Quintessence.

BIOGRAPHIE.

 

 

QUINTESSENCE/Londres (Angleterre – UK)

 

Quintessence intro

 

Actif entre 1969 et 1980.

Labels:Island,RCA,Hux.

Genre:rock psychédélique,rock progressif,raga rock.

 

L'échiquier underground londonien.

En vulgarisant, dans les années 50, la musique indienne en Occident, le joueur de sitar et compositeur du Gange Robendra Shankar, dit Ravi Shankar, a été l'artisan principal de la dynamique qui a atteint le rock et la pop dans la décennie suivante.

En quête d'originalité, d'effets exotiques étranges et psychédéliques, certains artistes comme George Harrison et les Beatles (Norwegian Wood, Love You To, Within Without You et l'album Sergent Peppers), les Stones (Paint I Black), les Kinks (Fancy), Traffic (Paper Sun, A Hole In My Shoe), les Yardbirds (Heart Full Of Soul), Donovan (Three King Fishers et The Fat Angel) ou, aux États-Unis, les Byrds (Eight Miles High), accordent, avant tout le monde, un intérêt particulier à ces sonorités et influences orientales.

Quintessence raja jam 1Raja Ram, initiateur de Quintessence.Quintessence band 5 photo dick polakIssu de la communauté hippie de Notting Hill.Quintessence all saints church hall london 1969Groupe de raga rock puissanr (1969).Quintessence glastonbury 71Pilier du festival de Glastobury (1971).Quintessence in blissful company1969 : In Blissful Company, premier LP.Quintessence rebirth 2010Dernière levée discographique en 2011.

Derrière ces pionniers, une palanquée de formations emboîte le pas et, même si la première lame se situe peu après le milieu des 60's, s'approprie à la fin de cette même décennie, cette fusion du rock progressif, du jazz et de la musique classique indienne.

Quintessence appartient à cette seconde vague. A l'intérêt que ses membres portent pour la musique indienne, ils partagent parallèlement la foi hindoue, cultivée dans la communauté hippie de Notting Hill, enclave londonienne réplique de Haight-Ashbury à San Francisco.

Un groupe puissant.

Entre avril 1969, date de leurs débuts officiels et 1972, année qui les voit se séparer en deux, Quintessence, dont six des membres fondateurs se répartissent sur cinq nationalités différentes (Australie, États-Unis, Maurice, Canada, Angleterre), est un pur produit de la scène de Ladbroke Grove, celle qui a donné également Marc Bolan (T. Rex), Hawkwind et le groupe instrumental cher à John Peel, Third Ear Band.

Quintessence a alors la réputation d'être un des groupes les plus puissants du Royaume-Uni et sa popularité fulgurante (le bouche-à-bouche fait son œuvre) est à la hauteur de sa puissance qu'il dégage.

La scène européenne peut en attester durant les trois ans que la première phase de son activité dure, à savoir jusqu'à la scission de l'effectif et sa répartition entre un Quintessence bis et Kala (1972).

Là où certains adeptes de références indiennes se contentent alors d'intégrer quelques touches clairsemées, Quitessence plonge corps et âme dans le chaudron et se démarque rapidement sur ce créneau.

Raja Jam aux manettes.

Son mélange énergique et dynamique a l'adhésion spontanée du public et la reconnaissance du milieu de l'industrie du disque qui se tire la bourre pour le signer.

En professionnels avisés, Chris Blackwell, boss du label Island, et son cadre Muff Winwood, libéré du Spencer Davis Group, mettent le grappin sur le phénomène avec la promesse de lui laisser toute liberté artistique. Un combo notable de l'échiquier rock underground anglais des 70's s'annonce alors...

Le musicien australien Raja Ram, né Ronald Rothfield, est à l'initiative de Quintessence à la fin des 60's.

Flûtiste formé au Conservatoire de Melbourne et au jazz qu'il apprend à New York en 1965 auprès du pianiste Lennie Tristano, ce hippie itinérant avide de découvrir le monde s'installe au Royaume-Uni quand sa femme est sur le point d'accoucher.

Bohême dans l'âme, il vit alors de ses peintures mais prend conscience que la musique, en Angleterre, est bien plus lucrative que les toiles. Alors, il passe une annonce dans le Musical Express dans l'idée de constituer un groupe qu'il veut dans une filière jazz-rock.

250 candidats répondent à l'offre de recrutement, 6 d'entre eux sont sélectionnés. Si ceux-ci ne sont pas les meilleurs du lot auditionné, ils ont pour eux d'être sur la même longueur d'ondes que Raja Jam.

Richard Shambhu BabaJi Vaughan, bassiste américain récent résident londonien, l'australien Phil Shiva Shankar Jones (chant, claviers), le batteur canadien Jeremy Jake Milton, le guitariste mauricien Allan Mostert et le britannique Dave Maha Dev' Codling (guitare rythmique), ancien enseignant adhèrent au projet de Raja Ram et constituent l'ossature d'origine de Quintessence.

Parmi ces candidats, seul Phil Jones a un passé de musicien (Phil Jones & The Unkown Blues/ I Had A Ticket – Festival Records en 1967). Venu dans la capitale en quête de dévotion, c'est par le biais de son gourou, Swami Ambikananda, que ces derniers héritent de leur nom spirituel et épousent la philosophie indienne.

Une fusion acid-rock indienne et de foi hindoue.

Le sextet développe une fusion de psych-rock, de blues, de jazz, de prog et de raga indien qui ne laisse pas insensible la communauté underground du quartier londonien, ni les organisateurs de spectacles.

Trois mois après son premier concert dans une église de Portobello Road (All Saints) où s'entassent 400 personnes, le groupe croule sous les propositions.

Sorte de Sweet Smoke ou de Grateful Dead teinté de Ravi Shankar, Quintessence prend rapidement ses quartiers à Camden, au Roundhouse, un ancien atelier de réparation de locomotives.

Tous les dimanches, il se produit dans ce cadre réhabilité au profit d'artistes et de talents émergents et grossit ainsi son auditoire au point d'attirer les labels, Island se montrant le plus convaincant pour les signer.

Quintessence raja ram portrait

« Quintessence, après deux ans, a commencé à m'ennuyer. Nous étions tous constamment en train de nous engueuler. Lors d'un concert au Royal Albert Hall, j'ai réuni tout le monde et je leur ai annoncé que la fête était finie. Nous avons arrêté le groupe qui a éparpillé tout le monde. Bien entendu, j'ai fait l'unanimité contre moi. » (Raja Ram)

Un marqueur de Glastonbury.

Un contrat pour trois albums est proposé à Raja Ram et sa troupe ; ils entrent en studio à l'été 69 pour s'atteler au premier d'entre eux, In Blissful Company.

Publié en novembre de la même année, ce premier disque, dispensable tant pour le commun des mortels progressifs que pour le public non familiarisé avec la musique spirituelle indienne ou religieuse, s'adresse plus particulièrement à la sphère hippie dont il justifie les attentes du moment. Les ventes sont donc limitées.

Placé dans une filière identique (avec les mêmes conséquences en termes commerciaux), Quintessence, l'album éponyme suivant, est publié en juin 1970, peu de peu avant le Pilton Pop, Folk And Blues festival, première levée du Glastonbury Festival (19 septembre 1970).

Le lendemain de la mort de Jimi Hendrix, Quintessence monte sur les planches du légendaire festival, partageant l'affiche avec T. Rex, Steamhammer, Al Stewart, Keith Christmas et Stackridge.

1500 personnes suivent une prestation si convaincante qu'il assure sa présence à l'édition 71 du même événement, plus huppée du fait des participations de Bowie, Fairport Convention, Hawkwind, Mighty Baby, Traffic et Melanie notamment, de la nouvelle envergure de Quintessence et de la popularité du festival (12.000 spectateurs).

Des centaines de concerts s'inviteront derrière, dont certains lui permettent d'ouvrir pour des groupes alors en vogue comme Free, Creedence Clearwater Revival, Pink Floyd (à trois reprises), Led Zeppelin, Roxy Music, Mott The Hoople, Shackin' Stevens ou les Who.

Devenue un marqueur du festival au fil du temps, la formation londonienne, reformée ponctuellement, est des festivités organisées dans le cadre du 40ème anniversaire du festival 2010 dont les billets sont vendus en 24 heures. Son passage fait l'objet d'un album, Rebirth (2011/Hux Records).

La fin de la récré.

Si les deux LP ouvrant le catalogue ne marquent pas véritablement les esprits du public, sauf ceux auxquels ils s'adressent vraiment, Quintessence l'enrichit d'une troisième pièce publiée en mars 1971 ; Dive Deep, un must pour les adeptes d'acid rock, les amateurs d'impros et de titres étirés, de longs passages instrumentaux.

Dive Deep referme le chapitre Island sans que Quintessence ait véritablement convaincu et ce, malgré la liberté créative que le label lui a accordé. En rebondissant sur Neon (filiale de RCA), le groupe pense donner un coup de boost à sa carrière.

En vain, Self (1972) et Indweller (1973), sans Maha Dev et Shiva Shankar Jones virés, n'apportent rien de plus ; à la lassitude de Raja Ram s'ajoutent des tensions en interne.

Les conflits et les grincements de dents prennent progressivement le dessus, amenant Quintessence à se séparer sans avoir jamais fait son entrée dans la cour des grands (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 2 - 1970

 

Quintessence quintessence lp 1970

 

QUINTESSENCE

QUINTESSENCE – 1970  3/5

 

Publié en juin 1970.

Produit par John Barham.

Durée:42:57.

Label:Island Records.

Genre:rock psychédélique,rock progressif,jazz-rock,raga rock.

 

Le mérite de l'authenticité.

 

L'époque était hippie, au rock et au spirituel et Quintessence avait la particularité de bien fusionner ces trois éléments. En 1970, on peut dire sans les enterrer avant l'heure, que le groupe était déjà à son zénith, pratiquant un délicieux rock psychédélique, infusé dans les sonorités orientales et dans les chants sacrés hindous.

Il avait le mérite de l'authenticité dans sa quête musico-spirituelle et de coller aux idéaux du moment ; sa musique, construite autour de rock-prog, de jazz et des influences citées précédemment, était le vecteur pour y parvenir.

Ses deux premiers LP, In Blissfull Company et l'album éponyme qui nous réunit, sont de de beaux spécimens de cette ambiance hypnotique dominée par l'invocation religieuse.

Bien qu'étant les meilleurs travaux de Quintessence, ils ne permettent pourtant pas au groupe de Notting Hill de sortir du lot et de se rapprocher des plus grands du moment. C'est pourquoi je recommande plutôt de s'orienter vers une compil' pour juger comm il se doit ce groupe qui ne laisse pas indifférent.

La faute à une écriture pas toujours pertinente et accrocheuse ainsi qu'à une propension à la faire un peu longue parfois et à s'engluer dans des jams qui auraient gagné à être plus concis, dans des impros méditatives un tantinet redondantes. Hare Krishna, oui mais à dose homéopatique...

Fort heureusement, tout n'est pas comme ça ici et leur mariage de spiritualité avec le rock peut générer de très jolis moments (Only Love, Sea Of Immortality, l'ouvreur Jesus Buddha Moses Gauranga, Twilight Zone et Prisms).

La voix de Shiva et la belle flûte de Raja Ram sont les autres centres d'intérêt d'un opus qui a quand même figuré dans le top 30 (N°22) au Royaume-Uni, signe qu'il a du grain à moudre. Le reste est très dispensable d'où ma note à 3 (RAZOR©2022).

 

1. Jésus, Bouddha, Moïse, Gauranga.
2. Sea Of Immortality.
3. High On Mt. Kailash (Extrait de l'opéra).
4. Burning Bush (Live).
5. Shiva's Chant.
6. Prisms.
7. Twilight Zones.
8. Maha Mantra.
9. Only Love.
10. St Pancras (Live).
11. Infinitum.

 

Shiva Shankar Jones:chant.
Allan Mostert:guitare solo.
Maha Dev (Dave Codling):guitare rythmique.
Raja Ram (Ronald Rothfield):flûte.
Sambhu Babaji (Richard Vaughan):basse.
Jake Milton:batterie,percussions.

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