Dave Mason.

BIOGRAPHIE.

 

DAVE MASON/Worcester (Angleterre)

 

Dave mason 2

 

Né David Thomas Mason,le 10 mai 1946 à Worcester.

Actif depuis 1963.

Label:Blue Thumb,Harvest,CBS.

Genre:rock,folk-rock,pop-rock,rock psychédélique,soft rock

Site Internet:www.davemasonmusic.com

 

Un acteur important de la scène rock.

Bon nombre d'artistes aimeraient afficher le même niveau de qualité dans leur parcours professionnel et artistique que celui dont Dave Mason est l'auteur. Non content d'avoir bourlingué aux quatre coins du globe et côtoyé les grands noms du rock, l'anglais a contribué à la réalisation de quelques-uns des plus beaux albums du genre, que ce soit pour autrui, pour son propre compte ou sous l'égide de Traffic, son fait d'armes le plus marquant. Pour chaque projet, il s'est toujours livré corps et âme, donnant le meilleur de lui-même. Mason est un professionnel respecté du milieu.

Déterminé comme pas deux, il aurait pu tout aussi bien réussir dans la Royale Air Force unité d'élite à laquelle l'adolescent qu'il est alors rêve très fort d'appartenir. Il opte pour la guitare et le rock n'a jamais eu à le regretter, son parcours sous Traffic, fondé avec Jim Capaldi et Steve Winwood ayant débouché une des plus belles pages que la musique britannique et la british invasion aient connue.

Dave mason hellions 2Au sein des Hellions.

Dave mason the deep feeling 63Deep Feeling, juste avant Traffic.

Dave mason trafficLa consécration avec Traffic.

Dave mason 1972Une carrière solo mitigée.

Dave mason delaney bonnie on tourAvec Delaney & Bonnie & Friends.

Dave mason hendrixAvec Hendrix.

De Traffic à Fleetwood Mac.

Hors Traffic, ce fils de confiseurs a également brillé dans des collaborations restées célèbres avec Jimi Hendrix, George Harrison, Eric Clapton, Mama Cass Elliott ou Delaney & Bonnie et Derek and The Dominos. Moins connu du grand public est son passage (deux ans) au sein du prestigieux Fleetwood Mac au milieu des 90's, à la demande de Mick Fleetwood et son statut de producteur du premier LP de Family, en Juillet 1968 : Music In A Doll's House. Toujours actif en 2017, le dernier feuillet de son livre n'est pas prêt d'être tourné.

Né David Thomas Mason, à Worcester en mai 1946 (pas loin de l'endroit qui a vu grandir Robert Plant), il est depuis intronisé au Hall Of Fame en qualité de membre fondateur de Traffic (2004) dont il intègre régulièrement les moutures reformées ces dernières décennies. Seul, cet auteur-compositeur talentueux présente un CV plutôt élogieux, notamment la période qui couvre son passage chez CBS. A ce stade de sa carrière, il est alors un acteur important de la scène musicale rock.

La période pré-Traffic.

Ses débuts dans la musique se font à l'âge de 16 ans ; un an plus tard, il rejoint les Jaguars (avec Michael Mann et Roger Moss), groupe instrumental influencé par les Shadows et auteur d'un seul single, Opus To Spring (1963). Mason intègre ensuite les Hellions (1963), une unité plus éclectique et plus jazz, dans laquelle il rencontre Jim Capaldi.

Les Hellions deviennent une attraction majeure de la place de Worcester où il est le groupe maison du Flamingo Coffee Bar. Cette popularité lui vaut d'honorer un contrat au Star Club de Hambourg à l'été 1964 et surtout de se rôder techniquement.

C'est à cette période et avec Capaldi que le guitariste signe sa première chanson, Shades Of Blue (Pye Records), face B d'un single dont le titre vedette est de Jackie De Shannon : Dream Of You, produit par Kim Fowley.

Au terme de l'expérience Hellions, le duo Capaldi/Mason poursuit quelque temps sous The Deep Feeling. Parallèlement, Mason joue de la guitare pour d'autres formations locales, histoire de se faire un peu d'argent. Il bosse également comme roadie pour le Spencer Davis Group, où il se lie d'amitié avec Steve Winwood, lequel prend de plus en plus d'envergure au sein du groupe. Confiant en ses talents d'interprète et de compositeur, celui-ci marque sa détermination à voler de ses propres ailes.

Le grand saut au printemps 1967.

Dave Mason et Jim Capaldi délaissent le Deep Feeling et adhèrent au projet de Winwood de monter Traffic dès le printemps 1967 après que ce dernier ait pris soin de saborder le populaire Spencer Davis Group. Le trio, complété par Chris Wood devient l'un des groupes les plus influents de tous les temps.

Traffic oscille d'abord entre pop psychédélique, rock, blues et jazz et affiche d'entrée un son qui lui est propre. Si Winwood, Wood et Capaldi font l'identité de Traffic, les chansons fantaisistes de Dave Mason s'affirment à part dans le répertoire. Cette marginalité et son approche artistique différente l'amènent à quitter le groupe après Mr. Fantasy, autrement dit fin 1967. Il est toutefois réintégré dans ses fonctions quelques semaines plus tard, après un séjour californien au cours duquel il a commencé à travailler des morceaux destinés à une carrière solo.

Les retrouvailles se font lors d'une tournée américaine de Traffic ; dans la foulée, il prend part au deuxième opus du groupe, l'éponyme Traffic, placé dans une même veine psychédélique que son prédécesseur. Mr Fantasy et Traffic (octobre 1968), préparés dans la solitude du chalet de Berkshire, sont ce que les anglais ont fait de mieux et Mason y a pris toute sa part.

Dave mason portrait

« Avec Hendrix, ce fut une grande expérience. C'était génial. Il était cool et j'ai eu le bonheur d'être avec lui au bon moment, au bon endroit. Il était assis dans un club londonien, seul. Je me suis dit : je vais aller le saluer et lui parler. Il était un grand fan de Traffic et j'ai eu la chance de pouvoir obtenir de sa part de partager quelques projets avec lui, comme jouer sur Electric Ladyland, All Along The Watchtower, un des grands titres de l'album. C'était amusant, cool et superbe ! Mémorable ! » (Dave Mason)

Des collaborations prestigieuses.

Traffic perturbé, suite à la lubie de Winwood de se rapprocher de Clapton en créant Blind Faith, Mason en profite pour quitter une seconde fois le combo britannique, précipitant la décision de son leader de monter le super groupe qu'il a en tête. Le guitariste rebondit un temps sur Wooden Frog avec Capaldi et Wood auxquels se joint Mike Weaver. On le retrouvera au sein de Traffic en 1969 pour l'album Last Exit et pour Welcome To The Canteen (1971).

Dès 1969, Dave Mason reprend alors le chemin des Etats-Unis. Sans contrat, il vient renforcer Delaney & Bonnie, groupe qui ouvre la tournée anglaise de Blind Faith. Il contribue à l'album Delaney & Bonnie & Friends : On Tour With Eric Clapton, enregistré le 7 décembre 1969 à Fairfield Halls (Croydon). 29 du billboard, 38 au Royaume-Uni en 1970, certifié d'or, l'album est une merveille de live.

Mason est encore dans un bon coup discographique. Comme ce fut le cas, entre autres, durant les 70's, pour Electric Ladyland (Hendrix/68), Beggars Banquet (Rolling Stones/68), All Things Must Pass (George Harrison/70), Song For Beginners (Graham Nash/71), You Can't Argue With A Sick Mind (Joe Walsh/76)... Que des grands disques !

Un carrière solo mitigée malgré CBS.

Blue Thumb Records lui donne l'opportunité de démarrer enfin une carrière solo digne de ce nom: elle connaitra une réussite modérée. Entamée timidement en 1968 par un single du nom de Just For You (Little Woman en face B) pour Island Records, elle débute de la meilleure des manières avec la publication d'un superbe premier LP, Alone Together, sorti en 1970 et réunissant des invités de prestige comme Bonnie Bramlett, Leon Russell, Jim Capaldi, Rita Coolidge, Carl Raddle, John Barbata, Larry Knechtel, Chris Ethridge et Jim Gordon.

Alone Together et l'éponyme Dave Mason de 1974 (CBS) restent à ce jour les meilleures références personnelles de son parcours d'avant 1975. Sa discographie, forte d'une grosse quinzaine de disques aujourd'hui s'est enrichie, dans la deuxième moitié des 70's, de quelques pièces incontournables supplémentaires dont Let It Flow (CBS/1977). Elle se referme sur Future's Past, publié en 2014.

Une centaine de dates par an.

Après une traversée du désert dans les années 80 où la drogue, l'alcool et les mauvais choix prennent le dessus, il rejoint Fleetwood Mac au milieu des 90's. Début 2000, il publie un DVD (Live At Sunrise) enregistré en Floride.

Encore en course aujourd'hui avec son Dave Mason Band, il fait, plus de 50 ans plus tard, toujours preuve de la même énergie, de la même détermination. Assurant une centaine de concerts par an depuis 10 ans, Mason met un point d'honneur à terminer son parcours sur une bonne note. Il y va de son statut de légende du rock (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 60'S AVEC TRAFFIC.

LP Studio 1 - 1967

 

Traffic mr fantasy

 

TRAFFIC

MR FANTASY – 1967  4,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:33:54.

Label:Island.

Genre:rock,rock psychédélique.

 

Un petit régal.

 

Mr Fantasy (en écoute intégrale ici) ouvre le catalogue de Traffic. Sorti en 1967, année psychédélique par excellence au cours de laquelle le groupe anglais, comme beaucoup d’autres formations, y va de son album. A année psychédélique, album psychédélique, cela tombe sous le sens. Celui que nous concocte Traffic pour tenter de faire aussi bien que la norme ambiante du genre, le Sergent Peppers des Beatles, est également un petit régal.

En pluri-instrumentistes émérites qu’ils sont, les membres de Traffic expérimentent ici une palanquée d’instruments qui dotent le LP d’une atmosphère flower power très agréable. Mr Fantasy fleure bon le patchouli et les herbes qui décoiffent.

Subtil mélange de rock, de blues et de jazz, il s’appuie essentiellement sur un répertoire issu du tandem en chef de l’écriture, Jim Capaldi et Steve Winwood. Capaldi pour les textes, Winwood pour la musique. Cependant, ce sont les titres créés par Dave Mason qui se montrent les plus psychédéliques du lot : Utterly Simple, Hope I Never Find Me There et surtout le baroque House For Everyone sont très accrocheurs.

Dear Mr Fantasy et Coloured Rain se situent dans des ambiances différentes, soul pour le premier, plus jazz-rock pour le second, comme le final Giving To You, tandis qu’Heaven Is Your Mind tire vers le pop-psychédélique, Dealer vers l’Espagne et Berkshire Poppies vers le music hall. C’est donc la variété qui prédomine sur ce disque très sympathique et pour le moins réussi, même si on a parfois l’impression d’un gros foutoir dans le répertoire. En fait, Traffic garde toujours le contrôle de la situation, aidé en cela par la production très efficace de Jimmy Miller. A noter aussi la belle ballade No Face No Name No Number avec un Steve Winwood craquant au chant. Cet album est bien de son époque. Aucun doute là-dessus (RAZOR©).

 

1. Heaven Is in Your Mind.

2. Berkshire Poppies.

3. House for Everyone.

4. No Face, No Name, No Number.

5. Dear Mr. Fantasy.

6. Dealer.

7. Utterly Simple.

8. Coloured Rain.

9. Hope I Never Find Me There.

10. Giving to You.

 

Jim Capaldi :batterie,percussions,chant.

Dave Mason:guitare,mellotron,sitar,tambura,shakkai,basse,chœurs.

Steve Winwood:orgue,guitare,basse,piano,clavecin,percussions,chant,arrangements.

Chris Wood:flûte,saxophone,orgue,percussions,choeurs.

LP Studio 2 - 1968

 

Traffic lp 1969

 

TRAFFIC

TRAFFIC – 1968   3,5/5

 

Publié en octobre 1968.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:40:24.

Label:Island.

Genre:rock,folk rock,jazz fusion.

 

Une sensation étrange.

 

Mr Fantasy fut bon, même très bon. Pour enfoncer le clou, renforcer une crédibilité installée des deux côtés de l’Atlantique et prouver qu’il a bien fait de saborder un Spencer Davis Group au sommet de sa popularité au détriment de Traffic, pour lequel il a réuni des multi-instrumentistes avertis et sur la même longueur d’ondes artistique que lui, Steve Winwood mobilise ses partenaires autour du projet Traffic (en écoute intégrale ici), deuxième levée discographique du catalogue.

Sorti à la fin de l’année 1968, le rock psychédélique de Mr Fantasy s’efface au profit d’un mélange de rock, de soul, de psyché et de jazz, une sorte d’acid-jazz en fait. Si Winwood, son orgue et sa voix, tiennent le haut du pavé ici, il n’en limite pas pour autant l’implication de ses collaborateurs parmi lesquels Dave Mason, pourtant parti juste après Mr Fantasy au motif que la balance de l’écriture penche trop en faveur du duo Capaldi/Winwood. Il s’estime un peu le laissé-pour-compte de Traffic, ce à quoi le tandem lui accorde la priorité scripturale de cet album.

5 des 10 titres sont de Mason : l’ouvreur pop-rock effervescent et groovy You Can All Join In, la ballade Don’t Be Sad, Feelin’ Alright, Vagabond Virgin en collaboration avec Capaldi et Cryin’ To Be Heard. En alternance avec ses titres, le répertoire privilégie dans la même proportion les morceaux du tandem maison Capadi/Winwood. Un coup toi, un coup nous.

J’avoue que ces sautes me gênent et je reconnais avoir une préférence pour la dot de Mason qui donnent plus de profondeur au disque, trouvant l’apport du duo moins inspiré et surtout moins entraînant, ce qui ne veut pas dire mauvais. Rien ne l’est ici dans un album qui dont une bonne moitié des titres alimente généralement les best of ou compil’ de Traffic : You Can All Join In, le bluesy Pearly Queen, le soul Who Knows What Tomorrow May Bring, Feelin’ Alright popularisé pat Joe Cocker et Cryin’ To Be Heard.

Mais cette alternance entre Mason, d’un côté, Capaldi/Winwood, de l’autre, empêche de s’installer vraiment dans le disque et nuit à son rendement. Chez moi, en tout cas, il suscite une impression étrange. Ni rééllement convaincant, ni franchement détestable.

Quoi qu’il en soit et c’est suffisamment rare à cette époque pour ne pas mettre le doigt dessus, Traffic, l’album, ne recense que des titres originaux. Encore dans l’esprit du flower power, ce deuxième LP n’est pas mon préféré, pour les raisons évoquées précédemment. D’autres y trouvent leur compte. C’est donc selon ; chacun voit midi à sa porte (RAZOR©).

 

1. You Can All Join In.

2. Pearly Queen.

3. Don't Be Sad.

4. Who Knows What Tomorrow May Bring.

5. Feelin' Alright.

6. Vagabond Virgin.

7. Forty Thousand Headmen.

8. Cryin' to Be Heard.

9. No Time to Live.

10. Means to an End.

 

Jim Capaldi:batterie,percussions,chœurs.

Dave Mason:guitare,basse,sitar,orgue,chant.

Steve Winwood:claviers,guitare,basse,chant.

Chris Wood:flûte,saxophone,percussions.

LP hybride Studio 3/live - 1969

 

Traffic last exit

 

TRAFFIC

LAST EXIT – 1969  2/5

 

Publié en mai 1969.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:34:28.

Label:Island,United Artists.

Genre:rock,rock progressif.

 

Du bricolage mercantile.

 

Steve Winwood a dissous Traffic pour rejoindre ce qui sera l’éphémère Blind Faith, partagé avec Eric Clapton. Pour des raisons contractuelles et commerciales, Island, la maison de disques, cherche à rentabiliser le phénomène Traffic par la sortie de ce Last Exit (en écoute intégrale ici) de mai 1969, Traffic étant, avant sa mise en sommeil, sur une trajectoire ascendante, fort de deux albums très appréciés des fans : les flower power Mr Fantasy et l’éponyme Traffic.

Pour ce, la maison Blackwell assemble, dans la hâte, une suite de titres, piochés à gauche et à droite pour un résultat médiocre et largement en deçà des attentes des fans.

La collecte se concentre essentiellement sur des morceaux tirés de la production originale de Traffic, des singles de 1968, de faces B. Bref, l’album racle les fonds de tiroirs et n’est, en aucun cas, révélateur de qualité de Traffic et de son début de parcours tonitruant.

Très inégal, il se limite, à mon sens, aux seuls Noodle Factory Shangai et à Medicated Goo, placés dans sa première partie. La deuxième est accordée à deux morceaux live (enregistrés au Fillmore West de Frisco), chiants, aux impros interminables et au son détestable. Qui plus est, Mason n’étant pas présent (il avait déjà quitté le groupe), ça sonne vachement le creux.

Voilà, rien d’autre à rajouter sinon que les fans se rueront dessus, comme c’est de coutume, car il n’a d’intérêt que son aspect historique. Pas les autres, car c’est vraiment à court de munitions. D’autant plus que les deux faits saillants se retrouvent sur les best of et meilleures compils du groupe. Ce disque est insignifiant ; c’est vous qui voyez, vous êtes prévenus (RAZOR©).

 

1. Just for You.

2. Shanghai Noodle Factory.

3. Something's Got a Hold of My Toe.

4. Withering Tree.

5. Medicated Goo.

6. Feelin' Good (live).

7. Blind Man (live).

 

Steve Winwood:guitare,claviers,chant.

Dave Mason:guitare,chant.

Jim Capaldi:batterie,percussions,chant.

Chris Wood:flûte,claviers.

LP Live - 1971

 

Traffic welcome to the canteen

 

TRAFFIC

WELCOME TO THE CANTEEN – 1971  3/5

 

Publié en septembre 1971.

Durée:39:21.

Label:Island,United Artists.

Genre:rock progressif,jazz-fusion.

 

Un ersatz de live.

 

Welcome To The Canteen (en écoute intégrale ici), enregistré à Londres en 1971, s’inscrit dans la continuité chronologique de John Barleycorn Must Die. Parti en tournée pour promouvoir ce très bon album, Traffic ne puise pas pour autant dans la substantifique moelle du LP de la réunion pour alimenter Welcome To The Canteen de 1971. Pour des raisons contractuelles, bien évidemment.

Welcome To The Canteen est un live, mais un live pas très emballant, même s’il demeure un des disques les plus populaires de Traffic qui, pour l’occasion, voit ses rangs se grossir avec les arrivées de Rick Grech, ramené de l’expérience Blind Faith avec Clapton, de Jim Gordon, également de l’entourage du guitariste pour avoir été de Derek And The Dominos. Jim Gordon est, rappelons-le, co-auteur de Layla avec Slowhand. Derniers larrons à venir gonfler l’effectif : le percussionniste Rebop Kwaku Baah (Dizzy Gillespie) et… Dave Mason qui fait l’accordéon entre l’Angleterre et les Etats-Unis, entre Traffic et ses projets personnels.

Quelle est la finalité première de ce disque ? D’abord mettre à jour son compteur discographique vis-à-vis de l’éditeur. Comme Traffic n’a pas de live à son crédit, Welcome To The Canteen se pose là pour satisfaire les fans.

Deuxièmement, le choix des titres s’avère surprenant et ne répond pas à un disque supposé faire la promotion de John Barleycorn Must Die puisqu’il ne reprend aucune chanson de cet album. Il s’appuie pour 50% sur deux titres de Dave Mason, Sad And Deep As You et Shouldn’t Have Took More Than You Gave, et sur un morceau datant de l’époque du Spencer Davis Group, Gimme Some Lovin’. Le reste consiste en des reprises d’albums antérieurs de Traffic. Certains tirent même abusivement en longueur (Fory Thousand Headmen) et en deviennent d’une monotonie crasse quand la cacophonie s’invite (Gimme Some Lovin’). Même Dear Mr Fantasy boite bas.

Tirent leur épingle du jeu, le sympathique et léger titre pop Medicated Goo et les titres joués par, et de, Dave Mason comme la ballade triste Sad And Deep As You et Shouldn’t Have Took More Than You Gave.

Il ne ressort pas grand-chose de cet opus attribué à la collégialité active de Welcome To The Canteen. Sa non affectation officielle au catalogue de Traffic (la pochette reprend les individualités présentes mais ne mentionne pas Traffic) est un signe supplémentaire que quelque chose cloche ici. Quelque chose qui m’échappe et qui ont nourri jusqu’ici mon désintérêt total pour cet album décousu, passable, faible sur le plan sonore. Un live pour faire suite au travail très concluant de John Barleycorn eut été plus judicieux, mais pas cet ersatz (RAZOR©).

 

1. Medicated Goo.

2. Sad and Deep as You.

3. Forty Thousand Headmen.

4. Shouldn't Have Took More Than You Gave.

5. Dear Mr. Fantasy.

6. Gimme Some Lovin'.

 

Steve Winwood:chant,orgue,piano électrique,guitare.

Chris Wood:saxophone,flûte,piano électrique,orgue.

Jim Capaldi:batterie,choeurs.

Dave Mason:chœurs,lead guitare,guitare acoustique.

Jim Gordon:batterie.

Rebop Kwaku Baah:congas,timbales,bongos.

Ric Grech:basse.

COLLABORATION JIMI HENDRIX EXPERIENCE 60'S.

LP Studio 3 - 1968

 

Jimi hendrix experience electric ladyland 68

 

THE JIMI HENDRIX EXPERIENCE

ELECTRIC LADYLAND – 1968  5/5

 

Publié le 25 octobre 1968.

Produit par Jimi Hendrix.

Durée:75:47.

Label:Track,Polydor,Reprise.

Genre:acid rock,blues-rock,hard rock,rock psychédélique.

 

Chef d'oeuvre.

 

Electric Ladyland (en écoute intégrale ici) referme le chapitre studio du Jimi Hendrix Experience, faisant suite à ses deux monstrueux prédécesseurs discographiques que sont Are You Experienced et Axis : Bold As Love, tous deux sortis en 1967.

Electric Ladyland, double LP à son origine, est publié un an plus tard, sans Chas Chandler à la prod', Hendrix, alors en divergence totale avec son manager sur l'issue à donner au JHE, assurant lui-même la fonction au pupitre. A cette époque, le natif de Seattle est également en conflit avec Noël Redding, le bassiste du JHE, au point que l'ambiance générale annonce une fin proche de l'Experience ; c'est la raison pour laquelle celui auquel on ne conteste pas le statut de leader au regard de la légende qu'il a bâtie en trois albums, est ici parfois amené à tenir la basse.

A l'époque de sa publication anglaise par Track Records, sa pochette ne passe pas inaperçue, loin s'en faut. Elle représente, sur fond noir, un parterre de femmes dénudées allongées et tenant entre leurs mains, pour certaines d'entre elles, les LP qui précèdent.

Dans sa version américaine (Reprise Records), la photo de couverture cadre le visage d'Hendrix, flouté et coloré en rouge et jaune pour l'occasion, Ce visuel, que l'on doit à Karl Ferris (photo) est le plus connu du grand public puisqu'il sert de base aux rééditions en format moderne du LP.

Côté musique, il sort du cadre habituel du JHE puisque musiciens anglais et américains viennent en soutien du trio Hendrix/Redding/Mitchell. A ma droite, les rosbeefs, Stevie Winwood, Chris Wood et Dave Mason débarqués tout droit de Traffic ; à ma gauche, les Yankees : celui que l’on ne présente plus, Jack Casady de Jefferson Airplane, et Hot Tuna, mais aussi Buddy Miles et le grand Al Kooper...

Tout a été dit sur Electric Ladyland (1968) ; c'est l’œuvre maîtresse d’une carrière à laquelle la mort a mis un terme rapidement, ce qui ne surprend personne, compte tenu de l’accoutumance du bluesman pour l’héroïne.

On ne va pas tergiverser des heures sur ce disque culte, on se rend directement à la case départ (sans toucher la prime au passage) et on laisse dérouler les Voodoo Chile, Gypsy Eyes, And The Gods Made Love, Crosstown Traffic et All Along The Watchtower, emprunté, pour la circonstance, à Bob Dylan. Entre grands de ce monde…

C’est culte et c’est assurément un des meilleurs albums de tous les temps. Inutile donc d’en faire des tonnes, Electric Ladyland se doit d’être constamment à vos côtés (RAZOR©).

 

Face 1

1. And The Gods Made Love.

2. Have You Ever Been (to Electric Ladyland).

3. Crosstown Traffic.

4. Voodoo Chile.

 

Face 2.

5. Little Miss Strange.

6. Long Hot Summer Night.

7. Come On (Part 1).

8. Gypsy Eyes.

9. Burning Of The Midnight Lamp.

 

Face 3.

10. Rainy Day.

11. 1983.

12. Moon, Turn The Tides...Gentley Gently Away.

 

Face 4.

13. Still Raining, Still Dreaming.

14. House Burning Down.

15. All Along The Watchtower.

16. Voodoo Chile.

 

Jimi Hendrix:guitare,chant,basse,claviers,kazoo,percussions.

Mitch Mitchell:batterie,percussions.

Noel Redding:basse,chant,guitare acoustique sur 5.

Jack Casady:basse sur 16.

Steve Winwood:orgue Hammond sur 16.

Al Kooper:piano sur 6.

The Sweet Inspirations:chœurs sur 9.

Mike Finnigan:orgue Hammond sur 10/13.

Buddy Miles:batterie sur 10/13.

Larry Faucette:congas sur 10/13.

Fred Smith:saxophone ténor sur 10.

Chris Wood:flûte sur 11.

Dave Mason:guitare acoustique sur 15, chœurs sur 3.

COLLABORATION DELANEY & BONNIE 70'S.

LP Live - 1970

 

Delaney bonnie on tour clapton 70

 

DELANEY & BONNIE & FRIENDS

ON TOUR WITH ERIC CLAPTON – 1970  4,5/5

 

Publié en mars 1970.

Produit par Jimmy Miller, Delaney Bramlett.

Durée:42:35.

Label:Atco.

Genre:rock,soul-rock.

 

Very Exciting !

 

Les Bramlett, à savoir Delaney et Bonnie, ont ouvert le tour américain (à guichets fermés s'il vous plaît!) de Blind Faith, le supposé supergroupe dans lequel Clapton a précédemment évolué en compagnie de Stevie Winwood, Ginger Baker et Rick Grech et qui prend fin en octobre 1969 après leur retour des Etats-Unis.

Décu par les attentes non exaucées de Blind Faith, cette tournée conduit Clapton à s'interroger sur son sort de rock-star, sur la suite à donner à sa carrière ; son analyse personnelle lui dicte de s'effacer un peu plus, de rentrer dans le rang quelque temps.

Mal dans ses baskets, Eric Clapton a l'attention du couple Bramlett duquel il se rapproche pendant les quelques semaines qu'ils passent ensemble (du 12 juillet au 24 août 1969). Le couple a une autre philosophie de la musique ; il ne se prend pas la tête et fait les choses simplement, librement, naturellement. Avec plaisir.

On est donc loin de ce que l'anglais, élevé au rang de légende de la guitare, vit personnellement après des débuts réussis (Yardbirds), leur confirmation (Bluesbreakers) et la consécration (Cream). Clapton y repense quand Blind Faith est sur le point de se séparer et quand la tournée européenne de Delaney & Bonnie s'annonce, il reporte son intérêt sur le couple. Il va pouvoir souffler et se fondre dans un collectif. Il y occupe le poste de simple guitariste et se met volontairement en retrait. Cette tournée donne lieu à un album de Delaney & Bonnie, le dénommé On Tour With Eric Clapton (en écoute intégrale ici), publié en mars 1970.

La collaboration va pourtant s'avérer de courte durée du fait que Clapton cède à nouveau aux sirènes de la gloire, en répondant un peu vite aux invitations de ses amis Beatles et notamment de Lennon et d'Harrison (le fameux l'Angelo Misterioso du disque).

Une série de concerts est planifiée avec l'accord de Robert Stigwood, manager de Clapton, mais c'est celui du Fairfield Fields de Croydon (7 décembre 1969) qui sert de cadre à ce disque. Y prennent part, autour des Bramlett et de Clapton, des musiciens comme Dave Mason, Carl Radle, Jim Gordon, Bobby Whitlock, Bobby Keys et Jim Price, ainsi que la chanteuse Rita Coolidge.

Mélange de country, de blues et de gospel, l'album implique des acteurs que l'on retrouve sur le premier album solo de Clapton sorti à la même époque et nourri des mêmes influences musicales. Comme tout le monde est en grande forme, on tient là un des très grands disques live des 70's, le meilleur pour le compte des Bramlett. Ironie de l'histoire : le noyau dur du groupe des Bramlett est débauché par Clapton pour les besoins de Derek & The Dominos. Very Exciting ! (RAZOR©)

 

1. Things Get Better.

2. Poor Elijah-Tribute to Johnson Medley.

3. Only You Know and I Know.

4. I Don't Want to Discuss It.

5. That's What My Man Is For.

6. Where There's a Will There's a Way.

7. Comin' Home.

8. Little Richard Medley.

 

Bonnie Bramlett:chant.

Delaney Bramlett:guitare,chant.

Eric Clapton:guitare,chant.

Dave Mason:guitare.

Bobby Whitlock:orgue,claviers,chant.

Carl Radle:basse.

Jim Gordon:batterie.

Tex Johnson:percussion.

Doug Bartenfeld:guitare.

Bobby Keys:saxophone.

Jim Price:trombone,trompette.

Rita Coolidge:choeurs.

LP Studio 5 - 1971

 

Delaney bonnie motel shot

 

DELANEY & BONNIE & FRIENDS

MOTEL SHOT – 1971  4,5/5

 

Publié en mars 1971.

Produit par Delaney Bramlett.

Durée:45:46.

Label:Atco.

Genre:country-rock,folk-rock.

 

Un régal !

 

Quand une bande de potes et de bons soldats du rock revient aux fondamentaux, dans le seul souci de se faire et de faire plaisir, on obtient un superbe enregistrement récréatif, informel et spontané, comme ce Motel Shot (en écoute intégrale ici) de 1971 attribué à Delaney & Bonnie & Friends.

Concentré de bonne humeur, de bonheur, de fraîcheur, d’humilité et de décontraction, cette réunion communautaire de stars venues pour le fun est une véritable cure de jouvence qui revisite les racines : country, rock, blues, folk, soul et gospel.

Parmi les plus connues, Duane Allman, Stephen Stills, Joe Cocker, Bobby Keys, Jim Keltner, Dave Mason, Kenny Gradney, John Hartford, Bobby Whitlock, Gram Parsons, Carl Radle, Leon Russell, Clarence White entourent les époux Bramlett.

Ils sont les initiateurs de cette session de fin de soirée fiévreuse, ceux qui donne l'impulsion, essentiellement acoustique et improvisée (l’histoire dit qu’un attaché-case a servi de support pour battre), autour d’originaux comme le très connu Never Ending Song Of Love, Sing My Way Home, Long Road Ahead ou Goin’ Down The Road Feelin’ Bad, de chants traditionnels (Talkin’ About Jesus, Where The Soul Never Dies, Rock Of Ages) et de reprises comme Faded Love (Bob Wills), Don’t Deceive Me (Chuck Willis) ou Come On In My Kitchen de Robert Johnson. La musique que j’aime, elle est là et nulle part ailleurs. Alors… (RAZOR©)

 

1. Where the Soul Never Dies.

2. Will the Circle Be Unbroken.

3. Rock of Ages.

4. Long Road Ahead.

5. Faded Love.

6. Talkin' about Jesus.

7. Come On In My Kitchen.

8. Don't Deceive Me (Please Don't Go).

9. Never Ending Song of Love.

10. Sing My Way Home.

11. Goin' Down the Road Feelin' Bad.

12. Lonesome and a Long Way from Home.

 

Delaney Bramlett:guitare,chant.

Bonnie Bramlett:chant.

Duane Allman:guitare.

Stephen Stills:choeurs.

Ben Benay:guitare.

Joe Cocker:choeurs.

Kenny Gradney:basse.

John Hartford:banjo,violon.

Eddie James:guitare.

Jim Keltner:batterie.

Bobby Keys:saxophone.

Dave Mason:guitare.

Gram Parsons:guitare,choeurs.

Carl Radle:basse.

Leon Russell:piano,claviers.

Clarence White:guitare,choeurs.

Bobby Whitlock:choeurs.

Jay York:choeurs.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Dave mason alone together 70

 

DAVE MASON

ALONE TOGETHER – 1970  5/5

 

Publié en juin 1970.

Produit par Dave Mason,Tommy LiPuma.

Durée:34:38.

Label:Blue Thumb,Harvest.

Genre:rock.

 

Casting de rêve pour LP de rêve.

 

Co-fondateur de Traffic avec Steve Winwood, Chris Wood et Jim Capaldi, groupe qu’il quitte après l’enregistrement du premier album Mr. Fantasy (1967) pour le réintégrer en plein milieu des sessions de l’éponyme Traffic (1968) juste avant qu’il ne capote en 1969, Dave Mason s’est fait un nom au sein de cette formation essentielle du rock pour laquelle il a largement contribué tant à la guitare, qu’au chant ou à l’écriture.

En divergence artistique avec ses ex-collaborateurs de Traffic, il prend le parti de voler de ses propres ailes et c’est avec Alone Together (en écoute intégrale ici) en 1970 que le grand saut en solo s’effectue.

Bien lui en prend car pour un coup d’essai, ce LP est un coup de maître, brassant autour de son nom une multitude d’avis très favorables. En faisant appel à de multiples musiciens rencontrés au contact de tournées sous la bannière Delaney & Bonnie & Friends (1969/70), Mason se retrouve avec une flopée d’invités parmi lesquels Delaney Bramlett, Bonnie sa femme, Leon Russell, Carl Radle, Chris Ethridge, Larry Knechtel, le pote Capaldi, Jim Gordon, Jim Keltner, John Barbata, Michael Detemple, Don Preston, John Simon, Rita et Mike Coolidge…

Mason étale au grand jour tous ses talents de compositeur, guitariste et de chanteur, ce dernier rôle se mariant parfaitement aux harmonies vocales des voix invitées. Chacun des huit titres (pop/rock) ici proposés sont simples, accrocheurs car dotés de belles mélodies, très bien construits et particulièrement excitants au point de considérer cet album comme son summum artistique.

Mason le cachotier avait ainsi quelques raisons de ne pas donner suite à l’entreprise Traffic si l’on en juge par l’exceptionnel Only You Know And I Know, Waitin’ On You (boogie), Look At You Look At Me, Just A Song et son banjo, World In Changes et son orgue brillant ou encore Should’nt Have Took More Than You Gave. Encore un classique du rock, vous pouvez m’en croire (RAZOR©).

 

1. Only You Know and I Know .

2. Can't Stop Worrying, Can't Stop Loving.

3. Waitin' on You.

4. Shouldn't Have Took More Than You Gave.

5. World in Changes.

6. Sad and Deep as You.

7. Just a Song.

8. Look at You, Look at Me.

 

Dave Mason:guitare,chant.

Delaney Bramlett:guitare,choeurs.

Carl Radle,Chris Ethridge,Larry Knechtel:basse.

Jim Capaldi,Jim Gordon,Jim Keltner,John Barbata:batterie.

Michael DeTemple:guitare.

Don Preston,John Simon,Leon Russell:claviers.

Bonnie Bramlett,Rita Coolidge,Mike Coolidge,Claudia Lennear,Lou Cooper,Bob Norwood,Jack Storti:choeurs.

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