The Charlatans.

BIOGRAPHIE.

 

THE CHARLATANS/San Francisco (Californie)

 

Charlatans 1

 

Actif entre 1964 et 1969.

Label:Kapp,Philips.

Genre:rock psychédélique,acid rock,folk-rock.

 

Charlatans red dog saloon

Le Nevada pionnier de l’acid rock.

Le Red Dog Saloon de Virginia City, dans le Nevada, a autant d’importance dans le développement de la scène musicale psychédélique des 60’s que les Charlatans, acteurs précoces de la place de San Francisco où le genre a explosé.

Vous avez bien lu : aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’épicentre de ce mouvement culturel est parti du Nevada, dans son concept en tout cas.

Celui-ci est né du projet de Mark Unobski, Chandler Loughlin et Don Works de transformer un ancien hôtel de Virginia City en un berceau de réjouissances musicales où les euphorisants pourraient tourner en toute impunité.

Les sanfranciscains The Charlatans deviennent le groupe maison du Red Dog Saloon par le plus grand des hasards, le duo Olsen/Wilhelm ayant été confondu avec les Byrds par Chandler Loughlin, alors qu’il recherche un groupe pour animer l’endroit.

Le Red Dog Saloon et les Charlatans.

N’empêche, les Charlatans sont en phase avec cette démarche libertaire, ils l’appuient et sont parmi les premiers à transposer cet état d’esprit dans le quartier hippie de Haight-Ashbury. Avant Jefferson Airplane qui en est encore à finaliser la rencontre Balin/Kantner, avant l’ouverture du Matrix, les Charlatans installent les bases de ce qui est aujourd’hui universellement  retenu comme le San Francisco Sound. Nous sommes début 1965 et on tient vraisemblablement  avec les Charlatans l’initiateur de ce mouvement artistique incontournable du rock et de la culture américaine qui s’est engagée derrière.

Charlatans garcia

« Mon guitariste préféré sur la scène de San Francisco ? Mike Wilhelm. Sans discussions. » (Jerry Garcia)

L’univers de James West et Artemus Gordon.

Comme on peut l’imaginer dans le cadre d’un établissement agencé dans un décor far west, le personnel est vêtu comme à la fin du 19 siècle, allant même jusqu’à porter un pistolet à la ceinture pour faire plus vrai. Les Charlatans, sortis tout droit des Mystères de l’Ouest, obéissent à cette règle-maison, d’où les accoutrements (chapeaux, gilets, bottes de cowboy, montres gousset) dignes des pistoleros, chasseurs de primes et autres acteurs de la ruée vers l’or de San Francisco, dont ils sont affublés sur les pochettes de leurs disques, sur les posters psychédéliques et les photos de l’époque.

A nul autre pareil.

Tant dans le domaine vestimentaire que dans son rock psychédélique boosté au LSD, les Charlatans d’alors ne sont à aucun autre groupe comparable. Ils relèvent plus du jug band et du ragtime que de la lignée blues lourd psychédélique ou lysergico-instrumentale constituant la grande majorité des formations ambiantes : Jefferson Airplane, Grateful Dead, Quicksilver Messenger Service, Moby Grape. Leur influence sur le genre et sur l’échiquier californien n’en est pas moins avérée. Ils ont, dans ce contexte, tenu un rôle central.

Charlatans lp

En prenant le parti de déplacer ce concept dans l’Area Bay, condamnant par la même occasion le Red Dog Saloon (fermé en 1968), la formation californienne fait équipe avec une bande de hippies, la Family Dog, par laquelle transite tout ce qui touche de près ou de loin au psychédélisme.

Ces promoteurs (concerts, affiches, promotion…) par la voix d’Alton Kelley, de Rick Griffin, Victor Moscoso, Stanley Mouse, Wes Wilson et de Chet Helms, son catalyseur, font de tous les événements psychés alors en vogue des rendez-vous incontournables.

La scène de San Francisco est née ; elle entraîne dans son sillage tout ce qui aspire à la paix, à l’amour et à la liberté d’expression. The Charlatans ne gagnent pas au change d'avoir été les pionniers du genre et sont restés les moins connus de cette scène.

Après le folk-revival de Greenwich, la déferlante British Invasion inondant les States, place au rock psychédélique, dont les Charlatans de George Hunter, un des premiers musiciens à avoir troqué la guitare acoustique pour l’électrique, sont un des premiers, sinon le premier, groupe de rock à oser la transition, quand, dans le même temps, le Dead en est encore à pratiquer du folk.

Les premiers à gober les cachetons ?

Nous sommes en plein été 64 et l’étudiant du State College de San Francisco, George Hunter, pas plus chanteur que musicien, recrute à ses côtés et dans un premier temps, le bassiste Richard Olsen (également clarinettiste), le guitariste Mike Wilhelm, étudiant comme lui, puis un peu plus tard, le claviériste Mike Ferguson, un pur produit d’Haight-Ashbury ainsi que le batteur Sam Linde, rapidement suppléé par Dan Hicks, issu de San Rosa et plus jazz. Ce quintet, ancré dans la culture drogue de l’époque, est le line-up d’origine des Charlatans, certainement le premier aussi à avoir tapé dans la boite à sucrettes lysergiques, même si le son initial ne traduit pas forcément la sensation qui prévaut pour la majorité des rivaux débarqués à sa suite.

Actif de 1964 à 1969, les Charlatans ne cherchent pas à se faire remarquer dans leur art, préférant les performances devant un parterre local composé de potes et de proches essentiellement. Si leur premier concert date du Red Dog Saloon et de début juin 1965, ils décrochent une audition pour Autumn Records à l’automne de cette même année, sans que cette opportunité ne débouche sur du concret, le label, alors mal en point étant absorbé par Warner Bros qui ne donnera pas suite au projet. Le répertoire de prédilection des Charlatans tourne au tour de reprises essentiellement : du Roy Acuff (country), du Jelly Roll Morton (jazz et old time) ou du New Lost City Ramblers (ragtime).

Charlatans 2

Trop dilettante pour prétendre à mieux.

Les Charlatans ne goûteront pas au bonheur de publier un LP durant leur courte existence. Pas plus avec Sly Stone, qu’avec Erik Jacobsen ou Leon Russell qui gravitent un temps dans le giron des sanfranciscains. Le seul qui pointe à leur catalogue est réalisé après la carrière du groupe. Si l’éponyme Charlatans, sorti en 1969, est excellent, il convient néanmoins de se tourner vers les compilations (notamment The Amazing Charlatans, qui était leur premier nom) pour savourer pleinement une œuvre très intéressante.

Intéressante certes, mais par trop tributaire de l’état d’esprit dilettante des californiens d’autant que des tensions se sont invitées entre eux dès 1966/67, amenant Hunter à écarter Ferguson au profit de Patrick Gogerty et à intégrer Terry Wilson à la batterie en lieu et place de Dan Hicks, le seul vrai professionnel du lot ; ce dernier, engagé en parallèle avec les Hot Licks (avec David Laflamme d’It’s A Beautiful Day) glisse à la guitare rythmique et au chant.

Ne pas l’oublier à l’heure des bilans.

Gogerty quitte les Charlatans en 1968, lassé de subir la domination de Hunter qui, rappelons-le, graphiste d’origine, est le coauteur (avec Michael Ferguson) de ce qui est vraisemblablement la première affiche psychédélique jamais produite : The Seed paraît le 29 juin 1965 à l’occasion du premier passage des Charlatans au Red Dog Saloon.

Quand  Hicks donne la priorité à ses Hot Licks, les Charlatans doivent se résoudre à baisser pavillon. Il renaît de ses cendres, en 1969 et jusqu’en 1970,  sous forme de quatuor, sans Hunter mais avec un nouveau claviériste, Darrell De Vorde ; Wilhelm, Olsen, Wilson sont les autres repreneurs d’un groupe qui a vu tous ses rivaux de l’acid rock californien tirer les marrons du feu alors que le mérite en revient d’abord et surtout aux Charlatans du Red Dog Saloon, le seul line-up qui vaille vraiment. Il ne faut pas le perdre de vue dès lors que l’on évoque cette scène psyché (RAZOR©).  

DISCOGRAPHIE 1965/69

LP Studio - Réédition 1996

 

Charlatans lp

 

THE CHARLATANS

FIRST ALBUM/ALABAMA BOUND (1966/69) – 1996  4,5/5

 

Publié en février 1996.

Enregistré entre 1966 et 1969.

Produit par Dan Healy (First LP),Erik Jacobsen (Alabama Bound),The Charlatans.

Label:Philips,Eva

Genre:rock psychédélique,acid rock,pop-rock,folk-rock.

 

L'acid-rock, c'est d'abord eux avant tous les autres.

 

Sam Linde (batterie), auquel succède rapidement Dan Hicks, Mike Wilhelm (guitare), Mike Ferguson (claviers), Richie Olsen (basse) et l’étudiant artistique George Hunter, seul acteur sans véritable expérience et formation musicales (on lui réserve le tambourin et il finit par se fixer à la guitare rythmique, au chant et à l’écriture), mais vrai catalyseur de l’équipe, formaient l’ossature des Charlatans américains que vous me ferez le plus grand plaisir de ne pas confondre avec leurs homologues UK encore en activité, qui font dans un autre genre et venus bien plus tard aux choses du rock.

Non, les miens, les ceusses de l’Oncle Sam, nés en 1964, sont d’une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître et sont associés à des lieux qui parlent d’eux-mêmes : San Francisco et sa scène musicale psychédélique bouillonnante, du côté de Haight-Ashbury, dans les années 60. Comme il est de plus en plus difficile de mettre la main sur des originaux de l’époque, tournons-nous vers les rééditions qui, je ne le dirai jamais assez, permettent d’accéder aujourd’hui à des groupes et à des répertoires rejaillis de nulle part, dont nos gaillards font partie.

Pour ce qui concerne nos Charlatans ricains, nous avons le méchant coup de bol de pouvoir disposer d’une publication de 1992 (EVA Records), qui couple l’album The Charlatans avec une compilation d’enregistrements inédits nommée Alabama Bound.

La couverture est complète et donne un très large aperçu de l’importance, voire du rôle central et influent occupé auprès des formations de l’Area Bay débarquant sur leurs talons, par ces clones de James West et d’Artemus Gordon. Les Charlatans ont montré la voie à suivre en développant rapidement un côté indocile et en optant pour des accoutrements vestimentaires bariolés sortis tout droit de la série télévisée The Wild Wild West (Les Mystères de l’Ouest chez nous) et des friperies victoriennes ; la jeunesse hippie naissante de San Francisco s’en inspirera sans tarder.

Comptant parmi les premiers groupes à être passés à l’électricité après que le mouvement folk de Greenwich Village ait remisé ses grattes sèches dans leurs housses et que l’invasion britannique dévastatrice ait écumé de long en large le sol américain, les Charlatans sont en quelque sorte les précurseurs du San Francisco Sound, bien qu’initié dans le Nevada à Virginia City et au Red Dog Saloon, endroit de réjouissances  où ils ont leurs habitudes.En 64/65, les Dead, celui que l’on a tendance à considérer comme le premier inventeur du son de cette scène, ou Country Joe, l’autre co-pionnier supposé du genre, en sont encore à la jouer folklo.

L’autre domaine dans lequel les Charlatans ont eu une longueur d’avance sur tout le monde, c’est dans l’expérimentation du LSD, attribut indissociable de cet échiquier musical psychédélique. Ils piochent, en effet très tôt et avant les autres, dans la boite à pilules lysergiques au fameux Red Dog Saloon.

Dans leur foulée, la musique psychédélique va alors connaître son âge d’or : quelque chose d’énorme vient de naître entre ces murs, qui portera le nom d’acid rock. Une affiche réalisée à l’encre bleue et noire, œuvre conjointe de Hunter et Ferguson connue sous le nom de « The Seed » témoigne de cette époque. Elle est aussi une des toutes premières (sinon la première) des affiches de l’ère psychédélique. Vous voyez maintenant pourquoi j’évoquais précédemment le rôle central de ce groupe et pourquoi le fait de ne pas faire l’amalgame avec les Charlatans rosbeefs.

Revenons à nos moutons : dans le même temps, les Charlatans, qui tirent plus sur le jug band, s’engagent dans des sessions d’enregistrement entre cette même année 1965 et 1968, date à laquelle ils se séparent. Il reste de cette tranche historique un legs discographique aujourd’hui revalorisé (Dieu merci !) et plus complet, grâce à la parution couplant le First Album éponyme (en écoute intégrale ici 1 à 12), sorti en 1969 et vite dépassé, alors que le line-up avait déjà explosé et que l’apogée de ces défricheurs était déjà loin derrière eux, avec Alabama Bound, une collection de démos de 1966 prévus pour un LP qui n’est jamais sorti.

L’album éponyme qu’il nous reste sort au moment où le psychédélisme façon cool Raoul commence à être passé de mode au profit de prestations plus heavy, avec comme seuls membres survivants Mike Wilhem et Richard Olsen meneurs d’un groupe remanié (Terry Wilson et Darrell DeVore arrivent).

Dans les faits, ça donne, au niveau du CD modernisé (le son est meilleur), 11 premiers titres du disque initial (avec le line-up recomposé et chez Philips) et de 13 à 24, 12 titres (Alabama Bound) émanant de la formation d’origine (Hunter, Wilhelm, Olsen, Ferguson et Hicks) et exhumés de bootlegs au début des années 80, un jingle commercial scindant les deux parties (12).

L’apport de ces derniers morceaux contribue à bonifier considérablement cette collection indispensable et à faire passer mon jugement de 3,5 (pour l’éponyme seul) à 4,5 pour l’ensemble du produit tel qu’il nous est proposé ici.

Groupe paradoxal d’une scène acid qu’il a initié et marqué de son empreinte avec un son très différent de ce que l’on entendra par la suite sur ce même circuit, les Charlatans n’ont pas eu la reconnaissance à laquelle ils pouvaient prétendre, se faisant voler la vedette sans le moindre ménagement par ceux qui allaient en tirer tous les bénéfices : l’Airplane, le Dead, les Doors, Moby Grape. Ce qu’il en reste aujourd’hui a une valeur inestimable pour toutes les raisons évoquées. Saisissez cette opportunité, mes p’tits loups (RAZOR©).

 

1. High Coin.     

2. Easy When I'm Dead.     

3. Ain't Got The Time. 

4. Folsom Prison Blues.       

5. The Blues Ain't Nothin'.   

6. Time To Get Straight.     

7. When I Go Sailin' By.      

8. Doubtful Waltz.      

9. Wabash Cannonball.       

10. Alabama Bound.   

11. When The Movies Are Over.  

12. Commercial Promo.      

13. Alabama Bound.           

14. Codine Blues.               

15. I Saw Her.          

16. Devil.          

17. Long Come A Viper.              

18. By Hook Or By Crook.          

19. Baby Won't You Tell Me.        

20. Sidetrack.           

21. The Shadow Knows.             

22. 32-20 Blues.        

23. I Saw Her (Instrumental).             

24. Codine Blues.       

 

Mike Wilhem:guitare,percussion,chant (1 à 24).

Darryl DeVore:claviers,basse,percussions,chant (1 à 11).

Richard Olsen:basse,percussions,chant (1 à 24).

Terry Wilson:batterie,percussions (1 à 11).

George Hunter:autoharp,tambourin,chant (1 à 24).

Mike Ferguson:piano (12 à 24).

Dan Hicks:batterie (12 à 24).

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