Bob Seger.

 

BOB SEGER/Detroit (Michigan-USA)

 

Bob seger 1972 3

 

Né Robert Clark Seger, le 6 mai 1945, à Dearborn (Michigan-USA).

Actif depuis 1961.

Labels:Hideout,Cameo,Capitol,Palladium.

Genre:rock,roots rock,rock and roll,pop-rock,hard rock.

Site Internet:bobseger.com

Un vivier pour Jojo.

On doit à Johnny Hallyday d'avoir importé le catalogue de Bob Seger dans l'hexagone. En effet, notre Jojo national, le moral dans les chaussettes depuis la mort d'Elvis, entame une nouvelle thérapie américaine après Nashville (deux fois) et Memphis ; il se tourne alors vers la discographie du natif de Detroit pour relancer une carrière qui, en France, bat de l'aile à la fin des 70's.

Old Time Rock And Roll devient, adaptée par Michel Mallaury, le bon vieux temps du Rock And Roll en 1979. Elle sort en pleine période disco dont le rocker français fait alors une lourde indisgestion. Hallyday réaffirme alors son attachement viscéral au Rock And Roll de papa. Le 45 tours se vend à plus de 250.000 exemplaires et prend une 3ème place dans les hits parades où il reste 7 semaines dans le top10, 15 semaines dans le top 100. Johnny est reparti comme en l'an 40.

A de multiples reprises, entre le début des 80's et la fin du siècle précédent, le franco-belge tapera dans la besace de Seger, taillée sur mesure pour lui, pour réactiver un parcours artistique alors en dents de scie : Feel Like A Number (Perdu dans le Nombre/1980), Brave Strangers (Deux Etrangers/1981), Still The Same (Toujours le Même/1981), Like A Rock (Comme un Rock/1996).

Un répertoire sauvage, riche, puissant...

C'est toutefois avec le survitaminé Mon P'tit Loup, ça va faire mal ce soir (Betty Lou's Getting Out Tonight/1984) qu'il montre qu'il est encore le taulier sur ses terres. Le répertoire rock and roll sauvage et efficace de Bob Seger s'y prête allègrement. Riche, puissante, tonique, la discographie de l'américain, ami intime du regretté Glenn Frey, est un vivier fort de grandes réussites. Outre Old Time Rock And Roll et Still The Same, citons également Turn The Page, Night Moves, We've Got Tonight, Against The Wind, Shakedown.

Il y a surtout l'inoubliable Like A Rock qui servira, pendant une dizaine d'années, de support musical aux publicités des pick-up de la marque Chevrolet et qui enflamme encore les stades et événements sportifs majeurs aux States. Pour un mec de Detroit, dans la cité (alors) mondiale de l'Automobile, ça en jette !

Bob seger jeuneRobert Clark Seger né le 6 mai 1945 à Dearborn.

Bob seger the town criersPassé par les Town Criers...

Bob seger the omenspuis les Omens...

Bob seger system...avant de fonder le Bob Seger System...

Bob seger silver bulletpuis les Silver Bullets.

Bob seger 1970Bob Seger en 1970.

Bob seger 1976 54 ans plus tard.

Bob seger 1Une attraction internationale.

Bob seger springsteen 2Toujours en concurrence avec le Boss.

Bob seger greatest hitsUn best of qui le maintient à flot dans les 80's.

Une attraction internationale.

Songez qu'en 1968, ce songwriter accompli (il a co-signé Heartache Tonight d'Eagles), pourtant encore inconnu sur le marché national américain, comptait 5 top 10 et caracolait en tête des ventes de disques sur le chaland de Detroit, loin devant les Beatles !

Bob Seger est aujourd'hui un des chanteurs américains préférés du rock avec Bruce Springsteen, avec lequel il est souvent confondu en raison de registres musicaux et vocaux très proches. Il est aussi un des plus gros vendeurs de disques ; ses ventes d'albums se chiffrent en plusieurs dizaines de millions d'unités et ses Greatest Hits font régulièrement l'objet de véritables razzias.

Tout n'a pourtant pas été rose pour lui et son ascension s'est faite dans la durée. Lentement, progressivement, parfois dans la douleur, souvent dans le dur... Bob Seger s'est constitué un noyau de fidèles qui ne l'ont jamais lâchés depuis ses débuts, au début des 60's. Son passage chez Capitol en 1968 et sa belle période 1976/1980 ont respectivement contribué à lancer, puis à relancer sa carrière.

Les débuts difficiles de Detroit.

Fils d'un infirmier pour Ford, Bob Seger est né Robert Clark Seger le 6 mai 1945 à Dearborn, ville de la banlieue de Detroit dans le Michigan. A l'hôpital Henry Ford pour être plus précis et pour mettre un terme au flou qui accompagne habituellement son lieu de naissance. Ann Arbor, objet de l'habituelle confusion, la famille y déménage quand le jeune Robert a 5/6 ans. Jusque là, elle vit à Dearborn.

Le père de Bob Seger, dans les années 40, ayant été à la tête d'un big band de 13 musiciens, le Stewart Seger Orchestra, il y a toujours chez les Seger un instrument à portée de main : piano, basse (comme papa), guitare, saxophone, ukulélé, clarinette... de quoi favoriser son éclosion dans la musique.

C'est par la clarinette qu'il fait ses premiers pas dans cet univers. Pendant deux ans, son père le pousse à répéter ses gammes, malgré l'aversion de Robert pour l'instrument à vent et le désaccord de sa mère qui ne veut pas revivre avec son fils les 20 années d'absence de son mari et du chef de famille.

Tiraillé entre un paternel pas très affectueux à son égard et voulant voir son fils réaliser la carrière que lui-même n'a pu voir aboutir et une mère visant à protéger ses enfants des problèmes rencontrés alors par le couple, Robert Seger se retrouve seul. Avec ses doutes, ses interrogations, ses choix et ses convictions.

Il a 10 ans quand Stewart quitte le domicile conjugal pour la Californie. Son frère George, de 4 ans son aîné, doit aller travailler pour nourrir la famille, sa mère fait des ménages. La famille de Bob, alors ancrée dans les classes moyennes, bascule dans la promiscuité : la maman et ses trois enfants vivent dans une misérable pièce.

Robert se renferme un peu plus, mais tire les leçons de cette expérience. Son père démissionnaire ayant raté sa vie, Bob va se mettre en tête de réussir la sienne et de prouver à sa mère que le vrai musicien dans la famille, c'est lui.

Le rock chevillé au corps.

Malgré les difficultés financières, il poursuit une scolarité normale à Tappan Middle School, puis à Ann Arbor School dont il sort diplômé en 1963. Il ne poursuit pas longtemps ses études car, depuis quelques années, il est déjà très absorbé par la musique et le rock and roll notamment. Elvis Presley, Little Richard sont ses premières inspirations musicales.

Il a 16 ans quand il monte, avec Pete Stranger et HB Hunter, son premier groupe, The Decibels. Cette formation scolaire de doo-wop, auteur d'une démo (The Lonely One/1961) se produit sur le circuit de Detroit. Le titre passe (une seule fois) sur une radio locale, WPAG. Ses premiers titres datent de son passage dans les Decibels (The Lonely One, Jackie The Thief).

The Town Criers (Bob Seger, John Flis, Larry Mason et Pep Perrine) prend le relais des Decibels et devient le groupe attitré d'un club de Jackson. En plus du rock and roll de ses premières amours, Bob Seger s'ouvre au R & B par la voie de James Brown et à la pop des Beatles débarqués, dans la folie que l'on sait, sur les côtes américaines.

Signé par Capitol.

Bob Deger rencontre alors Doug Brown, un vétéran de la place, qui l'intègre à sa formation Doug Brown And The Omens en qualité de chanteur et d'organiste. Bob Seger prend part à l'enregistrement de Thank's Goodness It's Friday (TGIF) en 1965, succès modéré, et profite de l'opportunité offerte par l'imprésario des Omens (Dave Leone) d'enregistrer un de ses titres (East Side Story/Hideout - janvier 1966).

La chanson, vendue à 50.000 exemplaires, fait un tabac à Detroit. Le label Hideout est dépassé par la réussite du titre ; Cameo-Parkway la reprend à son compte. Bob Seger forme alors son propre groupe pour aller la promouvoir : Bob Seger And The Last Heard signe 4 singles supplémentaires, Sock It To Me Santa, Persecution Smith, Vagrant Winter et Heavy Music (N°103 et 60.000 exemplaires vendus). Alors qu'il commence à prendre une envergure nationale, le label Cameo/Parkway dépose le bilan (1967).

Ce nouveau statut n'échappe pas aux grandes maisons de disques, aussi n'est-il pas surprenant que Capitol Records lui fasse les yeux doux. Capitol enlève le marché malgré une offre beaucoup plus conséquente de Motown.

Au printemps 1968, quand il signe son premier gros contrat, l'artiste troque son Bob Seger and The Last Heard contre The Bob Seger System. La carrière de Seger prend dès lors une autre tournure.

Le Silver Bullet Band pour rebondir.

Après un premier single anti-militariste modeste (2 + 2= ?), Ramblin' Gamblin' Man (1968) atteint la 17ème place des charts. La chanson de Seger nourrit un premier vivier de fans, parmi lesquels sa mère, grande admiratrice de son rejeton, et Stewart Seger qui, avant de mourir la même année dans l'incendie de son appartenant, a pu savourer tout le chemin parcouru par son fiston et lui dire toute sa grande fierté.

Incapable de concrétiser malgré quelques beaux soubresauts, il faudra attendre 1977 et Night Moves pour que le rockeur de Detroit revienne dans ces classements. Les doutes l'assaillent, au point qu'il envisage même de reprendre ses études.

Hormis l'album Ramblin' Gamblin' Man (avril 1969), Mongrel (août 1970) mais surtout Seven (mars 1974) et Beautiful Loser (avril 1975) bien reçus par la critique (mais pas gagnants dans les bacs), la discographie de Bob Seger sur ce créneau est médiocre, perturbée qu'elle est par la transition de Capitol vers Palladium/Reprise, puis par un retour chez Capitol.

D'autre part, la dissipation du System après Mongrel et son basculement dans un parcours solo ne font rien pour arranger les choses. Seger stagne et il lui faut en passer par le Silver Bullet Band pour retrouver des couleurs.

Live Bullet, élément déclencheur du succès à venir.

La célébrité revient en avril 1976 quand est publié le double Live Bullet. Il vient après 8 albums studio déjà dans la gibecière. En 14 titres et dans le sillage d'un leader qui chante comme si c'était la dernière fois, Seger et ses boulets d'argent livrent une prestation d'une exceptionnelle puissance, devant le public du Cobo Hall de Detroit. Live Bullet reste plus de 3 ans dans les charts, fait disque d'or et s'écoule à plus de 4 millions d'unités. Bob Seger efface ainsi l'ardoise de ses 8 dernières années de galère.

Bob seger theo wargo gettyPhoto Théo Wargo - Getty Images.

« Les fans veulent entendre les anciennes chansons. Il est donc de ma responsabilité de les satisfaire. Je fais ça depuis 50 ans. Ce n'est pas mon spectacle, c'est le leur. Il est donc normal qu'ils aient en retour ce qu'ils veulent entendre. C'est difficile de leur servir du réchauffé, nous les rafraîchissons, mais nous ne voulons pas décevoir les gens. Mon plaisir passe après, ils ont payé c'est normal. » (Bob Seger)

Le 9ème LP, Night Moves (octobre 1976), enregistré avant la tournée donnant le jour à Live Bullet, fait entrer Bob Seger dans la cour des très grands du rock. Il réunit tout ce qui a germé dans les albums studio précédents mais qui n'a jamais levé. Ici, non seulement ça lève mais en plus, ça paie.

Efficace comme jamais, Bob Seger nous balance en pleine face un lot de titres fabuleux : Night Moves, Mainstreet, Mary Lou, Rock And Roll Never Forgets, Sunburst... L'album se classe 8ème du Billboard, sa chanson-titre fait 4 et Mainstream 24 des charts.

La consécration avant la traversée du désert.

La dynamique du succès est alors enclenchée et Stranger In Town (mai 1978) ne l'enraye pas. Au contraire, le dixième opus studio, le deuxième avec les Bullets se pare de platine un mois après sa publication. Seger l'a préparé comme nul autre : il y exprime toute sa souffrance. Fort de ses singles Still The Same (N°4), Hollywood Nights (N°12), We've Got Tonite (N°13) et Old Time Rock And Roll (N°28), il consacre Seger.

Les 80's démarrent avec un égal succès mais le rythme des publications s'espace et Bruce Springsteen lui fait de l'ombre. Dans un premier temps, Against The Wind (février 1980) complète le triptyque magique de Bob Seger & The Silver Bullets. La chanson-titre, Fire Lake et You'll Accompagny Me se classent respectivement 5ème, 6ème et 14ème des hits.

Ride Out pour refermer le chapitre Seger ?

Après Against The Wind, seuls deux albums studio meublent la discographie (The Distance/1982 et Like A Rock/1986). Idem pour les années 90 : The Fire Inside (1991) et It's A Mystery (1995). Les live et Greatest Hits le maintiennent à flots avant qu'un accident de la circulation ne l'éloigne une dizaine d'années durant du milieu de la musique. Il partage alors son inactivité forcée à l'éducation de ses deux enfants.

Face The Promise marque son retour en studio en 2006, soit deux ans après avoir été honoré par le Rock & roll Hall of Fame pour l'ensemble de son oeuvre. Porté par le single Wait For Me, il est encore disque de platine, preuve s'il en est que Bob Seger séduit toujours au fil des décennies.

Dernier en date, le satisfaisant Ride Out (octobre 2014), 17ème levée discographique, est peut-être son dernier disque. Raison invoquée : des cordes vocales mises à mal depuis 5 décennies ; l'avenir nous le dira (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 9 - 1977

 

Bob seger night moves

 

BOB SEGER

NIGHT MOVES – 1976  5/5

 

Publié en octobre 1976.

Produit par Bob Seger,Jack Richardson,Punch Andrews.

Durée:36:50.

Label:Capitol.

Genre:rock.

 

Dans la cour des grands.

 

Considéré comme une des meilleures publications de la période 1976/77, Night Moves (en écoute intégrale ici) est le neuvième album studio de Bob Seger. Etouffé par les deux monstres sacrés du catalogue que sont Stranger In Town et Against The Wind, il n'en constitue pas moins une pièce forte de la discographie du musicien de Detroit, fort de ses pièces incendiaires comme le morceau-titre, The Fire Down Below, Sunburst, Rock 'n' roll Never Forgets, Mary Lou et Mainstreet notamment.

Bob Seger bénéficie de l'énergie du Silver Bullet Band, ici au sommet de son art et du soutien de la mythique Muscle Shoals Rhythm Section (sur 4 chansons).

Comme il a concocté un lot de neuf titres dont la grande majorité est née sous sa plume et que cette collection est de grande qualité, dotée de sublimes mélodies, d'un gros son et techniquement très bien maîtrisée, bien produite, partagée entre rock qui balance et ballades apaisantes, Seger décroche un énième pompon de platine et vient prendre place dans la production royale des 70's : Beautiful Loser, Stranger In Town, Seven, Against The Wind, Live Bullet et Nine Tonight.

Avec cet album prenant position au 8ème rang du Billboard et la tournée qui va suivre, Bob Seger s'affirme désormais comme une grande star internationale d'autant que la critique, sous le charme, appuie fortement son succès commercial. Night Moves est un incontournable (RAZOR©).

 

1. Rock and Roll Never Forgets.

2. Night Moves.

3. The Fire Down Below.

4. Sunburst.

5. Sunspot Baby.

6. Mainstreet.

7. Come To Poppa.

8. Ship Of Fools.

9. Mary Lou.

 

Chris Campbell,David Hood:basse.

Charlie Allen Martin,Roger Hawkins:batterie.

Drew Abbott,Jimmy Johnson,Joe Miquelon,Pete Carr:guitare.

Barry Beckett,Doug Riley,Robyn Robbins:piano,orgue.

Bob Seger:chant,guitare.

Alto Reed:saxophone.

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.