Sweetwater.

BIOGRAPHIE.

 

SWEETWATER/Los Angeles (Californie)

 

Sweetwater 1

 

Formé en 1968.

Actif entre 1967 et 1970.

Label:Reprise.

Genre:rock psychédélique,pop psychédélique,folk-rock,West Coast..

 

Premier à Woodstock.

« Il n’y aura jamais plus un autre Woodstock. » Nancy Nevins sait de quoi elle parle quand elle avance ces propos. Elle en a été une actrice au sein du groupe originaire de Los Angeles, Sweetwater.

Sweetwater, formé en 1968 et au nom suggéré par une nuit passée en bordure d’un ruisseau au Monterey Pop Festival de 67, offre une triple particularité. La première, et la plus connue, est d’être, pour l’éternité, le premier groupe (je dis bien groupe) à avoir ouvert le mythique festival de Woodstock, le 15 août 1969. Il revient à Richie Havens d’avoir le privilège de l’ouvrir tout court, mais, si la formation angeline n’avait pas été perturbée par des problèmes d’organisation internes, cette prérogative lui aurait été accordée.

Un groupe atypique.

La seconde caractéristique qui colle à Sweetwater est d’émarger du schéma structurel type des groupes pop-rock de l’époque (trio, quatuor ou quintet), avec pas moins de huit membres recensés.

La troisième spécificité de Sweetwater est d’élargir l’instrumentation classique du moment (basse, guitare classique, batterie, claviers) à la flûte, à la conga (leur influence caraïbo-latino a devancé l’ami Carlos Santana), au violoncelle, et ne pas tout miser sur la guitare électrique.  Une quatrième marque qui distingue cette formation des autres, est d’avoir été un des premiers ensembles interracial américain.

Sweetwater nevins

« La clé de notre succès, c’était la passion. La vraie passion. Dans notre monde actuel, la musique pop est devenue un grand business et il y aurait tant de choses à en dire. Pour faire simple, une artiste d’aujourd’hui n’a plus besoin de talent pour rêver être un jour une rock star. C’est dommage. » (Nancy Nevins)

Tous les voyants au vert.

Groupe psychédélique et de la mouvance hippie de L.A, Sweetwater n’est pas sans évoquer le Jefferson Airplane de la première heure. La similitude entre la voix de Nancy (ou Nansi) Nevins, alors âgée de 17 ans, et celle de Grace Slick est frappante. Pour inhabituel qu’il ait été, il n’en demeure pas moins un groupe qui a sa place dans l’histoire du rock, et plus particulièrement de cette période du milieu/fin des sixties.

Sweetwater a beaucoup tourné avec les Doors mais a également partagé l’affiche avec des groupes majeurs du moment comme Cream, Grateful Dead, Big Brother & The Holding Company, C S N & Y, Jimmi Hendrix, Frank Zappa, Chicago Transit Authority, Spirit, Allman Brothers Band, War, et ouvert pour les Animals d’Eric Burdon. De quoi bénéficier d’une attention médiatique considérable.

Quand le destin s’en mêle.

Hélas, le destin s’en mêle qui fauche Nancy Nevins en pleine gloire, quand celle-ci est renversée par un chauffard ivre quelques mois après Woodstock. Hospitalisée avec de graves lésions cérébrales et physiques, privée de voix, la chanteuse de Sweetwater doit réapprendre à vivre avant de penser à rechanter un jour. Grâce au soutien de ses amis musiciens, elle reprend progressivement sa place dans le groupe qui doit adapter son répertoire pour sa voix reconstruite. Privé de sa force vive mais toujours solidaire dans le drame, Sweetwater disparaît petit à petit en laissant derrière lui trois LP de bonne facture, Sweetwater (1968), Just For You (1970) et Melon (1971). Son catalogue nous rappelle les espoirs qu’il a alors entretenus (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Sweetwater lp 1968

 

SWEETWATER

SWEETWATER – 1968  4/5

 

Publié en 1968.

Produit par David Hassinger.

Durée:36:06.

Label:Reprise.

Genre:pop-rock,pop psychédélique,folk-rock.

 

Essentiel pour psych-rock addict.

 

La première des trois levées vinyliques de Sweetwater est éponyme. Sortie en 1968, elle se situe dans le moule flower power ambiant et met en avant celle qui est la force du groupe, Nancy Nevins, dont les parallèles avec Grace Slick ne manquent pas d’être soulevés dès le premier titre. Si ce disque augure de beaux lendemains à cette formation, le destin va alors la priver de sa voix exceptionnelle, sa chanteuse étant victime d’un très grave accident. Sweetwater l’album est le seul LP qui se fasse avec cette artiste au sommet de son art.

Outre les arguments vocaux, Sweetwater brode avec bonheur autour d’un son pop-rock psychédélique aux  influences jazz et basé sur des instruments alors peu ou rarement utilisés, si ce n’est dans la musique classique (violoncelle, flûte..).

Accrocheur, frais, expérimental, comme c’était de bonne guerre pour un groupe qui se revendiquait de mouvance psychédélique, parfois d’une manière un peu dispersée et ponctuée d’envolées fusant dans toutes les directions, ce premier jet, que d’aucuns décrivent par ailleurs comme  en avance sur son époque, révèle une belle qualité d’écriture. Nevins et Alex Del Zoppo en sont les signataires principaux, seul Why Oh Why, de leur flûtiste Albert Moore, échappant à leur plume.

Marchant tantôt sur les plates bandes du folk hippie à l’image de l’utopique What’s Wrong ou de Rondeau, tantôt sur les parterres fleuris du psychédélisme  comme Here We Go Again, In A Rainbow ou le funky My Cristal Spider, sorte de White Rabbit avant l’heure, de la pop à l’image du naïf Two Worlds, classique des années 60 ou de For Pete’s Sake, voire animé d’une flamme country tel Come Take A Walk, le répertoire de cet album ouvre sur ce qui représente son fleuron : Motherless Child, blues traditionnel, standard du fok américain et dans l’escarcelle de Nancy Nevins, bien avant sa participation dans Sweetwater.

S’il n’est pas un disque du haut du panier psychédélique, ce premier LP, produit par Dave Hassinger, ingénieur des Stones, découvreur d’Electric Prunes qu’il produit également et producteur de l’Airplane, des Monkees, de CSNY, du Dead, de Seals & Crofts et enregistré au Sound Factory d’Hollywood, est artistiquement intéressant et certainement une pièce de musée incontournable dans le genre.

Il est dommage que le drame ayant affecté Nancy Nevins quelques mois après Woodstock ait contrecarré à ce point la carrière de ce groupe prometteur qui, non content d’avoir participé à Woodstock, a également ouvert pour les Doors.

Malgré trois albums, Sweetwater ne sera qu’un feu de paille. Sa présence sera toutefois très remarquée et appréciée lors des festivités commémoratives  du quarantième anniversaire de l’évènement, preuve de l’estime en laquelle il était tenu après ce disque éponyme (RAZOR©).

 

1. Motherless Child.

2. Here We Go Again.

3. For Pete's Sake.

4. Come Take a Walk.

5. What's Wrong.

6. In a Rainbow.

7. My Crystal Spider.

8. Rondeau.

9. Two Worlds.

10. Through an Old Storybook.

11. Why Oh Why.

 

Albert Moore:flûte.

Alan Malarowitz:batterie.

August Burns:cello.

Elpidio Cobian:conga.

Nancy Nevins:chant.

Alex Del Zoppo:claviers.

Fred Herrera:basse.

Joe Bruley:guitare.

Mike Williams:batterie.

Henry Arias:percussions.

LP Studio 2 - 1970

 

Sweetwater just for you

 

SWEETWATER

JUST FOR YOU – 1970  3/5

 

Publié en 1970.

Produit par Chris Huston.

Durée:33:50.

Label:Reprise.

Genre:pop-rock,pop-rock psychédélique,folk-rock

 

Sweetwater anesthésié.

 

La musique a été le plus beau cadeau de sa vie jusqu’à cette dramatique nuit pluvieuse de décembre 1969, où un chauffard l’a fauchée, lui causant de graves lésions physiques, affectant son cerveau et occasionnant de sérieux préjudices à sa voix.

Il lui aura fallu du temps pour réapprendre à chanter et reprendre sa place au sein de Sweetwater, quatre mois après que Woodstock ait popularisé ce groupe de Los Angeles. Tout avait pourtant si bien démarré avec un premier LP éponyme bien reçu dans le microcosme psychédélique, suivi de l’invitation au plus grand concert de tous les temps, le 15 août 1969.

Sweetwater, le collectif, ne l’a jamais lâchée et, après des hauts et des bas, Nancy Nevins, l’âme vocale du groupe de la vallée de San Fernando (Los Angeles), assure quelques parties sur le deuxième disque de cette formation, sorti en 1970 : Just For You (en écoute intégrale ici).

Dire que cette tragédie n’a pas influé sur la vie artistique du groupe serait une ineptie. Sweetwater, pour lequel la voix de Nancy Nevins constituait la clé de voûte du répertoire jusqu’à son accident, a dû travailler dans une direction radicalement différente, s’appuyer sur un autre registre, y inclure des enregistrements antérieurs à son arrêt et deux titres nés de son rétablissement.

C’est la raison de l’errance, parfois caractéristique, de ce  disque, faille dans laquelle quelques faiblesses y ont trouvé un terrain favorable pour s’y nicher. Témoin ce morceau titre qui part, même s’il a de la qualité, un peu dans tous les sens, et nous perd dans la forêt matinale dans laquelle il nous convie (il démarre avec les petits zoizeaux), dans son mix de latino, de gospel, de jazz… Pourtant la mélodie est belle, la voix sublime (Nancy Nevins), la piste est imaginative et n’est pas sans évoquer (c’est le violon qui veut ça) une touche It’s A Beautiful Day.

Look Out, day Song, Song From Romeo, Compared To What ont de la qualité mais celle-ci ne suffit pas à tirer vers le haut un disque qui souffre beaucoup trop de la convalescence de sa chanteuse et du blanc de près d’un an et demi qui a anesthésié l’écriture (RAZOR©).

 

1. Just For You.

2. Day Song.

3. Windlace.

4. Compared To What.

5. Song From Romeo.

6. Without Me.

7. Look Out.

 

Albert Moore:flûte.

Alan Malarowitz:batterie.

August Burns:cello.

Elpidio Cobian:conga.

Nancy Nevins:chant.

Alex Del Zoppo:claviers.

Fred Herrera:basse.

Joe Bruley:guitare.

Mike Williams:batterie.

Henry Arias:percussions.

LP Studio 3 - 1971

 

Sweetwater melon

 

SWEETWATER

MELON – 1971  3,5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Fred Herrera,Wylie Brooks.

Durée:38:16.

Label:Reprise.

Genre:pop-rock psychédélique, folk-rock.

 

Un melon sans pépins.

 

Melon (en écoute intégrale ici) est le troisième et dernier disque de Sweetwater (1971).  Si le premier album éponyme et la participation à Woodstock  ont confortablement  installé les californiens sur l’échiquier musical international, il aura fallu un dramatique accident affectant Nancy Nevins, sur laquelle repose toute la saveur de leur musique, pour que l’avenir qu’on leur prédisait rose, s’obscurcisse soudainement.

En dépit de ce contretemps, Sweetwater publie un second LP, des plus corrects sans être vraiment fracassant (Just For You). Un seul être vous manque…

Sans jamais abandonner sa voix féminine, la formation de la cité Des Anges se jette à corps perdu dans ce Melon, pour un résultat particulièrement sympa, même en l’absence de Nancy sur quasi tout l’album.

Melon, dont la pochette peut concourir au titre de la plus pit’ des couvertures, s’ouvre de la meilleure des manières avec un optimiste Get It When You can, titre qui se démarque d’un lot de chansons très convenables : Don’t Forget, qui nous permet de retrouver, avec infiniment de plaisir, la voix splendide de Nancy Nevins, It Ain’t Easy, Take It From The Splice, Boys et I’m Happy Today aux rythmes santaniens, Rejoice/The Smile Of Man (piano, flûte, acoustique, violoncelle), Don’t Give A Hoot. Join The Band est l’autre pièce maîtresse qui referme l’album sur une bonne impression. (RAZOR©).

 

1. Get It When You Can.

2. Don't Forget.

3. It Ain't Easy.

4. I'm Happy Today.

5. Rejoice - The Smile Of Man.

6. Take It From The Splice, Boys.

7. Naturally.

8. Don't Give A Hoot.

9. Faith.

10. Join The Band.

 

Nancy Nevins:chant,guitare acoustique.

Fred Herrera:basse,chant.

Alex Del Zoppo:piano,claviers,harmonica,chant.

Albert B. Moore:flûte,chant.

August Burns:cello.

Elpidio Cobian:conga,percussions.

Alan Malarowitz:batterie sur 4/10.

Ricky Fataar:batterie sur le reste.

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