The Crazy World Of Arthur Brown.

BIOGRAPHIE.

 

THE CRAZY WORLD OF ARTHUR BROWN/Londres (Angleterre)

 

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Actif entre 1967 et 1970,retour en 2000, actif en 2016.

Labels:Voiceprint,Track,Zoho Music.

Genre:rock psychédélique.

Site officiel:www.arthur-brown


Les bouffonneries de Tutur.

Il est des personnages qui auront marqué leur passage dans le rock, mais pas que grâce à leur musique. Même si celui dont il est question ici, Arthur Brown, est passé à la postérité pour avoir vendu un million d'exemplaires de son Fire et pour avoir été un acteur furtif mais remarqué de la scène psychédélique britannique, son exhubérance, sa théâtralité mais aussi ses pétages de plomb imprévisibles amènent à s'interroger sur la bizarreté du zig : avait-il, et au regard de ce qu'il est encore aujourd'hui, a-t-il, la lumière à tous les étages ?

Car pour entrer sur scène à oilpé ou se produire en public grimé et coiffé d'un couvre-chef en feu lui enflammant la paillasse en beuglant un « I'm The God Of Hell Fire and I Bring You Fire », se mettre en transes sur des rythmes vaudous ou, dans un autre registre, refuser au sommet de sa gloire un contrat mirobolant pour l'époque avec CBS, faut vraiment avoir une araignée au plafond.

Si Tutur le sorcier et ses boufonneries ont surtout visé à provoquer l'establishment, elles n'en ont pas moins, de leur temps, fait des émules aussi affectées et maquillées à outrance, comme Alice Cooper, Peter Gabriel, Kiss, Rob Halford (Judas Priest) ou, dans les années 80 comme King Diamond et Marilyn Manson.

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Arthur brown 1

Arthur brown 3Arthur Brown Digest.

Pionnier du heavy metal.

Qui alors, peut imaginer un seul instant que Brown et son concept scénique fait de dingues, The Crazy World Of Arthur Brown, allait se positionner dès 1967 comme un pionnier essentiel du rock progressif et du heavy metal ? En cela, le natif de Whitby (Yorkshire), ancien étudiant en psychologie a bien été aidé par Vincent Crane et de Drachen Theaker, contributeurs influents de cette troupe déjantée et jamais à court d'imagination pour souffler sur les braises foulées par Brown.

Vincent Crane, futur fondateur du sous-estimé Atomic Rooster, n'est connu que des habitués aux choses du rock. Vincent Rodney Cheesman pour l'état civil, Crane est un pur autodidacte, un pianiste-organiste intense, discrètement présent, un serviteur de la musique et du groupe avant tout ; pas un de ces organistes égocentriques dont le rock progressif du moment regorge.

Desservi par des troubles maniaco-dépressifs l'amenant à pousser régulièrement la porte des hôpitaux psychiatriques, ce claviériste influencé par Graham Bond, diplômé en théorie et composition musicale au Trinity College Of Music de Londres (1961/1964), grand improvisateur amoureux du jazz moderne, est également arrangeur du Crazy World Of Arthur Brown.

Crane et Brown, Brown et Crane: même combat.Petit rappel : c'est l'orgue de Crane, complété par quelques cuivres (sur le mixage stéréo), qui est l'élément dominant de Fire (1968), disque d'or psychédélique de The Crazy World Of Arthur Brown (1 au Royaume-Uni, 2 aux States) ; le claviériste est co-auteur avec Brown de ce titre mémorable s'ouvrant sur la célèbre déclamation divinatoire de son chanteur théâtral et se refermant sur un terrifiant souffle venu des Ténèbres. Crane et Brown sont les deux scénaristes incontournables du groupe qui, sur scène ou lors de passages télévisés, reprend cette idée du couvre-chef qui s'embrase et réalisé à partir d'un casque improvisé doté d'une calotte en cuir recouverte d'un petit réservoir métallique contenant le liquide.

Ce spectacle étonnant, le public en redemande encore aujourd'hui à Brown, même si le show ne s'est pas toujours très bien passé, la chevelure hirsute de Brown ayant été plusieurs fois victime des flammes.

Un concept né à Paris.

L'idée du Crazy World Of Arthur Brown est née en France, à l'époque où Arthur Brown squatte sur Paris ; elle prend forme dans la région de West Kensington quand, revenu en Angleterre et alors sous l'influence du blues, de la soul, du folk, du flamenco, du jazz, de la poèsie, de la peinture, du théâtre et du cinéma, Brown zone dans une maison communautaire dans la fille des proprios sort avec un organiste Celui-ci est Vincent Crane de Word Engine, avec lequel il se trouve des affinités artistiques.

Arthur brown portrait 3

« L'histoire du Crazy World a démarré une nuit à Paris alors que le saxophoniste de Ramong Sound dans lequel je chantais et moi avons fantasmé sur l'avenir du groupe. Personnellement, je voulais alors ouvrir un club multimédia que j'avais prévu d'appeler The Crazy World Of Arthur Brown. Au retour en Angleterre, changement de programme, je n'avais pas assez d'argent pour monter le club en question ; le nom m'a servi alors à intituler mon prochain groupe. » (Arthur Brown)

Word Engine est alors composé d'un saxophoniste, Peter Gifford, et d'un batteur accro aux drogues dures, évincé au profit de l'autodidacte Drachen Theaker. Ce dernier, influencé par le jazz et féru de musiques indienne et africaine, est recruté via les petites annonces du Melody Maker ; il répond favorablement aux propositions de Crane et Brown après avoir raté de peu la veille une audition pour Jimi Hendrix. Dans le projet naissant, il est question que Vincent Crane assure les basses depuis le pédalier de l'orgue.

L'unité déjantée du Crazy World Of Arthur Brown s'enrichit d'un bassiste, en l'occurence Nicholas (Nick) Greenwood ou Sean Nicholas, qui intègre le groupe après le succès de Fire et quand le besoin se fait sentir d'avoir un bassiste régulier pour aller relever les défis scéniques de la tournée américaine. John Mashall fait également une courte pige à la batterie en venant en soutien de Theaker tandis que Carl Palmer (le Palmer d'Emerson Lake & Palmer), futur Atomic Rooster avec Vincent Crane, prend part aux tournées de la formation londonienne. Celle-ci se dissout lors de sa deuxième visite du territoire américain, en juin 1969.

Fire : c'est d'la dynamite, Baby !

Le one-shot qu'est Fire apparaît sur l'album éponyme The Crazy World Of Arthur Brown (1968) ; il est le titre phare du seul LP rattaché à ce groupe dans les années 60/70, avec la reprise de Screamin' Jay Hawkins, I Put A Spell On You. Considérée comme un étalon du rock psychédélique à l'anglaise, l'oeuvre de Brown, quoi qu'influente, n'a pas, à l'époque, touché les dividendes qui lui revenaient alors de droit ; ce n'est que bien plus tard que les fans, le milieu de la musique, la critique ont commencé à parler de génie. On peut voir les choses ainsi (RAZOR©).

LP Studio 1 - 1968

 

Crazy world of arthur brown lp

 

THE CRAZY WORLD OF ARTHUR BROWN

THE CRAZY WORLD OF ARTHUR BROWN – 1968  5/5

 

Publié en 1968.

Produit par Kit Lambert.

Durée:57:56.

Label:Track Records,Atlantic Records.

Genre:rock psychédélique.

 

Un OVNI dans le ciel anglais.

 

Que voilà encore un beau spécimen ! Arthur Brown, ça vous parle ? Et son alter ego, Vincent Crane ? Quand deux déjantés de chez déjantés créent ce Crazy World Of Arthur Brown (en écoute intégrale ici), ce ne peut être que déjanté. Crazy est, à ce titre, révélateur de l’univers dans lequel je vous propose de mettre les pieds.

Du rock psychédélique, fait par des soldats qui devaient carburer grave à tout ce qui était illicite, voilà l’ambiance du moment. Nous sommes en 1968 et, bien avant qu’Alice Cooper n’affiche ses peintures de guerre, un drôle d’oiseau du nom d’Arthur Brown arbore un maquillage macabre ou se coiffe d’une tiare bi-cornée à laquelle il met le feu.

A l’occasion, il se fout carrément à oilpé et se voit interdire certains spectacles. Un entonnoir pour couvrir le crâne eut été plus approprié pour définir son état mental fragile.

Puisqu’on parle de crâne, Crane, Vincent de son prénom (futur Atomic Rooster) et organiste, c’est l’autre gugusse. Un dépressif notoire. Pas mieux. Pote de Pete Townsend, Brown confie, non sans mal, à Kit Lambert (producteur des Who) le soin de s’occuper de cet album.

Après palabres, gesticulations et tergiversations sur la structure du disque, Arthur Brown, dit Arthur Wilton, a la face A pour exprimer son ambition et sa théâtralité (1 à 5) et Lambert s’occupe de la B (11 à 15), pour ceux qui ont le CD de 1991 (Polygram Records).

Et cet album, me direz-vous ? Un succès international et un album incontournable dont l’influence aura été déterminante dans le monde du rock. The « God Of Hellfire », surnom de Brown pour le cri qu’il pousse au début du single Fire, explosif, exprime toute sa folie, son sens du spectacle et son côté créatif débordant, révélant une voix exceptionnellement puissante (4 octaves).

Mélange de belles et savoureuses mélodies ainsi que d’expérimentations un peu dingues, de blues, de soul et de funky, sur fonds de psychédélisme, la face A est jouissive, la B plus traditionnelle (I Put A Spell On You de Screamin’ Jay Hawkins, I’ve Got Money de James Brown).

Ce groupe déjanté ne résistera pas au succès de cette pièce anthologique. Aux dernières nouvelles, Arthur Brown ne vivrait pas reclus dans un monastère mais serait toujours actif sur la scène musicale (RAZOR©).

 

1. Prelude/Nightmare.

2. Fanfare/Fire Poem.

3. Fire.

4. Come and Buy.

5. Time/Confusion.

6. I Put A Spell On You.

7. Spontaneous Apple Creation.

8. Rest Cure.

9. I've Got Money.

10. Child of My Kingdom.

 

Arthur Brown:chant.

Vincent Crane:orgue Hammond,claviers.

Sean Nicolas:basse.

Drachen Theaker:batterie.

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