Crazy Horse.

BIOGRAPHIE.

 

CRAZY HORSE/Los Angeles (Californie)

 

Crazy horse

 

Actif depuis 1969.

Label:Reprise,Epic,Rhino.

Genre:rock,folk-rock,country-rock,hard rock.

Site:billytalbot.com

 

40 ans dans les pas de Neil Young.

Quand le guitariste Frank Poncho Sampedro s’est coincé les doigts dans la porte du bus de la tournée norvégienne 2013 de Neil Young, c’est tout Crazy Horse qui s’est mis à hurler de douleur. Les ongles écrasés, trois fractures affectant son majeur gauche et deux, son annulaire, Poncho jette l’éponge, contraignant le Loner à annuler les dernières dates prévues sur le circuit européen. Une première depuis 40 ans, Crazy Horse ayant été de toutes les batailles du canadien.

Crazy Horse, vous l’avez bien compris, c’est le groupe qui accompagne, depuis 1969, Neil Young sur 11 albums studio et qu’il réactive en fonction de ses projets. Rendu célèbre pour cette collaboration, Crazy Horse n’en est pas moins un groupe à part entière qui, entre 1971 et 1989, a publié 5 albums studio.

Crazy horse 1

Crazy horse 2

Crazy horse danny whitten

Whitten, Talbot, Molina, pères fondateurs du Cheval Fou.

Crazy Horse puise son origine dans le groupe de doo-wop Danny & The Memories. Le Danny en question, c’est Danny Whitten, que Neil Young écarte de son entourage artistique le 18 novembre 1972, visiblement trop affecté par de graves et récurrents problèmes d’héroïne et que l’on retrouve mort le lendemain d’une prise massive de drogue, d’alcool et de médocs. Le Loner n’en est pas encore remis aujourd’hui.

Le chanteur et guitariste Danny Whitten, ainsi que la section rythmique Billy Talbot (basse) et Ralph Molina (batterie), la seule que Crazy Horse ait jamais connue, migrent d’un trio à un sextet en recrutant les frères Whitsell (George et Leon) et le violoniste Bobby Notkoff.

Danny & The Memories devient alors les Rockets desquels, dès 1968 et la fin de son engagement dans Buffalo Springfield, Neil Young se rapproche. Surtout du trio Whitten, Molina, Talbot, la tierce fondatrice de Crazy Horse qui prend part à l’enregistrement du deuxième LP de Young Everybody Knows This Is Nowhere (Notkoff y fait une pige également). L’album du canadien est crédité comme étant celui de Neil Young avec Crazy Horse (mai 1969).

Dans tous les bons coups du Loner.

En allant au-delà du soutien classique que pourrait avoir un backing band pour un artiste, Crazy Horse accélère sa popularité auprès d’un public qu’il convainc définitivement dans la tournée de promotion qui s’ensuit.

C’est malheureusement le tapage fait autour de la mort de son guitariste pour les raisons évoquées par ailleurs et pour lesquelles Neil Young se sent fautif, qui projette Crazy Horse sous le feu des projecteurs. Whitten, deuxième guitare (Down By The River, Cowgirl In The Sand) et chanteur (Cinnamon Girl) sur Everybody Knows n’y laisse personne insensible sur des titres qui demeurent parmi les plus mémorables du canadien. Ceci explique cela. Rappelons que c’est à la mémoire de son ami Danny que Young signe The Needle & The Damage Done présent sur Harvest (1972).

Crazy hose jack nitzsche

« Crazy Horse est le pendant américain des Rolling Stones. A mon humble avis, Crazy Horse est à Neil Young ce que le Band était à Dylan.

Un complément aussi parfait que la Tequila et le sel. » (Jack Nitzsche)

Le partenariat avec Crazy Horse est reconduit sur After The Gold Rush (1970), le numéro 3 de Young, mais ce dernier, peu de temps après le début des sessions, privilégie l’option Crosby Stills Nash & Young avant de reprendre son LP là où il l’avait laissé. La contribution de Crazy Horse sur ce disque est différente dans la mesure où le groupe se confond avec d’autres musiciens dont Stephen Stills, Nils Lofgren, Jack Nitzsche et Greg Reeves. Seuls trois titres réunissent uniquement Crazy Horse.

Crazy Horse s’émancipe.

Crazy Horse peut désormais faire sans Young. Elargi en quintet (Whitten, Molina, Talbot, Lofgren et Nitzsche), le label du Loner lui permet d’enregistrer un premier opus éponyme, publié en février 1971. Whitten contribue pour 5 titres (et quels titres !), Lofgren et Nitzsche quasiment pour le reste. Cet album exceptionnel ne souffre pas des dérives de son guitariste qui pourtant, va être mis à l’écart par Talbot et Molina pour ses écarts de plus en plus récurrents et répétés.

Les moyens Loose (janvier 1972) et At Crooked Lake (octobre 1972) se font sans Whitten qui, appelé pour assurer la rythmique sur la tournée Harvest avec les Stray Gators (Jack Nitzsche,Ben Keith,Tim Drummond et Kenny Buttrey), ne se montre jamais en phase, musicalement, avec les autres acteurs. Young prend la décision qui s’impose. Ce sont les derniers mots de Young à son ami. Ils sont lourds de conséquence. Danny Whitten avait beaucoup à donner…

Young et Crazy Horse, c’est la tequila et le sel.

A la mort de Whitten, Molina et Talbot deviennent les seuls membres permanents de Crazy Horse. Sans se retirer, ni même s’impliquer complètement, la section rythmique laisse un peu filer l’affaire, épinglant malgré tout, à son catalogue, deux autres LP, Crazy Moon (1978) et Left For Dead (1989).

C’est encore une fois aux côtés de Neil Young que se façonne l’essentiel de sa carrière. Entre 1973 et 2014, une vingtaine d’albums prennent place dans sa discographie.

Frank Sampedro, celui par lequel Young a interrompu sa tournée européenne récemment, intègre Crazy Horse en 1975. Il fait aussitôt l’unanimité auprès de Talbot, Molina et de Young. Quarante ans après, cette association est toujours aussi solide et convaincante comme en témoigne les deux derniers LP nés de leur collaboration, Americana et Psychedelic Pill en 2012 (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1971

 

Crazy horse lp

 

CRAZY HORSE

CRAZY HORSE – 1971  5/5

 

Publié en février 1971.

Produit par Kirby Johnson,Bruce Botnick,Richard Heenan,Spellbound Kelly,Jack Nitzsche.

Durée:38:59.

Label:Reprise Records.

Genre:country-rock,rock.

 

Méga panard en perspective.

 

Rien n’est ici à jeter ! Aucune piste n’est à écarter de ce premier LP, l’éponyme Crazy Horse (Reprise Records - 1971) de la formation que l’on a l’habitude de retrouver derrière Neil Young depuis Everybody Knows This Is Nowhere, et qui l’accompagne encore aujourd’hui. On touche ici le haut niveau.

Le guitariste Whitten (Danny), le bassiste Talbot (Billy) et le batteur Molina (Ralph) constituent l’épine dorsale du groupe. Ce noyau dur est renforcé pour la circonstance par une belle brochette de musiciens qui combinent talent et expérience : le vétéran Jack Nitzsche, un proche de Neil Young depuis l’époque du Buffalo, le guitariste Nils Lofgren, Ry Cooder apparaissant à la slide sur trois titres et Gib Guilbeau, violoniste.

Whitten, Nitzsche, Lofgren se partagent l’écriture d’un répertoire, de ce fait très varié, dans lequel Neil Young concède Dance Dance Dance. Outre son excellent rock lourd et live, une musicalité superbe, Crazy Horse, l’album, tient en haleine par ses délicieuses ballades folk, accroche par ses phases psychédéliques ou ses intermèdes country. Il faut en être impérativement car ces gars apportent le démenti que, sans le père Young, ils auraient pu vaquer à d’autres occupations. Ils vont même jusqu’à prouver à qui veut l’entendre qu’ils auraient pu voguer seuls.

Cet album est très bon, très cohérent et assurément un des meilleurs disques, malheureusement oublié, des années 70. Tous les ingrédients sont donc réunis pour garantir l’assurance d’un méga panard à venir. C’est du XXXL et pourtant…

Ce LP réunit tout, prend le dessus sur beaucoup de produits surfaits ou surévalués sortis dans le même temps, rivalise avec les cadors de l’époque et persiste à végéter dans l’indifférence. Il déborde d’énergie, d’inspiration, d’intensité et, même si, pris individuellement, les musiciens n’ont alors pas un C.V extraordinaire, collectivement il est difficile de faire mieux avec le Band.

Mal payé avec une place de 84 dans les charts amerloques, l’album aurait mérité un meilleur sort. Coltinez-vous le sombre et extraordinaire I Don’t Want To Talk About It, signé d’un Danny Whitten perturbé par les drogues, une des plus belles envolées (ballade) du rock, réactivée en 1975 par Rod Stewart et vous pourrez juger.

L’explosif bluesy Gone Dead Train du tandem Nitzsche/Titelman annonce la couleur, relayé par un air country enjoué dont Molina s’est approprié le chant et magnifié par le violon de Guilbeau. C’est le cadeau du boss Young (Dance Dance Dance) et ça sent bon la terre. Vient alors la première des 5 contributions du moteur de Crazy Horse, Danny Whitten : l’hypnotique Look At All The Things, soutenu par des belles harmonies vocales, qui devance dans l’ordre d’apparition le dénommé Beggar’s Day, un rock simple, bien construit et efficace dont la paternité revient, cette fois-ci, à Nils Lofgren (repris par Nazareth) et dont les paroles sorties de la bouche de Whitten (victime un an plus tard de l’héroïne) sonnent comme prémonitoires.

Puis le taciturne Downtown arrive, dans son costume de truc sinistre et crasseux qui ferait danser un cul-de-jatte et qui, fort injustement, a loupé les lauriers ; on se demande pourquoi et comment, c’est possible d’autant plus qu’il resurgira plus tard sur Tonight’s The Night de Neil Young, un album clé du rock.

L’équipage Nitzsche/Titelman remet le couvert dans un probant Carolay, avant que la slide de Cooder n’occupe le terrain sur un rock à gros riff de Whitten, Dirty Dirty. On retrouve avec plaisir ce dernier dans I’ll Get Back, un des temps forts du LP, coincé entre une deuxième contribution de Lofgren (Nobody), sorte de country-rock progressif avant l’heure et l’excellent Crow Jane Lady, final, titre qui tabasse méchamment.

S’il est un Cheval Fou qu’il faut avoir, c’est celui-ci, qui révèle un groupe encore préservé des écarts de Whitten, rapidement emporté par la drogue. La suite, sans lui, donnera Loose (1972) et At Crooked Lake (1972) deux opus dispensables, pâtissant incontestablement de l’absence de son leader et point focal (RAZOR ©).

 

1. Gone Dead Train.

2. Dance Dance Dance.

3. Look at All the Things.

4. Beggar's Day.

5. I Don't Want to Talk About It.

6. Downtown.

7. Carolay.

8. Dirty, Dirty.

9. Nobody.

10. I'll Get By.

11. Crow Jane Lady.

 

Danny Whitten:guitares,chant,choeurs.

Billy Talbot:basse,choeurs.

Ralph Molina:batterie,choeurs,chant sur 2.

Nils Lofgren:guitares,choeurs,chant sur 4.

Jack Nitzsche:piano,choeurs,chant sur 11.

Ry Cooder:slide guitare sur 5/8/11.

Gib Guilbeau:violon sur 2.

COMPILATION.

Compilation 2005

 

Crazy horse scratchy

 

CRAZY HORSE

SCRATCHY:THE COMPLETE REPRISE RECORDINGS – 2005  5/5

 

Publié le 29 novembre 2005.

Produit par Bruce Botnick,Fred Catero,Jack Nitzsche,Crazy Horse.

Durée:124:07

Label:Rhino Handmade.

Genre:hard rock,country-rock,rock.

 

Un régal.

 

Cette compil’ (épuisée) de 2005, Scratchy : The Complete Reprise Recordings (en écoute intégrale ici), est une aubaine pour les fans de Crazy Horse et notamment pour ceux qui n’ont jamais pu avoir accès au premier album des californiens, l’éponyme de 1971, inspiré, bourré d’énergie et qui montre la voie à suivre à de nombreux artistes.

Il figure ici dans son intégralité sur le premier disque de ce double support, complété par Loose, leur deuxième LP de janvier 1972, que l’on présente souvent, à tort, comme une bricole sans intérêt. Il faut remettre l’église au milieu du village : Loose a tout simplement contre lui de succéder au grandiose premier LP, de sonner plus country et d’être très cool, moins inventif, mais surtout de manquer de la guitare de son génial Danny Whitten. Croyez m’en, Loose a encore du grain à moudre et il y a entre Hit And Run et And She Won’t Even Blow Smoke In My Direction de quoi ne pas regretter d’être venu. Au hasard : Move, Hit And Run, One Thing I Love, All The Little Things,Try, Fait Weather Friend, All Alone Now, I Don’t Believe It ou One Sided Love

Cette collection implique deux line-up, celui de 1971 qui réunit autour de Danny Whitten, Billy Talbot et Ralph Molina, Nils Lofgren et Jack Nitzsche (Ry Cooder et Gib Guilbeau sont invités) et le second, constitué après l’éviction contrainte et forcée de Whitten pour des problèmes de drogue, avec la rythmique Talbot/Molina, George Whitsell, John Blanton et Greg Leroy.

Nommé Scartchy : The Complete Reprise Recordings, il collecte, dans un second temps, des inédits de sessions de l’album éponyme, des faces A et B de Danny & The Memories (Can’t Belp Loving That Girl et Don’t Go) qui préfigure le Crazy Horse à venir et quelques versions alternatives ou inachevées de leur temps. A cela, il faut ajouter, et c’est une curiosité, le titre de Neil Young, When You Dance You Can Really Love. Tout ceci remasterisé, of course. Pour qui connaît l’histoire de ce groupe, la collection ici proposée est une petite pépite qui va au-delà de ce que le fan peut s’imaginer.

Rhino a compilé du costaud et d’entendre Danny Whitten nous revenir en pleine gueule, rien que ça, ça mérite de lâcher quelques brouzoufs dans l’affaire. C’est un régal qu’il faut aller s’offrir. Comme les fêtes de Noël approchent, en étant sage avec Huguette, il doit bien y avoir moyen de la faire flancher. Envers son Raymond, elle peut faire un geste, non ? A condition de pouvoir mettre la main dessus, parce qu’avec 2500 exemplaires, Rhino a tendu les choses plus compliquées. A moins de se rabattre sur l’offre similaire de Wounded Bird de 2013, ce qui revient finalement au même (RAZOR©).

 

Disque 1.

1. Gone Dead Train.

2. Dance Dance Dance.

3. Look at All the Things.

4. Beggar's Day.

5. I Don't Want to Talk About It.

6. Downtown.

7. Carolay.

8. Dirty, Dirty.

9. Nobody.

10. I'll Get By.

11. Crow Jane Lady.

12. Hit and Run.

13. Try.

14. One Thing I Love.

15. Move.

16. All Alone Now.

17. All the Little Things.

18. Fair Weather Friend.

19. You Won't Miss Me.

20. Going Home.

21. I Don't Believe It.

22. Kind of Woman.

23. One Sided Love.

24. And She Won't Even Blow Smoke in My Direction.

 

Disque 2.

1. Dirty, Dirty (version alternative).

2. Scratchy (prises 1-3).

3. Dear Song Singer.

4. Downtown (version longue inédite).

5. Susie's Song (prises 1-5).

6. When You Dance You Can Really Love.

7. Radio Spot.

8. Can't Help Loving That Girl (single de Danny & The Memories).

9. Don't Go (single de Danny & The Memories).

DISCOGRAPHIE AVEC NEIL YOUNG.

LP Studio 2 de Neil Young - 1969

 

Neil young everybody knows

 

NEIL YOUNG

EVERYBODY KNOWS THIS IS NOWHERE – 1969  5/5

 

Publié le 14 mai 1969.

Produit par Neil Young,David Briggs.

Durée:40:29.

Label:Reprise Records.

Genre:country-rock,folk-rock.

 

La griffe Young/Crazy Horse par excellence.

 

La première des nombreuses collaborations avec Crazy Horse passe par Everybody Knows This Is Nowhere (en écoute intégrale ici), deuxième LP de la discographie de Neil Young (1969). On verra par la suite l’importance de cette association, et pour Young, et pour son groupe de soutien, né sur les cendres des Rockets.

Leur partenariat est toujours d’actualité en 2014 et vient dans les derniers mois de donner le jour à deux albums, Americana et Psychedelic Pill et tout récemment à une tournée européenne, hélas interrompue en Norvège, pour cause d’une blessure aux doigts de son guitariste Poncho Sampedro. Le bout de chemin initialement envisagé prend aujourd’hui des allures de voie royale.

Entre belle entrée en matière campagnarde (Cinnamon Girl), caracolées électriques comme l’apocalyptique Cowgirl In The Sand et le mémorable Down By The River, ballades douces et à émotion (le morceau-titre, Round & Round, le tourmenté Running Dry), Everybody Knows installe le son et le style Young, celui qui l’élèvera au rang de mythe dès Harvest et pour lequel il est le plus souvent encensé. Sa marque de fabrique, quoi.

Cet album, c’est la griffe Neil Young - Crazy Horse par excellence, un de leurs meilleurs ouvrages en commun mais une œuvre de référence pour lui, épurée, simple, mélodieuse sur toile de fond folk, country et rock. Dans mon jargon, c’est trop d’la balle. Entendez par là qu’il est un chef d’œuvre, un monument du rock en 7 actes. Le premier et il y en aura tant d’autres (RAZOR©).

 

1. Cinnamon Girl.

2. Everybody Knows This Is Nowhere.

3. Round & Round (It Won't Be Long).

4. Down By The River.

5. The Losing End (When You're On).

6. Running Dry (Requiem For The Rockets).

7. Cowgirl In The Sand.

 

Neil Young:guitare,chant.

Danny Whitten:guitare,chant.

Ralph Molina:batterie,chant.

Billy Talbot:basse.

Robin Lane:guitare sur 3.

Bobby Notkoff:violon sur 6.

LP Studio 3 de Neil Young - 1970

 

Neil young after the gold rush

 

NEIL YOUNG

AFTER THE GOLD RUSH  1970  5/5

 

Publié le 19 septembre 1970.

Produit par Neil Young,David Briggs,Kendall Pacios.

Durée:35:10.

Label:Reprise Records.

Genre:rock,country-rock,folk-rock.

 

L’apogée de Percival.

 

Troisième LP de Neil Young, After The Gold Rush (en écoute intégrale ici) sort un an après Woodstock, en 1970 et fait suite au monumental Everybody Knows This Is Nowhere. Neil Young revient aux affaires et de quelle manière ! Ceux qui pensent qu’il a grillé toutes ses cartouches dans l’album précédent, en sont pour leurs frais. Il a encore de la matière dans la besace, au point que celle-ci compte parmi ce qu’il a fait de mieux dans sa carrière.

La première chose qui frappe à la vue de ce disque, c’est sa pochette. La photo, prise par Joel Bernstein à l’angle des rues Sullivan St. et 3rd West St. de Greenwich Village a été solarisée, d’où cet effet se traduisant par un inversement partiel des noirs et des blancs et donnant l’illusion d’un cliché raté ; c’est pourtant cette photographie que Neil retient comme identité visuelle à son nouveau travail de studio.

La noirceur des tons de la couverture est à l’image de ce que la musique de Young restitue ici : du désespoir, de la mélancolie, du désarroi. Son folk-rock s’avère poignant. En reprenant une gratte sèche qu’il met au service de belles ballades pastorales, plaintives et déchirantes, dont il est coutumier, en les alternant avec des envolées électriques plus corrosives et ravageuses, le Loner, avec le soutien du Crazy Horse (et de Nils Lofgren, de Stephen Stills et Greg Reeves) déjà de l’opus qui précède, signe sa deuxième grande œuvre de rang. Trois LP, deux pics, Neil Young place la barre très haute.

En 35 minutes et 11 plages, Neil Young aligne des classiques : le rageur Southern Man, son hymne anti-racisme, Tell Me Why, Don’t Let It Bring You Down, l’émouvant After The Gold Rush, When You Dance I Can Really Love, Birds, Oh Lonesome Me.

Le splendide After The Gold Rush, fignolé dans l’isolement dans son studio de  Topanga, prépare également le terrain pour le monument à venir : Harvest, un des albums les plus influents que le country-rock ait jamais produit. A ce moment de sa carrière, After The Gold Rush représente encore l’apogée de Percival, mais arrive Harvest qui va changer le cours du rock (RAZOR©).

 

1. Tell Me Why.

2. After the Gold Rush.

3. Only Love Can Break Your Heart.

4. Southern Man.

5. Till the Morning Comes.

6. Oh, Lonesome Me.

7. Don't Let It Bring You Down.

8. Birds.

9. When You Dance I Can Really Love.

11. Cripple Creek Ferry.

 

Neil Young:guitare,piano,harmonica,effets,chant.

Danny Whitten:guitare,chant.

Nils Lofgren:guitare,piano,chant.

Jack Nitzsche:piano.

Billy Talbot:basse.

Greg Reeves:basse.

Ralph Molina:batterie,chant.

Stephen Stills:chant.

Bill Peterson:bugle.

LP Studio 7 de Neil Young - 1975

 

Neil young tonight s

 

NEIL YOUNG

TONIGHT’S THE NIGHT – 1975  5/5

 

Publié le 20 juin 1975.

Produit par Neil Young,David Briggs,Tim Mulligan,Elliot Mazer.

Durée:44:52.

Label:Reprise.

Genre:rock.

 

L’instant de vérité.

 

Le Loner des deux dernières levées, Time Fades Away et On The Beach, recrache le trop-plein de fiel qu’il véhicule en lui depuis la mort par overdose de Dany Whitten, son guitariste de Crazy Horse, répudié à l’amorce de la tournée Harvest.

Si Time Fades Away marque le basculement du canadien d’une ambiance pastorale gentillette (Harvest) dans un monde chaotique et corrosif, si On The Beach est envoyé au casse-pipe par l’éditeur pour atténuer un peu la rage qui couve au détriment de Tonight’s The Night (en écoute intégrale ici) jugé trop sombre pour le public du Loner (et pour les intérêts commerciaux), c’est pourtant ce dernier qui traduit le mieux la Ditch Trilogy, la période noire et douloureuse de Neil Young.

Du spleen et une ambiance noire, voilà comment on pourrait résumer Tonight’s The Night, son huitième album, enregistré en 1973 et sorti en 1975. Sombre et sincère, doux et douloureux, fragile, déchirant, humain….

Neil Young vit mal sa notoriété grandissante et vient de perdre deux amis, Danny Whitten, qu’il avait mis préalablement en garde en lui affectant The Needle And The Damage Done, et Bruce Berry, un de ses techniciens, emporté par le même fléau.

Neil Young, abattu, culpabilise, plonge alors dans une grosse déprime et va écrire toute une série de titres sombres qui reflète ses états d’âme du moment. Le tout porté par une voix fragile qui part en lambeaux pour rajouter au drame et soutenu par un son cru. Bref, on est bien loin de l’ambiance bucolique d’Harvest et du récréatif CSNY, Tonight’s The Night est poignant, un très très grand disque.

Le canadien révolté comme jamais  y hurle sa peine, y crache sa haine, et expose sa grande tristesse. Son blues est sans joie, mais terriblement profond. Tonight’s The Night est un hommage sincère et puissant, son disque le plus personnel.

Alors, vous éteignez la lumière, vous prenez un bon godet, vous fermez les yeux et vous partagez la douleur et l’émotion. Mais accrochez-vous car l’accès est difficile ! Ultime précision : le Loner fait même peur sur la pochette avec son look Charles Manson, cheveux longs, lunettes, noires, costard fripé… Neil Young, qui aime profondément cet album, dit de Tonight’s The Night : « Ne l’écoutez jamais en vous levant ! ». C’est tout dire… (RAZOR©).

 

1. Tonight's The Night.

2. Speakin' Out.

3. World On A String.

4. Borrowed Tune.

5. Come On Baby Let's Go Downtown.

6. Mellow My Mind.

7. Roll Another Number (for The Road).

8. Albuquerque.

9. New Mama.

10. Lookout Joe.

11. Tired Eyes.

12. Tonight's The Night – 2.

 

Neil Young:chant,piano,guitare,harmonica.

Nils Lofgren:guitare,piano,choeurs.

Billy Talbot:basse.

Ralph Molina:batterie.

Ben Keith:guitare,steel guitare,guitare slide,choeurs.

LP Studio 8 de Neil Young - 1975

 

Neil young zuma

 

NEIL YOUNG

ZUMA – 1975  5/5

 

Publié le 10 novembre 1975.

Produit par Neil Young,David briggs,Tim Mulligan.

Durée:36:34.

Label:Reprise.

Genre:rock.

 

Cortez, perle noire.

 

Le coup de cœur que j’ai pour Zuma (en écoute intégrale ici), septième LP studio de Neil Young, n’est pas le fait de sa pochette, c’est une certitude, tant elle peut concourir aux plus crasses du rock. Celle-ci  fait apparaître, sur fond blanc, le dessin puéril et un peu simpliste d’un oiseau appartenant selon toute vraisemblance à la famille des laridés ; la bestiole ailée chevauche le corps allongé d’une femme ayant enlevé le haut pour souscrire à un bain de soleil dans un désert bordé de cactus, de pyramide... Le décor ramène au thème de la plage comme c’était déjà le cas avec On The Beach. Zuma est d’ailleurs le nom d’une plage de Malibu.

Comme un air de déjà vu aussi du côté du backing band en soutien à Neil Young sur ce disque : le Crazy Horse honore ici sa quatrième collaboration avec le canadien. Frank Sampedro, à la guitare, vient d’intégrer la formation de Los Angeles en remplacement de Danny Whitten dont on connaît maintenant la triste destinée et être la cause du mal-être du Loner depuis trois disques. Sa longue déprime couvre la période 1972/1975.

Zuma nous permet de retrouver un artiste qui reprend petit à petit des couleurs sur le plan moral, plus serein, quoi que la sérénité et la douceur de Zuma ne soient qu’apparentes. Finie la phase sombre, ce qui ne signifie pas que l’on récupère le Young d’Harvest pour autant. Non, Percival est encore et toujours un torturé et son travail se veut une fois de plus le miroir de son état d’esprit.

Cela étant, perturbé ou pas, il nous gratifie ici d’un bien bel album rock, puissamment électrique, inspiré et, au final, pas très éloigné de la tierce discographique la plus noire de sa carrière. Outre Crazy Horse, le canadien s’entoure également de Crosby, Stills, Nash, de Tim Drummond et Russ Kunkel.

Autour d’une écriture tourmentée, en s’appuyant sur un chant hésitant, parfois limite, m’autorisant à penser que Young n’a peut-être jamais aussi mal chanté, l’animal blessé panse ses plaies avec une guitare tantôt cradingue, tantôt lumineuse, qui n’a peut-être jamais été plus expressive que sur Zuma. Signe que la blessure n’est pas totalement cicatrisée, mais qu’il sort de sa crise.        

Le cataplasme qu’il s’applique pour accélérer sa remise sur pied tient lieu de remède de cheval au regard du rock sans fioritures de l’excitant et musclé Don’t Cry No Tears. Mais derrière, la déprime reprend ses droits sous les traits de Danger Bird, sorti d’on-ne-sait-où, un des morceaux les plus profonds de son écriture.

L’agressif Drive Back, Barstool Blues et sa guitare qui hurle, le jubilatoire Stupid Girl alternent avec des ballades comme l’amer Pardon My Heart (acoustique), Looking For A Love, pop, et Through My Sails qui réunit le quatuor mythique de Déjà Vu (Crosby, Stills, Nash & Young).

Mais le nec plus ultra de Zuma, c’est le lumineux et sinistre, le puissant et épique Cortez The Killer qui dénonce la violence de la colonisation du continent américain. Supérieur à 7 minutes, l’avant dernier morceau de cette magnifique collection, interdit d’antenne dans l’Espagne franquiste du moment, recèle un des plus beaux solos de Neil et du rock. Ce disque, malgré ses contradictions, c’est une belle claque (RAZOR©).

 

1. Don't Cry No Tears.

2. Danger Bird.

3. Pardon My Heart.

4. Lookin' For A Love.

5. Barstool Blues.

6. Stupid Girl.

7. Drive Back.

8. Cortez The Killer.

9. Through My Sails.

 

Neil Young:guitares,chant.

Frank Sampedro:guitare rythmique sauf 3/9.

Billy Talbot:basse sauf 3/9,choeurs sauf 9.

 Tim Drummond:basse sur 3.

Ralph Molina:batterie sauf 3/9,choeurs sauf 9.

Stephen Stills:basse,choeurs sur 9.

David Crosby,Graham Nash:choeurs sur 9.

Russ Kunkel:congas sur 9.

LP Studio 9 de Neil Young - 1977

 

Neil young american stars

 

NEIL YOUNG

AMERICAN STARS ’N’ BARS – 1977  3/5

 

Publié le 13 juin 1977.

Produit par Neil Young, David Briggs,Tim Mulligan,Elliot Mazer.

Durée:37:54.

Label:Reprise.

Genre:country-rock,folk-rock,blues-rock,rock.

 

Premier vrai bug.

 

Un coup dans le zig, un coup dans le zag. Neil Young n’a pas son pareil pour désarçonner le plus accro de ses fans. Mais là, ça commence à bien faire. Faut le suivre le gaillard ! Et adhérer, ce qui, en l’occurrence, n’est pas le cas en ce qui me concerne. Je ne suis pas du tout preneur de ce neuvième LP studio.

Pour tout dire, c’est même la première fois depuis que je le fréquente que je me détourne d’un disque du canadien. J’y suis revenu plus tard, mais pour l’heure, lassé par sa énième volte face discographique, j’avoue avoir lâché l’affaire. American Stars ’n’ Bars (en écoute intégrale ici), sauvé sur le gong par Like A Hurricane, et encore ce titre plus porteur est loin d’être un des meilleurs qu’il ait fait, est  son premier bug.

Qu’il émerge de ce lot à dominante country, quoi qu’il aurait gagné à être plus concis, ne surprend personne, tant la matière ici concoctée par son auteur est des plus insignifiantes. American Stars’n’Bars est donc la première vraie défaillance dans l’œuvre du canadien.

Dans ce répertoire manquant sérieusement de liant, surnagent  The Old Country Waltz, Will To Love, Saddle Up The Old Palomino, Bite The Bullet, voire Star Of Bethlehem et c’est à peu près tout.

La pochette, pas plus inspirée que ce qu’elle est supposée promouvoir, est cette fois en conformité avec la médiocrité globale de ce travail incohérent, sans âme et sans but. Il ne faut pas être grand clerc pour reconnaître que Neil Young ne s’est pas beaucoup foulé sur le coup, allant même jusqu’à racler les fonds de tiroir pour boucler le LP.

Les raisons quant à l’incohérence et au manque de qualité de cet album tiennent pour beaucoup dans le fait que les titres composant American Stars ‘N’ Bars étaient initialement prévus pour se retrouver sur un disque country folk dont personne ne verra la réalisation.

Son enregistrement s’est étiré entre 1974 (l’époque tourmentée de Young et d’On The Beach) et 1977 et fait appel à des musiciens et choristes qui donnent cette sensation d’éparpillement de son auteur : les Bullets au niveau vocal pour la première partie country (les cinq premières chansons) et le fidèle Crazy Horse.

Inutile donc de traîner plus longtemps dans les parages de cet American Stars ‘N’ Bars, que l’on réservera aux collectionneurs de préférence. Heureusement que Neil Young n’a pas démarré sa carrière par ce disque (RAZOR©).

 

1. The Old Country Waltz.

2. Saddle Up The Old Palomino.

3. Hey Babe.

4. Hold Back The Tears.

5. Bite The Bullet.

6. Star Of Bethlehem.

7. Will To Love.

8. Like A Hurricane.

9. Homegrown.

 

Neil Young:guitare acoustique,guitare électrique,harmonica,chant.

Tim Drummond:basse.

Kart T. Himmel:batterie.

Ben Keith:dobro,guitare,chant.

Frank Sampedro:guitare acoustique,guitare électrique,mellotron.

Billy Talbot:basse,chant.

Ralp Molina:batterie,chant.

Nicolette Larson,Linda Ronstadt,Emmylou Harris:choeurs.

Carole Mayedo:violon.

LP Studio 10 de Neil Young (2 titres) - 1978

 

Neil young comes a time

 

NEIL YOUNG

COMES A TIME – 1978  4,5/5

 

Publié en octobre 1978.

Produit par Neil Young,Ben Keith,Tim Mulligan,David Briggs.

Durée:35:39.

Label:Reprise.

Genre:folk-rock,country-rock.

 

Un retour aux sources.

 

Comes A Time (en écoute intégrale ici) est l’album de la coolitude faite Young. Apaisé, pas pensé pour se canuler la tête, il a pour vocation essentielle de faire passer un très bon moment à l’auditeur. Et c’est le cas. Sorti en 1978, Neil Young revient à un style country-folk-rock qui lui sied à merveille et à une formule Harvest qu’il maîtrise parfaitement. De quoi faire oublier sa précédente sortie studio très en deçà de ses possibilités, le passable American Stars ‘n’ Bars, et la déception née d’une collaboration discutée avec Stephen Stills dans le Stills/Young Band (Long May You Run).

Depuis plus de 10 ans sur le devant de la scène, avec le Buffalo d’abord, en solo, avec Crazy Horse ou sous la bannière de Crosby Stills Nash & Young, le canadien a visiblement grand besoin de mettre les pouces à une vie trépidante de rock star et de s’aménager un temps de pause, de répit.

Il le met à profit comme il se doit. En retrouvant du calme, ce que transpire ce disque pastoral et léger. Si l’ambiance recherchée s’apparente à ce que Young propose dans sa première de carrière, celle tissée autour de son folk-rock, country-rock soft, la performance obtenue n’égale pas pour autant les grandes heures d’Harvest, référence en la matière. Elle s’en approche comme le démontrent les deux titres qui ouvrent l’album : Goin’ Back et Comes A Time.

Même Crazy Horse, qui d’ordinaire travaille en force sur les LP du Loner, se sont acheté une muselière ici pour respecter le ressourcement du boss. Moins électrique, il n’en est pas moins tout aussi bon, témoins les deux belles pièces que sont Look Out For My Love et Lotta Love auxquels il prend part.

La voix de Nicolette Larson vient soutenir celle de Neil dans une grande harmonie vocale comme c’est le cas dans le seul titre électrifié  de Comes A Time, Motorcycle Mama (avec Already One). A relever, une belle reprise du standard folk signé Ian Tyson et datant des années 1960, le superbe Four Strong Winds (repris en français par Hugues Aufray).

Les mélodies sont très agréables, les textes autobiographiques et d’une grande douceur. S’il n’a pas le label de qualité que l’on réserve à Harvest,  Comes A Time n’en est pas moins un très bel album qui rassure les fans sur les possibilités du Loner  à un moment où sa carrière soulève quelques interrogations. Neil Young sait encore y faire et c’est tant mieux pour notre plaisir (RAZOR©).

 

1. Goin' Back.

2. Comes A Time.

3. Look Out For My Love.

4. Lotta Love.

5. Peace Of Mind.

6. Human Highway.

7. Already One.

8. Field Of Opportunity.

9. Motorcycle Mama.

10. Four Strong Winds.

 

Neil Young:guitare,harmonica,chant.

Frank Sampedro:guitare,chant.

Billy Talbot:basse,chant.

Ralph Molina:batterie,chant.

Tim Mulligan:saxophone.

Nicolette Larson:harmonies vocales.

Ben Keith:steel guitare.

Karl Himmel:batterie.

Tim Drummond:basse.

Spooner Oldham:piano.

Rufus Thibodeaux:violon.

Joe Osborn:basse.

Larrie Londin:batterie.

J. J. Cale:guitare électrique.

Farrel Morris:percussions.

Rita Fey:cithare.

Grant Boatwright,John Christopher,Jerry Shook,Vic Jordan,Steve Gibson,Dale Sellers,Ray Edenton:guitares acoustiques.

Shelly Kurland,Stephanie Woolf,Marvin Chantry,Roy Christensen,Gary Vanosdale,Carl Goroditzby,George Binkley,Steve Smith,Larry Harvin,Larry Lasson,Carol Walker,Rebecca Lynch,Virginia Ghristensen,Maryanna Harvin,George Kosmola,Martha Mccrory,Chuck Cochran:cordes.

LP Studio 11 de Neil Young - 1979

 

Neil young rust never sleeps

 

NEIL YOUNG & CRAZY HORSE

RUST NEVER SLEEPS – 1979  5/5

 

Publié en juillet 1979.

Produit par Neil Young,David Briggs,Tim Mulligan.

Durée:38:16.

Label:Reprise.

Genre:rock,hard rock.

 

Et le visage du rock se met à changer.

 

Dernière étape avant une décennie au cours de laquelle Neil Young va beaucoup  voyager à vide, Rust Never Sleeps (en écoute intégrale ici) clôture en beauté les 70’s, période où se concentre principalement  l’intérêt à porter à son œuvre.

Publié dans le sillage du convaincant Comes A Time, pour lequel le canadien a trempé sa plume dans l’encrier ayant servi pour Harvest, le nouveau disque de l’ancien Buffalo, un hybride mi acoustique, mi électrique, se met dans la poche la nouvelle génération punk qui en fait son demi-dieu sur terre, tout en confortant sa base traditionnelle.

La première face est acoustique, riche et splendide ; la seconde électrique, rugissante, rageuse et remarquable. Cette combinaison de deux ambiances contrastées mais chères à son auteur aboutit à un des plus grands disques du catalogue du Loner.

Enregistré en public mais sans l’ambiance live, exception faite de deux chansons (Pocahontas et Sail Away), pendant la tournée américaine de 1978, Rust Never Sleeps, publié en juillet 79, abrite quelques classiques de Young : Pocahontas, Sedan Delivery, Powderfinger et surtout l’inénarrable déclaration punk  Hey Hey My My, qui ouvre et referme respectivement l’album en question sous deux épitaphes, l’acoustique Out Of The Blue et l’électrique et distordue Into The Black.

Album vendeur (plus d’un million d’exemplaires à sa sortie), huitième du Billboard 200, Rust Never Sleeps est aussi doux et sincère qu’il est rageur et dévastateur, et pour cause, il est placé, pour la deuxième moitié de ses titres, sous la tutelle du Crazy Horse. Comme quoi le Loner a décidemment du mal à couper avec les vieux démons qui ont alimentés sa période ditch. Ceux qui suivent sa carrière savent désormais qu’une peccadille suffit pour réactiver la braise enfouie sous une apparente sérénité.

Ce onzième LP et son standard culte suggérera à Kurt Cobain de Nirvana (mort par suicide en 1994) la réflexion suivante, extraite  de ce titre, et insérée dans la lettre d’adieu expliquant son geste létal : « Mieux vaut exploser en vol que de s’éteindre à petit feu », autrement dit It’s Better To Burn Out Than Fade Away, en anglais dans le texte.

Outre les deux versions de Hey Hey, My  My, le pharamineux Pocahontas et la ballade folk Sail Away, le remarquable Powderfinger, Mother’s Welfare, Thrasher, Sedan Delivery sont autant de merveilles qu’il faut entendre au moins une fois dans sa vie.

Rust Never Sleeps est le joyau par lequel Neil Young, au lieu d’être relégué au rang de vieux chnoque du rock & roll va, au contraire, y prolonger son bail (RAZOR©).

 

1. My My,Hey Hey (Out Of The Blue).

2. Thrasher.

3. Ride My Mama.

4. Pocahontas.

5. Sail Away.

6. Powderfinger.

7. Welfare Mothers.

8. Sedan Delivery.

9. Hey Hey,My My (Into The Black).

 

Neil Young:guitare,harmonica,chant.

Billy Talbot:basse,chant.

Ralph Molina:batterie,chant.

Frank “Poncho” Sampedro:guitare.

Joe Osborne:basse.

Nicolette Larson:chant.

LP Studio 32 - 2012

 

Neil young americana

 

NEIL YOUNG & CRAZY HORSE

AMERICANA – 2012  4/5

 

Publié le 5 juin 2012.

Produit par Neil Young,John Hanlon,Mark Humphreys.

Durée:56:50.

Label:Reprise.

Genre:rock,hard rock,folk-rock,Americana.

 

L’effet Crazy Horse.

 

Il faut remonter à 2010 pour situer le dernier album studio de Neil Young (Le Noise), mais cela fait neuf ans (Greendale/2003) que le canadien n’a pas enregistré avec ses potes de 40 ans, le mythique Crazy Horse.

Pour l’événement, car c’en est un, l’attelage des meilleures heures est ressorti du ranch et recomposé au grand complet. Billy Talbot, Ralph Molina et Poncho Sampedro (absent sur Greendale) pointent à l’appel d’Americana (en écoute intégrale ici) qui doit être, si je ne m’abuse quelque chose comme le numéro 34 de son impressionnante et pléthorique discographie.

Il n’aura pas fallu trente secondes pour que tout ce joli monde soit sur la même longueur d’onde de cet Americana qui, comme tout l’indique, rassemble un lot de classiques empruntés au folklore ricain : Oh Susannah, Clementine, This Land Is Your Land, High Flyin’ Bird (Jefferson Airplane), Tom Dooley, Gallows Pole (Led Zep)…

Young et ses acolytes revisitent une Amérique certes galvaudée, mais collant encore de près à cette actualité, les paroles dont certaines sont centenaires, étant toujours aussi pertinentes des décennies plus tard, et lui font subir un traitement sonique sans ménagement.

Ces airs que le temps a érodés, Pépère et ses Chevaux Fous prennent un malin plaisir à leur donner une seconde jeunesse, façon Loner. Les guitares incendiaires frémissent, se distordent comme jamais, perforant quelques tympans au passage, ça réverbère, ça bastonne et ça délire de toutes parts.

Young fait le reste, comme quand il livrait ses joutes les plus épiques avec le Crazy Horse. A 67 balais, le plus américain des canadiens est toujours aussi vert, incisif, et poignant, la voix est toujours aussi crade et limite, mais le toujours jeune homme a encore envie d’en découdre, de donner de l’émotion et vous voudriez qu’on manque ça ?

Faudrait être un sacré bolosse pour passer à côté d’Americana, je vous le dis, qui plus est par les temps de disette actuels. Le pari était osé, mais au final, Young qui jouit d’une grande liberté artistique, réussit parfaitement sa gageure de faire du neuf (et quel neuf !) avec du vieux, de transformer ce répertoire-solution de facilité délicat, parce qu’entré dans la culture populaire, en un brûlot rock labellisé Young. C’est vraiment comme à la bonne époque, ça envoie du lourd, sans temps morts, sans limite. Les retrouvailles sont joyeuses. Serait-ce l’effet Crazy Horse ? Trop fort, le vieux ! Je vous fiche mon billet qu’Americana tiendra largement son rang dans la production de 2012. On parie ? (RAZOR©)

 

1. Oh Susannah.

2. Clementine.

3. Tom Dooley.

4. Gallows Pole.

5. Get A Job.

6. Travel On.

7. High Flyin’ Bird.

8. She’ll Be Comin ’Round The Mountain.

9. This Land Is Your Land.

10. Wayfarin’ Stranger.

11. God Save The Queen.

 

Billy Talbot:basse.

Ralph Molina:batterie.

Poncho Sampedro:guitare.

Neil Young:guitare,chant.

LP Studio 33 - 2012

 

Neil young psychedelic pill

 

NEIL YOUNG & CRAZY HORSE

PSYCHEDELIC PILL – 2012

 

Publié le 30 octobre 2012.

Produit par Neil Young,John Hanlon,Mark Humphreys.

Durée:87:41.

Lable:Reprise.

Genre:rock,hard rock,folk-rock.

 

Papy fait de la résistance.

 

Le père Young en a encore sous la semelle, c'est le moins que l'on puisse reconnaître au regard de son dernier album : Psychedelic Pill (en écoute intégrale ici). Americana, constitué de reprises de standards de la musique américaine et une autobiographie Waging Heavy Peace ont meublé le temps du canadien depuis 2010 et la sortie du mitigé The Noise, au point que certains, impatients de le voir recomposer au plus haut niveau et de proposer des originaux, y voient une panne d'inspiration avérée de l'artiste (ce qu'il craint selon sa biographie) et que d'autres, désabusés par ses derniers objectifs, commencent à perdre confiance en Young.

Le Loner a le chic de n'être jamais là où on l'attend (la lecture de ses mémoires le confirme) et pour le coup, il fait encore montre de son côté imprévisible. Qui l'attendait avec un album aussi long (pas loin de 90 minutes), le plus long qu'il n'ait jamais réalisé et qui vire au double CD, voire au triple vinyle ?

Qui pouvait imaginer qu'il nous ponde un titre tentaculaire et épais à plus de 27 minutes (Driftin' Back) ? Qu'il retrouve pour la deuxième fois de l'année (Americana) son légendaire et fidèle backing band, Crazy Horse, relève du normal. Par contre, il signe pour l'occasion huit nouveaux titres, ce qui pour quelqu'un qui se dit affecté par le syndrome de la page blanche, n'est quand même pas mal. Le paradoxe Neil Young...

Driftin' Back annonce la couleur d'entrée. On parle de rock ici et rapidement le genre de bœuf initial rassure sur le touché de Neil Young qui ne souffre d'aucune atteinte arthritique ; les années n'ont aucune emprise sur lui, l'affaire a la vitalité qu'on aime chez lui.

Cette sorte de jam interminable et parfois improvisée est jouissive, d'autant plus que les potes de plus de 40 ans (la première collaboration remonte à 1969 et Everybody Knows This Is Nowhere), toujours aussi solides au poste et chargés d'électricité comme jamais, jouent quasiment les yeux fermés, laissant au chef le soin de placer, sous le régime de la torture, son instrument de prédilection.

On pourrait arguer la longueur des morceaux de l'album qui à l'image du furieux et acidulé Driftin' Back (27 :36) et à force, pourraient générer l'ennui ; même pas. Ramada Inn (16:49) et Walk Like A Giant (16:27) à propos d'un rock qui pouvait changer le monde, autres galops impétueux sans une quelconque bride sur le cou, on en r'demande tous les jours.

 Pour équilibrer sa nouvelle œuvre, Young alterne les plages rock étirées avec des pièces plus dans les normes (entre 3 et 4 minutes pour 5 d'entre elles), She's Always Dancing culminant à 8 :33.

Parmi celles-ci, la chanson titre (dont une version alternative clôture l'album), lourde et renforcée par un effet flanger saisissant, Born In Ontario qui ramène à la terre qui l'a vu naître et Twisted Road qui réfère aux influences artistiques du bison canadien (Dylan, Dead...), toutes deux faites dans un même moule country-rock dans lequel le Loner + Crazy Horse excellent.

For The Love Of Man est une belle ballade aussi classique et simple que sincère. Reste She's Always Dancing, sorte de chevauchée guitaristique familière chez le canadien (Like A Hurricane ou Cowgirl In The Sand), doublée d'une belle et grande mélodie.

Si on fait les comptes, la pilule en question passe comme une lettre à la poste. La prise de risque est récompensée. Au trente-cinquième échelon de son catalogue studio, le vieux s'offre une vivifiante cure de jeunesse façon Ragged Glory ou Rust Never Sleeps.

Sa collaboration avec son groupe de fidèles musiciens relève plus que jamais du sublime : Young + Crazy Horse, c'est un label dont les groupes rock du moment feraient bien de s'inspirer. Papy fait de la résistance. Il a encore de belles heures devant lui. Quant au blocage devant la page blanche, mon cul, Neil. Pas sur ce que tu nous balances ici. Il a de la gueule ton album. A l'heure actuelle, il y a bien plus lamentable que toi. Au fait, c'est vrai cette histoire comme quoi t'aurais lâché le tarpé ? (RAZOR©).

 

1. Driftin' Back.

2. Psychedelic Pill.

3. Ramada Inn.

4. Born in Ontario.

5. Twisted Road.

6. She's Always Dancing.

7. For the Love of Man.

8. Walk Like a Giant.

9. Psychedelic Pill (Alternate Mix).

 

Neil Young:chant,guitare.

Billy Talbot:basse,chant.

Ralph Molina:batterie.

Frank Sampedro:guitare.

Dan Greco:tambourin,cloche.

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