Peanut Butter Conspiracy.

BIOGRAPHIE.

 

THE PEANUT BUTTER CONSPIRACY/Los Angeles (Californie)

 

Peanut butter conspiracy

 

Actif entre 1966 et 1970.

Label:Columbia,Challenge,Vault.

Genre:rock psychédélique,pop psychédélique.

 

Un nom à coucher dehors.

Encore un nom à la con, sorti d’on ne sait quel cerveau embrumé de la gente hippie californienne. Son ou ses auteurs devaient sérieusement abuser des psychotropes pour accoucher d’un patronyme aussi inspiré que Peanut Butter Conspiracy, autrement dit la conspiration du beurre de cacahuète, au regard de ce qu’il me reste d’anglais. A moins que ce ne soit pour faire original…

La scène de l’endroit ou du moment est alors friande de ces identités hallucinées et généralement à rallonges : 13th Floor Elevators, Chocolate Watchband, Big Brother & The Holding Company, Electric Prunes, Transatlantic railroad, Fresh Blueberry Pancake, Peppermint Trolley Company, Ultimate Spinach, Strawberry Alarm Clock. Les groupes rivalisent d’inspiration pour pondre le nom le plus déjanté, toujours dénué de tout sens pour vrai plus in et pour décrocher un pompon fort convoité Au final, plus c’est long, plus c’est con ce qui n’exclut pas que ça soit bon.

Sur les cendres des Ashes.

En ce qui concerne nos illuminés de service, le Peanut Butter Conspiracy, il est né sur une des deux places fortes de Californie : celle de Los Angeles, un peu moins dérangée que son homologue de San Francisco, véritable épicentre du psychédélisme et de ses dérives médicamenteuses. A peine moins, car, dans l’esprit, les deux se valent et il n’y en a pas une pour racheter l’autre. A L.A. comme à Frisco, c’était chaud et ça tapait sec dans la boîte à pills pour accompagner l’art et la culture.

Le Peanut Butter Conspiracy a poussé sur ce terreau, à Santa Monica notamment, dans les habits des Ashes, formation de pop-rock/folk-rock, située dans le registre des Byrds, et préalablement dans ceux des Young Swingers, auteur de deux singles secondaires. Alan Brackett (bassiste), Jim Cherniss (chanteur et guitariste), Spencer Dryden (batteur) John Merrill (guitariste et chanteur) ainsi que Barbara Robison (chant) sont à la base de ce qui allait donner dès 1966, le Peanut Butter Conspiracy.

En optant pour le nom des Ashes, le line-up du moment perd en route Jim Cherniss, sa voix féminine Barbara Robison qui met au monde un enfant et Spencer Dryden qui rejoint Jefferson Airplane en mai 66. Ashes est alors mis entre parenthèses fin juin de la même année, le temps pour Brackett d’enrôler un nouveau guitariste et un batteur : Lance Baker Fent et Jim Voight intègrent alors la nouvelle mouture, un trio qui prend le nom de Crossing Guards et qui, avec les retours de Merrill et de Robison, alias Sandi (décédée en 1988), devient Peanut Butter Conspiracy, une trouvaille trippy héritée finalement de Jim Voight.

Engagé par Columbia.

Une collaboration avec Columbia Records s’engage dès la fin de l’année 1966. Elle se traduit par la réalisation d’un single, It’s A Happening Thing, produit par la figure locale et producteur des grands disques des Byrds, Gary Usher. La voix de Sandi est déjà au cœur du son des californiens.

Pbc 3

« Jim Voight a trouvé le nom de Peanut Butter Conspiracy. Il avait un truc pour trouver des noms à rallonges communs aux groupes du moment. S’il y avait mis du sien, il aurait pu écrire quelques belles choses pour le groupe. Il avait toujours sur lui ses baguettes de batterie. Partout où il se trouvait, il tambourinait sur la surface qui lui faisait face. Je n’ai jamais vu ça chez quelqu’un d’autre. Il a été aimé par nous tous qui avons eu l’honneur de le rencontrer et de le connaître. Il avait en lui le sens de la musique et son jeu était plein d’émotions. » (Peanut Butter Conspiracy)

Un premier LP s’ensuit qui démarre un catalogue west-coast psych alimenté par trois albums : The Peanut Butter Conspiracy Is Spreading (mars 1967), The Great Conspiracy (décembre 1967) et For Children Of All Ages (1969). Malgré sa bonne réputation sur l’échiquier local, la bande à Brackett ne décolle que dans sa relation avec les produits interdits et alors en usage pour ouvrir sa conscience, parce que, pour le reste, malgré une bonne tenue en public, elle reste à quai.

Arrivé après la bataille.

Il faut dire qu’elle pointe son museau un peu tard pour le genre pop psyché qu’elle pratique, le flower-power ayant déjà rincé la plupart des hippies du moment. Qui plus est, le label ne montre pas un enthousiasme débordant à soutenir le groupe californien tant sur le plan de la stratégie commerciale que sur celui technique. Dommage car l’affaire avait du talent. En laissant un peu plus de contrôle sur l’album aux acteurs, tout le monde y aurait gagné.

Gary Usher est également derrière le premier LP, The Peanut Butter Conspiracy Is Spreading (1967), dans le moule psyché de ce qui se faisait à l’époque, pour lequel il utilise les services complémentaires des guitaristes Glen Campbell et James Burton afin de densifier le line-up (Brackett, Voight, Fent, Merrill et Robison) et de doter le jeu de PBC d’un son plus lourd. Le LP est resté cantonné à un succès régional en dépit de ses singles accrocheurs comme It’s A Happening Thing ou Dark On You Now.

La même année, mais en décembre, sort le deuxième jet des angelins. Lance Fent laisse sa place à Bill Wolff, plus solide et plus créatif que celui auquel il succède. Cette entrée profite à la qualité d’ensemble de The Great Conspiracy, porté par de superbes harmonies de voix mâles et femelle évoquant les Mamas & Papas, et par le chant angélique de Sandi Robison. Too Many Do a du temps d’antenne sur les radios FM du crû. C’est leur meilleur opus.

En 1968, Warner Bros, par le biais de sa filiale Challenge, leur permet de signer un troisième disque, For Children Of All Ages (1969). Malgré les arrivées de Ralph Schuckett, venu de Clear Light et futur collaborateur de Carole King, de Lou Reed, de Todd Rundgren, d’Utopia, et du batteur Michael Ney, également Clear Light, le disque est une déception.

1970 : fin de l’aventure.

Merrill saute sur l’occasion de ce rendez-vous manqué pour relancer les Ashes avec Brackett, John Voight et Pat Taylor. Un bel album éponyme, dans la veine folk-rock californienne ambiante (Vault/1969, mais sorti en 1970) s’y rattache. Après une dernière tournée, le groupe se sépare en 1970, chacun prenant des voies artistiques différentes. Merrill a continué à écrire et à jouer, Brackett est devenu producteur et éditeur musical. Il a notamment travaillé sur le premier disque solo de Randy Meisner après que ce dernier ait quitté Eagles. Barbara Robison a poursuivi sur la scène locale. Les trois se sont retrouvés dans Froggy en 1971. Fent, Merrill et Brackett ont ensuite relancé PBC avec Karen Mitchell (chant) et Jim Laspesa (batterie) en 2009.

Un hommage à Barbara.

Côté disque, en 2005, le label anglais Ace Records publie la compil’ Spreading From The Ashes qui réfère à la période Peanut Butter Conspiracy et inclut des pièces sous Young Swingers et Ashes. Enfin, en 2014, Brackett réunit dans Barbara une collection de chansons, assez éloignées de la période PBC, tissée autour de la voix sublime de Barbara Robison, dont certaines qui n’ont jamais été libérées préalablement. Il n’est pas plus bel hommage rendu à cette grande voix, une des plus mémorables des 60’s dont on peut légitimement se demander pourquoi elle n’a pas connu meilleur sort (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 2 - 1967

 

Peanur butter conspiracy the great conspiracy

 

PEANUT BUTTER CONSPIRACY

THE GREAT CONSPIRACY – 1967  4/5

 

Publié en 1967.

Produit par Gary Usher.

Durée:48:30.

Label:Columbia.

Genre:rock,rock psychédélique,acid rock.

 

Prophète en son pays.

 

Plus californiens qu’eux, tu meurs ! Peanut Butter Conspiracy, au nom trippy comme il se doit de ce temps là, est né à Los Angeles en 1966, en passant préalablement par la filière Ashes, un bien beau groupe de folk-rock du crû, qui compte en son sein le dénommé Spencer Dryden, futur batteur de l’Airplane et des New Riders Of The Purple Sage.

Al Brackett (certaines de ses chansons ont été interprétées par Three Dog Night et l’Aigle Randy Meisner), au départ de ce dernier pour la bande à Kaukonen en remplacement de Skip Spence, met alors sur les rails ce qui donne Peanut Butter Conspiracy, trois LP à son crédit et recensé comme une des nombreuses formations qui alimentent la west-coast psych. PBC était très populaire dans le sud de la Californie.

The Great Conspiracy (1968) fait suite au bon The Peanut Butter Conspiracy Is Spreading paru en 1967 (les deux albums figurant sur une réédition) et précède For Children Of All Ages (1969).

Pourtant signée par Columbia Records, et même avec Gary Usher, l’homme derrière les Byrds (Younger Than Yesterday, The Notorious Byrds Brothers et Sweetheart Of The Rodeo) en guise de producteur, ce qui n’est quand même pas rien, cette formation californienne n’a jamais vraiment décollé, malgré une bonne réputation entretenue par ses prestations en public.

L’ère flower-power est déjà dans une phase déclinante, ce qui n’arrange rien quand des mauvais choix, des indécisions ou des conditions d’enregistrement discutables pour un tel label, viennent en plus se greffer là-dessus.

De cette expérience live, elle a toutefois gardé un son, un style et une atmosphère caractéristiques qui font tout l’intérêt de leur deuxième disque, dans la même veine que le précédent à la différence près que Bill Wolff supplée Lance Fent à la guitare et que ça change beaucoup de choses. Dans ce contexte, Roy Halee, l’ingénieur du son, a fait un énorme travail.

Le jeu de Wolff s’avère plus solide et créatif. Dans le même temps, la rythmique assurée par la paire Brackett (basse)/Voight (batterie) gagne en vitalité et en finesse. Du coup, c’est tout l’album qui est tiré vers le haut, d’autant plus qu’il est enjolivé par de superbes harmonies et par le chant angélique de Barbara Sandi Robison.

Parmi les têtes d’affiche de The Great Conspiracy, j’insisterai plus spécialement sur Too Many Do, chanson qui a obtenu un grand temps d’antenne sur les radios FM californiennes du moment.

Etirée, comme le trippy Ecstasy, elle va au delà des six minutes pour pouvoir exploiter les passages instrumentaux à des fins d’improvisation ; on tient là les fleurons de ce disque, avec l’apaisant Lonely Leaf qui valorise la voix de Sandi, Time Is After You, Turn On A Friend qui réfère aux thèses de Timothy Leary de réveiller l’humanité en gobant les pilules, Living Dream et le militaire Wonderment.

Manquant parfois de profondeur, il présente parallèlement quelques faiblesses comme le concis Invasion Of The Poppy People, Living Loving Life ou le puéril Captain Sandwich.

Groupe très intéressant mais comme toujours trop vite disparu, PBC avait de la gueule et son album N°2 est finalement une belle petite pièce du répertoire de la côte ouest des Etats-Unis. Il aura surtout les faveurs des férus de rock psyché (RAZOR©)

 

1. Turn On A Friend (To The Good Life).               

2. Lonely Leaf.          

3. Pleasure.              

4. Too Many Do.                

5. Living,Loving Life.          

6. Invasion Of The Poppy People.

7. Captain Sandwich.          

8. Living Dream.                

9. Ecstasy.                

10. Time Is After You.                

11. Wonderment.              

 

Alan Brackett:basse.

Jim Voight:batterie.

John Merrill:guitare.

Bill Wolff:lead guitare.

Barbara Sandi Robison:chant.

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