Sopwith Camel.

BIOGRAPHIE.

 

 

SOPWITH CAMEL/ San Francisco (Californie – USA)

 

Sopwith camel suite

 

Actif de 1965 à 1966, de 1971 à 1974,réunion en 1977, puis en 2009.

Labels:Kama Sutra,Reprise.

Genre:garage rock,rock psychédélique,jazz-rock.

Site Internet:sopwithcamel.com

 

Hello Hello avant Bye Bye...

Quand, dans le courant de l'année 1968, Sopwith Camel disparaît de la circulation après avoir pourtant été le premier groupe hippie de Frisco à placer dans les charts US (durant 7 semaines), un tube, Hello Hello (Kama Sutra/fin 1966) ainsi que le second (avant même le Dead) à signer pour un label majeur (seul l'Airplane fait mieux), rares sont ceux qui pensent alors que le groupe san-franciscain va mettre prématurément un terme à sa carrière.

Sopwith camel introSopwith Camel, l'intrus de Frisco.

Sopwith camel hello 66Hello Hello, premier hit (1966).

Sopwith camel the miraculous 19731973, un album exceptionnel.

Sopwith camel 2Toujours actif aujourd'hui.

Ils sont encore moins à imaginer les revoir un jour et pourtant, au début de la décennie suivante (1971), la formation, remise de ses déboires avec la maison de disques et des critiques infondées l'affectant, renaît brillamment de ses cendres.

L'intrus de Frisco.

A la suite de Hello Hello, un ragtime entraînant, il est reproché à Sopwith Camel d'être un peu un intrus à San Francisco. On lui fait le procès de pratiquer une pop un tantinet édulcorée, légère, récréative et commerciale et de trop se démarquer de ce qui fait l'essence même de la place psychédélique ambiante : la lourdeur et le trip.

Sa musique, placée dans une filière Lovin Spoonful (Sopwith Camel a en commun avec le groupe de John Sebastian, le producteur Eric Jacobsen et le label Kama-Sutra), consiste en une fusion rafraîchissante de jug band, de folk, de vaudeville et d'acid-rock. Exprimant tant le plaisir que l'expérimentation, elle n'est pas dénuée d'intérêt, ni de créativité.

Comme les musiciens sont tous très affûtés et que leurs prestations scéniques sont particulièrement appréciées, Sopwith Camel a toute sa place dans le décor culturel sanfranciscain.

Un genou à terre...

Signe de sa crédibilité, il pointe, comme beaucoup de rivaux huppés de l'endroit et du moment, à l'Avalon, au Matrix, au Firehouse Theatre, au Fillmore et partage la scène avec les Charlatans, Grateful Dead, l'Association, le Great Society de Grace Slick ou 13th Floor Elevators.

Le succès de Hello Hello incite le label à en demander plus et à ne pas dévier de la stratégie lui permettant de se payer sur la bête.

Visiblement Peter Kraemer, Terry MacNeil, William Sievers et Martin Beard ne l'entendent pas de cette oreille ; ils ont d'autres perspectives artistiques.

La promotion retardée de l'album réalisé à la suite du single, des tournées contrariées par d'incessants atermoiements, des enregistrements effectués dans la précipitation et la confusion, un séjour controversé à New York génèrent des tensions avec leur direction, le label, leurs rivaux et leurs fans Ceci explique cela...

Avant que Hello Hello ne connaisse une destinée nationale, Sopwith Camel n'est déjà plus. Il explose au moment même où le public se rapproche enfin de lui.

Dans un premier temps, c'est Willie Sievers qui démissionne, imité dans la foulée par Terry MacNeil. Un genou à terre, le combo disparaît très vite et s'éparpille dans la nature.

A l'instar de beaucoup de prétendants de l'époque, la chute de Sopwith Camel est aussi fulgurante que son accession à la popularité...

Retour gagnant.

Au début de l'année 71, le noyau d'origine (Kraemer, MacNeil et Beard) se reconstitue et remet le couvert.

Norman Mayell est également dans le coup, pas William Sievers, accaparé par le studio d'enregistrement qu'il vient de fonder. Bob Feldman, saxophoniste et flûtiste, complète le line-up.

Dans l'intervalle où le groupe est en stand-by, celui-ci est sollicité par Burger King pour utiliser Hello Hello à des fins publicitaires.

Les retombées financières juteuses nées de ce partenariat achèvent de convaincre les membres de repiquer au truc d'autant que Peter et Terry disposent d'un lot de chansons écrites durant leur mise en retrait.

L'idée de rebondir sous l'identité de Scorpio Rabbit est écartée, c'est bien Sopwith Camel qui ressuscite.

Le retour ne se fait pas dans la facilité tant, depuis leur rupture, le public a changé. Les clubs bondés pour les accueillir, les maisons de disques qui leur font des courbettes, tout ça, c'est fini.

Sopwith camel peter kraemer portrait

« Si seulement on avait touché le jackpot, j'aurais pu avoir un condo sur Hollywood, une Porsche, de la cocaïne et un flot illimité de belles blondes. » (Peter Kraemer)


 

Merveilleux The Miraculous Hump Returns From The Moon.

Sopwith Camel retrouve cependant ses marques sans tarder et, dès la fin de l'année 1971, à l'occasion d'un spectacle de Noël, il a la surprise de rencontrer Moe Ostin, président de Warner Bros Records, fan du groupe.

Séduit par ce qu'il entend, celui-ci les signe sur son label 8 mois plus tard. Il n'aura pas à le regretter car Sopwith Camel publie un deuxième album vu comme une merveille par de nombreux auditeurs et une des plus belles œuvres sorties chez Reprise, devenue Warners.

The Miraculous Hump Returns From The Moon (1973) récompense des musiciens qui passent beaucoup de temps en studio, qui ont fait évoluer leur musique d'une telle manière qu'on peut légitimement se demander si c'est le même groupe qui vaque aux deux albums.

Ça l'est, en effet, mais on tient là un véritable projet artistique, patiemment travaillé et interprété par des artistes à la confiance accrue, plus matures, qui ont eux-mêmes évolué dans leur écriture, dans leurs idées et dans leur technique.

Il en résulte des chansons intelligentes, variées, aux mélodies accrocheuses, une atmosphère mystico-jazzy et groovy, cool et savoureuse, une production pointue et soignée (la patte d'Erik Jacobsen), un jeu de premier ordre.

The Miraculous Hump Returns From The Moon déborde d'inventivité et propose une musique énigmatique en avance sur son époque, sur laquelle vient se lover la belle voix douce, rassurante et relaxante de Peter Kraemer.

Dans ce lot de très grande qualité, Orange Peel et Fazon confinent au sublime quand Monkeys On The Moon et Astronaut Food font montre de beaucoup d'originalité et d'inspiration.

Publié au printemps 1973, The Miraculous Hump Returns The Moon reçoit un bon accueil auprès du public et de la critique qui, dans ses commentaires, s'élève contre la rumeur faisant de Sopwith Camal un has been.

Le disque est défendu sur les routes dans une tournée menant le groupe de Denver à Nashville, de Cleveland à New York, en passant par Palm Beach.

Malheureusement pour eux, cette dernière se révèle désastreuse, non pas dans son déroulement, encore moins dans le retour qu'ils en ont, mais au motif que le camion et l'équipement qui y est stocké disparaissent dans un incendie. L'incident scelle le deuxième arrêt de la formation sanfranciscaine.

Toujours actif.

Bien que relancée ponctuellement en 1977 par Peter Kraemer (Provo Park de Berkeley), Sopwith Camel ne refera parler de lui jusqu'en 2009, date à laquelle le bassiste Martin Beard, le guitariste et claviériste Terry MacNeil, devenu Nadi Devam, et Peter Kraemer (chant, saxophone et flûte) remettent le couvert, appuyés désormais par Mike McKevitt (guitare solo,sitar) et Bruce Slesinger (batterie).

Autour d'un répertoire lié à son prestigieux passé et de nouveautés, la nouvelle incarnation tente de corriger une injustice : avoir enfin la reconnaissance qu'ils méritent et qu'ils n'ont jamais obtenue (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 2 - 1973

 

Sopwith camel the miraculous 1973

 

SOPWITH CAMEL

THE MIRACULOUS HUMP RETURNS FROM THE MOON – 1973  4/5

 

Publié en 1973.

Produit par Erik Jacobsen.

Durée:40:29.

Label:Reprise.

Genre:rock psychédélique,jazz-rock,pop psychédélique,funk.

 

Extraordinaire Fazon...

 

Ces gars-là avaient du talent et de la classe, sans quoi ils n'auraient pas été sollicités par les organisateurs de spectacles san franciscains pour faire les premières parties des pointures alors en vogue se produisant dans la Baie.

Les Who, les Stones, les Byrds, le Buffalo, les Beach Boys, le Velvet ou les Animals ont tous pu juger de la pertinence de cette formation qui, à l'époque (on parle du milieu des 60's), a eu le privilège de partager leur affiche.

Sopwith Camel a également enchaîné quelques passages TV aux côtés de stars bien établies comme Linda Ronstadt, Paul Revere ou Marvin Gaye. Autant dire que l'entité était bien considérée sur l'échiquier californien, psychédélique plus particulièrement, biais par lequel le groupe a fait parler de lui avant de jouer les arlésiennes pour des raisons que j'ignore.

On n'a donc pas affaire à de la bleusaille, mais cette incarnation d'origine (sans Bill Sievers) explose quasiment dans la foulée de son premier succès (Hello Hello) et de son premier LP, éponyme (1967) placé dans une veine Lovin Spoonful, pour faire simple.

Derrière, plus de son, plus d'images des loustics, jusqu'à ce qu'on les retrouve réunis, en 1973, autour d'un nouvel album, assez différent du précédent et, à mon sens, bien plus intéressant de par les idées qu'il développe.

5 ans après leur disparition, Sopwith Camel remet le couvert vinylique alors qu'on ne l'attendait plus. Il s'offre un come-back fracassant, largement et avantageusement commenté par les presses (capitaine) ad hoc en publiant un gros, gros disque : The Miraculous Hump Returns From The Moon.

Il revient plus mature, plus ambitieux, des idées (bonnes) plein les fouilles, sa musique est originale, intelligente, bien imaginée mais surtout soyeuse, fraîche et délicieusement relaxante ; elle n'est pas sans évoquer par moment Steely Dan ou le Santana de sa période jazz-fusion (Lotus/Caravanserai).

Fazon, qui ouvre le disque, est une pure merveille. Il installe une ambiance qui ne se dément jamais jusqu'au terme de l'écoute. Chacune des pistes qui suit est accrocheuse mélodiquement, au point que ses airs reviennent régulièrement hanter le cerveau longtemps après.

Plus on écoute ce disque, plus on en devient accro. Fazon, Orange Peel, Dancin' Wizard, Monkeys On The Moon, Coke Suede And Waterbeds et Astronaut Food sont les pièces maîtresses de cet excellent opus (RAZOR©2022).

 

1. Fazon.

2. Coke, Suede And Waterbeds.

3. Dancin' Wizard.

4. Sleazy Street.

5. Orange Peel.

6. Oriental Fantasy.

7. Sneaky Smith.

8. Monkeys On The Moon.

9. Astronaut Food.

10. Brief Synthophonia.

 

Martin Bread:basse.

Norman Mayell:batterie,percussion,harmonica,marimba,sitar.

Terry MacNeil:piano,guitare.

Peter Kraemer:chant,saxophone,flûte,synthétiseur.

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