Lee Michaels.

BIOGRAPHIE.

 

 

LEE MICHAELS/Los Angeles (Californie – USA)

 

Lee michaels intro

 

Né Michael Olsen,le 24 novembre 1945 à Los Angeles.

Actif du début des 60's à la fin des 70's.

Labels:A&M,Columbia.

Genre:rock,rock psychédélique,pop-rock,blue-eyed soul,blues-rock,pop psychédélique.

 

Du Top 10 à Top Chef.

Le rock mène à tout... à condition d'en sortir. Lee Michaels est l'illustration même de ce constat puisque, après avoir passé deux décennies à faire l'artiste, il s'est mis partiellement en marge de l'industrie du disque avant qu'on ne le retrouve, quelques années plus tard, derrière une caisse enregistreuse à établir les factures des clients de son restaurant (1988).

Fortement impliqué dans la scène rock de San Francisco des 60's, celui qui a côtoyé toutes les légendes de l'époque s'est subitement pris de passion pour la cuisine de Frisco et a développé une recette qui est aujourd'hui devenue sa signature et celle de la chaîne de restaurants que lui et son fils Kevin gèrent depuis.

Installé à Malibu, cet ancien soulman est aujourd'hui un baron de la crevette depuis qu'il a conceptualisé la recette-vedette de Killer Shrimp et qui consiste en un grand bol de ces crustacés mijotés, 10 heures durant, dans un bouillon épicé et servis avec du pain français.

On s'arrache sa table, dit-on, et les 5000 m2 de son établissement de Marina Del Rey sont trop petits pour recevoir tout le monde. Du top 10 du Billboard à top chef, il n'y a finalement pas loin...

Lee michaels 1Lee Michaels, acteur de la scène rock de Frisco.

Lee michaels do you know what i mean 19716ème du Billboard 1971.

Lee michaels carnival of lifeCarnival Of Life de février 1968.

Lee michaels range des voituresRangé des voitures aujourd'hui.

Les Sentinals de San Luis Obispo.

San Luis Obispo, sur la côté ouest californienne, à une vingtaine de kilomètres de l'océan pacifique, a énormément contribué à l'essor du surf rock dans les années 60.

Les Revels (Six Pak, Church Key et Commanche que l'on retrouve dans Pulp Fiction de Tarentino), les Impacts (Wipe Out) et les Sentinals (Latin'ia) sont les principaux acteurs de cette scène et de ce mouvement d'abord instrumental, auquel les Beach Boys donneront leur lettres de noblesse en y ajoutant leurs sublimes harmonies vocales.

Les Sentinals ajoutent à ce genre une note latino qui les distingue des autres. Active entre 1961 et 1966, cette formation, dans sa mouture d'origine (1961/62), comprend les guitaristes Tommy Nunes et Peter Graham, les bassistes Gary Winburne (puis Kenny Hinkle) et le saxophoniste Bobby Holmquist.

Lee Michels, alias Michael Olsen, rejoint ce combo en 1966. John Barbata (The Turtles, Crosby Stills Nash & Young, Jefferson Airplane, Jefferson Starship) en est le batteur depuis le début.

De L.A à Frisco.

Quand les Sentinals se séparent, ce dernier et Lee Michaels poursuivent leur carrière sous de nouveaux horizons. Ils se rejoignent notamment au sein du Joel Scott Hill Trio avant que Michaels ne déménage sur San Francisco où il rejoint la mouture d'origine de Family Tree, le groupe du californien Bob Segarini.

Évoluant comme claviériste sous le nom de Mike Olsen, il quitte ses partenaires début 1967, après avoir pris part à l'enregistrement d'un single (Prince Of Dreams/Live Your Own Life – Mira Records/1966) et rebondit sur une carrière en solo pour laquelle il prend le nom de Lee Michaels.

Quand Mike Olsen devient Lee Michaels.

En décembre 1966, il apparaît sur la scène du Fillmore en première partie de Love, avant de faire l'ouverture pour le Big Brother de Janis Joplin, puis de Country joe & The Fish. L'année suivante, il en fait de même pour le Steve Miller Blues Band, Pink Floyd et Bo Diddley. A&M a les arguments pour le signer (1967).

Sorte de Stevie Winwood californien, l'artiste signe un convaincant mais imprévisible premier album studio, placé dans une filière psych pop-rock (Carnival Of Life – février 1968) et qui cible plus particulièrement un public underground.

Michaels enchaîne ici 9 titres alternant avec intelligence, pop, hard rock et psychédélisme dont les sublimes Hello et Love.

Sa voix soul expressive et son jeu de claviers tout en émotion sont les éléments clés d'un LP qui suscite de réelles promesses pour sa carrière.

Un talent pour les ballades.

La même année, Michaels y va d'un second LP très imaginatif, nommé Recital (octobre 1868/A&M) où le clavier est encore l'empreinte dominante. Confirmant l'album précédent en terme de qualité et d'intérêt, l'artiste surprend une nouvelle fois par son expertise à agréger le rock, la pop, la soul et le blues dans un décor sonore progressif.

Son 3ème opus est éponyme (1969/A&M), soul et bluesy et surtout festif. Enregistré live en studio autour d'un duo orgue/batterie avec son complice Barry Frosty Smith, il est une pièce maîtresse de sa discographie. 53ème du Billboard 100, il dévoile une performance R&B/rock remarquable de leurs acteurs. C'est un régal.

Après qu'il ait ouvert pour Creedence Clearwater Revival et les Kinks en 1969, il publie Barrel en juillet 1970. Bien que s'éloignant du format à deux de l'album précédent, le 4ème volet discographique studio est encore très accrocheur à l'image de Day Of Change.

Dans les charts US.

Son auteur fait montre d'un véritable talent pour signer des ballades mélancoliques comme en attestent What Now America, titre anti Vietnam, et Think I'll Cry. Par ailleurs, mis entre les mains de Michaels, le Murder In My Heart de Moby Grape se pose ici comme une des pièces principales de Barrel.

Les Moody Blues, les Faces et Ten Years After ont le privilège de le voir ouvrir leurs concerts de New York, de Boston et de Milwaukee. L'angelin grossit sa base de fans en signant un Do You Know What I Mean qui prend la 6ème place du Billboard 100 et la 4ème du Cash Box Top 100 (été 1971).

Lee michaels danny goldberg portrait

« Si avez aimé Al Kooper, vous adorerez Lee Michaels. Je déteste la plupart des trucs de Kooper, mais Michaels, lui, me sensibilise. » (Danny Goldberg)

Ce titre autobiographique, écrit en hommage à une petite amie disparue, se retrouve sur l'album 5Th (1971) aux côtés de Can I Get A Witness (N°39), emprunté à Marvin Gaye, et de Rock Me Baby, autre succès mais mineur.

Ces chansons extraites d'un lot aux mélodies entraînantes et accrocheuses, infusées dans le R&B/Soul (Keep The Circle Turnin, You Are What You Do), bénéficient au LP qui les abrite ; celui-ci se classe 16ème dans les classements d'albums américains.

Lee Michaels est alors au faîte de sa popularité. Il fait les grandes salles de spectacles du moment (les deux Fillmore, le Carnegie Hall) et ouvre pour Cactus et Humble Pie.

Il publie encore une petite poignée d'albums comme Space And First Takes (1972), Lee Michaels Live (à Carnegie Hall/1973), tous deux pour A&M, ainsi que Nice Day For Something (1973) et Tailface (1974) pour Columbia Records pour lequel l'artiste s'engage en 1973.

Du rock à la crevette.

L'intérêt pour son travail commence toutefois à décliner. Après un ultime single (Same Old Song/Rock And Roll Community – CBS – 1973), Michaels se met progressivement en marge de l'industrie du disque.

Absolute Lee (1983) sort sur son propre label, Squish, avant qu'il ne se retire définitivement du milieu. Depuis, Lee a obtenu les droits sur ses enregistrements A&M et s'applique à gérer son travail via des best of ou des compilations (Heighty Hi : The Best Of Lee Michaels).

Fin 2015, début 2016, l'intégralité de son catalogue sous ce label sort chez Manifesto Records (The Complete A&M Album Collection). Du rock à la crevette, il n'y a vraiment qu'un pas et Lee Michaels l'a franchi avec bonheur (RAZOR©2021)

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 3 - 1969

 

Lee michaels album 1969

 

LEE MICHAELS

LEE MICHAELS – 1969  4/5

 

Pulié en octobre 1969.

Produit par Larry Marks.

Durée:38:16.

Label:A&M Records.

Genre:rock psychédélique,rock.

 

Enthousiaste.

 

Très bel album que cet éponyme bluesy et soul de Lee Michaels sorti à la fin de l'année 69 et enregistré live en studio, dont la particularité est de n'impliquer que deux musiciens, Lee Michaels à l'orgue depuis lequel il gère aussi les basses et au chant ainsi que le batteur-percussionniste Bartholomew Smith-Frost.

Point n'est besoin d'être plus nombreux pour mettre du rythme et faire un boucan d'enfer autour d'un son assez lourd. Ce duo claviers/batterie groove et tape le bœuf comme un troupeau sous l’emprise de la Kreutzfeld-Jakob. Niveau décibels, le Grand Funk au grand complet est un enfant de chœur.

Le jeu d'orgue de Lee est très puissant, techniquement maîtrisé, inventif, sa voix forte et passionnée, tandis que la technique de son partenaire percussionniste est marquée du sceau de la classe, de l'énergie et de l'intensité.

Petit aparté pour ceux qui ne supportent pas les solos de batterie : il faut savoir que ceux-ci étaient très demandés à l'époque et que les batteurs s'y soumettaient de bonne grâce. Ceci explique la démonstration introspective de Smith-Frost, un peu longue, je vous l'accorde. Mais bon, il fallait bien se montrer...

Un organiste et un batteur suffisent parfois à atteindre des sommets et donner du plaisir à l'auditeur, surtout s'il baigne dans le psych rock ou le blues-rock. C'est le cas ici dès le medley qui ouvre l'album et jusqu'à Heighty Hi qui clôt la performance d'ensemble.

La Baie de Frisco et le Fillmore en portent encore les stigmates... Un conseil : faites péter les watts...(RAZOR©2021)

 

1a - Tell Me How Do You Feel.

1b – (Don't Want No) Woman.

1c – My Friends.

1d – Frosty's.

1e – Think I'll Go Back.

2 – Stormy Monday.

3 – Who Could Want More.

4 – Want My Baby.

5 – Heighty Hi.

 

Lee Michaels:chant,claviers,basse.

Bartholomew Smith-Frost:percussion.

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