Dire Straits.

BIOGRAPHIE.

 

DIRE STRAITS/Londres (Deptford) – Royaume-Uni.

 

Dire straits intro

 

Actif entre 1977 et 1988, puis entre 1991 et 1995.

Labels:Vertigo,Mercury,Warner Music.

Genre:roots rock,blues-rock,pub rock,rock.

 

Un engouement jamais démenti.

Dire Straits a débarqué en pleine déferlante punk et a laissé au rock, entre 1977 et 1995, date de sa séparation, quelques-unes des plus belles compositions de ces dernières décennies. Son succès a conduit le groupe à battre régulièrement des records de ventes d'albums ; on avance le chiffre de plus de 120 millions de pièces écoulées à ce jour, alors que les jeunes générations continuent d'adhérer de plus en plus à ce rock délicieusement moelleux. L'engouement est toujours palpable pour une formation considérée comme l'une des meilleures de la fin des 70's et du début des 80's...

Dire Straits est constitué en 1977 au sud-est de Londres, dans le quartier de Deptford. Son histoire est étroitement liée à celle des frères Knopfler et plus particulièrement Mark (l'autre, plus jeune, étant David), guitariste et songwriter, par lequel tout s'est progressivement mis en place, dès lors qu'il donne ses premiers concerts au Newcastle City Hall en 1964.

Dire straits cafe racersD'abord les Cafe Racers (on comprend pourquoi !)...

Dire straits marquee londres...avant Dire Straits (ici au Marquee Club).

Dire straits mark et davidLes frères Knopfler (Mark et David).

Dire straits sultans singlePremier single gagnant: Sultans Of Swing.

Dire straits lp 78Des débuts fracassants.

Dire straits mark knopflerMark Knopfler, toujours actif en 2017.

Sur les traces de Lonnie Donnegan et des Shadows.

Mark, né en 1949 à Glasgow, d'une mère anglaise originaire de Newcastle et pianiste occasionnelle et d'un père juif-hongrois, architecte contraint de fuir le régime nazi, a très tôt un contact avec la musique ; dès six ans, en fait, quand il entend pour la première fois le chanteur-banjoïste-guitariste de skiffle, l'écossais Lonnie Donnegan.

Derrière, son oncle Kingsley, joueur dilletante d'harmonica et de piano, se charge d'entretenir cette flamme, en l'initiant à quelques morceaux de boogie-woogie. Mais le virus le prend littéralement quand il découvre les Shadows, groupe de Newcastle, et son sublime guitariste Hank Marvin.

La guitare le fascine alors, au point que son père, dès l'âge de 13/14 ans, lui offre une rutilante Höfner V2. Deux ans plus tard, en 1964, il se lance et pointe son nez dans des formations scolaires pu locales comme les Rock Machine.

Avant de rejoindre Leeds et la rédaction du Yorkshire Evening Post, suite à de brèves études de journalisme au Technical College de Harlow, Mark forme un duo folk avec une camarade de classe Sue Hercombe (1965).

Dans le cadre de sa fonction de rédacteur, il rencontre Steve Philips, guitariste professionnel, avec lequel il fonde les Duollian String Pickers.

Des Cafe Racers à Dire Straits.

Une annonce dans le Melody Maker l'amène à rejoindre Londres et à passer une audition pour les Brewers Droop, un groupe de pub rock (1973). Il y reste peu de temps (deux mois) mais croise la route de Pick Withers, batteur.

Après avoir accepté, pour vivre, un job de conférencier au Loughton College dans l'Essex, Mark fonde son groupe, avec son frère David, venu le rejoindre sur Londres. Ce dernier cohabite avec John Illsley, un bassiste. Les deux Knopfler, Illsley et Withers constituent le line-up des Cafe Racers (1975), orienté rockabilly et qui s'appuie sur les compositions de Mark pour démarrer.

Mais il leur faut passer la vitesse supérieure d'autant que le songwriting de Mark fait parler de lui et que la formation vient de muter vers Dire Straits, nom signifiant « être fauché » en anglais.

Phonogram Records, premier sur le coup.

Une première démo de 5 titres est enregistrée en 1977, parmi lesquels Sultans Of Swing, Water Of Love, Down To The Waterline, Wild West End et Sacred Loving, après qu'une cassette ait été envoyée à Charlie Gillett, animateur sur la BBC Londres (Honky Tonk). Phonogram est le premier sur le coup et enlève la mise au nez et à la barbe de nombreux labels tout aussi intéressés.

Un contrat d'enregistrement de 3 LP est proposé au groupe. Ed Bicknell, début décembre 1977, devient le manager officiel de Dire Straits, sur proposition de John Stainze, directeur A & R de Phonogram. C'est la division Vertigo de ce label qui chapeaute cet engagement.

A l'automne 77, une deuxième démo est enregistrée pour la BBC, Southbound Again, In The Gallery et Six Blade Knife, suivi d'une troisième composée de Setting Me Up, Eastbound Again et Real Girl.

Des débuts fracassants.

Un premier LP ne tarde pas à suivre. Il tombe le 7 octobre 1978. Produit par Muff Winwood, le frère de Stevie, cet album éponyme réunit tous les titres évoqués par ailleurs.

Il fait 5ème au Royaume-Uni, 2ème aux Etats-Unis et cartonne en France, en Hollande ainsi qu'en Allemagne, se classant dans le top 10 de quasiment tous les pays d'Europe.

Le disque est porté par le succès de Sultans Of Swing (6 minutes), rapidement populaire de par son solo de guitare virtuose, considéré comme un des meilleurs de l'histoire du rock.

L'éponyme Dire Straits est une première réussite pour Mark Knopfler ; il est surtout la première étape dans l'ascension des anglais, celle qui les ménera vers la gloire internationale avec Brothers In Arms, sept ans plus tard.

Pour l'heure, elle déclenche le cycle classique des tournées. En 1978, Dire Straits ouvre pour Talking Heads, avant, en 1979, d'entreprendre un circuit nord-américain de 51 concerts en 38 jours.

Confirmation et premières tensions.

En juin de cette même année, Communiqué confirme l'album précédent. Il se place dans la même lignée et Lady Writer ressemble comme deux gouttes d'eau à Sultans Of Swing. Classé 11 aux Etats-Unis, le disque plaît à Dylan qui, impressionné, invite Mark Knopfler et Pick Withers à prendre part à son album Slow Train Coming (août 1979/CBS).

En octobre 1980 sort l'excellent troisième LP, Making Movies, tiré par deux chansons restées parmi les plus populaires de Dire Straits, Tunnel Of Love (51/UK) et Romeo And Juliet.

Dire straits david knopfler

« J'ai quitté Dire Straits pour les mêmes raisons que celles qui animent tous ceux qui quittent leur emploi, au motif de ne plus y trouver matière à satisfaction, motivation et espoir. Je ne me voyais pas passer le reste de ma vie à vivre dans les rêves de quelqu'un d'autre. Malgré les regrets que j'en ai éprouvés, je me suis toujours senti à l'aise avec cette décision et j'ai pu ainsi réaliser un tas de choses qui n'auraient pas été possibles autrement. » (David Knopfler)

Plus placé dans une lignée FM, Making Movies traduit surtout les tensions qui animent alors les frères Knopfler. David, guitariste rythmique, quitte le groupe en pleines sessions, après un désaccord de trop avec Mark. Le démissionnaire ne sera pas crédité sur l'album, pas plus que son suppléant Sid McGinnis. Le groupe s'étoffe pour le coup d'un claviériste (Roy Bittan), dont l'arrivée apporte un plus au son du groupe, ce qui ne déplaît pas aux fans.

Mémorable Private Investigations.

A l'appel du quatrième album et pour aborder les tournées européenne et américaine, Roy Bittan est remplacé par Alan Clark aux claviers tandis que le guitariste californien Hal Lindes prend le relais de McGinnis.

Ce nouvel opus, très équilibré et expressif, s'appelle Love Over Gold et sort en septembre 1982. Pour un album supposé faire la transition entre la période roots du groupe et un avenir plus commercial, c'est un très grand disque que produit intégralement Mark Knopfler.

Quelques titres mémorables l'illuminent : le sublime Telegraph Road (14 minutes), le non moins extraordinaire Private Investigations, Industrial Disease et Love Over Gold. Pick Withers quitte alors Dire Straits. Terry Williams saute dans la brèche.

Un EP de 4 titres (ExtendeDancEPlay) est ensuite publié avec ce line-up renforcé par le claviériste Tommy Mandel : Twisting By The Pool, Badges Posters Stickers, T-Shirts, Two Young Lovers et If I Had You. Il précède le premier (double) live du groupe, Alchemy (mars 1984), enregistré à l'Odeon Hammersmith de Londres (22 et 23 juillet 1983) durant la tournée mondiale de 1983 passant par l'Angleterre.

Un des plus gros succès de toute l'histoire du rock.

Un 5ème album studio sort le 13 mai 1985 qui pulvérise les chiffres de vente (plus de 30 millions) et croule sous les honneurs. Brothers In Arms (Vertigo – UK et Warner Bros pour les States) occupe la tête des classements internationaux, passant une dizaine de semaines à la place de N°1 tant au Royaume-Uni qu'aux USA.

Multiplatine, l'album remporte deux grammys (1986) et se positionne au 352ème rang du classement Rolling Stone des 500 meilleurs albums de tous les temps. Brothers In Arms, concentré de tubes, marque le zénith commercial du groupe. Artistiquement, il ne convainc pas toujours.

L'album, un des plus gros succès de toute l'histoire du rock, est soutenu par une tournée de plus de 200 dates, gérée par Philips qui profite de l'occasion pour promouvoir les premiers CD de Brothers In Arms. Son titre majeur, Money For Nothing fait l'objet d'un clip qui va être l'un des premiers à tourner en boucle sur MTV.

15 millions de ventes pour On Every Street.

Après s'être octroyé une pause le 11 juin 1988, le groupe se réunit pour un concert donné en l'honneur de Nelson Mandela. Durant cette trêve, Mark Knopfler mène à bien des projets personnels mais annonce officiellement la fin de Dire Straits quelques semaines plus tard (septembre 1988).

C'est un Dire Straits remodelé qui reprend du service en 1991 sous l'impulsion de Knopfler et d'Illsley. Un sixième LP est enregistré : On Every Street (septembre 1991) qui, bien que grosse réussite commerciale (plus de 15 millions d'exemplaires écoulés dans le monde dont deux en France), n'a pas les mêmes retours critiques que son prédécesseur.

La tournée qui s'ensuit connaît encore un engouement extraordinaire, mais le groupe est définitivement dissous en 1995, Mark Knopfler reprenant alors une carrière solo amorcée à la fin des 80's. Il est toujours actif aujourd'hui (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE 70'S.

LP Studio 1 - 1978

 

Dire straits lp 78

 

DIRE STRAITS

DIRE STRAITS – 1978  5/5

 

Publié le 7 octobre 1978.

Produit par Muff Winwood.

Durée:41:34.

Label:Phonogram,Vertigo.

Genre:rock,pub rock,roots rock.

 

En 1977, Dire Straits n'a pas beaucoup de moyens pour réaliser son premier disque. Il ne porte jamais aussi bien son nom qu'à ses débuts. La situation du groupe, alors qu'il vivote péniblement sur le circuit des petits clubs et des modestes pubs londoniens, est fragile. Il rame et s'accroche aux branches pour ne pas disparaître avant l'heure.

Grâce à Charlie Gillett, animateur de la BBC, Phonogram Records va lui permettre d'enregistrer une première démo de 5 titres (Sultans Of Swing, Water Of Love, Down To The Waterline, Wild West End et Sacred Loving), mais se semble pas pour autant s'enflammer pour lui. Puis une seconde (Southbound Again, In The Gallery et Six Blade Knife) suivie d'une troisième composée de Setting Me Up, Eastbound Again et Real Girl, avant de signer la formation pour un album, pour lequel le label accorde peu de temps et d'argent. L'époque est alors encore sous l'emprise punk et voit la new wave pointer le bout de son nez.

Ce premier LP (en écoute intégrale ici), éponyme, est publié à l'automne 1978 et est produit par Muff Winwood, le frangin de Stevie (Traffic, Spencer Davis Group, Blind Faith...), qui se risque à mettre les mains dans le cambouis. Bien lui en a pris car ce disque amène une grande bouffée d'air frais dans un rock qui s'étouffe et pour lequel, personnellement, je n'éprouve alors plus beaucoup de sympathie. A des rares exceptions près, je ne suis plus en phase avec la musique que l'on me sert à la fin des 70's.

Le flux de daubes discos, de fientes punks et les balbutiements de la new-wave qui inonde alors les ondes et les bacs m’indiffèrent complètement, voire me gonflent comme vous ne pouvez même pas l’imaginer.

Nostalgique des grandes heures du british boom, de l’invasion britannique, de la vague acido-psychédélique, de la west coast américaine, du southern rock de l’Allman ou du Lynyrd, Dire Straits m’a remis dans le circuit, l’espace de quelques albums, avant que je ne lâche définitivement l’affaire avec les années 80 et sa triste suite.

La bande du critique rock Mark Knopfler, de son frère David, travailleur social, de l’étudiant en sociologie John Illsley et du batteur de studio Pick Withers, même si elle n’a pas pondu l’album du siècle, me réconcilie avec le rock que j'aime, influé par les ambiances de country, de blues, de folk et de swing. C’est déjà un bon point.

Racé, frais, sobre, cohérent, varié, complet, intelligent, doté de 9 chansons solides dont certaines temporelles (Sultans Of Swing, Water Of Love, Down To The Waterline, Six Blade Knife, In The Gallery, Wild West End), alimenté par des textes accrochant les blèmes de l’époque, cet album mid tempo que n’aurait pas renié J.J. Cale, est une secousse pour moi. Il était temps, je frisais l’implosion.

Sultans Of Swing, sa pierre angulaire, s’annonce comme la bouffée d’oxygène dont la musique a alors besoin. On ne peut donc pas oublier ce disque bienfaiteur, opportun, revu, au fil du temps, comme un LP très accompli et essentiel de ce temps.

La terre entière s’entiche pour ce premier contact probant avec le quatuor de Newcastle, plus difficilement au Royaume-Uni peut-être. Nul n’est prophète en son pays, c’est bien connu.

Au final, ce LP s'avère un incontournable du catalogue, jamais ennuyeux, naturel, brodé autour de la belle guitare de Mark Knopfler. Il convient d'en être ; rares étaient alors les grands disques en cette fin de décennie mythique (RAZOR©)

 

1. Down To The Waterline.

2. Water Of Love.

3. Setting Me Up.

4. Six Blade Knife.

5. Southbound Again.

6. Sultans of Swing.

7. In The Gallery.

8. Wild West End.

9. Lions .

 

Mark Knopfler:chant,guitare et guitare rythmique.

David Knopfler:guitare rythmique.

John Illsley:basse.

Pick Withers:batterie.

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