The Fraternity Of Man.

BIOGRAPHIE.

 

THE FRATERNITY OF MAN/Los Angeles (Californie – USA)

 

Fraternity of man 1

 

Actif entre 1967 et 1969.

Labels:ABC Records,Dot Records.

Genre:rock psychédélique,acid rock,country-rock,blues-rock.
 

Fais tourner...

En 1969, Easy Rider sort sur les écrans. Film culte s'il en est, le road movie du regretté Dennis Hopper, symbole culturel de l'Amérique hippie, reçoit le Prix de la Première œuvre au Festival de Cannes de la même année. Dans le même élan, la bande son du film, sorte de collage de titres de divers artistes, permet à Born To Be Wild (et The Pusher) de Steppenwolf d'entrer dans la mémoire collective.

Si la B.O. conforte la popularité de groupes comme le Band (The Weight), les Byrds (Wasn't Born To Follow) ou le Jimi Hendrix Experience (If 6 Was 9), elle permet à un autre air country de sortir de l'anonymat son auteur, The Fraternity Of Man, et de le placer sous les projecteurs, le titre se classant 6ème au Billboard.

Le morceau en question, Don't Bogart Me, communément appelé Don't Bogart That Joint, contribue, autant que les chansons du film restées les plus populaires, à l'ambiance d'Easy Rider. Si on en ose une traduction, l'expression signifie « ne fais pas ton Bogart (sous entendu Humphrey) avec le joint », autrement dit « ne garde pas le joint pour toi ». Chez nous, on dit « fais tourner ».

Fraternity of man easy riderRévélé par Easy Rider et...

Fraternity of man single bogart ...Don't Bogart Me.

Fraternity of man elliot ingber fondateurElliot Ingber, l'initiateur du groupe...

Fraternity of man 2... The Fraternity Of Man.

Le lien entre les Mothers, Little Feat et Captain Beefheart.

The Fraternity Of Man, groupe de rock psychédélique des 60's, est surtout remarqué pour ce titre. Mais il est également connu pour avoir été initié par un ancien de la maison Mothers Of Invention, Elliot Ingber, que Frank Zappa aurait viré du groupe pour taper un peu trop dans la boite à LSD (fin 66).

Un grand guitariste, soit dit en passant, qui pointe sur l'album Freak Out (1966) des Mothers et que rejoignent, deux ans plus tard (1968), trois anciens membres de The Factory, la formation de Lowell George (Little Feat), Richie Hayward (batterie et chant), Warren Klein (guitare et sitar), Martin Kibbee (basse), ainsi que Larry Stash Wagner (guitare et chant).

Zappa, les Mothers, George Lowell, The Factory, Little Feat, Captain Beefheart and His Magic Band... l'initiative d'Ingber est un peu à la croisée de toutes ces prestigieuses destinées musicales.

Elliot Ingber à la manœuvre.

Avant de se rapprocher de Zappa, Elliot Ingber joue dans les Moondogs (1958/59), auteur de 2 singles (Moondog et Mooncat).

Le groupe créé par le texan Jett Powers (de son vrai nom James Marcus Smith) comprend également le futur bassiste de Canned Heat, Larry Taylor. Il devient, un an plus tard, The Gamblers, mais Powers n'en fait plus partie.

A la fin des 50's, les angelins de The Gamblers, des musiciens de studio, font dans le surf rock et comptent parmi les premiers groupes à pratiquer le genre (2 singles, Moon Dawg/LSD-25 en février 1960).

Dissous en 1961 après avoir enregistré un deuxième single (Teen Machine), ils seront même repris par les Beach Boys sur Surfin' Safari (Moon Dawg/1962).

Les Gamblers sont alors composés du guitariste Derry Weaver, du claviériste Bruce Johnston, du batteur Sandy Nelson, de Larry Taylor et d'Elliot Ingber qui, après avoir bien bourlingué sur la scène californienne rejoint les Mothers de Zappa.

Il prend part au premier LP, le dénommé Freak Out et en est éjecté pour les raisons évoquées ci-dessus. Ingber met à profit ce licenciement en se rapprochant de 3 musiciens du groupe du guitariste Lowell George, The Factory.

La formation de ce fils d'un riche fourreur d'Hollywood a tout d'une grande : un chanteur talentueux (Lowell George), des musiciens pointus, des chansons qui tiennent la route, de l'énergie et des idées.

Vers la fin de l'année 1967, le Factory, version encore embryonnaire du Little Feat à venir, est un pilier de la scène des clubs de Californie et concurrence des stars comme les Byrds, les Youngbloods ou les Monkees. Hayward, Klein et Kibbee en sont issus.

On retrouve ce quatuor sur le LP de Lowell & The Factory du nom de Lightning Rod-Man, sorti en 1993 (Bizarre/Straight Records).

Quand Lowell George signe la fin de Factory, il rejoint furtivement les Standells tandis que se constitue autour d'Ingber, The Fraternity of Man, avec les membres du Factory restant (1967).

1967 : Fraternity Of Man s'annonce.

Le dernier larron s'appelle Lawrence « Stash » Wagner, neveu d'Eddie Constantine, vedette du box-office des années 50/60 en France et en Europe. Il débute comme roadie auprès d'Ingber avec lequel il entretient une profonde amitié.

Quand le groupe nouvellement créé recherche un chanteur, la priorité est accordée à Lawrence Wagner, lequel assure, de temps en temps, la fonction lors des apparitions publiques de Fraternity Of Man.

Le quintet signe pour le label ABC Records, pour lequel il enregistre, en 1968, un premier album. Éponyme, il est produit par Tom Wilson. Tiens, tiens, encore un maillon de la chaîne qui mène à Zappa et à Freak Out...

Ingber est la véritable attraction de ce groupe particulièrement compétent et de ce disque très sous-estimé. Les excellents In The Morning, Blue Guitar, Last Call For Alcohol, Candy Striped Lion's Tail, Don't Bogart Me, Bikini Baby, Plastic Rat, Field Day et surtout la sublime version du Oh No I Don't Believe It de Zappa font de cet opus un passage obligé pour tous ceux qui ont l'acid rock chevillé au cœur.

Fraternity of man lawrence stash wagner portrait

« Après que Don't Bogart Me ait commencé à passer à la radio, Peter Fonda nous a appelés et demandé s'il pouvait utiliser la chanson dans ce petit film qu'il était en train de faire. Easy Rider est devenu un énorme succès et Don't Bogart Me est devenu un classique en raison de sa visibilité dans le film. » (Lawrence Wagner)

 

Un deuxième album est publié l'année suivante. Avec le même line-up, le même producteur et dans un esprit artistique similaire, Get It On (1969/Dot Records) reproduit les mêmes sentiments que son prédécesseur, à savoir qu'il a encore de la qualité, de la diversification (du blues, du rock de la country, mais un peu moins de psychédélisme). Il faut toutefois en passer par plusieurs écoutes pour en apprécier la saveur.

Don't Start Me Talkin', Trick Bag, The Throbber, Boo Man, Coco Lollipop ou Pool Of Tears se détachent d'un lot auquel Lowell George et Bill Payne viennent ponctuellement prêter la main.

1969, clap de fin.

Malheureusement, l'année 69 n'est pas encore complètement écoulée que le Fraternity Of Man éclate, cette fragmentation allant alimentée la première mouture de Little Feat (Hayward) et le Magic Band du Captain Coeur de Boeuf (Ingber).

En 1995, Ingber reforme un éphémère Fraternity avec Stash Wagner, afin d'enregistrer un troisième LP pour Malibu Records. X (c'est son nom) sortira finalement dans un format EP de 5 titres et d'un gros ¼ d'heure. On évitera d'en parler pour ne pas écorner l'image d'un groupe autrement plus intéressant que cet ersatz discographique (RAZOR©2020).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Fraternity of man lp

 

THE FRATERNITY OF MAN

THE FRATERNITY OF MAN – 1968  3,5/5

 

Publié en 1968.

Produit par Tom Wilson.

Durée:43:58.

Label:ABC Records.

Genre:acid rock,rock psychédélique,country-rock.

 

Le coup passa si près.

 

Deux éléments ont contribué à sortir de l'anonymat de Fraternity Of Man. Le plus connu des deux porte sur son titre-phare, Don't Bogart That Joint (ou Don't Bogart Me), que Peter Fonda a soutenu avec force pour qu'il figure dans la bande musicale d'Easy Rider, film culte des 60's dans lequel il est lui-même un des acteurs principaux.

Bien que mis sous l'éteignoir par le morceau-phare de la BO, Born To Be Wild (Steppenwolf) ou, à un degré moindre, par The Weight du Band, il n'en réussit pas moins à figurer dans le top 40 du Billboard.

L'autre segment ayant également contribué à révéler Fraternity Of Man, c'est la connexion qu'il génère avec des groupes majeurs du rock comme les Mothers Of Invention, Little Feat et Captain Beefheart And His Magic Band, par l'entremise de son membre fondateur Elliot Ingber. Fraternity Of Man fait, en effet, le tampon entre toutes ces formations prestigieuses.

En dehors de ce constat, Fraternity Of Man n'a rien fait de suffisamment probant pour rajouter une ligne supplémentaire à son tableau de chasse. Il n'a d'ailleurs pas eu la longévité requise pour faire parler de lui. Formé en 1967, il jette l'éponge en 1969, se contentant de deux albums seulement, à savoir un LP éponyme, sorti en 1968, et Get It On, publié un an plus tard.

S'il n'a pas forcément marqué les esprits, le groupe d'Ingber n'en a pas moins fait le job pendant son court mandat. Comme on peut en juger au travers du premier de leurs deux legs vinyliques, mélange d'acid rock et de country-rock.

Fraternity Of Man est un des très bons disques de la place californienne de la fin des 60's (belles méodies, arrangements habiles, jeu de guitare expert d'Ingber), porté par des chansons de haut niveau comme Plastic Rat, Last Call For Alcohol, Wispy Paisley Skies, Candy Striped Lion's Tails, In The Morning ou la couverture psychédélique qui est faite du Oh No I Don't Believe de Zappa, que ce dernier n'avait alors pas encore sorti.

Pour le reste, abstraction faite de Don't Bogart Me, le disque fait l'objet, à mon sens, de remplissage qui se traduit, au final, par une perte de cohérence. Avec un ou deux titres de qualité supplémentaires, ce LP aurait pu basculer dans le cercle fermé des albums incontournables du genre et Fraternity Of Man s'inscrire irrémédiablement dans la légende du rock (RAZOR©).

 

1. In The Morning.

2. Plastic Rats.

3. Don't Bogart Me.

4. Stop Me Citate Me.

5. Bikini Baby.

6. Oh No I Don't Believe It !

7. Wispy Paisley Skies.

8. Field Day.

9. Just Doin' Our Job.

10. Blue Guitar.

11. Last Call For Alcohol.

12. Candy Striped Lion's Tails.

 

Lawrence Stash Wagner:chant,guitare.

Elliot Ingber:guitare.

Warren Klein:guitare,sitar,tambura.

Martin Kibbee:basse.

Richard Hayward:batterie,choeurs.

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