David Crosby.

BIOGRAPHIE.

 

DAVID CROSBY/Los Angeles (Californie)

 

Crosby titre 1

 

Né le 14 août 1941 à Los Angeles (USA).

Actif depuis 1963.

Labels:Atlantic,A&M,Rhino.

Genre:rock,folk-rock.

Site officiel:www.davidcrosby.com

 

Entre âge d'or et descente aux enfers.

David Crosby est une figure de proue incontournable du rock des 60's et 70's. Sa vie d'artiste est bien remplie ; elle a fait de lui une icône du milieu des rockers californiens, mais elle ne lui a pas toujours été favorable, au regard des drogues et alcools qu'il a consommés abusivement et pendant très longtemps, de leurs conséquences (santé, internement, prison).

Son parcours de rock star l'a usé jusqu'à la corde, affaibli au point de cumuler les accidents corporels, faisant souvent craindre le pire pour lui ; il frôle même l'irrémédiable dans les années 80 et s'en sort par un trou de souris à plusieurs reprises. Son âge d'or a été sa descente aux enfers. Ce sont ses seules fausses notes, car pour le reste...  

Croz est un miraculé et aujourd'hui, après plus de 50 ans de bons et loyaux services au rock, malgré de nouveaux ennuis de santé en 2014, notre plaisir est immense que de retrouver de la flamme dans les yeux pétilants et rieurs de ce jouisseur indestructible et idéaliste aux mille vies (75 ans).

Dans les meilleurs coups du rock des 60's et 70's.

Membre de formations cultes du rock, les Byrds d'abord, puis Crosby, Stills Nash avec ou sans Young, David Crosby n'est pas le plus démonstratif des acteurs de ces deux grosses cavaleries des années 60 et 70. Discret et moins prolifique que les Gene Clark, Roger McGuinn, Stephen Stills, Graham Nash et Neil Young pour composer, aussi doué cependant car il a pondu quelques belles pépites dans sa carrière, il préfère depuis toujours se mettre en évidence par le moyen dont l'a doté la nature et qui l'a porté au pinacle : sa voix unique et l'harmonie parfaite qu'elle fonde avec celle de ses partenaires, Byrds comme Crosby Stills & Nash (& Young) ou, depuis un long moment et au nom d'une amitié indéfectible avec l'ancien Hollies, dans le duo avec Graham Nash. Et là, le Croz, il est à son aise. Comme il l'est guitare en bandoulière où son jeu en fingerpicking est particulièrement apprécié. C'est d'ailleurs par ce biais qu'il met le pied à l'étrier, en 1963, aidé en cela par un certain Fred Neil qui organise son premier enregistrement.

Le cadre de ses débuts s'appelle Greenwich Village, qu'il rejoint en tournant le dos à sa californie natale, décidé comme tous ceux de la génération Dylan, à prendre sa part dans le folk revival ambiant de Manhattan. Tout ce que l'Amérique compte d'artistes, de chanteurs, d'écrivains, de poètes, de peintres, tout ce qui se revendique beat et qui va constituer l'avant-garde de la mouvance hippie, est ici concentré.

Dans ce contexte, ce fils de cinéaste renommé (Floyd Crosby), avec l'appui de son frère Chip, se sert de cette trépidante scène folk pour fourbir ses premières armes musicales sérieuses, goûter aux premiers interdits (herbe, acides) avant de prendre son ticket retour pour Los Angeles un an plus tard.

De Jet Set aux Byrds en passant par les Beefeaters.

Crosby est né à Los Angeles le 14 août 1941. Sa scolarité n'est pas des meilleures, rythmée qu'elle est par les déménagements engendrés par la profession paternelle. David préfère la musique ; il prend des cours de guitare dans une école sélective, la Cate School (Capinteria), de laquelle il ressort diplômé, avant de suivre des cours par correspondance jusqu'à la fin des 50's. Dans sa tête, le scénario est écrit : il veut être une rock star.

La carrière de David Crosby prend toutefois forme au milieu des 60's quand il fait la rencontre de Jim McGuinn et de Gene Clark avec lesquels il constitue The Jet Set, un trio folk à trois voix de la place angeline et au nom inspiré par la passion pour l'aéronautique de McGuinn.

La tierce en question, rejointe par le batteur Michael Clarke et le bassiste-mandoliniste-guitariste Chris Hillman, signe un premier single pour Elektra en octobre 1964, avant d'évoluer vers les Beefeaters, à la consonnance plus britannique dans la British Invasion ambiante. Cette mouture aboutit aux Byrds, groupe de rock très influent. Réponse de l'Amérique à la Beatlemania, il est le premier grand tournant professionnel pour Crosby, parallèlement devenu un expert en marijuana dont il connaît jusqu'aux origines et aux zones de culture des produits de sa fumette.

Crosby jet setThe Jet Set avec Gene Clark et Jim McGuinn.

Crosby byrdsAvec les Byrds.

Crosby csnAvec Crosby Stills & Nash.

Crosby soloCrosby solo.

Crosby nashCrosby et Nash.

La voie psychédélique des Byrds.

Deux albums exceptionnels folk-rock (Mr Tambourine Man et Turn Turn Turn en 1965), alimentés par quelques reprises de Dylan, installent les Byrds parmi les piliers du rock international. Le troisième album, Fifth Dimension (1966) voit Gene Clark quitter le groupe.

Les membres restant persistent cependant dans la voie psychédélique amorcée par le single envoyé en éclaireur, Eight Miles High. David Crosby, co-auteur de ce titre fondateur du psychédélisme, prend ses responsabilités en s'investissant dans l'écriture de cet album. S'il n'y fait pas montre des mêmes dispositions au poste que le sémillant Clark, il livre malgré tout quelques belles pièces. Il est dans le coup de 6 des 11 titres de Fifth Dimension, beau pan du catalogue des californiens. Il est encore suffisamment fécond pour doter Younger Than Yesterday (6 février 1967), sa dernière participation discographique aboutie au sein des Byrds, de 4 chansons supplémentaires.

L'expérience Byrds tourne court pour Crosby au motif de son sale caractère, d'un egocentrisme exacerbé, de ses absences de plus en plus fréquentes aux réunions du groupe et d'une implication réduite pénalisant l'évolution du collectif. Même Columbia ne veut plus de lui et l'affranchit du reste de son contrat pour s'en débarrasser. Dans le fond, il est un gars au cœur d'or, toujours prêt à venir en aide à son prochain, mais qui sait à l'occasion se rendre détestable, comme en atteste Chris Hillman.

Crosby flirte avec l'ennemi.

Les tensions atteignent leur paroxysme après que Crosby sur la scène du festival de Monterey (juin 1967) ne se soit livré à un discours politique et pro-LSD ; McGuinn et Hillman n'apprécient pas du tout ce comportement immature (rappelons qu'ils étaient jeunes à l'époque), d'autant que ce dernier leur fait l'affront de faire une pige pour Buffalo Springfield, l'éternel rival des Byrds, en remplacement de Neil Young alors défaillant. Faut dire que Crosby gravite depuis un bon moment déjà dans l'entourage du Buffalo, dégageant l'impression de s'ennuyer ferme au sein des Byrds.

Les sessions de The Notorious Byrd Brothers (août/septembre 1967, sortie en janvier 1968) tournent en eau de boudin quand on lui refuse Triad (Jefferson Airplane récupère le morceau pour Crown of Creation/68). Aux problèmes relationnels s'ajoutent des divergences artistiques. Crosby est mis dehors en octobre 1967, non sans être crédité de 3 autres titres d'un album dont il n'a pas vu le bout.

Est-ce pour lui faire payer son comportement souvent irascible ces derniers temps et son départ en plein milieu des sessions d’enregistrement, que les trois autres Byrds osent une pochette cynique montrant trois box d’une écurie occupés respectivement par Hillman, McGuinn et Clarke, le quatrième l'étant par un cheval ? De là à considérer Crosby comme un bourrin, il n’y a qu’un sabot… Crosby l’a longtemps eu mauvaise !

CSN, groupe majeur du rock.

David Crosby n'a pourtant pas à attendre longtemps pour retrouver du taf puisqu'il rebondit derechef auprès d'autres californiens en vogue, à savoir Joni Mitchell pour laquelle il produit son premier album, puis Stephen Stills, Graham Nash, des habitués de Laurel Canyon où réside la jolie blonde, auxquels il vient se joindre pour donner le jour à Crosby Stills & Nash, juste avant Noël 1968. L'association harmonieuse de leurs trois voix donnent naissance à un des groupes majeurs du rock. Pour Crosby, la face ensoleillée de sa carrière se déploit devant lui.

Crosby Stills et Nash sont signés par Atlantic. Dès le premier album, éponyme de 1969 aux remarquables harmonies de voix, le trio folk-rock rencontre un immense succès en écoulant des millions de disques. Un nouveau courant s'invite alors dans la pop de la fin des 60's. Si Nash brode des mélodies taillées pour avoir une vie sur les radios, si Stills colore ses chansons d'un énergique mélange de folk, de rock et de country, Crosby lui se pose comme le spécialiste des chansons éthérées. Sous sa plume nettement bonifiée naissent les Guinnevre, les Long Time Gone et Wooden Ships. Le Grammy du meilleur nouvel artiste 1970 échoit au trio pour cette performance.

Crosby hillman 2

« Je n'ai pas de rancune, ni d'animosité envers David. Certaines choses font même sourire avec le recul et paraissent tellement dépassées. J'ai aimé tous ceux avec lesquels j'ai travaillé. Je sais, ça fait cliché, mais j'ai passé de très bons moments avec les Byrds. David pouvait alors être très pénible et détestable, mais c'est un super gars et nous étions jeunes. Il est unique. Son approche du métier est fabuleuse, son talent débordant. Il chante même mieux que jamais. Ecoutez Croz... En plus, David est drôle et robuste. Il nous survivra à tous. Il est difficile de faire mieux que l'histoire de sa vie. » (Chris Hillman)

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Dans l'optique de la tournée de promo engagée à sa suite, Neil Young rejoint CSN tout en continuant son parcours solo et avec Crazy Horse. A charge pour lui de densifier le groupe sur scène de parson apport aux claviers. Les quatre musiciens se retrouvent rapidement à Woodstock (1969) avant de sortir un deuxième LP mémorable, Déjà Vu (1970) que Crosby alimente de la chanson titre et du sublime Almost Cut My Hair, hymne de la rébellion par excellence.

Profond, ce dernier morceau est enregistré dans les ultimes moments de studio restant au trio pour finir les sessions de Déjà Vu. David Crosby est encore sous le choc de la mort accidentelle, en septembre 1969, de sa petite amie du moment, Christine Hinton. Sa voix fissurée porte le deuil, traduit la douleur qui l'habite, la colère qui l'anime et porte les stigmates de l'héroïne sniffée pour tenter d'atténuer sa douleur. Graham Nash, qui connaît son crosby sur le bout des doigts, avance que, depuis la mort de Christine, David n'a plus jamais été le même.

Crosby if i could

De 1971...

Crosby croz

... à 2014...

Cxrosby portrait

...le vieux lion est plus que jamais là.

Le géant If I Could Only Remember My Name.

4 Way Street (avril 1971), avec Neil Young, est le premier live du trio. Album mythique, il prend place à la 1ère place du Billboard 200 mais ne parvient pas à masquer les premières fissures entre les membres. Le groupe se dissout au terme de l'enregistrement de 4 Way Street. C'est le moment choisi par Crosby pour privilégier sa carrière solo, imité en cela par Graham Nash, alors très épris de Joni Mitchell. Les deux proches sont les seuls à ne pas avoir encore réalisé un album personnel, alors que Young et Stills ont déjà piqué au truc.

If I Could Only Remember My Name (22 février 71) précède Song For Beginners (Graham Nash) de 3 mois. 12ème du Billboard 200, ce chef d'oeuvre de west coast réunit tout le beau linge de la scène musicale californienne. Par ce disque aussi respectable que ceux de ses compagnons de route, Crosby prouve qu'il est aussi efficace dans l'expérience collective que dans la création individuelle.

Pourtant il ne renouvelle pas l'expérience et If I Could Only Remember My Name reste son unique fait d'armes en solitaire des 70's. Il faudra attendre 1989 et Oh Yes I Can pour qu'il enrichisse son catalogue d'un N° 2. Depuis il en a accroché deux supplémentaires : Thousand Roads (1993) et le récent Croz en 2014, incroyablement bon.

L'année 1972 voit Crosby se rapprocher à nouveau de Nash. Un album en découle, Graham Nash David Crosby (4 au Billboard 200), c'est le premier des 4 que le duo réalise durant les 70's : suivent Wind on the Water (1975), Whistling Down The Wire (1976) et Crosby-Nash live, en 1977, année de la sortie de CSN, le deuxième studio du trio, donc sans Young. Le dernier des 70's.

En 1972, il prend part également à la réunion (entre mi octobre et mi novembre) du line-up d'origine des Byrds qui donne naissance au 12ème et dernier LP studio du groupe. Pas le meilleur, loin s'en faut.

L'année suivante (1973), il intègre la la tournée Time Fades Away de Neil Young. Graham Nash en est aussi. David Crosby est également très sollicité en qualité d'invité sur les disques de la scène west coast du moment. Trés actif, on le retrouve auprès du Dead, de Kantner et Slick, de Hot Tuna, de Graham Nash, du Stills-Young Band (Long May You Run/1976).

Immortel !

Sa carrière est ensuite freinée par les dérives dans la drogue, lesquelles font avorter certains projets, comme celui de réaliser un nouveau LP avec Nash (1979) ou brident sa créativité comme c'est le cas sur Daylight Again de Crosby Stills et Nash (1982) où son implication se révèle vraiment indigente.

Les années 80 achèvent de l'enfoncer un peu plus ; il passe même par la case prison pour double détention de coke et d'arme de poing.

Fin 83, début 84, il est hospitalisé. Un an plus tard, il est ruiné et consomme quotidiennement un mélange de cocaïne et d'héroïne. En 1986, il s'achète une conduite, se marie dans la foulée (mai 87) avant de repartir en tournée avec CSN (87/88). Plus grave, il est transplanté sept heures durant, son foie étant hors d'usage à force de trop d'alcools (fin 1994)

Désintoxiqué, il reprend le chemin des studios, repart avec le quatuor puis avec Nash après avoir raconté son histoire dans une biographie. Il se remet à écrire, joue la comédie pour une série TV, puis forme CPR avec son fils James Raymond. Son œuvre est compilée dans le coffret Voyage, publié en 2006. Elle vient de se compléter de Croz (2014) Il y chante mieux que jamais Comme dirait Chris Hillman : il nous enterrera tous au regard de ce qu'il a vécu. Il est difficile de faire mieux que l'histoire de sa vie. On le croit sur parole (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE BYRDS 60'S.

LP Studio 1 - 1965

 

Byrds mrtambourineman

 

THE BYRDS

MR TAMBOURINE MAN - 1965  5/5

 

Publié le 21 juin 1965.

Produit par Terry Melcher.

Durée:31:35.

Label:Columbia.

 

Un son nouveau est né.

 

Mr. Tambourine Man (lien pour écouter l'album) est un hit de Bob Dylan qui donne le titre à cet album des Byrds, leur premier, en 1965, sur Columbia Records. Le premier line-up de ce groupe d’anthologie est alors composé d’un certain Jim McGuinn (son vrai nom), plus connu sous le nom d’emprunt de Roger McGuinn, chanteur et guitariste, d’une future légende du rock, David Crosby, guitariste et officiant également au chant, de Gene Clark, l’immense Clark, un compositeur hors pair qui, outre le chant, fait aussi dans les percus, de Chris Hillman, bassiste et autre pointure, de Michael Clarke, batteur.

Très à son affaire dans le registre folk rock, les Byrds sont un peu trop souvent les « laissés pour compte » du rock. Et pourtant, ils ont tenu un rôle majeur en faisant la promotion de nombreux titres de Dylan, ce qui l’a bien aidé dans le démarrage de sa carrière et en marquant de leur empreinte la scène musicale des années 60.

Entre un rock qui commence à décliner et un psychédélisme qui n’est pas encore vraiment installé, les Byrds vont se positionner et influencer des artistes comme Simon & Garfunkel, les Beatles (et réciproquement).

En mélangeant le folk de tradition américaine à la modernité du british rock façon Scarabées, le groupe de McGuinn va définitivement tracer le sillon du folk rock. Mr Tambourine Man va être l’album déterminant qui les met sans attendre sur les bons rails.

De Dylan, dont ils reprendront régulièrement, et par la suite, au moins deux titres par LP, ils interprètent, outre la chanson titre, Chimes Of Freedom, All I Really Want To Do ainsi que Spanish Harlem Incident.

L’album ne vaut pas que par ces excellentes reprises de morceaux puisés dans le catalogue du Zim. Excellent disque d’une demi-heure, on peut y trouver des compositions, au demeurant excellentes, de Gene Clark comme I’ll Feel A Lot Better, de McGuinn (You Won’t Have To Cry), un agréable The Bells Of Rhymney d’Idris Davies et de Peter Seeger, Here Without You, I Knew I’d Want You.

On appréciera surtout sur cet opus, la belle voix de McGuinn de même que les merveilleuses et précises harmonies vocales. Produit par Terry Melcher, on y retrouve certains clients comme Leon Russel, Jerry Cole, Hal Blaine. 

Précurseurs du psychédélisme, les Byrds ont eu des retombées positives de cet album qui, aujourd’hui, est un peu daté, mais n’en demeure pas moins un disque à posséder. Ce son si particulier restera à jamais leur signature (RAZOR©).

 

1. Mr. Tambourine Man.

2. I’ll Feel A Whole Lot Better.

3. Spanish Harlem Incident.

4. You Won’t Have To Cry.

5. Here Without You.

6. The Bells Of Rhymney.

7. All I Really want To Do.

8. I Knew I’d Want You.

9. It’s Not Use.

10. Don’t Doubt Yourself, Babe.

11. Chimes Of Freedom.

12. We’ll Meet Again.

 

Jim McGuinn:lead guitare,chant.

Gene Clark:guitare rythmique,tambourin,chant.

David Crosby:guitare rythmqiue,chant.

Chris Hillman:basse électrique.

Michael Clarke:batterie.

 

LP Studio 2 - 1965

 

Byrds turn turn turn

 

THE BYRDS

TURN ! TURN ! TURN ! - 1965  4/5

 

Publié le 6 décembre 1965.

Produit par Terry Melcher.

Durée:30:24.

Label:Columbia Records.

 

Dans la cour des grands.

 

On prend les mêmes et on recommence. La même année que Mr Tambourine Man, soit1965, sort un deuxième album des Byrds, Turn ! Turn ! Turn !. Les Byrds qui ont eu la judicieuse idée de combiner la traditionnelle folk music américaine avec la modernité du rock venu d’Angleterre pour donner naissance au folk-rock.

La recette est payante dans tous les sens du terme, car Mr Tambourine Man et le single qui en est à la base, font un tabac, alors on remet ça, normal. Un peu trop tôt peut-être, car Turn ! Turn ! Turn ! n’a pas la saveur de son prédécesseur.

Deux pincées de reprises de empruntées au catalogue de Bob Dylan (The Times They Are A Changin’, Lay Down Your Weary Tune), trois pincées de morceaux composés par l’emblématique Gene Clark (Set You Free This Time, The World Turns All Around Her, If You’re Gone), une petite pincée de Crosby qui prend enfin ses responsabilités à l’écriture (Wait And See), et une pincée de Pete Seeger, via un Turn ! Turn ! Turn ! écrit à la fin des années 50 et que les Byrds vont porter sur les fonts baptismaux.  

Ce disque, plus court que le précédent, n’a pas la même saveur, disais-je, mais il reste un très bon opus, à l’image de l’ensemble de leur œuvre durant les années 60. Sorti à la hâte pour Noël 1965, alors que l’Amérique est politiquement et socialement divisée, il souffre de cette précipitation qui sied aux desseins commerciaux. Mais tout allait tellement vite à cette époque. Il fallait être réactif.

Son défaut majeur est de trop sentir le copié-collé de Tambourine Man, en plus inégal cependant. Les harmonies vocales sont toujours aussi agréables, la 12 cordes de McGuinn est présente et efficace, mais le résultat ne supplante pas Mr Tambourine Man. Par ailleurs, certaines tensions voient le jour. Il ne faut pas faire d’ombre à Mr McGuinn, Jim pour l’état civil et qui deviendra Roger. Et Clark, songwriter patenté de ce Byrds, commence à prendre du coffre.

Quoi qu’il en soit, ce deuxième album des Byrds, encore alimenté au Dylan, leur permet de se frotter, sans complexe aucun, au gotha du rock anglais et dont les Beatles sont l’élément dominant. Chez eux, pour l’heure, les Byrds ne craignent pas pour leur abattis, ils portent le costard de cadors.

Avec leur succés, devenu un véritable hymne, le groupe assoit encore plus et définitivement sa réputation. Ce disque, même s’il n’est pas celui que je conseillerais pour aborder les Byrds, n’en est pas moins un indispensable pour se familiariser avec leur histoire, faite de virages artistiques essentiels pour le rock (RAZOR©).

 

1. Turn! Turn! Turn! (To Everything There is a Season).

2. It Won't Be Wrong.

3. Set You Free This Time.

4. Lay Down Your Weary Tune.

5. He Was a Friend of Mine.

6. The World Turns All Around Her.

7. Satisfied Mind.

8. If You're Gone.

9. The Times They Are a-Changin'.

10. Wait and See.

11. Oh! Susannah.

 

Jim McGuinn:lead guitare,guitare acoustique,chant.

Gene Clark:guitare,harmonica,tambourin,chant.

David Crosby:guitare,chant.

Chris Hillman:basse électrique.

Michael Clarke:batterie.

Terry Melcher:orgue sur 5.

 

LP Studio 3 - 1966

 

Byrds fifth dimension

 

THE BYRDS

FIFTH DIMENSION - 1966  4/5

 

Publié le 18 juillet 1966.

Produit par Allen Stanton.

Durée:29:59.

Label:Columbia Records.

 

Un Byrds des grands jours.

 

5 D, alias Fifth Dimension (album en écoute intégrale ici), sort en 1966 sur Columbia Records, alors que la période hippie bat son plein et que les hallucinogènes tournent à donf, LSD, champignons mexicains en tête. Sous la bannière Turn On, Tune In, Drop Out, certains groupes vont fédérer autour d’eux et de leur musique, un essaim de jeunes en mal d’expériences spirituelles.

En 1966, les Byrds, à l’instar de l’Airplane, vont être les acteurs d’un créneau musical psychédélique sur lequel vont venir se greffer tous les arts. L’acid rock ou rock psychédélique, avec son atmosphère si particulière et au son si caractéristique, tisse sa toile autour de cette jeunesse. Ils comptent même parmi les premiers à avoir abordé le problème de la drogue dans la chanson.

Par le biais de leurs expériences sous LSD et autres, les Byrds vont donner un coup de boost à leur légendaire folk pop-rock qui en a fait l’égal des Beatles. Très expérimentaux sur ce troisième opus du catalogue, ils y greffent des influences jazz et des sonorités indiennes. Cela débouche sur un 5 D quelque peu hésitant, plus complexe et cérébral.

Leur musique alterne l’excellence et le moins bon, mais qui reste bon, si vous voyez ce que je veux dire. Le summum de la démarche psychédélique du moment se situe dans Eight Miles High qui réfère à la dope.  Ainsi, quand McGuinn et sa guitare caméléon revisitent le jazz façon Coltrane et l’univers mystique de Shankar, si ça pue pas le trip à plein nez, ça y ressemble bien.

Outre Eight Miles High, relevons I See You signée Crosby et McGuinn et l’abstraite, superbe et magique ballade What’s Happening d’un excellent David  Crosby enfin compositeur de haut niveau. Wild Mountain Thyme, 5 D, le réussi Mr Spaceman, fusion de country et de rock et le poignant, le macabre I Come And Stand At Every Door méritent une attention particulière. A se mettre également entre les deux oreilles, le Hey Joe d’Hendrix, une reprise folk rock sympa, sortie un an avant celle de Jimmy.

Cet album n’a pas vraiment cartonné, mais il demeure un des plus connus du groupe. Il n’est pas leur meilleur, à mon avis, car manquant de cohérence, souvent trop inégal. A ce titre, la perte de Gene Clark n’y est pas étrangère. Il est complexe aussi, voire étrange à l'image de ce solo de turboréacteur qui apparaît sur 2-4-2 Fox Trot.

Outre sa qualité et son influence, il a une triple valeur historique dans la mesure où les Byrds empruntent ici une direction musicale nouvelle, où son architecte, Gene Clark, qui est crédité ici (chœurs, harmonica et tambourin), ne fait déjà plus partie de cette formation, McGuinn s’en étant séparé, soi-disant, du fait de sa phobie pour l’avion. L’histoire omet de dire que Clark lui faisait beaucoup trop d’ombre et que McGuinn avait un putain d'ego. Enfin, troisième point important, Fifth Dimension ne contient aucune reprise de Dylan, alors que les Byrds s’en étaient faits les spécialistes. A avoir dans sa discothèque idéale (RAZOR©).

 

1. 5D (Fifth Dimension).

2. Wild Mountain Thyme.

3. Mr. Spaceman.

4. I See You.

5. What's Happening?.

6. I Come and Stand at Every Door.

7. Eight Miles High.

8. Hey Joe.

9. Captain Soul.

10.John Riley.

 

Jim McGuinn:lead guitare,chant.

David Crosby:guitare,chant.

Chris Hillman:basse électrique,chant.

Michael Clarke:batterie.

Gene Clark:tambourin,harmonica,chant.

Van Dyke Parks:orgue.

 

LP Studio 4 - 1967

 

Byrdsyoungeryesterdaycover

 

THE BYRDS

YOUNGER THAN YESTERDAY - 1967  5/5

 

Publié le 6 février 1967.

Produit par Gary Usher.      

Durée:29:11

Label:Columbia records.

 

Better Than Yesterday.

 

Le départ de Gene Clark à l’écriture a permis aux membres restants de prendre leurs responsabilités dans ce domaine. Dans ce quatrième album, Younger Than Yesterday (album en écoute intégrale ici) produit par Gary Usher et datant de 1967, Hillman, jusqu’alors aux abonnés absents, s’y colle aussi (4 morceaux seuls et un avec McGuinn), Crosby en assurant pour sa part  trois (et un avec McGuinn), tandis que le nouveau boss (McGuinn) limite sa contribution à un maigrichon CTA – 102. Dylan fait le reste, on reprend les bonnes vieilles recettes qui marchent : ici, c’est My Back Pages qui est ciblé.

En cette année 1967, fertile en albums mythiques, les Beatles et les Stones carburent fort. Les Byrds peinent à suivre le rythme mais tirent cependant leur épingle du jeu. Leur fidèle public s’y perd un peu, Fifth Dimension, trop expérimental, les ayant détournés de leur légendaire folk rock pour verser dans un registre plus psychédélique.

Le départ de Gene Clark, l’icône de l’écriture, n’est pas fait pour arranger les choses. Dans ce contexte où il faut sortir la tête de l’eau et remettre le nez dans le guidon, McGuinn va prendre les choses en main, battre le rappel de troupes qu’il va impliquer un peu plus qu’à l’accoutumée. Il prend l’option de diversifier l’offre, de soigner les compositions et surtout, au niveau du style de fusionner pop, folk-rock, country-rock et psychédélisme. 

Commercialement l’album ne fera pas d’étincelles. Artistiquement, oui. Il est, en effet, excellent, du haut de ses 29 petites minutes. Alors, c’est quoi exactement ces merveilles en question ? D’abord le probant et ironique titre d’ouverture So You Want To Be A Rock’n’Roll Star (et ses trompettes de mariachis), le sublime Have You Seen Her Face d’un Hillman qui, dès qu’on le pousse au cul, est capable de pondre un grand morceau !, l’enivrant Why (Crosby et McGuinn), l’étrange et captivant Mind Gardens du Byrds moustachu, le merveilleux Everybody’s Been Burned, le subtile Renaissance Fair, un titre très flower power, Thoughts And Words, très Beatles et la version revisitée de My Back Pages de Dylan.

Pour le reste, des titres comme Time Between et The Girl With No Name de Chris Hillman, avec un Clarence White à la guitare, annoncent le Byrds à venir, plus country-rock (Sweetheart Of The Rodeo). Je ne lui aurais pas accordé un tel crédit à sa sortie mais l’album a si bien vieilli qu’il en est devenu une pièce maîtresse de leur discographie et de ma discothèque. Pour moi, on tient là le meilleur Byrds avec The Notorious Byrd Brothers de 1968. Donc, ça vaut pareil. Cinq Sterne qui, comme vous l’avez deviné, signifie étoiles en teuton (RAZOR©).

 

1. So You Want to Be a Rock 'n' Roll Star.

2. Have You Seen Her Face.

3. C.T.A.-102.

4. Renaissance Fair.

5. Time Between.

6. Everybody's Been Burned.

7. Thoughts and Words.

8. Mind Gardens.

9. My Back Pages.

10. The Girl with No Name.

11. Why.

 

Michael Clarke:batterie.

David Crosby:guitare,chant.

Chris Hillman:basse,chant.

Roger McGuinn:guitare,chant.

Vern Gosdin:guitare acoustique.

Hugh Masekela:trompette.

Clarence White:guitare.

DISCOGRAPHIE CROSBY STILLS NASH (& YOUNG) 60'S/70'S.

LP CSN Studio 1 - 1969

 

Crosby stills nash lp 69

 

CROSBY, STILLS & NASH

CROSBY, STILLS & NASH – 1969  5/5

 

Publié le 29 mai 1969.

Produit par Bill Halverson,David Crosby,Graham Nash,Stephen Stills.

Durée:40:52.

Label:Atlantic.

Genre:rock,folk rock.

       

Un monument de la west coast.

 

Le mémorable et incontournable Crosby, Stills & Nash (en écoute intégrale ici) est le premier LP du groupe du même nom. Il est publié en 1969 chez Atlantic. Cet album émane d’un trio qui a été l’une des formations de folk-rock les plus phénoménales de tous les temps et les plus influentes sur les jeunes générations dont il collait aux aspirations et aux révoltes du moment.

C’est dans le bungalow de Joni Mitchell, à Laurel Canyon, que David Crosby (viré des Byrds), Stephen Stills (qui a quitté Buffalo Springfield où il se sentait à l’étroit avec Neil Young dans les pattes) et Graham Nash (ex-Hollies) l’immigré anglais, pote des Beatles, mettent en place ce qui va être ce premier jet au titre éponyme.

L’album, que la presse comme le public vont plébisciter, traduit à merveille l’esprit peace and love qui prévaut alors. Caractérisé par des harmonies vocales uniques (on dit d’eux qu’ils sont les Beatles américains), ce disque, qui va demeurer plus de deux ans dans les charts américains, serpente entre ballades romantiques et ambiances latino.

On doit à Stills, l’homme-orchestre, l’essentiel des parties instrumentales, gage du talent et de la virtuosité du bonhomme. L’écriture, quant à elle, est partagée entre Stills qui balance, entre autres, un Judy Blue Eyes de derrière les fagots (ces beaux yeux bleus sont ceux de Judy Collins) et un super 49 Bye-Byes, entre Crosby (Guinnevere, Long Time Gone en réponse à l’assassinat de Kennedy) et Nash (Marrakech Express).

L’album, original, d’une grande pureté, exceptionnellement doux, aux textes pertinents, aux mélodies délicates, aux harmonies vocales pharamineuses, vaut par tous ses titres sans exception et notamment, j’allais l’oublier celui là, le géantissime Wooden Ships, né d’une écriture collective sur le bateau de Crosby (le Mayan) qui en a assuré la musique, Paul Kantner de Jefferson Airplane et Stephen Stills, les paroles.

Par cette collection de chansons exceptionnelles appartenant au patrimoine de la west coast américaine, Crosby, Stills & Nash (avec Dallas Taylor à la batterie) se positionne comme un groupe majeur de la musique rock, en phase avec l’esprit contestataire du moment.

Ce disque, qui rappelons-le est un coup d’essai pour les trois mais qui annonce leur popularité à venir, est un joyau sorti quelques mois avant Woodstock où ils sont apparus en public.  Eh les djeunes, qu’est-ce que vous attendez pour aller l’acheter ?

Pour l’anecdote, sur la pochette, Nash, Stills et Crosby posent sur un canapé devant une cabane en bois. Au moment de la prise de vue, le nom du groupe n’était pas encore arrêté. Lorsque quelques jours plus tard, et alors que leur dévolu s’était jeté sur le nom Crosby, Stills & Nash, ils voulurent refaire la photo dans le bon ordre et au même endroit… La cabane en bois avait été détruite ! Enjoy les amis (RAZOR©).

 

1. Suite: Judy Blue Eyes.

2. Marrakesh Express.

3. Guinnevere.

4. You Don't Have to Cry.

5. Pre-Road Downs.

6. Wooden Ships.

7. Lady of the Island.

8. Helplessly Hoping.

9. Long Time Gone.

10. 49 Bye-Byes.

 

David Crosby:guitares,chant.

Stephen Stills:guitares,basse,orgue,chant.

Graham Nash:chant,guitare acoustique sur 2/7.

Dallas Taylor:batterie,percussions.

Jim Gordon:batterie sur 2.

Cass Elliot:chœurs sur 5.

 

LP CSN Studio 2 - 1977

 

Crosby stills nash csn 77

 

CROSBY STILLS & NASH

CSN – 1977  5/5

 

Publié le 17 juin 1977.

Produit par David crosby,Stephen Stills,Graham Nash,Ron Albert,Howard Albert.

Durée:43:50.

Label:Atlantic.

Genre:rock, folk rock.

 

Chef d’oeuvre number 2.

 

Quel album merveilleux que ce CSN (en écoute intégrale ici) de 1977! Le trio folk-rock, alors séparé, n’avait plus enregistré d’albums ensemble depuis plus de 6 ans. Il se reforme pour l’occasion et pour la première fois, car il y aura, dans la suite de leur carrière en commun, d’autres temps morts et séparations, suivis d’autant de retours.

Stills a alors le mésestimé Manassas qui lui tient à cœur, Crosby et Nash se sont lancé dans des projets personnels avec plus ou moins de succès et font dans le partenariat en attendant. CSN est donc, et seulement, le deuxième LP de cette formation à trois mythique. Mais quel album !

Un petit bijou, n’ayons pas peur des mots. CSN est un concentré  de chansons merveilleuses pour un disque d’une grande qualité musicale. Le mélange acoustique et électrique est savoureux. C’est vraiment une merveille de LP folk-rock dans lequel chacun apporte son écot.

Crosby y va de ses compositions : Shadow Captain (en co-signature avec Craig Doerge), le titre d’entame de l’album, Anything At All et In My Dreams. Stills nous livre ses magnifiques Dark Star, Fair Game, le superbe titre acoustique qu’est See The Changes, Run From tears et le morceau final I Give You Give Blind. Nash n’est pas en reste et apporte une sublime pierre à l’édifice CSN avec Cathedral (un titre que je considère comme un des plus grands jamais entendus), Carried Away, Cold Rain et l’énorme Just A Song Before I Go.

Douceur, calme, harmonies vocales à nulles autres pareilles, ambiance folk feutrée, variété… Sans conteste, ce disque, rehaussé par la présence de musiciens prestigieux  est à ranger parmi les meilleures productions de l’époque. C’est leur dernier chef d’œuvre, il faut le savoir. Dès lors, autant en profiter (RAZOR©).

 

1. Shadow Captain.

2. See the Changes.

3. Carried Away.

4. Fair Game.

5. Anything at All.

6. Cathedral.

7. Dark Star.

8. Just a Song Before I Go.

9. Run from Tears.

10. Cold Rain.

11. In My Dreams.

12. I Give You Give Blind.

 

David Crosby:chant,guitare.

Stephen Stills:chant,guitare,basse,piano,synthétiseur,timbales,slide guitare.

Graham Nash:chant,guitare,harmonica,claviers.

Ray Barretto:percussions,congas.

Mike Finnigan:orgue,claviers.

Joe Vitale:synthétiseur,flûte,percussions,batterie,claviers, vibraphone.

Jimmy Haslip:basse.

Craig Doerge:piano,claviers,piano électrique,chant.

Tim Drummond:basse.

Gerald Johnson:basse.

George Perry:basse.

Russ Kunkel:percussions,congas,batterie.

 

LP CSN & Y Studio 1 - 1970

 

Crosby stills nash young deja vu 1

 

CROSBY STILLS NASH & YOUNG

DEJA VU – 1970  5/5

 

Publié le 11 mars 1970.

Produit par Crosby,Stills,Nash,Young.

Durée:36:24.

Label:Atlantic.

Genre:rock.

 

Chef d’œuvre.

 

Qui pourrait trouver un seul petit caillou dans la chaussure de Déjà Vu (en écoute intégrale ici) ? Ce LP, par lequel le trio initial Crosby Stills et Nash, bénéficiant du renfort de Neil Young, entre dans le cercle fermé des légendes du rock, est un indéboulonnable monument de la west coast depuis sa sortie au début des années 70.

Une merveille, le disque quasi parfait, dont on aurait aimé, au regard de la qualité qu’il véhicule, qu’il dure beaucoup plus longtemps encore. Le coffre à dithyrambes n’est pas assez grand pour y puiser le qualificatif, que dis-je le superlatif, qui s’attache à son endroit. Déjà Vu est Le Disque ! 

Le contexte, pour bien s’en imprégner. L’équipée sauvage la plus mythique de Los Angeles prend forme autour d’un trio de grand trois frustrés du rock, David Crosby, le brave nounours viré des Byrds alors qu’il en fut un des maillons forts ; Graham Nash, pourvoyeur dominant et compétent, dont le talent de compositeur ne suffit cependant pas aux Hollies pour supplanter les Beatles et qui fait le grand saut pour Laurel Canyon, histoire de s’éloigner de son statut d’artiste pop ; Stephen Stills enfin,  dont l’expérience Buffalo Springfield, précurseur du country-rock, est loin des attentes du milieu, la faute à une tendance un peu trop répétée au nombrilisme, à des accès de colère et des caprices de star.

Tous sont de merveilleux musiciens, voire plus pour Stills qui brille avec un égal talent derrière toutes sortes d’instruments, de grands chanteurs dont les tessitures vocales sont à l’origine des plus belles harmonies que le milieu rock ait jamais entendues, et des songwriters de haut niveau.

De par la réussite collant à son remarquable premier LP éponyme en mai 1969, la triade angeline se voit contrainte, malgré tout, de solidifier sa structure avant de se lancer dans la promo de ce disque. Il découle de cette volonté de durcir le son, la décision d’ouvrir les portes au quatrième larron, Neil Young, un ancien de la maison Buffalo comme Stills, engagé dans une carrière solo depuis 1968.

Déjà Vu est publié quelques mois après que le quatuor soit apparu à Woodstock pour une prestation qui prête encore aujourd’hui à controverse. Construit autour de quatre auteurs, de quatre voix, il fait figure de best of, tant il est alimenté par les immortels classiques de ces  mousquetaires du rock. Déjà Vu installe ce qui va faire le label CSN & Y : les fameuses harmonies vocales. Qui plus est, chaque acteur met au service du collectif un lot de chansons et un style instrumental qui dotent l’album d’un cachet particulier.

Stills, le sanguin, fait dans la fougue, le panache et n’a pas son pareil pour métisser rock, folk et country. Crosby le hippie tire son groupe vers un environnement plus psychédélique et planant tandis que Nash, faux flegmatique british calibre son écriture pop pour le passage radio. Young, avec sa voix haute perchée et ses méchants coups de guitare, fait du Young. L’association de ces quatre leaders aux egos bien dimensionnés qui tapent aussi dans la boite à dope pour panser les plaies de leurs désillusions amoureuses  respectives (Nash, Crosby dont la petite amie se tue sur la route et Stills) donne le jour à un disque hétéroclite qui alterne entre rock et ballades. La sanction ne se fait pas attendre : N°1 du Billboard.

La jeunesse contestataire de l’époque en fait son phare, ce qui ne surprendra personne à l’écoute des paroles de Teach your Children  (Graham Nash) et Our House, Almost Cut My Hair de David Crosby, trop à l’étroit, à mon goût, au milieu de ces fortes têtes pour pouvoir donner libre cours à un talent créatif réel.

L’album recèle également un titre emprunté à Joni Mitchell et rendant hommage à Woodstock, un Everybody I love You fort des envolées de guitare entre Young et Stills, ainsi qu’une pépite du nom de Helpless.

Ecolo, pacifiste, antisocial, CSN & Y était le symbole de la contre-culture mais la paix au sein de la formation n’ayant jamais été le maître-mot pour raisons de drogues, d’égos, de projets personnels et j’en passe, CSN & Y se sépare en 1970, quelques mois seulement après Déjà vu.

Neil Young, n’ayant jamais réellement adhéré aux desseins artistiques de CSN & Y, s’est peu à peu désolidarisé pour se la jouer solo à donf. Grand bien lui a pris. Crosby, Stills and Nash ont continué de leur côté. De temps en temps, au gré des humeurs et des intérêts commerciaux, ils retapent le bœuf ensemble…

Déjà Vu est un chef d’œuvre indémodable qui a suscité et qui suscite encore bien des vocations musicales aujourd’hui. De la race des cadors et infiniment culte (RAZOR©).

 

1. Carry On.

2. Teach Your Children.

3. Almost Cut My Hair.

4. Helpless.

5. Woodstock.

6. Déjà Vu.

7. Our House.

8. 4 + 20.

9. Country Girl/Whiskey Boot Hill/Down, Down, Down/Country Girl (I Think You're Pretty).

10. Everybody I Love You.

 

David Crosby:guitare,chant.

Stephen Stills:guitare,basse,claviers,chant.

Graham Nash:guitare,claviers,chant.

Neil Young:guitare,harmonica,piano,chant.

Jerry Garcia:steel guitare,guitare slide.

Greg Reeves:basse,percussions.

John Sebastian:harmonica.

Dallas Taylor:percussions,batterie.

 

LP Live CSN & Y - 1971

 

Crosby stills nash young 4 way street 1

 

CROSBY STILLS NASH & YOUNG

4 WAY STREET – 1971  5/5

 

Publié le 7 avril 1971.

Produit par Crosby Stills Nash & Young.

Durée:76:00.

Label:Atlantic.

Genre:rock.

 

Individuel et collectif à la fois.

 

Premier album live du quatuor magique, 4 Way Street (en écoute intégrale ici) sort en avril  1971.Passons sur les lauriers qui ont couvert, n’ayons pas peur des mots, cette œuvre d’art.

Il consiste en un double LP enregistré au hasard de concerts à New York, à Chicago et à L.A en 1970. Mi acoustique, mi électrique, 4 Way Street est la troisième fois que Crosby, Stills & Nash collaborent sur un disque (le premier live aussi). Avec Young, c’est la deuxième fois après l’immense Déjà Vu qui précède.

4 Way Street culmine en tête du Bilboard Top Albums et ce, en dépit de tensions internes qui ont accompagnées son enregistrement. Extrêmement bon et varié, 4 Way Street est une vitrine pour les compositions individuelles des quatre membres.

Cet album capte tout ce qui fait la beauté de ce quatuor, leur folk (ou folk rock), leurs textes et leurs incomparables harmonies vocales. Il marque aussi la fin d’une aventure, puisqu’à la sortie de 4 Way Street, Neil Young est déjà parti. Crosby et Nash en font de même pour se lancer dans des projets personnels.

Cet album, qui compte quelques compositions solos de Neil Young, notamment le sublime Ohio, retranscrit bien le mal-être et la rage qui animent la génération de cette époque. Les autres perles, que cet album garde jalousement, sont les longs Southern Man et Carry On, Right Between The Eyes, Triad et The Lee-Shore sur lesquels on peut découvrir le talent de Crosby à l’écriture.

Et puis Find The Coast Of Freedom, Love The One You’re With, Black Queen en offrent encore plus en alimentant un final mémorable. Encore un indispensable qui a été vendu à plus de 4 millions d’exemplaire. Ca signifie quelque chose, non ? (RAZOR©)

 

Disque 1.

1. Suite:Judy Blue Eyes.
2. On The Way Home.
3. Teach Your Children.
4. Triad.
5. The Lee Shore.
6. Chicago.
7. Right Between The Eyes.
8. Cowgirl In The Sand.
9. Don't Let It Bring You Down.
10. 49 Bye-Byes / America's Children.
11. Love The One You're With.
12. King Midas In Reverse.
13. Laughing.
14. Black Queen.
15. Medley:The Loner/Cinnamon Girl/Down By The River.

Disque 2.
1. Pre-Road Downs.
2. Long Time Gone.
3. Southern Man.
4. Ohio.
5. Carry On.
6. Find The Cost Of Freedom.

 

Graham Nash:chant,guitare,piano.

David Crosby:chant,guitare.

Stephen Stills:chant,guitare.

Neil Young:chant,guitare.

DISCOGRAPHIE CROSBY & NASH 70'S.

LP Studio Crosby & Nash 1 - 1972

 

Graham nash david crosby 1971

 

CROSBY & NASH

GRAHAM NASH DAVID CROSBY – 1972  4,5/5

 

Publié le 5 avril 1972.

Produit par David Crosby,Graham Nash,Bill Halverson.

Durée:35:26.

Label:Atlantic.

Genre:rock,folk rock.

 

Le plus abouti du duo.

 

Premier disque qui réunit les complices Graham Nash et David Crosby, l'album sobrement intitulé Graham Nash/David Crosby (en écoute intégrale ici)fait suite à un split au sein du quatuor CSN & Y, split que les quatre membres mettent à profit en se plongeant dans des projets personnels.

Du côté des deux artistes qui nous intéressent, Crosby sort un magnifique If I Could Only Remember My Name, tandis que Nash donne le jour au non moins magnifique Songs For Beginners, avant que le duo ne s’envole pour l’Europe et une tournée ensemble (1971).

Au sortir de celle-ci, le duo y va d’un LP, le premier de leur longue collaboration en duo. Nous sommes en 1972 et leur partenariat n’est pas prêt de s’achever puisqu’ils sont toujours dans le coup et ensemble aujourd'hui.

Leur investissement sur ce projet à deux aboutit à un album qui alterne d’excellents morceaux apportés par l’un et par l’autre. Graham et David bénéficient de l’apport d’un line-up constitué de musiciens de studio chevronnés comme Craig Doerge (claviers), Danny Kortchmar (guitare), Leland Sklar (basse) et de Russell Kunkel (batterie).

Sur un plan musical, il s’inscrit donc dans la continuité de leurs opus personnels. Les deux artistes sont alors à leur point culminant artistique. Nash contribue en apportant comme dot l’efficace Southbound Train (le duo est accompagné par des membres du Dead), l’agréable Stranger’s Room, Girl To Be On My Mind, le sympathique Frozen Smiles et le single qui a auréolé l’album par sa présence dans les charts (Immigration Man). Le registre est pop et chargé d’émotion.

Crosby, plus introspectif, plus cérébral, fournit 5 des onze titres de ce disque. Parmi ceux-ci, The Wall Song et Page 43, les plus représentatifs, ainsi que l’intriguant Where Will I Be, Whole Cloth et Games.

Par ailleurs, les harmonies vocales qui constituent leur marque de fabrique, atteignent ici des sommets. Chaque piste est forte et contribue à faire de ce premier album la plus accomplie de leurs différentes coopérations. Gros succès commercial, c’est un grand moment de très bonne musique des années 70 (RAZOR©).

 

1. Southbound Train.

2. Whole Cloth.

3. Blacknotes.

4. Stranger's Room.

5. Where Will I Be?

6. Page 43.

7. Frozen Smiles.

8. Games.

9. Girl to Be on My Mind.

10. The Wall Song.

11. Immigration Man.

 

David Crosby:chant,guitare.

Graham Nash:chant,piano,orgue, harmonica.

Jerry Garcia:guitare sur1/10.

Chris Ethridge:basse.

Johnny Barbata:batterie sur 1/11.

Danny Kortchmar:guitare sur 2/4/6/9.

Craig Doerge:piano électrique sur 2,orgue sur 4,piano sur 5/9.

Leland Sklar:basse sur 2/4/9).

Russ Kunkel:batterie sur2/4/6/9.

David Duke,Arthur Maebe,George Price:cor sur 4.

Dana Africa:flûte sur 5.

Phil Lesh:basse sur 10.

Bill Kreutzmann:batterie sur 10.

Dave Mason:guitare sur 11.

Greg Reeves:basse sur 11.

 

LP  Studio Crosby & Nash 2 - 1975

 

Crosby nash wind on the water

 

CROSBY & NASH

WIND ON THE WATER – 1975  4/5

 

Publié le 15 septembre 1975.

Produit par David Crosby,Graham Nash,Stephen Barncard.

Durée:40:57.

Label:ABC.

Genre:rock,folk-rock.

 

Plus on est de fous…

 

Enregistré aux studios Rudy Records à San Francisco, le deuxième album du tandem Crosby/Nash est publié par ABC Records en septembre 1975. Disque de la maturité et des expériences vécues, Wind On The Water est habillé de mélancolie.

Empreint également de colère et de fatalisme, il expose, tantôt avec une grande froideur, tantôt avec beaucoup d’émotion, des scènes de leurs vies respectives. La mère de Crosby venant de décéder, c’est la mémoire de cette mère qui apparaît en filigrane du titre d’ouverture Carry Me, signé du moustachu bourru.

La mort et l’avancée dans l’âge (à cette époque on disait la vieillesse) alimentent le lyrisme de certains titres. La douceur du premier album laisse place à une ambiance moins soft, leur rock s’alourdit. Cela ne va évidemment pas sans influer sur le ton de Wind On The Water.

Outre le chaud morceau d’ouverture, Homeward Through The Haze, Low Down Payment sont autant de pures petites merveilles sorties du chef  embrumé de Crosby. Celui à propos duquel il est souvent reproché d’errer sans âme dans sa production discographique, frappe là un grand coup. Avec Nash, il cosigne Mama Lion et Naked In The Rain, tout aussi beau (en ce qui concerne le second surtout).

Crosby comme Nash sont à la hauteur du grand talent qu’on leur prête dans Wind On The Water, celui confirmé par le LP précédent. Le cynique et énergique Take The Money And Run en atteste. Surtout, faites une halte sur To The Last Whale, un titre bâti en deux parties et que je considère comme un monument de la création artistique de Crosby et Nash. L’expertise et la maturité ne sont pas les seuls arguments de cet album.

La contribution de musiciens triés sur le volet, comme Danny Kortchmar et David Lindley aux guitares, de Russ Kunkel aux fûts et de Craig Doerge aux claviers, des habitués de l’environnement CSN et de chœurs huppés comme Carole King (je vous conseille son album Tapestry), James Taylor et Jackson Browne, apporte une force et une plus-value incroyables au rock suave déployé sur cette galette.

Wind On The Water est donc un superbe passage obligé. Je n’ose même pas imaginer ce que ce dernier aurait donné avec Stephen Stills et Neil Young… Mieux vaut ne pas y penser, nous serions tous inconsolables (RAZOR©) !

 

1. Carry Me.

2. Mama Lion.

3. Bittersweet.

4. Take the Money and Run.

5. Naked in the Rain.

6. Love Work Out.

7. Low Down Payment.

8. Cowboy of Dreams.

9. Homeward Through the Haze.

10. Fieldworker.

11. To the Last Whale... (A. Critical Mass/B. Wind on the Water).

 

David Crosby:chant,guitare.

Graham Nash:chant,guitare,claviers.

Danny Kortchmar:guitare,basse.

Craig Doerge:claviers.

Russ Kunkel:batterie.

David Lindley:violon,guitare.

Joel Bernstein:guitare.

Ben Keith:guitare.

Stan Szeleste:claviers.

Levon Helm:batterie.

James Taylor:chœurs.

Carole King:chœurs.

Jackson Browne:chœurs.

 

LP Studio C&N 3 - 1976

 

Crosby nash whistling down

 

CROSBY & NASH

WHISTLING DOWN THE WIRE – 1976 3/5

 

Publié le 25 juin 1976.

Produit par David Crosby,Graham Nash,Stephen Barncard.

Durée:36:36.

Label:ABC.

Genre:rock,folk-rock.

 

Manque d’originalité.

 

Dans le domaine artistique, les temps sont durs pour le duo et ce troisième album, avec lequel je n’ai jamais été vraiment en phase, en est la représentation.

J’ai eu ce disque en 1976, étant un inconditionnel de tout ce qui gravitait alors autour du quatuor CSNY. Jamais, il ne m’a vraiment ému. Autant les deux premiers travaux du duo avaient de quoi m’enthousiasmer, autant celui-ci m’a souvent laissé indifférent. Accordons-nous à reconnaître qu’il est quand même le moins bon de la discographie du tandem américano-britannique.

Il a gagné en estime avec le temps, mais ne dégage pas suffisamment de matériel convaincant pour appeler aujourd’hui à une quelconque revalorisation. Il est agréable, j’en conviens, mais aucune chanson de Crosby ou de Nash de cet album ne reste ancré dans les mémoires. Ce qui n’empêche pas de passer un bon moment, au regard surtout des délicieuses fresques vocales que le duo dessine avec toujours autant de raffinement. Il faut le lui laisser.

Doté d’une ambiance autre que celles qui ont marquées les disques 1 et 2, ce Whistling Down The Wire révèle un Nash plus sombre dans son écriture. Il n’est qu’à écouter le dylanesque Marguerita ou Broken Bird (écrit avec Crosby).

Le disque se démarque surtout par Taken At All, Time After Time et Out Of The Darkness, voire Foolish Man. On ne peut pas reprocher quoi que ce soit à la qualité de l’interprétation. Le seul défaut de ce numéro 3 du tandem Nash/Crosby se situe au niveau du manque d’inspiration notoire qui affecte l’écriture laissant derrière lui un goût amer et qui ne contribue pas à faire de cet opus une acquisition indispensable.

On lui préfèrera sans hésiter les épisodes précédents. Il se situe donc dans une moyenne honorable, avec, toutefois, au risque de me répéter, un atout qu’on ne pourra jamais lui discuter : les harmonies vocales merveilleuses de ce duo. Et ça, ils savaient faire les bougres ! (RAZOR©)

 

1. Spotlight.

2. Broken Bird.

3. Time After Time.

4. Dancer.

5. Mutiny.

6. J.B.'s Blues.

7. Marguerita.

8. Taken at All.

9. Foolish Man.

10. Out of the Darkness.

 

David Crosby:chant,guitare acoustique.

Graham Nash:chant,guitare acoustique,guitare électrique,harmonica.

David Lindley:guitare électrique,slide guitare,violon,pedal slide.

Danny Kortchmar:guitare électrique,dobro.

Russell Kunkel:batterie,percussions.

Craig Doerge:piano acoustique,piano électrique,orgue,harmonica.

Tim Drummond:basse.

 

LP Live Crosby Nash With Neil Young (Bootleg) - 1972

 

Crosby nash young live at winterland 1

 

DAVID CROSBY & GRAHAM NASH With NEIL YOUNG

WINTERLAND 1972 – 1972  4/5

 

Pour tout CSN&Y addict.

 

26 Mars 1972 au Winterland Ballroom de San Francisco (en écoute intégrale ici), dans le cadre des retransmissions de KSAN, la radio FM de l’Area Bay, est organisé le Sheriff Hongisto Prisoner’s Benefit, un concert (Jail House Rock) destiné à lever des fonds pour moderniser les prisons et à permettre l’accès à une meilleure éducation pour les prisonniers. Au programme du jour, David Crosby et Graham Nash et leur invité-surprise Neil Young.

Cette même année, le moustachu et l’anglais publient leur premier LP en duo : Crosby & Nash. Dans le même temps, le canadien y va de son universel Harvest. Stills, le dernier maillon du quatuor mythique, est affairé avec Manassas, une de ses meilleures affaires.

L’un comme l’autre sont alors au faîte de leur popularité. David Crosby reste sur l’excellent If I Could Only Remember My Name, sorti un an auparavant, Graham Nash sur le non moins phénoménal Song For Beginners (1971).

Cela fait un an qu’on ne les a pas vus ensemble. Depuis leur tournée commune en Europe (71) où le duo casse la baraque. Pensez bien que le Winterland est une opportunité que le public américain ne manque pas pour tout l’or du monde. Crosby, Nash et Young sont les superstars du moment.

Dans une ambiance plutôt cool, entièrement acoustique, le duo revisite quelques belles pages du trio Crosby Stills & Nash (Wooden Ships, The Lee Shore), du quatuor de l’album Déjà Vu (Teach Your Children, Almost Cut My Hair), du premier album du prolifique Nash (le personnel I Used To Be A King et les politisés Military Madness et Chicago), reprennent quelques titres de Crosby & Nash, leur dernier LP en date :Southbound Train, Page 43, And So It Goes et Immigration Man qui résume bien l’atmosphère du printemps 72. Enfin, puisqu’il participe à la fête, Neil Young, en deux fois, monte sur scène pour interprêter Only Love Can Break Your Heart, Harvest, Heart Of Gold, The Needle And The Damage Done.

Cette prestation est très plaisante, permet d’entendre des versions acoustiques rarement entendues et de la meilleure trempe comme Wooden Ships ou Almost Cut My Hair. Les acteurs se font plaisir et le partagent avec un parterre complètement acquis à leur cause. Tout CSN &Y addict doit être de la partie. Je ne peux pas concevoir les choses autrement (RAZOR©).

 

1. Wooden Ships.

2. I Used To Be A King.

3. Lee Shore.

4. Harvest.

5. Only Love Can Break Your Heart.

6. Southbound Train.

7. Almost Cut My Hair.

8. Page 43.

9. And So It Goes.

10. Immigration Man.

11. Heart of Gold.

12. The Needle and The Damage Done.

13. Teach Your Children.

14. Military Madness.

15. Chicago.

 

David Crosby:guitare,chant.
Graham Nash:guitare,piano,chant.
Neil Young:guitare,piano,chant.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1971

 

Crosby if i could

 

DAVID CROSBY

IF I COULD ONLY REMEMBER MY NAME – 1971 5/5


 

Publié le 22 février 1971.

Produit par David Crosby.

Durée:37:04.

Label:Atlantic.

Genre:rock.

 

Oeuvre collégiale.


David Crosby, d'abord écarté des Byrds au motif d'un caractère devenu soudainement difficilement supportable, puis revitalisé par sa rencontre avec Graham Nash et Stephen Stills (et Neil Young), auprès desquels il rebondit, contribuant à élever le trio CSN et le quatuor CSNY au rang de groupes majeurs du rock, David Crosby, dis-je, profite justement des tensions qui animent ces moutures, pour faire comme ses potes : réaliser son propre disque solo.

Neil Young l'a fait depuis un moment, puisqu'il a déjà au compteur un LP éponyme (1969), Everybody Knows This Is Nowhere (1969) et After The Gold Rush (1970) ; Stephen Stills a signé un premier disque 6 mois plus tôt (1970) et travaille à son second album ; du quatuor mythique et à ce stade de leur carrière, seuls Nash et Crosby sont vierges de LP.

Nash et Young prennent part à l'enregistrement de l'opus qui ouvre le catalogue de Crobsy : If I Could Only Remember My Name (en écoute intégrale ici) de février 71. Mais qui n'est pas là pour prêter son concours au moustachu bourru ? A part Stephen Stills, accaparé par le bouclage de son Stills 2, c'est la scène californienne alors en vogue qui a débarqué en masse dans les studios Wally Heiders de San Francisco.

Il y a là du Grateful Dead, représenté par son leader Jerry Garcia, Phil Lesh, Bill Kreutzmann, Mickey Hart, du Jefferson Airplane dispatché entre les Hot Tuna que sont Jack Casady et Jorma Kaukonen, et les Jefferson Starship en devenir symbolisés par David Freiberg, le regretté Paul Kantner et Grace Slick ; il y a également du Santana (Michael Shrieve, Gregg Rollie) et les frimousses blondes de Laurel Canyon (Joni Mitchell et feue Laura Rachel Allan )

Moins pétillant et prolifique que ses alter-ego du CSNY, côté songwriting, David Crosby surpend tout son monde avec son album, considéré depuis comme un étalon discographique de l'american west-coast.

L'œuvre est très personnelle et vivante. Il n’en fera pas d’autre de cet acabit. Les grattes électriques s’enchevêtrent, les voix s’harmonisent et montent, montent, montent. Les performances vocales dominent l’écriture.

Celle (la voix) de Crosby est chaude, cristalline, sensuelle ; ses compositions sont étonnantes et de grande qualité (3 instrumentaux sur 9 titres). Music Is Love et les chœurs angéliques d’ Orleans (Crosby y vante les châteaux de la Loire en français, please), Laughing avec la voix sublime de Joni Mitchell, I’d Swear There Was Somebody Here (sur la compagne récemment décédée de Crosby, Christine Hinton) ont ma préférence, mais écoutez avec tout autant de plaisir, l’électrique What Are Their Names (dénonciation des grands de ce monde), Traction In The Rain (ballade romantique et mélancolique où il est accompagné de son complice Graham Nash et de la cithare de Laura Allan) ou l’épique Cow Boy Movie. Crosby est au sommet de son art. Il en redescendra vite, la faute à la drogue. S'il est donc un de ses disques dont il faut accorder toute l'attention, c'est bien celui-ci (RAZOR©).


1. Music Is Love.

2. Cowboy Movie.

3. Tamalpais High.

4. Laughing.

5. What Are Their Names.

6. Traction In The Rain.

7. Song With No Words (Tree With No Leaves).

8. Orleans.

9. I'd Swear There Was Somebody Here.


David Croby:chant,guitare.

Graham Nash:guitare,chant,choeurs.

Jerry Garcia:guitare électrique sur 2/3/5/7,pedal steel guitare sur 4,choeurs sur 5.

Neil Young:guitares,chant sur 1/5,basse,vibraphone,congas sur 1.

Jorma kaukonen:guitare électrique sur 3/7.

Laura Allan:cithare,choeurs sur 6.

Gregg Rollie:piano sur 7.

Phil Lesh:basse sur 2/3/5,choeurs sur 5.

Jack Casady:basse sur 7.

Bill Kreutzmann:batterie sur 3 et 4,tambourin sur 2.

Michael Shrieve:batterie sur 5/7.

Mickey Hart:batterie sur 2.

DISCOGRAPHIE ERE MODERNE.

LP Studio 4 - 2014

 

Crosby croz 1

 

DAVID CROSBY

CROZ – 2014 4/5

 

Publié en janvier 2014.

Produit par Daniel Garcia.

Durée:47:03.

Label:Blue Castle Records.

Genre:rock.

 

Dave toujours dans la course.

A la vue de sa tronche revenue de nulle part et pas qu’une fois, je suis plein d’admiration pour ce mec miraculé, béni des Dieux, passé par les trous les plus petits qu’il est possible d’imaginer. Il n’a plus rien à prouver, a fait quasiment fait le tour de tout ce qui peut s’envisager, plaisirs comme conneries mais conneries surtout, toutes celles qui sont possibles et imaginables.

Toujours vivant alors que cet autodestructeur notoire devrait être mort depuis ses premières frasques sous Byrds, il pourrait sagement attendre que la mort vienne le chercher pour de vrai, car ça arrivera bien un jour à force de l’avoir défiée, mais surtout parce que c’est écrit.

Diabétique, atteint d’une hépatite C, transplanté au niveau du foie, malade du cœur, toxico la moitié de son temps passé sur terre, alcoolique, il en a assez accumulé pour s’accorder une pause maintenant qu’il est clean. Sur le plan judiciaire aussi, il a collectionné les bavures : faits de drogue, possession illégale d’armes, conduite en état d’ébriété, ce qui l’a amené à souvent fréquenter les tribunaux, plus rarement les geôles amerloques.

Et bien non, ce n’est pas dans le programme de ce bon vieux Crosby que de se la couler douce. Lui a décidé de continuer à se battre et de ne pas se cantonner dans un agenda plan-plan qui conviendrait à des rock stars amies. Pas à lui. Rendez-vous compte, il a décidé de se battre. Encore. A 73 ans. Comme s’il n’avait pas eu assez des coups qu’il a morflés et contre lesquels il a dû lutter. Ses vieux démons comme on dit, on les connaît : héroïne (dès 1971), cocaïne (à 20 ans), crack (plus tard), alcool (en parallèle).

Non content d’être fragilisé par sa vie de hippie-rock star, il dû faire face, sur un angle professionnel, à son éviction malheureuse des Byrds fomentée par le duo McGuinn/Hillman qui ne le supportaient plus ; il a dû résister aux coups de pute de l’existence comme la perte de son amour, Christine Hinton, tuée sur la route le 30 septembre 1969 qui l’a littéralement laminé alors qu’il s’enfonçait profondément dans la dope et la bibine, comme le suicide de son frère Ethan (1997), comme le placement, à vingt ans, de son fils James Raymond. De ses passages à vide, c’est peut-être celui qui lui trotte encore dans la tête aujourd’hui, d’autant que c’est avec ce dernier, avec lequel il bricolait jusqu’alors dans CPR, qu’il évoque ses projets d’avenir personnels désormais.

David Crosby, on pourrait en faire un livre, en écrire des tonnes jusqu’au petit matin tant le personnage est attachant et courageux. Il a décidé de se battre, plus exactement de repartir au combat là où d’autres rangent définitivement leur guitare dans la housse.

J’évoquais son fils retrouvé à la fin des années 90 et les projets perso. Après plus de 50 ans dans le rock, Crosby a encore des munitions et de l’envie, une envie héritée de son mentor Fred Neil. En voilà justement un qui se concrétise : Croz (2014), nouvel album solo du moustachu aux sourcils broussailleux, aux cheveux dorés et vaporeux. Ce qui ne lui était plus arrivé depuis une vingtaine d’années.

Comme il le dit, il le fait pour lui, par pure nécessité de se vider le cœur. Comme pour mieux étayer sa thèse qui consiste à se prouver qu’il n’est pas fini, il rebondit avec 11 nouveaux titres, écrit avec son fils. Parmi ceux-ci, relevons l’intervention fluide et généreuse de Mark Knopler (What’s Broken) ainsi que le concours virtuose du grand trompettiste de jazz, Wynton Marsalis, sur Holding On To Nothing. Pied de nez à ceux qui l’avaient enterré un peu vite et qui le pensaient cramoisi du ciboulot, scripturalement tari… le vieux grizzly est encore motivé, physiquement et mentalement capable de belles choses et revendique encore et toujours de la magie.

Malgré diverses demandes auprès de professionnels, Croz (en écoute intégrale ici) est enregistré, pour partie, à Santa Monica dans les studios de Jackson Browne (Groove Masters), un pote qui lui a ouvert ses portes à un moment où Crosby n’a plus les moyens financiers de ses ambitions. Son carnet d’adresses s’est soudainement vidé de ses relations. L’autre partie résulte de la mise à disposition du studio mobile de son fils. Crosby peine à rassurer sur son seul nom ; il semble payer son parcours personnel boiteux. Il doit bien savourer aujourd’hui.

Car Croz est très bon, superbement produit et doté d’une belle musicalité. A son âge et avec les excès qu’il a faits, il est légitime de se positionner plus particulièrement sur sa voix. Elle reste douce et éclaircie. Grand chanteur, immense harmoniste, Crosby n’a jamais été aussi convaincant depuis longtemps.

Beaucoup s’interrogent sur son aptitude à encore écrire. Est-il encore capable de belles chansons comme celles qui alimentent son chef d’œuvre If I Could Only Remember My Name (1971) ? Il l’est, il ne s’est pas niqué le cerveau si c’est ça qui questionne. Il fut un songwriter avisé et inspiré, il n’a pas perdu la main. Ou alors l’a-t-il retrouvé depuis son décevant Thousand Roads de 1993, dernier album accroché à son catalogue personnel ? Le Crosby de Croz ne cherche jamais à se la jouer, à épater la galerie. Ce qu’il fait, il le fait pour lui, rappelez-vous.

La sensation qui traduit l’écoute est délicieusement jazzy, nimbée d’harmonies à la Crosby, celles que l’on a tant vantées dans le quatuor magique ou avec son pote Nash. Porté par une voix douce et céleste qui a traversé 5 décennies à abuser, sans s’occasionner de vrais dommages, le petit dernier de son catalogue est une belle réussite, réalisé comme il l’entend. L’ancien Byrds nous rend une magnifique et surprenante copie, même s’il a tourné le dos à la west-coast au profit d’une déclinaison soft-rock moelleuse qui ne ressemble à rien d’autre de son catalogue. Les temps ont changé, que voulez-vous, mais moi j’aime et je pense que les puristes ne s’y opposeront pas. Une tournée est annoncée, signe que Dave est bel et bien dans la course. On prendra donc ce Croz très au sérieux (RAZOR©).

 

1. What's Broken.

2. Time I Have.

3. Holding on to Nothing.

4. The Clearing.

5. Radio.

6. Slice of Time.

7. Set That Baggage Down.

8. If She Called.

9. Dangerous Night.

10. Morning Falling.

11. Find a Heart.

 

Todd Caldwell:orgue Hammond B3.

David Crosby:guitare électrique,chant.

Steve DiStanislao:batterie,percussions.

Marcus Eaton:guitare 12 cordes,guitare acoustique et électrique,sitar,chant.

Shane Fontayne:basse,guitare électrique,percussions,chant.

Michael Kemper:piano.

Mark Knopfler:guitare électrique sur 1.

Wynton Marsalis:trompette sur 3.

Kevin McCormick:basse.

James Raymond:guitare,percussions,piano,chant.

Leland Sklar:basse.

Steve Tavaglione:saxophone soprano,synthétiseur,instruments à vent.

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