Sweet Smoke

BIOGRAPHIE.

 

SWEET SMOKE/Brooklyn (New York)

 

Sweetsmoke onstage

 

Formé en 1967.

Années actives:1967/1974.

Genre:rock psychédélique,rock progressif.

Label:Harvest/EMI.

 

Fondé en 1967 à Brooklyn, Sweet Smoke est l'oeuvre d'un noyau d'illuminés hippies: Andrew Dershin, Michael Paris, Jay Dorfman, Marvin Kaminovitz et Victor Sacco que vient relayer par la suite Steve Rosenstein. Celui qui s'appelait en fait Sweet Smoke Of The Happy Plant Pipeful est surtout resté dans la mémoire collective pour avoir été le groupe de fumette des MJC d'hier, ce que confirme son nom évocateur de paradis artificiels.

Sweet Smoke est principalement un groupe de petits clubs dans lequel il s'est essentiellement produit. Il faut dire que ça collait bien à l'ambiance cotonneuse et éthérée de sa musique psyché et où la vapeur mauve et âcre nimbait les lieux de réjouissance. 

Célèbre surtout pour ses jams live improvisées et étirées, c'est principalement en Europe, et chez nous en France, que Sweet Smoke a été le plus populaire. Dès 1969, Sweet Smoke s'installe sur le Vieux Continent où il jouit d'une bonne écoute, notamment en Allemagne qui est le premier pays à publier l'album initial du groupe en 1970, à savoir Just A Poke.

Just A Poke, essentiellement instrumental, ne trompe pas sur les orientations musicales de Sweet Smoke: planer et faire planer. Le thème, le graphisme et les couleurs psychédéliques de sa pochette indiquent bien à quelle clientèle il s'adresse: les freaks. Outre Just A Poke, Sweet Smoke compte à son catalogue un second album, Darkness To Light (1973), plus acoustique.

Paris et Rosenstein quittent Sweet Smoke dans la foulée de ce disque et le groupe splitte complètement après la publication d'un live en 1974. Après une réunion en 1999, on n'entendra plus parler de ce groupe qui en a euphorisé plus d'un (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE DES 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Sweet smoke just a poke 1970

 

SWEET SMOKE

JUST A POKE - 1970  5/5

 

Publié en 1970.

Produit par Rosie Scmitz,Winfried Ebert.

Durée:32:46.

Label:Harvest Records.

 

Matière à chichon.

 

Deux titres seulement pour Just A Poke (en écoute intégrale ici), sorti en 1970: Baby Night qui occupe la face A et Silly Sally, la B.

Groupe originaire de Brooklyn (New York), il voit  le jour en 1967 (Andrew Dershin, Michael Paris, Victor Sacco, Jay Dorfman et Marvin Kaminovitz) sous le nom de Sweet Smoke Of The Happy Plant Pipeful (on aimait les noms à rallonge en ce temps là). Un nom qui signifie fumée douce, une pochette psyché sur laquelle un gus tire goulument sur un joint de marijuana aux motifs du drapeau amerloque, une musique planante… il n’en faut pas plus pour que cette formation soit étiquetée « hippie » dès ses premiers pas.

Faute de ne pas être prophète en son pays, le groupe s’exile en Europe (Allemagne) en 1969, où il vit dans une communauté hip et sort son premier album un an après. Réputé pour ses concerts et ses longues jams improvisées, Sweet Smoke produit un premier LP complètement dans cet état d'esprit.

Deux titres donc, de plus de 16 minutes. Un par face. Baby Night, qui a fait le renom du groupe (une partie du morceau rend hommage à Soft Parade des Doors), nous entraîne d’emblée dans un « univers à chichon ». Michael Paris y fait preuve d’une grande créativité. C’est déjanté, précis, d’une belle richesse sonore, ça respire la joie de vivre et l’union sacrée avec l’auditoire. C’est mélodieux, parfait techniquement, dans le ton des années 60/70. C’est aussi un jeu parfois spontanément improvisé par des musiciens virtuoses (quelle belle flûte, monsieur !), dans une fusion jazz, acid rock, raga rock, pop, funk, soul et classique, sur lesquels se greffent des parties expérimentales.

Ces mecs ont du être élevés au Coltrane, nourris aux Cream, parfumés au Dead. Baby Night est le meilleur des deux titres et il se suffit à lui-même pour faire son entrée dans le monde enfumé de Sweet Smoke. Silly Sally, un peu en dessous, n’est toutefois pas en reste. Un saxo se fait soudainement fou, d’entrée de morceau, puis les guitares éclatent de toutes parts comme les couleurs d’un kaléidoscope. Un solo de batterie (c’était en vogue, que voulez-vous,) vient s’inviter à la fête. Le tout est auréolé d’effets stéréo du meilleur effet. Au casque, c’est un moment très appréciable. Si, en plus, vous avez le matos qui colle avec…

Ce groupe fait partie du patrimoine psychédélique. Just A Poke est un objet culte, tout simplement (RAZOR©).

 

1. Baby Night.

2. Silly Sally.

 

Andy Dershin:basse.

Jay Dorfman:batterie,percussions.

Marvin Kaminowitz:guitare solo,chant.

Michael Paris:saxophone ténor,alto,chant,percussions.

Steve Rosenstein:guitare rythmique,percussions,chant.

LP Studio 2 - 1973

 

Sweet smoke darkness

 

 SWEET SMOKE

DARKNESS TO LIGHT – 1973  5/5

 

Publié en 1973.

Produit par John G. Möring.

Durée:44:50.

Label:Harvest Records.

 

Fais tourner…

 

Sweet Smoke a convaincu son monde avec Just A Poke en 1970. Il aura fallu trois ans pour voir l’arrivée d’un second LP : Darkness To Light (en écoute intégrale ici). Le groupe rayonne toujours dans une fusion rock-jazz, psyché.

Ce LP est le dernier studio de Sweet Smoke. Il a été largement sous-estimé à sa sortie, raison de plus pour lui redorer son blason aujourd’hui. Différent de son prédécesseur, on pourrait penser, au premier abord, qu’il n’est pas du même groupe, mais ce sentiment étant bien vite corrigé.

Il se compose de 6 titres plus courts et je le classe plutôt dans un répertoire rock prog psyché, même s’il revisite encore l’univers jazz-rock. Il est moins fou, plus posé, plus complexe. Au rayon des instruments, piano et cordes s’invitent au festin et l’influence de leur séjour en Inde se reflète dans les sonorités de certains morceaux. Rien que pour l’énorme Kundalini (plus de 13 minutes) et le morceau titre (moins de 13 minutes), je vous recommande à tout prix ce disque.

Le premier nommé a une intro vocale magnifique (une foule qui chante un mantra). Cithare, flûte, percussions ethniques, chœur, violon puis sax, solos de guitare, wha-wha. Du grand art. C’est du pur bonheur à l’image de Darkness To Light, harmonieux. Belle aussi, Show Me The Way Of The War. Quant au reste, c’est simple et pur, raffiné, doux avec une flûte qui n’en finit pas de se faire enchanteresse. C’est parfait, merveilleusement interprété et produit. J’adore (RAZOR©).

 

1. Just An Empty Dream.

2. I'd Rather Burn Than Disappear.

3. Kundalini.

4. Believe Me My Friends.

5. Show Me The Way To The War.

6. Darkness To Light.

 

Andrew Dershin:basse.

Jeffrey Dershin:piano,percussions,chant.

Jay Dorfman:batterie.

Marvin Kaminowitz:guitare,chant.

Rochus Kühn:violon,cello.

Michael Paris:saxophone,flûte,chant.

Steve Rosenstein:guitare,chant.

LP Live 1 - 1974

 

Sweet smoke live

 

SWEET SMOKE

LIVE – 1974  5/5

 

Publié en 1974.

Produit par John Möring.

Durée:37:17.

Label:EMI.

 

Ambiance tarpé.

 

Du rythme, des changements de rythmes, des mélodies qui n’en finissent pas de changer aussi, le tout enchaîné à grande vitesse, avec virtuosité et beaucoup d’improvisation…

Ce live de 74 (en écoute intégrale ici) démontre, à qui l’ignore, que Sweet Smoke est un groupe de scène, à la Dead, toutes proportions gardées. Les gars de Brooklyn, exilés en Allemagne, nous balancent à la tronche une petite merveille de live. J’imagine le chichon qui doit tourner dans le public… Et sur scène, les cocos ne doivent pas sucer des glaçons ou repousser le tarpé.

Sweet Smoke, c’est l’osmose avec le public. Ca dure 37 minutes, ventilées entre une face A façon jam (First Jam de 19’15) et une face B (18’02) sur laquelle ils remettent le couvert, dans la même teneur, avec le même dynamisme, la même joie de jouer, le même plaisir de s’éclater en communauté.

Vous avez droit avec un Marvin Kaminowitz (le seul à être encore dans la musique, il fait des p’tits bals du samedi soir) qui déchire à la guitare sur First Jam. Du grand art !

Shadout Mapes oscille entre le jazz et le blues, il vous sert sur un plateau de jolies mélodies, mais c’est moins fou que la face A. Plus posé, plus calme. Et des artistes au top. Encore plus paisible (et ce n’est pas plus mal), Ocean Of Fears, c’est Darkness To Light sur scène. Même genre. Et toujours des énormes prestations des musicos, Kaminowitz en tête.

Ce genre de disque, ça ne fait pas de mal. Je ne l’écouterais pas tous les jours mais il reste une valeur sûre du groupe qui clôturera sa carrière sur cette prestation enregistrée à Berlin en 1974 (RAZOR©).

 

1. First Jam.

2. Shadout Mapes/Ocean Of Fears.

 

Rick Greenberg:guitare rythmique,sitar.
Marvin Kaminowitz:lead guitare,chant,percussions.
John Classi:percussions,effets sonores.
Jay Dorfman:batterie,percussions.
Martin Rosenberg:tamboura,percussions.

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