Jimi Hendrix.

BIOGRAPHIE.

 

JIMI HENDRIX/Seattle (Washington)

 

Hendrix 2

 

Né Johnny Allen Hendrix, le 27 novembre 1942 à Seattle, décédé le 18 septembre 1970 à Kensington-Londres (Angleterre).

Actif de 1963 à 1970.

Labels:Track,Barclay,Polydor,Reprise,Capitol,MCA,Sony,Legacy.

Genres:rock psychédélique,hard rock,blues,R & B.

Site:jimihendrix.com

 

Le plus grand guitariste de tous les temps.

James Marshall Hendrix est né Johnny Allen Hendrix, mais c'est sous le patronyme de Jimi Hendrix qu'il a bâti sa légende. Légende, le mot n'est pas usurpé pour qualifier cet artiste original qui a donné à la guitare électrique ses lettres de noblesse, au point de compter parmi les musiciens les plus influents du rock. Tout cela en quatre ans, entre 1966 et 1970, quatre années durant lesquelles ce guitariste de blues et de rock américain va occuper le terrain psychédélique grâce à ses géniales improvisions, mais surtout en se s'appuyant judicieusement sur les potentialités techniques nouvelles offertes par les studios : amplification, effets sonores.

Hendrix richard

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Hendrix 5Jimi Hendrix Digest.

Sa disparition, le 18 septembre 1970 et à 27 ans, est un choc pour la musique. Aujourd'hui encore, le trouble domine quant aux conditions de sa mort par étouffement (vomi et barbituriques), l'ombre des desseins funestes du manager Michael Jeffery planant au dessus de cette affaire. Son décès, intercalé entre celui de Brian Jones et ceux de Janis Joplin et de Jim Morrison, au même âge, contribue à alimenter le fameux mythe du club des 27.

Fils d'un couple instable et en proie à des difficultés financières, la cherokee Lucille Jeter, et Al Hendrix, jardinier au caractère bien trempé rapidement enrôlé pour remplir ses obligations militaires, le jeune Johnny se retrouve très tôt tiraillé entre sa mère, sa grand-mère et sa tante Dolores Hall, sœur de Lucille. Au retour de la guerre d'Al, le couple, mal en point, prend la direction de Seattle où il s'installe ; il divorce en 1950 et Al a la garde de James, devenu depuis Johnny pour l'état civil, et de son jeune frère Leon Morris. Faisant face à des difficultés pour subvenir aux besoins de sa famille, Al Hendrix doit se résoudre à confier ses jeunes enfants à une tante de Vancouver.

Dévoué corps et âme à la guitare.

Fan précoce d'Elvis, Johnny s'avère bon élève et se prend de passion pour la poésie, mais c'est vers une carrière d'acteur ou dans la peinture qu'il se projette alors. La musique va pourtant prendre le dessus, et notamment la guitare pour laquelle il penche, après avoir fait ses premiers pas avec un ukulélé ramené par son père un soir de beuverie. Gaucher naturel, il doit cependant adapter son jeu, son instrument de prédilection étant pensé pour les droitiers. Il inverse alors les cordes et se lance corps et âme dans la pratique de la guitare malgré les tentatives de dissuasion de ses proches.

Chuck Berry et Muddy Waters achèvent de le convaincre que la guitare est sa voie. Papa Al, ancien danseur de jazz, ne cherche pas à l'en détourner, d'autant que son fils est littéralement scotché devant la radio à écouter les musiciens blancs, le blues noir et le jazz. Il passe tellement de temps à sa passion que son père lui offre une guitare électrique ; celle-ci le conduit vers les Rocking Kings, sa première vraie formation, puis vers Thomas & The Tomcats, avant d'intégrer l'US Army et les paras en 61/62.

Il rencontre alors Billy Cox, bassiste avec lequel il fonde The King Casuals, groupe partagé entre prestations à la caserne et dans les clubs environnants.

Chas Chandler et le cafe Wha.

Déchargé des contraintes militaires en raison d'une fracture de la cheville, plutôt que de retourner à Seattle, il prend la route du sud, de Clarksville d'abord, puis celle de Nashville où il retrouve Billy Cox, tout juste libéré de l'armée. Leur alliance ne fait pas long feu, mais l'un comme l'autre font le sermon de retravailler ensemble si d'aventure la réussite venait à être au bout. Dans le sud, il apprend à jouer avec les dents et de manière acrobatique, dans le dos, derrière la tête ; cette mise en scène héritée de Johnny Jenkins et son jeu de guitare survolté inspireront beaucoup Hendrix.

De retour à Seattle, il intègre Bobbie Taylor & The Vancouvers (fin 62), avant de partir en tournée avec George Odell (début 63), puis de jouer pour les Isley Brothers à New York, dans le sud, l'est et le Midest (fin 63). Retour à Nashville où il fait la connaissance de Steve Crooper, guitariste pour Booker T. et les MG's, A son contact, il apprend énormément. Comme lui profite la tournée avec Little Richard et les Upstetters, plus rock que blues. Re New York où il devient un acteur de l'hétéroclite scène de Greenwich Village et y monte les Rainbowflowers qui mutent vers Jimmy James & the Blueflames. Il fait son trou au Café Wha ? où Chas Chandler, bassiste des Animals alors en tournée aux Etats-Unis, le remarque.

Hendrix johnnyLancé en France par Johnny.

Lancé en France par Johnny.

Quand le groupe anglais se sépare en 1966, Chandler (rejoint par Michael Jeffery) devient le manager d'Hendrix et le persuade de rejoindre l'Angleterre.

Comme il en a fait la promesse à Billy Cox, le guitariste essaie d'associer son copain de régiment à la proposition qui lui est faite de tenter sa chance sur le Vieux Continent.

Faute de moyens, Hendrix ne peut tenir son engagement et débarque seul à Londres le 21 septembre 1966. Mitch Mitchell et Noël Redding sont auditionnés, puis recrutés pour encadrer l'américain. Jimmy Hendrix devient Jimi Hendrix.

Le Jimi Hendrix Experience, trio de choc, naît dans le même mouvement et s'invite alors sur le circuit des clubs londoniens, bien qu'officiellement, c'est en France, à Evreux le 13 octobre 1966, que les débuts du JHE se situent. Ceux-ci précèdent de quelques semaines, la prestation à l'Olympia parisien, en première partie de Johnny Halliday.

Hey Joe, point de départ de la légende.

En décembre de cette même année, un premier titre est enregistré pour le label Polydor : le torride Hey Joe. Au printemps 1967, Hey Joe culmine en tête des classements britanniques. Six mois après avoir mis les pieds sur le sol anglais, Hendrix met le feu partout où il se produit. La presse relaie les moindres faits et gestes de ce phénomène ; Hendrix est une véritable vedette, allant jusqu'à faire de l'ombre, sur ses terres, à la star nationale Eric Clapton. Pas jusqu'à le détrôner de son piédestal cependant, car, pour la presse de 1967, Slowhand reste le numéro 1 chez lui, devant Hendrix.

Au contact des Stones et plus particulièrement de Brian Jones, l'américain s'ouvre aux sonorités orientales, éléments qui vont faire évoluer son style vers le rock psychédélique. La première pierre discographique de son catalogue studio va d'ailleurs dans ce sens. Are You Experienced (mai 1967) du JHE se fait pour le label Track Records au Royaume-Uni, pour Reprise aux States (août 1967) mais dans une version différente, qui ne l'empêche pas d'être l'album le plus vendu de l'année 68. Succès immédiat, il vient titiller dans les charts l'inamovible Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles. Chez l'Oncle Sam, Are You Experienced se classe 5ème du Billboard.

Hendrix alan douglas

«Jimi pouvait entendre un camion passer dans la rue d’à côté et dire : Eh, ça sonne pas mal, ça !"» (Alan Douglas)

Le Johnny Hendrix Experience : trois albums incontournables.

Devenu l'idole de toute une génération, Hendrix subit la pression de sa maison de disques pour capitaliser au mieux l'engouement à son endroit. Elle exige un nouvel album avant la fin de l'année 1967. Dès mai, les Studios Olympic de Londres vont alors être pris d'assaut jour et nuit par le Jimi Hendrix Experience et son environnement.

L'excellent Axis : Bold As Love, encore produit par Chas Chandler, résulte de cette course effrénée pour tenir les dates ; début décembre, le deuxième album est dans les bacs de la capitale anglaise ; les Etats-Unis doivent patienter jusqu'au 15 janvier 1968. Attendu par la critique, Hendrix y fait montre d'une incroyable créativité, mêlant avec ingéniosité et explosivité blues, soul, R & B et funk.

Le troisième LP du JHE referme l'exceptionnelle période du Jimi Hendrix Experience. Sorti fin octobre 1968, Electric Ladyland complète une trilogie discographique extraordinaire qui ne peut pas ne pas s'envisager dans une discothèque de rockeux.

Enregistré entre Londres (Olympic Studios) et New York (Robert Plant Studios), il bénéficie de la présence de musiciens gratinés, américains comme Jack Casady (Airplane, Hot Tuna), Al Kooper, Mike Finnigan (Big Brother & The Holding Company), Buddy Miles (futur Band Of Gypsys) et anglais comme Steve Winwood, Chris Wood et Dave Mason, tous trois de Traffic.

Proposé avec une pochette osée (femmes nues allongées) et de ce fait censurée dans de nombreux pays, Electric Ladyland, avec ses Crosstown Traffic, Voodoo Chile, 1983, All Along The Watchtower, Burning Of The Midnight Lamp, est un travail stellaire à nul autre comparable. Hendrix vole avec les Anges. 1er du Billboard américain, 6ème chez les britanniques, 2ème en France, il est un chef d’œuvre dont le contenu est aussi explosif que le contenant. En décalage avec la vision artistique de son poulain, Chas Chandler est pour le coup écarté des sessions d'enregistrements, Hendrix produisant lui-même le disque. Chandler, sentant qu'Hendrix lui échappe, cède 50% de ses parts dans le management du guitariste à Jeffery, beaucoup moins regardant sur l'aspect musical.

La phase Band Of Gypsys.

Même si la fin du JHE n'était pas programmée, Electric Ladyland scelle néanmoins la mise en veilleuse du trio, chacun des acteurs du groupe ayant des ambitions personnelles. L'annonce de l'arrêt du groupe tombe toutefois fin 1968.

L'avenir du Voodoo Chile se situe alors du côté d'Alan Douglas, producteur américain qu'il rencontre alors qu'il vient de se lancer dans l'aventure funky du Band Of Gypsys avec son pote Billy Cox et Buddy Miles. Hendrix est fatigué, dépressif, en proie à des problèmes judiciaires (détention d'héroïne) et financiers avec la construction de son propre studio d'enregistrement. Il est aussi dans le collimateur du gouvernement américain qui ne lui pardonne pas d'avoir détourné le Star Spangled Banner à Woodstock. Il n'apprécie pas Miles et le disque live qui naît de cette expérience n'est pas ce qu'Hendrix a fait de mieux. Cet album le contrarie beaucoup.

La lourde charge d'Alan Douglas.

Pour se changer les idées, il répond favorablement aux sollicitations de certains proches du milieu comme Stephen Stills qui l'invite à prendre part à son album, comme Clapton ou Arthur Lee. On le retrouve aussi sur certains concerts et festivals : Berkeley en mai, Atlanta en juillet, Hawaï (Rainbow Bridge), Wight en août, Scandinavie. Ces places s'avèrent être les dernières foulées par le légendaire guitariste, mort le 18 septembre 1970 dans son lit.

De son vivant, le très confus catalogue d'Hendrix s'arrête donc à 3 LP studio sous JHE et à un live, Band Of Gypsys, le reste étant posthume ; dans ce contexte, après que Jeffery ait assuré la suite discographique dès le lendemain du 18 septembre 70, le dénommé Alan Douglas, précédemment évoqué, fut celui qui eut à gérer, de 1974 à 1994, l'héritage musical du guitariste, et à faire le tri dans les nombreux concerts, jams et bandes (Rainbow Brige, The Cry Of Love, Blues, Hendrix in the West) qui ont alimenté une discographie parallèle parfois douteuse et qualitativement discutable. La famille, sous l'identité d'Experience Hendrix LLC, eut également son mot à dire (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE JIMI HENDRIX EXPERIENCE 60'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Jimi hendrix are you experienced

 

THE JIMI HENDRIX EXPERIENCE

ARE YOU EXPERIENCED – 1967 5/5

 

Publié le 12 mai 1967.

Produit par Chas Chandler.

Durée:40:12.

Label:Track.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,hard rock.

 

Jimi Hendrix Experience sort son premier album nommé Are you Experienced (en écoute intégrale ici) en 1967. Un album mythique qui sera classé 2ème derrière l’inamovible Sergent Peppers des Beatles. Révélateur. Entre grands de ce monde…

Blues, femmes et acide, c’est tout Hendrix et le fil de sa vie que l’on retrouve dans cet album où Noel Redding et Mitch Mitchell forment le reste de l’Experience.

Cet album, dont j'ai choisi la version américaine eu égard aux titres incontournables qu'il propose et dont est privée celle anglaise (Purple Haze, Hey Joe, The Wind Cries Mary) se distingue par ses effets de studio novateurs.

Hey Joe, par lequel tout a commencé, en est le titre phare ; il raconte la fuite d’un mec qui a tué sa femme par arme à feu. Cette chanson a d’abord été refusée par plusieurs compagnies de disques et n’est pas une chanson créée par Hendrix (41ème des charts anglais). Fire est le titre par lequel le Jimi Hendrix Experience ouvrait ses live. La guitare d’Hendrix vous pénètre puissamment mais subtilement.

Purple Haze est un titre 100% psyché, de l’acid rock pur jus faisant l'apologie de la drogue (Purple Haze est devenu le nom d’un acide…). Elle aurait été composée dans les vestiaires d’un club londonien le soir du 26 décembre 1966 et évoque un rêve fait par Hendrix.

Are you experienced ? Hendrix y met en garde une fille bien-née sur son inexpérience des drogues et de l’amour. Les femmes ? L’obsession chez Hendrix ! Foxey lady, célèbre pour ses riffs de guitare est une fille légère (peut-être la plus belle chanson de l’album).

The Wind cries Mary est un des premiers tubes de Jimi en Angleterre. Aux States, le titre est d’abord sorti en face B de la chanson Purple Haze. Le timbre de voix reste inoubliable et sa virtuosité inégalée, comme venue d’une autre galaxie.

Hendrix est toujours là où on ne l’attend pas. Tous les morceaux de ce disque sont devenus depuis des classiques de la musique rock. Eric Burdon des Animals disait : « Hendrix faisait déjà l’amour avec les étoiles et préparait la musique du futur ». C’est tout à fait ça ! (RAZOR©)

 

Version U.K

1. Foxey Lady.

2. Maznic Depression.

3. Red House.

4. Can You See Me.

5. Love Or Confusion.

6. I Don't Live Today.

7. May This Be Love.

8. Fire.

9. 3rd Stone From The Sun.

10. Remember.

11. Are You Experienced.

 

Version USA

1. Purple Haze.

2. Manic Depression.

3. Hey Joe.

4. Love Or Confusion.

5. May This Be Love.

6. I Don't Live Today.

7. The Wind Cries Mary.

8. Fire.

9. 3rd Stone From The Sun.

10. Foxey Lady.

11. Are You Experienced.


Jimi Hendrix:chant,guitares.

Noel Redding:basse,guitare rythmique sur 3,chœurs sur 1/8.

Mitch Mitchell:batterie,chœurs sur 6.

 

LP Studio 2 - 1967

 

Jimi hendrix axis

 

THE JIMI HENDRIX EXPERIENCE

AXIS: BOLD AS LOVE - 1967 5/5


Publié le 1er décembre 1967 (UK),le 15 janvier 1968 (US).

Produit par Chas Chandler.

Durée:38:49.

Label:Track,Polydor,Reprise.

Genre:acid rock,blues-rock,hard rock,rock psychédélique.


L'oeuvre d'un extra-terrestre.


Axis : Bold as Love (en écoute intégrale ici), c’est de l’Hendrix à l’état pur, ne cherchez pas ! Dans toute sa splendeur : inspiré, créatif, virtuose, fascinant..Deuxième disque du Jimi Hendrix Experience avec Mitchell et Redding, le disque paraît en 1967, peu de temps après Are You Experienced.

Cette sortie accélérée témoigne, d'une part, de la fertilité créatrice de ce mec venu d’une autre planète ; d'autre part, il traduit l'avidité du label poussant au coup l'artiste pour pondre impérativement un autre disque avant Noël. Le tout frais Are You Exprienced a marché du feu de Dieu, son suivant doit permettre de bisser en termes d'espèces sonnantes et trébuchantes. Business oblige...

Qui plus est, après son premier album inoubliable, il est attendu au tournant le Jimi. Il n’en a cure, il est prêt et a dans la besace la matière conséquente pour répondre aux exigences contractuellest. Elle est de qualité, ce qui ne gâche rien.

Le Jimi remet le couvert et reprend là où il a laissé ses fans après Are You Experienced ; il continue à explorer son univers musical de prédilection, mélange de blues, de soul, de R & B, de hard et de psyché »délisme.

Sa guitare atteint des sommets jusqu'alors inexplorés. Ecoutez Little Wing, cette somptueuse ballade, Castles Made of Sand, Bold as Love, Spanish Castle Magic, Six was Nine… Hendrix était vraiment un génie de la guitare. On le sait, mais on le découvre dans cet album, génie de la composition et de la création musicale, un mélodiste, un créateur de sons (avec sa pédale Wha Wha). Ses sonorités de guitare viennent d’un autre monde, mettant tout le monde sur le cul.

Axis : Bold as Love, bientôt 50 ans, n’a pas pris une ride aujourd'hui ; il est un joyau de l’art rock, orchestré par un extra-terrestre (RAZOR©).


1. EXP.

2. Up From The Skies.

3. Spanish Castle Magic.

4. Wait Until Tomorrow.

5. Ain't No Telling.

6. Little Wing.

7. If 6 Was 9.

8. You Got Me Floatin'.

9. Castles Made Of Sand.

10. She's So Fine.

11. One Rainy Wish.

12. Little Miss Lover.

13. Bold As Love.

 

Jimi Hendrix:guitare,piano,flûte.

Noël Redding:basse,harmonies vocales,chant sur 10.

Mitch Mitchell: batterie,harmonies vocales.

Trevor Burton,Roy Wood:harmonies vocales sur 8.

Chas Chandler,Gary Leeds,Graham Nash,Michael Jeffery:bruits de pas sur 7.

 

LP Studio 3 - 1968

 

Jimi hendrix experience electric ladyland 68

 

THE JIMI HENDRIX EXPERIENCE

ELECTRIC LADYLAND – 1968 5/5

 

Publié le 25 octobre 1968.

Produit par Jimi Hendrix.

Durée:75:47.

Label:Track,Polydor,Reprise.

Genre:acid rock,blues-rock,hard rock,rock psychédélique.

 

Chef d'oeuvre.

 

Electric Ladyland (en écoute intégrale ici) referme le chapitre studio du Jimi Hendrix Experience, faisant suite à ses deux monstrueux prédécesseurs discographiques que sont Are You Experienced et Axis : Bold As Love, tous deux sortis en 1967.

Electric Ladyland, double LP à son origine, est publié un an plus tard, sans Chas Chandler à la prod', Hendrix, alors en divergence totale avec son manager sur l'issue à donner au JHE, assurant lui-même la fonction au pupitre. A cette époque, le natif de Seattle est également en conflit avec Noël Redding, le bassiste du JHE, au point que l'ambiance générale annonce une fin proche de l'Experience ; c'est la raison pour laquelle celui auquel on ne conteste pas le statut de leader au regard de la légende qu'il a bâtie en trois albums, est ici parfois amené à tenir la basse.

A l'époque de sa publication anglaise par Track Records, sa pochette ne passe pas inaperçue, loin s'en faut. Elle représente, sur fond noir, un parterre de femmes dénudées allongées et tenant entre leurs mains, pour certaines d'entre elles, les LP qui précèdent.

Dans sa version américaine (Reprise Records), la photo de couverture cadre le visage d'Hendrix, flouté et coloré en rouge et jaune pour l'occasion, Ce visuel, que l'on doit à Karl Ferris (photo) est le plus connu du grand public puisqu'il sert de base aux rééditions en format moderne du LP.

Côté musique, il sort du cadre habituel du JHE puisque musiciens anglais et américains viennent en soutien du trio Hendrix/Redding/Mitchell. A ma droite, les rosbeefs, Stevie Winwood, Chris Wood et Dave Mason débarqués tout droit de Traffic ; à ma gauche, les Yankees : celui que l’on ne présente plus, Jack Casady de Jefferson Airplane, et Hot Tuna, mais aussi Buddy Miles et le grand Al Kooper...

Tout a été dit sur Electric Ladyland (1968) ; c'est l’œuvre maîtresse d’une carrière à laquelle la mort a mis un terme rapidement, ce qui ne surprend personne, compte tenu de l’accoutumance du bluesman pour l’héroïne.

On ne va pas tergiverser des heures sur ce disque culte, on se rend directement à la case départ (sans toucher la prime au passage) et on laisse dérouler les Voodoo Chile, Gypsy Eyes, And The Gods Made Love, Crosstown Traffic et All Along The Watchtower, emprunté, pour la circonstance, à Bob Dylan. Entre grands de ce monde…

C’est culte et c’est assurément un des meilleurs albums de tous les temps. Inutile donc d’en faire des tonnes, Electric Ladyland se doit d’être constamment à vos côtés (RAZOR©).

 

Face 1

1. And The Gods Made Love.

2. Have You Ever Been (to Electric Ladyland).

3. Crosstown Traffic.

4. Voodoo Chile.

 

Face 2.

5. Little Miss Strange.

6. Long Hot Summer Night.

7. Come On (Part 1).

8. Gypsy Eyes.

9. Burning Of The Midnight Lamp.

 

Face 3.

10. Rainy Day.

11. 1983.

12. Moon, Turn The Tides...Gentley Gently Away.

 

Face 4.

13. Still Raining, Still Dreaming.

14. House Burning Down.

15. All Along The Watchtower.

16. Voodoo Chile.

 

Jimi Hendrix:guitare,chant,basse,claviers,kazoo,percussions.

Mitch Mitchell:batterie,percussions.

Noel Redding:basse,chant,guitare acoustique sur 5.

Jack Casady:basse sur 16.

Steve Winwood:orgue Hammond sur 16.

Al Kooper:piano sur 6.

The Sweet Inspirations:chœurs sur 9.

Mike Finnigan:orgue Hammond sur 10/13.

Buddy Miles:batterie sur 10/13.

Larry Faucette:congas sur 10/13.

Fred Smith:saxophone ténor sur 10.

Chris Wood:flûte sur 11.

Dave Mason:guitare acoustique sur 15, chœurs sur 3.

DISCOGRAPHIE 70'S BAND OF GYPSYS.

LP Live - 1970

 

Jimi hendrix band gypsys

 

JIMI HENDRIX

BAND OF GYPSYS – 1970 3,5/5

 

Publié en avril 1970.

Produit par Heaven Research.

Durée:45:16.

Label:Track,Capitol,Barclay,Polydor.

Genre:rock,acid rock,funk,soul.

 

Mauvaise passe.

 

Pour le Jimi Hendrix Experience formaté par le businessman Chas Chandler, la fin des années 60 s’annonce des plus difficiles. Motif ? Jimi Hendrix en a marre de son étiquette de super guitariste virtuose et surtout, de son statut de rock star adulée aux quatre coins de la planète.

La formation avec laquelle il a construit le mythe Hendrix a du plomb dans l’aile et du souci à se faire quant à son avenir, plombée qu'elle est par des tensions entre Chas Chandler et Jimi, entre Jimi et Redding. Ca fait beaucoup et Jimi a besoin de prendre du recul.

Le trio qu’il a constitué avec Noel Redding et Mitch Mitchell vole donc en éclats. Nous sommes fin 1969 et Jimi, encore sous contrat avec Capitol Records, est en proie à des problèmes judiciaires (drogue) et financiers et n’a pas les coudées complètement franches.

Il décide alors de solder le compte discographique avec sa maison de disques, en programmant une série de concerts au Fillmore East new yorkais pour les fêtes (St Sylvestre 69 et premier janvier 1970) de cette fin de décennie.

Le guitariste black bat le rappel des anciens et réunit à ses côtés deux autres blacks, le bassiste Billy Cox ainsi que le vieux routard Buddy Miles, batteur habitué à faire régulièrement la pige sur les projets préalables du JHE (Electric Ladyland notamment).

Band Of Gypsys (en écoute intégrale ici) voit le jour. Il est une vraie entité dans laquelle chacun a droit à la parole (et non pas le joujou récréatif du Voodoo Child). Cette entreprise démocratique voit Hendrix prendre son destin entre ses mains, ainsi qu’une autre direction musicale plus black, funk et psychédélique. Hendrix ne roule plus seulement pour son compte, mais se met désormais au service du collectif.

Sur l’album Band Of Gipsys qui en découle, publié en avril 1970, cette plongée dans un climat différent de celui auquel Jimi Hendrix nous avait alors habitués, est d’entrée de jeu perceptible. Tout comme se ressent rapidement la sensation que la nouvelle mouture est encore en rodage.

La technique et l’expérience des musiciens peinent à masquer le peu d’existence d’un Band Of Gypsys manquant manifestement de cohésion (deux mois de répétition seulement) et au répertoire un peu trop éparpillé. Et ce, malgré tout le soin apporté à son approche. S’il n’avait été question d’obéir à un implacable contrat entre Capitol et Hendrix, nul doute que cet album ne serait jamais sorti.

De ce fait, dans un contexte essentiellement expérimental, démarré par un excellent Who Knows plutôt funky, la palme revient à l’autre occupant de la face initiale, l’énorme Machine Gun qui, douze minutes trente durant, rend hommage aux acteurs du conflit vietnamien, de façon colossale.

La face B du vinyle propose, sur les quatre titres qu’elle abrite, deux compositions signées Buddy Miles : le funky/soul Them Changes, un peu décevant, malgré une intéressante contribution dans ce registre de Jimi Hendrix, ainsi que We Gotta Live Together, ponctué d’un probant solo du guitar-hero américain. Les très bons Power Of Soul et Message Of Love apportent la preuve que la tambouille rock/R & B ici servie a du goût, même si l’on reste globalement sur sa faim.

Band Of Gypsys n’aura pas l’opportunité, ni la prétention de se hisser au niveau du JHE ; l’entreprise périclite un mois après ces réunions du Fillmore East. L’ensemble demeure appréciable, mais il n’est pas le disque de la discographie d’Hendrix que je préfère. C'est l'avis général des fans. Il ne plaisait pas, non plus, au Maître. Donc… (RAZOR©)

 

1. Who Knows.

2. Machine Gun.

3. Them Changes.

4. Power Of Soul.

5. Message To Love.

6. We Gotta Live Together.

 

Jimi Hendrix:guitare électrique,chant.

Billy Cox:basse.

Buddy Miles:batterie,chant.

DISCOGRAPHIE POSTHUME 70'S.

LP Posthume 1 - 1971

 

Jimi hendrix the cry of love

 

JIMI HENDRIX

THE CRY OF LOVE – 1971 5/5

 

Publié en mars 1971.

Produit par Jimi Hendrix,Mitch Mitchell,Eddie Kramer.

Durée:39:59.

Label:Reprise.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,hard rock,funk rock,acid rock.

 

Le premier des posthumes.

 

Peu de temps avant que Jimi Hendrix ne disparaisse, le 18 septembre 1970, dans un hôtel londonien, il travaille à son quatrième LP, lequel fait suite à l’indispensable trilogie sous Jimi Hendrix Experience et au live (inégal) Band Of Gypsys, groupe formé avec Buddy Miles et Billy Cox.

Mis sur le marché en février 1971, The Cry Of Love (en écoute intégrale ici) a le triste privilège d’être le premier album posthume du catalogue de la star américaine. D’habitude, ce genre de produits fait à la hâte, traité par-dessus la jambe, n’est que ramassis de chutes, compilation sauvage de laissés pour compte et a pour vocation de faire fructifier les caisses des maisons d’édition.

Ce disque, convenons-en, échappe à ces manipulations mercantiles par le fait de deux hommes de confiance qui ont côtoyé Hendrix, à savoir son fidèle collaborateur, Eddie Kramer, aussi célèbre que George Martin des Beatles et pour lequel il fait construire l’Electric Lady (le studio de Greenwich Village acheté par Hendrix et Michael Jeffery, son manager) ainsi que Mitch Mitchell, son batteur du JHE (et Billy Cox du Band Of Gipsys).

Des tonnes de bandes retrouvées dans les archives, les deux garants de la mémoire d’Hendrix extirpent des pièces déjà bouclées du vivant de l’artiste, exhument des morceaux inachevés, non mixés, mais pas inconnus de l’un comme de l’autre, pour en avoir été parfois des acteurs à l’époque (à l’enregistrement pour Kramer, à la batterie pour Mitchell).

Le travail de Kramer, et sa grande connaissance de la technique notamment, permet de réaliser ici un travail fantastique qui autorise à dire que, de toutes les diffusions post mortem, The Cry Of Love est la plus aboutie.

Il sera également de Rainbow Bridge, Hendrix In The West et War Heroes, pour ne citer que les meilleures. Il est simplement dommage que Warner n’ait pas eu les compétences requises pour en assurer la promotion.

Après 1973 et la mort de Jeffery, le producteur-manager de Jimi, Alan Douglas supplante le très sérieux Kramer à cette tâche de mémoire ; il en assurera une gestion controversée et discutable. Certains fans lui reprochent même d'avoir littéralement sabordé l’œuvre de Voodoo Child. D’où une extrême vigilance quant à l’acquisition de disques entre 1973 et le milieu des années 80.

Pour info, First Rays Of The New Rising Sun (compilation de 1997, qui devait porter le titre du vinyle de 1971) s’approche au plus près de ce vers quoi devait initialement s’orienter le projet que Jimi Hendrix avait en tête avant de mourir. Il détenait alors une matière suffisamment conséquente pour alimenter un triple album (c’est la raison pour laquelle ce disque est indissociable de son suivant Rainbow Bridge).

Ce que nous révèle The Cry Of Love, plus cohérent que son repreneur de 1997, confirme la renaissance artistique du musicien noir, en rupture de JHE et suffit amplement à notre bonheur.

L’ensemble est brillant, inspiré, abouti, subtil, mais aussi parfois plus complexe, parfaitement équilibré avec des titres dominants comme le renommé Ezy Rider, comme les petits joyaux que sont Night Bird Flying et My Friend, l’excellent Straight Ahead, les belles ballades du nom d’Angel et Drifting, le surprenant Astro Man et la merveilleuse conclusion du nom de Belly Button Window. The Cry Of Love est un testament inestimable sur lequel il serait insensé de passer (RAZOR©).

 

1. Freedom.

2. Drifting.

3. Ezy Ryder.

4. Night Bird Flying.

5. My Friend.

6. Straight Ahead.

7. Astro Man.

8. Angel.

9. In From The Storm.

10. Belly Button Window.

 

Jimi Hendrix:chant,guitars,choeurs sur 3/9,piano sur 1.

Billy Cox:basse sauf sur 5/10.

Mitch Mitchell:batterie sauf sur 3/5/10

Juma Sultan:percussions sur 1/4/7.

Buddy Miles:batterie sur 3.

Noel Redding:basse sur 5.

The Ghetto Fighters:choeurs sur 1.

Buzzy Linhart:vibraphone sur 2.

Billy Armstrong:percussions sur 3.

Steve Winwood,Chris Wood:choeurs sur 3.

Kenny Pine:guitare 12 cordes sur 5.

Jimmy Mayes:batterie sur 5.

Stephen Stills:piano sur 5.

Paul Caruso:harmonica sur 5.

Emeretta Marks:choeurs sur 9.

LP Posthume 2 - 1971

 

Jimi hendrix rainbow bridge

 

JIMI HENDRIX

RAINBOW BRIDGE – 1971 5/5

 

Publié en octobre 1971.

Produit par Jimi Hendrix,Mitch Mitchell,Eddie Kramer,John Jansen.

Durée:43:00.

Label:Reprise.

Genre:acid rock,rock psychédélique,hard rock,blues-rock,funk rock.

 

Un posthume à sa taille.

 

Hawaï sert de prétexte au deuxième album posthume du catalogue d’Hendrix, Rainbow Bridge (en écoute intégrale ici), sur la pochette duquel apparaît une mention quelque peu trompeuse : Original Motion Picture Sound. Effectivement, Rainbow Bridge (octobre 1971) n’est pas vraiment la bande originale du film psychédélique du même nom sur lequel le manager filou Mike Jeffery travaille parallèlement avec un dégommé gravitant dans le giron de Warhol, le nommé Chuck Wein.

Jeffery s’est engagé auprès de la maison d’éditions pour une musique de film, moyennant avance pour financer d’autres projets. Dans le même temps, il enfume Hendrix en le contraignant à s’impliquer dans ce qui est une escroquerie cinématographique, un navet innommable.

Mais certains titres apparaissent dans ce film à deux balles pour hippies friqués, d’où le titre de l’album. Par ailleurs, le concert hawaïen est une horreur tant les conditions géographiques (sur une montagne), climatiques (du vent à décorner des bœufs) et logistiques (un groupe électrogène assure l’alimentation électrique) dans lesquelles il se déroule sont calamiteuses. Le film est vraiment indigent.

Mais revenons à Rainbow Bridge (l’album, articulé autour du trio Hendrix/Cox/Mitchell), passé une seconde fois consécutive entre les mains du dévoué et très sérieux Eddie Kramer, ce qui est un gage de crédibilité.

Kramer, qui connaît son Jimi sur le bout des ongles, exhume des bandes restées inexploitées ou inachevées et fouillées préalablement pour les besoins de The Cry Of Love. Là encore, l’expérience du technicien, sa connaissance du sujet et son pif légendaire donnent naissance à un pan du répertoire essentiel du catalogue d’Hendrix.

Cela commence avec le puissant Dolly Dagger que Jimi avait bouclée avant de s’éteindre. Cette piste initiale entérine la version du Hendrix nouveau et différent de la mouture JHE, avec Mitchell et Redding.

Dans le même registre, Room Full Of Mirrors, aussi costaud. Peu de points faibles transparaissent à l’écoute. Au contraire, même la version étirée au-delà des onze minutes de Hear My Train A Comin’ et qui dévoile les pétouilles d’une prise en direct (Berkeley mai 1970), se révèle être un choix judicieux dans la mesure où ce titre est la meilleure entendue à ce jour.

Même l’instrumental Pali Gap ne dépare pas. Peut-être pourrait-on chercher des poux sur la tête de Star Spangled Banner façon studio (enregistré le 18 mars 1969) que l’on ne se risquera pas à opposer à l’indéboulonnable version interprétée live à Woodstock.

Solide également l’inédit Look Over Yonder d’octobre 1968, donc après Electric Ladyland. Le savoureux Hey Baby (New Rising Sun), encore en gestation, fait l’objet d’une telle interprétation qu’il est difficile pour le profane, de s’apercevoir que le titre n’est pas achevé.

Earth Blues enfin, révèle l’excellence de l’apport de Cox qui impulse toute la chanson et de Mitchell. Jimi y livre une grande prestation vocale. Toutes ces petites perles se retrouvent sur First Rays Of The New Rising Sun de 1997. Malgré cela, le choix de Rainbow Bridge s’impose, c’est de l’Hendrix à son meilleur niveau ; ce posthume va lui si bien (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Dolly Dagger.

2. Earth Blues.

3. Pali Gap.

4. Room Full Of Mirrors.

5. Star Spangled Banner.

 

Face 2.

6. Look Over Yonder.

7. Hear My Train A Comin’.

8. Hey Baby (New Rising Sun).

 

Jimi Hendrix:guitares,chant.

Billy Cox:basse sauf sur 6.

Mitch Mitchell:batterie sauf sur 4.

LP Posthume 3 - 1972

 

Jimi hendrix war heroes 72

 

JIMI HENDRIX

WAR HEROES – 1972 3/5

 

Publié le 1er octobre 1972.

Produit par Jimi Hendrix,Eddie Kramer,John Jansen.

Durée:35:20.

Label:Polydor.

Genre:rock,hard rock,acid rock,funk rock,blues-rock.

 

C’est ici que ça se gâte.

 

Depuis septembre 1970, date de la disparition de Jimi Hendrix, pas moins de trois albums posthumes ont vu le jour. Ainsi, sur le cadavre encore fumant du gaucher virtuose, sont publiés The Cry Of Love et Rainbow Bridge, tous deux en 1971. Celui qui nous intéresse ici, War Heroes, est sorti fin 1972.

Si les deux précédents ont été de bons compléments aux albums faits du vivant d’Hendrix et incontournables du répertoire posthume, celui-ci, est vu comme la première occasion de racler les fonds de tiroirs et fait pâle figure face à ses talentueux devanciers, auquel on peut rajouter l’excellent live posthume qu’est Hendrix In The West.

Kramer, dont la moralité est exemplaire dans la mission exhumatrice pour laquelle il a été mandaté, s’est d’ailleurs fait l’écho de ce constat et limite alors la casse en ne donnant pas toute la matière que lui seul a le pouvoir d'inventorier, ni ne révèle les informations qu’il détient.

Il déjoue ainsi les intentions mercantiles et intéressées de Jeffery, le manager véreux, peu regardant sur les moyens employés pour rentabiliser le catalogue. On n’entrera pas dans les détails de cette compilation qui s’est mal vendue, qui a figuré à une honnête place dans les charts (58), mais qui fut supprimée du catalogue Warner en 1975 pour passer dans des mains encore plus machiavéliques et terminées par des doigts crochus et intéressés : ceux d’Alan Douglas, l’homme qui a mis un bordel incommensurable dans la discographie post-mortem du gars de Seattle.

Les bandes de War Heroes révèlent Bleeding Heart, un blues lent, Highway Chile avec le JHE, l’instrumental d’origine suédoise (Bo Hanssen et Jane Karlsson) Tax Free, Peter Gunn/Catastrophe (un peu faiblarde), Stepping Stone (au choix difficilement compréhensible), Midnight (prévu pour un quatrième projet avec le Jimi Hendrix Experience, mais qui n’a pu se faire), Three Little Bears, Beginning (développé pendant les séances de répitition de Woodstock) et Izabella, une face B.

Pas de quoi s’enflammer donc, mais il y aura pire et il s’annonce dès le prochain album posthume. De cela, il faut en avoir conscience car ce qui suit est un terreau pour lâcher du fric pour ne rien avoir en retour. Par ailleurs, il devient très difficile de pouvoir accéder aux écoutes des albums posthumes post Rainbow Bridge sur You Tube ou Daily Motion ; c'est la raison pour laquelle nous ne disposons que de très peu de titres de cette période (RAZOR©).

 

1. Bleeding Heart.

2. Highway Chile.

3. Tax Free.

4. Peter Gunn/Catastrophe.

5. Stepping Stone.

6. Midnight.

7. 3 Little Bears.

8. Beginning.

9. Izabella.

 

Jimi Hendrix:guitare,chant.

Billy Cox:basse

Noel Redding:basse sur 2/3/6.

Mitch Mitchell:batterie.

LP Posthume 4 - 1973

 

Jimi hendrix loose ends

 

JIMI HENDRIX

LOOSE ENDS – 1973 2/5

 

Publié en février 1974.

Produit par John Jansen.

Durée:39:59.

Label:Polydor.

Genre:rock,rock psychédélique,blues-rock.

 

Fonds de tiroirs bis.

 

Qui aurait pu imaginer une seule seconde, à ce moment précis du pillage discographique dont le catalogue du défunt Hendrix fait l’objet depuis sa mort, que les vautours fouillant régulièrement, tels des voraces, les entrailles de son œuvre, allaient pouvoir se goinfrer encore longtemps ?

L’époque du manager Jeffery, pourri jusqu’à la moelle au point que la rumeur lui attribue l’idée selon laquelle, pour lui, Hendrix est plus rentable mort que vivant, et bien cette époque nauséabonde prend fin avec cette compilation de titres studios jamais publiés, pour certains.

Loose Ends que ça s’appelle ce truc que Polydor publie, mais que Warner refuse d’abord pour des raisons de manque de direction artistique. Outre le rapace Jeffery, qui périra en cette année 73 au cours d’un crash aérien au-dessus de Nantes, Loose Ends permet de retrouver à la production un certain Alex Trevor (John Jansen), lequel avance masqué ne tenant pas à voir son nom attaché à des projets aussi peu fiables.

Car s’il a fallu racler les fonds de tiroirs pour l’album précédent, comment qualifier les déchets qui constituent le fonds de commerce de Loose Ends, alimenté par des sessions avec le Jimi Hendrix Experience et d’autres avec le Band Of Gypsys ?

Le sexuel Coming Down Hard On Me Baby (sur la relation sulfureuse avec la black Devon Wilson), Jam 292, la reprise réussie et réarrangée du Drifter’s Escape de Dylan méritent un intérêt réel. A un degré moindre, on sauvera d’une insipide deuxième partie de disque, Burning Desire, mais c’est limite.

Voilà, on y est… je vous avais annoncé l’entrée dans le répertoire merdique du guitare-hero. On y est. Le malheur est que des gaziers comme Jeffery et Douglas ont plombé le mythe. Enfin ,c'est mon avis (RAZOR©)

 

1. Come Down Hard On Me Baby.

2. Blue Suede Shoes.

3. Jam 292.

4. The Stars That Play With Laughing Sam's Dice.

5. Drifter's Escape.

6. Burning Desire.

7. Born A Hoochie Koochie Man.

8. Have You Ever Been (To Electric Ladyland).

 

Jimi Hendrix:guitare électrique,chant.

Billy Cox:basse,harmonies vocales.

Noel Redding:basse sur 4.

Mitch Mitchell:batterie.

Buddy Miles:batterie,chant,harmonies vocales sur 2/6/7.

Sharon Layne:piano sur 3.

LP Posthume 6 - 1975

 

Jimi hendrix crash landing

 

JIMI HENDRIX

CRASH LANDING – 1975 2/5

 

Publié en mars 1975.

Produit par Alan Douglas.

Durée:29:34.

Label:Warner,Reprise.

Genre:rock.

 

Cadeau empoisonné.

 

Crash Landing marque le point de départ de la prise de contrôle d’Alan Douglas dans le catalogue d’Hendrix. Nous sommes en 1975 et les droits d’exploitation sont passés entre des mains qui vont n’avoir qu’une seule motivation : actionner la pompe à fric. Pour une vingtaine d’années avant que la famille Hendrix ne les récupère devant les tribunaux. Et vingt ans, c’est long…

Je me souviens particulièrement de la sortie de ce que j’ignore alors être un coup de ce genre. Cinq ans après la mort du gaucher de Seattle, alors qu’il est encore dans toutes les mémoires, découvrir dans les bacs ce Crash Landing est un cadeau du ciel pour beaucoup de fans. Un cadeau empoisonné, oui !

Sans entrer dans les détails, disons que Douglas a refait du vendable avec de l’inachevé, créant au passage des titres avec sa propre vision des choses (au point de se co-créditer). Gonflé ! Des musiciens de sessions sont venus finir le travail de maquillage et hop, ni vu, ni connu, le filou met le produit sur le marché.

Résultat des courses : hormis un bon Message To Love et un intéressant Somewhere Over The Rainbow, ne cherchez pas, il n’y a rien qui puisse en faire un allié. Les fans, les vrais, les purs et durs, je comprendrais qu’ils cherchent à se le procurer. Les autres non (RAZOR©).

 

1. Message To Love.

2. Somewhere Over The Rainbow.

3. Crash Landing.

4. Come Down Hard On Me.

5. Peace In Mississippi.

6. With The Power.

7. Stone Free Again.

8. Captain Coconut.

 

Billy Cox:basse sur 1/6/8.

Bob Babbitt:basse sur 2/3/4/5 et sur 6.

Alan Schwartzberg:batterie sur 2/3/4/5/7/8.

Jimie Hendrix:guitare,chant sauf sur 5/8.

Jeff Mironov:guitare sur 2/3/4/5/7.

Jimmy Maeulen:percussions sur 1/3/5/6/7/8.

LP Posthume 7 - 1975

 

Jimi hendrix midnight lightning

 

JIMI HENDRIX

MIDNIGHT LIGHTNING – 1975 1/5

 

Publié en novembre 1975.

Produit par Alan Douglas,Tony Bongiovi.

Durée:35:58.

Label:Polydor,Reprise.

Genre:rock,blues-rock,hard rock,acid rock.

 

On prend les mêmes et on recommence.

 

Dans l’ordre chronologique d’apparition au catalogue d’Hendrix, le deuxième album paru en 1975, le dénommé Midnight Lightning, détient le triste privilège d’être le deuxième disque de rang, qui plus est la même année, à être contrôlé par Alan Douglas.

Il est difficile de s’imaginer jusqu’où cet être véreux est capable d’aller pour assouvir sa boulimie de fric. Pour l’occasion, il va, comme sur l’album précédent Crash Landing, suppléer les vrais acteurs figurant sur les bandes exhumées par des musiciens de studio et pratiquer à outrance ce que l’on appelle l’overdub.

La méthode valant pour Crash Landing est donc reconduite au grand dam des aficionados, à la différence près que, cette fois-ci, il ne pousse pas la provoc jusqu’à se créditer. Ce mec n’a décidément aucun état âme à s’approprier une œuvre anthologique (même inachevée), c’est tout simplement scandaleux. Ne comptez donc pas sur moi pour cautionner ce genre de comportement et, par voie de conséquence ce disque.

Les seuls rescapés qui n’aient pas souffert du travail de Douglas et qui restent dans l’esprit sont le titre d’ouverture Trashman et, à un degré moindre Hear My Train A Coming, voire Blue Suede Shoes. Mais c’est bien sûr trop peu pour s’intéresser à cet album batardisé qui, pour peu que l’on ne connaisse pas les méthodes Douglas, souille la mémoire de celui qui nous a quittés en septembre 1970. Ce Douglas a commis d’irréparables dégâts, nous, cochons de payeurs, avons pour mission de le crier haut et fort (RAZOR©).

 

1. Trash Man.

2. Midnight Lightning.

3. Hear My Train A Coming.

4. Gypsy Boy.

5. Blue Suede Shoes.

6. Machine Gun.

7. Once I Had A Woman.

8. Beginnings.

 

Jimi Hendrix:guitare,chant.

Mitch Mitchell:batterie sur 3.

Jeff Mironov:guitare sur 1/2/3/5/8.

Lance Quinn:guitare sur 2/4/6/7.

Allan Schwartzberg:batterie sur 1/2/4/5/6/7/8,percussions sur ¾.

Bob Babbitt:basse.

Jimmy Maelen:percussions sur 2/8.

Maeretha Stewart,Barbara Massey,Vivian Cherry:choeurs sur 2/4/7.

Buddy Lucas:harmonica sur 7.

DISCOGRAPHIE POSTHUME 70'S LIVE.

LP Live Posthume 2 - 1971

 

Jimi hezndrix isle of wight

 

JIMI HENDRIX

ISLE OF WIGHT – 1971 2/5

 

Publié en novembre 1971.

Produit par Michael Jeffery.

Durée:34:01.

Label:Polydor.

Genre:rock,hard rock,blues-rock,acid rock.

 

Pour une formation réglée comme du papier à musique comme l’Experience d’Hendrix, le concert de Wight constitue une immense déception. Il n’est pas bon, c’est même un flop et ce, pour plusieurs raisons.

Jimi Hendrix et ses comparses du moment, Mitch Mitchell et Billy Cox (Redding n'est lus dans le coup du JHE), sortent d’une tournée européenne harassante et le black de Seattle en a plein les socquettes. Ce show tombe mal et, si Jimi traîne un peu des pieds pour renvoyer présentement l’ascenseur à un public d’admirateurs britanniques qui l’a déifié, il répond présent à un festival qui se fourvoie rapidement, en tentant de reproduire l’incomparable Woodstock.

Il s’avère rapidement à des années lumières de cet événement mythique, en dépit de la présence des Doors, de Free, des Who ou d’Emerson Lake & Palmer. Autre temps, autres lieux : le tsunami hippie de 1969 vire en vaguelette, l’esprit Woodstock n’y est plus vraiment ; une page se tourne, à l’image des Doors, qui y livrent une de leurs dernières prestations devant un public record estimé à 600.000 spectateurs payants.

Adieu la gratuité d’accès comme ce fut le cas sur le sol U.S, au terme de la première journée. Les stars invitées sont quasiment toutes sur le déclin, trop occupées à s’en foutre plein le nez et les veines, et à trousser les groupies. Autant dire que cette concentration scénique de fin août 1970 n’est pas restée dans les annales.

Dans le sillage de cette troisième édition, le festival tire sa révérence, signe que quelque chose n’a pas fonctionné. Par ailleurs, l’organisation bat de l’aile, le son est dégueu. Le trio américain qui nous préoccupe n’a pas le feeling, comme le confirmera plus tard Mitchell. Ce que l’on ne sait alors pas encore, c’est que Jimi Hendrix disparaîtra pour toujours une quinzaine de jours plus tard…

En ce qui concerne la prestation du JHE deuxième mouture (avec Cox et Mitchell) figurant sur le Isle Of Wight de Polydor (1971), le maillon faible, n’ayons pas peur de le dire, c’est Hendrix, visiblement sous psychotrope, très très nerveux selon Chris Weston un technicien du concert, qui ne maîtrise manifestement pas sa guitare comme à l’accoutumée.

Mitchell corrigera quelque peu le tir en regrettant que le trio n’ait pas eu la possibilité de répéter préalablement. Je veux bien Mitch, mais la défaillance est si criarde, avec un Jimi à la peine, qui chante parfois comme une casserole, bafouillant même parfois son texte, techniquement dans le dur, moins fluide… d’où une Strato qui finit sans ménagement à terre, comme si l’artiste voulait lui affecter la médiocrité de la performance du moment.

Dans ce contexte, même les improvisations peinent à masquer les à peu-près. Ce concert est donc des plus décousus et le son pourrave qui l’accompagne renifle le produit bâclé, vite expédié par un manager peu regardant, avide de continuer à exploiter le filon.

Rien ne me raccroche à ce LP, l’un des pires, des plus frustrants et imparfaits du génial guitariste. Midnight Lightnin’, Foxy Lady, Lover Man, Freedom, All Along Watchtower, In From The Storm constituent le répertoire d’origine de cette prestation, depuis engloutie dans divers disques et setlists complètement désordonnés et incohérents, alimentés par des titres enregistrés durant la tournée européenne.

Ces pitoyables performances servent essentiellement d’alibis dans la poursuite outrancière de l’exploitation d’un catalogue toujours très prisé. Hendrix, ce n’est pas cette mascarade. Désolé, pas pour moi (RAZOR©).

 

Face 1
1. Midnight Lightning.
2. Foxy Lady.
3. Lover Man.

 

Face 2
1. Freedom.
2. All Along The Watchtower.
3. In From The Storm.

 

Jimi Hendrix:guitares,chant.

Billy Cox:basse.

Mitch Mitchell:batterie.

LP Live Posthume 3 - 1972

 

Jimi hendrix in the west

 

JIMI HENDRIX

IN THE WEST (1972) - 2011 3,5/5

 

Publié en janvier 1972.

Produit par John Jansen,Janie Hendrix,Eddie Kramer,John McDermott.

Durée:40:21.

Label:Polydor.

Genre:rock,acid rock,blues-rock,hard rock.

 

Un Best Of Live.

 

L’édition 2011 d’Hendrix In The West (en écoute intégrale ici) n’est pas, à proprement parler, une nouveauté tant elle prend appui sur ce qui constitue l’essentiel du live du même nom de 1972 (Polydor Records, puis Reprise Records), mais n’en est pas moins différente, car agrémentée de quelques rajouts inédits, délestée d’autres et agencée dans un ordre autre. Vous m’avez saisi ?C’est pareil sauf que ce n’est pas tout à fait la même chose…

De son temps, cet opus était une des rares (et probantes) prestations de l’Experience et pouvait légitimement se targuer d’être le live anthologique du guitariste black, et émergeait sans discussion du lot des albums piratés, abominables ou suspicieux nés dans le sillage du décès d’Hendrix.

Parti de la volonté initiale de réunir des enregistrements live captés à Berkeley pour les besoins d’un film retraçant ce concert (Jimi Plays Berkeley), le responsable du projet, Eddie Kramer, en panne de matière, étend l’offre In The West à d’autres performances en public. D’où son statut de live incontournable jusqu’à ce que, à la demande des héritiers du guitariste, ce dernier LP ne disparaisse de la circulation.

Que faut-il donc en retenir ? Que l’édition rafraîchie a de la gueule, ce qui est le plus important en termes d’acquisition, en dépit du fait qu’au vingt et unième siècle, quasiment tout Hendrix a été publié et que ce produit peut être vu comme une énième exploitation du catalogue post mortem.

Que malgré le fait que l’original ait été chamboulé dans son ordre d’apparition, on n’en perd pas ses repères pour autant. Par ailleurs, les pistes rajoutées (Fire, I Don’t Live Today et Spanish Castle Magic) ou celles qui supplantent les versions originelles comme l’excellent et bouillant Voodoo Child de clôture, bonifient l’offre, ce qui ne gâche rien.

Cette sélection aux abords un peu anarchique n’empêche pas la cohérence du travail de compilation. C’est déjà un bon point. Du The Queen d’introduction au Voodoo Child final, vous devrez en découdre avec un Red House dément (plus de 13 minutes), un torride Fire, avec un récréatif Sgt. Peppers, avec deux classiques techniquement et mélodiquement bien revisités (Johnny B. Goode et Blue Suede Shoes), un surprenant Little Wing.

Que reprocher alors à cette nouvelle publication ? Pas grand-chose et les fans de l’artiste, comme les curieux avides de découvrir les nouveautés passées au mixage, voire les petits jeunes qui veulent s’approcher au plus près du cheroquee scénique histoire de toucher du doigt la bête, ne feront pas la moue sur cette énième exhumation de l’œuvre du guitariste de Seattle (RAZOR©).

 

1. The Queen.

2. Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band.

3. Little Wing.

4. Fire.

5. Spanish Castle Magic.

6. I Don't Live Today.

7. Red House.

8. Johnny B. Goode.

9. Lover Man.

10. Blues Suede Shoes.

11. Voodoo Child (Slight Return).


Jimi Hendrix:guitare,chant.
Mitch Mitchell:batterie.
Noel Redding:basse.
Billy Cox:basse.

COMPILATIONS

LP Compilation Posthume - 2010

 

Jimi hendrix valleys of neptne 2010

 

JIMI HENDRIX

VALLEYS OF NEPTUNE – 2010 3/5

 

Publié en mars 2010.

Produit par Jimi Hendrix,Chas Chandler,Janie Hendrix,Eddie Kramer,John McDermott.

Durée:61:40.

Label:Sony,Legacy.

Genre:rock,hard rock,blues-rock,acid rock.

 

Du neuf avec de l’ancien.

 

A quel point faut-il être crédule pour ne pas s’apercevoir, au premier coup d’œil, le coup de filou qui se cache derrière ce Valleys Of Neptune (en écoute intégrale ici) de mars 2010 ? Comment peut-on encore tomber dans le panneau tendu par les maisons de disques ?

Cette parution est une énième exhumation posthume du catalogue d’Hendrix. Cette fois-ci, c’est Sony Music qui s’y colle, en qualité de nouveau responsable du catalogue de l’artiste. Cette version supplémentaire affectée au répertoire lucratif du surdoué de la six cordes a pour elle l’avantage de la qualité, pas celle de la nouveauté comme l’acquéreur est en droit d’attendre sur la base de la promotion qui en est faite.

On balance de l’inédit en veux-tu, en voilà pour accompagner la sortie du produit dans les bacs. Foutaise. Arrêtez de me faire rire, j’ai des crampes aux zygomatiques. Bravo Sony, mais ne nous prend pas pour des branques. Vends ta camelote, soit dit en passant, très honorable et d’excellente qualité, mais n’en fais pas trop pour un album qui sort, comme par hasard, pour honorer les 40 ans de la disparition du guitariste de Seattle.

Valleys Of Neptune n’a d’inédit que le morceau titre (et qui n’est pas ce que le gaucher a fait de mieux), toutes les autres pistes étant de nouvelles moutures de chansons que l’on connaît déjà, enregistrées pendant sa période londonienne (Lover Man, Sunshine Of Your Love et Crying Blue Rain appartiennent à l’épisode daté du 16 février 69 à l’Olympic Studio) et à New York, dans les premiers mois de l’année 1969.

Elles se partagent entre les ultimes enregistrements studio du JHE (après Electric Ladyland), à un moment où le torchon brûle grave entre Hendrix et Redding, et les sessions avec la mouture Cox/Mitchell. Appelons donc un chat, un chat.

Malgré cette tentative d’entourloupe qui ne baisera pas les initiés, accordons, comme je l’ai reconnu, de la qualité au travail effectué. Dans le concert de daubes que la discographie post-mortem de notre génial gaucher a pu générer, il est rassurant de voir que certaines publications ont le sceau du bien faire.

Ce Valleys Of Neptune tient largement la route et échappe au foisonnement de grosses merdes qui, honteusement et sans le moindre respect pour son auteur, ont eu (et ont encore) une existence sous le label Hendrix. Mais parler d’inédit… faut quand même pas pousser mémère dans les orties, elle est en short !

Consultez la tracklist ci-dessous et vous aurez tout pigé de ce à quoi cet album vous convie. Rien que vous ne connaissiez pas, si vous en pincez pour Hendrix. Comme c’est encore bon, vous ne perdrez pas au change et on fermera les yeux. Mais inédit, mon cul !

N’attendez toutefois pas de ce disque qu’il révolutionne les choses : plus rien ne nous surprend sur cet extraordinaire artiste. A moins d’attirer avec des arguments à la mord-moi-le-nœud. Messieurs les promoteurs de maisons de disques, vous n’allez quand même pas faire le coup à chaque parution.

D’autant plus que le catalogue est loin d’être épuisé, il me semble, depuis que les ayant-droits du guitar-hero ont flairé le jackpot à décrocher. Comme la Jackson Family depuis que Peter Pan est parti (RAZOR©).


1. Stone Free.
2. Valleys Of Neptune.
3. Bleeding Heart.
4. Hear my Train a-comin'.
5. Mr.Bad Luck.
6. Sunshine Of Your Love.
7. Lover Man.
8. Ships Passing Through The Night.
9. Fire.
10. Red House.
11. Lullaby For The Summer.
12. Crying Blue Rain.

 

Jimi Hendrix:guitare,chant sauf 6.

Noel Redding:basse sauf 1 à 3.

Mitch Mitchell:batterie sauf 3.

Billy Cox:basse sur 1 à 3.

Rocki Dzidzornu:percussions sur 6/12.

Roger Chapman:chant sur 1.

Andy Fairweather-Low:chant sur 1.

Juma Sultan:percussions sur 2.

Rocky Isaac:batterie sur 3.

Chris Grimes:tambourin sur 3.

Al Marks:maracas sur 3.

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