Pink Floyd.

BIOGRAPHIE.

 

PINK FLOYD/Londres (Angleterre)

 

Pink floyd portrait

 

Actif entre 1965 et 1995,2012-2014.

Labels:EMI,Columbia,Harvest,Capitol,Columbia,Parlophone.

Genre:rock progressif,rock psychédélique,art rock.

Site officiel:pinkfloyd.com

 

La musique planante, c'est lui.

La méprise sur la signification du nom est toujours très fortement ancrée dans l'esprit de certains aficionados toujours persuadés aujourd'hui que Pink Floyd se traduit dans la langue de molière par Flamants Roses. Que nenni ! L'origine du patronyme est ailleurs et n'a aucun rapport avec les échassiers quelle qu'en fut la couleur.

Elle n'a d'ailleurs aucun sens non plus dans la mesure où celui qui est l'auteur de cette trouvaille absurde mais depuis passée à la postérité, j'ai nommé Syd Barrett, n'a fait que réunir les blases de Pinkey Anderson et de Floyd Council, deux de ses artistes de blues préférés. Barrett pousse même le bouchon jusqu'à laisser circuler la rumeur que le nom a été trouvé lors d'un de ses trips sous LSD, après que les petits hommes verts soient venus lui en souffler mot.

Pour avoir affiché 14 ans de présence non-stop fans les charts US et écoulé 45 millions de Dark Side Of The Moon depuis 1973, Pink Floyd est certainement, avec ses contemporains anglais des Stones et des Beatles, l'une des formations les plus célèbres du rock ; elle est vraisemblablement la plus écoutée pendant les presque 3 décennies qu'a duré sa carrière, mais aussi depuis sa cessation d'activité.

Le rock cosmique, la musique planante, les premiers spectacles son et lumière, c'est à Pink Floyd qu'on le doit. Il en est l'inventeur. Son influence aura été telle sur les générations rock progressiste et psychédélique que 30 ans après le renoncement de Roger Waters scellant du même coup la fin du line-up mythique, le groupe est toujours profondément ancré dans le cœur des foules. Les anglais n'ont pas vendu 300 millions d'albums par l'opération du Saint-Esprit.

Pink floyd sigma 6Sigma 6.

Pink floys architectural abdabsThe Architectural Abdabs.

Pink floyd 66 67Les débuts de Pink Floyd.

Pink floys barrettSyd Barrett, moteur du Pink Floyd d'origine.

Le rôle capital de Syd Barrett.

Formé à Londres en 1965, Pink Floyd est d'abord l'oeuvre de Syd Barrett qui a été le génial dépositaire artistique du line-up d'origine entre 1966 et 1967.

Il en est malheureusement éjecté en 1968 pour un comportement devenu de plus en plus instable et préjudiciable au groupe, induit par une consommation outrancière de LSD.

Après son exclusion, il passe entre les mains de Roger Waters qui en devient le leader, mais l'histoire a tendance à oublier que Barrett, capable de signer de grandes chansons, a assuré la quasi écriture du premier LP de Pink Floyd. 

Avec le recul, The Piper At The Gates of Dawn (août 1967) s'avère être un des plus grands disques psychédéliques des 60's et par lequel tout s'est engagé derrière.

L'histoire de Pink Floyd s'est, en fait, construite un peu plus tôt entre Cambridge et Londres. Dès 1962/63, Syd Barrett (Geoff Mott & The Mottoes, puis Those Without) et David Gilmour (The Ramblers, Chris Ian & The Newcomers, The Newcomers et les Jokers Wild) occupent le devant de la scène de Cambridge. Ils sont alors des vedettes locales.

L'échiquier londonien est également très en vogue. Sur cette place, évoluent Nick Mason, Richard Wright et Roger Waters, tous trois étudiants à la Regent Street Polytechnic, basée dans la capitale.

Dès l'automne 1963, le trio se retrouve au sein de Sigma 6 avec Keith Noble, Clive Metcalfe et celle qui va devenir la femme de Richard Wright, Juliette Gale ; Sigma 6 interprète surtout des reprises des Searchers.

Selon l'humeur et l'occasion, Sigma 6 change de nom pour devenir tout à tour Meggadeaths, The Abdabs, The Architectural Abdabs, The Sreaming Abdads, Leonard's Lodgers, The Spectrum Five, Tea Set, The Pink Floyd Blue Sound, The Pink Floyd Sound, The Pink Floyd, puis finalement Pink Floyd.

A l'automne 1964, au départ de Metcalfe, de Noble et de Gale, cette dernière épousant Wright, Syd Barrett quitte Cambridge pour Londres et rejoint la mouture évoluant alors sous The Spectrum Five.

Bob Klose entre au même moment. Rogers Waters, jusque là guitariste, glisse à la basse ; le line-up s'articule autour de Roger Waters, Syd Barrett, Nick Mason, Rick Wright et Bob Klose.

Un EP avant The Piper At The Gates Of Dawn.

Cette formation telle qu'ici dévoilée, est l'auteur d'un EP de 6 titres (d'obédience Rhythm & Blues), remasterisé en 2015 pour les besoins d'une édition commémorant les 50 ans de Pink Floyd, paru sous Pink Floyd 1965 – Their First Recordings : Lucy Leave, Double O Bo, Remember Me, Butterfly (auteur Syd Barrett), Walk With Me Sydney (de Roger Waters et avec Juliette Gale) , I'm a King Bee (Slim Harpo) que les Stones ont déjà repris. Ces démos précèdent la sortie du premier album de The Piper at The Gates of Dawn (1967).

Plus intéressé par le jazz et le blues que par le son psychédélique impulsé par Barrett, Bob (Rado) Klose quitte rapidement le groupe (1965) pour devenir photographe. Syd Barrett s'installe alors comme le guitariste, le chanteur, le compositeur et le parolier de Pink Floyd. Pendant ce temps, David Gilmour, lui, fait le choix de sillonner l'Europe puis s'installe en France où il joue au sein des Flowers.

Calé sur un quatuor placé sous l'influence de Syd Barrett, Pink Floyd devient une tête de pont de la scène underground londonienne et notamment de l'UFO Club. Il développe alors une musique mélangeant rock psychédélique, blues et rehaussée d'un peu de fantaisie. En 1967, EMI l'engage ; deux singles nés sous la plume de Barrett traduisent aussitôt ce partenariat, Arnold Layne (mars 67), une des meilleures chansons psychédéliques de son époque (top 20), et See Emily Play (juin 67). Aucune de ces deux chansons ne figurent pourtant sur le premier album du groupe : The Piper At The Gates Of Dawn, publié le 5 août 1967.

Réalisé dans le studio voisin de celui où les Beatles enregistrent dans le même temps Sergent Pepper's, ce premier disque portant la signature de son électron libre Syd Barrett est bien accueilli par la presse musicale mais ce n'est bien plus tard qu'il gagnera ses galons de très grand LP de folk psychédélique british et que son initiateur sera élevé au rang de génial songwriter. Pour l'heure, si le Royaume-Uni réagit favorablement, la réception est mitigée de l'autre côté de l'Atlantique.

Pink floyd gilmour 2

« Je pense que ça ne serait pas bien de jouer Echoes, sans Rick. Je doute fort que nous le fassions. Mais je ferai tout ce qui me semble approprié et amusant à faire. Je rejouerai peut-être Shine On You Crazy Diamond. Je n’ai pas complètement renoncé aux chansons de Pink Floyd. Elles sont géniales à jouer. » (David Gilmour)

Pink Floyd se restructure.

Quoi qu'il en soit, c'est la personnalité de Barrett qui domine dans The Piper At The gates Of Dawn dont 8 des 11 titres lui sont crédités. Son écriture lance la révolution psychédélique en mode britannique ; les riffs de guitare sont aussi extravagants que les mélodies sont pop et expérimentales. Le cerveau de Barrett est halluciné. Le LSD va se charger de lui faire payer une consommation outrancière ; il perd alors tout contrôle et multiplie les absences, mentales comme physiques, au point d'être écarté dès avril 1968 et d'être remplacé par celui avec lequel Barrett a partagé la scène de Cambridge : David Gilmour. Comme le rappelle le regretté Rick Wright, le groupe n'aurait jamais décollé sans Syd, mais il n'aurait pas pu continuer avec.

Syd Barrett s'essaie ensuite à une carrière solo (The Madcap Laughs et Barrett en 1970), rapidement avortée par son état de santé avant de disparaître des écrans radars au milieu des 70's ; il disparaît le 7 juillet 2006.

 

.../... (à suivre page 2)

BIOGRAPHIE (Suite)

Epaulé au départ par Gilmour, Barrett est progressivement évincé du groupe à l'appel de Saucerful Of Secrets (29 juin 1968), bien qu'il soit encore crédité en signant un titre (Jugband Blues) et en jouant sur Remember A Day et Set The Controls For The Heart of The Sun. Le nouvel architecte de Pink Floyd se nomme désormais Roger Waters et l'influence de Barrett s'efface au profit du duo Wright/Waters, qui fait évoluer la musique du psychédélisme vers le space rock, le rock planant, et vers le rock progressif.

Pink floyd dark sideLe subliminal Dark Side Of The Moon.

Pink floyd gilmourDavid Gilmour, guitariste.

Pink floyd roger watersRoger Waters, bassiste.

Pink floyd rick wrightRick Wright, claviériste, mort en 2008.

Pink floyd nic masonNick Mason, batteur.

Pink floy 67 20052005, dernière réunion.

Le subliminal Dark Side Of The Moon.

L'expérimental More (juin 1969), B.O du film de Barbet Schroeder, le double hybride Ummagumma (studio/live d'Octobre 1969), premier album-concept réalisé dans le moule psychédélique et progressif, le patchwork confus qu'est Atom Heart Mother (octobre 1970), Meddle (octobre 1971), disque marquant la fin de l'époque psychédélique et posant les bases du Dark Side Of The Moon à venir, Obscured By Clouds (juin 1972), deuxième B.O pour le cinéma de Schroeder jalonnent le parcours discographique des anglais jusqu'à 1973, année de la publication de Dark Side Of The Moon.

Huitième jet studio de Pink Floyd, ce LP, incontournable de discothèque pop/rock qui se respecte, fait partie des meubles aujourd'hui. Véritable succès à sa sortie en mars 1973, il est devenu mythique avec le temps. Joué pour la première fois en janvier 1972 et travaillé pendant un an avant sa sortie officielle, Dark Side Of The Moon, né d'une idée de Waters d'axer l'écriture autour un thème englobant tout ce qui peut rendre les gens fous (un lien avec Barrett ?), est le travail le plus abouti de Pink Floyd. Présent 914 semaines au Billboard 200, autrement dit l'équivalent de 17 années, l'emblématique Dark Side Of The Moon est l'uniquel disque du catalogue à avoir eu l'adhésion totale de ses membres.

Mais Dark Side Of The Moon n'est pas le seul à avoir le statut de chef d'oeuvre. Son suivant, neuvième levée discographique, est du même tonneau. Wish You Were Here (15 septembre 1975) sort deux ans après Dark Side OF The Moon. Pink Floyd a amassé du pognon, suffisamment en tout cas pour que les membres puissent assouvir leurs rêves d'adolescents.

Dans ce contexte, difficile de se remobiliser autour d'un nouveau projet et ce d'autant que les relations entre Waters et Gilmour ont du plomb dans l'aile. Leurs opinions divergent quant à la direction artistique à prendre. Roger Waters réussit à imposer l'idée de l'album concept, construit autour d'une pièce maîtresse, Shine On You Crazy Diamond, hommage à Syd Barrett (le diamant fou en question), dont l'ombre plane toujours sur le groupe. Le 5 juin 1975, un homme dodu, cheveux et sourcils rasés, tenant des propos incohérents s'annonce à la porte du studio. Personne ne fait le lien spontanément : Syd Barrett est l'ombre de lui-même.

The Wall, l'aboutissement.

Le résolument rock progressif qu'est Animals (janvier 1977) traduit une décennie d'activité discographique pour Pink Floyd ; s'il est un album pouvant revendiquer le qualificatif de conceptuel, c'est bien lui ; aucune de ses 5 chansons n'ayant vocation à faire un hit ou ne pouvant subsister isolée du lot dont elle fait partie, Animals est forcément boudé par les radios.

Insuffisant cependant pour que Pink Floyd, plus que jamais sous l'emprise de Waters, passe à côté du succès, même dans le climat punk ambiant, mouvement qui l'a pris en grippe.

3ème du Billboard, 2ème au Royaume-Uni, Animals fait disque de platine (4 fois). La tournée qui suit (In The Flesh Tour) est une réussite commerciale.

Lors de ce tour, au Parc Olympique de Montréal, Roger Waters crache au visage d'un fan un peu trop exubérant, incident qui inspire et précipite l'écriture de ce qui va être le dernier gros coup de Pink Floyd : le double The Wall (1979), donnant lieu à une adaptation au cinéma, marque l'apogée de Pink Floyd.

La relation est tendue entre Roger Waters et David Gilmour, entre Waters et Wright ; le leader et le guitariste font encore cause commune, mais le claviériste, durant les sessions d'enregistrement, est écarté par Waters, au motif de ne pas assez s'impliquer.

Le bassiste, qui contrôle tout désormais, signe quasiment tous les titres de The Wall dont le succès est fulgurant (1er aux States, 3ème en Grande-Bretagne et plus de 30 millions d'albums vendus, 23 fois disque de platine). Dans l'esprit cependant, Pink Floyd n'est plus après The Wall.

Le groupe de Waters.

The Final Cut (mars 1983), numéro 12, s'en ressent fortement qui traduit l'effondrement de Pink Floyd et la main-mise despotique de Waters sur une formation désagrégée. Waters régente tout, met Mason à l'index, embauche des musiciens additionnels pour épauler un Pink Floyd devenu trio, développe ses idées, réduit Gilmour à la portion congrue, écarte l'agence de publicité chargée de fournir le visuel de la pochette. The Final Cut est son album et Pink Floyd, son groupe. Le ressort est cassé, Waters quitte Pink Floyd en 1985 et tente d'imposer à Mason et Gilmour une dissolution forcée. Tous les membres s'attachent alors à démarrer leur carrière solo.

Malgré la menace que fait peser Waters sur l'utilisation du nom, le duo restant relance Pink Floyd (1986) en réintégrant Rick Wright et signe 2 albums A Momentary Lapse Of Reason/1987 et The Division Bell/1994. Mis en sommeil en 1996, Pink Floyd se réunit à nouveau au 3ème millénaire, notamment le 2 juillet 2005 à Londres. De quoi faire naître tous les espoirs de reformation... Ceux-ci sont rapidement douchés par les positions de Gilmour qui, comme il le dit haut et fort, se sent de moins Pink Floyd et considère que rejouer avec le groupe, c'est comme dormir aux côtés de son ex-femme.

Toutes les attentes sont tuées dans l'oeuf avec la mort de Rick Wright en 2008. Depuis, The Endless River (2014), brodé autour de chutes de The Division Bell et dédié à Richard Wright, est venu enrichir la discographie. Comme tous les albums de Pink Floyd depuis ses débuts, il connaît un énorme succès, en dépit de critiques pas toujours très tendres ; il fait disque d'or un peu partout dans le monde au bout de quelques jours. Les légendes ne meurent jamais, c'est bien connu (RAZOR©).

 

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Pink floyd the piper 67

 

PINK FLOYD

THE PIPER AT THE GATES OF DAWN – 1967  5/5

 

Publié en août 1967.

Produit par Norman Smith.

Durée:42:00.

Label:Columbia/Tower.

Genre:rock psychédélique,folk psychédélique.

 

Délirium Barretien.

 

Les dernières images de Syd Barrett circulant sur le net ont un côté pathétique. Etique dans son Marcel trop grand ou le regard inquiet à l'idée d'ouvrir la porte à un inconnu, qui peut s'imaginer que cet être prématurément vieilli, chauve et ployant sous le poids d'une cinquantaine qui en paraît bien plus, est, avant d'être un naufragé du rock, l'homme qui a donné l'impulsion au légendaire Pink Floyd, l'artiste qui lui a permis de décoller pour avoir été le maître d'oeuvre du premier album du groupe ?

Un album psychédélique incontournable sorti en août 1967 et dont le rock a eu du mal à se remettre : The Piper at The Gates of Dawn.

Ce premier disque à la pochette kaléidoscopique et à l'intitulé référant au roman de Kenneth Grahame, Le vent Dans Les Saules, émane essentiellement du cerveau égaré et embrumé de son chanteur et guitariste, gros consommateur de LSD. Construit comme une succession de petites histoires hallucinées, il propose une sorte de voyage musical et sonore maîtrisé mêlant poésie, magie, fantastique et psychédélisme.

Petit space-opéra culminant au-delà de 4 minutes, le planant Astronomy Domine, que Pink Floyd avec ou son Barrett reprendra souvent sur scène, est le fleuron de ce disque étonnamment privé de deux des pièces maîtresses du répertoire de Syd Barrett, les singles Arnold Layne et See Emily Play.

Astronomy Domine est son hymne. Magnifiquement élaboré, superbement structuré, Astronomy Domine est loin de traduire le désordre mental affectant son auteur; il ne laisse en rien deviner l'état psychique qui s'annonce et qui amène le groupe à se passer de lui.

Ce disque, par ailleurs très complexe, est un vrai joyau psychédélique, mais il est surtout la vision enfantine du psychédélisme façon Barrett. Pas sûr que l'on apprécie du premier coup une oeuvre très éloignée du catalogue psychédélique et progressif que Pink Floyd a développé à sa suite. Pourtant, il faut en être, Pink Floyd a décollé ici et grâce à son génial déjanté, parti ensuite dans une longue et interminable dérive (RAZOR©).


1. Astronomy Domine.
2. Lucifer Sam.
3. Matilda Mother.
4. Flaming.
5. Pow R. Toc H.
6. Take Up This Stethoscope And Walk.
7. Interstellar Overdrive.
8. The Gnome.
9. Chapter 24.
10. Scarecrow.
11. Bike.
 

Syd Barrett:chant,guitare.
Nick Mason:batterie.
Richard Wright:orgue,piano.
Roger Waters:basse,chant.

LP Studio 2 - 1968

 

Pink floyd a saucerful of secrets

 

PINK FLOYD

A SAUCERFUL OF SECRETS – 1968  3,5/5

 

Publié en juin 1968.

Produit par Norman Smith.

Durée:39:24.

Label:Columbia,EMI.

Genre:rock psychédélique,rock progressif,space rock.

 

Un Floyd à cinq feuilles.

 

Pink Floyd en est seulement à son deuxième album que, déjà, le bateau se met à tanguer en raison de la propension de Syd Barrett, alors indiscutable leader du groupe, à trop se consumer dans le L.S.D.

Incapable d’assurer le rôle qui lui est dévolu au sein de la formation, inapte à se gérer face au public, renfermé sur lui-même, le génial compositeur schizophrène est montré du doigt par ses petits camarades, peu enclins à continuer l’aventure avec un tel illuminé.

Oui mais, on ne vire pas Barrett comme on se sépare du pékin lambda. Barrett, c’est le fondateur du Floyd et celui qui a couvert de ses premiers lauriers leur musique. Il n’est qu’à se référer au Piper At The Gates Of Dawn précédent, enluminé par la créativité de Syd, pour constater que son éviction serait lourde de conséquence à l’heure d’attaquer A Saucerful Of Secrets (en écoute intégrale ici), le deuxième volet du catalogue (1968).

D’où l’idée d’intégrer, par petites touches et au trio encore réellement actif, constitué de Waters, Wright, Mason, son remplaçant  David Gilmour (Jeff Beck fut également pressenti), ainsi que celle de conserver Barrett, mais en le délestant des tâches d’écriture, en le réduisant à la portion congrue.

Cette dernière se cantonne à une discrète contribution guitaristique sur le triste et prophétique Jugband Blues qui lui appartient (le seul où son nom est mentionné), Remember The Day, Set The Controls et (sous réserve) sur Corporal Clegg. La pitance est maigre, le procédé discutable, mais Barrett doit s’effacer, tant il pourrit la vie du groupe et disjoncte. Pink Floyd a décollé grâce à lui, mais ne peut se compromettre à continuer avec.

On lui prête l’anecdote selon laquelle il était prêt à introduire dans la formation, une chanteuse, un saxophoniste et un banjoïste. Effectivement, c’est sérieux…

Ainsi décapité et restructuré, Pink Floyd poursuit une route que la rumeur de la recherche d’un guitariste additionnel et de la rupture probable et imminente avec Barrett, annonce comme obstruée, faute d’avoir mis la main sur le pluridisciplinaire idéal qui sache chanter, manier la guitare et surtout composer.

Le nouvel entrant, Gilmour, semble avoir le profil sur deux points : il joue merveilleusement de la guitare, s’en sort honorablement au chant, mais quid du songwriting ? On ne remplace pas une force créatrice comme Barrett en claquant des doigts, auteur de l’entièreté de l’album précédent.

A l’heure d’entrer en studio pour Saucerful Of Secrets, c’est un dilemme pesant et perturbant qui habite le Floyd. Son titre ne sonne-t-il pas comme un appel au secours ? Saucerful Of Secrets: S.O.S. Il s’en faut de peu que ce Pink Floyd divisé et endetté jusqu’au cou ne splitte à ce niveau de leur carrière.

Wright était alors prêt à quitter le groupe si Barrett avait été évincé et en état mental de continuer. Comme quoi, une légende ne tient parfois qu’à un fil.

La sortie de Saucerful Of Secrets (le seul album à recenser un line-up à 5 membres) va vite révéler que Roger Waters est le nouveau big boss dans la maison et surtout, qu’il est l’architecte de ce disque, commencé sans Gilmour et encore embryonnaire (il ne touchera que 300 livres pour sa participation).

Avec ses assesseurs Wright et Mason, Waters réinvente alors le Floyd et l’emmène dans une autre direction, tout en veillant à ne pas humilier Barrett, pour lequel il est un moment envisagé d’en faire un compositeur en coulisse.

Les spectateurs privilégiés du fameux concert gratuit de Hyde Park (29 juin 1968) assistent, dans la même semaine que la publication du N° 2, au témoignage tangible d’un Floyd prometteur, relancé, et au style désormais nouveau. Preuve que la nouvelle équipe en a sous la coiffe, même si elle reste très influencée par l’artiste mis sur la voie de garage.

Résultat des courses : ce qui est supposé être un travail transitoire se révèle constituer une pièce maîtresse du catalogue des anglais, en dépit d’un son pas toujours au niveau. L’atmosphère dans laquelle nous convie A Saucerful Of Secrets est le reflet de l’étrangeté, de la nuisibilité de la situation collant aux sessions en studio ; le folk psychédélique d’hier s’efface au profit d’une musique raisonnablement expérimentale, plus space-rock, plus puissante, mais aussi plus difficile d’accès, plus obscure, plus mystérieuse, qui sert de support aux titres tourmentés et parfois violents de Waters.

Waters se découvre une âme de songwriter et livre un extraordinaire et planant instrumental de 12 minutes, le fameux et avant-gardiste Set The Controls For The Heart Of The Sun. Avec le morceau titre, ils sont très représentatifs de cette évolution artistique et caractéristique du Floyd qui tourne le dos à l’époque Barrett.

Rajoutez-y le céleste Remember The Day, écrit par le talentueux, l’inoubliable mais méconnu Rick Wright, ainsi que l’autobiographique JugBand Blues, ultime et touchant témoignage de Syd Barrett, qui fait référence à sa mise sur la touche du groupe et à ses problèmes induits par les drogues.

Pour un album fait dans le dur et dans la douleur, dans un contexte lourd et tragique, A Saucerful Of Secrets mérite le meilleur des respects, la plus grande considération. Il est une pierre angulaire de la musique rock et on en arrive, aujourd’hui encore, à sous-estimer son importance alors qu’il est un élément-clé dans la carrière du Floyd, ne serait-ce que par le lien qu'il établit entre les versions Barrett et après Barrett (RAZOR©).

 

1. Let There Be More Light.
2. Remember A Day.
3. Set The Controls For The Heart Of The Sun.
4. Corporal Clegg.
5. A Saucerful Of Secrets.
6. See-Saw.
7. Jugband Blues.

 

Syd Barrett:guitare,chant.
David Gilmour:guitare,chant.
Roger Waters:basse.
Rick Wright:claviers.
Nick Mason:batterie.

LP Studio 3 - 1969

 

Pink floyd more

 

PINK FLOYD

ORIGINAL SOUNDTRACK FROM THE FILM MORE – 1969  3,5/5

 

Publié en juin 1969.

Produit par Pink Floyd.

Durée:44:56.

Label:EMI,Columbia.

Genre:rock psychédélique,rock progressif,hard rock.

 

Pink Floyd en opération commandée.

 

En 1969, Pink Floyd a acquis une renommée qui va au-delà des cercles culturels traditionnels. Sa flatteuse réputation lui vaut d’être contacté par le cinéma. En fait, par Barbet Schroeder, réalisateur français, qui voit en eux les seuls musiciens capables de faire coller la musique qu’il a en tête, aux images servant de base à son film.

Le film est depuis devenu culte ; More relate une triste histoire d’amour sur fond de drogue et sous le soleil d’Ibiza, lieu de villégiature des hippies de la fin des sixties.

Enregistré dans les studios londoniens de Pye, Pink Floyd n’a jamais vu le film monté pour créer cette musique, se contentant alors des rushes. En huit jours, Waters, Wright, Mason et Gilmour bouclent l’affaire : écriture de la bande-son, enregistrement et mixage. De la pure folie, qui pourrait laisser supposer que le travail commandé est traité avec désinvolture. Pas de ça ici, désolé.

Cependant, la restitution de ce qui figure sur ce disque sorti en juillet 1969, diffère beaucoup de ce que le film propose. La majorité des chansons sont coupées (Cirrus Minor, Green Is The Colour…) ou jouées en fond sonore, pour ne pas que la musique supplante certains passages.

More est alors prévu pour durer quatre heures ; il sera finalement de moitié et deux plages ne figurent que sur le film (dont Seabirds). More (le disque) fait une belle carrière en Angleterre, où il niche à une honorable neuvième place des charts, mais More (le film) n’y sera jamais diffusé. Par contre, les américains lui réservent un bel accueil. En France, il est un excellent outil de promotion de la tournée que Pink Floyd prépare.

L'album retient 13 titres variés, très floydiens, dont certains déjà grands, qui ne donnent jamais l’impression de servir de filigrane à un film ; à l'écoute et au regard de la structure cohérente de ses plages, on peut même croire qu'il s'agit d'un travail classique du groupe.

Partagé entre 7 instrumentaux et 6 chansons, More fait son petit effet malgré l'environnement très particulier qui colle généralement aux B.O. et disques pour le cinéma. Pink Floyd transforme ce disque commandé en une œuvre à part entière de sa discographie.

L’exploit n’est pas peu mince à une période où les anglais se relèvent à peine du traumatisme Barrett. Ce que Pink Floyd réalise ici, est de très bonne tenue. Ne voyez donc pas ce disque comme une musique de film uniquement (RAZOR©).


1. Cirrus Minor.
2. The Nile Song.
3. Crying Song.
4. Up The Khyber.
5. Green Is The Colour.
6. Cymbaline.
7. Party Sequence.
8. Main Theme.
9. Ibiza Bar.
10. More Blues.
11. Quicksilver.
12. A Spanish Piece.
13. Dramatic Theme.

 

Roger Waters:chant,basse.
David Gilmour:guitare,chant.
Nick Mason:batterie.
Rick Wright:claviers.

LP Hybride (Studio/Live) 4 - 1969

 

Pink floyd ummagumma

 

PINK FLOYD

UMMAGUMMA- 1969  3,5/5

 

Publié en octobre 1969.

Partie live enregistrée le 27 avril 1969 au Mothers Club de Birmingham et le 2 mais 1969 au Manchester College Of Commerce.

Produit par Pink Floyd, Norman Smith.

Durée:86:07.

Label:Harvest,Capitol.

Genre:rock progressif,rock psychédélique,rock expérimental.

 

Disparate, complexe et parfois rébarbatif.

 

Saucerful Of Secrets a fait la démonstration que Pink Floyd pouvait exister dans le sillage de la mise à l'écart de son maillon fort du premier LP, hélas mis à mal par les prises de LSD trop répétitives. Syd Barrett écarté, peu de fans auraient misé, ne serait-ce qu'une modeste livre, sur le devenir de Pink Floyd. Sans Barrett, Pink Floyd s'en est sorti honorablement au point d'être sollicité par le cinéma pour les besoins de More. Une fois encore, il rend une copie propre, permettant d'envisager un futur heureux sous l'égide de Roger Waters, d'autant que tous les acteurs plongent dans l'écriture.

L'implication sur Ummagumma (en écoute intégrale ici) est collégiale, mais la réalisation de chacune des parties est indépendante. Chacun pour soi en fait, car Gilmour qui n'avait alors composé qu'un modeste titre pour l'album More, s'est vu refuser l'assistance qu'il demandait à Waters.

Pour la partie studio s'entend, car en ce qui concerne celle live, enregistrée entre Birmingham et Manchester en juin 1969, on a le plaisir de retrouver la plume de Barrett via Astronomy Domine, que Pink Floyd a pour bonne habitude de reprendre sur scène.

Il précède deux titres empruntés à Saucerful Of Secrets (le planant Set The Control For The Heart Of The Sun et A Saucerful Of Secrets) et le flippant instrumental Careful With That Axe Eugene, un morceau emblématique du groupe qui l'interprète systématiquement lors de ses concerts entre 1968 et 1973, avant de réapparaître en 1977.

D'abord portée par une basse dominante et répétée, des cris plaintifs, un orgue lancinant, ses cymbables à peine effleurées, Careful With That Axe Eugene explose soudainement en une déferlante sonore qu'impulse un hurlement bestial de Waters, avant de retrouver l'apaisement initial. Avec le recul, il est regrettable que le son ne soit pas des meilleurs car on tient dans ce quatrain live une des rares prestations scéniques du Floyd de la grande période. Le groupe affiche ici une belle puissance.

La partie studio est plus expérimentale, chaque membre ayant son propre espace pour s'exprimer sans limites ou délirer. Elle est aussi plus étonnante, surtout de son temps.

L'album, grand prix de l'Académie Charles Cros 69 chez nous, est assez disparate. Outre les 4 pièces en public qui méritent que l’on dépense quelques euros pour ce disque, l'auditeur peut se sentir largué par la deuxième partie de l’album qui est un concentré d’expérimentations, partie dans laquelle les Floyd se lâchent dans une anarchie effrayante de sons venus de nulle part, de délires musicaux déjantés. C'est souvent complexe et prétentieux, parfois rébarbatif. Même leurs auteurs n'en sont pas fans, c'est dire. Pour avoir tenté : 3,5/5 (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Astronomy Domine.

2. Careful With That Axe, Eugene.

 

Face 2.

3. Set The Controls For The Heart Of The Sun.

4. A Saucerful Of Secrets.

 

Face 3.

1. Sysyphus (Part 1).

2. Sysyphus (Part 2).

3. Sysyphus (Part 3).

4. Sysyphus (Part 4).

5. Grantchester Meadows.

6. Several Species Of Small Furry Animals Gathered Together In A Cave And Grooving With A Pict.

 

Face 4.

1. The Narrow Way (Part 1).

2. The Narrow Way (Part 2).

3. The Narrow Way (Part 3).

4. The Grand Vizier's Garden Party (Entrance).

5. The Grand Vizier's Garden Party (Entertainment).

6. The Grand Vizier's Garden Party (Exit).

 

David Gilmour:guitare,chant,batterie,basse.

Roger Waters:basse,chant,guitare.

Nick Mason:batterie,percussions.

Rick Wright:mellotron,claviers,percussions,guitares.

Lindy Mason:flûte.

LP Studio 5 - 1970

 

Pink floyd atom heart mother

 

PINK FLOYD

ATOM HEART MOTHER – 1970  3,5/5

 

Publié en octobre 1970.

Produit par Pink Floyd,Norman Smith.

Durée:52:06.

Label:Harvest.

Genre:rock progressif,rock symphonique,rock psychédélique.

 

Y a Meuh, mais c'est plus cher.

 

D’Atom Heart Mother et de son auteur, Pink Floyd, vous n’en verrez rien sur la pochette. C’est la raison pour laquelle on appelle généralement ce LP, l’album à la vache (à ne pas confondre avec le Läther de Zappa qui a fait une parodie de la pochette).

Cinquième disque studio (6ème si l'on compte More), 5 titres et une cinquantaine de minutes d’écoute. Le chiffre 5 leur va bien car ce disque, s’il n’est pas leur meilleur, a de la gueule. Par contre, il est certainement leur plus atypique, leur plus énigmatique aussi.

Atom Heart Mother, sorti dans les bacs à l'automne 1970, dénote de la créativité, les expérimentations animent alors les travaux de la formation anglaise. Il en résulte une musique conceptuelle (avec la collaboration de Ron Geesin, présenté par Mason à Waters), complexe, élaborée, pas facile d’accès pour le profane, dans une ambiance tantôt violente, tantôt lourde et pesante, oppressante, parfois lugubre, surtout sur le morceau instrumental éponyme de plus de 23 minutes qui, à lui seul, occupe la face A de la galette d’origine.

L’autre face de 28 minutes est complètement différente et composée de morceaux assez inégaux, comme If (avec Roger Waters au chant), un poème acoustique, comme l’entraînant et mélodique Summer 68 (Rick Wright au chant), simultanément doux puis plus brutal, comme Alan’s Psychedelyc Breakfast, décalé et sympa (13 minutes de délire instrumental qui ne rajoutent rien au succès des Floyd), comme la composition touchante qu’est Fat Old Sun, signée et chantée par David Gilmour.

Atom Heart Mother est un album réussi mais réservé aux seuls initiés du Floyd. Pour les néophytes, certains intermèdes d’Alan’s Psychedelic Breafast pourraient les faire lâcher l’affaire avant la fin de l’écoute.

Pink Floyd en était encore au stade expérimental et c’est parfois difficile à assimiler. Atom Heart Mother trace le sillon du succès du Pink Floyd des années 70 et qui le fera entrer dans la légende de la musique (RAZOR©).

 

1. Atom Heart Mother.

2. If.

3. Summer 68.

4. Fat Old Sun.

5. Alan’s Psychedelic Breakfast.

 

David Gilmour:guitares,chant.

Roger Waters:basse,chant.

Richard Wright:claviers,chant.

Nick Mason:batterie.

LP Studio 6 - 1971

 

Pink floyd meddle

 

PINK FLOYD

MEDDLE – 1971  5/5

 

Publié en octobre 1971.

Produit par Pink Floyd.

Durée:46:45.

Label:Harvest.

Genre:rock progressif.

 

Une thérapie à lui tout seul !

 

Que cet album (transitoire) est sobre et efficace ; le seul argument qu'on puisse objecter à Meddle (en écoute intégrale ici), sixième volume du catalogue Pink Floyd en tenant compte de More, c'est d'être trop court, au regard de la beauté qu'il véhicule et du plaisir qu'il génère ; on aurait aimé que son côté récréatif et délassant dure plus longtemps. Echoes, c'est une thérapie contre le stress à lui tout seul. Son remboursement devrait être pris en charge par la Sécu.

L’instrumental et déjanté One Of These Days (quelle rythmique du diable !) ouvre Meddle; d'entrée, son rythme vous scotche. Il est la pièce principale du disque avec Echoes. Ces deux pépites méritent le carton plein, les 6 étoiles.

Sorti en 1971, Meddle marque la mutation de la musique d'un groupe tournant le dos au rock psychédélique au profit d'un rock plus progressif. Les fans anglais apprécieront, ceux américains un peu moins.

Outre les deux perles citées ci-dessus, on retrouve sur Meddle des titres acoustiques moins illustres, mais très travaillés comme la douce ballade hip' A Pillow Of Winds qu'aucun baba-cool ne renierait, Fearless qui s'achève sur l'hymne renversant du Liverpool Football Club, You’ll Never Walk Alone, repris en chœur par ses supporters, l’étonnant et chaloupé morceau jazzy San Tropez (où Gilmour jouait en passant le chapeau à ses débuts), de même que l’amusant blues gentillet Seamus (avec en vedette le chien de Steve Marriott d’Humble Pie).

L'envoûtant Echoes occupe à lui seul toute la face B du vinyle, fort de sa longueur (23 minutes). Le groupe passe 6 mois sur cette piste inspirée percluse de riffs énormes. Ce morceau anthologique, a des tripes. Il est un cocktail de sensualité et de souffrance.

Lumineux, cosmique, inspiré, novateur, avec un Gilmour dont le jeu de guitare atteint ici sa plénitude et qui montre sa grande maîtrise de l'instrument, Echoes invite au voyage spatial. Les sublimes lignes de claviers de Rick Wright confortent le constat qu'Echoes est une des plus belles compositions que Pink Floyd ait jamais imaginée.

Cohérent, plus en tout cas que Atom Heart Mother qui le précède chronologiquement, Meddle est un travail d’équipe et chacun y est même allé de son écriture.

Difficile de ne pas être enthousiaste pour Meddle qui installe les fondements de Dark Side Of The Moon. Chaque note se consomme sans modération. Le chef d'oeuvre des chefs d'oeuvres s'annonce ; il est là à quelques encablures. Mais ça c'est une autre histoire : la prochaine, si vous le voulez bien (RAZOR©).

 

1. One Of These Days.

2. A Pillow Of Winds.

3. Fearless.

4. San Tropez.

5. Seamus.

6. Echoes.

 

David Gilmour:guitare,chant,basse.

Roger Waters:chant,basse.

Nick Mason:batterie,voix sur 1.

Rick Wright:orgue,piano,chant.

 

LP Studio 7 - 1972

 

Pink floyd obscured by clouds

 

PINK FLOYD

OBSCURED BY CLOUDS – 1972  3/5

 

Publié le 2 juin 1972.

Produit par Pink Floyd.

Durée:40:30.

Label:Harvest.

Genre:rock progressif,B.O film.

 

Pas aidé par le film, pris entre deux feux.

 

Pris en sandwich entre le populaire Meddle et l’incontournable Dark Side Of The Moon, de surcroit musique de film (La Vallée de Schroeder, qui lui avait préalablement commandé More), il n’en fallait pas plus pour étouffer dans l’œuf Obscured By Clouds (1972) et lui coller au train une étiquette de disque mineur.

De ce fait, il est certainement le moins connu du catalogue. Je n’irai pas jusqu’à en faire le pestiféré de la production des anglais, mais bon… faut dire que les bons titres à se coltiner ne se bousculent pas au portillon et que la matière est globalement oubliable, malgré une implication collective que le groupe n’a jamais eu jusqu’alors.

Deux sessions d’une semaine chacune, avant et après leur tournée express au Japon, sont nécessaires au Floyd pour composer et enregistrer la bande-son. Les studios Strawberry du château d’Herouville, le Honky Château comme le qualifie Elton John, servent de cadre à ce projet destiné au film La Vallée, bien accueilli dans l’hexagone.

Ailleurs, il n’en va pas de même, l’histoire de l’éveil spirituel d’une jeune fille en Papouasie-Nouvelle Guinée ne passionnant pas les foules. Obscured By Clouds vaut essentiellement par l’instrumental Obscured By Clouds, When You’re In, Childhood’s End, The Gold It’s In The, Free Four (Waters y évoque la pression d’une tournée) et Stay.

Le reste est plan-plan, passe-partout, ne marque pas les esprits et s’oublie rapidement. Le film étant un cuisant échec commercial, il n’a pas favorisé la promotion de la musique, contrairement à son homologue More (RAZOR©).

 

1. Obscured By Clouds.
2. When You're In.
3. Burning Bridges.
4. The Gold It's In The...
5. Wot's...uh The Deal.
6. Mudmen.
7. Childhood's End.
8. Free Four.
9. Stay.
10.
Absolutely Curtains.

 

David Gilmour:chant,guitares.
Roger Waters:chant,basse.
Richard Wright:claviers,chant.
Nick Mason:batterie.

LP Studio 8 - 1972

 

Pink floyd dark side 1

 

PINK FLOYD

THE DARK SIDE OF THE MOON – 1973  5/5

 

Publié en mars 1973.

Produit par Pink Floyd.

Durée:42:54.

Label:Harvest,EMI,Capitol.

Genre:rock progressif.

 

Torry...de.

 

Sorti en 1973, The Dark Side Of The Moon (en écoute intégrale ici) de Pink Floyd, 7ème album, est demeuré 741 semaines dont 591 consécutives dans les charts américains. Donc, nous détenons là un album qui relève de l'exceptionnel. Du culte même, n'ayons pas peur des mots.

Plus on connaît cet album et plus on l’aime. On y évoque le travail (Breathe), l’argent (Money), la vieillesse (Time), la guerre (Us And Them), la folie (Brain Damage) et la mort (The Great Gig in the Sky).

The Dark Side of The Moon est un album où chaque morceau dépend de son précédent et de son suivant. C’est un tout. Qui plus est, chaque titre est un monument !

Dans le désordre, j’en veux pour preuve le géantissime The Great Gig in the Sky, une improvisation signée de la choriste Clare Torry (c’est Torry…de, car ça ressemble fortement à un orgasme) dont les consignes étaient de penser uniquement à la mort et à l’horreur durant l’enregistrement.

Relevons aussi la mélancolie de Brain Damage, un hommage musical tourmenté conclu par des rires et des refrains (tout l’univers de Syd Barrett et de sa parano), On the Run aux effets de synthé, Money et sa caisse enregistreuse ou Time et ses sonneries rappellant que Pink Floyd faisait partie des groupes précurseurs en matière de musique électronique. C’est innovant pour l’époque, ces effets sonores.

Ne perdez pas de vue que tout se faisait à l’os, autrement dit sans les possibilités numériques actuelles. Ecoutez-moi ça au casque et vous m’en direz des nouvelles ! The Dark Side of The Moon a touché toutes les générations et ne laisse pas insensibles les jeunes d’aujourd’hui.

Génial, grandiose, intemporel, indémodable, perle rare… on pourrait user de tous les dithyrambes qu’on serait encore loin de la réalité. Ce disque, c’est toute ma vie ! (RAZOR©).

 

1. Speak To Me/Breathe.

2. On The Run.

3. Time.

4. The Great Gig In The Sky.

5. Money.

6. Us And Them.

7. Any Colour You Like.

8. Brain Damage.

9. Eclipse.

 

David Gilmour:chant,guitare,synthétiseur.

Nick Mason:percussions,batterie.

Roger Waters:basse,chant,synthétiseur.

Richard Wright;claviers,chant,synthétiseur.

Dick Parry:saxophone sur 5/6.

Clare Torry:chant sur 4,choeurs.

Lesley Duncan,Barry St.John,Liza Strike,Doris Troy:choeurs.

LP Studio 9 - 1975

 

Pink floyd wish you were here sleeve1

 

PINK FLOYD

WISH YOU WERE HERE – 1975  5/5

 

Publié en septembre 1975.

Produit par Pink Floyd.

Durée:44:28.

Label:Harvest,Capitol,Columbia.

Genre:rock progressif.

 

Une longue caresse auriculaire.

 

L’album-concept Wish You Were Here (en écoute intégrale ici) est une oeuvre majeure de la discographie de Pink Floyd. Incontournable, il est le 11ème album du groupe, sorti en 1975. Pink Floyd a déjà tout connu : la gloire, l’argent, les filles, la vie de rock stars.

Partant de là et pour faire suite au cultissime Dark Side Of The Moon, comment se remotiver quand tensions relationnelles et  divergences artistiques assombrissent le quotidien du groupe ? Est-il possible, à défaut de faire mieux, de faire aussi bien alors que la division se fait jour ? D'ailleurs Pink Floyd, à deux doigts de se séparer, a-t-il des raisons particulières de continuer alors qu'il est à son apogée ?

C'est possible et la raison pour laquelle Pink Flod prolonge un peu, c'est justement la peut du vide après The Dark Side Of The Moon. La preuve de la pertinence de sa décision réside dans cette merveille d'oeuvre qu’est Wish You Were Here dont la figure de proue est le titre hommage au fondateur du groupe Syd Barrett et intitulé Shine On You Crazy Diamond, scindé en 2 pièces (et en 9 parties), une introductive (1 à 5), l'autre finale (6 à 9). Sa thématique porte sur l'absence, autre grand questionnement du groupe ici avec la désillusion de Pink Floyd envers l'industrie du disque et du Show-Biz, traduite par Have A Cigar et chantée par un inconnu du nom de Roy Harper, présent ponctuellement dans le studio.

Remplacé en 1968 par Gilmour, Syd Barrett est alors encore très présent dans l'esprit de ses anciens partenaires. Toute la tristesse, l'admiration et le chagrin d'avoir vu ce talentueux collaborateur s'égarer dans la dope et la dépression, est ici exprimée. Fabuleux !

C'est possible, disais-je, mais il fallut pour cela se remettre sans attendre au travail. Ce qui fut fait, le label se chargeant de mettre la pression et de souffler sur les braises pour que le succès gigantesque de The Dark Side Of The Moon ne retombe pas. L'accouchement de cet album harmonieux fut toutefois difficile et long en raison des conflits internes.

A sa parution, la critique, encore sous le choc de l'album mythique précédent, est mitigée, mais le succès de l’album de ce groupe majeur est immédiat (N°1 des deux côtés de l'Atlantique), alors que The Dark Side Of The Moon figure toujours en bonne place dans les classements et dans les cœurs. Abouti et accessible, épuré, empli d'émotions, le sombre et mélancolique Wish You Were Here est encore une grosse production commerciale et toujours un grand moment d'émotions.

L'histoire dit que pendant son enregistrement, un homme que personne n'identifie dans un premier temps, pousse la porte du studio. Chauve, les sourcils rasés, bouffi, mal fagoté, Syd Barrett, le diamant fou en question, n'est plus que l'ombre de lui-même. Tout le respect de ses pairs à son égard se concentre dans cet album (RAZOR©).

 

1. Shine On You Crazy Diamond (Parts 1/5).

2. Welcome To The Machine.

3. Have A Cigar.

4. Wish You Were Here.

5. Shine On You Crazy Diamond (6/9)

 

David Gilmour:chant,guitare acoustique,guitare électrique,lap steel guitare,synthétiseurs,effets sonores.

Nick Mason:batterie,percussions,effets sonores.

Roger Waters:chant,basse,guitare acoustique,synthétiseurs,effets sonores.

Rick Wright:piano,piano électrique,orgue Hammond,synthétiseurs.

Dick Parry:saxophones sur 1.

Roy Harper:chant sur 3.

Venetta Fields,Carlena Williams:choeurs sur 1.

LP Studio 10 - 1977

 

Pink floyd animals

 

PINK FLOYD

ANIMALS – 1977  4/5

 

Publié en janvier 1977.

Produit par Pink Floyd.

Durée:41:41.

Label:Harvest,EMI.

Genre:rock progressif.

 

Convaincant, malgré les tensions.

 

Animals (1977) est sombre, puissant et parfois violent. Il reflète parfaitement l’atmosphère dépressive, pessimiste, triste à mourir qui sied à cette époque et à cette société qui l’occupe et qu’il prend pour cible avec froideur et virulence.

Il est la meilleure réponse aux punks et skins qui ont dans le collimateur ces dinosaures des sixties/seventies lesquels, pour ceux-ci, appartiennent désormais au passé. Les partisans du No Future haïssent plus particulièrement Pink Floyd.

Waters, qui ne prend pas la voie hiérarchique pour dire ce qu’il a sur la panse, se charge de recadrer tout ce joli monde. A sa manière, en contre-attaquant avec des chansons qui n’ont jamais été aussi mordantes, haineuses et furieuses. Il n’a pas besoin des autres pour régler ses comptes.

Waters exerce alors une telle domination sur Gilmour, Wright et Mason, que ces derniers en sont réduits à un rôle de comparses, étant quasiment écartés du processus de conception d’Animals.

La pochette, c’est Waters. L’idée du concept s’appuyant sur la Ferme Des Animaux de George Orwell, relatant un soulèvement communiste fomenté par des animaux et écornant au passage l’idéologie capitaliste, c’est Waters.

L’écriture (sauf Dogs écrit par Gilmour), c’est Waters. Rien ni personne ne peut changer quoi que ce soit, Waters n’étant pas du genre à s’en laisser compter. Wright dira même, plus tard, n’avoir pas cherché à y contribuer de quelque manière que ce soit, se contentant d’assurer dans les règles son écot instrumental. Pink Floyd est devenu le terrain d’expression du bassiste, le territoire pour y développer sa vision sombre et glaciale des choses. Et on ne peut pas lui donner tort, tant Animals est une réussite.

En coulisses, lentement mais sûrement, son ego surdimensionné commence à lasser et les tensions se font jour. Mais il reste la musique et Animals est une très grande performance.

Concept-album prenant appui sur 5 titres seulement, Animals gravite autour de Dogs, Pigs et Sheep (Wright fait bien le travail en introduisant merveilleusement le morceau), agrémentés de deux moitiés de Pigs On The Wing, qui ouvre et qui clôture le disque.

Dogs est la pièce maîtresse de l’album et est certainement le seul titre à faire valoir ici une implication à peu près collective du Floyd. D’où sa force. Quatre têtes valant mieux qu’une, le Floyd n’a jamais été aussi costaud et inspiré que quand ils font œuvre commune. C’est le cas pour Dogs (17 minutes) et ce sera la dernière fois.

Sheep, au final dantesque et aux riffs de guitare énormes, est l’autre poutre porteuse du répertoire d’Animals. Dogs et Sheep sont deux titres qui ont été abandonnés dans un premier temps, retravaillés dans une deuxième phase, pour retrouver une seconde jeunesse. Elles sont identifiables sous les appellations de Gotta Be Crazy pour Dogs et de Raving And Drooling en ce qui concerne Sheep.

Pigs, troisième élément mastoc du disque, en dépit du chant de Waters et d’un énergique final au couteau de Gilmour, ne tient pas toutes les promesses entrevues dès ses premières notes. Prises en sandwich entre les deux phases de Pigs On The Wing, qui ne sont autres qu’un doux message d’amour de Waters à sa femme Carolyne, Dogs, Pigs et Sheep, au son volontairement durci, traduisent parfaitement la morosité ambiante de cette période de troubles sociaux et de violence.

Dans son ensemble, la riposte cinglante de Waters touche sa cible. Par ce disque, le has-been (ou dinosaure) montré du doigt par la génération No Future prouve, si besoin est, qu’il en a encore dans la culotte. La presse, généralement la première à mener la fronde pour mettre au placard ces groupes de rock des années 70 et de rock progressif, lui réserve un excellent accueil.

Deux mots sur la pochette, bien plus croustillante en vinyle qu’en CD, soit-dit-en-passant : les bâtiments qui y figurent sont ceux de l’usine électrique de Londres (Battersea) qui servit de cadre également au Quadrophenia des Who, et le célèbre cochon gonflable planant entre les deux cheminées est allemand (construit dans les usines de Ballon Fabrik, créateur du Zeppelin) et s’appelle Algie (RAZOR©).


1. Pigs On The Wing (part 1).
2. Dogs.
3. Pigs (Three Different Ones).
4. Sheep.
5. Pigs On The Wing (part 2).

 

Roger Waters:chant,basse.
David Gilmour:chant,guitares.
Richard Wright:claviers.
Nick Mason:batterie.

LP Studio 11 - 1979

 

Pink floyd the wall

 

PINK FLOYD

THE WALL – 1969  5/5


 

Publié en novembre 1979.

Produit par Bob Ezrin,David Gilmour,Roger Waters.

Durée:80:54.

Label:Harvest,Columbia,EMI,Capitol.

Genre:art rock,rock progressif.
 

Pink Floyd au pied du mur.
 

Un crachat de Roger Waters, de plus en plus réactif aux pressions extérieures, sur un surexcité du premier rang lors d’un concert des Floyd au stade Olympique de Montréal, dans le cadre de la tournée 77 de promotion d’Animals, a suggéré à son auteur l’idée de cet album d’anthologie. Ce soir-là, il semblerait, qu'outre le public assez indiscipliné, tout le monde soit à cran, puisque David Gilmour, pour manifester sa désapprobation envers un parterre agité, ne revient pas sur scène lors du rappel final.

La trame de The Wall (en écoute intégrale ici), 10ème album, double LP, vient de germer dans l'esprit de Waters, à savoir bâtir un mur entre le groupe et le public pour se protéger. La démo de Waters, par ailleurs inaudible, est soumise aux autres membres qui l’adoptent.

Il faut pas moins de huit mois et quatre studios différents pour enregistrer ce disque, sorti le 30 novembre 1979 et qui contient les chansons les plus lourdes, les plus durs d'un groupe alors au bord du gouffre financier et allégé d'un membre avec l'éviction de Rick Wright suite à un coup de tommel de Waters, auquel ce dernier reproche de ne pas assez s'impliquer. Tensions, tensions...

The Wall n’est pas un opéra-rock, ni un album-concept, ni une comédie musicale pas même un oratorio : c’est un amalgame de tout cela. Une chose est sûre : Pink Floyd a tourné le dos au psychédélisme, mais ça n'est pas une nouveauté, ce qui rend plus accessible ses 26 chansons dont 23 pour le seul Waters et 3 Gilmour/Waters dont Comfortably Numb et Run Like Hell. Elles gravitent autour du thème de l’enfermement.

Le ton est tantôt rock, tantôt plus calme et sombre, tantôt ballade, voire disco (Another Brick In The Wall II) avec cris, explosions, échos... Rien à redire.

C’est bien écrit, bien composé, poignant, cohérent.La pochette de l’album se veut sobre et représente un mur blanc immaculé, mur symbole de la non-communication. Hélas, Pink Floyd est au pied ce même mur et la suite s'annonce moins croustillante. Disque indispensable ! (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. In The Flesh.

2. The Thin Ice.

3. Another Brick In The Wall Part 1.

4. The happiest Days Of Our Lives.

5. Another Brick In The Wall Part 2.

6. Mother.

7. Goodbye Blue Sky.

8. Empty Spaces.

9. Young Lust.

10. One Of My Turns.

11. Don't Leave Me Now.

12. Another Brick In The Wall Part 3.

13. Goodbye Cruel World.


Disque 2.

14. Hey You.

15. Is There Anybody Out There ?

16. Nobody Home.

17. Vera.

18. Bring The Boys Back Home.

19. Comfortably Numb.

20. The Show Must Go On.

21. In The Flesh.

22. Run Like Hell.

23. Waiting For The Worms.

24. Stop.

25. The Trail.

26. Outside The Wall.


David Gilmour:chant,guitares,basse,séquenceur,synthétiseur,percussion.

Roger Waters:chant,basse,guitare,synthétiseur.

Nick Mason:batterie,percussion.

Rick Wright:piano,orgue,synthétiseur,clavinet.

Ron di Blasi:guitare classique sur 15.

Bob Ezrin:claviers.

James Guthrie:percussions,synthétiseur sur 8,séquenceur,batterie.

Bobbye Hall:percussion.

Islington Green School:choeurs sur 4.

Bruce Johnston,Toni Tennille,Joe Chemay,John Stoyce,Stan Farber,Jim Haas:choeurs.

Trudy Young:voix.

Freddie Mandel:orgue sur 1/21.

Frank Marrocco:concertina sur 21/26.

Jeff Porcaro:batterie sur 6.

Blue Ocean:caisse claire sur 18.

Lee Ritenour:guitare rythmique sur 10,guitare acoustique sur 19.

Trevor Veitch:mandoline.

Larry Williams:clarinette sur 26.

Brian Wilson:arrangements vocaux.

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