Bob Dylan.

BIOGRAPHIE.

 

BOB DYLAN/Duluth (Minnesota)

 

Dylan 2

 

Né Robert Allen Zimmerman, le 24 mai 1941 à Duluth (Minnesota).

Actif depuis 1959.

Label:Columbia Records.

Genre:rock,folk,folk-rock,blues,country,country-rock.

Site officiel:bobdylan.com

 

L'icône de la folk américaine.

Le jeune Robert Allen Zimmerman devait se faire chier à cent sous de l'heure dans son Minnesota natal, pour tenter de se faire la belle 8 fois, dont la première fugue à l'âge de 10 ans où il s'est mis en tête de rejoindre Chicago, alors capitale du blues.

Peu importe finalement que la légende collant à celui qui va devenir Bob Dylan, conscience d'une génération avant d'en devenir le porte-parole, ait tendance à édulcorer le portrait ou à en rajouter pour faire mousser, une chose est sûre : le virus de la musique l'habite très tôt et ne l'a jamais abandonné. Mieux, il en a fait l'icone folk-rock qu'il est et dont tout le monde a entendu parler au moins une fois dans sa vie.

Toujours actif en 2016, cet artiste culte n'est pas prêt à prendre sa retraite et à éteindre définitivement la lumière sur sa passion. Outre le fait de préparer un 37ème album (Fallen Angels), accompagné d'une tournée américaine d'une trentaine de dates, il prend grand soin à transmettre son legs musical en vendant ses archives (documents, objets, enregsitrements) à l'Université de Tulsa (Oklahoma) laquelle a en projet de créer une exposition permanente exclusivement dédiée à cette figure majeure de la culture populaire américaine.

De Hibbing à Greenwich Village.

Petit-fils de juifs venus d'Europe de l'Est et installés dans le Minnesota, Robert Zimmerman passe sa jeunesse à Duluth où il est né, puis à Hibbing, cité minière. Dès 9 ans, il apprend le piano, puis la guitare et l'harmonica. Bercé par les radios qui diffusent du blues (Howlin' Wolf, Muddy Waters, Jimmy Reed, John Lee Hooker), dur rock, du rockabilly et du R & B (Elvis Presley, Little Richard, Buddy Holly), c'est pourtant avec la country qu'il se sent le plus d'affinités, Hank Williams notamment.

Encore écolier, il incorpore un duo de Hibbing formé de LeRoy Hoikkala, d'origine scandinave et batteur, et de Mone Edwardson, guitariste. Il contribue au piano et à l'harmonica. Le trio ainsi formé se nomme The Golden Chords en raison du talent précoce de Dylan, répète dans le garage des Zimmerman, donne quelques soirées déjà rétribuées, même modestement, au cours desquelles il interprète un répertoire de blues et des chansons de Little Richard que Bob aimait beaucoup.

L'école, il la quitte en 1959 avec l'équivalent d'un BAC en poche et s'inscrit à l'Université du Minnesota, section littéraire. Il a 18 ans et se montre peu intéressé par les études, préférant aller traîner dans le quartier étudiant de Minneapolis au contact d'artistes de la Beat Generation naissante. Même si la date de son arrivée dans une New-York froide et sous la neige est toujours toujours imprécise, il y débarque en stop à l'âge de 19 ans (en janvier 1961) après avoir découvert le folk de Peter Seeger et Woody Guthrie et entendu parler de la scène de Greenwich.

Le vagabond déguingandé qu'il est alors pousse la porte 115 MacDougal Street où siège le Cafe Wha ?; il y fait la rencontre de Manny Roth, oncle de David Lee Roth (figure de proue de Van Halen) et propriétaire de l'endroit, auquel il propose de prendre part aux hootnanies organisées au Wha ?, ce à quoi Roth répond favorablement. Le 21 janvier 1961, Robert Zimmerman sort sa gratte et interprète une poignée de chansons de son mentor Guthrie ; sa carrière démarre sur les planches de l'établissement de Manhattan ; même s'il joue sur une guitare désaccordée, qu'il chante d'une voix rauque et monotone, il devient Bob Dylan et va vite apprendre les ficelles du métier. Ambitieux et déterminé, il s'affirme très rapidement comme un excellent chanteur de folk et comme une figure majeure de Greenwich Village.

Dylan 63Dylan 1963.

Dylan 4Dylan 1964.

Dylan baezJoan Baez et Bob Dylan, les contest-singers.

Dylan seegerBob Dylan et Pete Seeger.

Gerde s folk cityLe Gerde's Folk City.

Des rencontres déterminantes.

Sa rencontre, au même moment, avec David Whittaker, un étudiant gauchiste, l'amène à faire la connaissance de Woody Guthrie, dont il s'imprègne fortement. Ce dernier, en lui ouvrant son carnet d'adresses, lui permet de nouer des relations avec les artistes de place new yorkaise et de trouver des engagements dans les cafés entre Bleeker Street, Mac Dougal Street et Washington Square.

Outre Guthrie, lors d'un concert folk à Riverside Church (juillet 1961), il fait la connaissance de Susan Rotolo qui, elle, l'initie aux auteurs tels que Brecht, Rimbaud et Villon. Bob a 20 ans, Susan 17. Elle devient sa girlfriend et leur romance (trois ans) influence beaucoup la première écriture de l'artiste amoureux. C'est elle qui marche bras-dessus, bras-dessous avec Bob sur la pochette de The Freewheelin Bob Dylan, son deuxième album, à partir duquel et pour la première fois il interprète ses propres compositions.

Auparavant, en avril 61, il est engagé pour deux semaines par Mike Porco, propriétaire du Gerde's Folk City, haut lieu du folk de Manhattan et assure la première partie de John Lee Hooker. Comme il concainc l'auditoire et l'organisateur, il est repris fin septembre de cette même année, par Mike Porco, son garant et père bis. Sa prestation est réalisée sous les yeux du critique du New York Times, Robert Shelton lequel parle alors de l'émergence d'un nouveau folk. Ce jugement flatteur renforce la célébrité ambiante de Dylan qui est demandé par tous les cafés et clubs en vogue de Greenwich.

Sa popularité déborde même du cadre de Manhattan, au profit de la célèbre place de Cambridge et du Club 47, vers lequel l'entraîne Carolyn Hester, artiste Columbia Records, rencontrée quelques jours plus tôt au Gerde's. Une chose en appelant une autre, à la demande de Carolyn Hester, Dylan l'harmoniciste prend part aux sessions d'enregistrement de son deuxième album, éponyme Carolyn Hester de 1961.

Saisissant l'opportunité qui lui est offerte de séduire les représentants du label Columbia, il y interprète un morceau composé pour Carolyn, Come Back Baby. Le directeur artistique John H. Hammond, alors présent, tombe sous le charme, convaincu de tenir là un phénomène. Il le signe, contre l'avis de sa direction très réticente.

4 novembre 61 : une longue carrière s'amorce.

La carrière de Dylan est lancée : le 4 novembre 1961, il livre son premier show en tête d'affiche ; toujours en novembre (entre le 20 et le 22), il entre en studio pour enregistrer son premier LP, lequel paraît 4 mois plus tard (mars 1962). Alimenté exclusivement par des reprises de chansons folk traditionnelles, il se vend mal et ne convainc pas grand monde. Sauf Hammond qui prend sa défense et qui le réinstalle en studio sans tarder.

Avril 1962, les sessions d'enregistrement de The Freewheelin' Bob Dylan commence ; elles vont durer un an, le LP sortant en mai 1963. Comme dit précédemment, il traduit les débuts de Dylan le songwriter, celui qui, dans Broadside Magazine signe, parallèlement et sous Billy Boy Grunt, des chroniques plutôt rebelles. Ces textes, à l'image de Blowin' The Wind, sont le fondement de son deuxième album, disque de platine aux USA et N° 1 au Royaume-Uni.

Symbole de la contestation.

L'écriture de Blowin' in The Wind se fait en 10 minutes et en 1962, mais Dylan n'en fait jamais état jusque là. Sa chanson consiste à mettre des mots sur une mélodie tirée d'un chant d'esclave. En prenant place dans le répertoire du brillant The Freewheelin' Bob Dylan, Blowin' in The Wind n'est pas encore un succès pour Dylan.

Il le devient sous la houlette de Peter Paul & Mary qui, en fait un N° 2 aux Etats-Unis en février 1963 et qui, en prenant part au festival folk de Newport, lui donne une force supplémentaire. Qui plus est, Blowin' in The Wind devient l'hymne anti-racial repris par les 200.000 manifestants de la journée du 28 août 1963. De nombreuses personnes sont introduites à la musique de Dylan par le biais ce titre ; son auteur, très proche de la pacifiste Joan Baez avec laquelle il va vite prendre ses distances (1964), au motif d'avoir la sensation d'être tombé dans un piège, n'est alors qu'un chanteur folk obscur.

Parangon de la liberté et de l'égalité, symbole de la contestation contre l'ordre établi, Dylan est dans cet état d'esprit quand il aborde son troisième opus The Times They Are a-Changin (janvier/février 1964), 59ème album de tous les temps et qui traduit les humeurs d'une Amérique en plein changement. A la différence près qu'il gère. The Times They Are a-Changin referme la trilogie folk de Dylan.

Plus pop que folk, Another Face Of Bob Dylan (août 1964), rompt avec ce qui précède. Le contestataire laisse place au poète. Album plus personnel, il trouve sur sa route les fans folkeux purs et durs et une presse musicale qui n'excuse pas ce revirement.

Dylan david blue

"Je me souviens du jour où Dylan a écrit Blowin' in the Wind. Il est arrivé au Gerde's Folk City et l'a jouée pour Gil Turner, un chanteur folk inscrit au programme ce soir là. Turner n'en croyait pas ses oreilles. Bob écrivit les paroles et la musique sur un morceau de papier. Turner scotcha le papier au micro en gagnant la scène et interpréta la chanson. Tout le monde était ébahi. Pour autant que je le sache, c'était la première fois que cette chanson était jouée en public." (David Blue)

Judas !

Elle va d'autant moins le lui pardonner que Bob Dylan, dès 1965 et après sa rencontre avec les Beatles, fait sa mue vers l'électrique, la musique de demain, dit-il. Cette orientation se fait d'abord partiellement via Bringing It All Back Home (mars 1965), dont la première face est enregistrée autour d'instruments électriques : le folk-rock est né. (Suite page 2...)

Cette ambiance mi-rock, mi-folk plait aux anglais (N°1), moins aux ricains qui la snobent (6). Ils n'ont toutefois pas tout entendu, car Dylan va au bout de ses humeurs, de ses envies et de ses idées. Highway 61 Revisited (Août 1965), nom de l'autoroute allant de la Nouvelle-Orléans à la frontière avec le Canada et qui passe par Duluth, est entièrement électrifié.

Dylan newportLe passage controversé de Bob Dylan à Newport.

Dylan 1Le Dylan de Highway 61 Revisited.

Dylan bandAvec le Band.

Dylan big pinkDans les caves de Big Pink, les Basement Tapes.

Pendant les sessions de ce qui est le sixième volet de sa discographie, Dylan pousse le bouchon jusqu'à faire un passage sur la scène de Newport dans le cadre du légendaire festival folk 1965, avec un titre enregistré six semaines plus tôt et marquant son basculement de l'acoustique vers l'électrique : Like a Rolling Stone. Alors que le public attend le folkeux, il prend le contrepied de tout son monde et débarque à Newport lourdement armé, démarrant ainsi et officiellement sa phase rock. Conspué par ses fidèles, on le traite alors de Judas !

Dylan réplique avec le chef d'oeuvre qu'est Blonde On Blonde (mai 1966), premier double album studio de l'histoire du rock. Il vit à 200 à l'heure au rythme des amphés, au point d'être victime d'un accident de moto en juillet 1966. Immobilisé, il s'accorde une première véritable pause, comblée par la publication d'un Best-of pour faire patienter et compense son oisiveté forcée par des bœufs dans les caves de la maison rose louée par le Band.

Il revient en studio en octobre 1967 pour les besoins de son 8ème LP, John Wesley Harding (décembre 1967), plus acoustique, minimaliste instrumentalement, et d'inspiration biblique. Peut-être un clin d'oeil à son idole Woody Guthrie qui s'éteint au même moment. L'album est bien accueilli, Dylan est en pleine forme.

Les montagnes russes vinyliques.

Jamais là où on l'attend, le barde s'essaie ensuite à la country et revient, en avril 1969, avec un album court, simpliste au niveau du songwriting, épuré quant aux mélodies, mais auquel le public, américain (3) comme britannique (1), répond favorablement.

Dylan peut se montrer déconcertant et se mettre son auditoire à dos, sans que cela ne semble le perturber un seul instant. Le double Self Portrait (juin 1970) par lequel il ouvre les seventies, reste aujourd'hui, avec Dylan (novembre 1973), le mouton noir de son catalogue, en dépit du succès du fredonné Wigwam, placé dans le top 10 de quasiment tous les classements mondiaux. Cet album déroutant annonce une première partie des 70's difficile.

4 mois plus tard, le public a droit à un New Morning (octobre 70) à peine meilleur et très inégal. Le cinéma lui donne alors l'occasion de se refaire la cerise. Pat Garrett & Billy The Kid (juillet 1973) lui offre l'opportunité de signer un bel album, venant en soutien du film du même nom et dans lequel il interprète le cow-boy Alias. Simple, beau, il colle bien aux images.

L'éponyme Dylan, 13ème LP, ne reste pas dans les annales non plus, pénalisé par un coup foireux de Columbia qui monte ce disque avec des reliquats des deux albums précédents. Bob Dylan n'a pas donné son quitus, il claque la porte du label auquel il est fidèle depuis ses débuts, pour rebondir du côté d'Asylum, chez David Geffen.

La belle passe chez Geffen.

En retrouvant le Band, son backing band de la période électrique des 60's, Dylan reprend des couleurs et c'est Planet Waves (janvier 1974) qui en bénéficie, en renouant avec le leadership au Billboard. Meilleur album de Dylan pour ce qui concerne la première moitié de ses 70's, le seul reproche que l'on puisse formuler à son propos est d'être hélas supplanté par son suivant, le double Before The Flood, publié 6 mois plus tard (juin 1974).

Before The Flood est le premier live de sa discographie ; il réfère à la tournée nationale conjointe (6 semaines, 25 villes, 40 concerts) engagée avec le Band, son groupe de soutien en public. Cet album incontournable, succès du box-office mais également plébiscité par la critique, est aussi bien crédité au catalogue de Dylan qu'à celui du groupe canado-américain.

L'introspectif Blood On The Tracks (janvier 1975) confirme les bonnes dispositions de Bob Dylan depuis Planet Waves. Inspiré, sensible, simple, puissant, il est au meilleur de son art et réalise là un des 5 meilleurs LP de son catalogue.

En 1975, Columbia se résout à éditer enfin les enregistrements nés en 1967 dans les sous-sols de Big Pink et jusque là piratés de long en large (The Great White Wonder) : The Basement Tapes (26 juin 1975). Dans le contexte discographique favorable du moment, ce disque venu de nulle part, exceptionnel au demeurant, c'est du pain bénit.

Numéro 1 des deux côtés de l'Atlantique avec le rédemptoire Desire (janvier 1976), 17ème volume studio, Dylan fait du rab à un niveau qu'il n'a plus atteint depuis environ une décennie. Il signe encore un très grand disque, porté par le gigantesque Hurricane, racontant l'histoire d'un boxeur noir accusé à tort de meurtre, et par Sara, certainement sa plus belle chanson d'amour.

Desire est le support parfait pour la tournée canado-américaine qu'il engage alors avec une troupe organisée dans l'esprit gypsy et constituée d'artistes et de musiciens invités, comme Joan Baez, Roger McGuinn, Ramblin' Jack Elliott, Kinky Friedman, Bob Neuwirth, T-Bone Burnett, Mick Ronson, David Mansfield, Rob Stoner, Howie Wyeth ou la violoniste Scarlet Rivera. Deux albums en découlent, celui qui est publié ultérieurement sous le volume 5 des fameuses Bootleg Series en 2002 et Hard Rain, le suivant discographique direct de Desire.

Dylan 3

Dylan suite 2

Dylan 2015

Bob Dylan au milieu des 70's et aujourd'hui.

Le sous-coté Slow Train Coming.

Hard Rain (septembre 1976) est donc un nouveau live. Un peu foutoir, décousu, cacophonique, son concept tient plus du grand carnaval bohémien. Les fans ne s'y retrouvent pas d'autant que leur idole apparaissant sur la pochette, le faciès blanc poudré, les yeux rehaussés de khôl, ça rajoute à l'étrangeté d'un projet dont la finalité est floue. Mais bon, depuis le temps que Dylan glisse des peaux de bananes sous les semelles de ses supporters, qui en est véritablement surpris ?

Le gospélisé Street Legal (juin 1978), médiocre, et l'excellent et sous-estimé Slow Train Coming (août 1979) par lequel il entre de plein pied dans sa période chrétienne, dite Born Again, referment la page des années 60's et 70's.

Le nouveau millénaire lui va si bien.

Après des années 80 indigentes, Dylan se réconcilie avec ses fans dans les années 90, en signant coup sur coup deux beaux albums, As Good As I Been To You (1992) et World Gone Wrong (1993) puis, dans la deuxième partie des 90's, Time Out Of Mind (1997) premier volet d'une trilogie marquant sa renaissance.

Comme pour mieux montrer qu'il n'est pas fini, le new yorkais d'adoption soigne son entrée dans le nouveau millénaire avec le deuxième pan de ce tryptique, Love & Left, tombé dans les bacs, ironie du sort, le 11 septembre 2001. Grâce à Modern Times (2007), troisième pan de la trilogie, Dylan retrouve même la place de N° 1 au Billboard, chose qui ne lui était plus arrivée depuis Desire (1976).

Depuis, il poursuit son petit bonhomme de chemin, s'attache à dévoiler, mais au compte-goutte seulement, les trésors de son patrimoine (les fameux bootlegs et des live inédits), continue à attirer les foules, signe des albums, essentiellement de reprises, des compilations, best-of. Shadows of The Night (2015) est le dernier et le numéro 36. On attend avec impatience son successeur, Fallen Angels, prévu vers le 20 mai, soit 4 jours avant son 75ème anniversaire. L'hyporactif Dylan ne fait jamais les choses à moitié (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S (LP 1 A 9).

LP Studio 1 - 1962

 

Bob dylan bob dylan

 

BOB DYLAN

BOB DYLAN – 1962 4/5

 

Publié en mars 1962.

Produit par John H. Hammond.

Durée:36:54.

Label:Columbia.

Genre:folk,country-blues.

 

Bob Dylan entame sa carrière solo avec un album éponyme qu’il sort en 1962. Déniché par John Hammond de Columbia, Dylan l’interprète, est un fervent admirateur de Woody Guthrie et connaît son Robert Johnson par cœur, c’est pourquoi seuls deux titres sont des compositions à lui.

Le reste de l’album reprend des morceaux traditionnels d’avant-guerre qu’il jouait dans les cafés de Greenwich Village et un titre de Blind Lemon Jefferson. Pas de quoi sauter au plafond...

Pourtant ce coup d'essai s'avère vite un coup de maître pour ce jeune freluquet déguingandé de 20 ans à peine qui gueule d’une voix affirmée, qui déglutit son blues avec justesse et dégueule son folk avec infiniment de vérité.

Bluesman averti, il est déjà bluesman confirmé. Bob Dylan, très mature en dépit de sa jeunesse (voyez le visage juvénile sur la pochette) aura enregistré ce disque bienheureux en deux séances de 3 heures. Excusez du peu ! Plantez-vous dans le fauteuil, sortez une bière et appréciez.

Le Bob Dylan, il est à vos côtés, dans le salon, avec sa gratte et son harmonica. Là, à un mètre de vous… C’est géant et tellement frais, les p’tits clous ! Phénoménal… Quand je pense que le disque a été vendu à 2500 exemplaires à l’époque. Tiens, prenez simplement House Of The Risin Sun dont Eric Burdon a fait une excellente version et voyez ce que le gamin en a fait. C’est impressionnant. Et tout l'est ici compte tenu de son âge. A peine entré dans la cour des grands, il place la barre très haute, le petit. Et ça ne fait que commencer (RAZOR©).

 

1. You're No Good.

2. Talkin' New York.

3. In My Time of Dyin'.

4. Man of Constant Sorrow.

5. Fixin' to Die.

6. Pretty Peggy-O.

7. Highway 51.

8. Gospel Plow.

9. Baby Let Me Follow You Down.

10. House of The Risin' Sun.

11. Freight Train Blues.

12. Song to Woody.

13. See That My Grave Is Kept Clean.

 

Bob Dylan:chant,guitare acoustique,harmonica.

 

LP Studio 2 - 1963

 

Bob dylan the freewheelin

 

BOB DYLAN

THE FREEWHEELIN’ - 1963 5/5

 

Publié en mai 1963.

Produit par John H. Hammond,Tom Wilson.

Durée:50:08.

Label:Columbia.

Genre:folk-rock.

 

De chanteur local à phénomène mondial.

 

Mai 1963, Bob Dylan sort son deuxième album The Freewheelin’ (en écoute intégrale ici) et c’est un succès : disque de platine aux USA, N° 1 au Royaume-Uni. Après l'éponyme Bob Dylan, constitué de reprises et de chants folk traditionnels pour un seul original, le new yorkais d'adoption passe à la vitesse supérieure au niveau du songwriting dont il assure 12 des 13 morceaux de l'album. S'il il y a la quantité, la qualité suit. Et la pertinence de son écriture ne passe pas inaperçue.

Elle donne le jour au protest-singer qui va devenir le porte-parole de toute une jeunesse contestataire, le symbole d'une génération ayant en tête de bousculer l'Amérique ; pour ses fans les plus virulents, il est même le Prophète.

3 titres traduisent plus particulièrement le costume de commentateur social qu'il endosse : le mythique Blowin' In The Wind, A Hard Rain's a-Gonna Fall et Oxford Town.

Les paroles de Blowin' In The Wind retiennent l'attention du mouvement pour les droits civiques méné aux States par Martin Luther King et dont Bob Dylan et Joan Baez soutiennent la journée (28 août 1963), de même qu'ils participent à Washington, à la célèbre marche pacifique et multiraciale (250.000 personnes) qui se ponctue par ces quelques mots : I Have A Dream.

Ecrite en une dizaine de minutes sur un coin de table, cette chanson, 14ème single de tous les temps) est reprise en choeur par tous les campus américains. Peter Paul & Mary en font un hit international durant l'été 1963 ; par ce biais, les talents d'auteur-compositeur de Dylan sont exposés à la face du monde. Les mouvements sociaux, les luttes du moment et celles à venir donnent un poids et un sens supplémentaires à ses mots.

Avec A Hard Rain's a-Gonna Fall, Bob Dylan signe, juste avant la crise des missiles de Cuba d'Octobre 1962, faisant alors peser la menace d'une guerre nucléaire, une des plus grandes chansons contestataires. Dans une épopée de près de 7 minutes, il met en garde contre l'apocalypse qui s'annonce en tissant sa chanson autour de visions atroces. Grandiose !

Dans un Mississippi où les universités sont toujours l'apanage des blancs, le black James Meredith demande à être admis à celle d'Oxford, en 1961. Après avoir essuyé un refus de l'administration, Meredith a gain de cause, son admission est imposée par la Cour Suprême. Le jour de son entrée, il est escorté, jusqu'en classe, par des officiers fédéraux et l'affaire prend une tournure dramatique. L'armée est alors appelée en renfort pour juguler les émeutiers blancs hostiles à l'intégration de Meredith et en faveur de la ségrégation. Bilan de ce 20 septembre 1962: deux morts, des centaines de blessés. Bob Dylan s'empare de ce fait divers et étrille les rebelles. De chanteur local, il devient phénomène mondial.

L'impact auprès de la jeunesse du moment des chansons du Dylan de The Freewheelin' est très marqué. Dylan installe ici une norme qui influera sur le cours de sa carrière et en inspirera d'autres.

Dylan est pourtant effrayé par ce statut qu’on lui confère et qu’il a du mal à endosser ; il se retirera du devant de la scène revendicatrice et protestataire tant physiquement, que de par ses textes.

The Freewheelin’ renferme également quelques morceaux forts comme Girl From The North Country, Masters Of War, I Shall Be Free ou encore Don’t Think Twice, It’s All Right. The Freewheelin’ est un incontournable, vous pouvez foncer tête baissée dans son écoute. Et sans modération. (RAZOR©).

 

1. Blowin' in The Wind.

2. Masters Of War.

3. Down The Highway.

4. Bob Dylan's Blues.

5. A Hard Rain's a-Gonna Fall.

6. Don't Think Twice, It's All Right.

7. Oxford Town.

8. Talking World War III Blues.

9. Corrina,Corrina.

10. Honey,Just Allow Me One More Chance.

11. I Shall Be Free.


Bob Dylan:guitare,harmonica,claviers,chant.

Bruce Langhorne:guitare.

Howard Collins:guitare.

Leonard Gaskin:basse.

George Barnes:basse.

Gene Ramey:contrebasse.

Herb Lovelle:batterie.

Dick Wellstood:piano.

 

LP Studio 3 - 1964

 

Bob dylan the times they are a changin 1964

 

BOB DYLAN

THE TIMES THEY ARE A-CHANGIN’ – 1964 5/5

 

Publié le 13 janvier 1964.

Produit par Tom Wilson.

Durée:45:30.

Label:Columbia.

Genre:folk.

 

Un classique de la contestation.

 

Les temps sont en train de changer annonce le titre du troisième LP de Bob Dylan. Huit mois après la sortie de The Freewheelin’, où apparaissent ses premières vélléités factieuses, paraît The Times They Are A-Changin’ (en écoute intégrale ici) de janvier 1964, disque plutôt sombre, auquel la chanson du même nom donne son nom.

Celle-ci est enregistrée en octobre 1963 et Dylan, alors symbole de la rébellion en vogue, en dévoile toute la puissante substance en ouvrant son concert du Carnegie Hall le 26 octobre de cette même année. Un mois plus tard, John Fitzgerald Kennedy, président des Etats-Unis est assassiné à Dallas.

The Times They Are a-Changin, classique de la contestation, prend une autre dimension dans ce contexte soudainement plus tendu, ainsi que dans l'esprit de son auteur qui, gêné aux entournures, s'interroge sur l'opportunité de cet hymne repris à son compte par la jeunesse anti-establishment et généreusement applaudi. Est-ce la chanson qui l'est ou la mort du Président ? Cruel dilemme pour Dylan qui, après avoir pensé supprimer la chanson de son répertoire, décide finalement de la maintenir pour ouvrir son 3ème opus.

Après les premières vélléités factieuses dénoncées par The Freewheelin', l'album consacre Bob Dylan comme le porte-parole de la jeunesse contestataire américaine. Il puise l’inspiration dans l’encre noire de l’actualité brûlante du moment initiée par le contexte social, les conflits, par le rêve de Luther King et l’assassinat de Kennedy.

Plusieurs titres traduisent la propension du jeune auteur-compositeur qu'il est, à faire de l’excellente écriture : The Times They Are A-Changin’ (hymne pour les démunis et les opprimés), Only A Pawn In Their Game, With God On Our Side, The Lonesome Death Of Hattie Carroll.

The Ballad Of Hollis Brown et One Too Many Mornings (ballade mélancolique sur la fragilité de l’amour) sont tout aussi grandioses. When The Ship comes In (aux références religieuses) devient, en 1968, un hymne repris par les gauchistes. Un de plus ! Mais de ce statut de protestataire, il se lasse rapidement.

Après The Times They Are a-Changin, Dylan abandonne ce costume devenu de plus en plus lourd à porter et rentre quelque temps dans sa coquille, avant de céder la place à un tout autre artiste. 1965 s'annonce qui va nous le changer radicalement (RAZOR©).

 

1. The Times They Are a-Changin.

2. Ballad Of Hollis Brown.

3. With God Our Side.

4. One Too Many Mornings.

5. North Country Blues.

6. Only a Pawn in Their Game.

7. Boots of Spanish Leather.

8. When The Ship Comes In.

9. The Lonesome Death of Hattie Carroll.

10. Restless Farewell.

 

Bob Dylan:chant,guitare acoustique,harmonica.

 

LP Studio 4 - 1964

 

Bob dylan another side of bd

 

BOB DYLAN

ANOTHER SIDE OF BOB DYLAN – 1964 4,5/5

 

Publié en août 1964.

Produit par Tom Wilson.

Durée:50:37.

Label:Columbia.

Genre:folk.

 

Avec l'extraordinaire The Times They Are a-Changin précédent, Bob Dylan a braqué les projecteurs sur sa capacité d'écriture. Dylan est sollicité par les maison d'éditions, qui pour un roman, qui pour une pièce de théâtre, qui pour un recueil de poésie. Comme il se voit désormais en Rimbaud, il répond favorablement aux offres d'un gros éditeur et s'essaie à la poésie. Cette orientation l'amène à troquer les habits du contest-singer pour ceux du troubadour et à organiser, en février 1964, une tournée de 3 semaines pour aller quêter l'inspiration auprès des gens.

Au même moment, I Wanna Hold You Hand se positionne en tête des charts américains. Dans la foulée de ce succès planétaire, les Beatles débarquent aux USA en précurseur de la British Invasion ; Dylan est sous le charme. Il aime les Beatles et les Beatles le lui rendent bien. Persuadé que l'avenir musical se situe là, il songe très fort à prendre un virage artistique et aller dans cette voie.

Dans le même temps prend fin sa relation avec Susanne Rotolo, Dylan fricotant avec Joan Baez. Parallèlement, il se livre, comme Rimbaud dans la peau duquel il s'imagine, à ses premières expériences lysergiques (avril 1964). A Paris, il fait la connaissance de Nico avec laquelle il parcourt l'Europe jusqu'à se poser près d'Athènes pour une semaine. Il met à profit cette période en travaillant les morceaux de son quatrième LP : Another Side Of Bob Dylan (en écoute intégrale ici), sorti en août 1964.

Dylan le contestataire tire donc sa révérence. Arrive le poète, l’autre côté de Bob Dylan, la face cachée, mais qui se devine en filigrane. Dylan a bien compris que les paroles, fussent-elles protestataires, puissantes et symboliques des états d’âme de toute une génération, ne restent que des mots et que les actes sont très peu suivis d’effets. Le symbole est certainement lourd à porter pour un jeune homme de 22 ans. De ce fait, il prend cette génération à contre-pied et opère, pour s'aérer la tête, une reconversion lyrique qui va décontenancer ses admirateurs.

Dylan se rapproche des intellos, privilégie les chansons intimistes et déverse tout son fiel sur ses expériences vécues ou rêvées avec les femmes. Quelques accords de gratte, des solos d’harmonica, des textes matures, le piano en plus, et nous voilà embarqués auprès du Dylan nouveau.

Another Side Of Bob Dylan est rejeté par les inconditionnels du Zim et taillé par la presse. En dépit de cet accueil peu réjouissant, le disque connaît un bon succès. Beaucoup de chansons traitent des femmes.

Sur le ton de la satire dans All I Really Want ToDo, l’entame de l’album. Sur l’air de la complainte comme I Don’t Believe You, du regret comme l’autobiographique Ballad In Plain Day ou de la métaphore avec le titre It Ain’t Me Babe.

Chimes Of Freedom est d’une poésie touchante et d’une mélodie fantastique, l’ascendant de Rimbaud se fait présent dans son lyrisme. Elle devient un hymne-phare des années 60. Encore un !

Spanish Harlem Incident est torride, Black Crow Blues et Motorpsycho Nitemare annoncent le passage à l’électrique de Dylan (le piano martelé y contribue), tandis que My Back Pages dévoile, si l'on veut bien se donner la peine de lire entre les lignes, la fin de son rôle de porte-parole de la chanson contestataire.

Et puis, pour terminer, écoutez bien cette sympathique petite valse qu’est To Ramona. Fraîche, spontanée, railleuse, au ton libre, la matière d'Another Side Of Bob Dylan n’a vraiment rien de commun avec la production antérieure du Zim. Ce disque fait le tampon entre la période folk et celle électrique de l'artiste (RAZOR©).

 

1. All I Really Want To Do.

2. Black Crow Blues.

3. Spanish Harlem Incident.

4.Chimes Of Freedom.

5. To Ramona.

6. Motorpsycho Nitemare.

7. My Back pages.

8. I Don't Believe You (She Acts Like We Never Have Met).

9. Ballad in Plain D.

10. It Ain't Me babe.

 

Bob Dylan:chant,guitare acoustique,piano,harmonica.

 

LP Studio 5 - 1965

 

Bob dylan bringing it all back home 1

 

BOB DYLAN

BRINGING IT ALL BACK HOME – 1965 5/5

 

Publié le 22 mars 1965.

Peoduit par Tom Wilson.

Durée:47:14.

Label:Columbia.

Genre:rock,folk-rock,folk.

 

Le précurseur du folk-rock ?

 

1965 : comme on le pressent depuis qu'il porte un intérêt sans nom aux Beatles et qu'il situe son avenir artistique dans la voie que les anglais ont initiée en débarquant sur le sol américain et que la British Invasion a apmlifiée, Bob Dylan électrifie son univers musical ; après avoir consacré les quatre premiers volumes de son catalogue à contest-folker, le voilà qui durcit le son, mais il ne le fait encore que partiellement.

Bringing It All Back Home (en écoute intégrale ici), tombé chez les bacs des disquaires au printemps 1965, provoque une révolution auprès des fans de Dylan que certains, plus puristes que d'autres, accusent même de haute trahison : le mot est fort, la formule choc, mais Dylan est sur le point de virer sa cuti, c'est un fait.

Pour l'heure, Bringing It All Back Home se répartit en deux faces distinctes. La première est la plus susceptible de rebuter ceux qui crient à la forfaiture ; Dylan y introduit des instuments électriques en s'entourant de musiciens rock.

La deuxième partie est acoustique, donc folk, et son auteur prend ses distances, comme il s'y est engagé, avec la chanson mutine et insubordonnée. Rock, folk, folk, rock, et si on tenait là les débuts du folk-rock ? Beaucoup le prétendent, mais comme les Byrds, dans le même temps, flirtent avec le genre, difficile de dire qui de la poule ou de l'oeuf...

Dylan est déterminé, il n'est qu'à voir son regard noir sur la pochette. En ayant le privilège d'ouvrir l'album, Subterranean Homesick Blues s'avère devenir la première tentative folk-rock proposée à l'auditeur ; bruyante, fascinante, elle démarre fort. Dylan ne chante pas, il rappe en mitraillant ses mots sur des textes caustiques inspirés de Verlaine, Rimbaud et de la Beat Generation ; son écriture fait autant de dégâts que ses chansons contestataires d’hier.

Ce morceau est bien accueilli et figure dans les charts britanniques au 9ème rang, au 39ème chez l'Oncle Sam. Tout comme l'est Mr Tambourine Man, popularisé par les Byrds et dont la mélodie a fait le tour du monde depuis.

Le caricatural et ironique blues-électrique Maggie’s Farm suit, interprété sur un rythme soutenu, moins alerte toutefois que celui qui a alimenté la controverse à Newport quand Michael Bloomfield a allumé la mèche.

She Belongs To Me et Love Minus Zero, ballades d’amour, tempèrent ce rythme effréné. Plus délirant, On The Road Again. Bob Dylan’s 115 th Dream y révèle une Amérique parano, tandis que Gates Of Eden sonne comme une complainte macabre.

A retenir également le scabreux It’s Alright Ma, long morceau de plus de 7 minutes et le très tendre et gracieux It’s All Over Now, Baby Blue qui clôt la face B du vinyle sur lequel l’artiste ressort sa gratte sèche et son harmonica. On tient avec ce titre une des plus belles chansons de Dylan.

Blues, folk, rock, Bringing It All Back Home est un chef d’œuvre qui se positionne encore à la 31ème position du classement Rolling Stone des meilleurs albums de l’histoire du rock. Quand on a dit ça, on a tout dit (RAZOR©).

 

1. Subterranean Homesick Blues.

2. She Belongs to Me.

3. Maggie's Farm.

4. Love Minus Zero/No Limit.

5. Outlaw Blues.

6. On the Road Again.

7. Bob Dylan's 115th Dream.

8. Mr Tambourine Man.

9. Gates of Eden.

10. It's Alright, Ma (I'm Only Bleeding).

11. Its All Over Now, Baby Blue.

 

Bob Dylan:guitare,harmonica,claviers,chant.

John Hammond Jr.:guitare.

John Sebastian:basse.

Kenny Rankin:guitare.

Bobby Gregg:batterie.

John Boone:basse.

Al Gorgoni:guitare.

Paul Griffin:piano,claviers.

Bruce Langhorne:guitare.

Bill Lee :basse.

Joseph Macho Jr.:basse.

Frank Owens:piano.

 

LP Studio 6 - 1965

 

Bob dylan highway 61 revisited

 

BOB DYLAN

HIGHWAY 61 REVISITED – 1965  5/5

 

Publié en le 30 août 1965.

Produit par Bob Johnston, Tom Wilson (sur 1).

Durée:48:49.

Label:Columbia.

Genre:rock,folk-rock.

 

Stop ! Chef d'oeuvre.

 

Dylan peut se la péter et exhiber fièrement Highway 61 Revisited (en écoute intégrale ici), son 6ème album, un concentré de pépites. Il le peut, d'autant qu'il est l'objet de toutes les critiques de la part de son supporter-club. Celui-ci trouve saumâtre son passage à l'électrique amorcé sur la première face du LP précédent Bringing It Back Home, sorti 5 mois avant. Comme réponse, il persiste et signe. Il en remet une couche, histoire de montrer à ses détracteurs folkeux qu'il s'en tape comme de sa première chemise que son revirement artistique n'ait pas leurs faveurs.

Nous sommes en mai 1965 et l’artiste revient d’une tournée en Angleterre. Il s'interroge beaucoup sur la suite de sa carrière, sur sa nouvelle orientation et envisage même tout stopper. Ce qu'il fait ne répond plus à ses aspirations musicales.

Il choisit alors de transposer sur papier tout ce qui lui empoisonne la vie. Il décharge son cœur et son esprit dans une sorte de très long poème dont il conserve ce qu'il considère comme le meilleur. Ce texte donne naissance à Like A Rolling Stone qui ne réfère en aucun cas aux Stones, mais à Hank Williams et à Lost Highway, dont Dylan extrait la phrase suivante : I’m A Rolling Stone, I’m Alone and Lost.

En juin, il enregistre ce qui va donner Like a Rolling Stone avec Tom Wilson pour le produire ; la suite, autrement dit les 8 autres titres qui alimentent Highway 61 Revisited, se fait un peu plus tard, sous la houlette de Bob Johnson et en 4 jours, juste avant d'aller mettre le festival de Newport sens dessus-dessous, en rendant publique sa mutation artistique.

Cet album est plus collectif que personnel ; ce déroutant deuxième volet de la trilogie électrique pour lequel Bring It Back Home a préparé le terrain, déroule 9 chansons qui, chacunes à leur manière, racontent leur propre histoire.

Le crépusculaire Like A Rolling Stone ouvre le répertoire de la meilleure des manières. Révolutionnaire dans son format inhabituellement étiré pour l’époque (6 :13) et pas du tout calibré pour les passages sur radios (3 minutes), il devient malgré tout le titre-phare du marché américain. Titre anthologique du répertoire de Dylan, il est repris par les Stones, le Jimi Hendrix Experience, Bob Marley et Sonny & Cher.

On est alors loin du Dylan folk-singer. Le ton est dur et cassant avec un refrain qui te pénètre (How Does It Feel …), mais la violence est canalisée ; c’est valable pour tout l’album.

A sa suite, ça déroule dans la même teneur et dans un degré de qualité identique, à l'image de Tombstone Blues aux références bibliques, de From A Buick 6, rock, de la chanson titre Highway 61 Revisited, véritable hymne-blues-boogie à cette célèbre route, de Ballad of A thin Man, de Just Like Tom Thumb's Blues, électrifié à souhait, ou du nonchalant It Takes A Lot To Laugh,It Takes A Train To Cry.

Et puis il y a l'épique Desolation Row… chanson acoustique ambitieuse, culminant au-delà des 11 minutes, sorte de grand carnaval mental, peuplé de héros et de vilains (Bette Davis, Abel et Caïn, Romeo, Cendrillon, Robin des Bois, Casanova…), faisant rire jaune son auteur qui y associe le grotesque, le rêve et l’existentialité. Le tempo est lent et la partie vocale adoucit quelque peu un Desolation Row qui revient obsessionnellement en boucle.

Highway 61 Revisited est l’un des chefs d’œuvre de Dylan : le poète, le visionnaire aux compétences lyriques et musicales inégalées porte son art à son paroxysme. Le résultat est monstrueux et fait de Highway 61 Revisited, le 4ème album de tous les temps (Rolling Stone Magazine) et de Like A Rolling Stone, la meilleure chanson. Un tel bilan mérite respect et étaie la thèse selon laquelle Highway 61 Revisited ne peut pas ne pas figurer sur votre étagère rock (RAZOR©).

 

1. Like A Rolling Stone.

2.Tombstone Blues.

3. It Takes A Lot To Laugh,It Takes A Train To Cry.

4. From A Buick.

5. Ballad Of A Thin Man.

6. Queen Jane Approximately.

7. Highway 61 Revisited.

8. Just Like Tom Thumb's Blues

9. Desolation Row.

 

Bob Dylan:guitare,chant,harmonica,piano,effets spéciaux.

Mike Bloomfield:guitare.

Al Kooper:orgue,piano.

Paul Griffin:piano,orgue.

Bobby Gregg:batterie.

Harvey Goldstein:basse.

Charlie McCoy:guitare.

Frank Owens:piano.

Russ Savakus:basse.

 

LP Studio 7 - 1966

 

Bob dylan blonde on blonde 1966

 

BOB DYLAN

BLONDE ON BLONDE – 1966  5/5

 

Publié en mai 1966.

Produit par Bob Johnston.

Durée:71:23.

Label:Columbia.

Genre:rock,folk.

 

Dylan fait coup double.

 

Blonde On Blonde (en écoute intégrale ici) referme la phase dite électrique, entamée timidement par Bringing It Back Home et conséquemment développée dans Highway 61 Revisited. Ce troisième volet de la trilogie vinylique controversée de Dylan – controversée du fait que Dylan a tourné le dos à son passé folk -, est double et sorti en mai 1966, tout juste avant son immobilisation contrainte, du fait d'un accident de moto, et qui va lui donner à réfléchir une nouvelle fois à son avenir artistique.

Dans ce format, c'est le premier du rock ; aucun artiste majeur de sa génération ne peut alors se targuer d'avoir publié sous cette forme. Même les Beatles se font doubler, leur Revolver ne sortant que deux mois et demi plus tard. Il n'est que les Beach Boys, il me semble, à publier Pet Sounds le même jour que Blonde On Blonde.

Il y a double et double. Le double que l'on boucle par du remplissage pour faire bonne mesure et le double dont l'auditeur apprécie chaque minute, chaque seconde, chaque titre, chacune des notes et des mots de ces titres. C'est le statut du stellaire Blonde On Blonde qui, réuni autour d'un lot de 14 grandes chansons dont de nombreux classiques, frôle la quasi perfection. Si la note de 6/5 existait, elle serait accrochée au revers de ce disque, le septième de Dylan.

Celui-ci est enregistré à Nashville et préfigure déjà dans quelle direction Dylan a l'intention d'aller. Pour l'heure, il en est encore à consolider sa période électrifiée. Ce prolongement dans le dur reçoit les éloges de la critique ainsi que l'assentiment de la division rock de son public, l'autre en étant toujours à bouder le reniement du barde.

Preuve que la vision électrique du Zim a du bon : le tryptique rock classe respectivement ses trois pièces, Bringing It Back Home, Highway 61 Revisited et Blonde On Blonde, au 31ème, 47me et 9ème rangs des plus grandes œuvres du rock (Rolling Stone).

Blonde On Blonde est un gros succès commercial (9ème du Billboard, 3ème au Royaume-Uni) que Dylan s'emploie à faire fructifier en s'envolant pour une tournée de deux mois pour laquelle il engage les Hawks, mouture préfigurant le Band, son groupe de soutien sur scène.

Blonde on Blonde (à la pochette légèrement floutée) recense les chefs d’œuvre d’un poète devenu une légende vivante. L’homme va à 2000 à l’heure, alimenté par les amphés la plupart du temps, mais son état n’altère en rien sa vie artistique. Au contraire.

Dylan fait l’apologie des drogues et incite « tout le monde à se défoncer », comme il le déclame dans le titre ouvrant l’album Rainy Day Women (Everybody Must Get Stoned). Cette chanson donne une idée du Dylan de l’époque, un mec qui cherche à se faire comprendre, mais qui bouffe la vie par tous les côtés et va le payer cash avec son accident de moto.

Cette démarche donne le ton de Blonde On Blonde, dans lequel Bob Dylan fait sa révolution. Le chanteur folk freluquet et contestataire est enterré et fait place à un Dylan artiste, plus mature, plus électrique, au son tel que celui qu’il imaginait alors, à savoir clair et agressif.

Ballades éternelles, rock, blues furieux, déchaînement sonore, poésie, profondeur de l’écriture… Dylan nous livre dans Blonde On Blonde ses plus belles perles sur le plaisir et le désir (I Want You, Just Like A Woman, Visions Of Johanna et le sublime Say Eyed Lady). Que des classiques.

Ce disque, sur lequel il est assisté d’Al Kooper et de Robbie Robertson (The Band) notamment, est remarquable, mais Dylan, va être contraint et forcé physiquement de se mettre en retrait (le fameux accident), avant de produire un nouvel album digne de ce niveau, 10 ans plus tard (Blood On The Tracks).

Blonde On Blonde doit être une base de votre collection. Historiquement, c’est quand même le premier double studio du rock, ça ne s’écarte pas. Artistiquement…une merveille (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Rainy Day Women.

2. Pledging My Time.

3. Visions Of Johanna.

4. One Of Us Must Know (Sooner Or Later).

 

Face 2.

5. I Want You.

6. Stuck Inside Of Mobile With The Memphis Blues Again.

7. Leopard-Skin Pill-Box Hat.

8. Just Like A Woman.

 

Face 3.

9. Most Likely You Go Way And I’ll Go Mine.

10. Temporary Like Achilles.

11. Absolutely Sweet Marie.

12. 4th Time Around.

13. Obviously 5 Believers.

 

Face 4.

14. Sad Eyed Lady Of The Lowlands.

 

Bob Dylan:chant,guitare,piano,harmonica.

Paul Griffin:piano.

Rick Danko:basse.

Bobby Gregg:batterie.

Robbie Robertson:guitare,chant.

Charlie McCoy:basse,guitare,harmonica,trompette.

Al Kooper:orgue,guitare.

Hargus "Pig" Robbins:piano,claviers.

Bill Aikins:claviers.

Kenneth A. Buttrey:batterie.

Joe South,Jerry Kennedy:guitare.

Wayne Moss:guitare,chant.

Henry Strzelecki:basse.

Wayne Butler:trombone.

 

LP Studio 8 - 1967

 

Bob dylan john whesley harding

 

BOB DYLAN

JOHN WESLEY HARDING – 1967 5/5

 

Publié en décembre 1967.

Produit par Bob Johnston.

Durée:38:24.

Label:Columbia.

Genre:folk-rock,country-rock,country.

 

Dylan en terrain connu.

 

Durant l’été 1966, quelques mois après la sortie du double Blonde On Blonde, Dylan est victime d’un très grave accident de moto (c’est la version officielle) qui va le tenir à l’écart de la scène pendant un an et demi.

Le Zim met à profit sa retraite contrainte pour préparer son retour avec un nouvel album qu'il consacre à John Wesley Harding (en écoute intégrale ici), hors-la-loi et légende du Far-West, doublée d'une icône du folklore américain. C'est son huitième.

Après s'être accordé une réflexion sur son avenir à court terme durant son inactivité, il décide de reprendre la guitare acoustique et de s'entourer a minima : un bassiste, le fidèle Charlie McCoy, un batteur, Kenney Buttrey et un steel guitariste, Pete Drake, suffisent à encadrer le projet de Dylan, paru en décembre 1967.

Le projet en question accouche d'un lot conséquent de chansons, mais toutes ne sont pas utilisées pour alimenter le répertoire folk-rock/country-rock de John Wesley Harding. Elles seront exploitées par ailleurs dans ce qui constitue les Basement Tapes (1975) avec le Band, réalisées dans les sous-sols de Big Pink, la maison rose que le groupe canado-américain a louée dans la périphérie de Woodstock où reside Dylan.

301ème meilleur disque rock de tous les temps,John Wesley Harding sort radicalement Dylan de sa trilogie électrique (Bringing It All Back Home, Highway 61 Revisited et Blonde On Blonde) et revient sur un territoire acoustique qui lui est familier.

Essentiellement acoustique, aux parfums mystiques, d’inspiration biblique (Dylan a eu le temps de réfléchir sur sa vie et ses expériences), John Wesley Harding prend encore tout son monde à revers. Ironie du sort, au moment où il revient à ses racines folk, son mentor Woodie Guthrie meurt.

Album anachronique, réalisé en pleine période hippie et acid-rock, il affiche beaucoup de sobriété du fait de son instrumentation réduite à sa plus simple expression, de par un son épuré. En reprenant à son compte le folk minimaliste de ses débuts, la maturité et la maîtrise en plus, John Wesley Harding en arrive à être l’un des meilleurs disques de Dylan, qui nous livre des chansons aux multiples images religieuses.

La critique ne s’y trompe pas, qui lui accorde un accueil plus que favorable. Dans les détails, on retrouve sur ce disque le sublimissime hymne All Along The Watchtower, magnifié par Hendrix dans sa version d’Electric Ladyland, et qui est devenu une des chansons les plus populaires du Zim, deux superbes ballades, la laconique The Ballad Of Frankie Lee And Judas Priest (presque 6 minutes) et I Pity The Poor Immigrant.

As I Went Out One Morning, Down Along The Cove, le morceau titre, l’intimiste I’ll Be Your Baby Tonight, les titres mystiques que sont I Dreamed I Saw St Augustine et Dear Landlord sont autant de merveilleuses compositions auxquelles il faut souscrire également.

Dylan est en pleine forme, cool, relax. Il semble à l'aise dans ses baskets, dans un registre qui lui sied aussi bien que le folk et le rock. En enregistrant le précédent Blonde on Blonde à Nashville, n'aurait-il pas cédé aux sirènes de la country ? Il y a tout lieu de le penser au regard de ce qui s'annonce (RAZOR©).

 

1. John Wesley Harding.

2. As I Went Out One Morning

3. I Dreamed I Saw St. Augustine.

4. All Along The Watchtower.

5. The Ballad of Frankie Lee and Judas Priest.

6. Drifter's Escape.

7. Dear Landlord.

8. I Am a Lonesome Hobo.

9. I Pity the Poor Immigrant.

10. The Wicked Messenger.

11. Down Along the Cove.

12. I'll Be Your Baby Tonight.

 

Bob Dylan:chant,guitare,harmonica,claviesr,piano.

Pete Drake:steel guitare steel sur 11/12.

Charlie McCoy:basse.

Kenney Buttrey:batterie.

 

LP Studio 9 - 1969

 

Bob dylan nashville skyline

 

BOB DYLAN

NASHVILLE SKYLINE – 1969  5/5

 

Publié en avril 1969.

Produit par Bob Johnston.

Durée:27:14.

Label:Columbia.

Genre:country-rock,country.

 

Le Dylan champêtre.

 

Bob Johnston, producteur de Dylan depuis Highway 61 Revisited, a certainement favorisé, sans le savoir, le virage country-folk/country-rock opéré par l'artiste après sa période électrique.

Avant de se mettre au service du Zim, il a, en effet, traîné ses guêtres dans les studios de Nashville auprès d'artistes comme Floyd Cramer ou Grady Martin, fréquenté des musiciens de sessions réputés comme Jerry Kennedy, Wayne Moss et Kenney Buttrey. Pour les besoins de Desolation Row, il a même ramené dans ses bagages Charlie McCoy pour qu'il accompagne Dylan à New York.

Johnston a maintes fois tenté de convaincre son protégé de venir enregistrer à Nashville ; le barde lui a jusque là toujours gentiment opposé une fin de non-recevoir, mais jamais franche, préférant botter en touche à chaque fois que le producteur le relançait sur le sujet.

A croire qu'il est arrivé à ses fins, au regard du titre du 9ème album studio de Dylan, Nashville Skyline qui ne peut pas feindre sa référence au temple de la musique country. Dans des registres différents, Gram Parsons, les Byrds, les Flying Burrito Brothers occupent également ce terrain.

Habitué à prendre tout le monde à revers, Dylan nous revient donc en avril 1969 avec un album court (27 minutes) et aux influences country, Nashville Skyline (en écoute intégarle ici), qui va vite devenir un sujet de controverses.

La voix n’est plus la même : la tessiture a changé avec l'avancée dans l'âge et les abus, l’écriture est simpliste, les chansons sont raccourcies. La nouvelle facette de Bob Dylan l’inscrit dans la musique traditionnelle américaine, ce qui ne surprendra aujourd’hui personne, étant lui-même, si je ne m’abuse, un admirateur de la première heure d’Hank Williams.

Il s’entoure des cadors en la matière : Johnny Cash, Peter Drake et Charlie Daniels notamment. Mais pour le fan et au moment de la publication de ce nouvel LP studio, Dylan n’est pas là où il est attendu à une époque agitée pour son pays.

Ses textes sont à des années-lumière des envolées contestataires et rebelles habituelles, il ne prêche plus la bonne parole et cela, on lui en fait encore le grief, 5 ans après. Ce n’est pas ce que l’on attend de lui l’éternel porte drapeau (dans l’esprit des gens et des journalistes) des opprimés et révoltés.

Facile d’accès, paisible, tendre, aux mélodies épurées, sincère, il est agréable d’écoute, même si on n’en pince pas pour le registre country. Seulement, comme l’indique le titre d’ouverture interprété avec Cash, Girl From The North Country, il faut en passer par là. Il n’est pas duo plus probant pour annoncer la couleur de ce qui se cache derrière le rideau : country et folk. Johnny Cash est le pape du genre, ne l'oublions pas.

Des dix titres qui constituent le répertoire de ce disque plutôt personnel qui, fait rare, affiche sur sa pochette un Dylan radieux, la chanson d’introduction évoquée ci-dessus, le classique et populaire Lay Lady Lay, le romantique I Threw It All Away, le réjouissant Peggy Day, l’instrumental Nashville Skyline Rag qui sent l’auto-plaisir à plein nez, Tell Me That It Isn’t True, Country Pie et One More Night émergent d’un lot qui ne vous fera pas perdre votre temps inutilement.

Il est d’excellente facture, réussi et encore aujourd'hui terriblement sous-évalué. S’il fut déconcertant à sa sortie, que penser de son suivant Self Portrait ? La suite au prochain épisode… (RAZOR©)

 

1. Girl from the North Country.

2. Nashville Skyline Rag.

3. To Be Alone with You.

4. I Threw It All Away.

5. Peggy Day.

6. Lay Lady Lay.

7. One More Night.

8. Tell Me That It Isn't True.

9. Country Pie.

10. Tonight I'll Be Staying Here With You.

 

Bob Dylan:guitare,harmonica,claviers,chant.

Johnny Cash:chant.

Pete Drake:pedal steel guitare.

Kenny Buttrey:batterie.

Charlie Daniels:basse.

Bob Wilson:orgue,piano.

Charlie McCoy:guitare,harmonica.

Norman Blake:guitare,dobro.

Earl Scruggs:banjo sur 2.

Marshall Grant:basse sur 1.

Bob Wootton:guitare électrique sur 1.

W.S. Holland:batterie sur 1.

DISCOGRAPHIE 70'S (LP 10 A 19).

LP Studio 10 - 1970

 

Bob dylan self portrait 1970

 

BOB DYLAN

SELF PORTRAIT – 1970  2,5/5

 

Publié le 8 juin 1970.

Produit par Bob Johnston.

Durée:73:15.

Label:Columbia.

Genre:folk,country,folk-rock.

 

Le premier vrai couac du catalogue.

 

Le facétieux Greil Marcus est celui-là même qui, en 1969, fomente l'un des plus gros bobards du rock avec ses fictifs Masked Marauders, supposés réunir Lennon, McCartney, Harrison, Jagger et Dylan. Je sais, vous êtes en droit de vous demander le rapport avec la présente chronique. J'y viens.

Le lien entre le chef rédac' et critique musical du Rolling Stone Magazine et Dylan, c'est Self Portrait, publié un an après le canular de Marcus. Dans son papier sur le dixième LP du catalogue, celui-ci ne se montre pas tendre, mais alors pas du tout, employant même une sémantique scatologique pour le résumer.

En gros, il compare Self Portrait (en écoute intégrale ici) à une grosse merde. Laissons-lui la responsabilité de propos plus épidermiques que fondés, nés de la guéguerre que se livrent son versatile auteur et une presse remontée comme un coucou suisse contre un artiste qui leur pisse à la raie.

Depuis 1963, Dylan n'est jamais là où on l'attend et ça déstabilise tout le monde : d'abord il folke et conteste au point de devenir le symbole de cette jeunesse anti-establishment révoltée, avant de la prendre à rebrousse poil en passant à l'électrique et en abandonnant sa fonction de porte-parolat. Trois disques plus tard, il prend une orientation country/country-rock et continue à diviser, malgré sa réussite à chaque étape artistique. De tout ça, il se fout royalement, il semble même rechercher le conflit. Cette attitude est un marqueur de sa longue carrière.

Si Marcus n'y va pas avec le dos de la cuillère pour descendre en flèche Dylan et son nouvel album, c'est cependant l'ensemble de la presse spécialisée qui s'emploie à tailler le binôme. A juste titre, soyons d'accord. Revers de la médaille, Dylan se vend toujours bien et ce disque, un double (le 2ème du catalogue), a les faveurs du public, en faisant 3 aux Etats-Unis et 1 au Royaume-Uni.

Là où le bât blesse, c'est qu'attendu comme un véritable album studio avec des nouvelles chansons, le présent travail de Dylan consiste à réunir des reprises de classiques pop et folk, ainsi que plusieurs chansons enregistrées avec le Band à Wight en 1969. Encore une fois, il joue le contrepied et pousse même la provocation jusqu'à peindre lui-même le tableau utilisé pour servir de couverture à l'album. Voilà les raisons du What's A Shit ? proféré par Marcus.

Auteur d'une telle polémique, ses années 70 ne démarrent pas sous les meilleurs auspices. Ce double LP est encore et toujours le mouton noir du catalogue, un boulet qu'il traîne depuis. Maintenant, il faut relativiser les choses et tempérer les mots: même si son écoute aujourd'hui ne lui permet pas de redorer son blason, Self Portrait n'est pas le disque fécal dénoncé. Il ne répond pas aux attentes, point barre.

Il est vrai qu'il est toujours aussi plat, sans agencement précis, ni trame artistique quelconque, constitué de reprises (dont The Boxer de Paul Simon ou du Gilbert Bécaud/Pierre Delanöe) pour le moins surprenantes, de titres déjà connus comme Like A Roling Stone, d’instrumentaux comme la daube fredonnée appelée Wigwam, de chansons traditionnelles disséminées entre la prémière et la quatrième face et que peu de choses différencient ; il mêle du rock, du blues, de la pop, de la country, de l’eau de rose. Cerise sur le gâteau, le barde ne nasille plus, il croone, et laisse le soin à ses choristes d’ouvrir le bal. L’artiste se fait hara-kiri et s’en balance royalement. Il veut se faire oublier qu'il ne s'y prendrait pas autrement. D'où la merde de Marcus...

Ce disque s’apparente à une plaisanterie, ce que Dylan, pris les doigts dans le pot de confiture, réfute.  Pourtant le présent casting est all Stars : Rick Danko, Al Kooper, Levoln Helm, Charlie Daniels, Peter Drake… ça parle, mais ça ne suffit pas pour sauver les meubles d'un album qui est faible, bordélique, déconcertant et, au final, lassant à écouter. Il y a des mots pour le dire, Greil, même si dans les faits ça ne change pas grand chose (RAZOR©).



1. All The Tired Horses.
2. Alberta #1.
3. I Forgot More Than You'll Ever Know.
4. Days Of 49.
5. Early Mornin' Rain.
6. In Search Of Little Sadie.
7. Let It Be Me.
8. Little Sadie.
9. Woogie Boogie.
10. Belle Isle.
11. Living The Blues.
12. Like A Rolling Stone.
13. Copper Kettle (the Pale Moonlight).
14. Gotta Travel On.
15. Blue Moon.
16. The Boxer.
17. The Mighty Quinn (Quinn, The Eskimo).
18. Take Me As I Am (or Let Me Go).
19. Take A Message To Mary.
20. It Hurts Me Too.
21. Minstrel Boy.
22. She Belongs To Me.
23. Wigwam.
24. Alberta #2.

 

Bob Dylan:chant,guitare,harmonica,claviers.
Byron Bach:violoncelle.
Brenton Banks:violon.
George Binkley III:violon.
Norman Blake:guitare.
David Bromberg:guitare,dobro,basse.
Albert Wynn Butler:clarinette,saxophone.
Kenneth A. Buttrey:batterie,percussions.
Fred Carter Jr.:guitare.
Marvin Chantry:violon.
Ron Cornelius:guitare.
Charlie Daniels:basse,guitare.
Rick Danko:chant,basse.
Pete Drake:steel guitare.
Delores Edgin:chant.
Fred Foster:guitare.
Solie Fott:violon,alto.
Bubba Fowler:guitare.
Dennis Good:trombone.
Emanuel Green:violon.
Hilda Harris:chant.
Levon Helm:mandoline,batterie,chant.
Freddie Hill:trompette.
Karl Himmel:clarinette,saxophone,trombone.
Garth Hudson:claviers.
Lilian Hunt:violon.
Martin Katahn:violon.
Doug Kershaw:violon.
Al Kooper:guitare,cuivres,claviers.
Sheldon Kurland:violon.
Richard Manuel:piano,chant.
Martha McCrory:violoncelle.
Charlie McCoy:guitare,basse,harmonica.
Barry Mcdonald:violon.
Ollie Mitchell:trompette.
Carol Montgomery:chant.
Bob Moore:basse.
Gene A. Mullins:baryton.
Joe Osborn:guitare,basse.
June Page:chant.
Rex Peer:trombone.
Bill Pursell (piano.
Robbie Robertson:guitare,chant.
Albertine Robinson:chant.
Al Rogers:batterie.
Frank Smith:trombone.
Maretha Stewart:chant.
Gary Van Osdale:alto.
Bob Wilson:orgue,piano.
Stu Woods:basse.

 

LP Studio 11 - 1970

 

Bob dylan new morning 70

 

BOB DYLAN

NEW MORNING – 1970  3,5/5

 

Publié en octobre 1970.

Produit par Bob Johnston.

Durée:35:21.

Label:Columbia.

Genre:folk-rock,country-rock,country.

 

A double tranchant.

 

N'ayons pas peur des mots, le précédent Self Portrait (juin 70) a éloigné un peu plus les fans, de son auteur Bob Dylan, en même temps qu'il a suscité de multiples critiques acerbes de la presse spécialisée, dans le sillage de Rolling Stone Magazine et de Greil Marcus.

Dylan doit réagir ; malgré des chiffres toujours encourageants dans les classements, il doit le faire surtout pour clouer le bec à ses détracteurs. Et il ne tarde pas à revenir. Moins de 4 mois plus tard, il déboule à nouveau dans les bacs avec New Morning (en écoute intégrale ici). Là-même où quasiment tout le monde a précédemment été unanime à casser du Dylan, les critiques expriment leur consensus autour du 11ème LP. On aurait retrouvé Dylan, on l'aurait rendu à ses fans dit-on ; comme quoi le fossé s'était vraiment creusé entre l'artiste et son auditoire.

Dylan revient et le fait de la meilleure manière qui soit. Ce que tout le monde souhaite alors en secret. Merde, c'est Bob Dylan quand même !

New Morning est un bien bel album nous rabibochant avec ce qui précède directement Self Portrait et qui s'avère d'excellente tenue, même si, pour certains, pas dans le registre artistique espéré. Pas question pour autant de pavoiser, on n'a pas entre les mains l'album du siècle, pas même celui de l'année 70 pour laquelle on lui préfèrera les Abraxas, Déjà Vu, Led Zeppelin III, Let It Be ou Cosmo's Factory. Encore moins le fleuron du catalogue de Dylan.

Il n’y a pas de quoi pavoiser, dis-je, mais accordons à Dylan le fait qu'il propose du mieux, même si l’inspiration n’est pas un modèle de régularité du bout à l’autre de ce disque.

Si l'on peut s’en satisfaire, au regard de la frustration née de l'album antérieur, parler de renaissance de l’artiste est encore un peu prématuré. Par moments, le Zim nous refait du copié-collé de Self Portrait (Winterlude, Three Angels) ; ce qui le sauve ici, ce sont ces titres très réussis et à la hauteur de son statut de songwriter hors norme, comme l’ensoleillé If Not For You, New Morning, Day Of The Locusts, Time Passes Slowly et Sign Of The Window, une de mes chansons préférées de tout temps.

A double tranchant, New Morning est encore trop inégal pour en faire un disque au delà de 3,5/5. A cette cotation, il est bien (RAZOR©).

 

1. If Not for You.

2. Day of the Locusts.

3. Time Passes Slowly.

4. Went to See the Gypsy.

5. Winterlude.

6. If Dogs Run Free.

7. New Morning.

8. Sign on the Window.

9. One More Weekend.

10. The Man in Me.

11. Three Angels.

12. Father of Night.

 

Bob Dylan:chant,guitares,orgue,piano sur 2/5/8/10/12.

David Bromberg:guitare électrique,dobro.

Harvey Brooks:basse.

Ron Cornelius:guitare électrique.

Charlie Daniels:basse.

Buzzy Feiten:guitare électrique.

Al Kooper :orgue,piano,guitare électrique,cor d'harmonie.

Russ Kunkel:batterie.

Billy Mundi:batterie.

Hilda Harris,Albertine Robinson:chœurs.

Maeretha Stewart:chœurs sur 6.

 

LP Studio 12 - 1973

 

Bob dylan pat garrett the kid 1973

 

BOB DYLAN

PAT GARRETT & BILLY THE KID – 1973  3,5/5

 

Publié le 13 juillet 1973.

Produit par Gordon Carroll.

Durée:35:23.

Label:Columbia.

Genre:country-rock,folk-rock.

 

Dylan fait son cinéma.

 

Non content de jouer le rôle du cowboy Alias dans le western porté à l’écran par Sam Peckinpah, Pat Garrett & Billy The kid (en écoute intégrale ici), Bob Dylan signe également la bande-son de ce dernier, sorti en 1973 pour Columbia, avec lequel le torchon brûle pour des probèmes de renégociation de contrat.

Trois sessions (une à Mexico et deux californiennes) sont nécessaires pour en venir à bout. 10 pièces et 35 minutes pour les amateurs de chiffres. Une fois encore, d’avoir accepté cette mission d’écriture lui est revenu (avec avis défavorable) en pleine gueule.

Et pourtant, la tâche qui lui est alors commandée, est livrée avec une grande cohérence, beaucoup de sérieux et de compétence, dans une veine country, dont il faut se souvenir que les racines remontent à la grande époque du Western. Souvenons-nous aussi que Dylan s'est, depuis 1967 et John Wesley Harding, reconverti dans la country et le country-rock.

Pour le projet considéré comme son 12ème album studio, Dylan voit juste et restitue une copie de grande qualité, authentique et émouvante, axée autour de six instrumentaux sur 10 titres. L’excellent Billy sert de trame au générique et se décline sous des formes instrumentales au gré du film, mais c’est le planétaire Knockin’ On Heaven’s Door qui décroche le pompon et qui couvre la scène de la mort du shérif, lui apportant une dimension supplémentaire.

C’est simple, beau, propice à l’évasion et colle aux images du metteur en scène. On sait ce qu’il est advenu depuis de ce morceau repris par les plus grands du rock.

Une partie des fans est preneuse, car le Zim en est à se faire désirer côté albums depuis Morning (octobre 1970), l’autre continue désespérément à tirer à boulets rouges sur l’artiste, sous prétexte qu’il persiste à se fourvoyer dans des trucs à la con. D’autres vont jusqu’à le taxer de has-been, ce qui est quand même fort de café au vu de ce travail atypique très correct et qui, rappelons-le, lui a été commandé. Aurait-il dû refuser ? Non au regard de ce disque, certes un peu à part de la discographie du barde, mais très sympa (RAZOR©).


1. Main Title Theme (Billy).
2. Cantina's Theme (Workin' For The Law).
3. Billy 1.
4. Bunkhouse Theme.
5. River Theme.
6. Turkey Chase.
7. Knockin' On Heaven's Door.
8. Final Theme.
9. Billy 4.
10. Billy 7.

 

Bob Dylan:guitare rythmique.

Booker T. Jones:basse.

Bruce Langhorne:guitare acoustique.

Roger McGuinn:guitare.

Russ Kunkel:tambourin,bongos.

Carol Hunter:guitare 12 cordes,choeurs.

Donna Weiss:choeurs.

Priscilla Jones:choeurs.

Byron Berline:choeurs,violon.

Jolly Roger:banjo.

Terry Paul:choeurs,basse.

Jim Keltner:batterie.

Brenda Patterson:choeurs.

Carl Fortina:harmonium.

Gary Foster:recorder,flûte.

Fred Katz:cello.

Ted Michel:cello.

 

LP Studio 13 - 1973

 

Bob dylan dylan 1973

 

BOB DYLAN

DYLAN – 1973  1/5

 

Publié en novembre 1973.

Produit par Bob Johnston.

Durée:33:22.

Label;Columbia.

Genre:rock,folk-rock.

 

Belle arnaque.

 

On peut afficher une fidélité de plus de 10 ans à sa maison de disques et se retrouver Gros-Jean comme devant comme le plus incompétent des artistes. C'est la mésaventure arrivée à Dylan (en écoute intégrale ici) dont le 13ème album du même nom fait l'objet d'un coup de pute de Columbia après qu'il se soit engagé avec Asylum pour les deux LP à venir.

La renégociation du partenariat avec Columbia, engagée depuis 1972, s'étant mal passée, il quitte ponctuellement le label. Columbia s'arroge alors le droit de publier un lot de 9 chansons non sélectionnées pour figurer sur l'album Self Portrait.

Imaginez le topo. Self Portrait est jusqu'alors le LP bâtard du catalogue de Dylan et le label puise dans son environnement (et New Morning) et dans des enregistrements de concerts pour alimenter un disque qu'il affecte à Dylan, qui plus est, sans son accord. Fort de café, non ? Faut oser.

Fait à la hâte, certainement pour faire chier son auteur démissionnaire, doté d'une production bâclée et d'une matière insipide, avec un Dylan qui croone, qui peut se satisfaire d'un tel disque ? Dylan est un des moments les plus faibles de son auteur, mais présentement, il serait malvenu de lui en faire le grief. De ce fait, on ne peut rien y trouver de potable, hormis la reprise de Jerry Jeff Walker, le dénommé Mr. Bojangles et The Ballad Of Ira Hayes.

Malheureusement, comme Dylan l'album vient dans la foulée d’une vague discographique impopulaire pour des raisons de flirt avec la country et le cinéma, l’amalgame est vite fait comme quoi le Zim est au fond du trou, alors qu’il prépare autre chose de plus intéressant avec le band (Planet Waves). Au suivant et vite ! (RAZOR©)

 

1. Lily Of The West.

2. Can’t Help Falling In Love.

3. Sarah Jane.

4. The Ballad Of Ira Hayes.

5. Mr. Bojangles.

6. Mary Ann.

7. Big Yellow Taxi.

8. A Fool Such As I.

9. Spanish Is The Loving Tongue.


 

Bob Dylan:chant,guitare,harmonica,piano.

Charlie Daniels:guitare.

David Bromberg:guitare,dobro,contrebasse sur 1 à 7.

Ron Cornelius:guitare sur 1 à 7.

Al Kooper:orgue sur 1 à 7.

Russ Kunkel:batterie sur 1 à 7

Bob Wilson :piano sur 8/9.

Charlie McCoy :basse sur 8/9.

Peter Drake:steel guitare sur 8/9.

Kenneth Buttrey:batterie sur 8/9.

Fred F. Carter:guitare sur 8/9.

Norman Blake:guitare sur 8/9.

 

LP Studio 14 - 1974

 

Bob dylan planet waves

 

BOB DYLAN

PLANET WAVES – 1974  3,5/5

 

Publié en janvier 1974.

Produit par Rob Fraboni.

Durée:42:12.

Label:Asylum Records.

Genre:folk-rock,roots rock.

 

Dylan (re)touche sa cible.

 

Derrière le Dylan de Planet Waves (en écoute intégrale ici) de janvier 1974, le Band. Et aussitôt, il se remet à se passer quelque chose dans sa musique. La lumière revient. Comme pour mieux faire front aux critiques qui pleuvent sur le Zim qui, il est vrai, n’a plus pondu de merveille depuis un moment, les potes de toujours se resserrent autour de lui.

A l’unanimité, Dylan et le Band, par la voie de son porte-parole Robbie Robertson, décident de repartir sur les routes, ce qui n’était plus arrivé depuis 1966, je crois, en Angleterre. Comme la relation avec Sara, sa blonde, a du plomb dans l’aile, le moment est pour lui opportun d’aller se régénérer avec les amis. Et ce d’autant plus qu’il est épié du coin de l’œil par ses fans, d’une part, qui ne lui pardonneraient pas un énième revers, et par Asylum, le label de David Geffen, avec lequel il vient de signer pour les deux prochains disques, suite à sa relation orageuse avec Columbia où il vient de passer une décennie.

Et le moins que l’on puisse reconnaître est que cette suite de décisions concertées a du bon. Du très bon même, à l’image du produit qui en est issu : Planet Waves.

Dylan est bel et bien de retour, avec un lot de titres à l’écriture plus introspective, parfois discutables, mais souvent denses et sensibles. Il semble même qu’il ait pris une autre envergure. Ses mots se remettent à toucher leur cible, à colporter une belle intensité émotionnelle, portés par une voie plus touchante.

L’association avec les complices des Basement Tapes, auxquels toute latitude est ici accordée, fait mouche. Une énergie nouvelle en découle. La sanction est immédiate : un disque de Dylan occupe pour la première fois la tête du Billboard.

Tout n’est pas encore tout beau tout rose cependant, mais Planet Waves détient son lot de chansons qui nous réconcilient avec l’artiste et notamment l’incontournable hymne qu’est Forever Young, interprété en deux versions différentes, la première douce comme du velours, la seconde plus enjouée ; la guitare de Robertson est en accord total avec l’organe vocal éraillé du Zim. C’est une merveille.

Si Forever Young est affecté aux enfants, les siens vraisemblablement, Dirge, c’est pour Sara. Fallait oser vu le contexte ambiant. Il l’a fait et magnifiquement réussi.

Ajoutez-y le Dylan solitaire de l’autobiographique Wedding Song, avec guitare et harmonica et vous avez les trois fleurons de ce disque du come-back.

Mais comment occulter de cette petite sélection d'airs aussi accrocheurs que Hazel, Though Mama, You Angel You, Never Say Good Bye, Going Going Gone ou Something There Is About You ? Il n’est finalement que le titre d’ouverture On A Night Like This qui puisse rappeler les errements artistiques d’hier. Passage obligé pour aborder ce disque, on craint alors le bis repetita de ses récentes productions. Fort heureusement, il n’en est rien. Derrière ça envoie du solide.

Planet Waves, c’est manifestement ce que Dylan a fait de mieux depuis 1969 et Nashville Skyline. Mais, manque de bol, ce retour au premier plan sera occulté, la même année, par l’énorme Blood On The Tracks, le meilleur Dylan de la décennie 70 (RAZOR©).


1. On a Night Like This.

2. Going, Going, Gone.

3. Tough Mama.

4. Hazel.

5. Something There is About You.

6. Forever Young.

7. Forever Young (Continued).

8. Dirge.

9. You Angel You.

10. Never Say Goodbye.

11. Wedding Song.

 

Bob Dylan:guitare,harmonica,piano,chant.

Robbie Robertson:guitare,basse.

Garth Hudson:claviers,piano,orgue,accordéon,saxophones.

Richard Manuel:piano,claviers,batterie.

Rick Danko:basse,violon.

Levon Helm:Batterie,mandoline.

 

LP Live 1 - 1974

 

Bob dylan before the flood 1974

 

BOB DYLAN

BEFORE THE FLOOD – 1974  5/5

 

Publié le 20 juin 1974.

Enregistré à Los Angeles les 13 et 14 février 1974,à New York le 30 janvier 1974 (piste 4).

Durée:92:38.

Label:Asylum Records.

Genre:rock.

 

Le retour du Messie et de ses apôtres.

 

Before The Flood (en écoute intégrale ici) est autant un outil de promotion pour le Dylan scénique que pour le groupe qui l’accompagne, le Band. Effectivement, ce double LP recense, d’une part, des titres du new yorkais d'adoption, mais fait également la part belle aux compositions les plus représentatives de la formation évoluant dans son dos jusqu’en 1968, moment à partir duquel elle décide de s’émanciper.

C’est le premier live du Zim et nous sommes en 1974, après l’épisode Planet Waves, déjà fait avec le Band en soutien et pour Asylum. Une tournée est envisagée pour promouvoir le disque, avec les mêmes acteurs après laquelle il reviendra vers Columbia.

Durant six semaines, 25 villes seront visitées, 40 concerts assurés. Before The Flood entre dans le cadre d’un projet élaboré avec l’accord de David Geffen, le patron du label Asylum Records. A charge pour Bill Graham de graisser les rouages pour que tout baigne : jet privé, limousine, hôtel luxueux, coke…

La demande pour l’événement explose. Tous les voyants sont au vert ; tout le monde se bouscule pour assister au retour du Messie et de ses apôtres. C’est le Forum de Los Angeles (et New York pour Knockin’ On Heaven’s Door) qui a le privilège de restituer l’essentiel de la prestation, la meilleure, à mon sens, de toutes les performances live que je connaisse du Zim et de son indissociable pendant.

La plus complète et la plus aboutie, certainement, parce que question daube, le catalogue live du Bob ne donne part sa part aux chiens. Côté Band, ça évolue dans les hautes sphères. Tous les grands titres s’enchaînent. Tantôt du Dylan, tantôt du Band : Lay Lady Lay, Knockin’ On Heaven’s Door, I Shall Be Released, l’excellent The Night They Drove Old Dixie Down, Stage Fright, Just Like A Woman, The Weight, l’hendrixien All Along The Watchtower, Highway 61 Revisited, sept minutes de Like A Rolling Stone, Blowin’ In The Wind… Le meilleur de la tournée est là. Que dire de plus? Qu’il s’impose dans votre discothèque idéale… en seriez-vous surpris ? (RAZOR©)

 

Disque 1

1. Most Likely You'll Go Your Way (And I'll Go Mine).

2. Lay Lady Lay.

3. Rainy Day Women No. 12 & 35.

4. Knockin' on Heaven's Door.

5. It Ain't Me, Babe.

6. Ballad of a Thin Man – 3:41..

8. I Shall Be Released.

9. Endless Highway.

10. The Night They Drove Old Dixie Down.

11. Stage Fright.

 

Disque 2

12. Don't Think Twice, It's All Right.

13. Just Like a Woman.

14. It's Alright, Ma (I'm Only Bleeding).

15. The Shape I'm In.

16. When You Awake.

17. The Weight.

18. All Along the Watchtower.

19. Highway 61 Revisited.

20. Like a Rolling Stone.

21. Blowin' in the Wind.

 

Bob Dylan:chant,guitares,harmonica,piano.

The Band:

Rick Danko:chant,basse,violon.

Levon Helm:chant,batterie,mandoline.

Garth Hudson:orgue Hammond,clavinet,piano,claviers,saxophones.

Richard Manuel:chant,piano,piano électrique,orgue,batterie.

Robbie Robertson:chant,guitares.

 

LP Studio 15 - 1974

 

Bob dylan blood on the tracks

 

BOB DYLAN

BLOOD ON THE TRACKS – 1975  5/5

 

Publié en janvier 1975.

Produit par Bob Dylan.

Durée:51:42.

Label:Columbia.

Genre:folk-rock.


L'état de grace.


Entre Bob Dylan et sa Sara, l'époque sentimentale est à l'auberge des culs tournés. Uni du 22 novembre 1965 à juin 1977, le couple bat néanmoins de l'aile.

Sans vouloir jouer les journalistes people, rappelons combien l'ancien mannequin a joué un rôle important auprès de son artiste de mari, pour lui avoir inspiré une bonne poignée de chansons comme Lady of The Lowlands (Blonde On Blonde/1966) et le Sara à venir (album Desire/1976), dans lequel Dylan affiche ouvertement ses sentiments et tente de se réconcilier avec la mère de ses 4 enfants, celle qu'il voit encore comme son joyau.

Avant de procéder à l'écriture de son 15 ème album, Blood On The Tracks (en écoute intégrale ici), le couple procède, en 1974, à un break ; chacun poursuit sa route de son côté après une décennie passée ensemble.

Professionnellement, Bob Dylan revient d'une tournée américaine d'un mois et demi avec le Band. C'est son premier véritable tour depuis 1966. Relayée abondamment par la presse, la tournée est très rentable et très réussie, Dylan étant accueilli avec beaucoup d'enthousiasme par les fans.

Entre New York et sa région natale dans le Minnesota, Dylan entreprend le songwriting de Blood On The Tracks, album par lequel il revient à ce par quoi il a démarré sa carrière : l'acoustique. IL signe son retour aux fondamentaux avec un lot de 10 titres dont l'essence est intime et s'articule essentiellement autour de d'une rupture conjugale consommée.

Sans fard, sans chercher à cacher quoi que ce soit, ni à travestir la réalité, Dylan joue abat ses dernières cartes de mari marri ; il y fait montre d'une grande sensibilité, de simplicité, de force mais aussi de noirceur comme Simple Twist Of Fate ou Idiot Wind.

Classé parmi les meilleures ventes du moment, Blood On The Tracks accouche de titres devenus des classiques de Dylan tels Tangled Up In Blue (chanson à propos de laquelle Dylan disait qu’il lui a fallu 10 ans pour la vivre et 2 pour l’écrire) ou Shelter From The Storm. Figurent aussi des ballades matures sur la séparation telles que You’re A Big Girl Now et If You See Her, Say Hello.

Blood On The Tracks est le disque majeur de Dylan pendant les années 70. Indispensable dans toute discothèque qui se veut de grande qualité surtout quand l’album en question est toujours considéré comme le seizième chef d’oeuvre de tous les temps. Dylan n'a pas été à pareille fête depuis des lustres (RAZOR©).

 

1. Tangled Up in Blue.

2. Simple Twist Of Fate.

3. You're a Big Girl Now.

4. Idiot Wind.

5. You're Gonna Make Me Lonesome When You Go.

6. Meet Me In The Morning.

7. Lily, Rosemary and The Jack of Hearts.

8. I You See Her, Say Hello.

9. Shelter From The Storm.

10. Buckets of Rain.

 

Bob Dylan:guitare,harmonica,claviers,chant.

Bill Peterson:basse.

Peter Ostroushko:mandoline.

Eric Weissberg:banjo,guitare.

Tony Brown:basse.

Charlie Brown:guitare.

Bill Berg:batterie.

Buddy Cage:steel guitare.

Barry Kornfeld:guitare.

Richard Crooks:batterie.

Paul Griffin:orgue,claviers.

Gregg Inhofer:claviers.

Tom McFaul:claviers.

Chris Weber:guitare,guitare 12 cordes.

Kevin Odegard:guitare.

 

LP Studio 16 - 1975

 

Bob dylan the basement tapes 1975

 

BOB DYLAN

THE BASEMENT TAPES – 1975  5/5

 

Publié en juin 1975.

Enregistré entre 1967 et 1968.

Produit par Bob Dylan,The Band.

Durée:76:41.

Label:Columbia.

Genre:roots rock,rock.

 

L'éclate totale.

 

Devenu culte depuis, ce disque enregistré en 1967, a d’abord été bootleg pour avoir été piraté de long en large ; sa version la plus fameuse est The Great White Wonder et ses quatorze titres (1969). Le manque à gagner engendré par son obtention illégale est la raison pour laquelle Columbia Records se résout enfin à le publier en 1975.

A force de toucher au porte-monnaie et de voir les royalties sur ces enregistrements nés dans les sous-sols de Big Pink leur passer sous le nez, la maison de disques et l’artiste officialisent ce qui va constituer une pièce maîtresse du catalogue de Bob Dylan : The Basement Tapes (en écoute intégrale ici).

Retour en arrière... Après avoir laissé énormément d’énergie dans la tournée promotionnelle de Blonde On Blonde (1966), dans les abus médicamenteux, les drogues, l’alcool qui l’ont accompagnés, Dylan, rentré au bercail, à Woodstock, alors paradis des artistes, pour souffler un peu, se croûte en moto et reste immobilisé quelque temps, temps qu’il met à profit pour recharger les accus.

Dans le même temps, non loin de chez lui, en février 67, le Band, son groupe de scène, déboule dans la région et prend ses quartiers dans une demeure de couleur rose, The Big Pink, dans les sous-sols de laquelle il installe un studio. Cette maison donnera le nom au premier album du Band (1968).

Dylan, remis sur pied, et le Band se retrouvent alors quelques mois plus tard dans cette cave devenue célèbre pour, dans une ambiance des plus relax, entre potes musiciens, jouer des bricoles sans importance, sans queue, ni tête, sans but avoué, sans se prendre la tête.

Pendant ce temps là, un magnétophone à bande capte cette atmosphère bonne enfant, chaleureuse, paisible, sincère, qui voit le blues, le folk et la country servir de fil conducteur à plus d’une centaine d’airs (150 en fait).

Personne n’imagine alors qu’une œuvre incroyable, magique, historique, sommeille. La publication de 1975, 24 titres pour ce qui est un double LP, renvoie à leurs chères études ceux qui, à cette période des années 70, pensaient faire de la musique.

Compilé par Robertson du Band (qui en a profité pour en mettre dans la poche quelques munitions pour Music From Big Pink), l’offre se compose de chansons avec Dylan (16 titres) et d’autres sans (le Band uniquement).

Bien accueilli par la critique, moins par les fans car certains titres ont été écartés par Robertson (et non des moindres), The Basement Tapes sent l’éclate à plein nez, sans chichis, pour le plaisir. Pour moi, c’est très convaincant.

Comme Dylan le dit si justement : « c’est comme ça que devrait se faire la musique ». Allusion au côté décontracté et serein des conditions de ces enregistrements historiques. Il est un incontournable du rock (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Odds and Ends.

2. Orange Juice Blues (Blues for Breakfast).

3. Million Dollar Bash.

4. Yazoo Street Scandal.

5. Goin' to Acapulco.

6. Katie's Been Gone.

 

Face 2.

7. Lo and Behold.

8. Bessie Smith.

9. Clothesline Saga.

10. Apple Suckling Tree.

11. Please, Mrs. Henry.

12. Tears of Rage.

 

Face 3.

13. Too Much of Nothing.

14. Yea Heavy and a Bottle of Bread.

15. Ain't No More Cane (trad.).

16. Crash on the Levee (Down in the Flood).

17. Ruben Remus.

18. Tiny Montgomery.

 

Face 4.

19. You Ain't Goin’ Nowhere.

20. Don't Ya Tell Henry.

21. Nothing Was Delivered.

22. Open the Door, Homer.

23. Long Distance Operator.

24. This Wheel's on Fire.

 

Bob Dylan:guitare acoustique,piano,chant.

Robbie Robertson:guitare électrique,guitare acoustique,batterie,chant.

Richard Manuel:piano,batterie,harmonica,chant.

Rick Danko:basse électrique,mandoline,chant.

Garth Hudson:orgue,clavinet,accordéon,saxophone ténor,piano.

Levon Helm:batterie,mandoline,basse électrique,chant.

 

LP Studio 17 - 1976

 

Bob dylan desire

 

BOB DYLAN

DESIRE – 1976  4/5

 

Publié en janvier 1976.

Produit par Don DeVito.

Durée:56:13.

Label:Columbia.

Genre:rock,folk-rock.

 

17ème album de Bob Dylan, Desire (en écoute intégrale ici) prend position juste après l'autobiographique Blood On The Tracks, marquant le grand retour de l'artiste, mais situant surtout le début de sa période bohême ou gipsy. Classé N° 1 au Billboard US, N°3 au Royaume-Uni et inscrit comme le 174ème LP de tous les temps, la réussite de Desire doit beaucoup à l'interaction entre Bob Dylan et le parolier Jack Levy (Roger McGuinn, Carly Simon, Joe Cocker), rencontré à l'occasion de Blood On The Tracks et co-contributeur sur 7 des 9 titres qui alimentent le nouvel album. Et pas des moindres, puisque les fabuleux Isis et Hurricane notamment sont le fruit de leur réflexion conjointe.

Homme de théâtre et figure de Broadway, Levy collabore également au montage, à la structuration et à la gestion de la Rolling Thunder Revue, dont le concept consiste à réunir une troupe de saltimbanques, à partir sur la route à la manière d'une caravane théâtrale, mais ici, en associant musique, chant et danse ; selon l'état de fatigue ou les disponibilités, d'autres membres viennent relayer ceux déficients.

Joan Baez, Ramblin' Jack Elliott, Roger McGuinn, le poète Allen Ginsberg, pour ne citer qu'eux, sont invités à se joindre à un projet qui draine plus particulièrement la scène de Greenwich Village. Dylan tient ici son premier vrai groupe, si tant est que l'on puisse considérer ce joyeux cortège musical comme une formation à part entière.

L'album Desire est commencé alors que la tournée américaine de la Rolling Thunder Revue bat son plein ; encore une fois, ceux qui s'attendaient à un album du calibre de celui précédent, Blood On The Tracks, sont de la revue comme on dit.

Dylan prend son public à revers. Il s'en sort encore grâce à des titres qui vont devenir des pièces maîtresses de son catalogue, comme Hurricane, Isis, Sara et à un degré moindre Joey, One More Cup Of Coffee ou Oh Sister.

Hurricane et Isis sont très largement au-dessus du lot. Inspiré par The Sixteenth Round, autobiographie de Rubin Hurricane Carter, écrite alors que le boxeur noir, victime d'une erreur judiciaire depuis 1966 après avoir été piégé par la police pour le meurtre de trois blancs, est en détention (il lui rend visite en 1974), Bob Dylan signe une protest-song ravageuse en 11 couplets. Dylan en faisant une affaire personnelle, il choisit ce titre pour ouvrir Desire. On retrouve le Dylan du début des 60's.

Isis, la chanson qui vient juste après Hurricane, est une très belle ballade, plus apaisée, magnifiquement organisée autour du piano électrique, de la basse, de la batterie et du violon de Scarlet Rivera. Ecrite et enregistrée dans la phase de séparation de Dylan de son épouse, elle réfère à sa situation personnelle.

Mélancolique, One More Cup Of Coffee, sorte de confession à une tsigane autour d'une tasse de café, bénéficie des sublimes harmonies vocales entre Dylan et Emmylou Harris ; Sara, qui voit Bob Dylan s'épancher pour une épouse dont il est en train de se séparer, le bouleversant Oh Sister (Dylan/Harris), l'épique Joey et le chaloupé et entraînant Mozambique tirent Desire vers le haut. Au final, ce répertoire testé et promu pendant la Rolling Thunder Revue, fait certainement de Desire un très bon disque, mais pas le chef d'oeuvre entendu ça-et-là. Il aurait fallu, pour ce, 2 à 3 pièces supplémentaires du calibre de Isis ou Hurricane (RAZOR©).

 

1. Hurricane.
2. Isis.
3. Mozambique.
4. One More Cup Of Coffee (Valley Below).
5. Oh, Sister.
6. Joey.
7. Romance In Durango.
8. Black Diamond Bay.
9. Sara.

 

Bob Dylan:chant,guitare,harmonica,piano.
Howard Wyeth:batterie, piano.
Scarlet Rivera:violon.
Dom Cortese:accordéon,mandoline.
Vincent Bell:bellzouki.
Rob Stoner:chant,basse.
Emmylou Harris:chant.

 

LP Live 2 - 1976

 

Bob dylan hard rain

 

BOB DYLAN

HARD RAIN – 1976  3/5

 

Publié en septembre 1976.

Produit par Don DeVito,Bob Dylan.

Durée:51:06.

Label:Columbia.

Genre:rock.

 

Dylan en Monsieur Loyal.

 

Hard Rain, on a tendance à l’oublier, est un autre live de Bob Dylan avec Before The Flood. Il entre dans le cadre de la tournée américano-canadienne Rolling Thunder Revue, placée entre l’automne 1975 et le printemps 1976.

Hard Rain (en écoute intégrale ici) constitue l’un des deux albums qui restituent l’événement avec The Bootleg Series Vol. 5 : Bob Dylan Live 1975 (2002).

Durant la tournée, Desire, dix-huitième opus du catalogue et dernier grand fait d’armes de la décennie en cours à mettre au crédit du génial artiste, voit le jour.

Hard Rain, enregistré sur la fin de la tournée, le 23 mai 1976 dans le Colorado (Fort Collins), le suit chronologiquement, étant publié en septembre de la même année.

Rappelons que la Rolling Thunder Revue, dont la vocation première est de remplir les stades et faire du pognon, réunit une flopée d’artistes huppés, venus grimés et vêtus excentriquement à la demande du Zim pour aider à la promotion de ses nouvelles compositions. Ils sont généralement tous issus du folk, mais sont présentement réunis dans une sorte de big orchestre qui fait un tintouin du diable. Comme le Zim se pose en meneur de revue survolté, en un Monsieur Loyal qui aurait tapé dans la boîte à pilules…

Il y a là l’amie des premières heures, John Baez, le Byrds Roger McGuinn, Mick Ronson, plus connu pour graviter dans l’entourage de David Bowie, le folkie juif new yorkais Ramblin’ Jack Elliott, élève de Woody Guthrie, Kinky Friedman, musicien et figure locale incontournable (candidat au poste de gouverneur du Texas en 2006), Bob Neuwirth, acteur majeur de la scène folklorique des années 60, David Mansfield (guitare, mandoline, pedal steel, violon) arrivé pour la tournée et qui prolonge avec le barde pour quatre ans, ainsi que quelques belles pointures comme Rob Stoner (basse), les batteurs Howard Wyeth et Gary Burke, Scarlet Rivera (violon) et les guitaristes T-Bone Burnett et Steven Soles qui, au terme de la tournée fonderont l’Alpha Band avec Mansfield. Voilà pour les présentations…

Il va de soi que le concept même de ce type de tournée un peu foutoir, sorte de grand carnaval bohémien décousu et cacophonique, n’est pas du goût des fans folk de Dylan et des supporters du Dylan version Band.

Qui plus est, le Zim s’affichant en couverture de cet album, le faciès blanc poudré, les yeux rehaussés de khôl, rajoute à l’étrangeté du concept ambiant de la Rolling Thunder Revue et, par voie de conséquence, de celui de Hard Rain, résultat discographie de l’événement. Dylan n’est pas à une peau de banane près, à glisser sous les pas de son public. C’est ce qui nourrit sa légende et il en joue.

Côté contenu, Hard Rain recense 9 titres dont un seul de l’album devant servir de support promotionnel à la tournée, Desire. Les autres morceaux, anciens et dans des versions non améliorées, couvrent quinze ans de carrière du boss. J’ai du mal à en percevoir l’intérêt.

Quoi qu’il en soit, ce qu’il ressort de son écoute, c’est son aspect très sauvage et violent, voire destructeur qui fait dire à Rob Stoner, acteur du disque en qualité de bassiste, que Hard Rain s’assimile à un album punk. Jamais cependant, à un moment ou un autre, Dylan et sa smala ne sortent des clous, dans cette tempête électrique orchestrée par un artiste rarement aussi déchaîné. Même si le gitan de Desire affiche parfois certaines limites au chant.

Tout ce décor un peu bordélique est judicieusement entretenu, planifié et maîtrisé. Je dis chapeau, mais personnellement, j’ai du mal avec ce Dylan rageur, sans calcul et increvable, avec ce carrousel vertigineux et chaotique qui vous lamine tellement que le titre de clôture, l’excellent Idiot Wind, étiré à dix minutes, sonne comme une délivrance.

Mais bon, ce n’est pas parce que Hard Rain dévoile une autre facette fascinante de ce génie créatif qu’on ne peut pas s’en détourner. Je préfère personnellement l’oublier et vous rediriger vers Before The Flood, voire vers l’autre témoignage discographique de la Rolling Thunder Revue dont la sélection de titres et l’esprit me conviennent plus (RAZOR©).

 

1. Maggie's Farm.

2. One Too Many Mornings.

3. Stuck Inside Of Mobile With The Memphis Blues Again.

4. Oh, Sister.

5. Lay, Lady, Lay.

6. Shelter From The Storm.

7. You're A Big Girl Now.

8. I Threw It All Away.

9. Idiot Wind.

 

Bob Dylan:chant,guitare.

Mick Ronson:guitare.

T-bone Burnett:guitare,piano.

Steven Soles:chant,guitare.

David Mansfield:guitare.

Rob Stoner:chant,basse.

Howard Wyeth:batterie,piano.

Gary Burke:batterie.

Scarlet Rivera:cordes.

 

LP Studio 18 - 1978

 

Bob dylan street legal

 

BOB DYLAN

STREET-LEGAL – 1978  3/5

 

Publié en juin 1978.

Produit par Don DeVito.

Durée:50:18.

Label:Columbia.

Genre:rock.

 

Dylan et la chrétienté.

 

Dans les années 70, le Bob Dylan version studio aura finalement eu un parcours très irrégulier : mitigé pour Self Portrait, à peine mieux pour New Morning (les deux en 1970), surprenant en ce qui concerne la B.O de Pat Garrett & Billy The Kid (1973), carrément à côté de la plaque, mais sans qu’il en soit tenu pour responsable, pour l’éponyme Dylan (1973).

Il faut attendre Planet Waves (1974) pour qu’il ressorte la tête de l’eau, avant qu’il ne se remette à occuper le devant de la scène avec le duo Blood On The Tracks (1975) et Desire (1976), entre lesquels s’intercale l’historique The Basement Tapes (1975) revenu du diable Vauvert (enregistrements de 1967). Street-Legal (1978) et Slow Train Coming (1979) clôturent cette tranche discographique des seventies dylaniennes.

Le LP qui nous préoccupe dans mon billet du moment, c’est Street-Legal (en écoute intégrale ici), son dix-huitième jet de studio recensé, avec lequel je n’ai pas vraiment fait copain-copain jusqu’à aujourd’hui.

Son utilisation un peu trop systématique de chœurs gospélisés (Dylan aborde sa période de bon paroissien) me hérisse le poil et, en qualité de fan de Dylan, j’ai du mal à m’en accommoder.

Par ailleurs, je suis trop partisan du binôme Dylan/Band que j’ai du mal à apprécier le big band qui évolue à ses basques. Je peux imaginer que cette sensation dérangeante peut avoir contaminé d’autres sujets.

Pourtant, Street-Legal fait disque d’or, se vend bien en Europe, mais rate le top ten américain. Ce qui constitue une première, il me semble, depuis 1964.

Pour les éléments du seul Dylan que je connaisse encore présents ici, j’y vais d’un trois, mais sans grande conviction. New Poney, Senor (Tales Of Yankee Power) sauvent les meubles d’un disque médiocre que n’aurait pas renié Neil Diamond pour lequel Dylan semble en pincer.

Rappelons quand même que ce dernier fait une pige sur The Last Waltz, l’adieu du Band. Ma remarque n’est donc pas anodine. Il n’y a pas de fumée sans feu, comme on dit… (RAZOR©).

 

1. Changing of the Guards.

2. New Pony.

3. No Time to Think.

4. Baby, Stop Crying.

5. Is Your Love in Vain ?

6. Señor (Tales of Yankee Power).

7. True Love Tends to Forget.

8. We Better Talk This Over.

9. Where Are You Tonight ? (Journey Through Dark Heat).

 

Bob Dylan:chant,guitare,guitare rythmique.

Ian Wallace:batterie.

Jerry Scheff:basse.

Billy Cross:guitare électrique.

Alan Pasqua:claviers.

Bobbye Hall:percussion.

Steve Douglas:saxophone soprano et ténor.

Steven Soles:guitare rythmique,choeurs.

David Mansfield:violon,mandoline.

Carolyn Dennis,Jo Ann Harris,Helena Springs:choeurs.

Steve Madaio:trompette sur 5.

 

LP Live 3 - 1979

 

Dylan live at budokan 1979

 

BOB DYLAN

LIVE AT BUDOKAN – 1979  2,5/5

 

Publié en avril 1979.

Enregistré les 28 février et 1er mars 1978.

Produit par Don De Vito.

Durée:99:41.

Label:Columbia/Sony.

Genre:rock.

 

Bide au Pays du Soleil Levant.

 

En 1978, Bob Dylan assure quelques prestations scéniques au Pays du Soleil Levant et sort dans la foulée ce piètre Live At Budokan (en écoute ici). Deux dates sont cochées sur les huit concerts effectués pour servir de cadre à l’enregistrement du passage au Japon de Bob Dylan : les 28 février et 1 Mars 1978 qui voient le Zim fouler la scène du Nippon Budokan de Tokyo, bâtiment construit pour accueillir les compétitions de judo des J.O de 1964 et dans lequel les Beatles ont été les premiers à se produire, fin juin, début juillet 1966.

Ces deux journées, vraisemblablement les meilleures de la tournée puisqu’elles ont été retenues, viennent en soutien de l’album Street Legal (1978) qui n’est pas ce que Dylan a fait de mieux dans sa carrière.

Je vous le dis sans détour : elles sont mineures au regard de ce que les performances de Before The Flood, à un degré moindre de Hard Rain ont précédemment révélé. A des années lumières des prestations que les Bootleg Series ont portées au grand jour depuis 1991.

Depuis leur arrivée sur le marché, il y a dans ces gâteries de quoi satisfaire largement le besoin d’en découdre avec le Dylan des planches. Dans ce show nippon, le Zim est trop approximatif et confus, pas assez inspiré et motivé, pour susciter l’envie en l’auditeur d’aller au bout des deux disques. Même son répertoire ancien ne parvient pas à émouvoir. Du petit Dylan, du petit live (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. Mr. Tambourine Man.

2. Shelter from the Storm.

3. Love Minus Zero/No Limit.

4. Ballad of a Thin Man.

5. Don't Think Twice, It's All Right.

6. Maggie's Farm.

7. One More Cup of Coffee (Valley Below).

8. Like a Rolling Stone.

9. I Shall Be Released.

10. Is Your Love in Vain ?

11. Going, Going, Gone.

 

Disque 2.

1. Blowin' in the Wind.

2. Just Like a Woman.

3. Oh, Sister.

4. Simple Twist of Fate.

5. All Along the Watchtower.

6. I Want You.

7. All I Really Want to Do.

8. Knockin' on Heaven's Door.

9. It's Alright, Ma (I'm Only Bleeding).

10. Forever Young.

11. The Times They Are A-Changin'.

 

Steve Douglas:flûte,recorder,saxophone.

Bob Dylan:guitare,harmonica,guitare rythmique,claviers,chant.

Rob Stoner:basse,chant.

Bobbye Hall:percussion.

Steven Soles:guitare acoustique,guitare électrique,choeurs.

Billy Cross:guitare.

Debbie Dye,Jo Ann Harris,Helena Springs:choeurs.

David Mansfield:dobro,guitare,mandoline,pedal steel guitare,violon.

Alan Pasqua:claviers.

Ian Wallace:batterie.

 

LP Studio 19 - 1979

 

Bob dylan slow train coming

 

BOB DYLAN

SLOW TRAIN COMING – 1979  3/5

 

Publié en août 1979.

Produit par Jerry Wexler,Barry Beckett.

Durée:46:19.

Label:Columbia.

Genre:rock,christian rock.

 

Il était une foi.

 

En 1979, le Zim est au début de sa période chrétienne dite Born Again. Slow Train Coming (en écoute intégrale ici), sorti cette année là (enregistré dans les studios Muscle Shoals en Alabama), retranscrit bien la foi nouvelle qui l’habite.

Dylan, en effet, s’est converti brusquement au christianisme depuis qu’il a vu apparaître Jésus dans une chambre d’hôtel de Tucson, durant une tournée.

Ce qui lui a valu les insultes d’une partie de son public qui, se sentant trahie, n’a pas hésité à taxer Bob Dylan de Judas ! John Wesley Harding nous avait laissé sur un Dylan croyant au rock biblique, mais de là à se convertir…

De confession juive, il va trouver son inspiration dans cette voie. Et le père Dylan va s’en prendre à la terre entière sur un ton chargé aussi fieleux que furieux.

Une partie de la presse y verra le meilleur album que Dylan ait sorti depuis The Basement Tapes ou depuis Blood On The Tracks. Une autre ne retiendra que le Dylan provocateur. Pas faux !

Cet album est musicalement bon et swing plutôt bien. Il bénéficie de l’appui du leader de Dire Straits, Marc Knopfler et de son acolyte Pic Withers, et va dégager un titre, Gotta Serve Somebody (il ouvre Slow Train Coming), qui va connaître un grand succès : c'est le premier réel hit du Zim depuis 3 ans.

Un excellent accueil a également été réservé au titre Man Gaves To All The Animals. Le reste des titres révèle des belles mélodies, parfois furieuses, comme Do Right To Me Baby (sur la rédemption), When He Returns et I Believe In You. Globalement Slow Train Coming est un album intéressant, situé dans le ventre mou de son catalogue (RAZOR©).
 

1. Gotta Serve Somebody.

2. Precious Angel.

3. I Believe in You.

4. Slow Train.

5. Gonna Change My Way of Thinking.

6. Do Right to Me Baby (Do Unto Others).

7. When You Gonna Wake Up.

8. Man Gave Names to All the Animals.

9. When He Returns.

 

Bob Dylan:guitare,chant.

Barry Beckett:claviers,percussion.

Mickey Buckins:percussion.

Tim Drummond:basse.

Mark Knopfler:guitare.

Pick Withers:batterie.

Carolyn Dennis,Helena Springs,Regina Havis :chœurs.

Muscle Shoals Horns :cuivres.

DISCOGRAPHIE BOOTLEGS SERIES..

BOOTLEG 1-3 - 1991

 

Dylan bootleg 1 1991

 

BOB DYLAN

The Bootleg Series, Vols. 1-3 (Rare & Unreleased) 1961-1991(1991)  5/5

 

Publié en mars 1991.

Produit par Jeff Rosen.

Durée:229:37.

Label:CBS.

Genre:folk-rock,folk-blues,rock.

 

Very exciting !

 

Sans entrer dans le détail de ce qui constitue ce coffret en trois volumes retraçant trois décennies de la carrière de Dylan, cette offre est un véritable joyau que certains ont espéré voir publier depuis des lustres.

A force d’attendre en vain après ces trésors, témoins de la fertilité inépuisable de l’artiste, ces pièces de collection étaient régulièrement pillées pour foisonner dans d’innommables disques pirates.

Tout est rentré dans l’ordre depuis 1991, année de la mise sur le marché de la mouture qui a désormais pignon sur rue, The Bootleg Series Vol. 1-3 (Rare & Unreleased) – 1961/1991 (en écoute intégrale ici) et qui collecte une palanquée de 58 enregistrements jamais publiés de manière déclarée, tantôt rares, inédits, revisités, ou dans des versions alternatives.

Trois décennies sont couvertes, chacune étant confinée dans un volume qui lui est propre : le 1 pour ce que nous appellerons la période folk de Greenwich Village, le 2 pour le Dylan passé à l’électricité et le 3 qui balaie le parcours 70/80 de l’artiste.

Véritable offrande, ce coffret s’avère indispensable d’autant plus que, non content de lever le voile sur une collection historique impressionnante, façonnée à coups de savoureuses surprises, sa qualité est particulièrement peaufinée.

Ce soin apporté à cette restitution tend à penser que le Zim a voulu ainsi remercier un public par lequel il n’a pas toujours été compris. Il pose également la question de savoir quelles autres pépites, lui et ses éditeurs ont encore en réserve. Merveilleux et terriblement excitant (RAZOR©).

 

Disque 1

1. Hard Times in New York Town (enregistrement maison par Tony Glover).

2. He Was a Friend of Mine (traditionnel, chute de Bob Dylan).

3. Man on the Street (chute de Bob Dylan).

4. No More Auction Block (traditionnel, en concert au Gaslight Cafe).

5. House Carpenter (traditionnel, chute de Bob Dylan).

6. Talkin' Bear Mountain Picnic Massacre Blues (chute de The Freewheelin' Bob Dylan).

7. Let Me Die in My Footsteps (chute de The Freewheelin' Bob Dylan).

8. Rambling, Gambling Willie (chute de The Freewheelin' Bob Dylan).

9. Talkin' Hava Negeilah Blues (chute de The Freewheelin' Bob Dylan).

10. Quit Your Low Down Ways (chute de The Freewheelin' Bob Dylan).

11. Worried Blues (traditionnel, chute de The Freewheelin' Bob Dylan).

12. Kingsport Town (traditionnel, chute de The Freewheelin' Bob Dylan).

13. Walkin' Down the Line (démo).

14. Walls of Red Wing (chute de The Freewheelin' Bob Dylan).

15. Paths of Victory (chute de The Times They Are a-Changin').

16. Talkin' John Birch Paranoid Blues (en concert au Carnegie Hall).

17. Who Killed Davey Moore? (en concert au Carnegie Hall).

18. Only a Hobo (chute de The Times They Are a-Changin').

19. Moonshiner (traditionnel, chute de The Times They Are a-Changin').

20. When the Ship Comes In (démo).

21. The Times They Are a-Changin' (démo).

22. Last Thoughts on Woody Guthrie (poème récité en concert).

 

Disque 2

23. Seven Curses (chute de The Times They Are a-Changin').

24. Eternal Circle (chute de The Times They Are a-Changin').

25. Suze (The Cough Song) (chute de The Times They Are a-Changin').

26. Mama, You Been on My Mind (chute de Another Side of Bob Dylan).

27. Farewell Angelina (chute de Bringing It All Back Home).

28. Subterranean Homesick Blues (version acoustique).

29. If You Gotta Go, Go Now Or Else You Got to Stay All Night (chute de Bringing It All Back Home).

30. Sitting on a Barbed Wire Fence (chute de Highway 61 Revisited).

31. Like a Rolling Stone (répétitions en studio).

32. It Takes a Lot to Laugh, It Takes a Train to Cry (version alternative).

33. I'll Keep It with Mine (répétitions en studio).

34. She's Your Lover Now (chute de Blonde on Blonde).

35. I Shall Be Released (enregistrement de The Basement Tapes).

36. Santa-Fe (enregistrement de The Basement Tapes).

37. If Not for You (version alternative).

38. Wallflower (enregistrement inédit).

39. Nobody 'Cept You (chute de Planet Waves).

40. Tangled Up in Blue (version alternative).

41. Call Letter Blues (chute de Blood on the Tracks).

42. Idiot Wind (version alternative).

 

Disque 3

43. If You See Her, Say Hello (version alternative).

44. Golden Loom (chute de Desire).

45. Catfish (Dylan/Lévy, chute de Desire).

46. Seven Days (en concert à Tampa).

47. We Shall Be Changed (chute de Slow Train Coming).

48. Every Grain of Sand (démo).

49. You Changed My Life (chute de Shot of Love).

50. Need a Woman (chute de Shot of Love).

51. Angelina (chute de Shot of Love).

52. Someone's Got a Hold of My Heart (deviendra Tight Connection to My Heart sur Empire Burlesque).

53. Tell Me (chute de Infidels).

54. Lord Protect My Child (chute de Infidels).

55. Foot of Pride (chute de Infidels).

56. Blind Willie McTell (chute de Infidels).

57. When the Night Comes Falling from the Sky (version alternative).

58. Series of Dreams (chute de Oh Mercy).

 

Bob Dylan:chant,guitare,harmonica,piano.

Roy Bittan,Alan Clark,Paul Griffin,Tom McFaul :claviers.

Mike Bloomfield:guitare électrique.

Russell Bridges,Harvey Brooks,Tony Brown,Charlie Daniels,Rick Danko,Tim Drummond,Glenn Fukunaga,Joseph Macho Jr,Robbie Shakespeare,Rob Stoner:basse.

Charlie Brown,T Bone Burnett,Rick DiFonzi,Eric Frandsen,Al Gorgoni,George Harrison,Mark Knopfler,Barry Kornfeld,Danny "Kootch" Kortchmar,Little Steven,Steve Ripley,Bob Neuwirth,Kenny Rankin,Robbie Robertson,Mick Ronson,Mason Ruffner,Steven Soles,Fred Tackett,Mick Taylor,Eric Weissberg:guitare.

Gary Burke:conga.

Kenny Buttrey,Roddy Colonna,Richard Crooks,Sly Dunbar,Bobby Gregg,Levolm Helm,Jim Keltner,Sandy Konikoff,Russ Kunkel,Pick Withers,Howie Wyeth:batterie.

Buddy Cage,Ben Keith:pedal steel guitare.

Carolyn Dennis,Full Force,Emmylou Harris,Regina Havis,Clydie King,Jennifer Warnes:choeurs.

Garth Hudson,Al Kooper,Benmont Tench,Peter Wood:orgue.

Daniel Lanois:guitar,basse,percussion.

David Mansfield:mandoline.

Richard Manuel:piano,chant.

Cyril Neville:tambour parlant.

Scarlet Rivera:violon.

Sugar Blue:harmonica.

 

 

BOOTLEG 4 - 1998

 

Dylan bootleg vol 4 royall albert hall

 

BOB DYLAN

THE BOOTLEG SERIES VOL. 4 - LIVE 1966 - THE ROYAL ALBERT HALL CONCERT – 1998  5/5

 

Publié en octobre 1998.

Enregistré le 17 mai 1966 au Free Trade Hall de Manchester.

Produit par Jeff Rosen.

Durée:95:18.

Label:Columbia.

Genre:rock,folk-rock,blues-rock.

 

En mode guerrier.

 

A trop focaliser sur Before The Flood comme véritable et unique étalon en termes d’albums live inscrits au catalogue de Bob Dylan, j’en avais presqu’oublié que Le Zim, depuis que les Bootleg Series ont exhumé son répertoire, a d’autres magnifiques fleurons à agiter question concerts.

On rappelera la pertinence du volume 5 de ces fameuses séries, notamment (1975), ainsi que son prédécesseur, le numéro 4, faussement identifié The Royal Albert Hall Concert (mai 1966) et probablement l’album le plus piraté du poète. Il aura fallu plus de trois décennies pour le voir revenir, sans avancer caché sous le manteau, sur le devant de la scène (sorti en 1998).

Quelques anecdotes à son endroit : la première veut que l’endroit des réjouissances servant de cadre à ces enregistrements, ne soit pas le Royal Albert Hall, mais le Free Trade Hall de Manchester où Genesis fixe la prestation qui sert à alimenter son premier live (1973).

La deuxième est que le groupe rentre-dedans de la seconde partie du disque a dans son dos ce qui va devenir le Band, mais qui évolue encore, en cette année 1966, sous la bannière des Hawks.

Enfin, et c’est assez caractéristique de la période qui accompagne la publication de Blonde On Blonde, Dylan est vilipendé par un spectateur qui le taxe de Judas, ses fans l’accusant de haute trahison depuis Newport au motif d'avoir délaissé sa gratte sèche pour passer au tout électrique. Ce à quoi Dylan le provocateur, peu disposé à s’en laisser compter et remonté comme un coucou suisse, répond en intimant l’ordre aux Hawks de lâcher les chevaux dès l’entame de Like A Rolling Stone.

Le troubadour passe en mode guerrier et rentre dans le lard de tous ces cons qui cautionnent, applaudissent ironiquement ou pensent comme ce perturbateur. L’incident, perceptible en tendant bien l’oreille, induit ce qui reste musicalement comme une des plus belles réactions épidermiques du Zim et une page cocasse du rock.

Deux ambiances disctinctes s’attachent à ce disque énorme : la première, essentiellement folk, confronte le public au chanteur, à sa guitare et à son harmonica. Au top de son art, la prestation acoustique est époustouflante d’autant plus que le son est excellent. J’en veux pour preuve les titres devenus depuis des classiques : Visions of Johanna, à faire dresser le poil, le sarcastique Desolation Row, Mr. Tambourine Man, Just Like A Woman ou encore It’s All Over Now Baby Blue.

La deuxième, comme je l’ai dit précédemment, est résolument électrique. Comme pour mieux faire front à la lapidation en règle dont il est l’objet pour sa musique controversée, Dylan et les Hawks sortent les crocs : Tell Me Momma, Just Like Tom Thumb’s Blues, Ballad Of A Thin Man… La meilleure défense, c’est l’attaque. Les soldats sont affutés et le font savoir. Like A Rolling Stone n’a jamais été aussi fielleux et c’est digne du plus grand intérêt (RAZOR©).

 

Disque 1 (acoustique)

1. She Belongs to Me.

2. 4th Time Around.

3. Visions of Johanna.

4. It's All Over Now, Baby Blue.

5. Desolation Row.

6. Just Like a Woman.

7. Mr. Tambourine Man.

 

Disque 2 (électrique)

1. Tell Me, Momma.

2. I Don't Believe You (She Acts Like We Never Have Met).

3. Baby, Let Me Follow You Down.

4. Just Like Tom Thumb's Blues.

5. Leopard-Skin Pill-Box Hat.

6. One Too Many Mornings.

7. Ballad of a Thin Man.

8. Like a Rolling Stone.

 

Bob Dylan:chant,guitare,harmonica,piano.

Robbie Robertson:guitare.

Rick Danko:chant,basse.

Richard Manuel:piano.

Garth Hudson:orgue.

Mickey Jones:batterie,percussions.

 

 

BOOTLEG 5 (THE ROLLING THUNDER REVUE 1975) - 2002

 

Dylan rolling thunder revue bootleg 5

 

BOB DYLAN

THE BOOTLEG SERIES VOL.5 LIVE (THE ROLLING THUNDER REVUE) – 2002  5/5

 

Publié en novembre 2002.

Enregistré entre le 19 novembre et le 4 décembre 1975.

Produit par Steve Berkowitz,Jeff Rosen.

Durée:102:00.

Label:Columbia.

Genre:folk-rock,rock.

 

Un cirque cosmopolite.

 

La première partie de la tournée The Rolling Thunder Revue de 1975/76 est recentrée dans ce 5ème volume album des Bootleg Series (en écoute intégrale ici), publié en 2002, Hard Rain (1976) couvrant la seconde.

On pourra discuter 107 ans sur l’étrangeté du concept inhérent à celle-ci, mais il faut lui laisser une chose, au Bob, c’est qu’il n’est jamais à rester les deux pieds dans le même sabot, ni à se reposer sur ses lauriers. Son besoin de créer est inépuisable, sa volonté de se remettre en cause permanente, et à ce moment précis de sa carrière, il fait coup double avec Blood On The Tracks et Desire.

Ragaillardi, c’est un Dylan motivé, accompagné d’une espèce de grand cirque cosmopolite (constitué d’artistes et de musiciens comme John Baez, Roger McGuinn, Mick Ronson, pour ne citer que les plus prestigieux), se renouvelant au gré des villes visitées, qui arpente les routes américaines et canadiennes.

Au fil de l’itinéraire, artistes, amis de passage (je crois que Patti Smith et Joni Mitchell ont fait partie du lot d’une manière informelle), volontaires prompts à donner un coup de main, parasites en tout genre, gonflent cette clique disparate.

Le disque qui nous concerne s’attache à traduire le meilleur de la première partie de la Rolling Thunder Revue, autrement dit celle qui se termine à la fin de l’automne, la plus captivante, la plus enthousiasmante, la plus magique.

Quatre ou cinq concerts différents argumentent la sélection des 22 titres d’un double album dont la vocation n’est autre que de restituer l’état d’esprit prévalant à cette tournée, par ailleurs piraté de long en large au fil des décennies.

Soutenu par un ensemble très talentueux dans lequel Dylan se fond, le barde, agressif et hargneux, livre ici une œuvre qui relègue Hard Rain au statut de pipi de chat.

L’éventail de matériel ici collecté se répartit entre le Dylan contestataire du début des sixties (A Hard Rain’s A-Gonna Fall revisité), le Dylan de la période électrique (Just Like A Woman, Love Minus Zero/No Limit), celui des années 70 (Knockin’ On Heaven’s Door, Tangled Up In Blue) ainsi que celui de l’album Blood On The Tracks et du petit dernier Desire, né pendant cette tournée surréaliste.

Le paradoxe de ce disque tentaculaire et excitant, de haut niveau, marque le retour du Zim dans le jeu de l'inventivité, sa créativité étant alors en berne depuis un moment. Ce volume 5 marque, de manière incompréhensible, l’entrée dans une période difficile qui le verra, pendant une bonne décennie, peiner à mettre un pied devant l’autre. Comme quoi la route peut aussi mener nulle part. Allez y comprendre quelque chose…(RAZOR©)

 

Disque 1.

1. Tonight I’ll Be Staying Here With You.

2. It Ain’t Me Babe.

3. A Hard Rain’s A-Gonna Fall.

4. The Lonesome Death Of Hattie Carroll.

5. Romance In Durango.

6. Isis.

7. Mr. Tambourine Man.

8. Simple Twist Of Fate.

9. Blowin’ In The Wind.

10. Mama, You Been On My Mind.

11. I Shall Be Released.

 

Disque 2.

1. It’s All Over Now, Baby Blue.

2. Love Minus Zero/No Limit.

3. Tangled Up In Blue.

4. The Water Is Wide.

5. It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry.

6. Oh, Sister.

7. Hurricane.

8. One More Cup Of Coffee (Valley Below).

9. Sara.

10. Just Like A Woman.

11. Knockin’ On Heaven’s Door.

 

Bob Dylan:guitare acoustique,guitare électrique,chant.

Joan Baez:guitare acoustique,choeurs.

David Mansfield:dobro,mandoline,violon,steel guitare.

Roger McGuinn:guitare électrique,choeurs.

Bob Neuwirth:guitare acoustique,choeurs.

Scarlet Rivera:violon.

Luther Rix:percussion,congas,batterie.

Mick Ronson:guitare électrique.

T-Bone Burnett:guitare électrique,piano.

Steven Soles:guitare acoustique,choeurs.

Rob Stoner:basse.

Howie Wyeth:batterie,piano.

Ronee Blakley:choeurs.

 

 

BOOTLEG 6 (Live 1964 At Philharmonic Hall) - 2004 

 

Dylan the bootleg series volume 6 live 1964 philarmonique

 

BOB DYLAN

THE BOOTLEG SERIES VOL. 6: BOB DYLAN LIVE 1964, CONCERT AT PHILHARMONIC HALL – 2004  4,5/5

 

Publié en mars 2004.

Enregistré en octobre 1931.

Produit par Steve Berkowitz,Jeff Rosen.

Durée:104:12.

Label:Columbia.

Genre:folk,folk-rock.

 

Les dernières heures de bohême.

 

Quarante ans après avoir foulé la scène du Philharmonic Hall de New York, le 31 octobre 1964, autrement dit à l’occasion d’Halloween, Bob Dylan nous revient tel quel via le volume 6 des Bootleg Series entamées en 1991.

Les boots sont ces fameux disques illégaux et de contrebande qui circulaient sous le manteau, piratés qu’ils étaient par quelques manipulateurs habiles. Il fallait faire les puces et avoir des disquaires complaisants dans la poche, pour mettre la main sur la perle souvent rare, rarement audible, parce que copiée à la sauvage, et que l’on ne négociait jamais à son avantage.

Désormais des alternatives ont été autorisées et légalisées pour échapper autant que faire se peut à ce plagiat anarchique. En ce sens, les Bootlegs Series, organisées et agréées par Dylan et sa maison de disques permettent de mettre un frein au pillage dont a été systématiquement victime l’œuvre du Zim. On ne compte plus les daubes qui alimentent le catalogue parallèle de Dylan et du Dead, les plus touchés jusqu’ici.

Après 1991, 1998 et 2002, le volume 6 des boots-séries dylaniennes est le quatrième à apparaître dans la chronologique discographique exhumée du Zim. Compte tenu de leur qualité jusqu’à ce jour, le fan les épie du coin de l’œil, prêt à bondir sur l’affaire. Car c’en est une. D’un côté comme de l’autre.

Pour l’auteur et son éditeur discographique, c’est juteux. Pour le public, souvent une aubaine inespérée et attendue en vain depuis des années. Pour ce nouveau volume qui nous concerne, il aura fallu patienter quatre décennies pour revivre en live la période folk du talentueux gamin de 23 berges, déjà grand poète et tout aussi grand auteur-compositeur-interprète (3 albums à son compteur), insolent et frondeur.

Times They Are A-Changing, Mr. Tambourine Man, With God On Our Side, Talkin’ John Birch Paranoid Blues, Who Killed Davey Moore, A Hard’s Rain A-Gonna Fall, Don’t Think Twice, It’s All Right, The Lonesome Death Of Hattie Carroll… ce volume 6 est tout aussi essentiel que ceux auxquels il succède.

John Baez, la muse, vient y faire une petite pige très touchante en chantant trois morceaux en duo avec le gamin. Nous assistons alors, et l’histoire nous le dira, aux derniers instants de l’artiste bohême. Il va alors basculer dans la dure réalité de la vie de star du rock. Dylan change de peau et, en ce sens le Another Face Of Bob Dylan (1964) est prémonitoire et annonciateur de ce changement. Ce disque a donc une grande importance (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. The Times They Are a-Changin'.

2. Spanish Harlem Incident.

3. Talkin' John Birch Paranoid Blues.

4. To Ramona.

5. Who Killed Davey Moore ?

6. Gates of Eden.

7. If You Gotta Go, Go Now (Or Else You Got to Stay All Night).

8. It's Alright, Ma (I'm Only Bleeding).

9. I Don't Believe You (She Acts Like We Never Met).

10. Mr. Tambourine Man.

11. A Hard Rain's A-Gonna Fall.

 

Disque 2.

1. Talkin' World War III Blues.

2. Don't Think Twice, It's All Right.

3. The Lonesome Death of Hattie Carroll.

4. Mama, You Been on My Mind (avec Joan Baez).

5. Silver Dagger (avec Joan Baez).

6. With God on Our Side (avec Joan Baez).

7. It Ain't Me, Babe (avec Joan Baez).

8. All I Really Want to Do.

 

Bob Dylan:chant,guitare,harmonica.

Joan Baez:chant.

 

 

BOOTLEG 7 - No Direction HOome The Soundtrack - 2005 

 

Dylan no direction home bootleg 7

 

BOB DYLAN

THE BOOTLEG SERIES VOL 7 - NO DIRECTION HOME THE SOUNDTRACK (2005)  4/5

 

Publié en août 2005.

Enregistré entre 1959 et 1966.

Produit par Jeff Rosen,Steve Berkowitz,Bruce Dickinson,Martin Scorcese.

Durée:144:31.

Label:Columbia.

Genre:rock,folk-rock.

 

Rien de nouveau sous le soleil.

 

Le magnifique documentaire réalisé par Martin Scorcese (2005) invite le spectateur à une touchante immersion dans l’Amérique des 60’s autour de l’homme Robert Zimmerman et de l’artiste Bob Dylan. Ce film passionnant, construit sur la base d’images archivées uniques, d’interviews parfois cocasses (Al Kooper), entrecoupées d’interventions expliquées et de précisées du Zim, est musicalement soutenu par le répertoire d’alors de son personnage central. La pellicule de Scorcese y révèle un Dylan vu comme jamais il ne l’a été. C’est à découvrir au plus vite.

En parallèle du sujet traité par le cinéaste, un double CD fait office d’espèce de B.O, forte de ses 28 titres captés entre ses débuts et 1966, année de son vrai-faux accident de moto. Je dis espèce de bande-son du film, parce qu’il n’en est pas vraiment une en ce sens que le CD renvoie à du matériel enregistré au cours de cette période. Le titre est donc sujet à ambigüité, matière à grosse désillusion pour celui pensant y faire une pêche miraculeuse.

Il n’empêche que ce double disque inscrit au répertoire des Bootlegs Series en qualité de 7ème volet et sous le titre de No Direction Home The Soundtrack (en écoute intégrale ici) est excellent et, à défaut de surprendre ceux qui s’intéressent de près au catalogue du bonhomme avec des variations de ses titres, il peut être, pour les néophytes, un excellent endroit pour prendre contact avec les premiers pas de Dylan dans sa carrière.

Car c’est de cela dont il s’agit. Le premier CD couvre les années 1959/1965. Le modeste When I Got Troubles, qui ouvre le bal, est supposé être son premier enregistrement ; je ne pense pas que l’on puisse revenir plus en arrière dans le parcours du barde qu’avec cette prise sur magnéto située en 59.

Derrière, le parcours de l’artiste se met en place : le Dylan de la période Guthrie, le Dylan poète, le chantre du folk acoustique, le Dylan contestataire et celui des prestations dans les bars de Greenwich Village (de son premier LP à Bringing It All Back Home), mais rien que les experts ne connaissent pas. 16 titres, dont une flopée d’alternatives et d’extraits de spectacles, font l’ossature de cette première partie.

Le deuxième support (12 titres) s’appuie sur les sessions du triptyque discographique Bringing It All Back Home (65), Highway 61 Revisited (65) et Blonde On Blonde (66), avant de finir sur des enregistrements live du Dylan devenu mythe (sur le circuit anglais de 66).

Les variantes ici proposées dévoilent l’approche du Dylan-Judas converti au tout-électrique, Des alternatives essentiellement donc. Le Like A Rolling Stone final est, à cet égard, révélateur de l’état d’esprit qui anime les fans du moment. Un livret de 60 pages complète l’offre et explique tout ça.

Chronologiquement, c’est fidèle au plan de carrière du Zim. L’intérêt est de voir l’évolution de l’artiste, sa manière de faire, sa démarche perpétuelle de chercher ce qui fonctionne le mieux dans une chanson.

Tout le monde peut donc y trouver son compte, mais pour le Dylanophile avéré, rien de nouveau sous le soleil en termes de nouveautés, à part (à vérifier) le When I Got Troubles qui introduit ce magnifique et historique volume 7.

Ne perdons pas de vue que Dylan est l’artiste le plus piraté au monde et depuis longtemps ; beaucoup de titres ici présents ont préalablement figuré sur des bootlegs, alors non officiels. Ceci explique cela (RAZOR©).

 

1. When I Got Troubles.
2. Rambler, Gambler.
3. This Land Is Your Land.
4. Song to Woody.
5. Dink's Song.
6. I Was Young When I Left Home.
7. Sally Gal.
8. Don't Think Twice, It's All Right.
9. Man of Constant Sorrow.
10. Blowin' in the Wind.
11. Masters of War.
12. A Hard Rain's A-Gonna Fall.
13. When the Ship Comes In.
14. Mr. Tambourine Man.
15. Chimes of Freedom.
16. It's All Over Now, Baby Blue.
17. She Belongs to Me.
18. Maggie's Farm.
19. It Takes a Lot to Laugh, It Takes a Train to Cry.
20. Tombstone Blues.
21. Just Like Tom Thumb's Blues.
22. Desolation Row.
23. Highway 61 Revisited.
24. Leopard-Skin Pill-Box Hat.
25. Stuck Inside of Mobile With the Memphis Blues Again.
26. Visions of Johanna.
27. Ballad of a Thin Man.
28. Like a Rolling Stone.

 

Bob Dylan:chant,guitare acoustique,guitare électrique,harmonica,piano.

Michael Bloomfield:guitare,guitare électrique.

Joe South,Charlie McCoy:guitare.

Harvey Brooks,Henry Strzelecki,Rick Danko:basse.

William E. Lee,Jerome Arnold,Joseph Macho Jr.:basse.

Al Gorgoni,Robbie Robertson:guitare.

Wayne Moss,Bruce Langhorne:guitare.

Richard Manuel,Hargus "Pig" Robbins:piano.

Paul Griffin,Frank Owens:piano.

Garth Hudson,Al Kooper,Barry Goldberg:orgue.

Kenny Buttrey,Levon Helm,Mickey Jones:batterie.

Sam Lay,Bobby Gregg:batterie.

 

 

BOOTLEG 9 (The Witmark Demos 1962/1964) - 2010 

 

Dylan the bootleg series volume 9 the witmark demos

 

BOB DYLAN

THE BOOTLEG SERIES VOL.9 THE WITMARK DEMOS 1962/1964 – 2010  3,5/5

 

Publié en octobre 2010.

Enregistré entre 1962 et 1964.

Produit par Stan Berkowitz,Jeff Rosen.

Durée:138:28.

Label:Columbia.

Genre:folk.

 

Du 9 avec du vieux.

 

The Witmark Demos (en écoute intégrale ici) ou quand Dylan fait du 9 avec du vieux. C’est ainsi que l’on pourrait résumer ce neuvième volet d’archives que cette figure majeure de la musique populaire depuis 50 ans, continue à déterrer au compte-gouttes et qui, dans le même temps, ont connu une vie essentiellement clandestine.

The Witmark Demos (2010) est le dernier épisode en date des Bootleg Series, cette magnifique et inépuisable source dylanienne. Double album dont certains titres peuvent parfois doublonner avec le volume 1/3 (Rare & Unreleased), il couvre la période 1962/1964 de l’artiste.

Autrement dit celle de ses premiers pas new-yorkais, des cercles littéraires et autres cafés branchés folk du Village, celle d’avant l’engagement avec Columbia, des premiers éditeurs, Leeds Editions (1962) et, entre 1962 et 1964, Witmark & Sons (une sous-division de Warner Bros), pour lesquels il enregistre une flopée de maquettes.

La filiation avec ses maîtres, Woody Guthrie et Pete Seeger ou l’influence d’Howlin’ Wolf, sont ici avérées. C’est le temps de la gratte sèche, de l’harmonica, du piano et du Dylan alchimiste et prolifique, toujours prompt à grossir, sans jamais défaillir dans la qualité, son propre répertoire comme à alimenter celui d’autres artistes.

Les quarante sept pièces étant des démos, il ne faut pas s’attendre à un produit bien ficelé, avec orchestre et logique artistique. Ce sont des démos, donc brutes de décoffrage. L’ambiance y est assez austère, comme si tout se passait en noir et blanc. Fort heureusement, ce lot est accompagné d’une excellente qualité sonore.

Intime, en plein taf, le volume 9 nous réserve en exclusivité, comme s’il était là dans le salon, un artiste enchaînant en roue libre, autour d’une équation guitare/chant/harmonica, des airs qui, pour certains nous sont devenus familiers, complètement inconnus pour d’autres.

Les premiers nommés, les classiques comme A Hard Rain’s A Gonna-Fall, Hard Times In New York, Masters Of War, The Times They Are A-Changin’, Blowin’ In The Wind, Don’t Think Twice It’s All Right, Gril From The North Country, Mr. Tambourine Man apparaissent dans leurs premières versions.

Farewell, All Over You, Tomorrow Is A Long Time, Ballad For A Friend, Long Ago Far Away, Death Of Emmentt Till et Guess I’m Doing Fine ont valeur d’inédits. Ainsi briefés sur le contenu de ce volume 9, à vous de voir si vous êtes prêts à en découdre avec ce folk à l’ancienne peu arrangé.

Même si elles permettent de suivre l’évolution de l’artiste, les dernières séries de Bootlegs parues ont maintenant tendance à être quelque peu redondantes (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. Man on the Street (fragment).

2. Hard Times in New York Town.

3. Poor Boy Blues.

4. Ballad for a Friend.

5. Rambling, Gambling Willie.

6. Talking Bear Mountain Picnic Massacre Blues.

7. Standing on the Highway.

8. Man on the Street.

9. Blowin' in the Wind.

10. Long Ago, Far Away.

11. A Hard Rain's a-Gonna Fall.

12. Tomorrow Is a Long Time.

13. The Death of Emmett Till.

14. Let Me Die in My Footsteps.

15. Ballad of Hollis Brown.

16. Quit Your Low Down Ways.

17. Baby, I'm in the Mood for You.

18. Bound to Lose, Bound to Win.

19. All Over You.

20. I'd Hate to Be You on That Dreadful Day.

21. Long Time Gone.

22. Talkin' John Birch Paranoid Blues.

23. Masters of War.

24. Oxford Town.

25. Farewell.

 

Disque 2.

1. Don't Think Twice, It's All Right.

2. Walkin’ Down the Line.

3. I Shall Be Free.

4. Bob Dylan's Blues.

5. Bob Dylan's Dream.

6. Boots of Spanish Leather.

7. Girl from the North Country.

8. Seven Curses.

9. Hero Blues.

10. Whatcha Gonna Do ?

11. Gypsy Lou.

12. Ain’t Gonna Grieve.

13. John Brown.

14. Only a Hobo.

15. When the Ship Comes In.

16. The Times They Are a-Changin'.

17. Paths of Victory.

18. Guess I’m Doing Fine.

19. Baby Let Me Follow You Down.

20. Mama, You Been on My Mind.

21. Mr. Tambourine Man.

22.I ’ll Keep It With Mine.

 

Bob Dylan:piano,guitare,harmonica,chant.

 

 

BOOTLEG 10 - Another Self Portrait (1969/1971) - 2013

 

Dylan boot 10 another self portrait 2013

 

BOB DYLAN

THE BOOTLEG SERIES VOL 10 - ANOTHER SELF PORTRAIT (1969/1971) - 2013  4,5/5

 

Publié en août 2013.

Enregistré sur la période 1969/1971.

Produit par Bob Johnston.

Durée:113:27.

Label:Columbia.

Genre:folk,rock,country.

 

Un de perdu, 10 de retrouvés.

 

La collection des Bootleg Series permet, depuis 1991, date à laquelle le premier volume est inscrit, de pouvoir accéder aux archives de Bob Dylan. Une question s’impose à ce stade du dixième épisode sorti fin août 2013, Another Self Portrait (1969-71). Aura-t-on assez d’une vie pour découvrir l’intégralité de son œuvre ? Au train où vont les choses avec ces mercantiles éditeurs, la génération des babys boomers, les seniors d’aujourd’hui, aura-t-elle assez de souffle pour en voir le bout ? J’en doute, car il est manifeste qu’on est loin d’avoir faire le tour du sujet.

De la même manière que les insatiables et cupides producteurs TV prolongent dans le temps ce feuilleton imbécile des Chtis, en baladant ses pitoyables acteurs entre Las Vegas, Hollywood et je ne sais quelle autre endroit, les maisons d’éditions discographiques prennent un plaisir malin et intéressé à étirer la matière Dylan, très très extensible et pour les mêmes fins que leurs homologues du petit écran. Du postulat, plus c’est con, plus ça dure et ça emplit les poches, j’exclurai toutefois ce qui touche au Zim, par respect pour cet artiste prolifique.

Mais pour l’esprit, c’est du pareil au même, kif-kif bourricot, si l’on considère que ce numéro 10 réfère au Self Portrait de 1970 fait pour Columbia Records, le double album salopé, sciemment bordélique et inabouti du catalogue de Dylan, sabordé par le barde himself, dénué de toute ambition artistique, boursoufflé de titres pâlichons et enflé au remplissage.

Poil à gratter de la discographie d’un Dylan m’en-foutiste et qui n’en peut plus d’être le Messie, Self Portrait fera dire au critique de Rolling Stone, Greil Marcus : « Qu’est-ce que c’est que cette merde ? ». Ce en quoi, il n’est pas loin de la vérité au regard du matraquage en règle dont il fut l’objet à sa sortie. Self Portrait, c’est de la haute trahison et de la provocation à l’état brut. Pour la petite histoire, le même Marcus, l'initiateur des facétieux Masked Marauders, signe aujourd’hui les notes de la pochette de cette collection.

Cette dixième édition des Boots porte sur la période professionnelle 1969/1971 de Bob Dylan et ratisse autour de son album bâtard, mais pas que, puisque, et ça change la donne, New Morning fait la même année que Self Portrait, est également partie prenante dans cette exhumation.

Elle compile des sessions d’enregistrements recentrées autour d’alternatives et de chutes de studio de cette époque. 35 pistes alimentent ainsi les deux CD de la version basique ou les 3 vinyles dans la version à l’ancienne. En formule Deluxe, on passe à quatre, dont Self Portrait remasterisé, et un dernier qui porte plus particulièrement sur le concert de l’Ile de Wight, le 31 août 1969 avec le Band. Les livrets joints font, d’autre part, la part belle à des photos de cette période.

Dézingué de son temps, pourquoi, dès lors, faire tant de tintouin à l’endroit de ce disque surproduit, bâclé et manquant de crédibilité quand on sait le répertoire de Dylan a autre chose à proposer ? Pourquoi, quarante trois berges plus tard, continuer alors à s’agiter comme des sémaphores désarticulés sur un album qui n’a comme réponse qu’un majeur pointé bien haut ?

Parce que Dylan ne laisse pas insensible, d’une part. Parce que fouiller les coffres regorgeant d’archives de Self Portrait amène à mieux cerner et comprendre la genèse d’un album qui peut avoir été injustement matraqué. Cet aspect nous a peut-être échappé de son temps. Enfin, ce n’est pas parce qu’une œuvre a été aussi lourdement persiflée que sa version compilée et revisitée sous un angle différent, n’est pas digne d’intérêt.

Mon propos n’est pas d’inciter le lecteur à mettre une seconde fois la main au porte-monnaie ; il a vraisemblablement déjà donné pour ce couac, en 1970, et on ne l’y prendra plus. Ma démarche ne vise pas une quelconque quête d’indulgence à son endroit, pas plus qu’une opportune occasion de réhabilitation, mais plutôt à éveiller sur une tranche assez incompréhensible et surprenante du parcours du Zim.

A tenter de (peut-être ?) mieux comprendre (et encore ?) les motifs de son sabordage d’alors, foutoir innommable de reprises en veux-tu, en voilà, de titres déjà connus du public, d’instrumentaux guère convaincants, même si Wigman fait un carton, et, suprême provoc’, d’ouvrir l’album avec une chanson affectée aux seules cordes vocales de ses choristes et de choisir pour accompagner ce bordel, un casting musical de derrière les fagots (David Bromberg, Al Kooper). Je ne suis pas sûr d’en trouver les clés. Plus d’un Dylanophile avisé s’y est cassé les dents.

Solution de facilité pour éviter toute migraine, il est préférable de mettre ça sur le compte d’un personnage impénétrable et ne pas se poser trop de questions à son sujet. Faut-il rappeler que sur le LP précédent, Nashville Skyline de 69, Dylan se fait déjà remarquer par la concision étonnante de son travail et par un surprenant détour par la musique country ? L’homme, déconcertant, n’en est donc pas à son coup d’essai. Dylan a souvent été là où on ne l’attendait pas.

Le Dylan de Self Portrait, double premier album des années 70, sort d’une période qui l’a isolé des studios et des planches pour des raisons de santé. Depuis quatre ans et son pseudo accident de moto de 66, le porte-parole de la génération ambiante se terre et se tait ; ses silences sont mal interprétés par des adorateurs qui se mettent alors à lui pourrir la vie.

De cette existence perturbée et de ce rôle de Prophète de la génération bohême prompte à sortir des clous pour un pet de lapin, il n’en veut plus. Il se méfie du milieu. Cette défiance, doublée de son retrait contraint de la scène, laisse le champ libre à la naissance d’un marché parallèle qui lui sera préjudiciable.

Dylan veut redevenir un gars normal, déconstruire le mythe qu’il est alors et Self Portrait est sa riposte pour qu’on lui lâche les baskets une fois pour toutes. Ce qui peut se défendre et expliquer le pourquoi du maillon faible de sa discographie. Faible, mais attachant, au motif de cette faiblesse.

L’étrange New Morning, inscrit aussi au programme de ce bootleg ten, propose du mieux et redonne quelques couleurs à cette offre de 2013, mais Dylan est dans la période la moins active et la plus controversée de son parcours, il faut le savoir. Les chutes de studio qui s’attachent à ce deuxième disque de 70 sont souvent meilleures que l’original. C’est déjà ça de gagner.

Ajoutez à cela une poignée de titres issus des sessions Horizon Nashville 69, un vestige des Basement Tapes de 67 et des performances live tirées de la prestation à Wight 69 et vous avez ce qui constitue l’intégralité de l’offre basique.

A nouvelle écoute, nouveau jugement. La performance d’ensemble est ici globalement supérieure, car plus spontanée, plus vivante. Elle gagne en virilité et en pureté au niveau du chant. Serait-ce le fait du long silence qui sépare les deux moutures, mais la dernière en date me séduit à un point que je n’aurais pas imaginé avant d’en découdre avec la version exhumée. Comme si un nouveau Dylan naissait au gré de son cheminement. Finalement, ce n’est pas vilain du tout.

Another Self Portrait de 2013 corrige les approximations qui affectent les performances des pistes d’hier. Il éclipse largement son prédécesseur tant décrié et amène à revoir sa cotation. De quoi se gratter le crâne…

Ainsi dépouillées d’overdubs et d’une production pénalisante, plusieurs chansons gagnent en qualité : le folk Copper Kettle, Days Of 49, Thirty Boots, Spanish Is The Loving Tongue, la ballade honky-tonk Alberta #3, House Carpenter, Annie’s Going To Sing Her Song, Pretty Saro qui n’est pas sans évoquer son modèle, Woody Guthrie jeune, Little Sadie, Time Passes Slowly ou Belle Isle qui revit.

Dans ce contexte brut de décoffrage, Dylan affiche un auto-portrait plus proche des troubles qui l’affectent alors mais éloigné du Dylan messiaque et poète. J’avoue que, là oui, mon intérêt est accaparé plus que dans l’épreuve originale. Dans le même élan, cela m’amène à desserrer l’étreinte malintentionnée opérée sur l’album raté de 70, qui traîne toujours une aussi sale réputation.

Pris sous cet angle, le bootleg en question lève un petit pan du voile quant à l’aspect déroutant de l’enregistrement qu’il nous a jeté en pâture, il y a quatre décennies, et donne un éclairage nouveau sur une des périodes les plus troubles de sa carrière ; ce boots a donc, une fois n’est pas coutume, son utilité.

Il en ressort que la matière initiale n’était finalement pas si mauvaise que ça et donc pas bâclée comme rabâché dans toutes les chroniques. Partant de là, et cela vaut pour l'avenir, puisse l'opération trifouillage dans les archives du barde nous réserver autant de surprise que ce volume 10. J’adore et j’adhère (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. Went To See The Gypsy.

2. In Search Of Little Sadie.

3. Pretty Saro.

4. Alberta #3.

5. Spanish Is The Loving Tongue.

6. Annie’s Going To Sing Her Song.

7. Time Passes Slowly #1.

8. Only A Hobo.

9. Minstrel Boy.

10. I Threw It All Away.

11. Railroad Bill.

12. Thirsty Boots.

13. This Evening So Soon.

14. These Hands.

15. Little Sadie.

16. House Carpenter.

17. All The Tired Horses.

 

Disque 2.

1. If Not For You.

2. Wallflower.

3. Wigwam.

4. Days Of ’49.

5. Working On A Guru.

6. Country Pie.

7. I’ll Be Your Baby Tonight.

8. Highway 61 Revisited.

9. Copper Kettle.

10. Bring Me A Little Water.

11. Sign On The Window.

12. Tattle O’Day.

13. If Dogs Run Free.

14. New Morning.

15. Went To See The Gypsy.

16. Belle Isle.

17. Time Passes Slowly #2.

18. When I Paint My Masterpiece.

 

Bob Dylan & the Band - Isle of Wight: August 31, 1969.

1. She Belongs To Me.

2. I Threw It All Away.

3. Maggie’s Farm.

4. Wild Mountain Thyme.

5. It Ain’t Me, Babe.

6. To Ramona/ Mr. Tambourine Man.

7. I Dreamed I Saw St. Augustine.

8. Lay Lady Lay.

9. Highway 61 Revisited.

10. One Too Many Mornings.

11. I Pity The Poor Immigrant.

12. Like A Rolling Stone.

13. I’ll Be Your Baby Tonight.

14. Quinn The Eskimo (The Mighty Quinn).

15. Minstrel Boy.

16. Rainy Day Women #12 & 35.

DISCOGRAPHIE DES ARCHIVES.

LP Anniversaire - 1993

 

Dylan the 30th anniversary concert celebration

 

BOB DYLAN

THE 30TH ANNIVERSARY CONCERT CELEBRATION - 1993  5/5

 

Publié en août 1993.

Enregistré le 16 octobre 1992.

Produit par Jeff Kramer,Jeff Rosen,Don De Vito.

Durée:150:24.

Label:Columbia.

Genre:rock.

 

Mémorable Bobfest.

 

En passant devant le mythique Madison Square Garden new yorkais en 2013, j’ai repensé à tous ces artistes internationaux qui s’y sont produits dans les années 60/70. Certains passages ont donné lieu à des concerts d’anthologie et à des enregistrements légendaires.

Pour mémoire, Hendrix, en 69, y joue avec son nouveau groupe, le Band Of Gypsy ; les Stones y ont enregistré une partie de leur LP Get Yer Ya-Ya’s et les Doors y ont réalisé leur meilleure prestation scénique la même année. Deux ans plus tard, le Madison Square Garden abrite le Concert For Bangladesh de George Harrison, tandis que le Led Zep fait coup double avec un disque et un film dans les lieux (The Song Remains The Same, du 27 au 29 juillet 73). No Nukes, concert de 4 jours (en 79), organisé par Jackson Browne, Bonnie Raitt, Graham Nash, Tom Petty, Bruce Springsteen, c’est aussi au Madison, par ailleurs fidèle théâtre des grandes joutes sportives en salle.

Fin janvier, Dylan et le Band font passer leur Tour 74 par la salle de Manhattan. Il faut croire que le Zim s’y est plu puisqu’il revient en 1992 (le 16 octobre) pour célébrer le trentième anniversaire de sa carrière. Il y invite à ses côtés une flopée de potes et artistes, à charge pour eux d’interpréter son répertoire. C’est la raison d’être de The 30th Anniversary Concert Celebration, double LP live depuis remasterisé et formaté en DVD et blueray.

Durant ce spectacle s’est produit une impressionnante pléiade de stars du rock (Neil Young, John Cougar Mellencamp, Eric Clapton, Tom Petty, George Harrison, Stevie Wonder, Lou Reed, le couple Cash, Johnny Winter, le band, Roger McGuinn, Willie Nelson, Kris Kristofferson, Ron Wood, Ritchie Havens…), des acteurs moins connus (les Clancy Brothers, Eddie Vedder), sauf des spécialistes ou des vedettes féminines comme Tracy Chapman ou Sinead O’Connor.

Tous se réclament plus ou moins de l’influence dylanienne ; bon nombre d’entre eux, quels que soient leurs horizons ou les générations, ont puisé dans le catalogue du Zim, matière à sortir des rangs ou à exprimer leur talent.

Ce Bobfest mémorable célèbre l’œuvre du barde et rien que son œuvre. 18.000 privilégiés ont contribué à l’ambiance de ce disque exceptionnel pour lequel Dylan a sélectionné un backing band articulé autour de Booker T & The M G.

Columbia Records est à l’initiative de ce qui fut le concert de l’année 92 ; il fut retransmis de par le monde. Cette offre à laquelle il faut également associer Legacy Records, constitue un événement unique et extraordinaire de l’histoire du rock.

Comment dès lors ne pas en être ? Comment bouder ce défilé étoilé venu rendre hommage au légendaire barde dont le répertoire, surtout celui des trois décennies qui précèdent, est emblématique ?

Point d’orgue de cette fantastique célébration, My Back Pages voit Dylan rejoindre Tom Petty, Eric Clapton, George Harrison, Neil Young, Roger McGuinn. Rien que le bœuf qui en découle est anthologique.

Je vous dis ça, je vous dis rien, c’est vous qui voyez, mais dépenser quelques euros justifiés dans l’œuvre, même revisitée par d’autres, d’un mec qui a changé la face du monde, ça aurait de la gueule, croyez m’en (RAZOR©)

 

Disque 1

1. Like a Rolling Stone (John Cougar Mellencamp).

2. Leopard-Skin Pill-Box Hat (John Cougar Mellencamp).

3. Introduction by Kris Kristofferson.

4. Blowin' in the Wind (Stevie Wonder).

5. Foot of Pride (Lou Reed).

6. Masters of War (Eddie Vedder et Mike McCready).

7. The Times They Are a-Changin' (Tracy Chapman).

8. It Ain't Me Babe (June Carter Cash et Johnny Cash).

9. What Was It You Wanted? (Willie Nelson).

10. I'll Be Your Baby Tonight (Kris Kristofferson).

11. Highway 61 Revisited (Johnny Winter).

12. Seven Days (Ronnie Wood).

13. Just Like a Woman (Richie Havens).

14. When the Ship Comes In (The Clancy Brothers/Robbie O'Connell, avec Tommy Makem en guest).

15. You Ain't Going Nowhere (Mary Chapin Carpenter, Rosanne Cash et Shawn Colvin).

 

Disque 2

1. Just Like Tom Thumb's Blues (Neil Young).

2. All Along the Watchtower (Neil Young).

3. I Shall Be Released (Chrissie Hynde).

4. Don't Think Twice, It's All Right (Eric Clapton).

5. Emotionally Yours (O'Jays).

6. When I Paint My Masterpiece (The Band).

7. Absolutely Sweet Marie (George Harrison).

8. License to Kill (Tom Petty & the Heartbreakers).

9. Rainy Day Women #12 & 35 (Tom Petty & the Heartbreakers).

10. Mr. Tambourine Man (Roger McGuinn/Tom Petty & the Heartbreakers) .

11. It's Alright, Ma (I'm Only Bleeding) (Bob Dylan).

12. My Back Pages (Bob Dylan, Roger McGuinn, Tom Petty, Neil Young, Eric Clapton, George Harrison).

13. Knockin' on Heaven's Door (ensemble).

14. Girl from the North Country (Bob Dylan).

 

 

LP Live (1962) publié en 2005

 

Dylan live at the gaslight 1962

 

BOB DYLAN

LIVE AT THE GASLIGHT 1962 – 2005  3,5/5

 

Publié en août 2005.

Enregistré en octobre 1962.

Produit par Steve Berkowitz,Jeff Rosen.

Durée:46:29.

Label:Columbia.

Genre:folk.

 

Fort de café.

 

Niché à Manhattan, dans les caves voisines du Kettle Of Fish, au cœur de Greenwich Village, bastion new-yorkais de la culture artistique et de la vie de bohême, point focal du développement de la scène folk des années 60, le Gaslight Café est une véritable institution de New York et une incontournable vitrine pour les poètes et artistes qui s’y réunissent régulièrement dans d’interminables hootenannies étirées jusqu’à l’aube.

Tout le gratin intellectuel et folk se regroupe pour jouer et chanter poésie et contest-songs. Tout le monde est le bienvenu et l’ambiance est alors bizarre comme le rapporte l’Encyclopédie de musique folk (Baggelaar et Milton), en raison d’un système d’aération insuffisant qui implique d’entrouvrir un soupirail par lequel s’échappent pêle-mêle, musique, chant et échanges de voix.

Incommodés, les riverains appellent régulièrement la police. Pour faire moins de bruit, l’histoire dit qu’au lieu d’applaudir, les occupants de ces hootenannies claquent des doigts.

Dylan débute au Gaslight Café en juin 1961. Un an après, devenu une des vedettes de ces réunions mais pas encore mûr pour l’international, il enregistre dans ce caf’ conc’ mythique, sur un malheureux magnéto à bandes, une dizaine de chansons (il y en aurait 17) qui sont officiellement émises en 2005.

Jusque là, l'accession à ces titres n'est possible qu'en entrant dans l’illégalité via les piratages et encore, car la qualité de ces derniers laissent beaucoup à désirer. Aujourd’hui, elles nous reviennent toutes neuves, pimpantes, reliftées par les techniques de mixage et de remasterisation. La prouesse tient du miracle, compte tenu de leur état de vétusté et de la médiocrité des prises d’origine.

Las, comme la star du rock, par l’entremise de l’antenne marketing de Sony, a signé un contrat de vente exclusive en direct avec la chaîne Starbucks Coffee, les clients de cette enseigne ont la primeur de la publication du produit sobrement intitulé Live At The Gaslight – 1962.

Ce deal n’a été du goût de tout le monde et certains réseaux l’ont boycotté. Un peu fort de café, non ? Maintenant qu’il est disponible pour tous, ce disque, dont la sortie coïncide avec la parution du long métrage de Martin Scorcese sur Dylan (No Direction Home), est historiquement intéressant dans la mesure où il lance le mythe Dylan.

LP charnière entre son album éponyme de mars 62 et le Freewheelin’ qu’il prépare pour mai 63, il comprend certaines versions comptant parmi les plus anciennes d’Hard Rain’s A-Gonna Fall, de Don’t Think Twice It’s All Right et de John Brown, titre antimilitariste très pertinent.

Des originaux pour un tiers, dont Rocks And Gravel, le provocateur Cocaine et l’excellent Moonshiner, des reprises d’airs folkloriques (Barbara Allen, Handsome Molly,The Cuckoo Is A pretty Bird), du blues (West Texas) complètent cette offre d’un môme étonnant, aux énormes dispositions lyriques et musicales et qui ne va pas tarder à éclore. On connaît la suite désormais (RAZOR©).

 

1. A Hard Rain's a-Gonna Fall.

2. Rocks and Gravel.

3. Don't Think Twice, It's All Right.

4. The Cuckoo (Is a Pretty Bird).

5. The Moonshiner.

6. Handsome Molly.

7. Cocaine.

8. John Brown.

9. Barbara Allen.

10. West Texas.

 

Bob Dylan:chant,guitare acoustique,harmonica.

 

 

LP Live (1963) - 2005

 

Dylan live at carnegie hall 1963

 

BOB DYLAN

LIVE AT THE CARNEGIE HALL 1963 – 2005  4/5

 

Publié en novembre 2005.

Enregistré le 26 octobre 1963 au Carnegie Hall de New York.

Durée:31:53.

Label:Columbia.

Genre:folk.

 

Frustration garantie.

 

Enregistré à New York, comme son nom l’indique, au Carnegie Hall, le 26 octobre 1963, ce disque live braque tous les projecteurs sur le Dylan de la phase contestataire.

Longtemps traquée par les pirateurs et circulant de manteau en manteau, la prestation qui colle à ce EP avait bonne presse, car le Zim acoustique du moment est alors propulsé vers les étoiles par une spirale complètement acquise à sa cause.

Sa carrière est à son comble. Il chante juste, son jeu magnifie la gratte sèche du folkeux moyen, ses compositions sont autant de messages gobés systématiquement par l’auditoire d’alors. Il est détendu, joue avec son public dans un charisme qui lui est personnel, ne doute de rien. Son immense talent de poète et de musicien fait le reste.

Pendant un peu plus d’une demi-heure, il s’attaque à un répertoire qu’il maîtrise parfaitement. Le Zim déroule ici 6 des 19 titres du concert donné en ce 26 octobre : un ardent The Times They Are A-Changin’, Ballad Of Hollis Brown, Boots Of Spanish Leather, Lay Down Your Weary Tune, North Country Blues et l’extraordinaire plage de clôture, le cinglant With God On Our Side.

Pour les plages faisant ici défaut, il faut aller piocher du côté des bootlegs officiels libérés par le label de Dylan : le volume 7 (No Direction Home) de 2005 propose A Hard Rain’s A-Gonna Fall et The Ship Comes In, tandis que le premier boots de 1991 met en vedette Who Killed Davey Moore et Talkin’ John Birch Paranoid Blues.

D’après mes sources, le concert dans son intégralité serait disponible sur Unravelled Tales (1998). A vérifier. Malgré cela, au vu de la qualité qui s’y rattache, cette offre, fut-elle belle et indispensable, n’en demeure pas moins très frustrante (RAZOR©).

 

1. The Times They Are A-Changing.

2. Ballad Of Hollis Brown.

3. Boots Of Spanish Leather.

4. Lay Down Your Weary Tune.

5. North Country Blues.

6. With God On Our Side.

 

Bob Dylan:guitare,chant.

 

 

LP Live (1963) - 2011

 

Dylan in concert brandeis university 1963

 

BOB DYLAN

IN CONCERT BRANDEIS UNIVERSITY 1963 – 2011  4/5

 

Publié en avril 2011.

Enregistré le 10 mai 1963 à l'Université Brandeis de Waltham.

Durée:38:24.

Label:Columbia.

Genre:folk.

 

Une aubaine.

 

Alors qu’il n’est encore qu’un insolent freluquet d’à peine plus de 20 berges et une valeur montante de la scène folk, donc loin de l’artiste d’anthologie que son immense carrière va installer au rang de rock star incontournable, Bob Dylan, en pleine possession de ses moyens et pas encore sous pression externe, se retrouve sur la scène du festival de l’université juive Brandeis de Waltham près de Boston/Massachusetts), le 10 mai 1963.

Pour seul attribut, sa légendaire gratte, son harmonica. Sa voix, ses compositions et son aplomb font le reste. Cette prestation, qui passe à la vitesse du cheval au galop, est certes courte, mais laisse à l’auditeur un souvenir impérissable, d’autant plus que le son est excellent.

L’événement se positionne entre son premier album et celui qui sortira deux semaines après ce concert de Waltham, The Freewheelin’ Bob Dylan. Le contestateur en herbe arpente alors les campus où il interprète ses propres textes, par ailleurs généralement acides, et où il en profite pour délivrer ses messages sociaux ou politiques.

Depuis le début de cette année, le numérique s’approprie l’honneur de relayer ce dernier super témoignage live du Dylan d’avant les lauriers. Comme cet enregistrement relève du miracle car les bandes étaient égarées (retrouvées dernièrement dans les sous-sols de la maison de feu Ralph J. Greason, co-fondateur de Rolling Stone Magazine, par son fils Toby) et qu’il a fallu beaucoup de professionnalisme pour en tirer quelque chose de qualitatif, ce disque a quand même ses imperfections.

En effet, l’univers dans lequel on nous invite, se fait sans préliminaires, un peu comme si vous arriviez en retard, et est, par instants, décousu, ce qui fait que l’on a la sensation d’être tombé dans un traquenard discographique.

Si le premier titre Honey Just Allow Me One More Chance se chope à la volée, personne ne regrettera d’être venu, je vous le dis. Pour vous situer le contexte, aucun de ces titres n’était alors disponible sur le marché à l’époque de ce concert et ceux-ci étaient quasiment inconnus du grand public.

Face à un parterre qu’il a vite senti rallié à sa cause, Dylan, amuseur de foule, à la verve facile, divertit et suscite les rires et les applaudissements, autant qu’il provoque. Il se veut aussi grave que léger. Du grand Dylan. Du Dylan tel qu’on l’aime.

Ses textes éclatent et le gamin s’en donne à cœur-joie sur le social, la politique. On retiendra comme emblème de ce spectacle un fabuleux Masters Of War qui étouffe la version studio de Freewheelin’, le satirique Talkin’ World War III Blues, Bob Dylan’s Dream ou encore Talkin’ Bear Mountain Picnic Massacre Blues et le dramatique The Ballad Of Hollis Brown.

Comme ce disque n’a rien d’un ouvrage de second plan malgré ses approximations techniques passagères, je me réjouis que Columbia Records l’ait publié sur support moderne en avril 2011. Ce disque est une aubaine. Ne la laissez pas passer (RAZOR©)

 

1. Honey Just Allow Me One More Chance.

2. Talkin’ John Birch Paranoid Blues.

3. Ballad Of Hollis Brown.

4. Masters Of War.

5. Talkin’ World War III Blues.

6. Bob Dylan’s Dream.

7. Talkin’ Bear Mountain Picnic Massacre Blues.

 

Bob Dylan:guitare acoustique,harmonica,chant.

 

 

LP Live (1961) - 2012

 

Dylan carnegie chapter hall 1961

 

BOB DYLAN

CARNEGIE CHAPTER HALL (1961) – 2012  3,5/5

 

Publié en 2012.

Durée:68:40.

Label:BDA.

Genre:folk.

 

Pour Bobophiles.

 

Même si Pretty Peggy-O, le titre qui ouvre Carnegie Chapter Hall (1961) tend à décrocher par instants et même si la voix de Dylan s’éloigne parfois du micro, la qualité sonore d’origine de ce concert new yorkais en comité plus que restreint est globalement satisfaisante.

Compte tenu de l’âge des bandes, il serait malvenu de faire la fine bouche. L’intérêt historique prévaut ici sur toute autre considération ; nous avons à faire ici avec le Dylan précoce, autrement dit celui qui vient de poser ses valises à Greenwich quelques mois avant, qui suscite déjà la curiosité auprès de la clientèle des caves et cafés de Manhattan et les premiers commentaires élogieux de la part de la presse locale.

Cette réunion intime, annoncée alors comme un simple concert folk alors qu’il vient de signer dix jours auparavant, son premier engagement avec Columbia Records, est datée du 4 novembre 1961 ; elle est considérée, si je ne m’abuse, comme le premier vrai concert, hors le circuit traditionnel des lieux de réjouissances de Greenwich, de Bob Dylan, alors âgé de 20 ans. 15 jours plus tard, le barde entre en studio pour les sessions d’enregistrement de son premier album éponyme.

Le Zim tient seul, pour la première fois, l’affiche d’une salle new yorkaise, mais n’a pas encore le privilège de fouler la scène principale du légendaire auditorium situé à portée de fusil de Central Park ; il a droit à une salle de répétition annexe, de capacité moindre, et placée dans les étages supérieurs du magnifique Carnegie Hall.

Ceci explique vraisemblablement le parterre dégarni qui prend part à ce qui est devenu, au fil de l’évolution du mythe Dylan, un événement. En effet, une grosse cinquantaine de personnes payantes sont de ce spectacle tarifé 2 dollars l’entrée, organisé par Izzy (Israel Goodman) Young, alors propriétaire du Folklore Center de la rue MacDougal, point focal de la scène musicale et culturelle américaine du moment et lieu de convergence des artistes folk de l’endroit. C’est là que Dylan rencontre Dave Van Ronk, dont on sait le rôle crucial qu’il tint dans le démarrage du jeune cul-terreux du Middle West. Ce qui rajoute encore à l’histoire de ce disque. Pour l’anecdote, Dylan renverra l’ascenseur à Young en signant plus tard Talkin’ Folklore Center.

Sur le lot de chansons de folk traditionnel et de blues interprétées ce soir là, la majorité constitue le répertoire de son quotidien du moment, celui éprouvé dans les clubs de Manhattan. Son style très personnel et sa voix nasale et imparfaite, toujours à la limite du supportable, ne laissent déjà personne de marbre.

Carnegie Chapter Hall révèle les premiers contacts du jeune Robert Zimmerman avec un public pas toujours acquis à sa cause qui lui reproche parfois de trop privilégier le catalogue de Woody Guthrie, son mentor et de ne pas appuyer plus sur ses propres chansons. Loquace, Dylan essaie de se les mettre dans la poche.

Ce répertoire, loin d’être révolutionnaire, c’est celui qui le fait alors vivre et connaître auprès des fidèles des coffee-houses et notamment du Folk City Gerde, du Gaslight. Dylan n’est encore qu’un folksinger comme les autres, même s’il est le plus expressif d’entre eux. Par contre, la collection de Carnegie Chapter Hall, un peu répétitive à la longue, fait office de répétition pour son premier LP (1962)sur lequel on retrouve de nombreux titres présents ici.

Son intérêt, disais-je, est purement historique du fait de son positionnement sur la période qui précède le déclenchement de la Dylanmania. Apparu sur le marché avec 7 titres (les premiers) sur 22, puis parachevé au gré des assouplissements des contraintes juridiques pesant sur le catalogue du Zim, mélangé même avec des bandes connues et retrouvées, le LP tel qu’archivé aujourd’hui donne le jour à un concert agréable (sauf le titre de départ) et à un document enfin cohérent (2 LP) et complet de l’ère pré-électrique de Bob (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. Pretty Peggy-O.

2. In The Pines. 

3. Gospel Plow.

4. 1913 Massacre.

5. Blackwater Blues.

6. A Long Time A-Growin’.

7. Fixin’ To Die.

 

Disque 2.

1. Talking Bear Mountain Picnic Massacre Blues.

2. Man On The Street.

3. Talking Merchant Marine.

4. Black Cross.

5. Freight Train Blues.

6. Song To Woody.

7. Talking New York.

 

Bob Dylan:guitare acoustique,chant.

 

 

LP sessions - 2013

 

Dylan the freewheelin outtakes the columbia sessions 1962 2013

 

BOB DYLAN

THE FREEWHEELIN’ OUTTAKES : THE COLUMBIA SESSIONS 1962 – 2013  4,5/5

 

Publié en 2013.

Label:Mr Suit.

Genre:folk.

 

Enième pièce de collection.

 

Encore un Dylan mis sur le marché. Décidément, ces derniers temps, et plus particulièrement depuis deux ans, le catalogue du Zim est une valeur sur laquelle il faut miser. On nous cacherait quelque chose ? Un état de santé déficient qui oblige à précipiter une exhumation rapide et conséquente de son œuvre ? Sur ce plan, il est toujours possible de rêver, car la fin de cette exploitation n’est pas encore programmée, le catalogue étant d’une profondeur qu’on ne soupçonne même pas.

Alors quoi ? Que signifie cette Dylanomania ambiante ? Pour 2013, sous différents labels et divers formats (boot, compil, collection, coffret, vinyles, CD, Mp3…), on ne recense pas moins de 10 publications: le bootleg 10 (Another Self Portrait), The Real Bob Dylan, Bob Dylan & The New Folk Movement, House Of The Rising Sun, Bob Dylan Release, Fixin’ To Die Release, A Long Time A Growin’, Constructing The Legend, The Freewheelin’ Outtakes et The 50th Anniversary: The Copyright Extension Collection… J’en oublie peut-être, mais toujours est-il, à l’image du dernier coffret cité, que c’est symptomatique de ce qui se passe dans l’environnement du barde actuellement.

Il y a une explication à cette agitation discographique. C’est du côté de la loi européenne sur le copyright qu’il faut aller chercher la lumière, en tous cas pour tout ce qui n’a pas encore été déterré du patrimoine du Zim. Pour le reste, les compils et tout le tralala, c’est de bonne guerre, mais ça ne fait que rajouter à la confusion.

En effet, et The 50th Anniversary Collection paru fin 2012, traduit bien, dans son sous-titre (The Copyright Extension Vol 1) la nouvelle donne législative européenne (droit d’auteurs prolongés de 50 à 70 ans pour tout enregistrement datant de 1963 et plus), judicieusement contournée par Sony et qui, en éditant a minima (une centaine de pièces) et sur l’axe Paris-Londres-Berlin-Stockholm, un coffret de 4 disques et 86 chansons rares et inédites de Dylan enregistrées pour Columbia entre 1962 et 1963, empêche le lot de tomber dans le domaine public en 2013, 50 ans après.

En gros, si ces titres n’ont pas été publiés dans leurs cinq premières décennies, pas de prolongation des droits pour les 20 ans à venir. Vous imaginez le manque à gagner ? Sony se défend de l’aspect mercantile de sa démarche, mais ne discute pas le détournement avéré et sciemment exécuté.

The Freewheelin’ Outtakes 1962 entre bien dans l’esprit de la nouvelle loi. Sa date, 1962, sonne comme un aveu. Souvenez-vous de ce LP, The Freewheelin’ Bob Dylan, le deuxième de son parcours discographique, avec le producteur John H. Hammond aux manettes, Suze Rotolo, suspendue à son bras et des sessions d’enregistrement échelonnées sur quasiment 8 mois.

Celles-ci ont débuté dans la foulée de l’éponyme Bob Dylan, échec commercial cuisant avec des ventes estimées alors à 2500 exemplaires.

Blowin’ In The Wind, Masters Of War, A Hard Rain’s A-Gonna Fall, Girl From The North Country, Don’t Think Twice It’s All Right… c’est l’album des classiques par excellence. La nouvelle mouture intègre, dans sa grande majorité, un matériel de 25 chansons, dont certaines laissées sur le carreau des 8 sessions nécessaires (entre avril et novembre 62 à New-York) pour finaliser l’original. Corrina Corrina et I Shall Be Free sont les seuls points communs aux deux.

Mélange d’originaux figurant nulle part, de prises alternatives, de reprises (le That’s All Right Mama du King notamment) et de chutes de Freewheelin’ (97 des albums indispensables chez Rolling Stone), voilà encore un grand moment historique de l’histoire du Zim en 25 grandes étapes. Un moment clé de sa carrière, piraté comme il se doit.

Les chansons initialement mises au rebut sont très bonnes, la qualité d’enregistrement est impeccable, que demande le peuple ? Il possède la couleur du Bobboots, le goût du Bobboots, mais ce n’est pas du Bobboots. Il n’en demeure pas moins indispensable à tout collectionneur de Dylan (RAZOR©).

 

1. Going to New Orleans.

2. Sally Gal.

3. Corrina, Corrina.

4. The Death of Emmett Till.

5. (I Heard That) Lonesome Whistle.

6. Rocks and Gravel.

7. Sally Gal.

8. Baby Please Don’t Go.

9. Milk Cow’s Calf’s Blues.

10. Wichita (Going to Louisiana).

11. Milk Cow’s Calf’s Blues.

12. Wichita (Going to Louisiana).

13. Baby, I’m In the Mood for You.

14. That’s All Right Mama.

15. Mixed-Up Confusion.

16. Mixed-Up Confusion.

17. That’s All Right Mama.

18. Ballad of Hollis Brown.

19. Whatcha Gonna Do.

20. Hero Blues.

21. Whatcha Gonna Do.

22. I Shall Be Free.

23. I Shall Be Free.

24. Hero Blues.

25. Hero Blues.

 

Bob Dylan:chant,guitare,harmonica.

DISCOGRAPHIE MODERNE.

LP Studio 35 - 2012

 

Bob dylan tempest

 

BOB DYLAN

TEMPEST – 2012  3,5/5

 

Publié en septembre 2012.

Produit par Bob Dylan.

Durée:68:31.

Label:Columbia.

Genre:folk,folk-rock,rock.
 

Une Valda, Bob ?

 

Numéro 35 de la discographie studio de Dylan, Tempest (en écoute intégrale ici) est un choc pour qui est resté sur le freluquet à la voix nasillarde des années 60. Le septuagénaire a pris des rides partout et même son timbre vocal en est affecté, au point que ce qui fit sa touche perso a aujourd’hui quasiment disparu.

Pas sûr que ça plaise, pas sûr que cette métamorphose soit du goût des fans de la première heure, pas sûr non plus que les non-initiés au Bob de 2012 supportent de passer une heure en la compagnie de cet artiste qui n’a jamais paru, à l’oreille, aussi acariâtre. Dylan, 50 ans après ses premiers coups de gratte immortalisés sur acétate, divise toujours autant.

Dès lors, chassez de votre esprit les Blowin’ The Wind de votre jeunesse, le compteur personnel de Dylan affiche des heures de vol avec escales lysergiques, tabagiques et alcooliques ce que sa présente prestation révèle comme jamais peut-être. Il fallait bien passer à la caisse un jour ou l’autre. Le moment est venu, à moins qu’il se force son organe pour se la jouer bluesman…

Quoi qu’il en soit, apprêtez-vous à souffrir avec ce chanteur aux cordes vocales présentement niquées et peinant à cracher ses textes. Qu’il n’ait pas toujours chanté juste, n’est pas nouveau, mais puisqu’ici on focalise plus à ce niveau, cette faiblesse est aujourd’hui plus marquée. Préparez donc les Valdas ou autre Pullmoll.

Derrière ça, il y a un album et je bouffe mon chapeau que tous les fans du Zim seront de celui-ci. Dylan est un mythe (même s’il ne respecte pas toujours son public), n’en déplaise à ceux qui le voient désormais comme une relique du folk-rock.

Donc, jusqu’au bout, il est hors de question de manquer le rendez-vous qu’il nous donne. Même s’il nous a habitués à être là où on ne l’attendait pas ou plus, il a toujours des soubresauts artistiques dignes d’attention, bien que n’apportant plus de perspectives nouvelles à la musique, comme on peut bien l’imaginer à 71 ans. Laissons-le faire ce qu’il sait faire : du Dylan.

Tempest (2012), au titre suggéré par la ballade country-valse du même nom (sorte de chanson de marins de 14 minutes) sur le naufrage du Titanic, puise dans tout ce que recèle la musique américaine : le blues, la country, le rock, le folk, le R & B. Pas de surprise, c’est là qu’il se sert depuis une cinquantaine d’années.

Faute d’avoir la matière suffisante pour publier, comme il le voulait, un album aux dix titres mystiques, le Dylan de Tempest nous propose un répertoire varié qui s’appuie sur l’amour et ses tourments (Long And Wasted Years, Soon After Midnight, Narrow Way), la haine, la violence et les règlements de compte (Tin Angel), la douleur et la mort (Duquesne Whistle, Pay In Blood).

Dans ce fatras musical et lyrique, Dylan tire son épingle du jeu en recyclant les vieilles recettes qui marchent et des titres comme Scarlett Town, Tin Angel, Early Roman Kings, Duquesne Whistle, Tempest ou encore Roll On John (hommage à Lennon) font plutôt bonne figure.

Il ne signe pas pour autant l’album du siècle. On appréciera encore une fois son art légendaire du story-telling, autrement sa grande facilité à déclamer et à étirer ses textes dans une diction qui lui est propre.

Hélas, la voix… Accessible, éclectique, sombre, Tempest ne chamboule rien, pas plus qu’il ne déçoit. C’est un bon cru, mais pas un millésimé : 3,5/5 (RAZOR©).

 

1. Duquesne Whistle.

2. Soon After Midnight.

3. Narrow Way.

4. Long and Wasted Years.

5. Pay In Blood.

6. Scarlet Town.

7. Early Roman Kings.

8. Tin Angel.

9. Tempest.

10. Roll On John.

 

Bob Dylan:guitare,piano,chant.

Tony Garnier:basse.

George G. Receli:batterie.

Donnie Herron:guitare steel,banjo,violon,mandoline.

Charlie Sexton:guitare.

Stu Kimball:guitare.

David Hidalgo:guitare,accordéon,violon.

 

 

LP Studio 36 - 2015

 

Dylan shadows in the night

 

BOB DYLAN

SHADOWS IN THE NIGHT – 2015  4/5

 

Publié le 3 février 2015.

Enregistré en 2014 au Studio Capitol de Los Angeles.

Produit par Jack Frost (pseudo de Bob Dylan).

Durée:35:17.

Label:Columbia Records.

Genre:pop-rock,pop traditionnelle.

 

Brillant et moderne.

 

Le Zim, surnom donné à Bob Dylan, né Zimmermann, nous revient avec un nouveau LP studio, fort d’un excellent lot de 10 titres. 5 ans après le réussi Tempest de 2012, Shadows In The Night (février 2015) vient compléter un catalogue discographique déjà très fourni et prend place au trente sixième rang de ce dernier.

Il effectue un retour avec une collection de chansons qui compte dans le répertoire de l’Oncle Sam, puisqu’appartenant au gratin de ce que les grandes voix américaines comme Ella Fitzgerald ou Tony Bennett, ont interprétées dans les années 40/50, Frank Sinatra en tête qui a couvert tous les morceaux présentement sélectionnés par Dylan.

Dylan est allé faire son marché dans un vivier qui, plus récemment, a également inspiré les Sting, Bette Midler, Harry Connick Jr ou Michael Bublé. La pioche a de quoi surprendre le supporter du barde, resté sur une belle série de cinq beaux LP, unanimement salués par les critiques et vus comme parmi les plus réussis de son mythique parcours (Time Out Of Mind/1997, Love And Left/2001, Modern Times/2006, Together Through Life/2009 et le dernier en date l’excellent Tempest.

En termes de qualité et d’intérêt, Shadows In The Night ne déroge pas à la bonne habitude prise par le Dylan sexagénaire de servir du gratiné, sans jamais trop dévier de la mélodie initiale. Avec une voix qui a toujours été limitée mais que l’avancée dans l’âge semble bonifier, Dylan livre un grand moment de simplicité, d’émotion et de beauté.

Enregistré en live de studio, en une, voire deux prises, sans overdub, sans casque, sans remix, l’exploit n’est pas peu mince pour l’artiste et ses musiciens de donner le jour à un album brillant et moderne que je vous invite à découvrir au plus vite (RAZOR©).

 

1. I’m a Fool to Want You.

2. The Night We Called It a Day.

3. Stay With Me.

4. Autumn Leaves.

5. Why Try to Change Me Now.

6. Some Enchanted Evening.

7. Fool Moon and Empty Arms.

8. Where Are You ?

9. What I’ll Do.

10. That Lucky Old Sun.

 

Bob Dylan:chant,production.

Daniel Fornero:trompette.

Tony Garnier:basse.

Larry G. Hall:trompette.

Dylan Hart:cor français.

Donnie Herron:pedal steel guitare.

Alan Kaplan:trombone.

Stu Kimball:guitare.

Andrew Martin:trombone.

Joseph Meyer:cor français.

George Receli:percussions.

Charlie Sexton:guitare.

Francisco Torres:trombone.

2 votes. Moyenne 4.50 sur 5.