The West Coast Pop Art Experimental Band.

BIOGRAPHIE.

 

THE WEST COAST POP ART EXPERIMENTAL BAND/LOS ANGELES (Californie)

 

The west coast pop intro

 

Actif entre 1965 et 1970.

Labels:FiFo,Reprise,Amos,Forward.

Genre:rock psychédélique,pop psychédélique,rock garage.

 

Un groupe énigmatique.

On ne peut pas dire que le West Coast Pop Art Experimental Band ait franchement marqué les esprits en son temps, à savoir entre le milieu et la fin des 60's.

Malgré 5 albums studio tombés dans son escarcelle mais passés l'un comme l'autre sous le radar et le fait d'être considéré comme la réponse californienne au Velvet Underground, la formation angeline reste pour beaucoup une véritable énigme.

Et ce, d'autant plus qu'à la faveur des rééditions et des compilations psychédéliques publiées depuis son retrait en 1970, le groupe, pourtant assez décalé et pratiquant une musique étrange parfois à la limite de la prétention, voit son blason se redorer auprès du public et des artistes contemporains comme Courtney Love, Jack White, The Coral, The Kills, Ty Segall ou Spankrock.

The west coast pop art 2Le pendant californien du Velvet Underground.

The west coast pop art 1L'objet de Bob Markley (à droite).

The west coast pop art final en trio Le dernier line-up devenu trio.

The west coast pop art part onePart One, sans Markley, meilleur LP du groupe.

Un grand écart artistique.

Trop éclectique, capable de faire le grand écart et de couvrir aussi bien du folk-rock façon Byrds que de la musique fantasque et avant-gardiste à la Zappa, animé d'une ambition un peu trop démesurée pour ses songwriters venus d'univers musicaux différents, le West Coast Pop Art Experimental Band ne s'est pas donné les moyens de se rendre accessible auprès du grand public. Passé à côté de ses objectifs commerciaux avoués, il est surtout resté le groupe fétiche d'une minorité de hippies.

L'histoire de ce groupe au nom ronflant mais un tantinet maladroit et naïf au regard de ses ambitions initiales, n'est pas banale non plus. Elle prend racine dans la famille Harris, via les frères Shaun et Danny, son cadet, tous deux fils du compositeur symphonique Roy Harris.

Les Harris, The Snowmen, Kim Fowley et Laughing Wind.

Installés à Los Angeles dès 1962, les frangins Harris intègrent un an plus tard le groupe initié par Kim Fowley : The Snowmen, formation de surf rock. Ce dernier, dans le métier depuis 1959, est un impresario en vogue sur la place angeline, un dénicheur de talents avisé (il est représentant de la Motown pour la côte ouest), doublé d'un producteur prolifique particulièrement recherché.

Par ailleurs, chanteur, parolier et claviériste, celui qui a été repéré par Frank Zappa (il contribue au fantasque Freak Out des Mothers), qui a tout fait et tout vu, devient rapidement une figure notable de Sunset Strip. 

Au sein des Snowmen, la fratrie Harris prend part à l'enregistrement du single Ski Storm pour le label Challenge Records (1964). Danny tient la guitare tandis que Shaun prend la basse.

Étudiants à la Hollywood Professionnal School, ils font la rencontre du new-yorkais Michael Lloyd, leader du groupe rival des Rogues qu'ils intègrent rapidement.

Un single, Wanted Dead Or Alive/One Day leur est affecté, enregistré pour le label de Kim Fowley, Living Legend (1965). Le groupe mute en Laughing Wind, auteur des singles Don't Take Very Much To See Tomorrow/Good To Be Around, sorti en 1966 chez Power Records (puis chez Capitol) et de The Bells/John Works Hard (Tower/1967).

Aidé financièrement par les parents Harris, le trio commence à enregistrer quelques démos que l'on retrouvera plus tard sur Volume One, le premier LP du West Coast Pop Art Experimental Band, une publication de FiFo Records, maison de disques de Los Angeles fondée en 1961 par Bob Markley.

L'objet tant convoité de Bob Markley.

Ce dernier est le fils adoptif d'un riche ponte du pétrole, artiste en herbe certes, mais surtout acteur raté, ainsi que par Baker Knight, comédien de série B et auteur-compositeur ponctuel pour Frank Sinatra, Dean Martin, Elvis Presley, Ricky Nelson, Jerry Lee Lewis, Sammy Davis Jr ou encore... Bob Markley.

Le label est resté célèbre pour avoir distribué les 100 copies du premier album du West Coast Pop Art Experimental Band (1966), celui évoqué ci-dessus. D'où un disque qui, aujourd'hui, met en transes les chasseurs de trésors.

D'autant qu'il est alimenté par des reprises bien senties de Dylan (It's All Over Now Baby Blue), des Kinks (You Really Got Me) et de bons originaux dans le style garage.

Des Rogues au West Coast Pop Art Experimental Band.

Bob Markley, alors obnubilé par la célébrité, ne participe pas encore en qualité de membre officiel du groupe ; il se contente de mettre son argent au service du groupe et de leur faire miroiter un avenir rose avec lui. Markley pense accéder à la notoriété en faisant pression sur les membres en place pour, à son tour, intégrer ceux qui sont encore les Rogues, voire les Laughin Wind. Et c'est là que se situe le côté cocasse de cette histoire...

En août 1965, alors que Kim Fowley convie les Rogues (les Harris, Lloyd et John Ware) à un concert privé des Yardbirds de Jeff Beck dans la propriété même de Bob Markley, par ailleurs expert en droit et filou de première.

Le riche héritier profite de la rencontre avec ses jeunes nouveaux amis pour les travailler au corps et tenter de se faire une place au sein de ce combo, quitte à se satisfaire d'un strapontin et se contenter du seul tambourin.

Ce dernier fait des pieds et des mains pour décrocher le poste et récupère le tambourin, mais il a aussi en tête d'en être rapidement le leader afin de tout contrôler.

Le play boy a les moyens financiers pour faire grandir ce groupe garage, des idées plein la tête, des connaissances dans le milieu, aussi n'a-t-il aucun mal à convaincre ces acteurs encore juvéniles et malléables, dont il est l'aîné d'une quinzaine d'années.

Le loup entre dans la bergerie en finançant le premier album de ces jeunes loups ; il équipe aussi le groupe en matériel flambant neuf. Tout ça pour pouvoir attirer dans ses filets les groupies du coin et de se les farcir tranquillement dans sa villa.

A l'usure, il parviendra à ses fins. C'est Markley, piètre chanteur au demeurant, qui imposera à la formation son identité prétentieuse, c'est lui aussi qui aura comme dessein de faire de son projet, un Velvet Underground bis, le pendant californien de l'original new-yorkais. En gros, il se prend pour le nouveau Andy Warhol.

The west coast pop art michael lloyd

« Le but ultime de Markley était d'avoir un groupe pour attirer des groupies et les ramener chez lui. » (Michael Lloyd)

Un groupe qui s'en sort pas trop mal malgré le contexte.

Si Makley signe les textes, à charge pour les autres membres de s'occuper de la musique, preuve supplémentaire qu'il est également un ersatz de musicien.

La fratrie Harris et Lloyd étant portés sur le pop-rock et Markley étant avant tout un adepte du psychédélisme et de l'expérimental, ceci explique le si grand décalage qui ressort de l'écoute des travaux du West Coast.

Malgré ça et en raison également de la qualité des Harris, Lloyd et Ware (on écartera Markley), le groupe s'en sort finalement bien, étant essentiellement l'apanage des freaks de l'échiquier de L.A. comme ses rivaux du moment The Electric Prunes ou 13th Floor Elevators, mais un ton en dessous, of course. Leur fonds de commerce, décidé par Markley est principalement avant-gardiste, psyché et teinté de pop.

Entre Byrds et Zappa ou Captain Beefheart.

Les Harris, Lloyd, Ware ainsi que Ron Morgan (futur Electric Prunes) font partie de l'aventure entamée avec le boulet Markley. Elle démarre par un premier album chez Reprise en 1967, label majeur décroché grâce aux relations de son chanteur fantomatique.

C'est Part One, oscillant entre folk-rock à la Byrds (Transparent Day, Here We Were Belong), pop délicate comme Shifting Hands, Will You Walk With Me et paranoïas en mode Zappa/Beefheart (Help I'm A Rock et 1906). Il est considéré par les puristes comme le meilleur album crédité au groupe et celui le plus axé sur la chanson.

Volume 2, toujours en 1967 et chez Reprise (octobre), se fait sans Lloyd. Ron Morgan fait encore la pige, mais ponctuellement. Il n'est pas crédité. La nouvelle incarnation se résume à la fratrie Harris et à Markley. De quoi offrir à ce dernier l'opportunité d'accroître un peu plus son emprise sur le groupe et sur sa direction artistique.

A partir de là, il est clair que son choix est de reconduire la démarche pop expérimentale de l'album précédent. Malgré des divergences, les frères se mettent au diapason et permettent à Volume Two de tirer son épingle du jeu.

Le West Coast Pop Art Experimental Band se révèle ici au travers de Smell Of Incense, une petite pépite qui dénote tout le talent des Harris, Markley, fidèle à lui-même s'avérant toujours à la limite de la rupture. Delicate Fawn, Queen Nymphet et Tracy Had A Hard Day Sunday sont les autres temps forts de Two.

Une trêve nommée California Spectrum.

A l'appel du troisième volet avec Markley, du quatrième LP accroché au catalogue du groupe, Danny Harris s'accorde une pause avec le West Coast Pop Art Experimental Band.

Entre 1967 et 1968, il rejoint Michael Lloyd avec lequel il monte California Spectrum (deux singles : Sassafras et She May Call You Up Tonight/1968). Le WCPAEB devient trio, ce qui fera de Shaun Harris le seul membre à pointer sur tous les albums des californiens.

Ce quatrième jet est nommé Volume 3 : A Child's Guide To Good And Evil. Il est publié en mai 1968 (Reprise) et se veut toujours plus psychédélique et ambitieux.

Si certains fans voient en ce disque leur œuvre la plus aboutie, ce constat est encore une fois très contestable au regard des notes qu'il récolte, hier comme aujourd'hui. Rares sont ici les moments qui puissent grossir les rangs des fans du groupe.

Reprise Records les vire sans sommations, c'est un signe supplémentaire du peu d'intérêt porté au projet de Markley, même si les frères Harris se montrent souvent inspirés et sauvent la baraque plus d'une fois.

Le cynique Markley, A Group.

Le combo rebondit chez Amos de Jimmy Bowen et ouvre son compteur pour ce label avec un insignifiant Where's My Daddy ? (1969). Markley sentant l'affaire lui échapper, fait le choix de renommer ce qui est devenu son projet en Markley, A Group. Cynique, le gars.

C'est également le titre donné au sixième et dernier album du West Coast Pop Art Experimental Band, publié en 1970 chez Forward Records (maison de disque de Mike Curb). Plus acoustique, celui-ci fait la part belle à Danny Harris (10 titres sur 12) et à Michael Lloyd, chanteur principal.

S'il permet aux acteurs de reprendre des couleurs, il n'empêche pas un énième échec commercial lequel, en 1970, solde définitivement le compte du groupe psychédélique angelin, assurément le plus énigmatique du moment.

Le cynique Markley, de son côté, rebondit dans la production et signe notamment Heya de J.J. Light, avant de disparaître définitivement des tablettes du rock (RAZOR©2020)

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1967

 

The west coast pop art part one

 

THE WEST COAST POP ART EXPERIMENTAL BAND

PART ONE – 1967  4/5

 

Publié en mars 1967.

Produit par Bob Markley,Jimmy Bowen.

Durée:30:21.

Label:Reprise Records.

Genre:garage rock,pop psychédélique, rock expérimental.

 

Zarbi mais très intéressant.

 

Le West Coast Pop Art Experimental Band n'est pas le plus approprié des groupes pour parler pop-rock psychédélique, il n'est pas le plus populaire non plus, son cas étant plutôt l'apanage des experts purs et durs du genre. Il n'est pas non plus la plus classique des formations à vocation psyché, l'histoire de sa création et son parcours étant jugés un peu cocasses et atypiques dans le milieu musical.

En effet, le présent groupe relève du projet personnel monté à coups de dollars par un flambeur de l'époque, acteur raté, oisif friqué car fils d'un magnat du pétrole, play boy et queutard invétéré qui voit en son entreprise l'occasion de soigner sa notoriété auprès des groupies de la place angeline pour mieux les planter après le taf.

Ayant tâté un peu le droit, filou comme pas deux, le Bob Markley en question saisit l'occasion de l'infiltrer (il évolue alors sous The Laughin Wind, combo folk-rock et rock garage) lors d'une sauterie dans la villa privée du papa fortuné, animée par les Yardbirds de Beck, avant de chanter la messe à ces gamins beaucoup plus jeunes (même pas 20 ans) que lui, de leur faire miroiter un avenir radieux, à la condition qu'il intègre le groupe, quitte à ce que ce soit au tambourin ou au plus improbable des instruments.

Ils ont tout à gagner d'autant que le fieffé renard Markley appâte les minots avec des promesses de matos flambant neuf, de disque garanti à terme. Il a un carnet d'adresses, du fric et peut le produire. Ce sera Volume One qui précède Part One ; ces arguments suffisent à convaincre et comme il prétend savoir chanter, qu'il sait écrire, Markley atteint son but. Belle manipulation !

Il met un pied dans l'affaire, il en prendra le contrôle total jusqu'à décider du nom du groupe et, en phase terminale, de pousser le couchon jusqu'à faire du WCPAEB, une ultime entité prompte à mettre le personnage en valeur, Markley, A Group.

Le fumeux West Coast Pop Art Experimental Band, c'est lui. Le nom est ronflant mais fait sourire la galerie au regard de l'inflexion nettement underground et expérimentale que Markley fera opérer à ses protégés.

Les visées commerciales espérées par le choix de cette identité prétentieuse resteront lettre morte et la formation placée sous la tutelle de son chanteur de pacotille n'aura qu'une popularité moindre, cantonnée essentiellement auprès des freaks de L.A.

N'empêche, après Volume One, Part One est enregistré avec les Harris (Shaun et Danny), Michael Lloyd, Ron Morgan et Markley, dont le rôle doit se limiter, outre le tambourin, à faire les ouah-ouah et les ouh-ouh aux voix. Hal Blaine, requin de studios, vient apporter toute son expertise à la batterie.

L'album est fait chez Reprise, un label majeur auprès duquel Markley a dû faire jouer ses relations pour décrocher le contrat. Laissons-lui ça au moins. Il sort en mars 1967 et comprend un lot de bonnes chansons dont on doit la qualité aux plus jeunes acteurs, c'est indéniable. Le talent est là et uniquement là.

Balançant entre folk-rock, pop psychédélique et expérimental, Part One est une vraie bonne surprise à l'image de Shifting Sands et sa belle guitare, du trip zappien 1906, de la couverture des Mothers Help I'm A Rock, de Leiyla, cool, du joyau Transparent Day qui aurait mérité un meilleur sort commercial, de Here's Where You Belong, du superbe If You Want This Love, de I Won't Hurt You ou encore de Will You Walk With Me. La présente collection paraît parfois très zarbi mais n'en est pas moins tout aussi intéressante. Les albums suivants s'inscrivent dans le même registre et méritent d'être découverts (RAZOR©).

 

1. Shifting Sands.

2. I Won't Hurt You.

3. 1906.

4. Help, I'm A Rock.

5. Will You Walk With Me.

6. Transparent Day.

7. Leiyla.

8. Here's Where You Belong.

9. If You Want This Love.

10. 'Scuse Me, Miss Rose.

11. High Coin.

 

Shaun Harris:basse,chant.

Dan Harris:guitare.

Ron Morgan:guitare.

Michael Lloyd:guitare,chant,claviers.

Bob Markley:chant,tambourin.

Hal Blaine:batterie.

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