effets hallucinogènes, fait le lien entre le trip sous acid et le monde imaginaire de Lewis Carroll sur lequel les paroles s’appuient. Avec Somebody To Love, également d’elle, et le magnifique acoustique Embryonnic Journey faisant valoir toute la virtuosité de Jorma Kaukonen, ce titre est la merveilleuse surprise de Surrealistic Pillow, deuxième album paru en février 1967. Il sera l’hymne du Summer Of Love quelques mois plus tard.

A la fin de cette année peut-être la plus lysergique, Jefferson Airplane appuie un peu plus fort sur le psychédélisme en livrant un disque très expérimental et fortement  imprégné des expériences sous LSD ainsi que très marqué par les idéaux hippies ambiants : After Bathing At Baxter’s est assurément moins abordable, mais tellement brillant et audacieux avec son concept en tiroirs. C’est un sommet du groupe.

Cantonné jusque là aux seuls puristes, Jefferson Airplane touche désormais le  grand public avec l’album Crown Of Creation (septembre 1968), qui atteint la 6ème place du Billboard. Paradoxalement, c’est au moment où il pratique l’ouverture qu’il se replie sur lui-même. Enfin presque, car s’il s’installe dans l’immeuble de 20 chambres et 3 étages de la Fulton Street que le nouveau manager Bill Thompson achète avant les sessions d’enregistrement, force est de constater que l’esprit communautaire qui y prévaut fait de l’endroit un espace ouvert aux quatre vents. Locataires et proches de la bohême s’y adonnent à toutes sortes d’expérimentations sur fond de drogues et de sexe et d’échanges d’idées dans lesquelles la politique est l’élément dominant.

Place au Jefferson engagé.

Publié en novembre 1969, après une participation à Woodstock et avant le désastreux concert d’Altamont en décembre, Volunteers, numéro 5 (studio) du catalogue, traduit ce basculement dans l’engagement contre l’antimilitarisme et en faveur de l’écologie. Volunteers, ce qui est une première, est intégralement enregistré à San Francisco, nouvellement doté depuis le 27 avril de la même année, d’un studio flambant neuf, le Wally Heider Studio.

Wally Heider est déjà propriétaire d’un studio sur Los Angeles, mais, face à l’engouement de la scène de la Baie, s’installe au 245 Hyde Street entre Turk et Eddy Streets. Le nouveau studio est une merveille de technologie, équipé d’un 16 pistes. Il permet à Volunteers d’être mixé en stéréo et en quadriphonie, la technique d’enregistrement sonore alors en vogue.

Pour revenir au controversé Volunteers et à son message pacifiste, sorti alors que le conflit au Viet-Nam est de plus en plus impopulaire dans l’opinion publique américaine, cet album est la photographie  du mouvement hippie ambiant de par contenu incitatif à l’anarchie. Feu Joey Covington (mort en 2013 d’un accident de la route) y contribue aux percussions ; il est du disque suivant, Bark (1971), en remplacement de Spencer Dryden, tout comme le violoniste black Papa John Creach.

Jefferson airplane 4

L’arrêt de Marty Balin ; Hot Tuna et Jefferson Starship pour durer.

Ce changement ne constitue pas vraiment une surprise tant ce dernier a souvent fait peser la menace de quitter le groupe. L’énorme surprise de Bark, c’est que Marty Balin, son fondateur, ne repart pas avec l’Airplane. La configuration classique de Jefferson Airplane prend donc fin avec Volunteers. Elle est immortalisée pour avoir plané sur l’acid rock américain.

Preuve en est son exceptionnel live de 1969 enregistré entre les deux  Fillmore, le new yorkais et le sanfranciscain : Bless Its Pointed Little Head est un monument du rock.

Entre Volunteers et Bark s’écoulent deux ans. Cet espace temporel est mis à profit par Jorma Kaukonen et Jack Casady pour aller se récréer dans une formation montée parallèlement par leurs soins, Hot Tuna. En s’écartant  de Jefferson Airplane, même s’ils en font toujours partie, Kaukonen et Casady signent la fin du groupe. D’autant qu’à la même période, Paul Kantner et Grace Slick s’impliquent dans des projets personnels qui vont donner naissance à Jefferson Starship. Dans ce contexte confus, le dernier album Long John Silver (1972) sort quasiment dans l’indifférence générale. Il précède un deuxième LP live, Thirty Second Over Winterland (1973), bien moins en vue que son pendant de 1969. L’Airplane n’a plus de pilote ; il tient alors plus du coucou que de cet exceptionnel engin volant qu’il a été.

Jefferson Starship (1974/1984) donne une suite à cette aventure commencée à l’été 1965. Marty Balin y prend part ainsi que quelques membres de la mouture de fin de cycle du Jefferson. Si Bill Thompson est encore aux manettes, cette formation devenue très commerciale  n’a plus grand-chose à voir avec Jefferson Airplane, alors enterré depuis un moment (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Jefferson airplane takes off 1

 

JEFFERSON AIRPLANE

JEFFERSON AIRPLANE TAKES OFF – 1966  4/5

 

Publié le 15 août 1966.

Produit par Keith Wright,Mickey Thomas.

Durée:29:19.

Label:RCA Victor.

Genre:folk-rock,rock psychédélique.

 

Attachez vos ceintures.

 

Sur la scène musicale de San Francisco, l’Airplane a été un précurseur et surtout un promoteur de ce fabuleux rock psychédélique qui lui était si  caractéristique. Très populaires, les auteurs du sublime White Rabbit ou de Somebody To Love demeurent la figure de proue de ce mouvement musical particulièrement nourri qui a déferlé sur le rock.

Ce premier album Jefferson Airplane Takes Off (en écoute intégrale ici), publié par RCA en 1966 s’inscrit dans un registre folk-rock psychédélique. La formation initiale comprend alors Marty Balin, créateur du groupe, chanteur, guitariste rythmique et songwriter (il signe huit des onze titres de Takes Off), Jack Casady à la basse, Jorma Kaukonen (guitare), Paul Kantner (chant et guitare rythmique), ainsi que Skip Spence à la batterie et Signe Anderson au chant.

Signe Toly Anderson, dotée d’une belle voix puissante, apparaît sur cet album. Elle ne participe pas longtemps aux projets de l’Airplane et est vite remplacée par Grace Slick. Sa dernière contribution est datée au 15 Octobre 1966 (au Fillmore de Frisco).

Quant à Skip Spence (un schizo notoire qui, sous acid, a démoli un studio d’enregistrement), transfuge du Quicksilver Messenger Service, dont il fut un des premiers guitaristes, il intègre Jefferson Airplane pour en devenir… le premier batteur avant de cofonder Moby Grape. Spencer Dryden lui succédera.

Jefferson Airplane Takes Off pose les bases de ce que le groupe va développer dans les années à suivre et qui vont l’installer au sommet de la vague psychédélique et du flower power. Deux titres symbolisent à merveille ce groupe encore en gestation : It’s Not Secret et Run Around.

Autres bons moments: Tobacco Road, Blues From An Airplane de Skip Spence, Bringin’ Me Down, Run Around, And I Like It et Chauffeur Blues. Ce disque est une aubaine pour qui veut  découvrir ou ré-entendre le son du milieu des années 60 d’un groupe qui l’a façonné. La Baie, c’était ça et c’est appréciable de se remettre un p’tit coup de Takes Off, de temps en temps, de se remémorer les premiers pas d’un line-up qui va compter dans la musique. Takes Off est un classique (RAZOR©).

 

1. Blues From An Airplane.

2. Let Me In.

3. Bringing Me Down.

4. It’s No Secret.

5. Tobacco Road.

6. Come Up The Years.

7. Run Around.

8. Let’s Get Together.

9. Don’t Slip Away.

10. Chauffeur Blues.

11. And I Like It.

 

Signe Anderson:chant,percussions.

Marty Balin:chant,guitare rythmique.

Jack Casady: basse.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Jorma Kaukonen: lead guitare.

Skip Spence:batterie.

LP Studio 2 - 1967

 

Jefferson airplane surrealistic pillow 1967

 

JEFFERSON AIRPLANE

SURREALISTIC PILLOW – 1967  5/5

 

Publié en février 1967.

Produit par Rick Jarrad.

Durée:33:40.

Label:RCA Victor

Genre:rock psychédélique,folk-rock,acid rock.

 

Pierre angulaire du rock.

 

L’année 1967 est un millésime exceptionnel pour le rock et Surrealistic Pillow, au nom allusif au vocabulaire de la drogue, deuxième album de Jefferson Airplane, contribue grandement à cet état de fait, sortant en février de cette année légendaire.

Symbole de l’acid-rock, Surrealistic Pillow (en écoute intégrale ici), classé 146 pour Rolling Stone Magazine, est le premier des deux albums que Jefferson Airplane publie en 1967, l’autre étant After Bathing At Baxter’s.

Il est aussi le premier sans Signe Anderson, la chanteuse initiale du groupe et que remplace ici celle qui va devenir le visage de l’Airplane, Grace Slick.Spencer Dryden y figure également pour la première fois.

Jefferson Airplane commence son opération décollage  sous LSD, en aspergeant son folk rock californien de gouttes lysergiques. Jefferson Airplane et la drogue, nous y sommes en plein.

Jorma Kaukonen et sa guitare acide, la sculpturale Grace Slick à la voix inimitable (White Rabbit), glaçante et délurée, riche et envoûtante, plantent un décor parfois inquiétant, parfois chaleureux, tourmenté et exaltant, et incarnent le son du Jefferson de cette période d’immersion dans les trips. C’est perceptible sur le célébrissime "Somebody To love" et sur l’hymne à la drogue qu’est l’éthéré White Rabbit.

J’ai personnellement un faible pour les deux ballades que sont le mystérieux Today et Comin’ Back To Me à la sublime mélodie. Unique, zarbi, doté d’un son exceptionnel dans sa remastérisation car pour ce qui est de l’original, ça laisse sérieusement à désirer, bénéficiant d’une brochette techniquement affûtée de beaux sujets (Kaukonen, Balin, Casady, Kantner, Dryden et Slick), psychédélique comme pas deux, ce disque, dû pour l’essentiel à l’exquise écriture du raffiné Marty Balin, est un joyau en toile de fond duquel apparaît un certain Jerry Garcia du Grateful Dead, autre maître du genre, à titre de conseiller musical et spirituel.

Raison de plus pour y accorder du crédit et se faire plaisir en l’écoutant en boucle et en le replaçant dans l’esprit de l’époque. L’écriture un peu nunuche au regard des idéaux d’alors s’avère aujourd’hui dépassée, les utopies du moment, vite étouffées dans l’œuf, font bien sourire de nos jours. N’empêche, c’est un must et historiquement une pierre angulaire du rock. Donc…  (RAZOR©).

 

1. She Has Funny Cars.

2. Somebody To Love.

3. My Best Friend.

4. Today.

5. Comin’ Back To Me.

6. 3.5 Miles In 10 Seconds.

7. DCBA-25.

8. How Do You Feel.

9. Embryonnic Journey.

10. White Rabbit.

11. Plastic Fantastic Lover.

 

Grace Slick:chant,piano,orgue,flûte.

Paul Kantner:guitare,chant.

Jorma kaukonen:guitare solo,guitare rythmique,chant.

Jack Casady:basse,basse fuzz,guitare rythmique.

Spencer Dryden:batterie,percussions.

Marty Balin:guitare,chant.

Jerry Garcia:guitares,chœurs,conseiller musical et spirituel.

LP Studio 3 - 1967

 

Jefferson airplane after bathing at baxter s

 

JEFFERSON AIRPLANE

AFTER BATHING AT BAXTER’S – 1967  5/5

 

Publié le 27 novembre 1967.

Produit par Al Schmitt.

Durée:43:38.

Label:RCA Victor.

Genre:acid rock,rock psychédélique.

 

Plus chargé que ça tu meurs.

 

Fin 1967, alors que Jefferson Airplane a déjà sorti les deux albums Takes Off et surtout Surrealistic Pillow qui les a propulsés sur le devant de la scène internationale, arrive After Bathing At Baxter’s (en écoute intégrale ici).

Ce disque est une petite merveille de rock psychédélique, une oeuvre brillante, un peu fofolle, audacieuce et qui représente une évolution musicale importante pour le groupe californien, à ce moment précis de sa carrière.

Bâti à la manière d’un album-concept, en tiroirs étiquetés, After Bathing At Baxter’s est certainement le meilleur opus de l’Airplane, en tout cas le plus représentatif de l’influence du LSD sur leur musique et le plus étroitement lié à l’acid rock et au mouvement hippie alors en vogue (avec le Dead, bien sûr).

Laissant de côté le folk-rock qui l’a révélé, l’Airplane explore l’univers musico-hallucinatoire. D’emblée, le délirant The Ballad Of You & Me & Pooneil met en avant les guitares et une sonorité différente. Il situe bien l’ambiance d’un album, dont Kantner et Slick ont assuré une grande part de l’écriture. Un instrumental des plus étonnants lui emboîte le pas (A Short Package Of Value Will Come To You, Shortly). L’acid fait son effet, c’est indéniable.

Dans un registre plus pop, le compartiment nommé Streetmasse s’achève par un titre de Balin, qui est peut-être le seul dans les normes, de cet album (Young Girl Sunday Blues). La très jolie ballade de Kantner (Martha) entame The War Is Over, le deuxième tiroir, suivie du très hip Wild Tyme (encore de Kantner).

Hymn To An Older Generation, troisième palier à deux titres, ouvre sur The Last Wall Of The Castle, un morceau résolument pop et se referme sur Rejoyce, une magnifique ballade de Grace Slick.

Dans la partie nommée How Suite It Is, on retrouve le superbe Watch Her Ride, enchaîné par plus de neuf minutes d’un titre cosigné Casady, Kaukonen et Dryden, Spare Chaynge, une sorte de jam instrumentale déjantée.

Le cinquième bloc d’After Bathing At Baxter’s s’intitule Shizoforest Love Suite. Two Heads, le premier des deux morceaux qui le compose est une des meilleures compositions d’une Grace Slick tordue (quelle puissance vocale !) et précède un Won’t You Try/ Saturday Afternoon, aussi zarbi que rock (un titre phare de la discographie du groupe, repris à Woodstock en 1969).

Les musiciens sont exceptionnels, les titres très bons. Cet album est spécial, mais unique. Avec le recul, je me dis qu’ils étaient quand même bien arrangés (et chargés) pour faire ce genre d’œuvre d’art, par moments, déstructurée, qui, soit-dit-en-passant, colle parfaitement à son temps mais qui, de par sa complexité, risque de rebuter les profanes.

Ce disque est un sommet du groupe, fait dans une bonne humeur et une béatitude chimiques. Leur cuistot devait leur concocter de supers omelettes aux champignons mexicains pour les repas. L’Airplane aura-t-il l’occasion de nous refaire le coup dans ses prochains travaux ? La suite dans le prochain episode … (RAZOR©).

 

Streetmasse

1. The Ballad of You & Me & Pooneil.

2. A Small Package of Value Will Come to You, Shortly.

3. Young Girl Sunday Blues.

 

The War Is Over

4. Martha.

5. Wild Tyme.

 

Hymn to an Older Generation

6. The Last Wall of the Castle.

7. ReJoyce.

 

How Suite It Is

8. Watch Her Ride.

9. Spare Chaynge.

 

Shizoforest Love Suite

10. Two Heads.

11. Won't You Try / Saturday Afternoon.

 

Grace Slick:piano,orgue,recorder,chant.

Paul Kantner:guitare rythmique,chant.

Jorma Kaukonen:lead guitare,sitar,chant.

Jack Casady:basse.

Spencer Dryden:batterie,percussion,arrangements cuivres.

Marty Balin:guitare rythmique,chant.

Gary Blackman:choeurs.

Bill Thompson:choeurs.

LP Studio 4 - 1968

 

Jefferson airplane crown of creation 1968

 

JEFFERSON AIRPLANE

CROWN OF CREATION – 1968  4/5

 

Publié en septembre 1968.

Produit par Al Schmitt.

Durée:38:31.

Label:RCA.

Genre:acid rock,rock psychédélique.

 

L’état de Grace.

 

Paru en 1968, Crown Of Creation (en écoute intégrale ici) est le quatrième album studio du groupe californien qui conserve le même line-up depuis le phénoménal After Bathing At Baxter’s, l’ouvrage de référence rock psychédélique précédent.

Moins bordélique et décalé que ce dernier, plus expérimental,  Crown Of Creation fait un véritable carton (6ème des charts). Cependant, le groupe semble ne pas trop savoir quoi faire, semble hésiter sur la voie à prendre musicalement parlant, ce qui dénote une certaine inégalité dans son style sur cet album, et dévoile au grand jour, quelques faiblesses.

Revenant à un son Surrealistic Pillow, le groupe continue, parallèlement à expérimenter. Cette hésitation lui est donc quelque peu préjudiciable. Mais, que de magnifiques morceaux malgré tout : la grâce de Grace sur Lather, sa performance vocale sur Greasy Heart, le Kantner/Balin qu’est In Time (où l’acoustique et l’électrique se côtoient agréablement), Crown Of Creation, l’efficace Ice Cream Phoenix et Triad, un cadeau du ciel offert par un David Crosby qui venait (je crois bien) se faire lourder des Byrds et qui a emmené avec lui son bien.

Ce disque permet de passer de très bons moments avec les titres que je vous ai sélectionnés. Le reste de l’album reste du bon crû de l’Airplane, avec une finesse et un style bien dans le ton West Coast. Un album majeur du groupe.

 

1. Lather.

2. In Time.

3. Triad.

4. Star Track.

5. Share a Little Joke.

6. Chushingura.

7. If You Feel.

8. Crown of Creation.

9. Ice Cream Phoenix.

10. Greasy Heart.

11. The House at Pooneil Corners.

 

Marty Balin:chant,guitare rythmique.

Grace Slick:chant,piano,orgue.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Jorma Kaukonen:chant,guitare électrique.

Spencer Dryden:chant,batterie,piano,orgue.

Jack Casady:basse.

Charles Cockey:guitare,chant.

David Crosby:guitare.

Tim Davis:congas.

Dan Woody:bongos.

Gene Twombly:effets sonores.

LP Live 1 - 1969

 

Jefferson airplane bless its pointed little head 1969

 

JEFFERSON AIRPLANE

BLESS IT’S POINTED LITTLE HEAD – 1969  5/5

 

Publié en février 1969.

Produit par Al Schmitt.

Durée:52:48.

Label:RCA Victor.

Genre:rock psychédélique,acid rock,hard rock.

 

69, année hédonique.

 

Je pourrais résumer ma chronique de Bless It's Pointed Little Head (en écoute intégrale ici), par un “allonge-toi dans l’herbe, ne dis rien, ferme les yeux et prends-en plein la gueule !”. Tout le bien que j’en pense aurait été condensé dans ces quelques mots et je lui aurais ainsi rendu le meilleur des hommages. Comme ça n’est pas le genre de la maison aussi vais-je tenter de t’éclairer sur cet album d’un autre monde, paru en 1969, un live comme on dit.

Cette même année, sur la scène californienne ambiante, les albums exceptionnels foisonnent. Quicksilver Messenger Service sort un tonitruant Happy Trails, Grateful Dead y va de son exceptionnel Live Dead. Jefferson Airplane montre qu’il est fait du même tonneau avec Bless It’s Pointed Little Head. Le leadership de cette scène musicale californienne et de la contre-culture hippie est en jeu.

Jefferson Airplane est à son meilleur niveau avec une épine dorsale exceptionnelle, Kaukonen, Casady et Dryden, une chanteuse aux prouesses vocales incomparables, comme le rock en a rarement enfantées. Ajoutez à ce line-up mythique, l’expérimenté Balin et un Kantner, toujours là pour assurer parfaitement le rôle qui lui est imparti.

Extraordinaire groupe de blues-rock et d’acid rock dont on ne connaît alors que la sublime facette studio, l’Airplane de Bless It’s Pointed Little Head, enregistré aux Fillmore East de New York et West de Frisco, fin 1968, prouve que sur scène également, il peut atteindre la même perfection avec la même énergie.

J’en veux pour preuve The Other Side Of This Life de Fred Neil, 3/5 Of A Mile in 10 Seconds de Balin, la fabuleuse reprise de Donovan, l’épique et psychédélique Fat Angel, une des pièces maîtresses du disque, It’s No Secret, Somebody To Love, ainsi qu’un Rock Me Baby arrangé par l’Airplane et qui met en exergue la technique parfaite  et le chant plein d’émotion de Jorma Kaukonen, de même que la virtuosité d’un Casady qui fait chauffer à blanc une basse magnifiquement maîtrisée. Ce dernier titre préfigure ce que sera le futur Hot Tuna.

Les onze minutes de Bear Melt (avec une rythmique incroyable) clôturent, dans une grande déferlante improvisée, ce fabuleux live qui installe définitivement le groupe au Panthéon du rock. Pour l’éternité.

Slick, Kaukonen, Balin, Kantner, Dryden et Casady te transportent à des années-lumière. Et quand la navette spatiale retrouve la terre ferme, tu es encore « tout chose »…. C’est à couper le souffle ! (RAZOR©).

 

1. Clergy.

2. 3/5 of a Mile in 10 Seconds.

3. Somebody to Love.

4. Fat Angel.

5. Rock Me Baby.

6. The Other Side of This Life.

7. It's No Secret.

8. Plastic Fantastic Lover.

9. Turn Out the Lights.

10. Bear Melt.

 

Marty Balin:chant,basse.

Jack Casady:guitare rythmique,basse.

Spencer Dryden:batterie,percussions.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Grace Slick:chant.

LP Studio 5 - 1969

 

Jefferson airplane volunteers 1969

 

JEFFERSON AIRPLANE

VOLONTEERS – 1969  5/5

 

Publié en novembre 1969.

Produit par Al Schmitt.

Durée:44:19.

Label:RCA Victor.

Genre:rock psychédélique,acid rock.

 

Dernier vol pour la gloire.

 

1969. Le très discuté Volunteers (en écoute intégrale ici) sort dans les bacs. Le sujet de cette controverse vient de sa coloration politique, affichant clairement des positions antimilitaristes dans certains titres et une incitation à l’anarchie.

Ce sixième LP aborde également des idéaux écolos (The Farm et Eskimo Blue Day) tandis que certaines chansons dévoilent des textes que l’Amérique puritaine réprouve (We Can Be Together). Cela fait donc beaucoup de sujets de discorde pour un album dont les enregistrements ont été effectués à Frisco avec le line-up traditionnel (ce sera la dernière fois), auréolé d’invités de prestige, Jerry Garcia, Nicky Hopkins, Joey Covington (futur Airplane), David Crosby et Stephen Stills. Rien que des V.I.P !  

Succès commercial en dépit de son caractère sulfureux et d’une prestation quelconque à Woodstock, ce disque possède une touche particulière à laquelle Paul Kantner, le mec de Grace Slick (ça fait pas un peu Voici ou Closer ce genre de locution) n’est pas étranger.

Les brûlots polico-anti-guerre Volunteers et We Can Be Together, c’est lui qui les a signés. Tout comme Wooden Ships, écrit avec David Crosby. Volonteers annonce les prémices de la fin de l’idéal hippie.

Dernier monument de la discographie de l’Airplane, il permet de découvrir un Good Sheperd de la meilleure veine folk-rock psyché, un excellent Hey Frederick (et les solos lourds de Kaukonen). A avoir, sans aucun doute (RAZOR©).    

 

1. We Can Be Together.
2.  Good Shepherd.
3.  The Farm.
4.  Hey Fredrick.
5.  Turn My Life Down.
6.  Wooden Ships.
7.  Eskimo Blue Day.
8.  A Song For All Seasons.
9.  Meadowlands.
10.  Volunteers.

 

Grace Slick:chant,piano,orgue.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Marty Balin:chant,percussions.

Jorma Kaukonen:guitare,chant.

Jack Casady:basse.

Spencer Dryden:batterie,percussions.

Nicky Hopkins:piano.

Stephen Stills:orgue Hammond.

Jerry Garcia:pedal steel guitare sur 3.

Joey Covington:congas sur 5.

David Crosby:chant sur 6.

Ace of Cups:chant sur 3 et 5.

Bill Laudner:chant sur 8.     

LP Studio 6 - 1971

 

Jefferson airplane bark 1

 

JEFFERSON AIRPLANE

BARK – 1971  3/5

 

Publié en septembre 1971.

Produit par Jefferson Airplane.

Durée:44:17.

Label:Grunt,RCA.

Genre:rock psychédélique,hard rock.

 

Beurk !

 

Médiocre. Voilà comment peut se résumer Bark (en écoute intégrale ici) de 1971, premier album du Jefferson Airplane (sous son propre label Grunt Records) de l’après Balin, son fondateur, et faisant également suite au départ du batteur Spencer Dryden.

Bark est aussi la première apparition de Papa John Creach, violoniste et de Joey Covington, en remplacement de Dryden. L’Airplane n’est plus réapparu en studio depuis deux ans.

Jorma Kaukonen et Jack Casady ont le museau à fond dans leur projet personnel, le Hot Tuna. Kantner et Slick également (Sunfighter).

Bref, le groupe balbutie sa musique, qui n’a plus l’envergure et la brillance de sa période blues-rock ou rock psychédélique antérieures. Il est orphelin de son créateur.

Kaukonen tente bien de reprendre la place laissée vacante par Balin (il écrit quatre titres), mais sans grand succès. Dans ces conditions, difficile d’attendre monts et merveilles de Bark, qui reste une curiosité, mais qui est une bien pâle copie comparée aux monuments discographiques dont le groupe nous a gratifiés.

Bark sent l’album qui ne sert pas à grand-chose, si ce n’est qu’à rajouter une ligne supplémentaire sur la carte de visite. Je vous laisse seul juge pour en trouver la substantifique moelle. En ce qui me concerne, c’est plutôt beurk que Bark…. Vous m’avez compris ? (RAZOR©)

 

1. When the Earth Moves Again.

2. Feel So Good.

3. Crazy Miranda.

4. Pretty as You Feel.

5. Wild Turkey.

6. Law Man.

7. Rock and Roll Island.

8. Third Week in the Chelsea.

9. Never Argue with a German If You're Tired or European Song.

10. Thunk.

11. War Movie.

 

Jack Casady:basse.

Joey Covington:chant,batterie,percussions.

Paul Kantner:chant,guitare.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Grace Slick:chant,piano.

Papa John Creach:violon sur 1/4/5.

Bill Laudner:chant sur 11.

Will Scarlett:harmonica sur 8.  

LP Studio 7 - 1972

 

Jefferson airplane long john silver 1

 

JEFFERSON AIRPLANE

LONG JOHN SILVER – 1972  2,5/5 

 

Publié en juillet 1972.

Produit par Jefferson Airplane.

Durée:41:25.

Label:Grunt/RCA.

Genre:rock psychédélique.

 

Sortie de piste fatale.

 

Avec ce septième album, Long John Silver (en écoute intégrale ici), Jefferson Airplane touche le fond. C’est le sentiment qui habite la presse de l’époque et ce ‘est pas la trompeuse vingtième place occupée dans le Billboard 200 qui change quoi que ce soit à la donne. Jefferson Airplane n’est plus.

Entre les aspirations en solitaire des uns (Hot Tuna, d’un côté et le binôme Kantner et Slick de l’autre), le départ de Balin, un Covington qui quitte le groupe durant les sessions, entre le travail individuel des membres qui, chacun dans son coin, enregistrent ses propres contributions, entre les tergiversations d’une formation qui ne sait plus vraiment où se situer et en manque d’inspiration pour le faire, le chaos règne, menant à un incroyable gâchis.

L’arrêt du groupe est la seule issue. Il y va de son image à préserver une réputation qui commence sérieusement à s’écorner et à occulter tout ce que le groupe a pu véhiculer au rock avant. Sage décision que celle prise de tout stopper avec un Long John Silver qui, vous vous en doutez bien au regard de mon pessimisme et de mon peu d’enthousiasme à introduire le sujet, est insignifiant (1972).

Le groupe tentera un rapprochement à la fin des années 80, tentative réduite à un feu de paille. Long John Silver ne véhicule pas grand-chose  qui puisse en faire un bon album.

Même avec le recul, habité par le sentiment d’avoir peut-être manqué quelque chose, je n’ai trouvé aucun argument qui puisse contrecarrer ce ressenti de raté et d’inutile. Certes, on ne peut pas mettre la sincérité du travail en cause. L’ensemble  parait si naïf et semble n’être que du remplissage.

Heureusement que le chant de Grace Slick sauve cet album du naufrage total (et encore, y a des fois…) dont je retiens le seul Trail By Fire, très Hot Tuna. Désolé, mais y a plus la flamme, la classe. Il sent le poisson pourri ce Bark (le vinyle Bark était, si ma mémoire est bonne, représenté par une tête de hareng ou quelque chose du genre). Le seul côté positif de cet album, c’est le talent de Papa John Creach au violon. Et basta. L’Airplane a été, mais n’est et ne sera plus (RAZOR©).

 

1. Long John Silver.

2. Aerie (Gang of Eagles).

3. Twilight Double Leader.

4. Milk Train.

5. The Son of Jesus.

6. Easter?

7. Trial by Fire.

8. Alexander the Medium.

9. Eat Starch Mom.

 

Jack Casady:basse.

Paul Kantner:chant,guitare.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Grace Slick:chant,piano.

Papa John Creach:violon.

John « Goatee » Barbata:batterie,tambourin.

Joey Covington:batterie sur 3/5.

Sammy Piazza:batterie sur 7.

LP Live 2 - 1973

 

Jefferson airplane thirty second 1

 

JEFFERSON AIRPLANE

THIRTY SECONDS OVER WINTERLAND – 1973  3/5

 

Publié en avril 1973.

Enregistré les 24 et 25 août 1972 (Chicago Auditorium) et les 21 et 22 septembre 1972 (Winterland Arena San Francisco).

Produit par Jefferson Airplane.

Durée:38:13

Label:Grunt.

Genre:rock.

 

Y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

 

Thirty Seconds Over Winterland (en écoute intégrale ici) est l’album des fameux grille-pain ailés ! Les initiés sauront de quoi je parle. Sorti en 1973, ce disque est le deuxième live que le groupe ait enregistré après celui de 1969, le fabuleux Bless It’s Pointed Little Head. Il s’inscrit, dans le temps, après Long John Silver (1972) et est enregistré pendant la tournée de promotion de ce dernier.

L’avion Airplane n’a plus son pilote et le groupe, en proie à des tensions, des choix professionnels plus personnels pour certains, doit remplir ses obligations contractuelles avec la maison de disques. Enregistré fin août 1972 à Chicago et  en septembre, à San Francisco, l’album est assez court (36 minutes).

Le groupe est désuni et devenu une réunion d’individualités, loin du collectif qu’il fut. Le binôme Kaukonen/Casady est impliqué dans Hot Tuna, Slick et Kantner travaillent sur leurs propres projets. Au milieu, Kantner et Papa John Creach, rejoints par Barbata (qui supplée le défaillant Covington) et le nouveau David Freiberg, co-fondateur de Quicksilver Messenger Service, composent avec.

Kantner préfère se concentrer sur l’écriture. Dans ce contexte où tout le monde se regarde en chiens de faïence, le groupe fait tout son possible pour sauver les apparences sur scène. Bark (ou Beurk !) alimente deux morceaux de ces prestations scéniques captées sur Thirty Seconds Over Winterland, Long John Silver les trois derniers titres.

Figure aussi Crown Of Creation, vestige du répertoire de  1968 et Feel so Good, le plus fougueux et le meilleur passage. Have You Seen The Saucers et Twilight Double Leader passent encore, mais pour le reste, que l’on ne me force pas la main pour me faire dire que l’album en question mérite autre chose qu’un trois étoiles maxi.

Ce disque, à des années-lumière du premier live de 1969, révèle une Grace Slick qui se met maintenant à miauler et un David Freiberg complètement perdu. Il met surtout en avant, une fois n’est pas coutume, un Papa John Creach lumineux sur Milk Train. On est bien loin de l’avion qui faisait vrombir ses moteurs sur scène. Le long courrier Airplane n’a même plus rien du planeur (RAZOR©).

 

1. Have You Seen the Saucers?

2. Feel So Good.

3. Crown of Creation.

4. When the Earth Moves Again.

5. Milk Train.

6. Trial by Fire.

7. Twilight Double Leader.

 

Jack Casady:basse.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Jorma Kaukonen:chant,guitare.

Grace Slick:chant.

Papa John Creach:violon.

John Barbata:batterie,percussions.

David Freiberg:chant.

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