Spirit.

BIOGRAPHIE.

 

SPIRIT/Los Angeles (Californie)

 

Spirit 1

 

Actif de 1967 à 1973,de 1974 à 1979,de 1982 à 1997.

Label:Ode,Epic,Repertoire Records,Mercure,Rhino Records,Beggars Banquet,Line Records.

Genre:rock psychédélique,rock progressif,hard rock,jazz rock.

 

Hors catégories.

Randy (Wolfe) California, 16 ans, et son beau-père Ed Cassidy de 28 ans son aîné, sont les initiateurs de ce beau groupe qu’est Spirit, incarnation d’une certaine liberté et de l’esprit typiquement hippie. C’est d’abord vers ces deux personnalités aujourd’hui disparues, Randy en 1997 par noyade, Ed en 2012 suite à un cancer, que les pensées convergent dès lors que l’on évoque cette formation californienne très aimée, représentative de la west coast de la fin des 60’s et du début des 70’s mais qui, c’est bien dommage, n’a jamais eu le retour sur investissement qu’aurait pourtant mérité ce combo contemporain et rival des Byrds, Love et autres Doors. La reconnaissance viendra essentiellement après coup.

Né en 1967, Spirit est l’interprète d’un genre assez hybride mélangeant aussi bien du rock, de la pop, du folk, du blues, du classique, du latino, du psyché et du jazz et finalement pas très éloigné du rock progressif dans ses premières heures. De quoi attirer à lui un panel très élargi de fans, sans pour autant véritablement, du fait de son éclectisme et de son originalité, fixer un vrai public.

Spirit ed cassidyEd Cassidy.

Randy California.

Spirit randy california

Autour de l’Ash Grove.

Randy California, né Randolph Craig Wolfe, est le plus populaire d’entre eux pour avoir été un guitariste extraordinaire et un tout aussi fantastique visionnaire. L’angelin trempe très tôt dans le bain de la musique, pratiquant, jeune, la guitare et bercé, adolescent, par le jazz, le blues et le folk ambiants. Il a pour lui aussi d’avoir joué avec Hendrix et sur la scène de Greenwich, du temps où le guitariste de Seattle était encore Jimmy James (And The Blue Flames). C’est ce dernier qui l’affuble du nom de Randy Califonia.

D’autre part, son oncle, Ed Pearl, n’est autre que le propriétaire du fameux Ash Grove, ce club où se produisent les formations en vogue du moment et de la place californienne. En dehors de California et beau papa Ed, pointent dans l’effectif d’origine de Spirit le chanteur Jay Ferguson, le claviériste John Locke et le bassiste Mark Andes. L’Ash Grove est le dénominateur commun des différentes moutures convergeant vers Spirit, à savoir les Red Roosters ou les Spirit Rebellious.

Ed Cassidy, le plus âgé de tous, rencontre et épouse la mère de Randy. Mr Skin (il était chauve) devient un familier du club de Los Angeles. Batteur professionnel de jazz depuis de longues années, il y évolue avec Taj Mahal et Ry Cooder (1965) au sein des Rising Sons.

John Locke (décédé en 2006), pianiste de formation, a préalablement joué avec le Doors Robbie Krieger avant de se rapprocher dans un premier temps d’Ed Cassidy (The New Jazz trio), puis de Spirit, via les Red Roosters. Californien de Burbank, Jay Ferguson a également une solide formation musicale. En marge de divers petits boulots, le chanteur-percussionniste fait son apprentissage dans des groupes de rock garage comme Western Union avec le bassiste Mark Andes, lequel, faut-il le rappeler, a fait partie du premier Canned Heat. Tous deux intègrent alors ce qui va donner le Spirit définitif.

La magnifique période 68/72.

Ce quintet est l’auteur de excellents 4 LP sur une période de 2 ans : l’éponyme Spirit (1968) et qui se classe 31 au Billboard, The Family That Plays Together et Clear en 1969 ainsi que Twelve Dreams of Dr. Sardonicus (1970), leur référence discographique.

En août 1967, Spirit signe chez Ode Records, label lancé par Lou Adler après qu’il ait vendu, pour 3 millions de dollars, Dunhill Records à ABC Records. Ode a alors un accord de distribution avec Epic, filiale de CBS. Le producteur de Chicago aide Spirit à réaliser son premier LP, éponyme.

Ce disque inventif, expérimental, aussi bon individuellement que collectivement, mais que Spirit n’a jamais tellement aimé lui reprochant des problèmes de production justement, tombe dans les bacs en janvier 1968. Jay Ferguson en est le songwriter principal et Randy California y signe Taurus, dont Jimmy Page plagie les arpèges de l’intro pour les besoins de Stairway To Heaven (1971). Rien de bien surprenant dans la mesure où Led Zeppelin, pour sa première tournée américaine, ouvre alors certains spectacles de Spirit en 1968.

Spirit lou adler

«  Quand j’ai démarré Ode Records, l’un des premiers groupes que j’ai signé et fait enregistrer, c’est Spirit.

J’ai mis la main dessus pour pouvoir être également sur la scène underground du moment.

Je n’ai pas choisi la simplicité parce que Spirit était certainement la plus éclectique des formations de Los Angeles de l’époque. » (Lou Adler)

Dans le même temps qu’il engrange, sur la route, les retombées commerciales de cet opus initial et qu’il réalise le projet de B.O pour Model Shop (3ème volet de la trilogie commencée avec Lola et Les Parapluies de Cherbourg), film de 1969 de Jacques Demy, Spirit sort The Family That Plays Together (février 1969), lequel marque une évolution supplémentaire dans la cohésion du groupe et traduit pour les angelins une véritable percée. I Got A Line On You n’y est pas étranger puisque le titre écrit par Randy California culmine au 22ème rang des hits le 22 mars 1969. Jay Ferguson est à nouveau le pourvoyeur principal de l’écriture.

La même année 69 Spirit y va d’un troisième album : Clear (juillet). Sans jamais déroger à ses propres règles, le groupe continue son petit bonhomme de chemin, faisant fi de toute considération commerciale. Il publie un nouveau disque encore convaincant, mais par intermittence seulement. Dans les chiffres, c’est une petite déception, Clear prend une 55ème place dans les charts, peu en rapport avec son potentiel, son originalité et son son spécifique. Clear est le dernier volet de l’ère Adler et Ode. Il passe sous la bannière d’Epic Records et entre les mains du producteur David Briggs (Neil Young) pour la réalisation du N° 4, dès avril 1970.

Le graal Twelve Dreams of Dr. Sardonicus.

Les sessions de Twelve Dreams of Dr. Sardonicus (1970) commencent mal pour Randy California,  victime d’une chute de cheval et atteint d’une fracture crânienne l’immobilisant en soins un mois durant. Il faut attendre la fin de l’année pour que le LP, logiquement retardé, soit enfin publié. Malgré ce contretemps et sa complexité, le quatrième jet progressiste de Spirit demeure son disque le plus abouti et surtout, le plus brillant de son catalogue, ce qui n’est pas peu dire au regard de la qualité de sa discographie.

Feedback (février 1972) a encore du grain à moudre malgré les départs pour Jo Jo Gunne de Mark Andes et Jay Ferguson (début 71), frustrés du peu de rentabilité commerciale de la musique de Spirit. Comme Randy California choisit ce moment pour lancer sa carrière solo (juillet 71), les survivants Ed Cassidy et John Locke n’ont plus qu’à recruter les frères Staehely, Al le bassiste et Chris, le guitariste, pour permettre à Spirit de faire un peu de rab.

Spirit 3

De ruptures en reformations.

Et finalement, l’idée de réinventer Spirit a du bon. Briggs aux manettes et la nouvelle impulsion donnée par Cassidy et Locke font de ce cinquième tome une réussite qui, n’ayant pas peur des mots, mérite amplement sa place dans la production discographique placée en 1967 et 1972. Cassidy n’est  pas étranger à l’orientation jazz-rock prise ici. Cette mouture n’aura pas de lendemain, Spirit rompant en 1972.

Pendant ce temps là, Randy California, artiste Epic à part entière, édite son premier album solo, le dénommé Kapt. Kopter and the (Fabulous) Twirly Birds, mélange de reprises et de titres personnels, sur lequel on retrouve, sous des noms d’emprunt, Noel Redding (Clit McTorius) et beau papa Cassidy, alias Cass Strange. L’album ne marche pas mais permet à redynamiser un line-up que le label veut voir évoluer sous Spirit pour sa tournée européenne de 1973. Randy California seul n’intéresse pas le moins du monde Epic.

Spirit renaît de ses cendres en 1974 ; Randy California et Ed cassidy  en sont à l’initiative. Ils ont le soutien de Barry Keane (Basse) et d’un certain Benji aux claviers et synthés. Ce come-back s’accompagne d’un double disque Spirit of 76, premier d’une série réalisée pour Mercury entre 1975/76 et 1977. Pas le meilleur, loin ne s’en faut, avec un lot abusif de reprises et des originaux loin d’être à la hauteur du talent que l’on prête à ce groupe.

Son Of Spirit (octobre 75) par le trio California, Cassidy et Keane, Farther Along (juin 1976) qui, marque le vrai retour de son line-up légendaire (sans Ferguson cependant) et Future Games (avril 1977) réalisé par une énième version de Spirit (autour du duo familial pointent Terry Anderson et Joe Kotleba) clôturent la discographie studio des 70’s.

Des enregistrements live tels que Live Spirit, Made In Germany et Spirit Live complètent un catalogue dont il est patent, à l’heure des comptes, que la période la plus intéressante se situe sur le créneau 1968/72.

Triste épilogue.

Spirit est ensuite mis entre parenthèse du fait que Randy California accorde la priorité de son temps et de son énergie à ses projets solos. Il refait parler de lui au début des 90’s, sans grande réussite toutefois et se tait définitivement quand Randy California se noie en tentant de sauver son fils des flots (1997). Une seconde vie, posthume, commence alors pour Spirit et son leader avec la réédition et l’affinage de leur œuvre commune, une collection remarquable et qu’il ne faut pas négliger au regard de ce que ce délicieux binôme a apporté au rock (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Spirit lp 68

 

SPIRIT

SPIRIT – 1968  4,5/5

 

Publié en janvier 1968.

Produit par Lou Adler.

Durée:41:55.

Label:Epic/Legacy Recordings.

Genre :rock psychédélique,rock progressif,jazz fusion.   

 

Déjà du lourd !

 

Spirit m’est revenu à l’esprit fin 2012 quand les ondes ont relayé la triste nouvelle du décès, à 89 ans, d’Ed Cassidy, leur batteur emblématique et influent, alias Mister Skin pour sa boule à zéro, et connu pour avoir toujours été habillé de noir de la tête aux pieds.

Batteur de jazz (Art Pepper, Gerry Mulligan, Roland Kirk, Taj Mahal, Ry Cooder…), il se retrouve à la tête des Red Roosters (1965), dont il est le membre le plus ancien, avec son gendre Randy California, encore ado et pourtant déjà fort d’avoir joué avec un Hendrix qui n’était pas le grand Hendrix mais le prometteur Jimmy James (The Blue Flame).

Participent également au projet qui va migrer vers Spirit, le bassiste Mark Andes, le chanteur Jay Ferguson et le claviériste John Locke. Spirit, sur la scène psychédélique californienne, c’était quelque chose, ce que l’on a tendance à oublier avec le temps. C’était un son particulier, né d’un mélange de hard, de jazz, de blues, de folk-rock, de latino et d’influences psychédéliques et indiennes.

A l’heure des comptes, Spirit peut se targuer d’avoir une discographie de haute volée dont le point d’orgue est Twelve Dreams Of Dr. Sardonicus (1970), cinquième volée d’une première partie de carrière exceptionnelle. C’est après que ça se gâte quelque peu.

Spirit, l’éponyme de 1968, ouvre cette superbe tranche vinylique. C’est leur plus psychédélique à défaut d’être, pour la majorité des fans, leur meilleur. Ce que je discute personnellement.

Quand le groupe publie ce disque (1968), l’année de référence 1967 psychédélique a été constellée de tant d’œuvres exceptionnelles, devenues mythiques depuis, qu’exister derrière une telle profusion anthologique, relève de la gageure. 

On peut trouver là une explication à sa non-appartenance au gratin du genre et l’oubli dans lequel Spirit est tombé, malgré un catalogue de haut niveau. A l’époque, il fallait coûte que coûte arriver à l’heure ou choper le bon wagon. Jamais scène musicale n’a été aussi prolifique à aussi haut niveau, faut-il le rappeler.

Pourtant il est bon ce disque (parfois trop subtil même), si diversifié et doté d’un tel son, rare pour l’époque. Elaboré par une brochette de grands professionnels (acteurs comme techniciens),  il déroule un lot de titres aussi accrocheurs, aussi mélodiques les uns que les autres et superbement produits.

La palme va à Taurus qui servira à suggérer le Stairway To Heaven de Led Zep, mais tout est mémorable : Fresh Garbage, Uncle Jack, Mechanical World, Elijah… Dans cet environnement, Randy California, 17 balais, s’éclate comme un p’tit fou ; il s’affirme comme le futur grand guitariste qu’il fut.

Jay Ferguson au chant s’en sort avec tous les honneurs, les harmonies vocales tiennent magnifiquement  la route. La section rythmique, polyvalente et élevée au jazz, apporte cette note exceptionnelle jazzy/psych dont Spirit avait alors la primeur sur le marché californien. Ce Spirit là, c’est déjà du lourd (RAZOR©).

 

1. Fresh-Garbage.

2. Uncle Jack.

3. Mechanical World.

4. Taurus.

5. Girl in Your Eye.

6. Straight Arrow.

7. Topanga Windows.

8. Gramophone Man.

9. Water Woman.

10. The Great Canyon Fire in General.

11. Elijah.

 

Mark Andes:basse,chant.

Randy California:guitare,basse,chant.

Ed Cassidy:batterie,percussions.

Jay Ferguson:percussions,claviers,chant.

John Locke:claviers.

LP Studio 4 - 1970

 

Spirit twelve dreams 70

 

SPIRIT

TWELVE DREAMS OF DR. SARDONICUS – 1970  5/5

 

Publié en novembre 1970.

Produit par David Briggs.

Durée:38:58.

Label:Epic.

Genre:rock psychédélique,rock progressif,folk-rock,jazz_rock.

 

Le graal de Spirit.    

 

Spirit a fait beaucoup d’émules et les arpèges de Stairway To Heaven de Led Zep, inspirés par Taurus (titre figurant sur le premier album), sont là pour le rappeler.

Attaché essentiellement au mouvement de l’american west coast de la fin des sixties/début seventies, ce groupe californien évolue dans un registre qui mélange blues, jazz, folk, rock et psychédélisme.

Mis sur orbite, dès 1967, par le guitariste et chanteur Randy Craig Wolfe, alias Randy California, nom de scène qu’il tient d’Hendrix, et par celui qui est son beau-père, le batteur de jazz Ed Cassidy, Spirit se constitue rapidement une belle carte de visite, publiant quatre albums de très bonne tenue entre 1968 et 1970 : l’éponyme Spirit pour débuter (68), leur plus psychédélique, Family That Plays Together (69), leur meilleur dans les charts, Clear (69), qui stylistiquement parlant, prépare à ce qui est, à mon sens, leur réussite majeure, Twelve Dreams Of Dr. Sardonicus (70).

Eclaté en 1972, Spirit se reforme, se sépare, puis revient,  mais sans jamais atteindre le niveau qui fut le sien dans les années précédemment évoquées. Twelve Dreams Of Dr. Sardonicus (en écoute intégrale ici), produit par David Briggs, recommandé par Neil Young, paraît fin 1970. S’il ne soulève pas les passions à sa parution, ce disque signé pour Epic Records, est certifié Or depuis 1976.

Outre California et Cassidy, les créateurs de Spirit, le line-up intègre également le bassiste Mark Andes (il n’est pas vain de rappeler qu’il fut un des premiers membres de Canned Heat), le claviériste John Locke (futur Nazareth), ainsi que le percussionniste et claviériste Jay Ferguson, par ailleurs compositeur et chanteur.

La vérité d’un jour n’est pas celle du lendemain, aussi ce quatrième LP de Spirit, boudé à sa sortie, est aujourd’hui vu comme sa pièce maîtresse. Durant un peu moins de 40 minutes, il propose douze belles pièces, dont certaines exceptionnelles : la signature folk-rock de Spirit Nature’s Way, la ballade Soldier, Prelude-Nothin’ To Hide (hard rock), Animal Zoo, petite gâterie pop-psych, le rock psych When I Touch You (avec un bon Jay Ferguson au chant), l’autre hard rock Street Worm (le jeu de guitare de Randy California explique pourquoi il est considéré comme un virtuose à ce poste), voire l’étrange Mr Skin et ses cuivres.

Les voix sont belles, les guitares, qu’elles soient électrifiées ou acoustiques sont magnifiques, la rythmique présente… ce n’est donc pas le fruit du hasard si l’unanimité se fait autour de cette dernière grande prestation de Spirit, laquelle a bien résisté à l’épreuve du temps (RAZOR©).

 

1. Prelude - Nothin' to Hide.

2. Nature's Way.

3. Animal Zoo.

4. Love Has Found a Way.

5. Why Can't I Be Free.

6. Mr. Skin.

7. Space Child.

8. When I Touch You.

9. Street Worm.

10. Life Has Just Begun.

11. Morning Will Come.

 

Mark Andes:basse,chant.

Randy California:basse,guitare,chant.

Ed Cassidy:batterie,percussions.

Jay Ferguson:percussions,claviers,chant.

John Locke:claviers

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