Cold Blood.

BIOGRAPHIE.

 

COLD BLOOD/Oakland (Californie – USA)

 

Cold blood 1

 

Actif depuis 1969.

Labels:San Francisco Records/Atlantic,Reprise Records,Warner Bros Records,ABC Records,Dig Music.

Genre:rock,blue-eyed-soul,soul-funk rock,heavy funk-rock.

 

La filière heavy funk-rock de Frisco.

Entre 1965 et 1968, Bill Graham règne sur la scène rock de la baie de San Francisco. Le promoteur de spectacles s'est constitué un empire musical prospère influant sur la musique américaine et internationale.

Sous son impulsion, le Fillmore Auditorium et la Winterland Arena deviennent des rendez-vous incontournables pour les groupes de rock psychédélique et pour le mouvement de contre-culture hippie venu de Haight-Asbury.

Ces salles mythiques sont un terrain d'essai formidable pour les formations de la place comme Grateful Dead, Jefferson Airplane, Big Brother & The Holding Company, Quicksilver Messenger Service, mais le Fillmore a ce petit quelque chose en plus. C'est un peu La Mecque de l'acid-rock.

Dans l'ombre de ces formations légendaires, Bill Graham signe une palanquée de groupes aux noms moins ronflants mais qui, néanmoins, contribuent à donner ses lettres de noblesse au San Francisco Sound. Qui pour un contrat d'enregistrement, qui pour passer au Fillmore, Bill Graham n'hésite pas à donner sa chance aux combos dont il flaire le potentiel, l'envie et l'audace. Sans distinction de genre musical.

C'est ce qu'il fait avec Cold Blood, dont la chanteuse et le son l'impressionnent. Il y a du Janis Joplin en Lydia Pense et Pearl étant un peu son bébé, il sait de quoi il retourne. C'est d'ailleurs elle qui met en contact Cold Blood et Bill Graham.

Cold blood bLa filière heavy funk-rock de Frisco.

Cold blood grahamDécouvert,soutenu et lancé par Bill Graham...

Cold blood 2Cold Blood, un big band porté par Lydia Pense.

Cold blood lp 1969Cold Blood (69) : un LP qui touche le Billboard.

Cold blood lydia pence nowToujours actif aujourd'hui sous l'identité de ...

Cold blood lydia pense toujours en placeLydia Pense & Cold Blood.

Une musique en marge de l'acid rock.

Le promoteur auditionne Cold Blood, le prend en sympathie, même s'il sort du cadre habituel de la programmation acid du Fillmore en développant sa propre marque musicale, le East Bay Grease, sorte de heavy funk-rock, puis le signe pour son nouveau label, San Francisco Records, distribué par Atlantic (l'autre étant Fillmore Records, distribué par CBS).

Auprès de Graham, la carrière de Cold Blood bénéficie alors d'un gros coup de pouce. Le groupe devient un des habitués du Fillmore West quand le Fillmore original (l'Auditorium) est transféré vers le Carousel Ballroom à l'été 1968.

Sa musique tonique et captivante, faite d'un mélange de rock, de blues, de jazz et d'influences R & B, si elle se démarque de la production discographique du moment et de la place, révèle un groupe exceptionnel traitant les yeux dans les yeux avec les références du genre, Chicago Transit Authority, Blood Sweat & Tears, Tower Of Power ou Sons Of Chaplin auxquels Cold Blood s'apparente.

Lydia Pense, élément clé du groupe.

A grand renfort de cuivres et de funk/soul, le big band (9 éléments inspirés et créatifs) enflamme alors les salles de Frisco mais, malgré un talent reconnu de tous, il ne décollera jamais vraiment, plombé, d'une part, par la nébulosité des affaires de Graham et notamment par la rivalité entre ses deux maisons de disques, de l'autre, par le peu d'espace laissé par Chicago ou BST. Dommage, c'était un crack.

Cold Blood voit le jour fin 1968. Le guitariste Larry Field en est l'initiateur et est rejoint très rapidement par Lydia Pense dont la voix puissante et soul à la Etta James ou Aretha Franklin, va contribuer pour beaucoup à la popularité du groupe.

Native de San Francisco, la chanteuse n'est pas une novice au poste puisqu'elle a commencé dès 14 ans à chanter dans une formation nord-californienne (The Dimensions). 

Le chant, elle l'a appris sur le tas, dans le Sunset District où elle grandit en chantant à tue-tête les disques que passe son frère aîné. Elle s'enregistre interprétant du Elvis Presley, du Bill Haley.

Son magnéto et son micro, sont ses seuls jouets. Elle a la musique en elle depuis que son père la trimbale de concert en concert. Ce dernier lui apprend à gérer sa voix.

La maison familiale vit au rythme des Bo Diddley, Ray Charles, Frankie Lyman et des radios diffusant du R & B. Elle en est imbibée quand elle rejoint les Dimensions, même si elle est alors cantonnée dans un rôle de torch singer, une chanteuse de ballades. Comme Branda Lee, son idole.

Sur les cendres des Invaders.

Sur les conseils de son entourage, Lydia Pense rejoint les Invaders, première mouture de Cold Blood, pour espérer marcher dans les pas des James Brown, Chuck Berry ou Fats Domino.

The Invaders mute en New Invaders, puis en The Generation avant de se poser sur le nom de Cold Blood, sorte d'orchestre avec une section de cuivres renforcée (2 saxos et 2 trompettes). Dans ce contexte de big band, Lydia Pense travaille sa voix un peu plus fortement que toute autre pour se faire entendre.

Outre Field et Pense, Cold Blood s'articule autour de Rod Ellicot (bassiste), Frank Davis (batteur) et Raul Matute (claviers). La division cuivres s'appuie sur Danny Hull, Jerry Jonutz, saxophonistes, et sur Larry Jonutz et David Padron, trompettistes.

Le Billboard dès 1969.

Cold Blood et sa chanteuse tapent dans l'oeil de Bill Graham à la recherche de groupes pour lancer son label naissant. Ils se retrouvent vite en studio sous la direction du producteur new yorkais David Rubinson (Moby Grape, Santana, Herbie Hancock, Pointer Sisters, Taj Mahal), associé dans la Fillmore Corporation et co-fondateur de San Francisco Records.

Un premier LP est publié en 1969. Enregistré dans les studios du talentueux ingénieur du son, Fred Catero (Bod Dylan, Al Kooper, Santana), cet opus éponyme, mélange d'originaux et de reprises, ne manque pas de peps, loin s'en faut ; faute d'une distribution à la hauteur de l'événement, il s'écoule malheureusement à faible débit et est étouffé dans l'oeuf par la concurrence directe.

Bien que Cold Blood fasse le Billboard (top 30 et 29 semaines dans les charts), les albums Blood Sweat & Tears (N°1/1968) et Chicago Transit Authority (17), 171 semaines dans les classements, se classent nettement mieux.

Catero est reconduit par Fillmore Records pour produire l'excellent deuxième album, Sisyphus (1971), dont le nom réfère à la mythologie grecque. Ce disque plus funky et aux touches latino (Chepito Areas aux percus et Catero à la prod', ça rappelle quelque chose) reste trois mois au Billboard, preuve d'un intérêt croissant pour Cold Blood et de la qualité de l'oeuvre, certainement un des meilleurs Lp du genre.

Les premiers changements s'annoncent alors : Sandy Mckee a remplacé Frank Davis et le trombone vient compléter la section cuivres, tandis que la flûte s'invite.

Cold blood lydia pence portrait

« L'homme Bill Graham était un amour. Regardez ce qu'il a fait. Il a apporté sur un plateau la musique aux gens, mais tous les genres de musique. Dans une même soirée, vous pouviez écouter de tout, du big band au swing en passant par l'acid rock ou le funk. Je pense que ça a été une aubaine pour les jeunes de l'époque de s'ouvrir à et d'entendre ces différents types de musique. » (Lydia Pense)

Redistribution des cartes.

Bill Graham et son label rencontrant leurs premiers ennuis commerciaux, le promoteur ne cache pas son intention de mettre un terme à ses affaires et de fermer ses maisons de disques comme les Fillmore (le san franciscain et le new yorkais).

Cold Blood rebondit en se rapprochant de la division Reprise de Warner Bros. Il y signe, au printemps 1972, First Taste Of Sin (1972), produit par Donny Hataway. Sans Larry Field (remplacé par Michael Sasaki), parti avant les premières sessions du troisième pan discographique. Les cartes sont redistribuées en interne : Matute et Hull se montrent plus à l'écriture.

Un an plus tard sort Thriller, toujours chez Reprise (1973). L'album, dans la continuité de ce qui précède, est raillé pour sa pochette violente. Malgré la progression marquée de ses travaux, Cold Blood n'arrive toujours pas à signer le moindre coup gagnant pour prétendre à mieux. Encore une fois, les san franciscains ne sont pas payés avec Thriller, pourtant très sympa à écouter.

Lydia prend les choses en main.

Pour conjurer ce manque de réussite, le groupe décide alors de tout axer sur Lydia Pense et se renomme Lydia Pense & Cold Blood (1976). C'est aussi le titre du 6ème LP à apparaître au catalogue et le dernier des 70's avant la dissolution du groupe.

Cold Blood, plus que jamais en activité aujourd'hui, continue à se produire sur scène avec Lydia Pense à sa tête et avec les meilleurs musiciens de la Baie (Steve Salinas, Evan Palmerston, Steve Dunne, Rich Armstrong, Rob Zuckerman et Donny Baldwin) Il demeure une formation très prisée du public californien et ce n'est pas Soul Of The Gipsy (2015) qui freinera cet élan, étant une nouvelle grande démonstration de funk et de R & B (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S.

LP Studio 1 - 1969

 

Cold blood lp 1969

 

COLD BLOOD

COLD BLOOD – 1969  4/5

 

Publié en 1969.

Produit par David Rubinson.

Durée:36:21.

Label:San Francisco Records.

Genre:blues,R&B,funk,soul.

 

L'autre face de la Baie.

 

J’ai découvert Cold Blood, groupe de soul-rock-jazz comme beaucoup. En regardant les images du film consacré aux derniers jours du Fillmore West de Bill Graham en juillet 71. En dehors de ça, que tchi, nada, oualou…

Ce big band de la scène R & B san franciscaine des 60’s, doit au célèbre promoteur de concert et à son label d’avoir bien vécu dans le concert de son époque.

Bill, alors qu’il se constituait un véritable empire musical, avait sous son aile une multitude de formations locales qui ont pu enregistrer ou se produire grâce à lui.

Fillmore Records était un véritable exutoire pour tous ces petits groupes du crû qui a duré de 1969 à 1972. Elvin Bishop, Aum, Lamb, le Sawbuck de Ronnie Montrose et le triple coffret Fillmore The Last Days figurent au catalogue de cette maison distribuée par Atlantic, au même titre que Cold Blood.

Cold Blood était un acte majeur de la place (parallèle, dira-t-on) san franiscaine, l’un des plus intéressants du moment. Disparu à la fin des années 70, la formation dont Lydia Pense était l’élément central est revenue aux affaires depuis et tourne désormais sous l’identité originale de Lydia Pense & Cold Blood. Rien de surprenant à ce qu’il en soit ainsi, elle est, comme je vous le dis plus haut, le véritable catalyseur de cette troupe musicale.

On peut parler de troupe à son endroit tant les diverses incarnations qui se sont succédé depuis les années 60 sont particulièrement denses en acteurs. La faute à une section de cuivres assez conséquente, mais à l’image de tout le groupe, solide. C’est ce qu’il ressort de la standing ovation ponctuant sa prestation du Fillmore et ce que confirme son premier LP éponyme de 1969.

Cold Blood est un pur produit de cet impitoyable échiquier californien des années 60 et qui a laissé sur le carreau beaucoup de candidats potentiels à la gloire. Passée par l’école de la Baie, formée aux petits clubs des lieux et aux concerts gratuits dispensés ça-et-là, actrice de la période la plus huppée du Fillmore, la formation de Pense est régulièrement sollicitée dans les festivals de cette période, comme quoi on lui prête de la valeur.

Il faut dire que la voix sensuelle et ravissante de Lydia et le son développé par le groupe sont impressionnants. Le style puissant de sa chanteuse a souvent été comparé à Janis Joplin qui elle-même était cliente de Cold Blood (Bonnie Raitt l’est aussi), ou à Aretha Franklin, tandis que l’on a toujours trouvé des similitudes entre ce groupe et Tower Of Power, dans l’ombre duquel la bande à Pense évoluait.

L’essentiel de la discographie de Cold Blood passe par ses premiers LP : l’éponyme Cold Blood (1969), Sisyphus (1970), First Taste Of Sin (1972), Thriller (1973) et Lydia (1974).

De la fin des années 60 à la fin de la phase Fillmore, c’est là que Cold Blood aura connu ses meilleures heures. Le line-up gravitait alors, outre Lydia Pense, autour de Larry Field (guitare), de Raul Matute (orgue), de Rod Ellicott (Basse), Frank Davis (batterie), la section cuivres étant constituée de Danny Hull et Jerry Jonutz aux différents saxos, de Larry Jonutz et David Padron aux trompettes, de Pat O’ Hara au trombone. Tous sont des musiciens aguerris de l’Area Bay.

L’album Cold Blood ouvre avec un magnifique gospel I Wish I Knew How It Would Feel To Be Free sur lequel la voix puissante et émotionnelle de Lydia s’exprime comme jamais. Ce titre est un des centres d’intérêt du disque avec You Got Me Hummin qui a fait 52 dans les charts.

Dans ce lot de blues et R&B, on retiendra également la reprise de Muddy Waters I Just Want To Make Love To You et Watch Your Step, mais c’est tout l’album qui brille. Il mérite donc une halte à l’issue de laquelle on pige mieux pourquoi Cold Blood fut une référence de ce temps là et suscita l’engouement de Bill Graham, un fin connaisseur en la matière (RAZOR©).

 

Face 1.

1. I Wish I Knew How It Would Feel To Be Free.

2. If You Will.

3. You Got Me Hummin.

 

Face 2.

1. I Just Want To Make Love To You.

2. I'm A Good Woman.

3. Let Me Down Easy.

4. Watch Your Step.

 

Jerry Jonutz:saxophone baryton et alto.

Rod Ellicott:basse.

Frank J. Davis:batterie.

Larry Field:guitare.

Raúl Matute:piano,orgue.

Danny Hull:saxophone ténor.

Carl Leach,David Padrón,Larry Jonutz,Mick Gillette:trompette.

Lydia Pense:chant.

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