Copperhead.

BIOGRAPHIE.

 

COPPERHEAD/San Francisco (Californie)

 

Copperhead 2

 

Actif entre 1970 et 1973.

Label:CBS,Sunshine.

Genre:hard rock,pop rock,rock.

 

L'après Quicksilver de John Cipollina.

Formé en 1970, Copperhead est avant tout le groupe de John Cipollina, 32ème plus grand guitariste de tous les temps pour Rolling Stone et ce n'est pas faire offense à ceux qui ont accompagné Cipo dans cette aventure que de le prétendre.

John Cipollina est le plus connu de ses membres et pour cause, il a tenu, juste avant de fonder Copperhead, la guitare de Quicksilver Messenger Service, pilier de la scène psychédélique du moment. Avec Gary Duncan, son alter-ego au poste, ils ont constitué un duo de guitaristes hors pair, un binôme dont le jeu complémentaire est à jamais associé au San Francisco Sound des 60's. Evoquer Copperhead, c'est donc forcément passer par l'indissociable case Cipollina.

Cipo et la musique, c'est une histoire de famille. Le jumeau de Michaela est né d'une mère chanteuse d'opéra mais il est surtout le frère ainé de Mario Cipollina (plus de 10 ans d'écart), musicien respecté sur la place san franciscaine pour avoir joué notamment dans Stoneground, Montrose, Freelight, All Stars San Francisco, Sound Hole, devenu pendant quelques mois le backing band des tournées de Van Morrison ou encore Huey Lewis And The News dans les années 80.

John et Mario, imbriqué un temps auprès de Van Morrison, ont connu, malgré leurs emplois du temps chargés, le bonheur de pouvoir évoluer ensemble dans plusieurs formations et pas des moindres : Quicksilver Messenger Service, The Frank Novato Band et... Copperhead.

Copperhead 1L'après Quicksilver de Cipollina.

Copperhead cipollinaJohn Cipollina, 32ème guitariste de tous les temps.

Copperhead mcphersonMcPherson, un talent à découvrir.

Copperhead 3Copperhead, punk avant l'heure.

Copperhead lpUn seul LP, mais un beau LP.

La patte de Cipollina.

S'il l'histoire du rock a retenu le natif de Berkeley parmi ses meilleurs praticiens de la six cordes, c'est par le piano qu'il a ses premiers contacts avec la musique et ce, dès l'âge de 2 ans. Le goût pour la guitare électrique lui est venu au début de son adolescence.

Cet asthmatique chronique lui a tout donné depuis la constitution de son premier groupe de bal, The Penetrators, jusqu'à sa mort, le 29 mai 1989, suite à un arrêt cardiaque provoqué par un grave emphysème. Il avait 45 ans, mais ne doutons pas un instant qu'il est allé au bout de ses rêves.

Un groupe informel.

Autour de Cipollina, Copperhead réunit, dès novembre 1970, une unité informelle de musiciens ; le groupe n'a alors pas de but précis jusqu'en 1972 et son passage chez Columbia Records pour lequel il signe un contrat mirobolant d'un million et demi de dollars pour 5 ans.

En fait partie Jim Murray, guitariste et harmoniciste, par ailleurs co-fondateur de Quicksilver Messenger Service, mais qui n'était plus dans l'effectif du groupe san franciscain depuis l'automne 1967, soit peu de temps avant la sortie de son premier LP éponyme (mai 1968), 25 semaines dans les charts US.

Jim McPherson, bassiste, pianiste et ancien de Stained Glass (San Jose), anciennement The Trolls, débarqué à Marin au début des 70's, n'est pas le plus connu non plus. Pourtant avant qu'il ne tombe sérieusement malade et qu'il ne meurt, le pote de Mickey Hart (Grateful Dead) a signé un grand nombre de très belles chansons qui méritent de se pencher un peu plus sur sa carrière.

Il rencontre Cipollina par l'entremise de Ron Polte, manager de QMS, et devient membre de Copperhead ainsi que son songwriter attitré. A son crédit d'auteur-compositeur, Jane, co-écrit avec David Freiberg, dont Jefferson Starship fait un succès en 1979. Sans une disparition précoce, le surdoué Jim McPherson aurait aujourd'hui un C.V. à faire des envieux.

David Weber en est le batteur et percussionniste ; feu Gary Phillipet (alias Gary Phillips), ancien de Freedom Highway et de Earth Quake, le claviériste, tandis que James Hutch Hutchinson, également bassiste (il succède à Pete Sears), assure le chant, Cipollina étant à la guitare, cela coule de source.

Copperhead parmi tant d'autres.

John Cipollina rebondit sur Copperhead quand le torchon commence à brûler entre lui et ses partenaires du très populaire Quicksilver Messenger Service. Et ce, au motif que le guitariste fait de l'ombre au groupe en se dispersant beaucoup trop hors QMS.

Entre les sessions pour les potes de la Baie et son implication dans au moins une dizaine de formations (au hasard, citons Raven, The Dinosaurs, Zero, Terry And The Pirates, Fish & Cip, avec Mickey Hart, Nick Gravenites, Robert Hunter ...), Cipollina est partout et overbooké. Son imbrication musicale boulimique devient un poids pour les auteurs du live anthologique qu'est Happy Trails : lui n'a pas l'intention de réfréner ce rythme dense.

Le divorce est consommé, d'autant que l'ambiance n'est pas au beau fixe au sein de la troupe, notamment depuis le retour de Valenti qui fit partie du processus de formation de QMS avant d'être arrêté et emprisonné pour des faits de drogue. Qui plus est, Cipollina est déçu par les faibles retombées financières de cet album pourtant culte de la place de Frisco. Il tourne temporairement le dos à Quicksilver qui décide, après la perte de Duncan et le passage en trio, de s'offrir une année sabbatique. Jusqu'en 1970, Cipollina reste fidèle à Quicksilver devenu une structure à 6 avec les retours de Duncan et de Valenti.

D'autre part QMS a pris une voie plus folk-rock dans laquelle Cipollina ne se retrouve plus. Le 5 octobre 1970, c'en est fini du partenariat entre le guitariste et ce groupe star de la Baie. Cipollina met le nez à fond dans les sessions d'enregistrement, pour vivre, et joue en dilletante dans des formations locales pour la plupart improvisées et de durée de vie très courte.

Deux ans après Quicksilver...

Les premières heures de Copperhead entrent dans ce cadre récréatif et occasionnel. Elles se situent un peu plus de deux ans après la fin de QMS et impliquent d'abord une formation dans laquelle ça va et ça vient : Casey Sonoban, les frères Cipollina, Jim Murray, Dave Weber et Nicky Hopkins, que Chip' a côtoyé dans le groupe séminal qu'il a quitté en 70. Le groupe répète du côté de Corte Madera où Quicksilver avait ses habitudes.

Au bout de quelques mois, en juin 1972, le label Sunshine de Michael Lang signe Copperhead et lui alloue une avance substantielle pour réaliser un premier album, mais celui-ci ne paraîtra jamais. Alors que le groupe s'estime prêt à se lancer en public, ses projets sont contrecarrés par la désaffectation de Nicky Hopkins, retenu pour une tournée des Stones. Pete Sears saute dans la brèche le temps pour le claviériste londonien d'honorer l'invitation de ses compatriotes. Le line-up est alors toujours fluctuant ; il se stabilise autour du quatuor Cipollina, Philippet, Weber et McPherson.

Copperhead joel servin san francisco chronicle

« Peu importe, le nombre de mauvais concerts qu'il a pu donner, le nombre de groupes mineurs dans lesquels il a joué... John Cipollina n'a jamais perdu sa dignité. Il est resté fidèle à ses valeurs et cow-boy dans l'âme durant tout son parcours. » (Joel Selvin – San Francisco Chronicle)

Fin 72, Columbia Records vient à son tour à la charge et attire Copperhead dans les mailles de ses filets, moyennant le fameux engagement cité précédemment. L'éponyme Copperhead, qui n'est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, certains travaux d'Allman Brothers ou de Lynyrd Skynyrd, découle de ce partenariat. Pourtant, le groupe n'est pas du tout estampillé southern rock ; il n'entre pas pas plus dans la filière rock psychédélique san franciscaine mais se définit plutôt comme une formation punk avant l'heure.

Un LP mais quel LP !

Copperhead (sorti au printemps 1973), l'abum par lequel le groupe se pare d'un nouvel élément, Hutch Hutchinson, appartient au haut du panier du rock. Il aurait pu bénéficier d'une réception plus marquée encore auprès du public si Cipollina, en qualité de fondateur du groupe, avait privilégié un peu plus sa carte personnelle et fait en sorte que le répertoire soit orienté autour de son jeu de guitare impulsif. La fougue légendaire du jeu du guitariste semble ici comme anesthésiée, malgré une qualité indiscutable. Motif : des compositions moins promptes à le faire flamber comme du temps de Quicksilver et à retranscrire son énergie coutumière.

Si cette raison est une explication à l'insuccès du groupe de Cipollina, il ne faut pas pour autant négliger l'importance prise par l'éviction, au moment de la publication du disque, de Clive Davis, manager et producteur qui les a engagés chez Columbia. Soupçonné à l'époque d'être au centre d'une affaire de drogue viant le label, son directeur A & R a été viré par CBS pour détournements de fonds à son profit.

Accaparée par ces ennuis, la maison de disques n'a accordé que peu de soutien et d'intérêt aux protégés de Davis qui avaient encore en magasin de quoi alimenter un nouveau LP, jamais publié hélas. Sans cela, il est patent que Copperhead aurait apporté plus au rock que ce qu'il lui a laissé en héritage. Le refus de Columbia de sortir un deuxième album scelle la fin de Copperhead limogé dans la foulée. Cipollina rebondit alors sur une énième entreprise (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio unique - 1973

 

Copperhead lp

 

COPPERHEAD

COPPERHEAD – 1973  4/5


 

Publié en 1973.

Produit par Copperhead.

Durée:42:46.

Label:Columbia.

Genre:rock,hard rock,pop-rock.

 

Dans le gratin du rock seventies.

 

Après avoir fait le bonheur de Quicksilver Messenger Service, John Cipollina, alors présent dans différents projets d’autres artistes (ce qui lui est souvent mis dans les dents) quitte un groupe alors pris en otage par Dino Valenti. Nous sommes en 1971.

En prenant ses distances avec QMS, il lance progressivement Copperhead (le serpent à sonnettes) sur base d’un line-up informel, dans lequel prirent place tout à tour Nicky Hopkins, Jim McPherson (piano et basse), le demi-frangin de Cipollina (Mario), Jim Murray et Dave Weber (cela durera jusqu’en 1972). Puis, Pete Sears vint relayer Hopkins, en partance pour une tournée avec les Stones et Gary Philippet prit la place de Murray.

Le groupe se fixe enfin, autour de Cipo, avec Gary Philippet, alias Gary Phillips, baptisé « petit soldat de plomb » par Patti Smith (chant et deuxième guitare, moins bon aux claviers et mort en 2007), Hutch Hutchinson (basse), David Weber (batterie) et Jim McPherson (piano et basse).

Alors qu’il est encore en gestation, il compose, répète, se produit sur des petites scènes, se bâtit, lentement mais sûrement, une solide réputation, sous la houlette (du moment) de Michael Lang (Label Sunshine et co-organisateur de Woodstock), pour être complètement rôdé et prêt à enregistrer à l'heure de réaliser un LP éponyme (en écoute intégrale ici), sorti en 73.

Signé par Columbia pour ce projet, ce disque sera le seul album studio de Copperhead, un second de 7 titres ayant été enregistré qui est toujours indisponible sur le marché. Passé inaperçu à sa sortie, on a encore tendance à oublier aujourd'hui qu'il fut un très bon opus des 70's. Il est vrai que la carrière éphémère de Copperhead ne plaide pas en sa faveur.

Emmené par la guitare flamboyante de Cipollina, pas avare de solis durant plus de 42 minutes, porté par un Philippet au chant, alternant hargne et douceur et soutenu par des musiciens au diapason, l’album Copperhead est essentiellement le territoire d'un rock nerveux, entrecoupé d’intermèdes plus bluesy du meilleur effet ; en dépit de sa puissance, l’album reflète cependant mal la force que le groupe était capable de déployer dans ses prestations scéniques.

Débordant d’énergie, Copperhead est une œuvre indispensable au regard du talent de Cipollina.

Le lot ici est pétillant. Du boogie aérien Roller Derby Star (à l’origine un titre des Ducks), du blues comme Kibitzer façon Roadhouse Blues des Doors ou Pawnshop Man, du mélange des genres (Wing-Dang-Doo de McPherson), de la belle ballade comme A Little Hand, des rythmes changeants comme sur They’re Making A Monster, Copperhead s'avère éclectique et solide.

Fait par des musiciens calibrés, il est joué avec une justesse et une précision, avec une vigueur et une puissance telles qu’on pourrait croire que les acteurs, sur le coup, ont tout donné, comme si c’était leur unique occasion de se mettre à plat ventre pour le rock.

Cipo, dont le vibrato de Gibson SG était la caractéristique incomparable, était déjà bien malade, souffrant de troubles respiratoires qui occasionneront son décès le 29 mai 1989. Il est dommage que ce guitar-hero se soit plus consacré aux projets artistiques des autres qu’à sa carrière personnelle.

Son potentiel illimité ne lui a pas permis de s’exprimer suffisamment et complètement pour son propre compte et il est passé à côté d’une carrière qui aurait dû être autrement plus fabuleuse.

A l’heure actuelle, certains ne savent même pas que ce disque énorme existe, que Copperhead a été un des beaux fleurons de Californie. Puisse cette chronique remettre les pendules à l’heure tant il est un incontournable monument du rock. Et unique, qui plus est ! (RAZOR©)

 

1. Roller Derby Star.
2. Kibitzer.
3. Little Hand.
4. Kamikaze.
5. Spin-Spin.
6. Pawnshop Man.
7. Wing-Dang-Doo.
8. They're Making a Monster.
9. Chameleon.


John Cipollina:lead guitare,guitare hawaïenne.

Gary Phillippet:chant,guitare,bottelneck,orgue.

Jim McPherson:chant,piano,basse,percussions.

David Weber:batterie,percussions.

Hutch Hutchinson:basse,chant.

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