The Chocolate Watchband.

BIOGRAPHIE.

 

THE CHOCOLATE WATCHBAND/San Jose (Californie)

 

Chocolate watch band 5

 

Actif entre 1965 et 1970,depuis 1999.

Label:Tower.

Genre:rock psychédélique,acid rock,garage rock.

Site officiel:www.thechocolatewatchband.com

 

Des Stones, en plus sauvages.

Le Chocolate Watchband est un bon client pour les compilations ou les best-of garage-psych tels les Original Nuggets, collections influentes de l'ère psychédélique des 60's. Ces californiens, que le milieu du moment considère à ses débuts comme des Rolling Stones mais en plus sauvages, ont éclos dans la baie de San Francisco, à San Jose, là où la contre-culture était la plus marquée. Sur cette scène indissociable du fameux San Fancisco Sound, ils ont été, entre 1965 et 1969, une des formations majeures d'un rock garage fortement influencé par les prises de LSD. Moteur !

Chocolate watchband

Chocolate watchband 2

Chocolate watchband 1

Chocolate watchban now

Le groupe se constitue en 1965 autour des guitaristes Ned Torney et Mark Loomis, tous deux des anciens Chaparrals (1964). Rich Young (basse), Pete Curry (batterie), Jo Kemling (orgue) et le charismatique Danny Phay au chant complètent ce qui est le premier line-up officiel du Chacolate Watchband.

Celui-ci est rapidement chamboulé avec les départs de Young et de Curry ; Gary Andrijasevich, batteur de sensibilité jazz, entre. Mais le groupe doit alors subir le pillage des Topsiders lesquels débauchent Ned Torney dans un premier temps, puis dans une seconde phase, Danny Phay et de Jo Kemling pour donner le jour à The Other Side.

Mark Loomis décide de relancer l'affaire avec le bassiste Bill « Flo » Flores et Andrijasevich. Le guitariste (rythmique) Dave Sean Tolby (ex-Topsiders) rallie le projet ainsi que David Aguilar, chanteur des locaux du Early Morning Reign.

On tient là la seconde des 4 incarnations du Chocolate Watchband (1966/67), manifestement la plus populaire. Bien que le groupe n'ait jamais eu de leader déclaré, Loomis s'impose toutefois comme le chef naturel.

The Kings of The Bay.

A l'instar de ce qui se pratique alors dans le mouvement de la bristish invasion, le Chocolate Watchband fait ses premiers pas dans le métier en reprenant des standards du R & B et des titres de leurs homologues anglais, Stones et Small Faces en tête, dont il raffole et s'inspire pour installer un son qui lui soit propre.

Les Kinks, Them ou autres Yardbirds ne laissent pas insensibles ces banlieusards de Frisco qui ne passent pas inaperçus dans la Baie.

Le succès aidant, la popularité croissant, le torride Chocolate Watchband tape dans l'oeil du public, des organisateurs de spectacles et des maisons de disques. Après que Bill Graham lui offre la possibilité de fouler la scène du Fillmore de San Francisco en ouverture des Mindbinders, le label Green Grass Productions le signe tandis que Ray Harris et Ed Cobb (The Standells, Gloria Jones, Fleetwood Mac, Pink Floyd) le produisent. Ron Roupe les manage.

Ed Cobb offre au groupe une de ses premières chansons, la petite merveille qu'est Sweet Young Thing (décembre 1966). En face B de ce single très stonien et largement relayé sur les ondes dès le printemps 67, une reprise d'un titre de Dylan, It's All Over Now, Baby Blue.

Sweet Young Thing est une petite bombe, mais hélas, il est très mal promu par le label Tower Records et son réseau de distribution Uptown, lequel craint de le publier pensant que l'étrange et féroce Chocolate Watch Band est un groupe noir.

Le succès du single est resté cantonné à la Baie où la bande à Loomis tourne intensément et furieusement en jouant des reprises anglaises.

Cobb le bordélique.

Ils enregistrent néanmoins un premier LP, No Way Out (1967) après avoir sorti Misty Lane, un second single. Le répertoire de No Way Out est essentiellement articulé autour de reprises puissantes et inspirées qui en disent long sur le potentiel d'acteurs qui s'en donnent à coeur-joie dans le garage et le psychédélisme. Malgré son aspect bordélique, ce jet initial a valeur de référence dans le genre. A cette période, le Chocolate Watch Band apparaît également dans deux films : Riot On Sunset Strip, film à petit budget et The Love-Ins sur le LSD.

Chocolate watchband aguilar

«  A la différence de groupes rivaux comme Moby Grape ou Jefferson Airplane, nous n'avions pas d'investisseurs et de producteurs derrière nous. Nous étions seulement un noyau de mecs surexcités livrés à eux-mêmes. Personne ne nous a jamais proposé de nous aider à gérer nos débuts, à faire le choix des équipements, celui des studios d'enregistrement. Nous n'avons pas bénéficié du soutien, des conseils et surtout des moyens qu'ont eus les Moby Grape ou l'Airplane. Mais nous n'étions pas les seuls. » (Dave Aguilar)

Très ancrée dans la culture de la drogue, la formation californienne se sépare une première fois, mi-1967. Mark Loomis est le premier à quitter le CWB, engendrant à sa suite ceux de Andrijasevich et d'Aguilar. Il se reforme pour les besoins de Inner Mystique (1968/Tower Records) dans la configuration suivante : Sean Tolby, Bill Flores, complétés par trois anciens membres de San Francisco Bay Blues Band, Tim Abbott, Marc Whittaker et Chris Flinders.

L'album prête une fois de plus à confusion dans la mesure où le disque est fait tantôt par des musiciens de sessions, tantôt par le Chocolate Watch Band. Tantôt c'est Aguilar qui chante, tantôt c'est Don Bennett. Bref, Cobb complique les choses. Malgré cela, le LP, au son différent, à l'énergie moindre, s'en sort relativement bien. Le public ne le voit pas du même œil et trouve amère cette troisième mouture de CWB, malgré le fait d'avoir ouvert pour les Doors.

Un immense gâchis.

Au début de l'hiver 1967, le line-up splitte une nouvelle fois, Abbott et Flinders ont des relations tendues avec Tolby et le manager Ron Roup. En décembre de cette même année, la rupture est consommée.

Une 4ème incarnation renaît à l'automne 1968. Tolby, Flores, Loomis, Andrijasevich, Ned Torney et Danny Phay en sont les instigateurs. One Step Beyond, troisième volet discographique sorti en 1969, devait marquer une nouvelle direction pour le groupe, mais il n'est que l'ombre de ses deux devanciers. Le bidouillage de Cobb n'est pas étranger à ce nouveau désordre scellant la fin du Chocolate Watch Band, l'immense gâchis du rock psych de San Francisco (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1967

 

Chocolate watch band no way out

 

THE CHOCOLATE WATCHBAND

NO WAY OUT – 1967  5/5

 

Publié en septembre 1967.

Produit par Ed Cobb.

Durée:28:37.

Label:Tower.

Genre:garage rock,rock psychédélique,acid rock.

 

Stones puissance trois.

 

Dans la deuxième moitié des années 60, à l’heure où certains en étaient à squatter un lopin de terre en Ariège ou une ferme à retaper dans le Larzac, à des fins de vie communautaire, d’autres échangeaient sous le manteau les 45 tours de Chocolate Watchband (ex Chaparrals). Non, non, je ne vous raconte pas de salades ; vous avez bien entendu : Chocolate Watchband.

J’imagine que cela ne vous dit rien qui vaille. Ce groupe californien de San Jose/Frisco (Area Bay) a bel et bien existé. Si je l’exhume, c’est parce que l’acquisition de son premier LP, No Way Out (1967), racheté d’occas’ à un fondu de zik (fournisseur de foin qui fait rire, après ses heures), ne m’avait pas laissé insensible. Je tenais donc à vous faire partager ce groupe zarbi, dont on dit qu’il aurait pu être meilleur que les Stones, ni plus, ni moins.

Entre 1967 et 1969, cette formation de la scène garage, aux forts relents psychédéliques, publie trois albums, plutôt sujets à controverses. En effet, la collaboration avec le producteur discutable que fut Ed Cobb, suscite bien des polémiques. En gros, c’est le bordel pour décortiquer la discographie du groupe, du fait que ce monsieur faisait alors tout et n’importe quoi.

Selon qu’il se réveillait du pied gauche, pour peu qu’il marchait dans un étron du pied droit ou que Bobonne lui cassait les choses, monsieur Ed y allait de décisions des plus incohérentes, lesquelles amènent, aujourd’hui encore, à s’interroger si c’est bien CW qui joue ou Aguilar qui chante sur leurs disques. Une vache n’y retrouverait pas son veau.

Leur truc, à Chocolate Watchband, c’était les Stones. L’ascendant pris par la bande à Jagger, sur Loomis et Tolby (les deux grattes), Bill Flores (basse), le chanteur Aguilar et sur Andrijasevich, batteur de jazz au nom à coucher dehors, ne bluffe personne sur No Way Out (en écoute intégrale ici) de 1967.

A l’instar de ce qui se pratiquait alors quasiment à tous les coins de rue, à l’image des groupes du moment, Chocolate Watchband s’appuyait, à ses débuts, sur un répertoire articulé essentiellement autour de classiques piqués aux grands bluesmen ou à des artistes en vogue (I’m Not Like Everybody Else des Kinks ou It’s All Over Now Baby Blue de Dylan).

Incompétence des uns (Cobb), emprise du LSD et des champignons mexicains (le groupe), difficulté de promotion des premiers singles, il n’en faut pas plus pour que Chocolate Watchband reste, à vie, un groupe de la Baie alors que son énorme potentiel aurait pu lui valoir une destinée plus lucrative. Voilà pour le décor.

Leurs faits d’armes, maintenant. No Way Out, premier des trois LP, sort alors que le Summer Of Love bat son plein. Vous dire qu’il est significatif du Chocolate Watchband, consisterait à vous raconter des sornettes. Comme il est supposé qu’une partie du disque est interprétée par d’autres pékins, il est difficile de se prononcer complètement sur les mérites qui reviennent vraiment à Chocolate Watchband. C’est le souk le plus total.

Sous réserve, No Way Out regroupe deux des quatre singles du groupe, soit Are You Gonna Be There (At The Love-In) et la chanson titre, une reprise de Chuck Berry (Come On) ainsi que Gone And Passes By. Ces titres peuvent être affectés à Chocolate Watchband.

Les six pistes restantes sont sujettes à confusion : soit Aguilar ne chante pas, remplacé par un soit-disant Don Bennett (qui passait sans doute dans le coin), soit ce n’est pas CW qui joue. On en vient à regretter que Cobb n’ait pas un peu plus cru en ses protégés.

Vous pouvez vous demander pourquoi, alors, chroniquer un disque boiteux d’un groupe dont on ignore presque tout… Parce que c’est puissant et étincelant, que c’est certainement la plus belle pièce qu’il m’ait été donnée d’entendre en termes de rock garage psychédélique.

Parce qu’en dépit des magouilles du père Cobb, cet album est très bien. Le son, c’est les Stones puissance trois, des Stones que vous auriez gavé en substances hallucinogènes et que vous auriez lâché dans un magasin de porcelaines.

No Way est un disque séminal du psychédélisme de la Baie. Voilà pourquoi… Alors, vous allez me faire le plaisir d’y prêter une oreille, sans quoi, je vais me fâcher. Les fans de Moby Grape sauront de quoi je parle (RAZOR©).

 

1. Let's Talk About Girls.

2. In the Midnight Hour.

3. Come On.

4. Dark Side of the Mushroom.

5. Hot Dusty Roads.

6. Are You Gonna Be There (At the Love-In).

7. Gone and Passes By.

8. No Way Out.

9. Expo 2000.

10. Gossamer Wings.

11. In the Midnight Hour.

12. Milk Cow Blues.

13. Psychedelic Trip.

 

Mark Loomis:guitare.

Sean Tolby:guitare rythmique.

Dave Aguilar:chant.

Bill Flores:basse.

Gary Andrijasevich:batterie.

LP Studio 2 - 1968

 

Chocolate watchband the inner mystique

 

THE CHOCOLATE WATCHBAND

THE INNER MYSTIQUE – 1968  3/5

 

Publié en février 1968.

Produit par Ed Cobb.

Durée:27:30.

Label:Tower.

Genre:rock psychédélique,garage rock.

 

De bric et de broc.

 

L’étrange Chocolate Watchband pose un sacré dilemme à Ed Cobb, le grand manitou de Tower et producteur de leur premier LP, le confus, mais néanmoins sublime, No Way Out.

Compte tenu que Pink Floyd, alors aussi illuminé que les californiens et figurant sur le même label, Tower Records, pose un cas de conscience, l’arrivée de Chocolate Watchband oblige les dirigeants de la maison de disques à exiler les nouveaux venus sur une étiquette moins exposée, Uptown Records. On ne sait jamais.

Ces simili Stones qui carburent à l’acide comme on enfile les M&M’s ou les caouhètes à l’heure de l’apéro, faut s’en méfier ! Que voulez-vous, c’était la culture de la dope et les Loomis, Tolby, Flores, Aguilar et Andrijasevich tournaient souvent autour de la fameuse boîte à hallucinogènes présente dans le studio d’enregistrement, au moment de se mettre au taf pour The Inner Mystique (en écoute intégrale ici), sorti en février 1968…

Dans la foulée du premier LP, Chocolate Watchband, sort un single, Misty Lane, qui figure à titre de bonus sur la réédition Sundazed de 1994 (avec She Weaves A Tender Trap, une reprise trippy de It’s All Over Now Baby Blue, et Sweet Young Thing, un autre classique). Aucun doute, cette fois, sur la paternité de ces titres : ce sont bien nos CW. Car pour le reste, c’est toujours le fouillis complet.

Des musiciens de studio sont réunis, les Yo-Yoz, qui assurent la première partie de l’album tandis que les Inmates seraient, selon les dires, les auteurs de Let’s Go Let’s Go Let’s Go. Un excellent instrumental psychédélique, Voyage Of The Trieste et un autre, Inner Mystique, plutôt ennuyeux, encadrent un In The Past (Don Bennett au chant), à peine supérieur à la moyenne; I’m Not Like Everybody Else, Ain’t No Miracle Worker sont les autres centres d’intérêt de ce nouveau jet qui pointe à moins de 27 minutes. Medication, porté par la voix de Bennett et non pas d’Aguilar, n’a rien d’exceptionnel.

Conclusion : cet album est un piège à con, en dépit d’une qualité certaine. On le retiendra, si on a dans l’idée de collectionner la tierce discographique de Chocolate Watchband. Mais uniquement pour ça. Et pour les titres bonus de la réédition. Deux chanteurs, trois acteurs différents, c’est à y perdre son latin. Il doit certainement y avoir une compil quelque part qui resitue mieux tout le bien des vrais Chocolate Watchband (RAZOR©).

 

1. Voyage Of The Trieste.

2. In The Past.

3. Inner Mystique.

4. I'm Not Like Everybody Else.

5. Medication.

6. Let's Go, Let's Go, Let's Go.

7. It's All Over Now, Baby Blue.

8. I Ain't No Miracle Worker.

9. She Weaves A Tender Trap.

10. Misty Lane.

11. Baby Blue.

12. Sweet Young Thing.

 

Mark Loomis:guitare.

Gary Andrijasevich:batterie.

Sean Tolby:guitare rythmique.

Bill Flores:basse.

Dave Aguilar:chant,harmonica.

LP Studio 3 - 1969

 

Chocolate watchband one step beyond

 

THE CHOCOLATE WATCHBAND

ONE STEP BEYOND – 1969  3/5

 

Publié en 1969.

Produit par Ed Cobb.

Durée:33:30.

Label:Tower.

Genre:garage rock,rock psychédélique.

 

Plus ça va, moins ça va.

 

Au moment de la sortie de One Step Beyond, troisième LP du Chocolate Watchband, le line-up d’origine a pris un coup dans l’aile (le chanteur charismatique Dave Aguilar est parti, Danny Phay le remplace et Ned Torney, guitariste, arrive) et la musique a peu de communes mesures avec le délicieux R&B psychédélique révélé par No Way Out, leur meilleure référence.

On a vu de quelle manière Ed Cobb et ses lubies ont pu mettre la zizanie dans leur discographie au point même d’en faire douter certains de leur existence.

Chocolate Watchband, dans One Step Beyond, change de cap en alourdissant le son. Moins intéressant, ce LP de 7 titres seulement, est aussi leur plus faible dans sa version initiale. On lui préfèrera la remasterisation.

Hormis Uncle Morris, I Don’t Need No Doctor, Flowers (encore un tantinet psychédélique) et Devil’s Motorcycle (durant l’enregistrement duquel les médocs et substituts étaient gobés à tout berzingue), figurant sur l’original, l’album réédité vaut aussi par ses excellentes pistes bonus. Moralité : ne vous laissez pas tenter par le vinyle d’origine, vous n’y gagnerez pas au change (RAZOR©).

 

1. Uncle Morris.

2. How Ya Been.

3. Devil's Motorcycle.

4. I Don't Need No Doctor.

5. Flowers.

6. Fireface.

7. And She's Lonely.

 

Bonus

8. Don't Need Your Lovin'.

9. Sitting There Standing.

10. Blues Theme.

11. Loose Lip Sync Ship.

 

Mark Loomis:guitare.

Sean Tolby:guitare.

Bill Flores:basse.

Gary Andrijasevich:batterie.

Danny Phay:chant.

Don Bennett,Jerry Miller,Ned Torney.

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