Kaleidoscope.

BIOGRAPHIE.

 

KALEIDOSCOPE/Los Angeles (Californie)

 

Kaleidoscope us

 

Actif entre 1966 et 1970, réunions en 1976 puis en 1990.

Label:Epic,Island.

Genre:rock psychédélique,folk psychédélique,World Music.

 

Les préférés de Jimmy Page.

Le rock des 70’s recense deux groupes portant le nom de Kaleidoscope. L’un comme l’autre évoluent dans une veine psychédélique, de quoi rajouter à la confusion lorsque ce nom est tiré du chapeau. Le premier, celui qui bat pavillon britannique et formé à partir des Sidericks, évolue dans un registre psychédélique classique lourd ; le second, l’américain, se positionne sur le même genre, mais dans une filière musicale plus éclectique, très intéressante et particulièrement originale, faite de psychédélisme, de folk, de blues, de country-rock, de saveurs moyen-orientales et de touches de ragtime, une filière que l’on peut qualifier de psychédélisme ethnique. Le tout au service d’une écriture très spirituelle. Ce Kaleidoscope là poussait l’excentricité jusqu’à incorporer du flamenco et des danseuses du ventre dans leurs prestations publiques.

Kaleidoscope2

Kaleidoscope 1

Ce dernier, appelé The Kaleidoscope à ses débuts, a été actif entre 1966 et 1970 ; on lui doit 4 albums studio sur ce créneau temporel : l’excellent Side Trips (1967), le bon A Beacon From Mars (1968), Incredible ! (1969), très bon, et le moyen Bernice (1970), réalisés pour Epic.

Un cinquième est publié en 1976, When Scopes Collide (1976), considéré comme l’album de la réunion et pas indispensable. De la première réunion, car il y en aura une deuxième à la fin des 80’s.

Le noyau dur : Lindley/Darrow.

Derrière la formation de ce Kaleidoscope yankee, deux personnages éminents s’annoncent : le californien David Lindley et Chris Darrow.

Le premier nommé est connu comme étant un musicien de session émérite qui compte à son actif la pratique d’une vingtaine d’instruments à cordes dont une majorité empruntée à des ethnies du monde entier.

Il a travaillé, après Kaleidoscope, avec des gens comme Jackson Browne, Warren Zevon, Linda Ronstadt, Curtis Mayfield, James Taylor, David Crosby, Bob Dylan, Joe Walsh, Rod Stewart, pour ne citer qu’eux.

Chris Darrow, venu du Dakota, est tout aussi multi-instrumentiste que son alter ego. Sur ce plan, il n’a rien à lui envier : basse, guitare, violon, banjo, dobro, mandoline, lap steel… Côté collaborations, on le situe du côté de chez Leo Cohen, Hoyt Axton, James Taylor, Gram Parsons, Frank Zappa… Pas vilain, non plus.

Le point de convergence de ces deux virtuoses pluridisciplinaires de la scène acoustique californienne se situe au niveau du Dry City Scat Band qui les réunit en 1964 et auquel il convient d’associer Richard Greene (Seatrain). On ne dira jamais assez l’importance de cette formation dans la nouvelle sensibilité dont elle dote la musique traditionnelle américaine, au point d’être considéré comme le groupe qui a rendu le bluegrass obsolète.

Kaleidoscope chris darrow

« Jimmy Page a dit un jour que Kaleidoscope était son groupe préféré. Il nous avait vus jouer à l’Avalon de San Francisco, à l’époque de l’album A Beacon From Mars. Je savais qu’il était fan de nous. Robert Plant aussi était fan. Quand leur label de Led Zeppelin, Swan Song Records, a été lancé en 1974, Jimmy Page m’a appelé pour savoir si Kaleidoscope avait un truc pour lui. » (Chris Darrow)

Leur carrière respective diverge un temps, Darrow prend la direction de l’électrique Floggs, Lindley s’oriente vers un duo avec Solomon Feldthouse, David & Solomon. L’arrivée de Chester Crill fait évoluer le duo en un trio lequel récupère au passage John Vidican et Chris Darrow. La boucle est bouclée : Kaleidoscope, groupe préféré de Jimmy Page, est mis sur les rails, nous sommes en 1966.

Side Trips, le graal.

Epic les engage en 1966, année de la sortie de leur premier single, Please, publié en décembre. Le single appelant l’album, Side Trips sort en juin 1967. A la production Barry Friedman, plus connu du milieu sous le nom de Frazier Mohawk (Byrds, Nico, Paul Butterfield, Holy Modal Rounders…), l’homme au volant quand Stephen Stills et Richie Furay ont croisé le corbillard de Neil Young ; cette rencontre inopinée a été le préambule à la naissance de Buffalo Springfield.

Side Trips situe bien tout l’éventail de Kaleidoscope mais il explique aussi à lui seul les raisons pour lesquelles cet éclectisme ne peut pas s’accompagner d’une réussite dans les bacs, malgré la grande qualité de ce qui y figure. A trop vouloir expérimenter, trop varier, Kaleidoscope s’est brûlé les ailes. Et pourtant, qu’est-ce qu’ils sont bons, le disque comme le groupe ! On comprend mieux la position du guitariste de Led Zep.

Dès son premier LP, Kaleidoscope fait montre d’une brillante inventivité, de beaucoup d’audace dans sa fusion intelligente du folk-rock avec l’exotisme. Quelque part, s’il devait y avoir un pionnier de la World Music, ce groupe pourrait en revendiquer la paternité. Side Trips permet de découvrir des instruments ethniques dont le rock ignorait encore l’existence à la sortie de ce disque. Beaucoup d’entre eux ont fait carrière dans le rock à la suite de ce disque. Ce Kaleidoscope de Side Trips, notamment, peut prendre place, sans complexe, à la table des plus grands du folk-rock psyché.

Un beau catalogue.

Si son suivant, A Beacon From Mars (1968) n’égale pas Side Trips, il n’en livre pas moins, encore, quelques épisodes de grande tenue, voire même ahurissants à l’image du morceau titre final. Encore très varié, avec une reprise de blues-rock, un vieux folk, du cajun, de la country, de l’acid-folk, de l’oriental et du psyché, ce disque maintient Kaleidoscope à un excllent niveau et ne fait pas baisser l’intérêt à son endroit.

L’excellent Incredible ! (1969), troisième opus studio, se fait sans Chris Darrow et John Vidican. Passe pour Vidican, il est remplacé poste pour poste par Paul Lagos, mais quid de Darrow ? Si la basse et le chan sont sont repris par Stuart Brotman, pour l’écriture, c’est une autre paire de manches. Tout le monde doit donc s’y coller et à ce petit jeu, le collectif s’en sort remarquablement. Incredible ! se classe dans le top 200 du Billboard au 139ème rang. Preuve s’il en est que la musique de Kaleidoscope commence à trouver un public.

L’après Incredible mitigé.

Cette incarnation, pourtant intéressante, ne reconduit pas dans Bernice (1970)  les espoirs suscités par Incredible !  La magie entretenue par le côté exotique qu’il développait jusqu’alors, n’est plus. On se demande où sont passés les instruments ethniques et tribaux qui faisaient et leur force et leur unicité. A la suite de ce disque moyen influencé par la country, Kaleidoscope passe la main. Il tente un retour en 1976 et signe un LP peu significatif de ce que fut ce groupe (When Scopes Collide), puis se sépare pour mieux de retrouver 14 ans plus tard. Greetings From Kartoonistan (We Ain’t Dead Yet) découle de ces retrouvailles en 1991. Il se situe dans la tradition exotique antérieure, mais n’engendre pas d’excitation particulière.

L’après Kaleidoscope voit Lindley faire le choix de continuer avec Linda Ronstadt, Jackson Browne, avant de former son groupe El Rayo X. Feldthouse intègre divers groupes de flamenco et moyen-orientaux. Darrow, quant à lui, est recruté par le Nitty Gritty Dirt Band (3 LP), puis reprend du service comme musicien de session, avant de faire une belle carrière solo. Crill, celui qui coiffe plusieurs surnoms (Max Buda, Fenrus Epp, Templeton Parcely) a viré du côté de la BD underground et a produit quelques albums tandis que Brotman s’est impliqué sur la scène folklorique angeline et dans divers groupes sans importance. Quant à Paul Lagos, il est décédé en 2009 (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Kaleidoscope side trips

 

KALEIDOSCOPE

SIDE TRIPS – 1967  5/5

 

Publié en juin 1967.

Produit par Barry Friedman.

Durée:26:13.

Label:Epic.

Genre:folk psychédélique,jug band,world music.

 

Enjoy !     

 

On ne répètera jamais assez combien florissante fut l’année 1967. Malheureusement, des  indiscutables bilans émis par les critiques discographiques, certaines formations en sont exclues. J’en veux pour preuve Kaleidoscope, que l’on ne confondra surtout pas avec le groupe anglais, auteur, en 67, d’un disque unique, audacieux, original, tonique, inventif, parfois zarbi, souvent divertissant, convaincant  et terriblement  brillant : Side Trips.

Le Kaleidoscope auquel je fais référence ici est américain,  de San Gabriel Valley notamment, élevé au bluegrass et au folk et a pour inconditionnel fan, un certain Jimmy Page. Il affiche quatre albums au compteur entre 1966 et 1970 (Epic Records).

Sa musique n’a rien de singulier et puise son inspiration dans quasiment tout ce qui bouge et le fusionne : psychédélisme trippy, pop, sonorités orientales, heavy rock, jug band, blues, country et jazz.  Enthousiasmant et expérimental, Side Trips (en écoute intégrale ici) est dans l’esprit Haight-Asbury complet.

Derrière ce groupe qui a joué avec les plus grands de la scène de San Francisco, on retrouve des pluri-instrumentistes experts venus avec leur spécialités : le flamenco pour David Lindley, la musique orientale pour  Solomon Feldthouse,  le cajun et la country pour John Vidican,  le jugband pour Chester Crill et le jazz pour Chris Darrow.

Ce line-up passe en revue pas moins d’une vingtaine d’instruments de tous horizons, ce qui en fait une musique carrément en marge de ce que se pratique alors sur l’échiquier psych de la baie. Ce carrousel  et ce louvoiement n’affectent pas le moins du monde la cohérence de l’ensemble.

L’album conserve une belle uniformité et ses dix titres génèrent un réel plaisir d’écoute. Son seul défaut, il est court (moins d’une demie heure). Là, faut vraiment pas déconner, c’est court de chez court.

Pour le reste, écoutez les Egyptian Gardens, In The Night, Please, If The Night Keep Your Mind Open, Oh Death et Minnie The Moocher, ça vaut son pesant de cachetons. Si ça, ce n’est pas dans le gratin du rock psychédélique, c’est que je n’y connais rien, donc je rends mon tablier illico. Enjoy (RAZOR©).

 

1. Egyptian Gardens.

2. If the Night.

3. Hesitation Blues.

4. Please.

5. Keep Your Mind Open.

6. Pulsating Dream.

7. Oh Death.

8. Come on In.

9. Why Try.

10. Minnie the Moocher.

 

David Lindley:guitare,banjo,mandoline,violon,choeurs.

Chris Darrow:guitare,basse,banjo,mandoline,cithara,harmonica,clarinette,violon,chant.

Fenrus Epp (Chester Crill):orgue,basse,harmonica,piano,violon, claviers,viola.

Solomon Feldthouse:guitare,sat,bouzouki,veena,dulcimer,violon,guitare 12 cordeschoeurs.

John Vidican:batterie,percussions.

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