Ultimate Spinach.

BIOGRAPHIE.

 

ULTIMATE SPINACH/Boston (Massachussetts)

 

Ultimate spinach 1

 

Actif entre 1967 et 1969.

Label:MGM Records.

Genre:rock psychédélique,acid rock.

 

Victime du Boston Sound.

Boston-Massachusetts, 1967, année charnière pour le mouvement de la contre-culture : la scène locale grouille de nombreuses formations expérimentales et psychédéliques ; la filière rock des Tom Rush, Joni Mitchell ou Bonnie Raitt est encore très active, mais doit faire avec ces nouveaux venus auxquels s'intéressent de près les producteurs et maisons de disques.

San Francisco est alors l'échiquier psychédélique de référence américain et dispose de son propre son. Boston façonne le sien, d'autant qu'il régne sur ce théâtre musical concurrentiel une vraie entente, une vraie solidarité ; l'état d'esprit est aussi communautaire que l'enjeu est excitant. Bref, l'endroit est foisonnant et propice pour développer une scène dérivée certes, mais estampillée Boston.

Ultimate spinach

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Un concept foireux.

Le Boston Sound ou Bosstown s'installe alors, dans lequel s'engouffre notamment des groupes comme The Apple Pie Motherhood Band, The Bagatelle, The Beacon Street Union, Chamaeleon Church, Sure Looks Real, Bo Grumpus, Earth Opera, Pluph, Eden's Children, Ford Theatre, The Lost, Orpheus, Jolliver Arkansaw, The Ill Wind, Puff et, celui qui nous intéresse, Ultimate Spinach. Malgré la qualité de ses représentants, la place psychédélique de Boston, née d'un concept commercial foireux monté par le producteur-arrangeur Alan Lorber, n'a pas la même croustillance que son modèle et homologue californien ; l'idée de promotion massive et précipitée de ce cadre, avec le soutien de MGM Records, laisse finalement plus de groupes sur le carreau qu'elle n'en révèle.

Ultimate Spinach, référence de l'acid-rock.

Ultimate Spinach (produit par le dénommé Lorber) est l'exemple même de ce type de formations sacrifiées sur l'autel du Bosstown et dont la réputation eut du mal à se défaire de cette appartenance : pas au bon endroit, ni au bon moment, le groupe, pourtant bon vendeur de disques, méritait mieux, au regard de la musique psychédélique qui reste attachée au nom. Ultimate Spinach développe, en effet, un kaléidoscope sonore et expérimental, fait de claviers baroques, de guitares distordues, d'improvisations hypnotiques, d'effets psychédéliques (fuzz, écho, Wah-Wah...), éléments que l'on retrouve dans les groupes de la west coast californienne.

Ian-Bruce Douglas est l'initiateur de cette formation née sur les cendres d'Underground Cinema (on lui doit quelques modestes démos) et dans laquelle on retrouve déjà les Keith Lätheinen (batteur) relayé par Russell Levine, Richard Nese (basse), Geoff Winthrop (guitare), Barbara Hudson (chant).

Ultimatespinachian bruce douglas

« Alan Lorber est totalement arrogant quand il prétend qu'il avait une idée particulière de la façon dont mes chansons étaient censées sonner. Comment diable aurait-il pu le savoir? Il n'a jamais été intéressé par ma vision de ces chansons. Il tenait plus du taureau dans un magasin de porcelaine, il faut voir ce qu'il a fait des originaux comme des rééditions. Aucun égard pour la créativité, ni pour l'intégrité artistique. Le seul truc qui en reste, c'est son fameux Sound, le commercial Boston Sound. » (Ian Bruce Douglas)

100.000 exemplaires en deux semaines.

Leader, songwriter, chanteur, multiinstrumentiste et même créateur de ses propres vêtements scéniques, Douglas est l'élément central de l'écriture intelligente et visionnaire des deux premiers LP d'Ultimate Spinach : l'album éponyme expérimental, écoulé à plus de 100.000 exemplaires les deux premières semaines, par ailleurs Top 40 (N°34) et classé au Billboard pendant 20 semaines, et le conceptuel Behold & See (tous deux de 1968) ; il n'est pas du troisième, Ultimate Spinach III (1969), après lequel Ultimate Spinach passe la main.

Le premier LP reste le plus populaire ; à sa suite, Ultimate Spinach ouvre pour les plus grands du genre comme Big Brother & The Holding Company, The Youngbloods, sans jamais vraiment profiter de cette opportunité, ni se sortir de cette désastreuse image liée au flop du Boston Sound (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Ultimate spinach lp

 

ULTIMATE SPINACH

ULTIMATE SPINACH – 1968  3,5/5

 

Publié en janvier 1968.

Produit par Alan Lorber.

Durée:36:16.

Label:MGM.

Genre:rock psychédélique,acid rock.

 

Classique de l'acid rock.

 

Prenez quelques affaires, bouclez votre baluchon pour un trip psychédélique avec Ultimate Spinach en guise d’agence de voyages et MGM, comme compagnie de transport aérien. Vous en ressortirez ragaillardi, comme Popeye The Sailor.

1967, année Flower Power par excellence, marque l’avènement de ce groupe phare du Bosstown (ou Boston Sound), opération marketing montée de toutes pièces par Alan Lorber de MGM pour proposer une alternative au San Francisco Sound.

Sans chercher à les opposer ou à les comparer, reconnaissons à ce projet publicitaire quelques belles réussites comme Beacon Street Union, Orpheus et… Ultimate Spinach, le plus représentatif, né de la volonté d’Ian Bruce Douglas, son chanteur et multi-instrumentiste.

Son premier jet, l’album éponyme Ultimate Spinach (en écoute intégrale ici), sorti début 1968, est devenu un classique de l’acid rock hors Frisco, après avoir été voué aux gémonies, par la critique, à l’époque de sa parution (en dépit de bonnes ventes et de son maintien dans les charts pendant 36 semaines).

Le folkbluesy Ego Trip, morceau d’entame, situe bien cette atmosphère cosmique dictée par le Boston Sound qui s’appuie sur des techniques de studios très élaborées. Sur un plan musical, ce mélange diversifié de rock psychédélique, de folk et de classique, ce son unique et ses effets réverbérés sont dignes d'intérêt et ne sont pas sans rappeler, toutes proportions gardées, les Doors, les Moody Blues (passages instrumentaux) ou l’Airplane (de par la voix de Barbara Hudson dans The Hip Death Goddess, un chant funèbre qui culmine à plus de 8 minutes). Rajoutez-y de la musique baroque, des sitars, des wah wah, de la flûte, du Farfisa (orgue), de l’harmonica…

Si l’ensemble dégage une vraie sincérité et du charme, il ne parvient cependant pas à égaler les barons de l'Area Bay. La faute à un jeu de guitare un peu léger. Sacrifice Of The Moon, Ego Trip, Plastic Raincoats/Hung Up Minds, Your Head Is Reeling constituent les titres les plus convaincants sur cet album (RAZOR©).

 

1. Ego Trip.

2. Sacrifice Of The Moon.

3. Plastic Raincoats/Hung Up Minds.

4. (Ballad Of) The Hip Death Goddess.

5. Your Head Is Reeling.

6. Dove In Hawk's Clothing.

7. Baroque #1.

8. Funny Freak Parade.

9. Pamela.

 

Ian Bruce Douglas:claviers,sitar,chant,guitares,harmonica,flûte,vibraphone,basse 12 cordes.

Barbara Hudson:guitare,chant.

Keith Lahteninen:batterie,percussion,chant.

Ted Myers:guitare,chant.

Richard Nese:basse.

Geoffrey Winthrop:guitare,sitar,chant.

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