The Savage Resurrection.

BIOGRAPHIE.

 

THE SAVAGE RESURRECTION/Richmond (Californie-USA)

 

The savage resurrection 1

 

Actif entre 1967 et 1968,depuis 2007.

Label:Mercury Records.

Genre:rock psychédélique,rock garage,acid rock.

Les deux pieds dans l'acid rock.

Alors que la scène de San Francisco bat son plein au milieu des 60's, les groupes se bousculent au portillon pour tenter de s'y faire une petite place. Ils jouent des coudes pour obtenir des maisons de disques l'opportunité de se faire remarquer et d'enregistrer.

De leur côté, les labels courent Frisco et la Baie à la recherche de la perle rare, signent même un peu à tort et à travers pour souffler à la concurrence le groupe porteur de promesses du moment.

Cette surenchère anarchique et sauvage donne souvent lieu à des partenariats qui, avec le temps, s'avèrent surfaits, voire décevants ou carrément improductifs.

Si le label s'en relève généralement (et encore), certaines formations ambitieuses ont souvent dû abandonner dans l'élan leurs rêves de faire parler d'elles un jour ou à un degré moindre, de convertir sur acétate tout le potentiel qu'elles estiment détenir.

The savage resurrection introLes deux pieds dans l'acid rock.

The savage resurrection scene photo obertsonUn gros potentiel (Photo Obertson).

The savage resurrection lpUn LP éponyme qui aurait mérité une suite.

C'est un peu l'histoire qui s'applique aux musiciens faisant l'objet de cette chronique : The Savage Resurrection, des p'tits gars pleins de potentiel, bien lourds, psychés, sombres et assez démonstratifs issus de la communauté de Richmond (East Bay). Des san franciscains pur jus, à savoir les deux pieds ancrés dans l'acid, quoi.

Hélas, ils n'étaient pas encore assez matures pour tout faire péter et dotés de peu de moyens pour pouvoir renverser des montagnes dans le délai qui leur était alors imparti.

Raison garder.

Le temps faisant son œuvre de rédemption, The Savage Resurrection a plus le vent favorable aujourd'hui qu'hier. Son unique opus éponyme de 1968, passé entre les gouttes de son époque, est aujourd'hui réhabilité par la Toile et les dénicheurs de trésors perdus.

A les en croire, pour moult auditeurs, il a désormais valeur de référence acid-rock, certains osant même le parallèle avec Blue Cheer, modèle de lourdeur et de psychédélisme s'il en est. Même s'il faut raison garder, l'affaire n'est pas inintéressante. De là à grimper aux rideaux...

C'est aux confins du San Francisco Bridge dont tous les membres sont originaires que l'on situe les premières joutes de The Savage Resurrection : Randy Hammon, lead guitariste, Bill Harper, chanteur, Steve Lage, bassiste, Jeff Myer, batteur et John Palmer, second guitariste se connaissent pour évoluer dans des formations garage de la place depuis la première moitié des 60's.

Un groupe localement apprécié.

On retrouve ainsi Hammon, 13 ans tout mouillé, dans les Clouds, puis The Boys dans lequel joue Palmer. Dans leur besace, des reprises des envahisseurs britanniques (1965) et des standards américains. Harper, Lage et Myer sont eux des transfuges des Ravens (devenus Whatever's Right), plus orienté surf rock.

Après le rapprochement entre les Boys et Whatever's Right, le nom mute en Button Willow, avant de s'établir, en 1967, sur The Savage Resurrection.

La zone de chaland de ce groupe très juvénile reste essentiellement locale mais, pour mettre en valeur leur hard rock psychédélique influencé par le San Francisco Sound, le blues et Hendrix, les musiciens rajoutent leur propre écriture à leur panoplie.

Dans les bons papiers d'Harvey Mandel.

En 1967, Harper, Hammon, Palmer, Lage et Myer, suite à une prestation remarquée dans une Battle régionale, tapent dans l’œil de Mercury Records. Le producteur-manager maison Abe Voco Kesh, déjà derrière le stoner Blue Cheer (Vincebus Ereptum et Outsideinside) et Harvey Mandel (Canned Heat), s'intéresse de près à ces jeunes artistes aux possibilités impressionnantes au regard de leur jeunesse et qui suscite alors les commentaires les plus élogieux.

Très influent, celui qui fut le pionnier de la musique san franciscaine les signe et les attire en studio (Sunset Studios) pour enregistrer (été 67), dans un premier temps, une démo, Thing in E/ Fox Is Sick (publié en février 68), puis, en trois jours, pour boucler et produire ce qui constitue le seul et unique album de ces californiens, l'éponyme The Savage Resurrection (1968), lequel révèle un combo plus brut et plus lourd que la moyenne.

The savage resurrection randy hammon

« Nous étions en présence d’une musique nouvelle, d’idées nouvelles, c’était une vraie renaissance, tant humaine que musicale, et il est dur d’imaginer que cela puisse se reproduire un jour. D’un autre coté, je trouvais que c’était vraiment trop, et je me suis trouvé carbonisé par l’intensité, relativement rapidement. » (Randy Hammon)

Bien qu'apparaissant sur quelques concerts huppés (entre le 22 et le 24 mars 68 à l'Avalon avec Kaleidoscope) et pointant sur une tournée dans le Midwest la même année (avec une nouvelle mouture), The Savage Resurrection s'éteint à la suite de ce disque et se sépare quelques semaines plus tard, affaibli par les départs conjoints de son chanteur (Bill Harper) et de son bassiste (Steve Lage), par ailleurs décédé en 2010.

Essai transformé.

Reste leur LP, pour lequel les fans de psychédélisme et de San Francisco Sound ont les yeux de Chimène depuis, certains franchissant carrément le pas en en faisant un disque culte du genre... Sans aller jusque là, accordons le fait que pour un premier jet, c'est plutôt réussi et que ce constat avantageux aurait indéniablement mérité suite.

The Savage Resurrection a finalement suivi une trajectoire commune à de nombreux groupes de cette époque et de cette place impitoyables : beaucoup d'appelés, peu d'élus...

Aujourd'hui (depuis 2007), une réincarnation de The Savage Resurrection est réactivée autour de Randy Hammon, Jeff Myer et Bill Harper (+ le bassiste Mike Stever et le guitariste Cliff Moser). A charge pour elle de redorer le blason de cette sympathique formation acid-rock trop tôt disparue (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio unique - 1968

 

The savage resurrection lp

 

THE SAVAGE RESURRECTION

THE SAVAGE RESURRECTION – 1968  4/5

 

Publié en 1968.

Produit par Abe Voco Kesh.

Durée:36:13.

Label:Mercury Records.

Genre:rock psychédélique.

 

Hélas, sans lendemain…

 

Un p’tit tour et puis s’en va. Comme bon nombre de formations de la fin des années 60, The Savage Resurrection est rapidement englouti dans la masse des groupes qui occupent la scène rock du moment.

Jamais, cette dernière n’a alors été aussi dense et hétéroclite. Il convient d’avoir de sérieux arguments pour s’en extirper et pour durer. The Savage Resurrection n’en manque pas.

Il n’a pas enlevé le fameux tremplin rock, The Battle Of The Bands, par le fait du hasard. Ses atouts se situent dans un environnement dandinant entre rock garage et psychédélique.

Doté d’un son brut de décoffrage et d’une belle lourdeur, ce groupe originaire de la baie de San Francisco pratique une musique s’apparentant un peu à Blue Cheer, toutes proportions gardées.

Cet album éponyme de 1968 n’a pas eu de suite, Harper, Hammon (16 ans), Palmer, Lage et Myer se séparant alors même que la reconnaissance était en vue.

Les fruits de leur travail, ils les récoltent bien plus tard et ce disque est aujourd’hui chassé comme nul autre par les collectionneurs. Il est vrai qu’il est sacrément bon à l’image de Thing In E, d’Every Little Song, du blues lent Jammin’, de Talkin’ To You, de Tahitian Melody, de Fox Is Sick et d’Expectations.

Hélas, en dépit de l’enthousiasme et de la fraîcheur de cette jeune formation, elle posera rapidement pied à terre. Toute cette inventivité et ce talent sont donc restés lettre morte. The Savage Resurrection vient malheureusement alimenter le volumineux réservoir des groupes étiquetés sans lendemain. C’est la période qui voulait ça ; il fallait le voir pour le croire (RAZOR©).

 

1. Thing in "E".

2. Every Little Song.

3. Talking to You.

4. Tahitian Melody.

5. Jammin'.

6. Fox Is Sick.

7. Someones's Changing.

8. Remlap's Cave, Pt. 2.

9. Appeal To The Happy.

10. Expectations.

 

Bill Harper:chant.

Randy Hammon:guitare;

John Palmer:guitare.

Steve Lage:basse.

Jeff Myer:batterie.

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