Syd Barrett.

BIOGRAPHIE.

 

SYD BARRETT/Cambridge (Angleterre)

 

Syd barrett1

 

Né Roger Keith Barrett, dit Syd Barrett.

Né le 6 janvier 1946 et  mort le 7 juillet 2006 à Cambridge (Angleterre).

Actif entre 1965 et 1974.

Label:EMI.

Genre:folk psychédélique,rock psychédélique,space rock.

Site officiel:www.sydbarrett.com

 

Syd Barrett, le génie de Pink Floyd.

Syd Barrett nous a quittés le 7 juillet 2006, après une très longue descente aux enfers commencée à la suite de sa mise à l’écart de Pink Floyd, dont il fut, outre le fait d’avoir été un de ses membres fondateurs, la géniale personnalité et l’incomparable précurseur du psychédélisme à l’anglaise. Pink Floyd lui doit beaucoup.

Auteur de compositions exceptionnelles ayant contribué à lancer le groupe des premiers LP, les See Emily Play, Astronomy Domine, Interstellar Overdrive, Scarecrow ou Jugband Blues, le natif de Cambridge a pesé de tout son poids dans l’histoire du rock anglais et dans la révolution psychédélique opérée par Pink Floyd.

De près, entre 1965 et 1968, ou indirectement, dans l’après Barrett quand le groupe est allé jusqu’à assurer à son Syd, devenu ingérable à cause de consommation abusive de LSD, des revenus confortables, grâce aux ventes de la compil’ Echoes dans laquelle l’auteur-compositeur banni est partie prenante en l’alimentant de 5 titres nés sous sa plume.

Syd barrett 4Précurseur du psychédélisme à l'anglaise.

Syd barrett relook 1Pink Floyd lui doit beaucoup.

Du côté de Cambridge…

De son vrai patronyme Roger Keith Barrett, Syd, chanteur et guitariste, Nick Mason, batteur, Richard Wright (claviériste) et Roger Waters, chanteur et bassiste sont à l’origine du mythique Pink Floyd.

Waters, Barrett et celui qui le remplacera au sein de Pink Floyd, David Gilmour, sont tous trois issus de Cambridge. Waters rencontre Mason et Wright alors qu’il poursuit ses études à l’école Polytechnique de Regent Street à Londres.

Syd Barrett, de son côté, fait les Beaux Arts. Waters, Mason et Wright forment les Architectural Abdabs après avoir été de l’éphémère Sigma 6. Selon l’humeur du moment, ils peuvent tout aussi bien être, du jour au lendemain, Leonard’s Lodgers’, voire Screaming Abdabs, Meggadeaths ou Tea-Set (Wright, Waters, Mason, Barrett et Klose).

Syd Barrett fait partie de ce conglomérat de formations qui mute, dès l’été 1965, vers ce qui va donner Pink Floyd.

Pink Anderson + Floyd Council = Pink Floyd.

A l’automne de cette même année, Syd trouve l’idée du nom de Pink Floyd en associant deux musiciens de blues : Pink Anderson et Floyd Council.

La nouvelle mouture, jusque là axée sur le R & B, prend une direction plus psychédélique dans laquelle Syd Barrett est fortement impliqué.

Les débuts de Pink Floyd se font sur la scène underground londonienne (le club UFO et le Marquee notamment), articulés autour d’une musique qui mélange rock anglais, blues et psychédélisme américain. Dans ce contexte, la personnalité de Barrett émerge.

Le jeune Roger Keith Barrett est le fils d’une famille de 5 enfants de la classe moyenne anglaise. Quatrième de cette fratrie, il dispose de tous les moyens pour que son éclosion dans la musique soit favorisée. Il joue du piano, du banjo, du ukulélé et de la guitare, passe son temps à écrire et à dessiner.

Quand le père Arthur Max décède, juste avant les 16 ans de Syd, la maman Winifred s’emploie à aider le groupe de son fils, Geoff Mott & The Mottoes, en lui ouvrant les portes de sa maison pour pouvoir répéter.

Elève de la High School For Boys de Cambridge, puis du Cambridge College Of Art And Technology, il fait partie de la prestigieuse Camberwell Art School du sud londonien en 1964, avant de donner la priorité à Pink Floyd et d’y avoir une influence énorme durant les premières années en écrivant notamment la grande majorité de la matière du groupe, en assurant et le chant et la guitare. De quelle manière et avec quelle maîtrise !

Syd barrett pink floyd

Le chef d’œuvre The Piper At The Gates Of Dawn.

Avec The Piper At The Gates Of Dawn (août 1967), Syd Barrett se retrouve à la tête d’un disque fondateur du psychédélisme version anglaise, quand, dans le même temps et dans le studio d’à côté, les Beatles peaufinent leur Sergent Peppers.

A peu de choses près, le meilleur LP de tous les temps aurait pu basculer dans le camp d’en face. Elégant, fondamental, Barrett est le capitaine halluciné d’un bateau dont il expérimente lui-même le cap délirant.

Le rock ne s’en est jamais remis, pas plus que Barrett dont la schizophrénie va évoluer progressivement d’embryonnaire à irrémédiable sous l’influence du LSD.

Barrett perd progressivement le contrôle.

Le Pink Floyd de l’ère Barrett et de Piper n’a alors à son actif que deux malheureux singles Arnold Layne (mars 1967) et See Emily Play (juin 1967), deux chansons pop déjà de son seul fait et bientôt cultes. En novembre de cette même année psychédélique sort Apples And Oranges, toujours signée Barrett, et qui n’a pas été retenue sur The Piper.

Cette chanson résume bien l’artiste à cet instant T. Perturbé et perturbant, à l’image d’un morceau dont l’architecture musicale flirte avec la désintégration sans jamais sombrer avant son terme. Barrett a toujours le contrôle.

Syd barrett gilmour

 « J’ai toujours ressenti très fortement la présence de Syd à chaque fois que j’ai chanté Shine On You Crazy Diamond ou Wish You Were Here. Mais cela a été renforcé dans la période suivant la mort de Syd, durant la dernière partie de ma tournée en 2006. Lors des derniers spectacles, ce sentiment était beaucoup, beaucoup plus fort, encore plus poignant que d’habitude, bien que l’on puisse dire que nous avions perdu Syd très longtemps avant qu'il ne soit effectivement mort. » (David Gilmour)

Le sujet adopte toutefois un comportement psychiatrique de plus en plus bizarre que d’aucuns mettent, à juste raison, sur le compte du LSD. Barrett joue désaccordé sur scène, reste muet devant ses intervieweurs du petit écran, regarde dans le vide, développe des peurs, montre des signes de fatigue et de dep’.

Il devient instable et totalement imprévisible professionnellement comme au quotidien, au point que les autres membres, dès la fin 67, lui mettent un ami d’enfance dans les pattes, David Gilmour, pour l’épauler dans un premier temps, puis pour pallier ses absences de plus en plus constantes.

Ecarté en avril 1968.

L’heure est grave car, de par son attitude déstabilisante, le groupe perd de sa cohésion, ne peut rien prévoir et doit même annuler des dates. David Gilmour supplée alors Syd Barrett sur toutes les parties de chant et de guitare. Pendant quelques mois, Pink Floyd évolue à 5 ou plutôt à 4 et demi, situation dont il ne satisfait pas. Syd Barrett est remercié officiellement en avril 1968.

Quand A Saucerful Of Secrets, deuxième LP de Pink Floyd, est publié fin juin 1968, Syd Barrett apparaît encore sur trois titres : au chant et à la guitare sur Jugband Blues, à la guitare sur Remember A Day et à la guitare acoustique sur Set The Control For The Heart Of The Sun. Ce sont ses derniers pour le groupe, passé sous l’influence de Waters et de Wright qui, à eux seuls, alimentent la majorité des pièces d’un album qui marque l’apothéose de la période dite psychédélique.

Le pop-rock a son Rimbaud.

Syd Barrett entame alors une carrière solo, rythmée par des prises accrues d’acides. Deux albums traduisent ce parcours personnel vite avorté : The Madcap Laughs (1970) et Barrett (1971). Waters, Gilmour, Wright et Mason gardent constamment un œil sur lui et ne le laissent pas tomber.

Syd barrett 3Syd Barrett : le génie de Pink Floyd.

Les amis produisent cette paire discographique et Gilmour va même jusqu’à refaire certaines parties de guitare alors inaudibles.

Recroquevillé sur ses souffrances, le Barrett de The Madcap Laughs laisse tourner les magnétos et joue plusieurs mois d’affilée. Il en résulte une sorte de collage de ce passage prolongé en studio, fait à l’acoustique et à la voix et valorisé par des orchestrations amies : Waters, Gilmour et les gars de Soft machine (Wyatt, Ratledge et Hooper).

Le résultat est des plus surprenants et laisse augurer de ce qu’aurait pu être le deuxième LP des Floyd, si leur capitaine du moment ne leur avait pas joué la partition à l’envers.

L’album Barrett tient de l’univers où le merveilleux côtoie l’étrange en 12 actes fragiles. Syd Barrett, aidé par ses proches du Floyd, signe une œuvre incontournable.

Le pop-rock anglais a désormais son Rimbaud. Syd Barrett disparaît alors de la circulation, privilégiant la peinture et le jardinage. Il demeure dans l’ombre jusqu’à ce 7 juillet 2006 où un cancer du pancréas a raison de lui.

Le rock perd en même temps qu’une de ses plus affectueuses figures, un véritable génie. Notre cœur saigne depuis aux premières notes de Shine On You Crazy Diamond (1975). C’est bien ce qu’il fut : un diamant halluciné (RAZOR©2015).

DISCOGRAPHIE PINK FLOYD 60'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Pink floyd the piper 67

 

PINK FLOYD

THE PIPER AT THE GATES OF DAWN – 1967  5/5

 

Publié en août 1967.

Produit par Norman Smith.

Durée:42:00.

Label:Columbia/Tower.

Genre:rock psychédélique,folk psychédélique.

 

Délirium Barretien.

 

Les dernières images de Syd Barrett circulant sur le net ont un côté pathétique. Etique dans son Marcel trop grand ou le regard inquiet à l'idée d'ouvrir la porte à un inconnu, qui peut s'imaginer que cet être prématurément vieilli, chauve et ployant sous le poids d'une cinquantaine qui en paraît bien plus, est, avant d'être un naufragé du rock, l'homme qui a donné l'impulsion au légendaire Pink Floyd, l'artiste qui lui a permis de décoller pour avoir été le maître d'oeuvre du premier album du groupe ?

Un album psychédélique incontournable sorti en août 1967 et dont le rock a eu du mal à se remettre : The Piper at The Gates of Dawn.

Ce premier disque à la pochette kaléidoscopique et à l'intitulé référant au roman de Kenneth Grahame, Le vent Dans Les Saules, émane essentiellement du cerveau égaré et embrumé de son chanteur et guitariste, gros consommateur de LSD. Construit comme une succession de petites histoires hallucinées, il propose une sorte de voyage musical et sonore maîtrisé mêlant poésie, magie, fantastique et psychédélisme.

Petit space-opéra culminant au-delà de 4 minutes, le planant Astronomy Domine, que Pink Floyd avec ou son Barrett reprendra souvent sur scène, est le fleuron de ce disque étonnamment privé de deux des pièces maîtresses du répertoire de Syd Barrett, les singles Arnold Layne et See Emily Play.

Astronomy Domine est son hymne. Magnifiquement élaboré, superbement structuré, Astronomy Domine est loin de traduire le désordre mental affectant son auteur; il ne laisse en rien deviner l'état psychique qui s'annonce et qui amène le groupe à se passer de lui.

Ce disque, par ailleurs très complexe, est un vrai joyau psychédélique, mais il est surtout la vision enfantine du psychédélisme façon Barrett. Pas sûr que l'on apprécie du premier coup une oeuvre très éloignée du catalogue psychédélique et progressif que Pink Floyd a développé à sa suite. Pourtant, il faut en être, Pink Floyd a décollé ici et grâce à son génial déjanté, parti ensuite dans une longue et interminable dérive (RAZOR©).


1. Astronomy Domine.
2. Lucifer Sam.
3. Matilda Mother.
4. Flaming.
5. Pow R. Toc H.
6. Take Up This Stethoscope And Walk.
7. Interstellar Overdrive.
8. The Gnome.
9. Chapter 24.
10. Scarecrow.
11. Bike.
 

Syd Barrett:chant,guitare.
Nick Mason:batterie.
Richard Wright:orgue,piano.
Roger Waters:basse,chant.

LP Studio 2 - 1968

 

Pink floyd a saucerful of secrets

 

PINK FLOYD

A SAUCERFUL OF SECRETS – 1968  3,5/5

 

Publié en juin 1968.

Produit par Norman Smith.

Durée:39:24.

Label:Columbia,EMI.

Genre:rock psychédélique,rock progressif,space rock.

 

Un Floyd à cinq feuilles.

 

Pink Floyd en est seulement à son deuxième album que, déjà, le bateau se met à tanguer en raison de la propension de Syd Barrett, alors indiscutable leader du groupe, à trop se consumer dans le L.S.D.

Incapable d’assurer le rôle qui lui est dévolu au sein de la formation, inapte à se gérer face au public, renfermé sur lui-même, le génial compositeur schizophrène est montré du doigt par ses petits camarades, peu enclins à continuer l’aventure avec un tel illuminé.

Oui mais, on ne vire pas Barrett comme on se sépare du pékin lambda. Barrett, c’est le fondateur du Floyd et celui qui a couvert de ses premiers lauriers leur musique. Il n’est qu’à se référer au Piper At The Gates Of Dawn précédent, enluminé par la créativité de Syd, pour constater que son éviction serait lourde de conséquence à l’heure d’attaquer A Saucerful Of Secrets, le deuxième volet du catalogue (1968).

D’où l’idée d’intégrer, par petites touches et au trio encore réellement actif, constitué de Waters, Wright, Mason, son remplaçant  David Gilmour (Jeff Beck fut également pressenti), ainsi que celle de conserver Barrett, mais en le délestant des tâches d’écriture, en le réduisant à la portion congrue.

Cette dernière se cantonne à une discrète contribution guitaristique sur le triste et prophétique Jugband Blues qui lui appartient (le seul où son nom est mentionné), Remember The Day, Set The Controls et (sous réserve) sur Corporal Clegg. La pitance est maigre, le procédé discutable, mais Barrett doit s’effacer, tant il pourrit la vie du groupe et disjoncte. Pink Floyd a décollé grâce à lui, mais ne peut se compromettre à continuer avec.

On lui prête l’anecdote selon laquelle il était prêt à introduire dans la formation, une chanteuse, un saxophoniste et un banjoïste. Effectivement, c’est sérieux…

Ainsi décapité et restructuré, Pink Floyd poursuit une route que la rumeur de la recherche d’un guitariste additionnel et de la rupture probable et imminente avec Barrett, annonce comme obstruée, faute d’avoir mis la main sur le pluridisciplinaire idéal qui sache chanter, manier la guitare et surtout composer.

Le nouvel entrant, Gilmour, semble avoir le profil sur deux points : il joue merveilleusement de la guitare, s’en sort honorablement au chant, mais quid du songwriting ? On ne remplace pas une force créatrice comme Barrett en claquant des doigts, auteur de l’entièreté de l’album précédent.

A l’heure d’entrer en studio pour Saucerful Of Secrets, c’est un dilemme pesant et perturbant qui habite le Floyd. Son titre ne sonne-t-il pas comme un appel au secours ? Saucerful Of Secrets: S.O.S. Il s’en faut de peu que ce Pink Floyd divisé et endetté jusqu’au cou ne splitte à ce niveau de leur carrière.

Wright était alors prêt à quitter le groupe si Barrett avait été évincé et en état mental de continuer. Comme quoi, une légende ne tient parfois qu’à un fil.

La sortie de Saucerful Of Secrets (le seul album à recenser un line-up à 5 membres) va vite révéler que Roger Waters est le nouveau big boss dans la maison et surtout, qu’il est l’architecte de ce disque, commencé sans Gilmour et encore embryonnaire (il ne touchera que 300 livres pour sa participation).

Avec ses assesseurs Wright et Mason, Waters réinvente alors le Floyd et l’emmène dans une autre direction, tout en veillant à ne pas humilier Barrett, pour lequel il est un moment envisagé d’en faire un compositeur en coulisse.

Les spectateurs privilégiés du fameux concert gratuit de Hyde Park (29 juin 1968) assistent, dans la même semaine que la publication du N° 2, au témoignage tangible d’un Floyd prometteur, relancé, et au style désormais nouveau. Preuve que la nouvelle équipe en a sous la coiffe, même si elle reste très influencée par l’artiste mis sur la voie de garage.

Résultat des courses : ce qui est supposé être un travail transitoire se révèle constituer une pièce maîtresse du catalogue des anglais, en dépit d’un son pas toujours au niveau. L’atmosphère dans laquelle nous convie A Saucerful Of Secrets est le reflet de l’étrangeté, de la nuisibilité de la situation collant aux sessions en studio ; le folk psychédélique d’hier s’efface au profit d’une musique raisonnablement expérimentale, plus space-rock, plus puissante, mais aussi plus difficile d’accès, plus obscure, plus mystérieuse, qui sert de support aux titres tourmentés et parfois violents de Waters.

Waters se découvre une âme de songwriter et livre un extraordinaire et planant instrumental de 12 minutes, le fameux et avant-gardiste Set The Controls For The Heart Of The Sun. Avec le morceau titre, ils sont très représentatifs de cette évolution artistique et caractéristique du Floyd qui tourne le dos à l’époque Barrett.

Rajoutez-y le céleste Remember The Day, écrit par le talentueux, l’inoubliable mais méconnu Rick Wright, ainsi que l’autobiographique JugBand Blues, ultime et touchant témoignage de Syd Barrett, qui fait référence à sa mise sur la touche du groupe et à ses problèmes induits par les drogues.

Pour un album fait dans le dur et dans la douleur, dans un contexte lourd et tragique, A Saucerful Of Secrets mérite le meilleur des respects, la plus grande considération. Il est une pierre angulaire de la musique rock et on en arrive, aujourd’hui encore, à sous-estimer son importance alors qu’il est un élément-clé dans la carrière du Floyd, ne serait-ce que par le lien qu'il établit entre les versions Barrett et après Barrett (RAZOR©).

 

1. Let There Be More Light.
2. Remember A Day.
3. Set The Controls For The Heart Of The Sun.
4. Corporal Clegg.
5. A Saucerful Of Secrets.
6. See-Saw.
7. Jugband Blues.

 

Syd Barrett:guitare,chant.
David Gilmour:guitare,chant.
Roger Waters:basse.
Rick Wright:claviers.
Nick Mason:batterie.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Syd barrett madcap laughs

 

SYD BARRETT

THE MADCAP LAUGHS – 1970  5/5

 

Publié le 3 janvier 1970.

Produit par Syd Barrett,Peter Jenner,Malcolm Jones,David Gilmour,Roger Waters.

Durée:37:41.

Label:Harvest (U.K),Capitol (U.S.A).

Genre:folk psychédélique,blues-rock,rock.

 

Au plus bas physiquement, au sommet artistiquement.

 

Syd Barrett a sorti deux albums studio : ce Madcap Laughs et Barrett, tous deux publiés en 1970, le premier en janvier, le second en novembre.

Syd Barrett traverse alors une très mauvaise passe pour des raisons d’accoutumance aux drogues. Membre de Pink Floyd, qu’il a créé et avec lequel il participe aux deux albums studio que sont The Piper At The Gates Of Dawn et A Saucerful Of Secrets (deux excellents disques), il en est purement écarté (remplacé par David Gilmour) pour les raisons énoncées, devenant quasiment ingérable et constituant de plus en plus un frein à l’évolution du groupe.

Enregistré au printemps de 1968 et, dans un second temps, en été 1969, ce Madcap Laughs a été un calvaire à mener à son terme tant Syd Barrett était constamment  à l’Ouest. Et physiquement incapable d’assurer ses parties. Je ne rentrerais pas dans les détails, il y a trop à en dire.

Sans les potes Gilmour et Waters, cet album aurait-il seulement été enregistré ? Pas sûr. C’est pourquoi ce disque de ce génie de Barrett est assez tortueux, chancelant et fait à la hâte, entre le fromage et le dessert. Qu’aurait-il donné dans d’autres circonstances ?

Syd Barrett y développe 13 titres. 13 comme les 13 convives de la cène, 13 comme 13 magiques gâteries de Noël. Et le 13 lui porte chance. Pour une fois. Treize magnifiques titres, surprenants, surréalistes, pleins d’émotion et de vérité, parfois hésitants, faits simplement, servi par un son simple, par un artiste qui se recroqueville sur ses souffrances.

Pas toujours cohérent, décousu parfois, ce disque est l’œuvre d’un génie à l’écriture erratique incomparable, d’un mec qui souffre. Il est unique et résiste bien au temps. Ce poète déjanté, Rimbaud de son époque, était un grand malade rongé par le LSD, cette drogue qui l’a rabaissé à l’état de loque humaine tout en l’élevant au rang de légende du rock.

Ce disque est la seule chose qui lui reste. Il est grand, profond, halluciné mais terriblement vrai.  Il est incontournable. Cela va de soi (RAZOR©).

 

1. Terrapin.

2. No Good Trying.

3. Love You.

4. No Man's Land.

5. Dark Globe.

6. Here I Go.

7. Octopus.

8. Golden Hair.

9. Long Gone.

10. She Took a Long Cold Look.

11. Feel.

12. If It's in You.

13. Late Night.

 

Syd Barrett:guitare,chant.

David Gilmour:basse,guitare acoustique 12 cordes,batterie sur 7.

Roger Waters:basse.

Jerry Shirley:batterie.

John Wilson:batterie.

Vic Saywell:cuivres.

Robert Wyatt:batterie sur 2/3.

Hugh Hopper:basse sur 2/3.

Mike Ratledge:claviers sur 2/3.

LP Studio 2 - 1970

 

Syd barrett barrett

 

SYD BARRETT

BARRETT – 1970  5/5

 

Publié le 14 novembre 1970.

Produit par David Gilmour.

Durée:38:43.

Label:Harvest (U.K),Capitol (U.S.A.).

Genre:rock psychédélique,folk psychédélique.

 

Le Rimbaud du XXème siècle.

 

« Toi, tu t’assois. Tu joues quand on te le dit et tu nous laisses faire ». Cette image traduit vraisemblablement l’ambiance qui a dû dicter les séances  d’enregistrement du second album de Syd Barrett de 1970, intitulé Barrett. Elle ne doit pas s’en éloigner, en tous cas.

Syd Barrett souffre de schizophrénie. Aidé, sur le précédent The Madcap Laughs, de ses deux acolytes du Floyd, Gilmour et Waters, fortement impliqués dans la mise en forme et la réalisation du  premier album, Syd Barrett, tel un enfant , littéralement assisté, bénéficie, cette fois-ci, du soutien de Gilmour  (qui ne l’a jamais lâché, même plus tard) et du regretté  Rick Wright.

Enregistré en 1969 dans le studio d’Abbey Road, produit par le tandem Gilmour/Wright, ce deuxième chef d’œuvre du visionnaire Barrett est d’une grande beauté. Sophistiquée et enfantine, sa musique est imprévisible (avec des accords inattendus, des impros maladroites, des breaks inventifs), à l’image de la complexité et de l’étrangeté du personnage.

Mélancolique, inquiétante, sombre, faussement désinvolte sur certaines pièces, froide, elle peut mettre mal dans ses baskets. Mal comme peut l’être cet être en souffrance. Malade d’une folie qu’il communique à ses interprétations.

Durant 38 minutes, le merveilleux côtoie l’étrange dans une étonnante ambiance folk psychédélique. Barrett est une œuvre incontournable du Rimbaud du XXème siècle.

S’est-il au moins rendu compte a quel point, ses travaux ont influé sur les Bowie, Cure ou autres ? Difficile de savoir. Vous lui posiez une question, il répondait à côté ou regardait avec émerveillement un papillon se poser sur sa guitare. Comme l’enfant que la prise abusive et répétée de drogues a façonnée. De lui, il nous reste, outre The Piper At The Gates Of Dawn (1967) son chef d’œuvre sous Pink Floyd, deux monuments discographiques : ce disque, dont il a dessiné la pochette, et son prédécesseur (RAZOR©).

 

1. Baby Lemonade.

2. Love Song.

3. Dominoes.

4. It is Obvious.

5. Rats.

6. Maisie.

7. Gigolo Aunt.

8. Waving My Arms in the Air.

9. I Never Lied to You.

10. Wined and Dined.

11. Wolfpack.

12. Effervescing Elephant.

 

Syd Barrett:guitare,chant.

David Gilmour:guitare,basse,orgue,batterie,chœurs.

Rick Wright:claviers,piano,harmonium,orgue Hammond,chœurs.

Vic Saywell:tuba.

Jerry Shirley:batterie,percussions.

John willie Wilson:batterie.

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