The Common People.

BIOGRAPHIE.

 

THE COMMON PEOPLE/Baldwin Park (Californie – USA)

 

Common people with dave polk et chuck jones 1

The Common People avec Dave Polk et Chuck Jones (photo Terrascope)

 

Actif entre 1967 et 1969.

Label:Flodiaveur Records,Capitol Records.

Genre:rock psychédélique.

 

Le coup de bluff de Lord Hudson.

Originaire de la région de Liverpool, Timothy Hudson, est un fieffé renard que le succès des Beatles a fortement inspiré et dont il s'est servi opportunément lors de la british invasion, en se faisant passer un, comme un de leurs proches, deux, comme un éminent producteur de disques sur Liverpool. D'après ses dires, il s'arroge aussi la paternité du terme Flower power, c'est dire le type de bonhomme auquel on donnerait le Bon Dieu sans confession.

N'empêche, il a le bras long, surtout en Angleterre, et quand les Fab Four, dès 1965, entament leur tournée nord-américaine (San Diego), celui-ci, jusque là modeste dénicheur de talents, peu en réussite dans sa quête de pointures britanniques (excepté les Moody Blues qu'il découvre au Moathouse de Birmingham), sent que l'opportunité est toute trouvée de faire parler de lui en cherchant à tirer profit d'une supposée proximité avec le quatuor remontant à ses années anglaises.

Il travaille alors comme animateur-radio pour KFWB, la populaire station radiophonique de Los Angeles, laquelle cherche à parrainer l'événement et ainsi pouvoir spéculer sur de substantielles recettes publicitaires derrière.

Des Beatles aux Seeds, puis à Common People.

Après une pige canadienne où il officie sous le nom de Lord Hudson, le DJ, habile manoeuvrier mandaté par sa radio au motif qu'il connaît personnellement les Scarabées, se débrouille pour intégrer leur environnement, graviter dans leur giron et faire le buzz autour de ce rapprochement sur les ondes de la station qui l'emploie.

Double coup de pub, bien évidemment, pour la station et pour le bonhomme qui, 7 semaines durant, obtiennent les droits pour la campagne de presse du groupe, pour des diffusions gratuites, des concours, la billetterie et les interviews autour des Beatles. Le Jackpot !

Common people lord tim hudsonLord Tim Hudson, celui par lequel tout est arrivé.

Common people denny robinettJoel Denny Robinett, décédé en 2015.

Common people look around flodavieurLook Around (1967) chez Flodavieur Records.

Common people of the people 69Of The People, By The People, For The People (1969)

Common people wolfman jackLe coup de pouce de Wolfman Jack.

Common people david axelrodDavid Axelrod pour refaire le coup des Moody Blues.

Cerise sur le gateau, Lord Tim Hudson of Liverpool réussit, grâce à ses contacts en Angleterre, à accompagner les Fab Four avant le concert de San Diego et obtient l'accord pour diffuser exclusivement les reportages réalisés sur la radio. Deux semaines après le concert de San Diego, le DJ au CV surfait est viré pour avoir roulé dans la farine la station angeline.

A force d'insistance et d'opportunisme et à défaut d'avoir joué un rôle majeur auprès des liverpuldians, Lord Timothy Hudson devient malgré tout manager des Seeds. Sky Saxon, impressionné par le personnage qui, sur les ondes et dans son émission du disque de la semaine, passe du «  Pushin' Too Hard » à la pelle (1966), lui confie les rènes du groupe dont il est leader.

Sous sa coupe, les Seeds resteront toutefois scotchés à une audience essentiellement californienne. Il n'aura pas plus de succès avec Lollipop Shoppe la même année. Pourtant le potentiel était là ! Avec les californiens du Common People, il détenait une réelle opportunité de décrocher le jack-pot, mais, une fois encore, le coup passa près. Si près...

Baldwin Park ou Fontana, that is The Question !

C'est en 1969, à Baldwin Park, dans la périphérie de Los Angeles qu'il va dénicher ce quintet répondant au nom de Common People et dont on sait finalement très peu de choses ; certaines sources citent ces californiens comme étant originaires de Fontana, à une cinquantaine de bornes plus à l'est.

La seule chose dont on peut être absolument convaincu, c'est que leur discographie n'est constituée que d'un seul album, passé inaperçu à sa publication, mais dont le blason a été depuis redoré grâce au regard nouveau que portent les dénicheurs de trésors modernes aux galettes garages et psychédéliques. Deux excellents singles (Look Around/Dawn Of My Life en 67 et Oh My My/Days On My Mind en 68 chez Flodavieur) leur sont également affectés par lesquels l'avisé Tim Hudson a vent de leur existence.

L'énigme Common People.

Au regard de ce qu'il entend, il montre de l'intérêt pour cette formation énigmatique à bien des égards et plus particulièrement au niveau de son accoutrement vestimentaire et de sa foi en la Bible (Land Of The Day, Take From You ou Soon, There'll Be Thunder).

Les 5 musiciens, Joel Denny Robinett (chanteur et songwriter), son frère Gerald (batterie), le claviériste William Fausto, John Bartley III (guitare) et Michael McCarthy (basse), s'affublent sur scène de longues tuniques blanches.

Le quintet n'est alors connu que d'une minorité de fans du centre de Baldwin Park où il a ses quartiers. Il a la particularité de réunir des musiciens amis pour lesquels The Common People est la première expérience de groupe.

Denny Robinett et John Bartley, actifs dans la musique depuis leur période scolaire (1964) sont à l'initiative de ce rapprochement. Gerald Robinett puis Michael McCarthy viennent compléter ce combo d'adolescents qu'un organiste du nom de William Fausto rejoint sur les conseils de John Osita, un proche du groupe. La salle arrière de la maison familiale des Robinett fait office de salle de répétitions.

Une musique intense, rugeuse et agressive.

L'endroit, baptisé Comman Land, est aménagé dans une ambiance psychédélique originale mais qui vire à l'angoisse sous l'effet du LSD et du pot que les jeunes gens, musiciens et supporters, consomment comme tous les jeunes de leur âge.

Compte tenu de la musique sauvage développée par la bande à Denny Robinett, le lieu attire les curieux et le quartier est rapidement pris d'assaut par la population locale, essentiellement des Hells Angels, mais tout se passe toujours dans un esprit bon enfant.

Ces répétitions amènent Common People à se rôder et à prendre de l'expérience, précipitant l'envie du groupe d'enregistrer. Flodavieur, un petit label familial et indépendant de la périphérie de Los Angeles, dirigé par Dave Polk et Jim Alston, leur offre cette opportunité.

Il en découle les deux singles garage évoqués précédemment, rares, pour ne pas dire introuvables dans ce format, et que l'on retrouve sur les rééditions de Common People. Ceux-ci impliquent le line-up tel qu'énoncé par ailleurs. Jamais mis sur le marché, ces deux 45T ont cependant eu la chance de pouvoir bénéficier d'un temps d'antenne sur la radio frontalière XERB où officie alors le célèbre DJ new yorkais Wolfman Jack.

De Flodiaveur à Capitol.

Cette musique intense, rugueuse et agressive arrive alors aux oreilles de Timothy Hudson qui, après en avoir soupesé tout le potentiel, décide de les driver. Wolfman et Lord Tim Hudson sont les seules aides sur lesquelles le groupe peut compter.

Ce dernier, présenté par Gene Dewalt au groupe, se met alors en quête de lui dénicher des concerts sur Los Angeles et ses environs, ce qui l'amène à se produire dans des endroits très côtés de la région tels que le Civic Auditorium à Pasadena ou à ouvrir pour des formations ou artistes plus huppés comme les Seeds, Iron Butterfly ou Linda Ronstadt.

Tim Hudson, devenu manager, met la formation, forte d'un lot d'une quarantaine de chansons (des originaux) dans son escarcelle, en rapport avec Capitol Records. Le label les signe pour un contrat de 75.000 dollars pour 3 albums. L'engagement porte sur 7 ans. Ce sera une des rares fois où les californiens toucheront de l'argent.

David Axelrod, un temps pressenti.

La vision du manager est alors d'intégrer des cuivres, des effets spéciaux et des orchestrations symphoniques à la musique de Common People. Il a en tête de refaire, avec Common People, le coup des Moody Blues. Pour ce, il a en projet de confier les clés du studio au producteur et arrangeur de renom qu'est David Axelrod, auquel Capitol a l'habitude de laisser le champ libre.

Par ailleurs, la crème des musiciens classiques de la place est sollicitée : le violoncelliste Jesse Ehrlich et le violoniste William Kurasch (Forever Changes de Love et Lumpy Gravy de Zappa), Philip Goldberg (violon), le contrebassiste Red Callender (Louis Armstrong, Nat King Cole), le trompettiste Tony Terran...

Common people joel denny robinette dead in 2015

« Quand notre relation avec Capitol s'est mise à changer, nous ne l'avons pas vu venir. Sur le plan financier, on nous a réduit les moyens et on nous a fait comprendre de finir les sessions d'enregistrement dare-dare. Nous nous sommes accrochés et avons achevé l'album malgré tout. Jusqu'à la fin, Tim Hudson a toujours été là à nous soutenir et nous aider. » (Joel Denny Robinett)

Finalement, suite au grave accident affectant son épouse le jour du début des sessions, Axelrod n'est pas de la partie. C'est Sid Sharp (Pet Sounds des Beach Boys) qui a la charge d'organiser le travail du seul album paru (The Common People - Of The People, By The People, For The People sorti en 1969) parmi la quarantaine de titres à disposition, titres écrits essentiellement par la fratrie Robinett.

Quand le sort s'en mêle.

L'indisponibilité d'Axelrod rend soudainement Capitol très nerveux ; les relations se tendent entre le label et le groupe subitement sommé de terminer les enregistrements dans les meilleurs délais et avec des arrangements simplifiés.

Malgré les efforts d'Hudson pour faire retomber la pression et pour pallier la défaillance d'Axelrod, l'album n'a pas le rendu souhaité par son manager. Comme Capitol traîne des pieds pour le promouvoir, le disque fait un flop, d'autant que le groupe n'a pas pu soutenir un LP à l'époque très difficile à trouver chez les disquaires de la place.

Dans la foulée de cet échec, The Common People a la douleur de perdre Gerald Robinett, mort par noyade dans la baie de San Francisco, après avoir tenté de sauver son père du même sort. Le groupe se disloque à la suite de cette tragédie.

Juste retour des choses, Of The People, By The People, For The People est aujourd'hui considéré comme un très bon disque psychédélique des 60's. Mélange de pop garage orchestrée sorti (hélas) alors que les hippies redescendent sur terre, il est aujourd'hui acclamé par la critique comme un des enregistrements les plus représentatifs de cette époque et Joel Denny Robinett, décédé en 2015, a beaucoup contribué pour qu'il en soit ainsi. Fausto et McCarthy sont aujourd'hui les seuls survivants de cette magnifique aventure (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique - 1969

 

Common people of the people 69

 

THE COMMON PEOPLE

OF THE PEOPLE, BY THE PEOPLE, FOR THE PEOPLE – 1969  3,5/5

 

Publié en 1969.

Produit par Lord Tim Hudson.

Durée:29:23.

Label:Capitol Records.

Genre:garage rock,pop psychédélique,pop baroque.

 

Avec des si...

 

De l’excellente pop/garage psychédélique ! Grâce à Tim Hudson, manager des Seeds, l’échiquier californien de la fin des sixties a vu débouler une jolie petite formation, jusque maintenant connue des seuls riverains de Baldwin Park (vallée de San José/L.A.) ou des dénicheurs de perles.

Séduit par cette dernière, Hudson utilise ses relations pour pousser au cul ce groupe, négociant au passage un LP pour Capitol Records via David Axelrod, producteur et arrangeur maison, rameutant le gratin des « sessions men » du secteur afin de lui assurer le meilleur départ possible dans l’industrie du disque.

Des événements personnels affectant le producteur pressenti, l’album Of The People, By The People, For The People (en écoute intégrale ici) par The Common People (1969) a du plomb dans l’aile et ne bénéficie pas de cette opportunité initialement programmée de voir le disque produit par un grand du genre.

Capitol ne lui donne pas les moyens espérés et ne fait pas le forcing pour le promouvoir. Il sombre alors rapidement dans l’oubli, d’autant plus qu’à la suite de ce LP de qualité, The Common People perd tragiquement l’un des siens, Gerald Robinett (mort par noyade), frère de Denny qui, avec John Bartley, William Fausto et Mike McCarthy composent le seul line-up connu de ce groupe que l’on découvre aujourd’hui.

Pour le coup, on ne remerciera jamais assez certains éditeurs discographiques plus burnés que les autres, toujours en quête d’exhumation d’œuvres souvent intéressantes, généralement isolées mais qui, avec le recul, ont apporté leur tribut au rock, voire sont prompts à accorder une seconde chance à des trésors enfouis.

La fin des années 60 et le début des années 70 ont prêté le cadre à une telle profusion de groupes, de genres et d’œuvres que seuls les plus doués et les plus vernis ont pu émerger. Une fois que le rock est passé à autre chose, il laisse impitoyablement sur sa route et sans se retourner, toutes ces petites formations vite oubliées, porteuses parfois de titres époustouflants ou initiatrices de coups flambants. The Common People entre dans le moule de ces artistes « pas de bol ».

Le talent démontré dans leur seul LP avive encore plus l’intérêt porté aujourd’hui à cette scène psychédélique dont on ne connaît finalement que la face émergée. Si tout ne se situe pas dans le haut niveau requis pour autoriser une accession directe à la gloire et à la popularité, sans passer par la case départ, OTPBTPFTP n’en présente pas moins des pièces qui auraient du connaître un sort meilleur et laisser un impact autrement plus marqué auprès de la clientèle demandeuse de l’époque (le groupe aurait écrit une quarantaine de chansons). Satisfaisons-nous d’une reconnaissance, certes tardive, mais reconnaissance quand même.

La palme revient incontestablement à la trilogie d’ouverture de ce disque, Soon There’ll Be Thunder, I Have Been Alone et Those Who Love et leur beau travail d’un clavier mélancolique. Ces trois titres éthérés avaient le potentiel pour se mêler aux grands de la scène psyché de l’époque.

Les titres suivants ne bénéficient pas de la même sophistication et la différence est très marquée entre ce démarrage sur les chapeaux de roues et les huit morceaux garage qui s’enchaînent à sa suite.

Traités d’une manière plutôt brute, ces derniers, à l’image de Go Every Way, de Why Must I Be, de Take From You ou de Land Of A Day (inspiré par la Bible) s’en sortent plutôt pas mal. Belle surprise aussi que ce They Didn’t Even Go To The Funeral, qu’il faut voir comme un intermède ludique et à propos des Beatles ne voulant pas se rendre à l’enterrement de Brian Epstein.

Sur la base de son trio d’ouverture, imaginons ce qu’aurait pu être ce disque qui aurait du devenir un beau bébé, s’il avait été doté des moyens qui lui semblaient voués contractuellement, s’il avait été promu comme il se doit mais que, malheureusement, l’éviction d’Axelrod de chez Capitol a contribué à finir à la pisse. D’où le 3,5/5 qui le sanctionne. Que de regrets (RAZOR©).

 

1. Soon There'll Be Thunder.

2. I Have Been Alone.

3. Those Who Love.

4. Go Every Way.

5. Why Must I Be.

6. Take From You.

7. They Didn’t Even Go To The Funeral.

8. Feeling.

9. Girl Said-Know.

10. Land Of A Day.

11. This Life She Is Mine.

 

Denny Robinett:guitare,chant.

John Bartley III:guitare.

Michael McCarth:basse.

Gerald Robinett:batterie.

William Fausto:paino,orgue.

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