Ray Manzarek.

BIOGRAPHIE.

 

RAY MANZAREK/Chicago (Illinois – USA)

 

Manzarek intro

 

Né Raymond Daniel Manczarek Jr., le 12 février 1939 à Chicago, décédé le 20 mai 2013 à Rosenheim (Allemagne).

Actif entre 1961 et 2013.

Labels:Elektra Records.

Genre:rock psychédélique,acid rock,blues-rock,rock,jazz fusion,blues.

Site officiel:raymanzarek.com

 

L'architecte de la musique des Doors.

Plus âgé que ses autres partenaires des Doors, Ray Manzarek en était la véritable colonne vertébrale. Passés à la postérité grâce à la voix, à la poésie, à la théâtralité autant qu'aux frasques de son leader charismatique Jim Morrison, les californiens doivent à son claviériste d'avoir été le dépositaire du son unique, et reconnaissable entre mille, du groupe.

Bien qu'éclipsé par son chanteur lequel captait toute la lumière, Ray Manzarek mérite les mêmes attentions que lui. Il était en quelque sorte le directeur musical de l'équipe. Les riffs de piano électrique et d'orgue, les intros hypnotisantes ou les lignes épileptiques issues de ses claviers (Light My Fire, The End, Riders On The Storm, L.A Woman, Alabama Song...), ont fixé pour l'éternité la signature des Doors.

Membre fondateur des Doors, c'est lui qui, discrètement derrière Jim Morrison, assurait les parties de basse depuis sa main gauche, laissant à la droite le loisir de virevolter avec sur les touches et de donner jour aux mélodies que l'on connaît.

Décédé d'un cholangiocarcinome, le 20 mai 2013, Ray Manzarek, s'il était d'abord un claviériste génial, racé, précis et inspiré, était surtout l'architecte de la musique des Doors (il est présent sur chacun des titres des 8 LP des Doors), Morrison en étant l'âme.

Manzarek jeuneNé Raymond Daniel Manczarek à Chicago.

Manzarek venice beachJuillet 65 : plage de Venice...

Manzarek morrison...coup de foudre entre Ray et Jim Morrison...

Manzarek doors 2...qui donne naissance aux Doors.

Manzarek rick and the ravensJusque là, Ray évolue au sein de Rick & The Ravens...

Manzarek depositaire son doors...avant de devenir l'architecte du son des Doors.

Manzarek kreiger hollywood walk of fameUne étoile sur le Hollywood Walk Of Fame.

Manzarek nowActif jusqu'à sa mort en 2013.

Né Manczarek et à Chicago.

Ray Manzarek est né le 12 février 1939 dans l'Illinois. Pour l'état civil de sa ville natale, Chicago, il est Raymond Daniel Manczarek Jr, fils d'Helena et de Raymond, des descendants polonais peu fortunés.

Enfant, il apprend le piano en prenant des cours privés ; à Chicago, il fréquente l'Everett Elementary School, puis la St. Rita Of Cascia High School, avant de pointer à l'université DePaul.

Après avoir pratiqué le basket dans lequel il excelle, il renonce à ce sport en raison de la rigueur réclamée par son coach. Diplômé en économie (1960), il prend, à l'automne 61, le chemin de Los Angeles pour étudier le cinéma à l'Université de Californie (UCLA). C'est là qu'il rencontre celle qui deviendra son épouse à vie, Dorothy Fujikawa (du 21 décembre 1967 à sa mort).

Fatidique journée de juillet 65.

En 1964, le couple vit dans une maison donnant sur la plage de Venice où Ray fait, une journée de juillet 65, la rencontre de James Douglas Morrison, dit Jim. Il aurait pu faire carrière dans le basket, le destin en veut alors autrement : ce sera la musique et les Doors qui, dans l'esprit, naissent sur le sable chaud de Venice.

Entre Ray et Jim, le courant passe immédiatement : Kerouac, les poètes, la musique, les expériences avec les drogues... Ray et Jim sont sur la même longueur d'ondes. Ce dernier a quelques chansons dans sa besace, il en fredonne une à son ami, Moonlight Drive (qui figure sur Strange Days, le deuxième LP des Doors). 

« Let's Swim To The Moon, Let's Climb Through The Tide, Penetrate The Evening That The City Sleeps To Hide... ».

Ray Manzarek tombe sous le charme de cette voix envoûtante et de la poésie des lignes qu'il vient d'entendre. A ce stade de sa vie, il joue depuis 1962 dans un groupe qu'il partage avec deux de ses frères Rick et Jim, Rick And The Ravens (créé en 1961). Il y assure les claviers, le chant (il est affublé du pseudo de Screamin' Ray Daniels, Screamin' Ray, The Bearded Blues Shouter ou The Screamer) et l'écriture. La fratrie publie trois singles dans lesquels il est très impliqué (4 des 6 chansons).

D'Erik And The Ravens aux prémices des Doors...

La rencontre avec Jim Morrison, que Ray invite de manière informelle, à se joindre aux Ravens (John Densmore par la suite), débouche en septembre 1965 sur l'enregistrement d'une démo de 6 titres (label Aura, filiale de World Pacific) : My Eyes Have Seen You, End of the Night, Moonlight Drive, Go Insane, Summer's Almost Gone, Hello I Love You, que l'on peut voir comme les premiers titres des Doors, même s'ils en sont loin.

Ce rapprochement suscite en Ray des envies d'autre chose. Les frères Rick et Jim ne sont pas convaincus sur le devenir de cette formation et la quittent. Robert Krieger, rencontré (comme John Densmore) lors de séances de méditation transcendantale du yogi Maharishi, s'invite alors en octobre 1965.

Une fois que Pat Sullivan, bassiste (feminine) des Ravens, est évincée (décembre 1965), la nouvelle mouture (Manzarek, Morrison, Densmore et Krieger) prend le nom de Doors, nom qui réfère à l'ouvrage Les Portes de la Perception d'Aldous Huxley. Elle ne sera jamais remplacée au poste, cette fonction incombant désormais à Ray Manzarek, les Doors étant alors le seul groupe à jouer sans véritable bassiste (hormis quelques travaux de studio).

...puis aux Doors.

En débarquant sur la scène rock et bien qu'il ne l'occupe véritablement que 6 ans (jusqu'à la mort de leur charismatique sex-symbol en 1971 en fait), The Doors va devenir un des groupes cultes de l'histoire de la musique et constituer une influence pour de nombreuses générations d'artistes. Certainement plus célèbres après leur dissolution que de leur vivant, les Doors ont réussi la prouesse d'écouler plus d'une centaine de millions d'albums sur la planète dont près d'un tiers aux Etats-Unis.

Le premier d'entre eux tombe en janvier 1967, après qu'Elektra Records ait signé le groupe quelques mois plus tôt (août 66) sur les recommandations d'Arthur Lee de Love, également dans le giron d'un label indépendant depuis 16 ans. Capitol, RCA, Liberty, Dunhill, Decca et Reprise, eux, ne veulent pas de cette formation décalée.

L'éponyme The Doors installe dès lors un partenariat allant fonctionner à merveille. L'entrée à la place de N°1 du Billboard de Light My Fire en juillet 1967 valide, au delà de tout ce qu'il est permis d'imaginer, la décision du boss d'Elektra, Jac Holzman, d'avoir fait confiance à ces artistes. Elektra entre du même coup dans la cour des grands et la collaboration avec la bande à Manzarek devient une des plus fructueuses du rock.

Light My Fire est à peine sorti des charts que People Are Strange vient confirmer (N°12/1967). Un an plus tard (1968), Hello I love You reprend le leadership des charts, tandis que Touch Me fait 3.

Les Doors ne sont pas un groupe lambda, ils sont créatifs et ont des chansons visonnaires plein la besace. Ils les enchaînent comme on enfile les perles : The End, Break On Through, Alabama Song, When The Music's Over, The Unkown Soldier, L.A Woman, Riders On The Storm. 15 de leurs singles figurent au Billboard 100.

Manzarek, la signature sonore des Doors.

Leurs albums suivent la même dynamique : quatre d'entre eux sont cultes (The Doors, Strange Days, Morrison Hotel et L.A Woman), mais tous les six LP studio et le live de la période Morrison sont couverts d'or ; parallèlement, ils déchaînent les passions à chacune de leurs apparitions scéniques.

La théâtralité, la sensualité et la voix blues entre ténor et baryton de Morrison, les lignes de guitare imaginatives de Krieger, le jeu de batterie mystique de Densmore et l'orgue puissant, généreux, envoûtant de Manzarek, véritable signature sonore du groupe, écrivent la légende des Doors. Ce groupe change la manière de faire du rock.

Manzarek john densmore

“Pour moi, les Doors sont morts avec Jim. Malgré mon désaccord, Ray et Robby ont commencé à tourner sous le nom de "The Doors of the 21st Century". Sur les affiches, on ne voyait que ces lettres géantes dorées composant un nom: "The Doors". J'ai demandé à Ray d'arrêter ce cirque et il m'a promis de le faire. Sauf qu'il a continué. Je n'avais rien contre le fait que Ray et Robby jouent nos chansons, ni qu'elles soient reprises par d'autres groupes. Vous voulez écouter les Doors? Les enregistrements et les vidéos sont disponibles. Mais on ne réinvente pas un groupe comme celui-là sans son leader ! J'ai donc initié un procès avec les parents et la veuve de Jim Morrison, pour interdire à Krieger et Manzarek d'utiliser le nom du groupe et d'accepter un contrat publicitaire avec Cadillac. Ils ont contre-attaqué, en disant qu'on les empêchait de vivre de leur musique.” (John Densmore) 

Après la mort de Jim Morrison en 1971, Manzarek, Densmore et Krieger tentent de prolonger l'aventure en assurant une tournée européenne et en signant deux nouveaux LP, Other Voices (1971) et  Full Circle (1972) et que les fans de Morrison ont globalement rejetés en masse.

Diabolisés, ces deux disques montrent surtout que les Doors restants ne sont pas les musiciens de Jim Morrison, comme beaucoup le sous-entendent. Sous la conduite de Manzarek et de Krieger surtout, ils se révèlent de vrais auteurs-compositeur et interprètes. L'après-Morrison est collective et a encore du grain à moudre, même si c'est totalement différent.

Une belle carrière solo.

Une page se tourne toutefois en 1973 quand le trio décide de passer la main avant de se retrouver en 1978, l’espace d’un album rendant hommage à leur feu ex-leader : An American Prayer. Le disque consiste en une sélection de poèmes de Morrison mis en musique par ses anciens partenaires.

Ray Manzarek poursuit sa carrière en enregistrant deux albums pour son compte : The Golden Scarab et The Whole Thing Started with Rock & Roll Now It's Out of Control (1974/Mercury).

Album-concept, le premier nommé ne fait pas les gros titres à sa publication. Dans l'esprit des gens, les Doors sont morts quand la voix de son icône s'est tue, et tout ce qui suit l'après Morrison relève de l'anecdote. Pourtant Manzarek s'attache à soigner son premier album solo et il surprend dans son mélange de rock, de jazz et de rythmes exotiques. Il fait ici montre d'une belle inventivité.

Son suivant est plus commercial. The Whole Thing Started with Rock & Roll Now It's Out of Control, mélange subtil de pop, de rock et de jazz, mène Manzarek dans les charts. Sympa, il fait 150 au Billboard 200 et voit Joe Walsh y faire une pige à la guitare. Sa discographie compte 6 LP solos dont, dernier en date, Translucent Blues (2011).

Gardien du Temple Doors.

Il intègre ensuite Nite City (avec Nigel Harrison, Noah James, Jimmy Hunter et Paul Warren), un groupe de Los Angeles auteur de 2 opus : l'éponyme Nite City (1977) et Golden Days Diamond Nights (1978).

Ray Manzarek occupe la suite de son parcours professionnel à jouer avec de nombreux artistes comme Iggy Pop, à produire Echo & The Bunnymen et X4, à enregistrer avec Michael McClure, Darryl Read, Bal, Roy Rogers, Micheal C. Ford.

Gardien du temple Doors, il publie un livre de souvenirs (Light My Fire : My Life With The Doors/1998), puis suit avec beaucoup de vigilance tout ce qui est édité sur les Doors. Il les fait revivre sous le nom de Doors Of The 21st Century et Riders On The Storm, s'attirant les foudres de Densmore pour qui les Doors, c'est du passé. Jusqu'au bout, il s'est battu pour ce groupe mythique du rock. Après tout, c'est lui qui en fut à l'initiative, non ? (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE THE DOORS 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Doors the doors lp 1967

 

THE DOORS

THE DOORS – 1967  5/5

 

Publié en janvier 1967.

Produit par Paul A. Rothchild.

Durée:44:48.

Label:Elektra.

Genre:rock psychédélique,acid rock.

 

Une révélation !

 

Les Doors ouvrent leur compteur discographique avec ce disque éponyme (en écoute intégrale ici) sorti début 1967. Que de grands classiques comme Break on Through, The End, Light my Fire, Alabama Song et de sublimes chansons, demeurées parmi ce que les Doors ont fait de mieux (Crystal Ship, Backdoor Man, End Of The Night, Soul Kitchen) y figurent. Pour beaucoup d’entre nous qui découvrons alors cette formation californienne, l’écoute de cet album est une véritable révélation, un flash total. C’est un choc. La poésie s’invite dans le rock.

The Doors l’album démarre avec Break On Through, sur un rythme rock très soutenu, du rock à l’état pur où l’orgue de Manzarek est aussi présent et étrange que la voix de Morrison est belle et sans égale.

Arrive Soul Kitchen un morceau groovy qui balance bien. Suivent le langoureux Crystal Ship sur lequel Jim Morrison joue avec le public féminin, Light My Fire qui est un mélange de rock psyché et érotisant, End of the Night, reprise de Kurt Weil, le rugueux Back Door Man et – must parmi les must -  The End, la saga oedipienne de Jim Morrison, toile de fond d’Apocalypse Now de Francis Ford Coppola pour les incultes (générique et scène finale). Bref toute la poésie de Jim Morrison plane sur cet opus. Mais j’ai gardé le nec plus ultra pour la fin : The End.

Ah ! The End !!!!!!!!!!! Plus de 10 minutes de musique qui vous transporte on- ne- sait- où en Inde, dans les vapeurs d’opium… un délire cauchemardesque durant lequel la guitare de Robert Krieger donne une lumière lumineuse. A l’écoute de cet éponyme, on comprend pourquoi les Doors c’est anthologique. Inutile de manier le dithyrambe, on s’y colle plutôt deux fois qu’une (RAZOR©).

 

1. Break On Through (To the Other Side).

2. Soul Kitchen.

3. The Crystal Ship.

4. Twentieth Century Fox.

5. Alabama Song (Whisky Bar).

6. Light My Fire.

7. Back Door Man.

8. I Looked at You.

9. End of the Night.

10. Take It as It Comes.

11. The End.

 

John Densmore:batterie.

Robby Krieger:guitare.

Ray Manzarek:orgue,piano,basse.

Jim Morrison:chant.

 

LP Studio 2 - 1967

 

Doors starnge days

 

THE DOORS

STRANGE  DAYS – 1967  5/5

 

Publié en septembre 1967.

Produit par Paul A. Rothcild.

Durée:35:25.

Label:Elektra.

Genre:rock psychédélique,pop psychédélique.

 

Des Doors très ambitieux.

 

En 1967, les Doors sortent leur deuxième album, Strange Days (en écoute intégrale ici), soit huit mois après que leur premier disque (The Doors) n’ait déjà alimenté les bacs des disquaires et ne fasse grosse sensation.

Comme l’indique son titre et sa couverture, il est étrange. Attendu au coin de la rue, Strange Days est un succès commercial, mais surtout un triomphe artistique.

Œuvre fouillée, plus ambitieuse encore que l’éponyme précédent, variée, illuminée, l’album malgré le fait d’être devancé auprès du public, et en termes de notoriété par les LP The Doors et L.A Woman, atteint quand même la troisième place des charts US et obtient un disque d’or.

Strange Days contient les chansons les plus psychédéliques des Doors (Strange Days, People Are Strange, l’excellent Love Me Two Times, et l’incomparable When The Music’s Over…).

La pop psychédélique n’avait jamais été aussi cauchemardesque et torturée. Les textes sont obscurs, intrigants, sensuels sur des musiques obsédantes et avec la voix encore claire et faramineuse d’un Jim  Morrison, alors en forme olympique. A noter la prestation très convaincante de Ray Manzarek. Encore une fois, serais-je tenté de dire.

Ce disque est géant et incontournable ; il est à posséder impérativement, même s’il n’est pas celui que je préconiserais pour qui aborde ce groupe pour la première fois en raison de sa complexité et de son côté obscur (RAZOR©).

 

1. Strange Days.

2. You’re Lost Little Girl.

3. Love Me Two Times.

4. Unhappy Girl.

5. Horse Attitudes.

6. Moonlight Drive.

7. People Are Strange.

8. My Eyes Have Seen You.

9. I Can’t See Your Face In My Mind.

10. When The Music’s Over.

 

Jim Morrison:chant, synthétiseur Moog sur 9.

Ray Manzarek:orgue,piano,clavinet,marimba.

Robby Krieger:guitare.

John Densmore:batterie.

Douglas Lubahn:basse sur 1/2/3/6/7/8/9.

 

LP Studio 3 - 1968

 

Doors waiting for the sun

 

THE DOORS

WAITING FOR THE SUN – 1968  3,5/5

 

Publié en juillet 1968.

Produit par Paul A. Rothchild.

Durée:32:59.

Label:Elektra.

Genre:rock psychédélique.

 

Un coup de moins bien.

 

Il est très difficile d’enchaîner les albums de haut niveau. Les Doors vont-ils être, à leur tour, victimes du syndrome du troisième album? Attendu au tournant, il devrait être l’album de la maturité, pour les spécialistes. Il est vrai que succéder en qualité à The Doors et Strange Days relève de l’exploit.

La réponse des Doors est d’offrir, en juillet 1968, un Waiting For The Sun (en écoute intégrale ici) de bonne veine, mais se situant légèrement en retrait de ses prédécesseurs. Les Doors sont un mythe et Morrison le charismatique, une légende rebelle et un sex-symbol qui se permet tout mais auquel on ne pardonne rien. Les keufs viennent même le chercher sur scène pour exhibitionnisme. Provocateur, drogué, alcoolisé, Morrison va s’attirer les pires ennuis.

Ce chaos sert de toile de fond à la préparation de Waiting For The Sun qui devait s’appeler The Celebration Of The Lizard. Construit sur des chansons d’amour, il recèle certains morceaux devenus des classiques des Doors comme le pop Hello, I Love You, morceau qui entame le LP et qui n’est pas sans évoquer le All Day And All Of The Night des Kinks.

L’antimilitariste The Unkown Soldier, la tendre et mélancolique ballade Love Street (pour la fiancée de Morrison), le tribal et violent Not To Touch The Earth (Five To One est également violent et menaçant) comptent parmi mes morceaux de prédilection de Waiting For The Sun ainsi que deux des trois compositions de Krieger, le flamenco acoustique Spanish Caravan et le dramatique Yes The River Knows. Quant à My Wild Love, elle est intense mais particulièrement étrange.

L’album, tantôt doux, parfois violent a des côtés attachant. Il est fait dans le style purement Doors mais son rock psychédélique commence quelque peu à s’émousser. On verra avec Soft Parade qu’il ne sera pas loin de toucher le fond. Waiting For The Sun ne révolutionne pas le catalogue des Doors ; il mérite cependant une écoute encore très attentive (RAZOR©).

 

1. Hello, I Love You.

2. Love Street.

3. Not to Touch the Earth.

4. Summer's Almost Gone.

5. Wintertime Love.

6. The Unknown Soldie.

7. Spanish Caravan.

8. My Wild Love.

9. We Could Be So Good Together.

10. Yes, the River Knows.

11. Five to One.

 

Jim Morrison:chant.

Robby Krieger:guitare,guitare rythmique.

Ray Manzarek:orgue,basse claviers.

John Densmore:batterie.

Doug Lubahn,Kerry Magness,Leroy Vinnegar:basse.

 

LP Studio 4- 1969

 

Doors the soft parade

 

THE DOORS

THE SOFT PARADE – 1969  3/5

 

Publié en juillet 1969.

Produit par Paul A. Rothchild.

Durée:34:19.

Label:Elektra.

Genre:rock psychédélique,rock symphonique,blues-rock,pop psychédélique.

 

Pas de quoi parader.

 

De tous les albums produits par le groupe californien, The Soft Parade (en écoute intégrale ici) est celui dont on parle le moins, celui qui aura le moins marqué les esprits. La raison en incombe vraisemblablement à l’ajout de cuivres et de fanfares et au fait qu’il est décalé par rapport aux autres albums.

L’artisan de ce LP très court (33 minutes) et surtout de sa partie intéressante est Robbie Krieger. Même s’il ne contient pas de titres majeurs du groupe, il n’en offre pas moins d’excellentes compositions. Il combine des titres aux mélodies carrément pop à des travaux expérimentaux tandis que Morrison se fait plus discret qu’à l’accoutumée.

Tell All The People débute remarquablement ce disque révélant un Touch Me accrocheur, à l’intro rythmée et bénéficiant d’une touche parfaitement dosée de claviers. Do It est très plaisant. Krieger livre également un excellent mais trop court Whishful Sinful, une belle mélodie mélancolique. Seule ombre au tableau pour la partie Krieger, Runnin Blue un peu étrange.

Morrison est appliqué et en retrait, y compris au niveau de sa participation en titres (Wild Child, Shaman’s Blues, Easy Ride et Soft Parade). Morrison nous entraîne dans son délire rimbaldien mais ne suscite aucune émotion particulière. Il semble être sur le reculoir et sa discrétion pénalise beaucoup le disque.

Depuis sa sortie, j’ai essayé de revoir ma copie à la hausse, mais rien n’y fait, ce disque ne m’inspire aucunement. Y a des jours « avec » et des jours « sans », The Soft Parade est un jour « sans ». Depuis le temps, ça se saurait ! (RAZOR©)

 

1. Tell All the People.

2. Touch Me.

3. Shaman's Blues.

4. Do it.

5. Easy Ride.

6. Wild Child.

7. Runnin' Blue.

8. Wishful Sinful.

9. The Soft Parade.


Jim Morrison:chant.

Robbie Krieger:guitare,choeurs.

John Densmore:batterie.

Ray Manzarek:claviers.

Harvey Brooks,Doug Lubhan:basse.

 

LP Studio 5 - 1970

 

Doors morrison hotel

 

THE DOORS

MORRISON HOTEL – 1970  4,5/5

 

Publié en février 1970.

Produit par Paul A. Rothchild.

Durée:37:05.

Label:Elektra.

Genre:rock psychédélique,blues-rock.

 

Dans l’ombre des albums culte.

 

Le patronyme Morrison figurant dans le titre de l’album Morrison Hotel (en écoute intégrale ici), n’a rien à voir avec le Morrison que vous connaissez, leader du groupe The Doors. Toute ressemblance avec personne existante ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Et bien, il s’agit là d’une pure coïncidence.

Ce LP de 1970, cinquième opus du groupe américain, propose, sur une face du vinyle, un côté baptisé Hard Rock Cafe (A), l’autre face étant appelée Morrison Hotel. Il fait suite à l’expérimental The Soft Parade (1969) et devance L.A Woman (chronologiquement parlant, s’entend).

The Soft Parade n’ayant pas recueilli les faveurs de la presse et du public, les Doors reviennent à ce qui faisait leur succès : le blues. Mais d’une manière teintée. En se recentrant sur leurs racines, sur le rhythm & blues, les Doors vont préparer le terrain pour L.A Woman.

C’est dans cet état d’esprit blues-rock que l’incomparable Roadhouse Blues attaque la face Hard Rock Cafe, morceau que le groupe retiendra pour débuter ses concerts.

Cet excellent album du catalogue des Doors les voit interpréter quelques unes de leurs petites merveilles comme Blue Sunday, Waiting For The Sun ou Indian Summer (face B).

Ce disque charnière (le plus rock du groupe) passé un peu inaperçu, n’est pas sans rappeler l’album éponyme du groupe, un joyau. Ship Of Fools, dernier titre de la face A (un peu moins rock), va dans ce sens, tandis que Queen Of The Highway (face B, écrit pour la copine de Jim) marche sur les traces d’un anthologique Riders On The Storm. Morrison y est prolifique (ses ennuis prennent fin).

La face Morrison Hotel est moins rock, elle abrite quelques titres intéressants comme The Spy (un piano dans une ambiance jazzy), Queen Of The Highway, la jolie et concise ballade Indian Summer, Maggie Mac Gill, un petit rock sympa.

Guitare experte de Krieger, orgue fou de Manzarek et voix incomparable de Morrison, il n’en fallait pas plus pour faire de ce Morrison Hotel, un disque rock annonçant un retour en grande pompe du groupe après le décevant The Soft Parade.

Morrison Hotel doit avoir une place de premier choix dans les bonnes discothèques qui se respectent. Les Doors y excellent comme seuls, ils savaient le faire (écoutez You Make Me Real, si ce n’est pas du Doors, je me fais moine !). Et c’est toujours du très grand Doors. Un très bon rendez-vous pour tout vous dire. On prend (RAZOR©).

 

Hard Rock Café

1. Roadhouse Blues.

2. Waiting For The Sun.

3. You Make Me Real.

4. Peace Frog.

5. Blue Sunday.

6. Ship Of Fools.

 

Morrison Hotel

7. Land Ho!

8. The Spy.

9. Queen Of The Highway.

10. Indian Summer.

11. Maggie M'Gill.

12. Talking Blues.

 

Jim Morrison:chant.

Robby Krieger:guitare,guitare rythmique.

Ray Manzarek:piano,orgue,basse claviers.

John Densmore:batterie.

Lonnie Mack:basse sur 1/11.

G. Puglese (John Sebastian):harmonica sur 1.

Ray Neapolitan:basse sur 4/6.

 

LP Studio 6 - 1971

 

Doors l a woman

 

THE DOORS

L.A WOMAN – 1971  5/5

 

Publié en avril 1971.

Produit par The Doors,Bruce Botnik.

Durée:48:24.

Label:Elektra.

Genre:blues-rock.

 

La der du leader.

 

Je ne pense pas que L.A Woman (en écoute intégrale ici) représente bien l’œuvre des Doors, car ce sixième et ultime album enregistré avec son icône charismatique, paru en 1971 (Jim Morrison est mort à Paris trois mois plus tard), sonne très blues rock. Il n’a pas le côté psyché des précédents.

Jim Morrison, aux allures chritiques, à la présence bestiale, dépasse alors le quintal, mais sa voix gagne en profondeur, en raucité ; le son est alourdi, bref, on est à des années-lumière de la production qu’on connaissait des Doors et Morrison bien loin des clichés usuels de la rock star. Les Doors sont alors moribonds et, pour ne rien vous cacher, ça sent le sapin, la fin… car Morrison s’isole et ce comportement génère des tensions entre lui et les autres.

Ils trouvent néanmoins d’ultimes ressources pour rebondir une dernière fois et s’appliquent un esprit digne des grands Doors qu’ils furent, décident de s’autoproduire, aidés en cela  par Bruce Botnik. Chacun des membres se recale sur sa partition demeure, se recentre sur son instrument  et vogue la galère…

Il en découle  un disque extraordinaire et essentiel. Laissez-vous embarquer par les « Riders On The Storm », ça vaut le détour ! Retenons aussi le titre qui a donné son nom à l’album et imaginé pour les besoins du film Zabriskie Point (L’America), ainsi que Love Her Madly, Hyacinth Blues (l’hôtel dans lequel Morrison s’est pris pour une libellule), L.A. Woman, Been Down So Long et The Changeling.

Outre un incroyable Big Jim au chant, un Ray Manzarek (orgue) dont l’orgue redevient délicieusement tortueux, Robert Krieger au jeu de guitare de nouveau brillant comme par enchantement et John Densmore (batterie), l’album bénéficie des piges ponctuelles et brillantes de l’ancien bassiste de Presley, Jerry Scheff (basse) et de Marc Benno (guitare rythmique) qui bosse pour Leon Russell.

Il en résulte un disque merveilleusement maîtrisé, fignolé avec soin et précision, des plus cohérents, intemporel, incontournable et à valeur hautement historique, puisque Jim Morrison y éructe ses dernières notes, disparaissant dans la foulée.

L.A. Woman fut honoré, en son temps, du prix de l’Académie Charles Cros. Pour les teenagers de cette époque, cette distinction était un critère de reconnaissance artistique huppé et, par voie de conséquence d’achat. Rien n’a changé depuis, mais aujourd’hui on dit : L.A. Woman, c’est trop d’la balle. C’est du pareil au même, alors, profitez-en (RAZOR©).

 

1. The Changeling.

2. Love Her Madly.

3. Been Down So Long.

4. Cars Hiss By My Window.

5. L.A. Woman.

6. L’America.

7. Hyacinth House.

8. Crawling King Snake.

9. The WAST (Texas Radio And The Big Beat).

10. Riders On The Storm.

 

John Densmore:batterie.

Robby Krieger:guitare.

Ray Manzarek:basse,orgue,piano,claviers.

Jim Morrison:chant.

Marc Benno:guitare rythmique sur 3/4/5/8.

Jerry Scheff:basse sur 1/2/3/5.

 

LP Studio 7 - 1971

 

Doors other voices

 

THE DOORS

OTHER VOICES – 1971  3,5/5

 

Publié en octobre 1971.

Produit par The Doors,Bruce Botnick.

Durée:39:42.

Label:Elektra.

Genre:rock.

 

Oublier le passé…

 

Jim Morrison n’est plus de ce monde depuis juillet 1971. Cette perte énorme de ce monstre sacré du rock, de l’idole de toute une génération et de ce leader charismatique, de cet incomparable et théâtral chanteur, allait immanquablement causer la séparation des Doors. C’était écrit. Vous connaissez l’adage ? Un seul être vous manque et tout est dépeuplé…

Il est vrai que perdre une forte personnalité comme Jim Morrison a de quoi faire se poser des questions sur l’avenir du groupe. Mais c’est aussi faire peu de cas des autres membres des Doors. Après tout, si Jim était la voix, il ne faut pas négliger la musicalité et le son, le toucher et la créativité de Manzarek et de Krieger, le talent de Densmore.

Morrison les a longtemps éclipsés mais réduire le succès des Doors au seul Jim, est leur faire injure. Les condamner à l’inactivité forcée inévitable, c’est oublier que le claviériste et le guitariste ont déjà fait montre de qualités indéniables sur d’autres précédents albums qu’ils ont même parfois sauvés de l’indigence ou du manque d’inspiration.

N’oublions pas, non plus, que le fameux Light My Fire est signé Robbie Krieger. Qui plus est, les membres restants ont dû se préparer à cette issue quasiment annoncée, car leur leader aux frasques répétées et aux abus lysergiques et alcooliques notoires, prenait de plus en plus de distance avec le groupe. Par conviction personnelle ou par incapacité à assurer son travail en raison de son état de santé mis à mal par la drogue.

Les Doors, sans Morrison, ont prouvé qu’ils n’étaient pas les musiciens de Jim mais de vrais auteurs-compositeurs et interprètes. Il est bien heureux que ces derniers aient continué à fonctionner comme un groupe et à enregistrer Other Voices (en écoute intégrale ici) et Full Circle.

Other Voices sonne différemment, car on ne remplace pas un chanteur de cette trempe. Krieger et Manzarek n’ont d’ailleurs pas cherché à le remplacer et ont préféré gérer le côté chant eux-mêmes, les compositions proposées par le nouveau trio étant généralement bonnes. Pour d’autres artistes, ce disque aurait constitué un tremplin idéal pour démarrer une carrière.

Pour les Doors restants, il y a eu (malheureusement pour eux, heureusement pour nous) toute cette production discographique incomparable, avant, et qui va occasionner un manque d’intérêt de la part des fans de Morrison, de la presse et de ceux qui pensent que plus rien ne sera jamais comme avant.

Other Voices est donc resté dans le ventre mou de ce qu’ont réalisé les Doors. Je n’hésite pas à le réhabiliter et à conseiller aux sceptiques une écoute particulière. Cela va faire 40 ans que Morrison est mort, il est donc temps d’enlever ses œillères et d’accorder un peu de crédit au travail de trois mecs qui ont refusé de se laisser aller au découragement.

Other Voices démarre par un sympathique titre bluesy In The Eye Of The Sun. Ships w/Sails, l’optimiste I’m Horny, I’m Stoned, Variety Is The Spice Of Life, Tightrope Ride, Down On The Farm, Wandering Musician sont les autres temps forts d’un disque qui  ne mérite pas cette plongée dans l’obscurité qu’on lui a imposée. La mort de Morrison a ressoudé le groupe, le travail collectif s’en ressent. Il doit retrouver la lumière et s’écouter en faisant abstraction que c’est un Doors. Et vous serez surpris car il y a ici du grain à moudre… (RAZOR©).


1. In The Eye Of The Sun.          

2. Variety Is The Spice Of Life.            

3. Ships w/ Sails.               

4. Tightrope Ride.              

5. Down On The Farm.       

6. I'm Horny, I'm Stoned.           

7. Wandering Musician.              

8. Hang On To Your Life.    

 

Robby Krieger:chant,guitare.

Ray Manzarek:claviers,chant.

John Densmore:batterie.

Jack Conrad,Ray Neapolitan,Jerry Scheff,Wolfgang Meltz:basse.

Willie Ruff:contrebasse.

Fransico Aguabella:percussions.

Emil Richards:marimba.

 

LP Studio 8 - 1972

 

Doors full circle

 

THE DOORS

FULL CIRCLE – 1972  3/5

 

Publié en août 1972.

Produit par The Doors.

Durée:40:05.

Label:Elektra.

Genre:funk rock,jazz fusion.

 

This Is The End…

 

En 1972 paraît Full Circle (en écoute intégrale ici). L’événement est historique car il consiste en le dernier album d’un groupe mythique: les Doors. Certes, depuis la mort de leur leader Jim Morrison, le groupe n’a plus la même aura.

A tort, car le groupe a eu le mérite de ne pas sombrer et de sortir un Other Voices fort sympathique, quoique différent (et cela ne surprendra personne) de la production que l’on connaît (et que l’on a aimé) de cette formation américaine ; il est surtout mal connu car bien plus intéressant que ce qu’en pensent les inconditionnels de Jim Morrison.

Toutefois, c’est reculer pour mieux sauter. En effet, Full Circle, deuxième opus sans leur chanteur charismatique, est le dernier des Doors. Une page se tourne. Et quelle page !

Les Doors se reformeront, en 1978, l’espace d’un album rendant hommage à leur feu ex-leader, An American Prayer. Cet album donne le jour à leur dernier tube, The Mosquito, repris chez nous par Dassin et à un excellent The Piano Bird. Le son est plus moderne. Les chœurs lui donnent un côté plus gospel.

Les Doors font du Doors, mais sans la magie qu’on leur connaissait. Cette fois-ci, c’est bel et bien la fin. This Is The End, My Only Friend, The End… (RAZOR©)

 

1. Get Up and Danc.

2. 4 Billion Souls.

3. Verdilac.

4. Hardwood Floor.

5. Good Rockin.

6. The Mosquito.

7. The Piano Bird.

8. It Slipped My Mind.

9. The Peking King and the New York Queen.

 

Robby Krieger:chant,guitare.

Ray Manzarek:claviers,chant.

John Densmore:batterie.

 

LP Studio 9 - 1978

 

Doors american prayer

 

THE DOORS

AN AMERICAN PRAYER – 1978  3,5/5

 

Publié en novembre 1978.

Produit par The Doors.

Durée:46:14.

Label:Elektra.

Genre:rock,poésie,expérimental.

 

Une merveille de copié/collé.

 

Jim Morrison est mort en 1971. Dans la foulée, le trio restant a sorti Other Voices et Full Circle, deux albums qui n’ont pas eu la reconnaissance escomptée par les fans et la presse. Inutile de s’obstiner, la magie Doors n’opère plus sans le poète et chanteur Morrison tandis que, dans le même temps, la scène musicale n’est plus au psychédélisme mais tend à s’orienter vers d’autres horizons ouverts par des groupes comme Led Zeppelin.

Les Doors ont vécu (1973). Histoire de rendre hommage à Jimbo, ils repartent toutefois pour un dernier projet estampillé The Doors, An American Prayer (en écoute intégrale ici). Cet album date de 1978 et est un peu en marge de ce qu’on pu faire les Doors.

An American Prayer, en effet, compile certains des poèmes de Morrison mis en musique par Manzarek, Krieger et Densmore, par l’utilisation de bandes playback. Les poèmes, lus par Jim ont, pour la plupart, ont été enregistrés en décembre 1970. Le sexe et la religion y sont traités sans pudeur.

Musiques originales et extraits de musiques existantes des Doors, morceaux d’archives sonores, de concerts… voilà ce qu’est American Prayer sorte d’album-concept construit en 5 actes (Awake-To Come The Age-The Poet’s Dreams-World On Fire-An American Prayer).

Le résultat est concluant et sonne plus comme un album de Jim Morrison que comme un opus des Doors. C’est très beau, avec une ambiance spéciale qui fait revivre le défunt chanteur et ce n’est pas surprenant de retrouver ce disque dans les meilleures ventes US.

An American Prayer se consomme d’une seule traite en se concentrant bien sur l’écoute. Réservé aux poètes et aux fans du groupe. Les autres, non initiés, seront forcément surpris (RAZOR©).

 

1. Awake.

2. Ghost Song.

3. Dawn's Highway/Newborn Awakening.

4. To Come of Age.

5. Black Polished Chrome/Latino Chrome.

6. Angels and Sailors/Stoned Immaculate.

7. The Movie.

8. Curses, Invocations.

9. American Night.

10. Roadhouse Blues.

11. Lament.

12. The Hitchhiker.

13. An American Prayer.

14. The End.

15. Albinoni: Adagio.

 

John Densmore:batterie.

Robby Krieger:guitare.

Ray Manzarek:claviers,basse.

Jim Morrison:chant,spoken word.

Reinol Andino:percussions.

Bob Glaub:basse sur 15.

Jerry Scheff:basse.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1974

 

Manzarek the golden scarab

 

RAY MANZAREK

THE GOLDEN SCARAB – 1974 3,5/5


Publié en 1974.

Produit par Bruce Botnik,Bob Brown.

Durée:45:17.

Label:Mercury Records.

Genre:blues-rock,jazz-rock.

 

Le costume lui va bien.
 

« Ce matin, un lapin a tué un chasseur… ». Ne vous méprenez pas, vous ne vous êtes pas trompés d’adresse. Ray Manzarek, c’est bien ici. Ma référence goyaienne pour introduire l’album The Golden Scarab (en écoute intégrale ici) de 1974 de l’attachant claviériste des Doors, n’est dictée que par la pochette, car pour le reste, il ne faut y voir aucune commune mesure avec l’univers des Bécassine ou Piou Piou Petit Poussin. Mais la couverture m'inspire ce refrain ; c'est comme ça !

The Golden Scarab est le premier album solo de Manzarek, à un moment où les Doors tentent péniblement de faire un peu de rab autour du nom, après la perte de Jim Morrison en 1971. Le trio vit une période difficile ponctuée par le pourtant correct Full Circle et le probant Other Voices, mais que la presse et le public ne reconnaissent pas comme tels.

La magie Doors n’agit plus, la scène musicale a changé, les Doors sont passés de mode. C’est le moment choisi par Manzarek pour publier son Scarabée d’Or. Certes, cet album-concept ne fait pas grand bruit à sa publication et pourtant, il surprend très agréablement, figurant parmi les meilleurs produits dans ce genre de disque conceptuel.

Mélange de rock, de jazz, de rythmes chaloupés et exotiques, il héberge quelques magnifiques pièces qui apprennent que ce magicien des claviers est ambitieux et imaginatif, en pince pour l’Orient, l’Egypte notamment, et l’ésotérisme, le titre de l’album faisant référence au Scarabée, qui incarne, au pays des Pyramides et des Pharaons, le dieu solaire renaissant tous les matins, faisant également figure de symbole pour les morts et d’emblème protecteur pour les vivants.

Disque insolite au rythme intense, très inventif, il laisse sur une belle impression, à des années lumières des Doors, même si l’ombre de Morrison plane au dessus de cet album. La guitare de Robby Krieger est mise sous l’éteignoir par celle du phénoménal Larry Carlton.

Tony Williams, aux fûts, fait oublier John Densmore et Ray Manzarek, excellent chanteur, s’il tient son rang au-delà de ce que l’on peut imaginer au niveau des claviers (en serait-on surpris, le son des Doors c'est lui), apporte la preuve que le binoclard avant-gardiste a l’envergure pour endosser un costume dans lequel il ne flotte pas du tout, loin s’en faut.

Il est enfin temps pour lui de se défaire de cette étiquette collante des Doors, au risque de brider une inventivité qu’il a indéniablement en lui. Joe Walsh (qui apparaît sur l’album, tout comme Flo & Eddie), Jerry Scheff (déjà présent sur L.A Woman), Correa Mailto, Steve Forman et Milt Holland, au niveau des percussions, ainsi qu’une belle brochette de cuivres (Ernie Watts, Oscar Brashear) font l’appoint d’un line-up qui véhicule un son totalement différent et plus moderne, de celui auquel le passé sous Doors nous avait habitués.

The Golden Scarab, c’est de l’excellente musique, menée tambour battant qui évolue vers un esprit plus progressif, bien maîtrisé, cohérent, parfois complexe, comme beaucoup d’albums concepts.

Cet album qui n’a rien à envier à des produits similaires façonnés par des Steely Dan ou Mahavishnu Orchestra, s’écoutera et s’appréciera comme il se doit en faisant abstraction du passé. On pourra ainsi accorder un réel intérêt à cet artiste discret et talentueux, pierre angulaire du son des Doors, mais alors étouffé par le charisme de Morrison (RAZOR©)

 

1. He Can't Come Today.
2. Solar Boat.
3. Downbound Train.
4. The Golden Scarab.
5. The Purpose Of Existence Is ?
6. The Moorish Idol.
7. Choose Up And Choose Off.
8. Oh Thou Precious Nectar Filled Form (or) A Little Fart.

 

Ray Manzarek:chant,claviers,piano,orgue,synthétiseurs,kalimba.

Flo & Eddie:choeurs.

Joe Walsh:guitare.

Larry carlton:guitare.

John Klemmer:saxophone.

Tony Williams:batterie.

Michael Fennelly:guitare.

George Segal:banjo.

Oscar Barshear:trompette.

Mailto Correa:percussion,bongos,conga.

Tim Downs:batterie.

Steve Forman:percussion,cloches.

Milt Holland:percussion,cloches.

Mark Pines:guitare.

Jerry Scheff:basse.

Patti Smith:choeurs.

Ernie Watts:saxophone ténor.

Gary Mallaber:batterie,percussion,vibraphone.

Paul Davis:percussion.

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