Joseph Earl Longoria.

BIOGRAPHIE.

 

JOSEPH EARL LONGORIA/Zwolle (Louisiane – USA)

 

Joseph earl longoria joey long

 

Né le 17 décembre 1932 à Zwolle (Louisiane),mort le 22 mars 1995 au Texas.

Dit Joey Long,Curly Long,Joseph Long ou Joseph.

Actif entre les 50's et 1995.

Label:Scepter Records,Crazy Cajun.

Genre:rock psychédélique,garage rock,heavy psych,hard rock,blues rock,stoner rock.

 

Le parrain des bluesmen texans.

S'il en est un auquel il ne sera jamais reproché son implication dans la scène musicale texane, c'est bien Joseph Earl Longoria, un guitariste de blues, chanteur et songwriter connu comme le loup blanc d'Amarillo à Brownsville, d'El Paso à Dallas, en passant par Lubbock ou Beaumont. Ou plutôt comme le parrain des bluesmen blancs texans, eu égard à l'influence qu'il eut sur une génération de musiciens du crû comme Johnny Winter ou Billy Gibbons notamment.

Du début des 50's au milieu des 90's, l'homme n'a jamais cessé de tourner et de se produire : un coup sous Joseph Earl Longoria, l'autre sous Joey Long, parfois sous Curly Long ou Joseph Long, mais c'est sous le pseudo de Joseph que la toile a redonné une seconde jeunesse au bonhomme, en faisant circuler son Stoned Age Man de 1970, une gâterie Stoner Rock.

Joseph earl longoria 2Joseph Earl Longoria...

Joseph joey long...avant de devenir Joey Long...

Joseph earl longoria joey album...un guitariste très influent pour les texans.

Joseph earl longoria joseph stone agedSa référence discographique : Stoned Age Man.

La route son trip, le blues son crédo.

Pendant plus de quatre décennies, le sujet traîne ses guêtres sur tous les fronts (hard, blues et psyché). Sans retenue, le nez dans le guidon ou plutôt dans tout ce qui lui permet de tenir jusqu'au bout de ses nuits ; comme si sa vie en dépend, le louisianais d'origine mène grand train, jusqu'à ce qu'un AVC ne le ramène à un minimum de raison, au milieu des 80's.

Qu'à cela ne tienne, une fois rétabli et faisant fi des avis médicaux lui intimant de lever le pied sérieusement, il repart de plus belle. La route, c'est son trip. La scène et la musique, ses seuls terrains d'expression. Il ne sait faire que ça.

Le 22 mars 1995, il paie au prix fort ce dévouement corps et âme à son art en étant victime d'une crise cardiaque, puis en succombant à une hémorragie cérébrale

Elevé dans les champs de coton.

L'avenir de cet enfant d'une fratrie de 8 semble se destiner aux champs de coton. Comme ses grands-parents, puis ses parents, Earlene (Leone), sa maman d'origine italo-française et Fred Longoria, son père aux racines mexicaines, débarqués à Merryville, cité de Louisiane frontalière avec le Texas.

Comme ses 6 frères et son unique soeur. La famille fait dans le métayage et peine à joindre les deux bouts.

Malgré une polio qui lui fragilise la partie inférieure de son corps, le petit bonhomme accompagne tous les jours sa mère dans les plantations ; celle-ci porte son fils invalide tout en ramassant le coton.

Cet environnement pénible où le blues est chanté à tue-tête et a cappella par les ouvriers pendant leur travail fastidieux, est le quotidien de l'enfant Joseph.

Au contact des bluesmen réunis autour d'une guitare et d'une washboard, le jeune homme s'imprègne de cette ambiance et de cette musique.

La Louisiana Hayride comme tremplin.

Dans ce contexte rural, sa rencontre avec Charlie Wiser, un métayer noir voisin, lui permet d'apprendre la guitare, puis, après avoir suffisamment mis d'argent de côté, d'en acquérir une.

Il complète la pratique de l'instrument par l'apprentissage de l'harmonica et, la nuit, s'éclipse en douce de la maison pour aller jouer et chanter à la belle étoile.

Il apprend vite et progresse à grands pas, de quoi susciter en lui l'envie d'aller se frotter à un vrai public et de sortir ainsi de ce quotidien éprouvant et mal payé.

Comme il n'est pas très copain avec l'école, Joseph lui tourne le dos assez tôt et privilégie la musique. On le retrouve dans un premier temps programmé dans l'émission Louisiana Hayride (KWKH), alors deuxième spectacle radio-diffusé en termes d'audience, derrière l'indéboulonnable Grand Ole Opry.

Le principe de Louisiana Hayride est de mettre aussi bien en vedette les pointures de la country et du blues que de donner leur chance à des musiciens doués mais encore quasi-inconnus, dont Joseph fait toujours partie.

Pour l'heure, il galère toujours, à la recherche de la martingale qui lui fera débuter dans le métier qu'il a choisi. Il est contraint de bouger et d'accepter certains emplois à contre-coeur pour vivre, en attendant de toucher au but.

Au cœur du rockabilly.

Au début des 50's, il se rapproche de Sonny Fisher qui vient tout juste de monter son propre groupe de hillbilly, terme précuseur de la country & western, puis de la country.

L'ajout du guitariste dote la formation de Fisher, devenue les Rocking Boys (1951/52), d'une touche plus R & B ; elle pratique un mélange puissant de country et de blues qui deviendra le rockabilly.

Celle-ci tourne surtout sur Houston, zone de prospection de Huey Purvis Meaux, alias Crazy Cajun, sorcier musical à l'origine de nombreux succès d'artistes au Texas et en Louisiane (Sir Douglas Quintet, Freddy Fender, Barbara Lynn, Sunny and The Sunliners, Gene Summers...) dans la seconde moitié du 20ème siècle.

Celui qui allait devenir le sulfureux producteur que l'on connaît n'en est encore qu'à dénicher les talents musicaux régionaux, à les attirer vers un studio pour les faire enregistrer et à les promouvoir auprès des radios. Il ratisse large dans les honky tonk, clubs et bars de l'est du Texas et de Louisiane.

Vedette du Cedar Lounge Club de Houston.

C'est là qu'il découvre tout le potentiel de Joseph Earl Longoria, lequel est depuis devenu Joey Long pour les besoins de son métier. Parfois aussi Curly Long.

Dans la deuxième moitié des 50's, Long a une petite famille et vit à Houston, après avoir été un temps en Nouvelle-Orléans où il contribue à la guitare sur le succès de Clarence Frogman Henry, Ain't Got No Home, sorti chez Argo (octobre 1956), filiale de Chess Records.

Son couple explose et se sépare ; sa femme et son fils retournent vivre en Louisiane. Lui continue à se produire sur la scène de Houston où il se forge une belle popularité, notamment au Cedar Lounge Club, le dancing alors en vogue de la région.

Nanti d'une excellente réputation de multi-instrumentiste, Joey Long développe alors un style unique autour du country-blues ; il publie auprès de la maison d'édition du producteur Huey P. Meaux (Crazy Cajun Records), un premier disque en 1958, sous le nom de Curley Long : Blues Just Walked In/Do Not Lock My Love Outside. D'autres titres complètent son maigre catalogue comme The Rains Came, Something to Ease My Pain ou If You See My Baby.

Joseph earl longoria sonny fisher rockabilly

« Tout ce que nous faisions venait du R & B. Nous adoptions le rythme de Joe Turner, de Fats Domino, de B.B. King, puis nous avons entendu Elvis qui a amené autre chose et nous l'avons reconnu comme quelque chose de différent. Nous pensions alors qu'il était noir, jusqu'à ce qu'on le voit jouer au Texas en novembre 1954. Les Rocking Boys, avec Joey Long à la guitare, sont nés là. » (Sonny Fisher)

Une véritable attraction.

Cette relation professionnelle, puis amicale, donne le jour à plusieurs enregistrements pour le compte de cet éditeur texan. Contraint de s’adapter aux tendances imposées par l’évolution de la musique de la fin des années 60 et du début des années 70, ce guitariste émérite et virtuose se met alors à faire le spectacle partout où il passe ; pour se démarquer, pour focaliser le public sur son aisance guitaristique, et comme son bagage technique le lui permet, il agrémente son jeu de scène de quelques facéties jamais vues auparavant, comme celle de jouer de la guitare slide avec une bouteille de bière, par exemple.

Joey Long devient alors une véritable attraction, attire sur lui les regards amusés et impressionnés de connaisseurs comme Dr. John et pleins d’admiration, à l’image d’un Gibbons qui a encore du duvet au menton. Il va alors susciter les carrières d’une génération entière de musiciens texans, scène (le Texas) sur laquelle il s’est fortement engagé. Cet artiste est très respecté de ses pairs.

L'obscur Stoned Age Man.

Comme il a la bougeotte, on le retrouve partout, mais toujours nulle part pour la presse. Découvert par Steve Tyrell au cours de ces duels légendaires opposant, dans les clubs, tous ceux que le blues réunissait via les fameuses « Battles Of The Blues, le Godfather louisianais (nom hérité de feu Uncle John Turner, batteur de la légendaire section rythmique qu'il formait avec Tommy Shannon lors des trois premiers LP de Johnny Winter), aborde les seventies avec énergie et ambition, d'autant qu'il sort d'un album dont tout le monde s'accorde à dire qu'il est de grande qualité : Stoned Age Man.

On lui connaît depuis, grâce à la Toile et malgré la confusion entretenue par les divers patronymes utilisés, quelques albums (The Rains Came et Flying High en 1978 crédités à Joey Long) et surtout le fameux Stoned Age Man, paru en 1970 (Scepter Records) sous Joseph, obscur et délicieux mélange de hard-blues et de heavy psych.

Celui-ci est le plus à même de jauger tout le bien que l'on prête à cet artiste, peu intéressé par le succès et la promotion, qui a pratiqué la musique à son rythme, restant cantonné au seul Texas, mais qui a également joué et enregistré avec T-Bone Walker, King Ivory, Link Davis Jr, ou Ikey Sweat qu'il a côtoyé une vingtaine d'années.

Rares sont les européens qui ont pu se réjouir de son unique visite, en 1992, à l'occasion du Blues Estefete d'Utrecht. Au regard de Stoned Age Man, on ne peut nourrir que de gros regrets (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S SOUS JOSEPH.

LP Studio 1970

 

Joseph earl longoria joseph stone aged

 

JOSEPH

STONED AGE MAN – 1970  4/5

 

Publié en juin 1970.

Produit par Chips Moman.

Durée:29:19.

Label:Scepter Records.

Genre:hard rock,heavy psych,rock psychédélique,blues-rock.

 

Aussi obscur qu'étrange.

 

Stoned Age Man (en écoute intégrale ici) et son auteur Joseph, méritent que l’on s’y arrête. Si je n’ai eu aucune difficulté à écouter sur la toile (You Tube), ce disque dont je n’avais jamais entendu parler auparavant et encore moins au moment de sa sortie, par contre, j’ai ramé comme un malade pour en savoir plus sur ce binôme.

Maintenant que j’en sais plus, je peux faire le mariole et vous dire qu’il est sorti sous le label Scepter de Florence Greenberg (décédée la même année que notre homme), une femme au foyer dans tout ce qu’il y a de classique, passée dirigeante sans la moindre expérience de l’industrie discographique et qui attire sous son étiquette, le girl group le plus populaire des années 60, The Shirelles, ainsi que les canadiens de Guess Who (American Woman), alors camouflés sous le nom de Chad Allan & The Expressions.

Enregistré en 1970, à Memphis, ce disque que, personnellement, j’ai trouvé d’abord étrange et plutôt obscur, se révèle rapidement un vrai délice.

Stoned Age Man révèle une atmosphère lourdement bluesy, une voix sauvage et rauque, puissante et besogneuse (pas toujours dans la justesse, mais on s’en fout royalement), d’étincelantes guitares saturées (du sitar, des flûtes, de l’orgue et quelques autres extravagances également), des pistes (9) de grande qualité à l’instar du génial I Ain’t Fatten’ No More Frogs For Snakes (les paroles, folles pour les uns, géniales pour les autres, ne sont pas un modèle de poésie, mais, là aussi, on s’en tape le coquillard !), de Cold Biscuits & Fish Heads, de Trick Bag, du morceau titre et de la très belle adaptation du folklorique House Of The Rising Sun, succès immortalisé par Eric Burdon et ses Animals.

Le flou, par contre, demeure sur sa parution, certains le donnant de 69, d’autres de 70. Là encore, ce n’est pas l’essentiel et je vais me rallier à la majorité pour éviter de passer pour une tâche au cas où... Aucune nouvelle non plus sur les pékins qui l’accompagnent (il n’a quand même pas fait ça tout seul ?).

Pour le reste, quel coup de pied au cul, on prend ! Précipitez-vous sur You Tube, y a un pèlerin qui a balancé le full album, c’est toujours ça de pris (RAZOR©).

 

1. Trick Bag.

2. I Ain’T Fatten’ No More Frogs For Snakes.

3. Cold Biscuits & Fish Heads.

4. Stoned Age Man.

5. I’M Gonna Build A Mountain.

6. Mojo Gumbo.

7. House Of The Rising Sun.

8. Gotta Get Away.

9. Come The Sun Tomorrow.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

×