Swampgas.

BIOGRAPHIE.

 

SWAMPGAS/Long Island (New York-USA)

 

Swampgas 1

 

Actif entre 1968 et 1971.

Label:Artie Eleuthera Records,Buddah records.

Genre:hard rock,blues-rock,rock psychédélique.

 

Un concentré de talents.

Swampgas, formation de Long Island fondée en 1968, avait toutes les cartes en main pour briller dans le rock et surtout, pour y durer un peu plus longtemps que les deux, peut-être trois années durant lesquelles il s'y produit. Du talent déjà. Avec le gros potentiel qui est le sien, il devient vite un groupe respecté de la région de New York où son hard rock psychédélique ne passe pas inaperçu.

En se positionnant comme un des très bons groupes de la fin des 60's de l'Etat de New York, Swampgas attire l'attention. De Grateful Dead notamment qui, au printemps 1970, lui confie la responsabilité de chauffer le public avant son entrée sur scène, à l'occasion du concert en plein air organisé à Middletown, ville dans laquelle Swampgas a précédemment déménagé.

Swampgas baird herseyBaird Hersey, guitariste de Swampgas.

Swampas artie kornfeldUn petit coup de pouce signé Artie Kornfeld.

Pour beaucoup, Swampgas est découvert à cette occasion. D'Artie Kornfeld dans un second temps dont la femme est dans le public et qui relaie l'information auprès de son mari, comme quoi les p'tits gars de Swampas, ils ont assuré grave en ouverture du Dead.

Eleuthera Records? Non, Buddah !

Artie Kornfeld n'est pas le perdreau de l'année ; l'homme n'est ni plus ni moins que le co-organisateur de Woodstock et, l'ancien vice-président de Capitol Records, donc un professionnel avisé et influent, avec un carnet d'adresses long comme le bras et qui peut entrouvrir des portes...

D'autant qu'à l'époque des faits, celui qui est également producteur s'offre, avec les gains générés par le légendaire festival, son propre label, l'éphémère Eleuthera Records (fermé un an après pour des motifs financiers), ainsi nommé en référence à une ile des Bahamas où il a l'habitude d'aller se reposer.

Un LP tombé trop tard.

Swampas est donc tenu en haute estime, mais le petit coup de pouce du destin s'arrête là car le seul disque que le groupe de Long Island enregistre à New York (A & R Studios) sous la férule de Kornfeld, n'est pas publié.

Ou plutôt si, il l'est, mais à retardement, autrement dit quand Swampgas n'est plus dans les murs d'Eleuthera. Pire, il paraît en 1972, quand Swampgas, sans perspective à moyen terme, n'existe déjà plus.

C'est Buddah Records, maison-mère d'Eleuthera, qui s'y colle, mais faute de moyens pour en assurer une promotion honorable, l'album fait un flop.

Resté dans les starting-blocks.

Composé du bassiste Jock Davis, du chanteur Kim Ornitz, du guitariste et songwriter Baird Hersey, crédité de 7 des 8 pistes de l'album, et du batteur Ricky Slater, Swampas fait partie de cette grande majorité de formations ayant survécu assez longtemps pour enregistrer et publier un disque, mais pas assez pour pouvoir passer vraiment à la postérité.

Swampgas baird hersey portrait

« Artie Kornfeld nous a sortis de l'ombre. Sa femme nous a vus lors d'un concert où nous avons ouvert pour Grateful Dead. Nous avons réalisé un album sous sa coupe et pour son label, mais sa société a connu des problèmes financiers et le disque tardait à sortir, au point que le groupe, faute de perspectives, a commencé à douter de son avenir et s'est séparé. Un an après, Buddah, la maison-mère d'Eleuthera Records, publie l'album sans en aviser qui que ce soit. Comme le budget de promotion était dérisoire et compte tenu que Swampgas n'a pas pu le pousser, le disque a fait un flop. » (Baird Hersey)

 

La qualité de son seul témoignage discographique chez Buddah Records et la variété de son contenu ne prêtent à aucune discussion, preuve que le coup n'est finalement pas passé si loin : Potato Strut, Trapped In The City, Eulogy, The Waiting E Train Blue, Pala plaident en ce sens. Beaucoup de candidats, peu d'élus, c'est l'époque qui voulait ça et Swampgas est le parfait exemple de cette impitoyable sélection opérée au début des 70's (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio unique - 1972

 

Swampgas lp

 

SWAMPGAS

SWAMPGAS – 1972  4/5

 

Publié en août 1972.

Produit par Artie Kornfeld.

Durée:44:08.

Label:Buddah Records

Genre:hard rock,blues-rock,rock psychédélique.

 

Honneurs posthumes.

 

Si les muets pouvaient parler, ils vocifèreraient comme des tarés. J’ai choisi cette métaphore pour crier avec force conviction ma sympathie prononcée pour les Swampgas, après, honte à moi, les avoir complètement oubliés dans le conglomérat musical des années 70.

De mémoire, ils souquaient ferme ces zikos de Long Island. Leur album éponyme, le seul de leur courte existence, appelé aussi Eulogy par rapport au titre qui figure dans ce répertoire, date de 1972 et je l’avais complètement rayé de la liste. Le temps de me rafraîchir les neurones, de remettre le museau dans le maïs pour les besoins de la chronique, quelques mots sur les gaziers…

Swampgas (en écoute intégrale ici) réunit quatre lascars new-yorkais pas tombés de la dernière pluie et qui manœuvrent plutôt bien : Jock Davis à la basse, Baird Hersey à la gratte, Kim Omitz au chant et Ricky Salter à la batterie. Il pratique une alternance entre hard rock psych et folk-rock.

Quand ça allume, c’est comme si on se retrouvait en plain Cap Horn, secoués de la poupe à la proue, de bâbord à tribord, en espérant que ça ne va pas trop s’éterniser pour les étagères à mégots. En attendant que les décibels, la vitesse et que la puissance retombent (Patato Strut, Don’t), il faut tenir le cap vent debout, parce qu’on est pris en plein d’dans et qu’ça arrache mortel.

Comme escales bienfaitrices s’intercalent des plages acoustico- mélancoliques plutôt sympas (Frolic Child, The Waiting E Train Blue) ainsi que des étapes plus tarabiscotées (Eulogy et Trapped In The City). Ces variations contribuent à l’intérêt de ce travail et l’équilibrent avantageusement étant entendu que trop de muscles d’un côté ou, à l’opposé, une prépondérance de moelleux lasserait l’auditeur que je suis et nuirait, à mon sens, à la qualité de ce disque. Comme ça, c’est très bien.

Pris dans cet ensemble, ce Swampgas s’en sort avec des honneurs auxquels il n’aura pas eu droit de son vivant, car passé inaperçu, et ce, en dépit de compositions solides mais pas pas toujours abouties pour certaines (Egg Shells) et malgré des tâtonnements artistiques perceptibles quant à la voie dans laquelle Swampgas comptait s’engager sans retenue.

La fugacité de cette union n’aura malheureusement pas permis de suite et de se positionner sur un genre mieux défini. Néanmoins, c’est talentueux et ça mérite le respect. Les guitares brillent (du grand Baird Hersey), la voix d’Omitz séduit, il y a de l’Hendrix dans l’air. Tout le plaisir est pour moi d’avoir pu le dépoussiérer, pire de l’avoir l’exhumé. Je me suis bien fait plaisir à le réécouter (RAZOR©).

 

1. Patato Strut.
2. Don't.
3. The Waiting, E Train Blue.
4. Trapped In The City.
5. Eulogy.
6. Frolic Child.
7. Pala.
8. Egg Shells.

 

Jock Davis:basse.

Baird Hersey:guitare.

Kim Ornitz:chant.

Ricky Slater:batterie,percussions

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