Skip Spence.

BIOGRAPHIE.

 

SKIP SPENCE /Windsor (Canada)

 

Skip spence 2

 

Né Alexander Lee Spence, dit Skip Spence.

Né le 18 avril 1946 à Windsor (Canada).

Décédé le 16 avril 1999 à Santa Cruz (U.S.A).

Actif entre 1965/1971,par intermittence ensuite.

Label:Columbia,Sundazed.

Genre:acid rock,folk psychédélique,folk-rock,rock.

Skip Spence, une victime de l’acide.

Pour Skip Spence, c’est l’occasion qui a fait le larron. Quand, durant l’été 1965, alors qu’il est sur le point d’auditionner pour Quicksilver Messenger Service, il est sollicité par Marty Balin pour occuper la batterie de Jefferson Airplane en lieu et place du Jerry Peloquin, au motif que le groupe tape un peu trop dans la boite à cachetons, Skip Spence n’a pas de grande expérience au poste ; le co-fondateur de l’Airplane sait, lui, qu’il fait l’affaire.

Skip intègre sans délai la formation alors vedette du Matrix Club de San Francisco et prend part, derrière les fûts, au premier LP des sanfranciscains, à savoir Takes Off (1966) pour lequel il signe deux titres en co-écriture avec Marty Balin, Blues For An Airplane et Don't Slip Away. Il alimente également le mythique Surrealistic Pillow d’une de ses chansons : My Best Friend (févier 1967) mais sans en être, puisque déjà remplacé par Spencer Dryden.

Skip spence moby grape

Moby Grape, groupe majeur du San Francisco Sound. 

Animé d’une perpétuelle bougeotte, Skip Spence est toujours sur les 4 chemins, posant des problèmes à l’Airplane qui, aussitôt l’album achevé, lui fait savoir que c’est ou l’un, ou l’autre, d’autant que ses absences ne sont jamais annoncées. Skip Spence opte pour l’autre et Spencer Dryden pourvoie à son remplacement au sein du Jefferson Airplane.

L’autre, pour Skip Spence, c’est Moby Grape, groupe formé à San Francisco à la fin de 1966 et à l’initiative du controversé Matthew Katz, déjà fauteur de troubles au sein de l’Airplane ; positionné à son poste de prédilection, la guitare, il contribue avec Jim Miller (guitariste), Don Stevenson (batteur), Peter Lewis (guitare rythmique) et Bob Mosley (bassiste) à en faire un groupe majeur du San Francisco Sound et du Summer Of Love.

Entre septembre et octobre 1966, le groupe californien, unique pour sa ligne de trois guitares, passe l’essentiel de son quotidien à répéter comme des dingues les chansons composées par la collégialité. Les titres de Spence passent pour les plus novateurs d’un groupe apprécié pour ses belles harmonies de voix.

Il y expérimente souvent des effets de studio et aime à déstructurer ses compositions. Son unique crédo est alors d’embarquer l’auditeur là il lui-même a décidé d’aller. C’est un original qui ne laisse personne insensible.

Un original imprévisible.

Pas les maisons de disques en tout cas, et CBS notamment, qui signe Moby Grape, figure séminale du rock psychédélique californien et dont Skip Spence est le point focal.

Skip Spence est mort le 16 avril 1999 d’un cancer ; aujourd’hui encore, on réfère à son approche de la musique et à la faculté qu’il avait à tordre le cou aux genres. Skip Spence, comme tous les grands génies du rock, était imprévisible. Il faut voir dans son imprédictibilité les conséquences de la schizophrénie paranoïaque dont il souffrait.

Skip Spence est ontarien, né à Windsor sur la rive canadienne du Michigan qui fait face à Detroit l’américaine, mais c’est dans la baie de San Francisco qu’il s’épanouit artistiquement jusqu’à devenir une institution du rock après son expérience Moby Grape et surtout dans le sillage de son exceptionnel album personnel, Oar, sorti en octobre 1969.

Skip spence peter lewis

« Une nuit, Skip a été gavé d’acide par une fille se prétendant de Satan. Pas n’importe quel acide, pas celui qu’on trouve dans le jardin. Une variante si puissante de LSD qui l’a plongé dans des hallucinations pendant trois jours. Il s’est pris pour l’Antéchrist et il y a eu l’épisode de la hache dans l’hôtel et au studio. » (Peter Lewis)

Si Skip Spence n’a jamais bénéficié du même niveau de popularité que celui que l’on prête à son génie, il faut en chercher les explications au sein même de Moby Grape, groupe malchanceux mais pas que, baladé surtout par un manager véreux, Matthew Katz, dont les choix et les décisions n’ont pas toujours été les plus judicieux, dont les manigances ont empêché, du vivant du groupe, puis retardé, après sa cessation d’activité, la promotion du nom et du catalogue.

… puis il s’est pris pour l’Antéchrist.

Parallèlement à ces combines à la direction du groupe, Moby Grape doit faire face à quelques belles casseroles de rock stars, comme des accusations de détournement de mineures ou de dégradations dans des établissements ; en interne, l’entente n’est pas des meilleures et les conflits d’égo foisonnent, tant et si bien que quand la drogue s’invite, le chaos s’installe. Les rivalités personnelles conduisent à des divergences artistiques. Dans ce contexte défavorable, Skip Spence a droit à son chapitre entre internements en psychiatrie et pétage de plombs dans les règles de l’art.

Le plus notable, et c’est ce que l’histoire du rock a plus souvent promu qu’elle ne l’a fait à propos du génie de l’artiste, a trait à l’épisode l’impliquant dans le saccage d’une chambre d’hôtel à coup de hache d’incendie ; cela aurait même pu virer au drame car, selon l’anecdote,  ses intentions initiales étaient de s’en prendre aux membres de Moby Grape et à Peter Lewis notamment. Il se prenait soudainement pour  l’Antéchrist, selon ce dernier.

Sa copine du moment, membre d’une secte satanique ou quelque chose du genre, avait, il faut le dire, bien soufflé sur les braises en lui susurrant à l’oreille que ses collègues du groupe souhaitaient son mal. Skip Spence n’était pas un modèle de stabilité mentale, ça se saurait. Rajoutez le LSD là-dessus et vous tenez le sujet-type pour alimenter les colonnes les plus trash de la rubrique des faits divers.

Skip spence oar

Difficile à classer.

Cette fragilité mentale, il se bat avec dans chacun des titres qu’il nous a laissés. Et Oar en est le parfait symbole. Parfois cette lutte est au-dessus de ses forces, mais dans l’ensemble, il s’en sort bien quant à leur écriture ; ses compositions révèlent toutefois sa vulnérabilité de par ses collages sonores parfois surprenants, de par la structure étonnante de ses chansons ou dans des textes insolites et pas toujours accessibles, mais mettent en évidence son génial talent à construire des mélodies très accrocheuses. C’est là tout le paradoxe de cet artiste qui parvient dans sur son album référence où il assure les instruments seul, à maintenir un équilibre parfait et une grande profondeur, du début à la fin. Enfin presque.

Oar, l’album qui lui collera éternellement à la peau, a tout du disque intime mais que l’on peine à catégoriser car il obéit à des règles qui lui appartiennent à lui seul: dépouillé, il flirte parfois avec l'imrpovisation. Il y triture tant les genres : la folk, le rock, la country, la pop. Des titres chaotiques comme Grey/Afro ou Margaret - Tiger Rug ou très obscurs comme Books Of Moses amènent à se demander parfois où il veut en venir.  

Néanmoins, le canado-sanfranciscain a la lucidité pour remettre son auditoire sur les rails au titre suivant. Il est déstabilisant en cherchant à nous emmener systématiquement là où il l’a décidé et à nous ramener dans son cadre comme le fait le meneur d’oies avec ses volatils.

Une carrière minée par la maladie.

Dans cet ordre d’idées, l’accrocheur War In Peace, figurant sur Oar, est certainement le plus étrange legs dont l’acid folk a hérité des 60’s. De pépites, Oar en regorge : Little Hands, Weighted Down, Broken Heart, Cripple Creek, Diana, Dixie Peach Promenade, All Come To Meat Her, Lawrence Of Euphoria. Pour être complet sur son chef d’œuvre, flop commercial, mais disque culte, rappelons  que les titres de ce disque ont été composés lors de sa période d’internement en psychiatrie suite à sa tentative nocturne d’homicide et enregistrés à Nashville avec le petit pécule avancé par CBS. Il y serait allé vêtu du pyjama de l’hôpital, selon la légende.

Face à l’aggravation de son état mental, il passe la majeure partie des 70’s et des 80’s en faisant des aller-et-retours vers des établissements spécialisés. En 1981, il est déclaré pupille de l’Etat de Californie mais ne lâche pas la musique pour autant, continuant à jouer et à composer sans s’y impliquer à fond, ni ne coupe les ponts avec ses potes de Moby Grape auquel il contribue à l’album des retrouvailles. Les 90’s le contraignent à vivre sous assistance médicale à domicile ; il participe encore aux réunions de Moby Grape en 1993 et en 1996, mais ses contributions depuis Oar demeurent insignifiantes. Il s’éteint à 52 ans, en avril 1999 à Santa Cruz, terrassé par le crabe, trop tôt pour avoir le plaisir de voir Oar réédité et remastérisé ; il  ne méritait pas un tel sort (RAZOR©).

 

DISCOGRAPHIE JEFFERSON AIRPLANE 60'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Jefferson airplane takes off

 

JEFFERSON AIRPLANE

JEFFERSON AIRPLANE TAKES OFF – 1966  4/5

 

Publié le 15 août 1966.

Produit par Keith Wright, Mickey Thomas.

Durée:29:19.

Label:RCA Victor.

Genre:folk-rock,rock psychédélique.

 

Attachez vos ceintures.

 

Sur la scène musicale de San Francisco, l’Airplane a été un précurseur et surtout un promoteur de ce fabuleux rock psychédélique qui lui était si  caractéristique.

Très populaires, les auteurs du sublime White Rabbit ou de Somebody To Love demeurent la figure de proue de ce mouvement musical particulièrement nourri qui a déferlé sur le rock.

Ce premier album Jefferson Airplane Takes Off (en écoute intégrale ici), publié par RCA en 1966 s’inscrit dans un registre folk-rock psychédélique. La formation initiale comprend alors Marty Balin, créateur du groupe, chanteur, guitariste rythmique et songwriter (il signe huit des onze titres de Takes Off), Jack Casady à la basse, Jorma Kaukonen (guitare), Paul Kantner (chant et guitare rythmique), ainsi que Skip Spence à la batterie et Signe Anderson au chant.

Signe Toly Anderson, dotée d’une belle voix puissante, apparaît sur cet album. Elle ne participe pas longtemps aux projets de l’Airplane et est vite remplacée par Grace Slick. Sa dernière contribution est datée au 15 Octobre 1966 (au Fillmore de Frisco).

Quant à Skip Spence (un schizo notoire qui, sous acid, a démoli un studio d’enregistrement), transfuge du Quicksilver Messenger Service, dont il fut un des premiers guitaristes, il intègre Jefferson Airplane pour en devenir… le premier batteur avant de cofonder Moby Grape. Spencer Dryden lui succédera.

Jefferson Airplane Takes Off pose les bases de ce que le groupe va développer dans les années à suivre et qui vont l’installer au sommet de la vague psychédélique et du flower power. Deux titres symbolisent à merveille ce groupe encore en gestation : It’s Not Secret et Run Around.

Autres bons moments: Tobacco Road, Blues From An Airplane de Skip Spence, Bringin’ Me Down, Run Around, And I Like It et Chauffeur Blues. Ce disque est une aubaine pour qui veut  découvrir ou ré-entendre le son du milieu des années 60 d’un groupe qui l’a façonné. La Baie, c’était ça et c’est appréciable de se remettre un p’tit coup de Takes Off, de temps en temps, de se remémorer les premiers pas d’un line-up qui va compter dans la musique. Takes Off est un classique (RAZOR©).

 

1. Blues From An Airplane.

2. Let Me In.

3. Bringing Me Down.

4. It’s No Secret.

5. Tobacco Road.

6. Come Up The Years.

7. Run Around.

8. Let’s Get Together.

9. Don’t Slip Away.

10. Chauffeur Blues.

11. And I Like It.

 

Signe Anderson:chant,percussions.

Marty Balin:chant,guitare rythmique.

Jack Casady: basse.

Paul Kantner:chant,guitare rythmique.

Jorma Kaukonen: lead guitare.

Skip Spence:batterie.

DISCOGRAPHIE MOBY GRAPE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Moby grape moby grape

 

MOBY GRAPE

MOBY GRAPE – 1967  5/5

 

Publié le 6 juin 1967.

Produit par David Rubinson.

Durée:30:47.

Label:Columbia Records.

Genre:rock psychédélique.

 

Pour un coup d'essai, un coup de maître.

 

San Francisco ? 1967 ? Le Psychedelic Sound ? Le terme est propre à la scène californienne et plus particulièrement à San Francisco où il trouve son origine. Et bien Moby Grape, peut-être le moins connu de tousles groupes de ce théâtre musical, est associé pour l’éternité à ce mouvement artistique de grande ampleur et qui a influé sur le rock.

Skip Spence, qui a battu pour l’Airplane, première mouture, touche-à-tout instrumental, délaisse les fûts pour la guitare tandis que Peter Lewis assure la guitare rythmique, Jerry Miller la lead guitare, Mosley  (Bob de son prénom) tient la basse et que la batterie est l’affaire de Don Stevenson. On a donc 3 lascars aux guitares et cinq membres qui, en parallèle, assurent les parties vocales.

La scène de Frisco en pince alors pour ces 5 gosses dont on prédit un avenir des plus brillants. Moins la presse qui, au départ, a descendu en flèche ce groupe aux conneries de jeunesse répétées et aux problèmes avec la justice américaine et dont un manager véreux a continué de précipiter leur perte.

Heureusement qu’il reste leur merveilleuse musique psychédélique pour assurer leur défense et se mettre les critiques dans la poche. A l’inverse de bon nombre de groupe de cette mouvance hippie, Moby Grape ne se fourvoie pas dans d’interminables impros parfois soûlantes, mais pose plutôt sa musique faite d’un succulent mélange de ballades (rock, pop, blues, country, folk), de folk-rock psychédélique pouvant atteindre un niveau exceptionnel.

C’est surtout le cas de cet album éponyme de 1967, Moby Grape (en écoute intégrale ici), qui est un pur joyau, peu représentatif d’une production discographique dans l’ensemble assez inégale.

Ecoutez donc le folk mélancolo-lysergique Sitting By The Window (Peter Lewis). Tendez l’oreille sur l’énergique Lazy Me (Mosley). L’ensemble de cet album, varié, qui ne ressemble à aucun autre, est placé sous le sceau de l’exceptionnel.

Album à frissons, du rock de début Hey Grandma au titre final Indifference, vous allez passer un moment extraordinaire. Mister Blues, Fall On You (écoutez ces harmonies de voix), le sublime Omaha, Come In The Morning, Changes… et j’en passe et des meilleures. Et cette guitare qui vous obsède en arrière-plan ? Et ces trois guitaristes efficaces qui se boostent mutuellement ? Et ces harmonies vocales que n’auraient pas reniées les spécialistes en la matière (Byrds, CSNY) ? On est en droit de se demander pourquoi un groupe et un album aussi performants, aussi frais et vivifiants aujourd’hui qu’hier, n’ont pas eu le retour escompté.

En effet, mais matraqué par sa maison de disques CBS qui publie, pour des raisons de marketing mercantile, 5 singles de l’album, et sous la férule d’un manager véreux (qui fit inconsidérément monter les enchères), le groupe sera considéré (à tort) comme un produit imposé par l’industrie discographique, chose que ne lui pardonnera pas la scène hippie.

L’histoire se souvient du Dead, de l’Airplane, de Love, des Doors, mais moins de Moby Grape, un tourbillon venu balayer la scène psychédélique américaine, mis à la retraite dès le milieu des années 70. Le meilleur moyen de lui rendre l’hommage mérité est de faire sien cet album qui scelle son triomphe absolu. Attention, c’est contagieux ! (RAZOR©)

 

1. Hey Grandma.

2. Mister Blues.

3. Fall on You.

4. 8:05.

5. Come in the Morning.

6. Omaha.

7. Naked, If I Want To.

8. Someday.

9. Ain't No Use.

10. Sitting by the Window.

11. Changes.

12. Lazy Me.

13. Indifference.

 

Peter Lewis:guitare rythmique,chant.

Bob Mosley:basse,chant.

Jerry Miller:lead guitare,chant.

Skip Spence:guitare rythmique,chant.

Don Stevenson:batterie,chant.

LP Studio 2 - 1968

 

Moby wow

Wow/1968

 

Moby grape jam

Grape Jam /1968.

 

MOBY GRAPE

WOW/GRAPE JAM – 1968  4/5

 

Publié le 3 avril 1968.

Produit par David Rubinson.

Durée Wow:38:23.

Durée Grape Jam:37:31.

Label:Columbia,Sundazed.

Genre:rock.

 

Quand Grape Jam pénalise Wow.

 

L’album éponyme Moby Grape de 1967, que je vous ai présenté comme un petit bijou et pour lequel je persiste et signe dans mon jugement, par lequel la formation américaine est entrée comme un ouragan sur la scène psychédélique californienne, a bien marché.

Suit ce Wow/Grape Jam de 1968. Certains crient à la cata par rapport à son devancier, jugeant. Un peu trop hâtivement, vraisemblablement. A moins que ce ne soit pour régler des comptes. Ce nouvel album n’arrive pas à la cheville de son illustre devancier, on est bien d’accord là-dessus, mais de là à le descendre en flèche, pas d’accord.

Arriver dans la foulée d’un disque hors norme est en soi déjà suffisamment pénalisant, pas la peine d’en remettre une couche. D’autant que gratifier ce qui devait être le deuxième LP de Moby Grape, Wow (en écoute intégrale ici) d’une sorte de bonus (Grape Jam/1968) pour en faire un deux-en-un n’est pas la meilleure idée que Columbia ait eue. A moins que Katz, l’Ysengrin du management, n’ait poussé au cul afin de favoriser cette publication zarbi pour l’époque, je n’en sais rien.

Grape Jam, c’était cadeau, en gros. Les deux LP dotées de pochettes propres ont donc été réunis en un seul produit. Columbia, rappelons-le, était déjà derrière la mise sur le marché sous format single de 10 des titres de son chef d’œuvre précédent. Certainement eu égard à des morceaux minutés pour faciliter leur passage en radio et faire du fric en retour. Du Katz dans le texte ? Cela ne me surprendrait pas.

On ne peut pas cracher sur Wow, pénalisé d’être libéré sous cette forme qui ne l’avantage pas. Ce disque s’avère surprenant et délicieux, même s’il est loin d’égaler l’opus Moby Grape. Le son est différent, plus lourd mais l’inspiration demeure et certaines chansons finement ciselées valent leur pesant de buvards.

Murder In My Heart For The Judge du batteur Don Stevenson, est un folk-rock époustouflant. Bitter In The Wind, signée de la main et chantée par Bob Mosley, est un merveilleux acoustique. Can’t Be So Bad, un zarbi et intéressant Motorcycle Irene de Skippy le déjanté, un sensible He, une nouvelle version de Naked If I Want To qui figure à l’origine, sur l’album de 1967, le cousu-main Rose Colored Eyes appartiennent également au top gratiné de Wow.

Je suis moins dithyrambique pour Grape Jam (en écoute intégrale ici), pour des raisons de qualité sonore, et pour les défauts inhérents aux jams, une spécialité du moment que Moby Grape a laissée à d’autres et dont on était bien content qu’il n’aille pas se fourvoyer là-dedans. Les improvisations qui étirent trop les morceaux et leur font perdre leur charme et leur intérêt, fussent-ils beaux comme Black Currant Jam ou Never, ne sont pas leur tasse de thé. Cela ne signifie en rien que la prestation est mauvaise.

L’intérêt de cet album enregistré à New York début 1968, réside aussi dans les présences d’Al Kooper, claviériste et de Mike Bloomfield au piano et à la guitare Marmalade. C’est une curiosité, mais elle ne justifie pas les éloges démesurés. J’ai trop de sympathie pour Wow pour m’attarder trop longtemps sur Grape Jam. C’est aussi simple que cela. Pris séparément, Wow se situe dans les 4/5. Enlevez un demi-point pour Grape Jam.

L’ensemble mérite écoute malgré tout. On n’en sortira pas plus avancé, mais au moins on se sera encore fait plaisir. C’est bien là la priorité (RAZOR©).

 

Wow (1968).

1. The Place And The Time.

2. Murder In My Heart For The Judge.

3. Bitter Wind.

4. Can't Be So Bad.

5. He.

6. Motorcycle Irene.

7. Three-Four.

8. Funky Tunk.

9. Rose Colored Eyes.

10. Miller's Blues.

11. Naked If I Want To.

 

Grape Jam (1968).

12.  Never.

13. Boysenberry Jam.

14. Black Currant Jam.

15. Marmalade.

 

Peter Lewis:guitare rythmique,chant.

Bob Mosley:basse,chant.

Jerry Miller:lead guitare,chant.

Skip Spence:guitare rythmique,chant.

Don Stevenson:batterie,chant.

LP Studio 3 - 1969

 

Moby grape 69

 

MOBY GRAPE

MOBY GRAPE’ 69 – 1969  4/5

 

Publié le 30 janvier 1969.

Produit par David Rubinson.

Durée:29:17.

Label:Columbia.

Genre:rock.

 

Fans de Poco, à vos platines.

 

Les californiens, issus de la mouvance hip de Haight-Ashbury, dont il a été question d’en faire les Beatles américains, sortent leur troisième album Moby Grape’69, comme son nom l’indique en 1969.

L’album précédent (Wow/Grape Jam), en son temps, n’a pas marqué les esprits et Moby Grape essaie de se refaire la cerise avec ce deuxième éponyme, mais de 1969 celui-là.

Skip Spence, son turbulent et perturbé, mais ô combien génial membre, est parti pour des desseins musicaux en solitaire sortant son génial OAR, non sans avoir contribué, une dernière fois, au nouveau projet artistique du groupe.

Ainsi, le titre de clôture, Seeing, écrit durant les sessions Wow, est en quelque sorte un cadeau d’adieu du groupe à son Skippy le déjanté. Le groupe dans son ensemble espère alors secrètement que Spence revienne, ce qu’il ne fait pas, plombe l’ambiance, touche la troupe qui ne le verra revenir en son sein que pour Live Grape qui clôture son parcours des 70’s.

Animés d’une grande volonté et d’une énergie débordante malgré la situation, les talentueux Jerry Miller, Bob Mosley, Peter Lewis et Don Stevenson remettent le nez dans les partitions plein gaz. Il découle de ce Moby Grape’69 un disque sincère, méconnu, vraisemblablement en raison de son échec commercial, et qui permet de passer un excellent moment.

Ce groupe savait s’y prendre pour faire de la très bonne musique et cet album le démontre encore. Les passages obligés pour ce plaisir à atteindre s’articulent autour des charmants Ooh Mama Ooh et Hoochie, le magique It’s A Beautiful Day Today, le tourbillon Trucking Man, les brillants Ain’t That A Shame et If You Can’t Learn From My Mistakes, ce dernier révélant tout le talent de songwriter de Peter Lewis, Going Nowhere et l’envoûtant Seeing.

D’ambiance country-rock, l’album, concis, est en avance sur son époque et décontenance dans le même temps  les fans de la fin des années 60, la country n’ayant pas encore été totalement admise par les rockeux.

Ce type de désintérêt pour le country rock a, rappelons-le, affecté les meilleurs comme Poco, Byrds ou Eagles. Depuis, la critique a revu sa copie et tout le monde y trouve son compte.

Même s’il n’a pas le niveau du Moby Grape de 1967, il a autant sa place que ses prédécesseurs dans ce que le groupe a fait de mieux jusqu’ici. Il y a des moments où il ne faut pas chercher à savoir pourquoi la mariée est belle, on la prend dans ses bras et on l’étreint. En l’occurrence, on pose son séant dans un fauteuil et on se contente d’écouter. Fans de Poco, c’est pour vous (RAZOR©).

 

1. Ooh Mama Ooh.

2. Ain't That a Shame.

3. I Am Not Willing.

4. It's a Beautiful Day Today.

5. Hoochie.

6. Trucking Man.

7. If You Can't Learn from My Mistakes.

8. Captain Nemo.

9. What's to Choose.

10. Going Nowhere.

11. Seeing.

 

Peter Lewis:guitare rythmique,chant.

Bob Mosley:basse,chant.

Jerry Miller:lead guitare,chant.

Don Stevenson:batterie,chant.

Skip Spence:chant sur 11.

LP Studio 5 - 1971

 

Moby grape 20 granite creek

 

MOBY GRAPE

20 GRANITE CREEK – 1971  3,5/5

 

Publié en 1971.

Produit par David Rubinson,Moby Grape Productions.

Durée:32 :41.

Label:Reprise.

Genre:rock.

 

Moby Grape à nouveau au grand complet.

 

Moby Grape s’est accordé un temps mort depuis l’ultime album sous tutelle Columbia, Truly Fine Citizen. En 1970, il aborde ce cinquième opus, 20 Granite Creek, sorti un an plus tard (1971), avec un Skip Spence qui a réintégré la maison et un Bob Mosley, revenu de son trip Marin’s.

L’équipe est à nouveau au grand complet pour ce qui doit être un album de retrouvailles chez Reprise Records dont ce sera l’unique pour cette maison. Par ailleurs, cerise sur le gâteau, David Rubinson, leur fidèle producteur, assure, et la production, et le rôle de manager. Tout le monde aurait de quoi être content, Moby Grape effectue son come-back. La vie est belle, non ?

Seulement voilà, dans le même temps, la rumeur enfle comme quoi les concerts de retrouvailles de Moby Grape ne sont pas des plus bandants, qu’on est loin de ce que l’on a connu…

L’album est malheureusement le reflet réaliste des ressentis du moment. Manque de magie. Skip Spence est là, mais sans l’être et les très bons titres de ce disque se comptent sur les doigts d’une seule main (I’m The Kind Of Man That Baby You Can Trust, Horse Out In The Rain) et Roadhouse Blues). J’ai dit les très bons titres ! Pour le reste, ça n’est pas mauvais mauvais (le groupe se lâche avec bonheur sur Gypsy Wedding, Wild Oats Man, Goin Down To Texas, Apocalypse et About Time), mais c’est loin du must qu’est leur référence de 1967 vers laquelle on se tourne souvent pour comparer. Aucun LP de Moby Grape d’ailleurs ne renouvèlera ce coup gagnant.

Vous voilà donc prévenus, même si l’ambiance est cool, bon enfant, les titres courts. Au moment où l’on se fixe dans cette atmosphère lancinante, décontractée d’un blues-rock cossard, un instrumental chinois (vraisemblablement d’un allumé dans le groupe - suivez mon regard…) nous rappelle que Moby Grape, ça peut être aussi ça : des grosses conneries de collégien ou des dérapages sous acid. On peut être déçu à la première écoute, mais à force, j’y trouve du charme, de la nouveauté. La prestation n’est pas si pitos que ça. A défaut de partager mon avis et d’aimer, on le verra comme une vraie pièce de collection, ce qui est déjà bien à ce niveau de leur carrière (RAZOR©).

 

1. Gypsy Wedding.

2. I'm The Kind Of Man That Baby You Can Trust.

3. About Time.

4. Goin' Down To Texas.

5. Road To The Sun.

6. Apocalypse.

7. Chinese Song.

8. Roundhouse Blues.

9. Ode To The Man At The End Of The Bar.

10. Wild Oats Moan.

11. Horse Out In The Rain.

 

Bob Mosley:basse électrique,chant.

Jerry Miller:guitare électrique,chant.

Peter Lewis:guitare électrique,chant.

Don Stevenson:batterie.

Skip Spence:guitare électrique,chant.

Gordon Stevens:viola,dobro,mandoline.

David Rubinson:piano électrique,congas.

Andy Narell:tambours acier.

Jeffrey Cohen:basse.

LP Live 1 - 1978

 

Moby grape live grape

 

MOBY GRAPE

LIVE GRAPE – 1978  3,5/5

 

Publié en 1978.

Enregistré entre 1977 et 1978 en Californie.

Produit par John Chesleigh.

Durée:48:44.

Label:Escape Records.

Genre:rock,west coast rock.

 

Dernier tour de piste.

 

Formé en 1966, par Matthew Katz  et Skip Spence, respectivement ex-manager et ex-premier batteur de l’Airplane, par le sublime guitariste qu’est Jerry Miller, Don Stevenson, Peter Lewis et Bob Mosley, Moby Grape est indissociable du San Francisco Sound et de Haight-Asbury, la scène musicale alors en vogue. Il en est l’un des trois fleurons avec Grateful Dead et  Jefferson Airplane. 

Disparu en 1971 après que des problèmes internes et juridiques aient miné le groupe, Moby Grape renaît de ses cendres à l’initiative principalement de Jerry Miller, Peter Lewis, assistés occasionnellement par Bob Mosley et Skip Spence  et assurent quels concerts dans les environs de Santa Cruz comme c’est le cas dans ce live de 1978, dit Live Grape (en écoute intégrale ici).

Cette renaissance n’a rien d’une lubie, le projet est sérieux et  une série de chansons inédites sont travaillées pour l’occasion. Matthew Katz-Ysengrin, propriétaire du nom Moby Grape, surgit alors de sa tanière pour empêcher son exploitation.

C’est la raison pour laquelle le nom de Moby Grape n’apparaît pas sur une pochette dont l’identification se limite au seul titre Live Grape. Enregistré sur la base de prestations californiennes de 1977 et du début 1978, sorti sur le petit label californien Escape, Live 1978 se fait sans Bob Mosley et Don Stevenson. Peu importe, l’album est très plaisant et sympa, même si la restitution de ce LP des retrouvailles  n’a que peu de commune mesure avec le Moby Grape psychédélique du Summer Of Love.  En juillet 1978, Moby Grape tire le rideau. C’en est fini de cette formation mythique de San Francisco (RAZOR©)

 

1. That Lost Horizon.

2. Here I Sit.

3. Honky Tonk.

4. Cuttin' In.

5. Must Be Goin' Now Dear.

6. Your Rider.

7. Up In The Air.

8. Set Me Down Easy.

9. Love You So Much.

10. You Got Everything I Need.

 

Peter Lewis:guitare,chant.

Jerry Miller:guitare,chant.

Skip Spence:guitare,batterie,chant.

Cornelius Bumpus:claviers,saxophone.

John Oxendine:batterie.

Chris Powell:basse.

Daniel Spencer:batterie.

DISCOGRAPHIE MOBY GRAPE ANNEXE ERE MODERNE.

LP Annexe - 2009

 

Moby grape theplaceandthetime

 

MOBY GRAPE

THE PLACE AND THE TIME (2009)  4/5

 

Publié le 7 avril 2009.

Enregistré entre 1967 et 1968.

Produit par David Rubinson.

Durée:1:16:33.

Label :Sundazed.

Genre:rock,country-rock,rock psychédélique,garage.

 

C’est l’endroit et le moment, effectivement.

 

Matthew Katz et le génial Skip Spence, vu comme le Syd Barrett amerloque, ont été les initiateurs de Moby Grape. Le premier nommé en a été le maître d’œuvre et de façon précoce, le finaud gestionnaire. Le second l’esprit d’une formation culte qui tenait largement la dragée haute aux cadors san franciscains de la fin des années 60.

Habile manipulateur qui s’est rapidement organisé pour devenir l’unique dépositaire des droits de cette communauté psychédélico-musicale, après avoir déjà mis le bordel au sein de Jefferson Airplane, Katz a, bien avant que le rideau ne se referme sur Moby Grape, été l’empêcheur de tourner en rond dès lors qu’un projet de sortie ou de réhabilitation des œuvres du catalogue était annoncé.

De procès en procès, plus personne n’osait espérer voir, un jour, le nom de Moby Grape revenir sur le devant de la scène. Et c’eut été dommage, pour ces gars talentueux que des événements contrariants n’ont pas ménagés durant leur carrière artistique, aidés en cela par des décisions pas toujours judicieusement prises.

Les dernières barrières juridiques levées, Moby Grape nous réapparaît dans toute sa splendeur. C’est Sundazed qui a obtenu ce privilège de leur renaissance : The Place And The Time (en écoute intégrale ici) publié par Sundazed en 2009 est une extraordinaire collection de raretés, d’inédits, de démos, de versions alternatives et de live.

Et dire que cet enfoiré de Katz a failli nous priver de ce plaisir tardif  unique fusionné autour du rock, du blues, de la soul, de la country et du psychédélisme…

Jerry Miller (lead guitare et chant), Peter Lewis (guitare rythmique et chant), Bob Mosley (basse et chant), Don Stevenson (batterie et chant), Skip Spence (guitare rythmique et chant) s’y montrent convaincants et sous des angles nouveaux qui ravivent tous les excellents souvenirs laissés par les californiens.

Fans de tous poils, ce rock montre de la solidité, de la puissance comme on lui a connu alors. Amis néophytes, djeunes et curieux, ça déchire grave. Malgré les tempêtes qu’il a dû juguler, les tuiles qui lui sont tombées sur le coin du museau, feu Moby Grape n’est pas complètement mort grâce à  The Place And The Time. C’est effectivement, comme le dit son titre, l’endroit et le moment d’en découdre (RAZOR©).

 

1. Indifference-Columbia Records audition recording (1967).

2. Looper-Columbia Records audition recording (1967).

3. Stop-Demo recording (1967).

4. Rounder-Instrumental outtake recording from the Moby Grape sessions (1967).

5. Sweet Ride-Unedited version, recorded for the motion picture The Sweet Ride (1967).

6. Loosely Remembered-Demo recording (1967).

7. The Place and the Time-Alternate version from the Wow album sessions (1967).

8. Bitter Wind-Demo recording (1967).

9. Seeing-Alternate version from the Wow album sessions (1968).

10. What's to Choose-Alternate version from the Wow album sessions (1968).

11. Miller's Blues-Alternate version from the Wow album sessions (1968).

12. Soul Stew-Outtake recording from the Moby Grape '69 album sessions (1968).

13. If You Can't Learn From My Mistakes-Demo recording (1968).

14. You Can Do Anything-Demo recording (1967).

15. Skip's Song-Demo recording (1967).

16. It's a Beautiful Day Today-Demo recording (1968).

17. What's to Choose-Demo recording (1967).

18. Hoochie-Demo recording (1968).

19. Big-Demo recording (1968).

20. Rounder-Live recording (1968).

21. Miller's Blues-Live recording (1968).

22. Changes-Live recording (1968).

23. Looper-Demo recording (1967).

24. Soul Stew-Instrumental outtake recording from the Moby Grape '69 album sessions (1968).

25. Cockatoo Blues-Demo recording (1968) Bonus track available only on double LP.

 

Peter Lewis:guitare rythmique,chant.  

Bob Mosley:basse,chant.

Jerry Miller:guitare,chant.

Skip Spence:guitare rythmique,chant.

Don Stevenson:batterie,chant.

DISCOGRAPHIE SOLO 60'S.

LP Studio unique - 1969

 

Skip spence oar

 

SKIP SPENCE

OAR – 1969  5/5

 

Publié le 19 mai 1969.

Produit par Skip Spence,David Rubinson.

Durée:44:38.

Label:CBS.

Genre:rock,acid rock,folk psychédélique.

 

Un truc de ouf.

 

T’as vu la bonne gueule de ce drôle de paroissien sur la pochette, dis ? Cheveux en queue de rat, petit sourire narquois aux lèvres, yeux ahuris … il n’est pas mimi notre Alexandre ? Alexander Spence, dit Skip Spence ou Skippy, premier batteur de l’Airplane et surtout, pierre angulaire de la scène de Frisco et de Haight-Ashbury, via Moby Grape.

Un bel allumé, notre soldat. L’homme, il faut le savoir, a fait un pétage de plomb grandeur nature, qui lui fait faire un détour par la case (il lui en manque une quelque part !) maison psychiatrique, le bien nommé Bellevue Hospital de New York.

Faut dire que défoncer à coup de hache le studio d’enregistrement et la porte de la chambre de Stevenson, son collègue batteur du Moby Grape que Skippy voulait affranchir du démon qui était censé le posséder, t’amène plus souvent à fréquenter ce type d’endroits de soins qu’à récolter des bons points.

Schizophrénie paranoïde, avance le diagnostic médical de l’époque. Il a dû en sucer des buvards et en gober des cochoncetés chimiques pour se faire sauter le mental de la sorte.

Une fois sorti de l’univers psychiatrique, le bonhomme, qui n’en a pas oublié qu’il était un artiste de talent, un multi-instrumentaliste aussi, prend la route de Nashville pour mettre sur disque ses expériences nées de son internement en milieu psychiatrique.

Donc, en 1969, sort ce produit de la Columbia, OAR (en écoute intégrale ici). Fiasco total à sa sortie. La suite est plus glorieuse, il faut gratter pour découvrir une profondeur et un équilibre surprenant au regard des neurones fragilisés du gugusse.

Ces cinglés, façon Vincent Crane, Arthur Lee, Roky Erickson, Syd Barrett, John Martyn (à qui Skip me fait souvent penser) ont du génie. Comme le démontrent chacun des 12 tableaux zarbis de cet album très étrange, ce Skip Spence était un chef d’œuvre à lui tout seul.  

De Little Hands à Grey/Afro, rock, blues, gospel, country, psyché et folk s’invitent avec bonheur et étrangeté. La prouesse de ce disque solo visionnaire consiste en le fait que Skippy a écrit, interprété et produit tout ce qui se fait sur cet album, pour le moins curieux, en pas moins de 15 jours (4 jours pour l’enregistrement, et seul !).

Rythmiquement parlant, c’est parfois déconcertant, les bruitages ne sont pas toujours opportuns. Bref, ne vous attendez pas à avoir un album qui coule toujours de source. Parfois, le gus perd son emprise  (sur scène, il était une vraie pile électrique), peut déraper (comme ses percus pas toujours bien assurées) et ça sonne comme si c’était un hymne à sa propre fin. Mais ça ne sort jamais des clous, il se charge de ramener le troupeau de ses auditeurs quand il le décide. C’est sa force.

Plant, Beck et Tom Waits sont clients (CF l’album More AOR : A Tribute To The Skip Spence Album en hommage à Skippy). Moi aussi, je suis preneur. Cripple Creek, War In Peace, Little Hands …Pourquoi pas vous ? N’ayez pas peur, il est mort depuis 1999, vous ne risquez plus rien. Très émouvant et attachant, ce disque oublié. C’est une des plus belles pièces du catalogue CBS, la moins rentable commercialement, c’est une évidence (RAZOR©).

 

1. Little Hands.

2. Cripple Creek.

3. Diana.

4. Margaret/Tiger Rug.

5. Weighted Down (The Prison Song).

6. War in Peace.

7. Broken Heart.

8. All Come to Meet Her.

9. Books of Moses.

10. Dixie Peach Promenade (Yin for Yang).

11. Lawrence of Euphoria.

12. Grey/Afro.

 

Skip Spence:tous les instruments.

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