Eric Clapton.

BIOGRAPHIE.

 

ERIC CLAPTON/Ripley (Angleterre)

 

Clapton 2

 

Né le 30 mars 1945 à Ripley (Surrey).

Actif depuis 1962.

Label:Polydor,Surfdog,Warner,Reprise,RSO,Atco,Apple.

Genre:rock,blues.

Site officiel:www.ericclapton.com

 

Un monument de la musique rock.

Sur Eric Clapton, tout a été dit, écrit, raconté ou presque. Fabuleux guitariste, passé par les prometteurs Yardbirds, par la solide filière formation des Bluesbreakers de John Mayall, par le premier power trio du rock, Cream, puis engagé dans une longue carrière en solitaire, Eric Clapton demeure pour beaucoup de fidèles une figure majeure, pour ne pas dire incontournable, de la scène musicale britannique.

Quatrième plus grand guitariste de tous les temps pour le magazine Rolling Stone, le Dieu du Blues, The God comme on l'appelle, est l'auteur d'un parcours impressionnant, devant lequel ceux qui ont partagé avec lui les années 60 et 70, comme les générations engagées à sa suite ne peuvent pas rester de marbre.

Ses ballades mémorables (Layla,Tears In Heaven), ses soli légendaires, le répertoire d'autres qu'il a magnifiquement popularisé (Cocaine, After Midnight de J.J. Cale, Knockin' On Heaven's Door de Dylan), ses reprises de standards du blues qu'il a magnifiés, ont laissé une empreinte indélébile dans la musique rock et blues. Sa discographie, quoi qu'inégale, lui a valu de fidéliser pour toujours un public présent à ses côtés depuis quasiment un demi-siècle. Son 20ème album, Old Sock (2013) et la tournée mondiale amorcée derrière commémore ses 50 ans de carrière. Cet artiste est décidément exceptionnel.

Enfance difficile, mais il s'accroche.

Eric Clapton est né à Ripley, fin mars 1945. Délaissé par sa mère, élevé à son insu et depuis l'âge de 2 ans par des grands-parents dont il apprend 7 ans plus tard, qu'ils ne sont pas ses parents, Eric Clapton connaît une enfance difficile, une adolescence deséquilibrée, qui ne l'est pas moins, et marquée par le peu d'intérêt qu'il porte à l'école, puis à des études logiquement abandonnées en 1961.

Ado, il apprend les rudiments de la guitare qu'il rechigne à approfondir, jugeant son apprentissage trop rébarbatif. Clapton est alors à deux doigts de tout laisser tomber, mais il a quand même la présence d'esprit de s'accrocher en puisant sa motivation dans le répertoire blues américain des Big Bill Broonzy, Muddy Waters, Elmore James, Robert Johnson et Howlin' Wolf. Sage décision quand on sait où elle le mènera...

Dès 1962, il pointe le manche de sa guitare dans des clubs londoniens comme le Ealing Club : manquant de confiance, timide, ses premières apparitions sont très approximatives, maladroites et limitées à quelques trucs de blues bossés à la hâte. Au contact de musiciens tels les Stones ou le Blues Incorporated d'Alexis Korner, familiers de l'endroit, il apprend vite et fait la connaissance de Jack Bruce et Ginger Baker qu'il retrouvera dans Cream.

Clapton yardbirdsThe Yardbirds.

Clapton beanoThe Bluesbreakers.

Clapton creamCream.

Clapton blind faithBlind Faith.

Clapton delaney bonnieDelaney & Bonnie & Friends.

Clapton derek and the dominosDerek & The Dominos.

Des Roosters aux Yardbirds.

Grattant sur les circuits de la capitale, de Richmond et Kingston, début 1963 et sur l'instance de Tom McGuinness, Eric Clapton intègre d'abord les Roosters, après avoir appris à jouer par cœur un disque de Chuck Berry. Il y reste quelques mois avant de rejoindre Casey Jones and The Engineers avec McGuinness. L'expérience tourne court au bout d'un mois.

A l'automne 1963, il répond favorablement à l'offre de Keith Relf de devenir le guitariste des Yardbirds, en remplacement d'Anthony Topham. Eric Clapton est désormais professionnel et guitariste à temps plein. Les Yardbirds étant le groupe maison du Crawdady Club de Richmond après que les Stones aient chuaffé et popularisé la place, le groupe prend une envergure internationale à laquelle contribue fortement le guitariste, pendant les deux années qu'il y passe. Viscéralement ancré dans le blues, il en sort en 1965, quand les Yardbirds se rapprochent dangereusement de la pop.

Ce passage au sein des Yardbirds l'installent parmi les 3 meilleurs guitaristes du moment et font de cette formation l'une des plus sémillantes et des plus populaires de toute l'Angleterre, ce que confirment l'album Five Live Yardbirds (1964) et le single For Your Love (1965), premier gros succès commercial du groupe. C'est là qu'il hérite de son surnom de Slowhand.

En formation chez Papy Mayall.

En avril 1965, c'est avec les Bluesbreakers de Mayall, grosse pointure du R & B britannique, que Clapton assoit sa réputation de guitariste virtuose et influent. Juste après la sortie du premier LP de Mayall avec lequel il partage une passion commune du blues. John Mayall en fait l'élément central des Bluesbreakers.

Fatigué du rythme infernal des concerts nocturnes, il tourne provisoirement le dos aux Bluesbreakers pour aller se fourvoyer dans un groupe itinérant, The Glands, dont l'histoire prend fin en Grèce.

En octobre 1965, il est à nouveau dans le line-up de John Mayall et prend part (avril 1966) à ce qui est considéré comme un disque culte du british-blues, Blues, Breakers With Eric Clapton (juillet 1966), appelé aussi l'album « Beano » en référence à sa pochette. Cette dernière montre le groupe assis contre un mur, Eric Clapton le nez plongé dans une bande dessinée (Beano), sans se soucier du photographe.

En faisant 6ème des charts, le LP fait passer Clapton de très bon guitariste à guitar-héro. Affublé alors du surnom de God, le mythe Clapton s'installe. Après les Bluesbreakers qu'il quitte avec Jack Bruce sur le porte-bagages, il va alors monter le supergroupe qu'est Cream.

Le Cream était parfait.

Premier power trio du nom, l'énergique et puissant Cream réunit Eric Clapton, Ginger Baker et Jack Bruce ; il développe un mélange de blues, de rock et de psychédélisme. Sa particularité première est d'associer avec bonheur la virtuosité guitaristique de Slowhand, la voie aérienne du regretté Jack Bruce et les rythmes endiablés émanant de la batterie de Ginger Baker.

Le groupe au plus de 35 millions d'albums vendus réalise 4 très grands disques entre 1966 et 1968, dont Disraeli Gears (5ème au Royaume-Uni, 4ème aux Etats-Unis), sorti en novembre 1967 et passé à la postérité. Eric Clapton est alors en pleine concurrence avec Jimi Hendrix pour le titre de meilleur guitariste de la planète.

Le flop Blind Faith et la dérive.

L'étape d'après s'appelle Blind faith (1969), avec Steve Winwood, Ginger Baker et Rick Grech. Prévu pour être un deuxième supergroupe de rang, il déclenche l'hystérie collective quand le projet est annoncé, mais tourne rapidement à la grosse désillusion ; après moins d'un an d'existence, l'affaire est stoppée, non sans que Blind Faith ait réalisé un album éponyme intéressant, mais controversé au regard de sa pochette phallique équivoque.

Clapton 1

« Je suis paresseux et facilement distrait ; j'ai écrit beaucoup de chansons mais je les ai oubliées dans un coin. J'ai placé certaines d'entre elles sur le mémo vocal de son téléphone, j'ai perdu le mémo. Vous comprenez mieux pourquoi je reprends beaucoup de chansons ? » (Eric Clapton)

Dans les années 70, le natif du Surrey sombre dans l'alcool et l'héroïne. Usé, il la joue discret en se mettant en retrait, histoire d'oublier le statut de rock star qui lui colle à la peau et qu'il déteste. Dans cette optique, il intègre le groupe de Delaney & Bonnie (les Bramlett), un couple sans histoire se contentant de jouer sa musique sans prise de tête  et loin de l'effervescent marché musical; fragilisé, Clapton y officie en qualité de sideman et prend part à la tournée américaine de Delaney, Bonnie And Friends. Suite à cette expérience et en s'appuyant les conseils convaincants de Delaney, Clapton poursuit en solo.

L'influence des Bramlett, le soutien de Townshend.

En novembre 1969, il entre donc en studio et travaille à son premier LP personnel, éponyme et produit par Delaney Bramlett, lequel met son groupe à disposition du guitariste. Clapton s'ouvre alors à d'autres voies que le blues, à savoir au latino, aux ballades, au mid-tempo, à la country, autant d'influences avec lesquelles la tournée avec les Bramlett l'a confronté. Ce premier opus donne notamment After Midnight, lequel boostera dans la foulée la carrière de son auteur, J.J. Cale, et prend place au 18ème rang des charts américains.

Sans réel projet, ni groupe, Eric Clapton se retrouve comme invité sur les albums de George Harrison (All Things Must Pass/novembre 70) et Plastic Ono Band de John Lennon et Yoko Ono/décembre 70).

A la fin de l'année 1970, Clapton rebondit sur Derek and The Dominos en débauchant trois membres de Delaney & Bonnie, la rythmique Carl Radle et Jim Gordon ainsi que le claviériste Bobby Whitlock. Son souci premier reste de se fondre dans un collectif et non plus de briller seul. Un album naît de cette réunion appuyée par Duane Allman : l'anthologique Layla And Other Assorted Love Songs, peut-être son plus grand disque, porté par l'inoubliable Layla, chanson d'amour non partagé pour la femme de George Harrison, Pattie Boyd.

(à suivre page 2)...

BIOGRAPHIE SUITE.

Miné par la mort d'Hendrix, dépité de ne pas avoir les faveurs de Mme Harrison, déçu par l'insuccès de Layla and Other Assorted Songs, Eric Clapton a le malheur de perdre en octobre 1971, celui qui est devenu son ami, Duane Allman. C'en est trop et Clapton sombre dans une consommation abusive de drogues lesquelles raréfient ses sorties, banalisent ses prestations, voire le décrédibilisent comme quand il perd connaissance lors du concert pour le Bangladesh (1971) ou qu'il crée la polémique lors celui de Birmingham (1976) ; une longue dérive s'amorce alors, qui durera trois ans. Pete Townshend, guitariste des Who, sera à ses côtés pour l'aider à remonter la pente et le convaincre qu'il n'est pas fini.

Clapton boydAvec Pattie Boyd, ex Mme Harrison.

Clapton marleyLa Jamaïque, influence de 461 Ocean Boulevard.

Le renouveau.

Après une cure de désintoxication, Eric Clapton domine enfin son addiction à l'héroïne, sans toutefois parvenir à gérer sa dépendance à l'alcool. 461 Ocean Boulevard (1974) montre qu'il a partiellement chassé ses vieux démons, ceux-là même qui l'ont amenés à flirter avec la mort. Clapton donne encore l'impression de fuir et de se cacher, mais enregistre un bon deuxième album personnel, réalisé au contact de la Jamaïque et de Bob Marley. On peut parler véritablement de renouveau, dans la mesure où son retour en forme s'accompagne d'une liaison requinquante avec Pattie Boyd et d'un leadership dans les charts US, grâce à la reprise de Marley, I Shot The Sheriff. Sa carrière est relancée.

Mélange de reggae, de rock, de blues, de pop et de gospel, There's One in Every Crowd (mars 1975) n'est pas très éloigné de son prédécesseur, sans toutefois connaître la même réussite commerciale. Clapton cherche désormais à soigner son écriture et à la jouer a minima sur les envolées guitaristiques ; le public ne comprend pas, pensant ne plus jamais retrouver son flamboyant guitar-hero. Au regard de ce disque, il n'est pas encore un auteur-compositeur reconnu.

Quatrième opus solo, No Reason To Cry (1976) est fait avec les ricains en vogue du moment, le Band sur le point de faire son jubilée (The Last Waltz), Bob Dylan dans sa période faste (Before The Flood/Blood On The Tracks), mais aussi avec les anglais Ron Wood et George Harrison ; l'intérêt de ce disque vaut surtout dans les morceaux communs à l'anglais et au Band que Clapton a failli rejoindre.

Slowhand, le graal.

Slowhand (novembre 1977) a plus d'intérêt. La grande œuvre personnelle de Clapton est là. Alimentée par certains des classiques de Clapton (Cocaine de J.J. Cale, Wonderful Tonight, Lay Down Sally), on a généralement tendance à la confondre avec une compilation ou un Best Of. Non, l'éclectique Slowhand est bel et bien un album studio : c'est même le cinquième LP du catalogue pour lequel le Clapton jeune songwriter signe 5 des 9 titres.

Il y affiche une belle sensibilité, notamment dans le morceau qu'il écrit pour celle qui est désormais sa femme, Pattie Boyd : Wonderful Tonight. Il va mieux, même s'il a tendance à avoir la tête près du goulot. Ce penchant pour la bouteille lui vaut de gros ennuis, auquel l'épisode de Birmingham, évoqué par ailleurs, contribue conséquemment.

Backless (novembre 1978) est fait dans le dur. Slowhand a tellement été une réussite qu'il est difficile pour son auteur de bisser. L'album est néanmoins de bon niveau et très professionnel, ce qui est déjà bien, compte tenu de son addiction très marquée pour l'alcool et qui l'oblige à se soigner à la fin des 70's.

Le poignant Tears in Heaven.

Au début des années 80, il revient sur le devant de la scène et connaît à nouveau le succès, mais c'est dans les 90's surtout que son retour en grâce se fait. Il publie Unplugged, sur lequel on retrouve Tears in Heaven, dédié à son enfant Conor, mort accidentellement à l'âge de 4 ans, le 20 mars 1991.

Bien qu'effondré, sa réaction est de se replonger dans le travail. Depuis, il a remis la tête dans le guidon du blues, collaborant avec les plus grands (B.B. King, J.J. Cale, Stevie Winwood, Santana...) et continue à sortir des albums, essentiellement de reprises, d'un blues auquel il est viscéralement attaché ; Old Sock est son 17ème et dernier LP studio (RAZOR©).

 

DISCOGRAPHIE 60'S (YARDBIRDS/BLUESBREAKERS/CREAM/BLIND FAITH)..

THE YARDBIRDS - LP Studio 1 - 1964

 

Yardbirds five live

 

THE YARDBIRDS

FIVE LIVE YARDBIRDS – 1964

 

Publié le 4 décembre 1964.

Produit par Giorgio Gomelsky.

Durée:42:11.

Label:Columbia.

Genre:blues-rock.

 

Le premier Clapton.

 

Plus célèbres  pour avoir favorisé l’éclosion professionnelle de trois de leurs prestigieux membres (Clapton, Beck et Page) que pour leur propre carrière musicale, les anglais des Yardbirds sont pourtant l’un des groupes les plus importants et influents du rock des sixties.

Produits par le découvreur de talent qu’est Giorgio Gomelsky (de mère française, les enfants !), gérant de clubs musicaux et, par ailleurs, l’homme qui fut derrière les  premiers Stones de Brian Jones, les Yardbirds, sous sa houlette, occupent le fameux Marquee Club londonien (géré par Gomeslky), situé Wadour Street, et enregistrent, le 13 mars 1964, un premier album : Five Live Yardbirds (en écoute intégrale ici).

Pour les amateurs de statistiques, cet opus est le premier disque officiellement enregistré par Eric Clapton, puisque ce dernier fait partie de l’évènement, même s’il fait dans la discrétion, avec Chris Dreja (guitare rythmique), Jim McCarty (Batterie), Keith Relf (chanteur et sublime harmoniciste) et Paul Samwell-Smith à la basse.

Le groupe se produit, ce soir-là, en interprétant des reprises de R&B, blues, rockabilly américains (Chuck Berry, Eddie Boyd, James Moore, Chester Burnett, Bo Diddley…). Avouez qu’il est meilleure entrée en matière dans le métier que celle qui consiste à publier un live pour premier disque.

La démarche a du poil aux pattes, n’est-ce pas les jeunots ?  Littéralement scotchant (les raves sont stupéfiantes), ce disque (un des premiers live, si ce n’est le premier, d’un groupe britannique) installe les Yardbirds parmi les grands et met en exergue le travail déjà imaginatif de Clapton.

La performance y est énorme dans cette ambiance typiquement club. Vous allez aimer, j’en mets ma main au feu (RAZOR©).

 

1. Too Much Monkey Business.

2. Got Love If You Want It.

3. Smokestack.

4. Good Morning Little Schoolgirl.

5. Respectable.

6. Five Long Years.

7. Pretty Girl.

8. Louise.

9. I’m A Man.

10. Here ‘Tis.

 

Eric Clapton:guitare.

Chris Dreja:guitare rythmique.

Jim McCarty:batterie.

Keith Relf:chant,harmonica.

Paul Samwell-Smith:basse.

 

THE YARDBIRDS - LP Studio 2 - 1965

 

Yardbirds for your love

 

THE YARDBIRDS

FOR YOUR LOVE – 1965  3/5

 

Publié en août 1965.

Produit par Giorgio Gomelsky.

Durée:31:04.

Label:Epic.

Genre:blues-rock,rock.

 

Micmac Epic.

 

For Your Love (1965) est la deuxième sortie dans la chronologie discographique des Yardbirds. Je ne parle pas d’album studio, car il n’en est pas un. Il réunit pourtant sous le même projet Eric Clapton et Jeff Beck, alors que leurs destinées, au sein de ce groupe, se sont croisées.

Le second nommé pose ses valises dans cette formation, après que Clapton en soit parti, dans la foulée du single commercial  For Your Love, lequel provoque une réaction épidermique chez le God, peu friand de pop et viscéralement lié au blues. Cette orientation est l’objet de la discorde entre les Yardbirds et Clapton.

For Your Love, en fait, est un micmac monté par Epic, pour promouvoir (nous sommes en pleine British Invasion) la première tournée américaine  du groupe. Outre trois titres, avec un Jeff Beck pas encore imprégné de l’humeur Yardbirds (I Ain’t Done Wrong, I’m Not Talking et My Sloopy Girl) et trois faces B de l’époque Clapton (absent de l’historique de ce disque), complété par d’obscures cadavres retrouvés dans les placards, l’intérêt véritable de cette compilation consiste dans le témoignage historique de cette prise de pouvoir britannique sur le sol US.

Voyez-le comme une collection (très acceptable) de titres des Yardbirds et comme le point de départ d’une carrière dont ils tireront les bénéfices plus tard. Vous pourrez alors jauger le chemin parcouru (RAZOR©).

 

1. For Your Love.

2. I'm Not Talking.

3. Putty in Your Hands.

4. I Ain't Got You.

5. Got to Hurry.

6. I Ain't Done Wrong.

7. I Wish You Would.

8. A Certain Girl.

9. Sweet Music.

10. Good Morning Little Schoolgirl.

11. My Girl Sloopy.

 

Keith Relf:chant,harmonica.

Eric Clapton:lead guitare.

Jeff Beck:lead guitare sur 2/6/11.

Chris Dreja:guitare rythmique.

Paul Samwell-Smith:basse,chant.

Jim McCarty:batterie,choeurs.

Giorgio Gomelsky:choeurs sur 8.

Brian Auger:clavecin sur 1.

Denny Pierce:bongos sur 1.

Ron Prentice:bowed basse sur 1.

Manfred Mann:claviers,choeurs sur 9.

Paul Jones:choeurs sur 9.

Mike Hugg:effets sur 9.

Tom McGuinness:guitare sur 9.

 

THE YARDBIRDS - LP hybride 3 - 1965

 

The yardbirds having a rave up 1965

 

THE YARDBIRDS

HAVING A RAVE UP – 1965  4/5

 

Publié le 20 novembre 1965.

Produit par Giorgio Gomelsky.

Durée:35:40.

Label:Epic.

Genre:blues-rock,rock.

 

A la tête de l’Hard.

 

On peut le dire. Ce disque, Having A Rave-Up (en écoute intégrale ici), n’est pas un disque… je veux dire par là que ce n’est pas un vrai disque…un album original, quoi. C’est plutôt une compil. On ne disait pas compil’ en 1965, date de sa sortie. Toujours est-il que Having A Rave Up compile des singles (devenus tubes pour la plupart) parus sous forme de 45 tours, des faces B et des live réalisés sur la période 1964/65.

Situer avec exactitude le contenu  et l’origine des titres publiés sur cet album relève du parcours du combattant et je ne m’y aventure pas au risque de choper une méga migraine et de vous induire en erreur. Sachez seulement que 1965 a été une année royale pour le groupe, qui a enchaîné les concerts et les tubes en single.

Mais, pas le moindre 33 tours à se mettre sous la dent, ce qui n’était pas convenable pour un groupe aussi prestigieux et important. On va donc, pour l’occasion se contenter de ce que l’on sait à propos de Having A Rave Up et des dix titres de l’album d’origine.

Personne n’ignore que les Yardbirds figurent alors parmi ce qui se fait de mieux sur la scène rock du moment. Que ce soit Beck, Clapton ou Page, chacun a marqué le groupe d’une griffe indélébile et a permis son inscription définitive dans le cercle fermé des groupes d’anthologie.

Ce que nous retiendrons de cet album, c’est que chronologiquement considéré, il prend place juste avant Roger The Engineer de 1966. Train Kept A Rollin’ (la guitare de Beck se transforme en sifflet de locomotive et le convoi démarre), Evil Hearted You, Heart Full of Soul… j’en passe et des meilleurs.

L’album est plus intéressant dans sa partie studio initiale du fait du registre plus complet, à l’époque, de Jeff Beck que dans celle live accordée à Clapton.

C’est de là que sortent des sons incroyables, « never hearded before », dans la vague pop anglaise alors en vogue (Beck avait le souci de toujours expérimenter), et qui posent les bases du futur hard.

Having A Rave Up, complexe dans sa structure (mais on s’y fait vite !) est un passage obligé pour la compréhension de la mouvance de l’époque Kinks, Them, Who, Stones et… Yardbirds, devenu emblématique.

La seule critique que l’on puisse formuler à son propos concerne un son, pas toujours de qualité, manquant parfois de clarté, mais qui se bonifie au fil des remasterisations. Bonne nouvelle, non ? (RAZOR©).

 

1. Mr. You’re A Better Man Than I.

2. Evil Hearted You.

3. I’m A Man.

4. Still I’m Sad.

5. Heart Full Of Soul.

6. Train Kept A Rollin’.

7. Smokestack Lightning.

8. Respectable.

9. Here ‘Tis.

 

Jeff Beck:lead guitare.

Eric Clapton:lead guitare.

Chris Dreja:guitare rythmique.

Jim McCarty:batterie,chœurs.

Keith Relf:chant,harmonica,guitare acoustique.

Paul Samwell-Smith:basse,chœurs.

Jimmy Page:basse.

 

THE BLUESBREAKERS (JOHN MAYALL) - LP Studio 2 - 1966

 

Bluesbreakers beano

 

JOHN MAYALL BLUES BREAKERS

WITH ERIC CLAPTON – 1966  5/5

 

Publié en juillet 1966.

Produit par Mike Vernon.

Durée:37:06.

Label:Capitol Records.

Genre:blues-rock.

 

Sur le cul !

 

PHE-NO-ME-NAL! C’est le moins qui puisse être dit à propos de cet album de blues-rock des Bluesbreakers (en écoute intégrale ici) , réunissant un parterre d'acteurs explosif : Mayall, Clapton (ex-Yardbirds et futur Cream), McVie et Flint. Les deux premiers ne sont ni plus, ni moins que les guitaristes de légende que l’on connaît, McVie est un bassiste de grand talent qui s’exprime toujours sous Fleetwood Mac et Hughie Flint (futur Manfred Mann), batteur, certes moins connu, mais à la hauteur de ses collaborateurs.

D’entrée de jeu, All Your Love (Willie Dixon et Otis Rush) vous colle au plafond. Mais ça sort d’où ce son ? C’est ce que je me suis dit, en 1966, quand le LP est sorti. Jamais entendu un truc pareil ! Sidérant ! Toute notre génération est sur le cul. Un souffle balaie tout sur son passage.

C’est infernal. La rythmique est lourde et le jeu de guitare de Clapton chaloupé, fluide. La Gibson Les Paul, couplée à un ampli Marshall, n’avait jamais sonné ainsi. Le son du rock va prendre date dans ce déferlement de Panzer Division. Inutile de dire que ce disque de blues-rock a influencé des flopées de musiciens.

Composé de standards du blues empruntés au catalogue des sommités en la matière, Freddie King, Robert Johnson, Otis Rush, de titres composés par John Mayall seul, ou conjointement avec Clapton, cet album sert bien les intérêts du God qui, une fois le disque achevé, referme la parenthèse John Mayall/Blues Breakers, prend le cigare et s’en va créer les Cream avec Bruce et Baker, tandis que Peter Green, un autre futur Fleetwood Mac, prend la suite.

Ce disque a donc une double casquette : historique et culte. Et Mayall là dedans ? La voix du Pape du Blues fait le reste. Multi instrumentaliste, on le trouve aux claviers, au piano, à la guitare et au chant. 50 ans plus tard, c’est toujours aussi chaud. S’il est un Mayall que vous devez avoir, c’est celui-ci. C’est culte, vous dis-je. Culte ! C’eut été un disque de blues supplémentaire, sans la performance de Clapton mais là… je n’ai pas connaissance de mieux dans le genre (RAZOR©).

 

1. All Your Love
2. Hideaway.
3. Little Girl.
4. Another Man.
5. Double Crossing Time.
6. What'd I Say.
7. Key To Love.
8. Parchman Farm.
9. Have You Heard.
10. Ramblin' On My Mind.
11. Steppin' Out.
12. It Ain't Right.


John Mayall:chant,orgue,piano,harmonica.

Eric Clapton:guitare, chant,

John McVie:basse.

Hughie Flint:batterie.

 

CREAM - LP Studio 1 - 1966

 

Cream fresh cream

 

CREAM

FRESH CREAM – 1966  3,5/5

 

Publié le 9 décembre 1966.

Produit par Robert Stigwood.

Durée:38:10 (U.K),34:30 (U.S.A).

Label:Reaction (U.K),Atco (U.S.A).

Genre:blues-rock,rock psychédélique,hard rock.

 

Le mythe s’installe.

 

Le premier LP du premier super groupe de l’histoire du rock, aussi légendaire qu’éphémère, installe le mythe en douceur. Sans tambours, ni trompettes. Entre originaux au nombre de 5 et reprises pour une proportion égale, Fresh Cream (en écoute intégrale ici), envoyé en éclaireur, a pour vocation de montrer de quel bois Cream, concentré de virtuosités individuelles, peut se chauffer. Publié en fin d’année 1966, l’album offre une vision de la potentialité du trio.

Les reprises que Cream s’approprie pour l’occurrence ont ce petit quelque chose en plus qui n’appartient qu’aux grands. I’m So Glad ou Rollin’ And Tumblin’ sont sublimées par le traitement revitalisant que leur réserve nos trois experts, par la griffe qu’ils y apposent. Elles rivalisent de qualité avec des titres alors partis pour être des classiques du répertoire : Cat’s Squirrel, N.S.U., I Feel Free figurant sur la version originale US, mais pas sur celle anglaise, Spoonful absent de l’offre américaine mais présent dans la tracklist destinée au Royaume-Uni.

Eric Clapton, alors loin d’être le guitare-héros qu’il est devenu par la suite, donne sa pleine mesure dans un style rarement entendu jusque là. Inventif, inspiré, techniquement exceptionnel, il est épaulé par une rythmique qui filera des complexes à des générations entières de bassistes et de batteurs, et qui suscitera aussi les vocations d’autres.

Le registre est british blues, métissé de hard ; le son très 60’s avec un penchant psychédélique. C’est efficace certes, mais il ne traduit pas encore toute la puissance caractéristique du trio et que bon nombre de musiciens à sa suite ont cherché à calquer sur un format identique.    

Cet album est quelque peu en retrait, en termes de puissance, par rapport à la production qui suivra. En dépit d’une 101ème place parmi les meilleurs disques de tous les temps, on lui préférera Disraeli Gears, sorti l’année suivante et considéré depuis des lustres comme la petite merveille de ce trio d’anthologie (RAZOR©).

 

1. N.S.U.

2. Sleepy Time Time.

3. Dreaming.

4. Sweet Wine.

5. Spoonful.

6. Cat's Squirrel (instrumental).

7. Four Until Late.

8. Rollin' and Tumblin'.

9. I'm So Glad.

10. Toad (Instrumental).

 

Eric Clapton:guitare,chant.

Jack Bruce:basse,harmonica,chant.

Ginger Baker:batterie,percussions,chant.

 

LP Studio 2 - 1967

 

Cream disraeli gears

 

CREAM

DISRAELI GEARS – 1967  4/5

 

Publié le 10 novembre 1967.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:33:37.

Label:Reaction,Atco,Polydor.

Genre:rock psychédélique,blues-rock,hard rock.

 

Un statut quelque peu usurpé.

 

N’en déplaise aux inconditionnels de Cream, Disraeli Gears (en écoute intégrale ici), réécouté aujourd’hui, fait vraiment daté de chez daté. Le son est à la limite d’être crade par moments et, en de rares occasions certes, il est très désagréable à se farcir entre les esgourdes. Il y a des fois où réveiller les morts ne se passe pas toujours bien. J’aimais beaucoup ce disque que j’ai considéré comme beaucoup comme culte dans l’euphorie de la Creammania ambiante. Je lui trouve désormais certaines failles qui m’avaient échappées.

Repassé au crible 48 ans plus tard, j’avoue en pincer différemment et surtout être désagréablement surpris par l’inégalité des titres qui le composent, je veux parler notamment de la tierce 3 à 5 du disque.

Disraeli Gears démarre sur les chapeaux de roue avec deux morceaux énormes, Strange Brew et l’inénarrable Sunshine Of Your Love, mais derrière et c’est plus flagrant aujourd’hui qu’hier, débarrassé de l’aveuglement qui sied au fanatisme, il déroule trois chansons loin d’être des foudres de guerre (World Of Pain, Dance The Night Away et le soporifique Blue Condition).

Tales Of Brave Ulysses reprend les choses par le bon bout ce que ne dément pas Swlabr, acronyme de She Walks Like A Bearded Rainbow, que l’on peut traduire par Elle Marche Comme Un Arc-en-Ciel Barbu. We’re Going Wrong appartient également au lot des excellents morceaux de l’album porté par la voix de Jack Bruce, son auteur et soutenu par la guitare psyché de Clapton et les roulements de batterie d’un baker frappant les fûts avec des maillets.

Les convaincants Outside Woman Blues et Take It Back précèdent une surprenante et drôlatique sortie a Cappela (Mother’s Lament). Ayant depuis écouté en boucle son suivant Wheels Of Fire, j’ai plus d’affinités avec ce dernier qu’avec Disraeli Gears. Ce qui ne remet en rien en cause le statut mythique de ce disque placé au carrefour du blues, du psychédélisme et de la pop anglaise.    

Malgré un jugement depuis tempéré, ce disque est une œuvre indispensable au regard de la trace historique qu’il a laissé au rock. Mais bon, si je devais le juger en 2015, je ne lui accorderais pas la note maximale que je lui ai toujours accordé (RAZOR©).

 

1. Strange Brew.
2. Sunshine Of Your Love.
3. World Of Pain.
4. Dance The Night Away.
5. Blue Condition.
6. Tales Of Brave Ulysses.
7. Swlabr.
8. We're Going Wrong.
9. Outside Woman Blues.
10. Take It Back.
11. Mother's Lament.


Eric Clapton:guitare,chant.

Jack Bruce:chant,harmonica,basse,piano.

Ginger Baker:batterie,chant.

 

LP Hybride Studio 3/ Live 1 - 1968

 

Cream wheels of fire

 

CREAM

WHEELS OF FIRE – 1968  5/5

 

Publié en juillet 1968.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:84:23.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S.A).

Genre:rock psychédélique,blues-rock.

 

Le Cream parfait.

 

Sans aucun doute dans mon esprit, le meilleur de Cream se situe ici. Dans ce double album hybride parfait pour moi, moitié studio, moitié live qui répond au nom de Wheels Of Fire (en écoute intégrale ici) et sorti en juillet 1968.

Ce troisième volet du catalogue de Cream affiche le meilleur des deux facettes du power-trio. On en prend pour 36 minutes de studio, pour 44 de live.

Bruce dote la partie initiale de 4 titres sur 9, tous cosignés avec Pete Brown : White Room, As You Said, Politician et Deserted Cities Of The Heart. Ginger Baker assure 3 morceaux avec Mike Taylor (Passing The Time, Pressed Rat And Warthog, Those Were The Days) ; deux reprises complètent la partie studio : Sitting on Top of the World d’Howlin’ Wolf et Born Under A Bad Sign de Booker T. Jones et William Bell.

Dans cette partie studio, les titres rivalisent de réussite même si l’extraordinaire White Room a ce petit supplément d’âme qui fait la différence. Passing The Time est un petit bijou trippy qui me plaît bien tout comme Politician et son riff assassin, un classique du répertoire de Clapton, le blues Sitting On The Top Of The World, le merveilleux et atypique As You Said ainsi que le brillant Those Were The Days qui met en avant toute la science du chant du regretté Bruce et le tonique Deserted Cities of the Heart final proche de rivaliser avec White Room. Cette phase studio est très aboutie, très inventive et supérieure à Disraeli Gears.

Que dire alors du contingent live ici collecté ? Exceptionnel, d’autant que les acteurs donnent libre cours à ce qui fait la légendaire explosivité de Cream et que les enregistrements studios ne restituent pas complètement.

Comment ne pas être secoué par le niveau de prestation d’un ardent Crossroads  ou par les 17 minutes du Spoonful de Willie Dixon, ne pas être surpris par le Toad à rallonges de Baker ou tout simplement séduit par l’inédit de Jack Bruce, Traintime et son solo d’harmonica ?

Cream est à son meilleur et c’est là qu’il faut être avant Disraeli Gears. Ici on a le meilleur de Cream puissance 10 et on prend un panard du diable (RAZOR©).

 

Studio

1. White Room.

2. Sitting on Top of the World.

3. Passing the Time.

4. As You Said.

5. Pressed Rat and Warthog.

6. Politician.

7. Those Were the Days.

8. Born Under a Bad Sign.

9. Deserted Cities of the Heart.

 

Live.

10. Crossroads.

11. Spoonful.

12. Traintime.

13. Toad.

 

Jack Bruce:chant,basse,violoncelle,harmonica,guitare acoustique.

Eric Clapton:guitare,chant sur 10,chœurs.

Ginger Baker:batterie,percussions,cloches,glockenspiel.

Felix Pappalardi:alto,instruments à vent,cloches,orgue.

 

LP Studio 4 - 1969

 

Cream goodbye

 

CREAM

GOODBYE – 1969  3/5

 

Publié le 5 février 1969.

Produit par Felix Pappalardi.

Durée:30:09.

Label:Polydor (U.K),Atco (U.S.A).

Genre:hard rock.

 

Adieu manqué.

 

Goodbye (en écoute intégrale ici), quatrième pli discographique de Cream, est un album posthume. Entendez par là que, quand il est publié le 5 février 1969, le power-trio britannique est dissous depuis novembre 1968. Polydor en assure la distribution européenne et Atco en fait de même de l’autre côté de l’Atlantique.

Trois titres live et trois studios, un album concis (30 minutes), Cream reprend pour Goodbye, une formule hybride déjà éprouvée dans le précédent  Wheels Of Fire à la différence près que la qualité de la matière ici présente est loin de valoir la collecte de Wheels Of Fire, le meilleur et surtout le plus abouti des disques de Cream. Disque d’adieu comme son nom l’indique, il ne fait pas regretter la séparation de ses auteurs.  

Le torchon brûle entre Baker et Bruce, Clapton a d’autres desseins en tête, alors la maison de disques insiste pour publier le der des ders (1969), sachant que le power-trio n’a plus d’avenir. Leur mort est déjà annoncée d’où l’ultime tentative de faire fructifier le nom. A procédé douteux, disque précipité et sous contrainte commerciale, peu travaillé et de ce fait moyen. Ce disque ne reste pas gravé dans les annales du rock. Encore moins dans mon esprit.

Chacun y est allé d’un titre, comme pour dire : « J’y étais ! ». Même Clapton qui pourtant était aux abonnés absents de l’écriture du LP qui précède. Hormis Badge (avec Pappalardi et Georges Harrison, alias L’Angelo Misterioso) et I’m So Glad, je ne vois pas grand chose digne d’intérêt sur ce disque ; par ailleurs, les trois derniers titres Doing That Scrapyard, What A Bringdown et Anyone For Tennis sont particulièrement décevants. Très peu pour moi ce Goodbye (RAZOR©).

 

1. I'm So Glad.

2. Politician.

3. Sitting on Top of the World.

4. Badge.

5. Doing That Scrapyard Thing.

6. What a Bringdown.

7. Anyone For Tennis.

 

Jack Bruce:basse,orgue sur 5/6,piano,chant.

Eric Clapton:guitare,chant.

Ginger Baker:batterie,percussions,chant.

Felix Pappalardi:piano,Mellotron,basse sur 6.

George Harrison (L'Angelo Misterioso):guitare rythmique,choeurs sur 4.

 

BLIND FAITH - LP unique - 1969

 

Clapton blind faith lp

 

BLIND FAITH

BLIND FAITH – 1969 4/5


Publié en août 1969.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:42:12.

Label:Polydor, Atco.

Genre:rock.


Controversé mais tellement bon.

 

Débarrassés de leurs anciens groupes respectifs, Traffic et Cream (premier supergroupe de l’histoire du rock), Steve Winwood et Eric Clapton fondent Blind Faith, que l'on peut traduire par foi aveugle, en 1968 et invitent à les rejoindre les dénommés Ginger Baker, furieux batteur (ex-Cream) et l’ex-Family, Rick Grech. Un seul album, excellent au demeurant, ponctue leur collaboration basée sur l’impro : l'éponyme Blind Faith et ses six titres, sorti en 1969.

L’aventure de ce quatuor de rock britannique prend fin prématurément, immédiatement après l'enregistrement de ce LP éponyme (en écoute intégrale ici) controversé. En effet, la pochette de ce disque représente une pré-ado pubère, mi-nue, tenant entre ses mains la réplique d’un avion doté d’un fuselage évoquant un phallus.

Créée par le photographe Bob Seidemann (célèbre pour ses photos de Grateful Dead et de Janis Joplin) qui lui avait donné le nom de Blind Faith, cette illustration fit scandale dans la maison de disque américaine. Elle fut interdite aux States et en France.

Clapton, à cette époque, joue dans la cour du blues et du rock. Winwood, quant à lui, est plus orienté jazz, pop et funk. La réunion de ces deux monstres sacrés (et déjà des vétérans pour leur jeune âge) débouche sur un album de très grand niveau.

Pourtant la déception est de mise, à sa sortie, la presse spécialisée et les fans s'attendant à autre chose, à la croisée des chemins entre Cream et Traffic. Les initiateurs de ce concept chauffent préalablement leur public en organisant un concert de promotion gratuit à Hyde Park (100 000 personnes), quelques mois avant la sortie de l’album, concert au cours duquel ils jouentt, pour apaiser l’auditoire, d’anciens morceaux de leurs défunts groupes. Mais Clapton ne veut pas d’un ersatz de Cream et met un terme à cette collaboration.

Côté musique, Hard To Cry Today, titre bluesy, au tempo lent, débute cet album. Il révèle un Clapton en grande forme et qui part dans des solos démentiels. Une ballade apaisante et gracieuse d’un Clapton acoustique (Can’t Find My Way Home) prend le relais, suivie de Well All Right, repris de Buddy Holly et arrangé façon Blind Faith (le piano et la guitare se chamaillent dans un passage jazz funk).

Il faut plus de 75 prises pour accoucher du titre divin (ballade, très beau texte et solo fracassant), composé par Clapton, Presence Of The Lord. Sea Of Joy met en avant le violon de Grech (qu’il était dans Family) et l’orgue de Winwood (également au chant).

Blind Faith tire sa révérence avec Do What You Like, une interminable impro jazzy de quatre minutes, signée Ginger Baker. Blind Faith est N°1 aux Etats-Unis l’année de sa sortie dans les bacs.

On dit que Blind Faith aurait été très influencé par l’album Music From Big Pink du Band. Comme quoi, entre grands (RAZOR©).

 

1. Hard To Cry Today.

2. Can’t Find My Way Home.

3. Well…All Right.

4. Presence Of The Lord.

5. Sea Of Joy.

6. Do What You Like.


Steve Winwood:orgue Hammond,claviers,piano,guitare,chant.

Eric Clapton:guitare,chant.

Rick Grech:basse,violon,chant.

Ginger Baker:batterie,percussions.

DISCOGRAPHIE 70'S (DELANEY & BONNIE/DEREK AND THE DOMINOS).

DELANEY & BONNIE & FRIENDS - LP Live - 1970

 

Delaney bonnie on tour clapton 70

 

DELANEY & BONNIE & FRIENDS

ON TOUR WITH ERIC CLAPTON – 1970 4,5/5

 

Publié en mars 1970.

Produit par Jimmy Miller, Delaney Bramlett.

Durée:42:35.

Label:Atco.

Genre:rock,soul-rock.

 

Very Exciting !

 

Les Bramlett, à savoir Delaney et Bonnie, ont ouvert le tour américain (à guichets fermés s'il vous plaît!) de Blind Faith, le supposé supergroupe dans lequel Clapton a précédemment évolué en compagnie de Stevie Winwood, Ginger Baker et Rick Grech et qui prend fin en octobre 1969 après leur retour des Etats-Unis.

Décu par les attentes non exaucées de Blind Faith, cette tournée conduit Clapton à s'interroger sur son sort de rock-star, sur la suite à donner à sa carrière ; son analyse personnelle lui dicte de s'effacer un peu plus, de rentrer dans le rang quelque temps.

Mal dans ses baskets, Eric Clapton a l'attention du couple Bramlett duquel il se rapproche pendant les quelques semaines qu'ils passent ensemble (du 12 juillet au 24 août 1969). Le couple a une autre philosophie de la musique ; il ne se prend pas la tête et fait les choses simplement, librement, naturellement. Avec plaisir.

On est donc loin de ce que l'anglais, élevé au rang de légende de la guitare, vit personnellement après des débuts réussis (Yardbirds), leur confirmation (Bluesbreakers) et la consécration (Cream). Clapton y repense quand Blind Faith est sur le point de se séparer et quand la tournée européenne de Delaney & Bonnie s'annonce, il reporte son intérêt sur le couple. Il va pouvoir souffler et se fondre dans un collectif. Il y occupe le poste de simple guitariste et se met volontairement en retrait. Cette tournée donne lieu à un album de Delaney & Bonnie, le dénommé On Tour With Eric Clapton (en écoute intégrale ici), publié en mars 1970.

La collaboration va pourtant s'avérer de courte durée du fait que Clapton cède à nouveau aux sirènes de la gloire, en répondant un peu vite aux invitations de ses amis Beatles et notamment de Lennon et d'Harrison (le fameux l'Angelo Misterioso du disque).

Une série de concerts est planifiée avec l'accord de Robert Stigwood, manager de Clapton, mais c'est celui du Fairfield Fields de Croydon (7 décembre 1969) qui sert de cadre à ce disque. Y prennent part, autour des Bramlett et de Clapton, des musiciens comme Dave Mason, Carl Radle, Jim Gordon, Bobby Whitlock, Bobby Keys et Jim Price, ainsi que la chanteuse Rita Coolidge.

Mélange de country, de blues et de gospel, l'album implique des acteurs que l'on retrouve sur le premier album solo de Clapton sorti à la même époque et nourri des mêmes influences musicales. Comme tout le monde est en grande forme, on tient là un des très grands disques live des 70's, le meilleur pour le compte des Bramlett. Ironie de l'histoire : le noyau dur du groupe des Bramlett est débauché par Clapton pour les besoins de Derek & The Dominos. Very Exciting ! (RAZOR©)

 

1. Things Get Better.

2. Poor Elijah-Tribute to Johnson Medley.

3. Only You Know and I Know.

4. I Don't Want to Discuss It.

5. That's What My Man Is For.

6. Where There's a Will There's a Way.

7. Comin' Home.

8. Little Richard Medley.

 

Bonnie Bramlett:chant.

Delaney Bramlett:guitare,chant.

Eric Clapton:guitare,chant.

Dave Mason:guitare.

Bobby Whitlock:orgue,claviers,chant.

Carl Radle:basse.

Jim Gordon:batterie.

Tex Johnson:percussion.

Doug Bartenfeld:guitare.

Bobby Keys:saxophone.

Jim Price:trombone,trompette.

Rita Coolidge:choeurs.

 

DEREK AND THE DOMINOS - LP unique - 1970

 

Derek the dominos layla and other assorted love songs

 

DEREK AND THE DOMINOS

LAYLA AND OTHER ASSORTED LOVE SONGS – 1970 5/5

 

Publié en décembre 1970.

Produit par Tom Dowd.

Durée:76:43.

Label:Polydor,Atco.

Genre:blues-rock.

 

Anthologique !

 

Layla And Other Assorted Love Songs (en écoute intégrale ici), album de blues-rock de Derek & The Dominos peut largement revendiquer une place dans le gotha de l’histoire du rock, Clapton en personne considérant ce disque comme le meilleur travail qu’il n’ait jamais réalisé. Il le doit pour beaucoup à l’implication sans retenue de tous ses membres, d’où le fait que l’histoire l’ait toujours crédité au groupe Derek And The Dominos, plus qu’à l’artiste Clapton.

Double disque de 1970, Layla And Other Assorted Love Songs est incroyable de qualité de la part d’un artiste, cette fois fondu dans un collectif, qui était, à cette époque, très dépendant aux drogues dures. Les autres acteurs ne sont pas mieux qui fricotent également de près ou de loin avec l’héro, mais, une fois en studio, le professionnalisme reprend ses droits et supplante le festif. C’est ce qui fait la force de Layla And Other Assorted Love Songs. Il est fait par des pros au service de la musique.

A sa sortie, le disque n’a pourtant pas le succès escompté (sauf aux States peut-être…et encore), n’étant reconnu à sa juste valeur que bien plus tard (115ème au classement Rolling Stones Magazine des 500 meilleurs albums de tous les temps). Et ce n’est que justice. Il est d’ailleurs le seul et unique album de ce groupe éphémère.

On y retrouve 14 morceaux et, outre Clapton, un certain Duane Allman titre 4 à 13), l’autre virtuose du moment, mort quelques mois après d’un accident de moto, et qui, sur quasiment tous les morceaux (sauf I Looked Away, Bell Bottom Blues, Keep On Growing et Thorn Tree In The Garden) oblige Clapton à se surpasser.

Le résultat à dominante british blues est puissant et on passe un excellent moment avec des titres aussi bons les uns que les autres, variés, desquels il est difficile d’en dégager un au détriment d’autres. Mais Layla, Little Wing, reprise de Woodoo Chile en hommage à Hendrix (qui avait déjà quitté ce monde à la sortie de l’album), Have You Ever Loved A Woman ? ont ce petit quelque chose en plus.

Layla And Other Assorted Love Songs, dont la majorité des titres tourne aux alentours des 6 minutes, est une belle leçon de blues purs et durs, assortis de prestations de guitares totalement abouties et folles, touchées par la grâce et maîtrisées par des virtuoses. Derrière ce disque d’anthologie, Clapton va engager une longue traversée du désert où la drogue est à deux doigts de le tuer. Pendant 3 longues années, il tombe dans la déchéance. Cet album aurait pu être son ultime (RAZOR©).

 

1. I Looked Away.

2. Bell Bottom Blues.

3. Keep On Growing.

4. Nobody Knows You When You're Down and Out.

5. I Am Yours.

6. Anyday.

7. Key To The Highway.

8. Tell The Truth.

9. Why Does Love Got To Be So Sad ?

10. Have You Ever Loved A Woman.

11. Little Wing.

12. It's Too Late.

13. Layla.

14. Thorn Tree In The Garden.

 

Eric Clapton:guitares,chant.

Bobby Whitlock:orgue,piano,chant,guitare.

Jim Gordon:batterie,percussions,piano.

Carl Radle:basse,percussions.

Duane Allman:guitares sur 4 à 13.

 

LP Live 1970 - 1994

 

Derek and dominos live fillmore

 

DEREK AND THE DOMINOS

LIVE AT THE FILLMORE (1990) – 1994  4,5/5

 

Publié le 22 février 1994.

Enregistré les 23 et 24 octobre 1970 au Fillmore East.

Produit par Bill Levenson.

Durée:124:43.

Label:Polydor.

Genre:blues-rock,jam rock.

 

Un grand hommage au blues.

 

Live At The Fillmore (en écoute intégrale ici) consiste en un double live dont les performances ont été captées  les 23 et 24 octobre 1970 au Fillmore East, dans l’East Village new yorkais. Il n’est publié qu’en février 1994 mais constitue, pour les supporters de la première heure de l’éphémère Derek And The Dominos, une occasion unique de découvrir ce groupe exceptionnel, qui ne comptait pas qu’Eric Clapton dans ses rangs.

Il s’appuyait également une rythmique extraordinaire, Jim Gordon et Carl Radle, un claviériste talentueux et inspiré, Bobby Whitlock et, comme c’est le cas sur le seul album studiorattaché à leur passage dans le rock, le légendaire Layla And Other Assorted Love Songs, un collaborateur de premier plan en la personne de Duane Allman. Hélas, ici point de Duane Allman, mais sa présence dans ce temple musical où il a lui-même brillé avec l’Allman Brothers est en filigrane de la prestation de Derek And The Dominos.

La matière alimentant ce live figure préalablement et partiellement sur l’autre live intitulé In Concert attribué au même groupe et publié en 1973, ainsi que sur Crossroads, le box set d’Eric Clapton, publié en 1988, et retraçant les grandes implications de sa carrière.

Réédité et remixé dans un format numérisé, il restitue quelques temps forts de la tournée américaine de promo du mythique album studio de Derek. On en prend ici pour plus de deux heures organisées, pour l’essentiel, autour de titres du disque phare de Derek And The Dominos, complétées par trois morceaux du premier LP d’Eric Clapton et par deux chansons datant de l’avant Derek (Cream et Blind Faith). Cette couverture permet de rendre le meilleur des hommages au blues.

De Duane, point, mais point de Layla aussi. Par contre, les fondus de soli à la Clapton et de blues-rock étiré et où il est laissé libre cours à l’improvisation en ont pour leur compte ici.

Au hasard de la lecture, relevons les Little Wing, emprunté à Hendrix, alors tout récemment disparu, Presence Of The Lord (repris de Blind Faith), Tell The Truth, Key To The Highway, Why Does Love Got To Be So Sad ou encore l’inamovible Crossroads, Blues Power, Bottle Of Red Wine, Have You Ever Loved A Woman, Nobody Knows You When You’re Down And Out. Ceux qui sont familiers de Clapton savent qu’il y a là le gratin de l’artiste. De quoi justifier l’acquisition de ce disque unique restituant une prestation live d’Eric sous la bannière Derek. C’est un très grand moment du rock (RAZOR©).

 

Disque1.

1. Got to Get Better in a Little While.
2. Why Does Love Got to Be So Sad?
3. Key to the Highway.
4. Blues Power.
5. Have You Ever Loved a Woman.
6. Bottle of Red Wine.


Disque 2.

7. Tell the Truth.
8. Nobody Knows You When You're Down and Out.
9. Roll It Over.
10. Presence of the Lord.
11. Little Wing.
12. Let It Rain.

13. Crossroads.

 

Eric Clapton:chant,guitare.

Carl Radle:basse.

Bobby Whitlock:claviers.

Jim Gordon:batterie.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Eric clapton eric clapton

 

ERIC CLAPTON

ERIC CLAPTON – 1970 3,5/5

 

Publié en août 1970.

Produit par Delaney Bramlett.

Durée:35:11.

Label:Atco,Polydor.

Genre:blues,rock,blues-rock.

 

Avant l’épisode Derek.

 

Les Roosters pour démarrer (1963), puis les Yardbirds où il hérite de son surnom de Slowhand, puis les Bluesbreakers de Mayall où il est affublé du sobriquet de God, puis l’éphémère Powerhouse (1966) avec Jack Bruce, Steve Winwood et John Paul Jones, puis toujours dans l’ordre chronologique, Cream (avec Ginger Baker et Jack Bruce), Blind Faith (Winwood, Grech, Baker et Clapton) ; pour finir, il s’octroie un break avec ses amis les Bramlett (Delaney et Bonnie).

Un premier album solo voit alors le jour avant le projet Derek & The Dominos, album pour lequel les Bramlett mettent leur line-up à sa disposition. Cerise sur le gateau, Delaney le produit. Ce dernier renvoie ainsi l’ascenseur à Clapton pour avoir collaboré à l’album On Tour.

Nous sommes alors en août 1970 et Slowhand se fait enfin à l’idée de chanter ; mis en confiance par Delane , il dévoile une voix très agréable et dynamique. Delaney (et Bonnie Bramlett) va même jusqu’à alimenter (ou coécrire) ce disque plutôt pop (avec des bribes de blues, de gospel et de rock) en une matière qui sied à merveille au God.

Avec des musiciens de premier ordre (la rythmique Gordon/Raddle est d’enfer !), une belle section de cuivres (Bob Keys et Jim Price), des chœurs (les Bramlett, Rita Coolidge, Bobby Whitlock) et des invités prestigieux comme Stephen Stills et Leon Russell, ce premier album, un peu influencé sur les bords, se veut complètement différent du travail passé de Clapton.

S’il déçoit forcément certains inconditionnels purs et durs, l'éponyme Eric Clapton draine un nouveau chaland, d’autant plus qu’il véhicule un tube, After Midnight, que J.J. Cale lui concède pour l’occasion.

Ouvert sur un instrumental brillant (Slunky), l’album impulsant sa carrière solo, trahit les préoccupations qui habitent Clapton dans sa relation avec l’ex-femme de George Harrison, Pattie (Don’t Know Why, Easy Now et Let It Rain).

Coté guitare, ses solos sont souvent très courts (mais limpides), se prolongent cependant, pour le plaisir d’un Let It Rain, meilleure touche de ce LP. Clapton l’acoustique, accouche d’une magnifique ballade, Easy Now.

Entre cuivres et chœurs gospelisés, il signe un très bon Don’t Know Why. Bottle Of Red Wine, Blues Power (écrite par Leon Russell) sont également la garantie que cette première pierre posée en solitaire est un espace musical très intéressant. Elle annonce une carrière dorée, certes, mais de gros nuages noirs vont alors s’amonceler au-dessus de sa personne….(RAZOR©).

 

1. Slunky.

2. Bad Boy.

3. Lonesome and a Long Way from Home.

4. After Midnight.

5. Easy Now.

6. Blues Power.

7. Bottle of Red Wine.

8. Lovin' You Lovin' Me.

9. Told You For the Last Time.

10. Don't Know Why.

11. Let It Rain.

 

Eric Clapton:guitare,chant.

Delaney Bramlett:guitare rythmique,chant.

Leon Russell:piano.

Bobby Whitlock:orgue,choeurs.

John Simon:piano.

Carl Radle:basse.

Jim Gordon:batterie.

Jim Price:trompette.

Bobby Keys:saxophone.

Tex Johnson:percussion.

Bonnie Bramlett:choeurs.

Rita Coolidge:choeurs.

Sonny Curtis:choeurs.

Jerry Allison:choeurs.

Stephen Stills:choeurs.

LP Studio 2 - 1974

 

Eric clapton 461 ocean boulevard

 

ERIC CLAPTON

461 OCEAN BOULEVARD – 1974 3,5/5

 

Publié en juillet 1974.

Produit par Tom Dowd.

Durée:43:21.

Label:RSO.

Genre:blues,rock,reggae.

 

Disque salvateur.

 

461 Ocean Boulevard (en écoute intégrale ici), sorti en 1974, est le deuxième album solo d'Eric Clapton. Chronologiquement, il prend place après l'expérience Derek & The Dominos et le sensationnel Layla & Other Assorted Love Songs de fin 1970. Entre les deux publications, le trou noir engagé au début des 70's et derrière lequel se profile un basculement marqué dans la drogue et la dépression, engendrée depuis la fin des 60's par un statut de rock-star qu'il ne supporte plus, par des échecs (Blind Faith) et par une passion amoureuse sans limite qu'il voue à Pattie Boyd, la femme de son pote Harrison, et qu'il doit réfréner.

A partir de là, on le voit moins et surtout pas dans les studios, préférant se retirer dans le Surrey où il réside quand il est en Angleterre. Affaibli physiquement et psychologiquement, il meuble sa retraite forcée en prenant part aux séances d'enregistrement (du 2 au 7 mai 1970) des London Sessions de son mentor Howlin' Wolf, puis en participant au concert pour le Bangladesh mis sur pied par George Harrison, un an plus tard. Maigre consolation, d'autant qu'en perdant connaissance sur la scène du Madison Square Garden, il donne une image pitoyable de ce qu'il est alors.

Clapton est dans une très mauvaise passe à cause de son addiction à l'héroïne ; elle dure trois ans et Pete Townshend s'avère un soutien indéfectible pour sortir Clapton de ce mauvais scénario. Ce dernier, relancé par deux concerts au Rainbow Theatre organisés par le leader des Who pour lui prouver que le God a encore un avenir, en sort déconsidéré ; techniquement, son jeu a du mal à se remettre en place, l'opération rédemption n'est pas gagnée.

Elle l'est dans la mesure où Clapton se plie aux conseils de son entourage et accepte l'idée d'une cure de désintoxication et où il revient en studio pour 461 Ocean Boulevard en avril-mai 1974.

Le renouveau de Clapton est surveillé comme le lait sur le feu. Il se sait attendu et a une pression énorme sur les épaules. La presse accueille favorablement le come-back de l'artiste et se montre très élogieuse pour son retour dans les bacs ; les inconditionnels de Clapton, moins qui crient au manque d'appétence, la faute à un disque trop varié à leur goût, peu passionné et passionnant, dominé par un mélange de blues, de rock, de funk et de reggae, organisé autour du chant de Clapton et accordant la part belle à la mélodie. Le parallèle avec son passage au sein de Delaney & Bonnie est vite trouvé. Alors qu'il est en pleine reconstruction, ce constat s'avère un peu dur. Clapton est vivant, Clapton se remet à travailler et malgré quelques hésitations, 461 Ocean Boulevard mérite de l'indulgence.

Pour l'heure, il reprend des couleurs et s'attache à relancer une carrière à laquelle ses proches ne croyaient plus beaucoup, vu sa déchéance. Son deuxième album est loin d'être son plus brillant, mais il révèle un Clapton tel que l'on ne l'avait jamais entendu, rythmiquement parlant. Clapton joue peu sur ce disque, il donne encore le sentiment de fuir les projecteurs, de se cacher. Toutefois quand il occupe le devant de la scène, on n'est pas loin de retrouver e le génial guitar-hero.

Cet album est fait par un professionnel mais il est encore timide et tatônne, la confiance n'étant pas revenue soudainement comme par magie. Il faut se souvenir d'où il revient. De l'enfer, ni plus, ni moins. Compte tenu du contexte, 461 Ocean Boulevard est agréable, relax de par son aspect laid-back et surprenant car la voix de son auteur se bonifie.

461 Ocean Boulevard est surtout connu pour la reprise de Bob Marley, I Shot The Sheriff. Ce disque est cependant chargé d'émotions (le mature Let It Grow et Give Me Strength). Le blues y trouve également sa place avec les adaptations personnelles des morceaux de Robert Johnson (Steady Rollin' Man) et de Elmore James (I Can't Hold Out).

A ne pas négliger, la transformation du classique Motherless Children en bataille de guitares et la reprise du standard de 1958 de Johnny Otis, Willie And The Hand Jive. L'album se termine sur un Mainline Florida qui est un pur joyau. J'aime beaucoup sa beauté sauvage et la réponse du God pour se défaire de sa toxicomanie. Oubliez I Shot The Sheriff et ne retenez que le côté terre-à-terre, honnête, simple. Ce monsieur est décidément un grand artiste ; il relève la tête. Accordons-lui le mérite de cet effort salvateur (RAZOR©)

 

1. Motherless Children.

2. Give Me Strength.

3. Willie and the Hand Jive.

4. Get Ready.

5. I Shot The Sheriff.

6. I Can't Hold Out.

7. Please Be With Me.

8. Let It Grow.

9. Steady Rollin' Man.

10. Mainline Florida.

 

Eric Clapton:guitare,dobro,chant.

Yvonne Elliman:chant.

Albhy Galuten:piano.

Tom Bernfield:chant.

Dick Sims:claviers.

George Terry:guitare.

Carl Radle:basse.

Jamie Oldaker:batterie.

Al Jackson Jr.:batterie.

Jim Fox:batterie.

LP Studio 3 - 1975

 

Eric clapton there s one in every crowd 0

 

ERIC CLAPTON

THERE’S ONE IN EVERY CROWD – 1975 3,5/5

 

Publié en mars 1975.

Produit par Tom Dowd.

Durée:40:08.

Label:RSO Records

Genre:rock.

 

Mérite bien mieux.

 

L'agréable a remis Eric Clapton dans le sens de la course après ses problèmes de dépendance à l’héro. There’s One In Every Crowd (en écoute intégrale ici) est son suivant, publié en 1975.

Moins prestigieux que son illustre devancier, son mélange de blues classique, de gospel, de reggae et de rock n’en est pas moins bien gaulé, en dépit d’un petit manque de piment. Il me paraît même profondément injuste que certains des titres qui le composent n’aient pas été plus populaires ou voués à un avenir meilleur.

Doté d’un côté décontracté très plaisant (le Swing Low, Sweet Chariot que les supporters du XV de la Rose affectionnent tout particulièrement, est assez sympa dans son habillage reggae), il dispose encore de belles mélodies.

Les adeptes d’envolées de guitare bluesy en sont toutefois pour leurs frais, le père Clapton la jouant vraiment minimaliste sur le coup. Soutenue par les voix d’Yvonne Elliman et de Marcy Levy, le chant de Slowhand est très agréable et doux (il prend confiance). L’effort est bien perçu, sans prendre trop de risques. Et ça fonctionne… En tout cas, c’est mon cas.

We’ve Been Told, Little Rachel, High, The Sky Is Crying (Elmore James), Singin’ The Blues (extraordinaire!), écrit par la femme de Leon Russel (Marie McCreary) et Pretty Blue Eyes (aux belles harmonies vocales) tiennent largement la route.

Don’t Blame Me est la reconduction de l’hommage rendu par Clapton à Bob Marley et commencé avec I Shot The Sheriff dans l’album précédent. Ce disque a de la qualité. Ne le boudez sous aucun prétexte… Il mérite bien mieux que ce qu’on lui prête (RAZOR©).

 

1. We've Been Told (Jesus Is Coming Soon).

2. Swing Low, Sweet Chariot.

3. Little Rachel.

4. Don't Blame Me.

5. The Sky Is Crying.

6. Singin' the Blues.

7. Better Make It Through Today.

8. Pretty Blue Eyes.

9. High.

10. Opposites.

 

Eric Clapton:chant,guitares,dobro.

George Terry:guitares,chœurs.

Jamie Oldaker:batterie,percussions.

Dick Sims:orgue,piano,piano électrique.

Carl Radle:basse,guitare.

Yvonne Elliman:chant,chœurs.

Marcy Levy:choeurs.

LP Studio 4 - 1976

 

Eric clapton no reason to cry

 

ERIC CLAPTON

NO REASON TO CRY – 1976  3/5

 

Publié en août 1976.

Produit par Rob Fraboni.

Durée:45:59.

Label:Polydor,RSO Records.

Genre:rock.

 

Le tout à l’égo.

 

Ceux qui prêtent leur concours à Clapton sur ce quatrième album studio, No Reason To Cry (1976) ne sont pas des peintres et quand je dis cela, je tiens à préciser que je n’ai rien contre cette corporation. Lui qui a souvent été invité sur les projets d’autres artistes, est ici le maître de céans.

Recevoir Dylan et le Band, Ron Wood, George Harrison et d’autres, moins huppés mais aussi talentueux, à défaut d’attirer l’attention sur le parterre gratiné, laisse au moins entrevoir une perspective gagnante du projet prévu. Faux, archi faux ! Tout ce qui brille n’est pas or.

Puisque l’album est crédité à Clapton, autant le dire tout de suite, le God n’est pas chez lui ici, même s'il joue à domicile. Il est chez les Ricains en vogue du moment (que j’adore, soit-dit-en-passant) et il est effacé par des potes assez démonstratifs, pour le coup.

Les seuls moments où Clapton nous gratifie de grandes choses, c’est quand il revient à ses racines blues (Double Trouble, Country Jail Blues et Hello Old Friend). Et là, y a pas photo ! Non pas que le reste ne soit pas agréable, Carnival, Beautiful Thing sont sympas, mais moi, je suis venu pour Clapton et présentement, on ne peut pas dire que ce soit son album : il se livre à quelques solis et basta ! C'est un défilé de guest stars qui tapent le bœuf en studio et c'est Clapton qui invite, qui organise et qui régle la note.

Chacun y va de son petit truc (26 cartons d’invitation sont recensés) : c’est le tout à l’égo. Ce disque n’est donc pas l’endroit idéal pour en découdre avec le travail discographique de celui qui a rangé son costard de guitar-hero (RAZOR©).

 

1. Beautiful Thing.

2. Carnival.

3. Sign Language.

4. County Jail Blues.

5. All Our Past Times.

6. Hello Old Friend.

7. Double Trouble.

8. Innocent Times.

9. Hungry.

10. Black Summer Rain.

11. Last Night.

 

Eric Clapton:guitare,chant.

Carl Radle:basse.

Bob Dylan:chant.

Ron Wood:guitare.

Georgie Fame:claviers.

Rick Danko:basse, chant sur 5.

Robbie Robertson:guitare,claviers.

Richard Manuel:batterie.

George Harrison,Sandy Castle:chant.

Terry Danko:percussions.

Jesse Davis:guitare.

Yvonne Elliman:chant.

Bobby Ellis:trompette.

Albhy Galuten:piano.

Levon Helm:batterie.

Garth Hudson:claviers,saxophone.

Chris Jagger:chant.

Marcy Levy:chant.

Ralph Moss:percussions.

Jamie Oldaker:batterie.

Billy Preston:claviers.

Sergio Rodriguez:percussions.

Dick Sims:claviers.

George Terry:guitare.

Melvin (Wah Wah) Watson:guitare.

LP Studio 5 - 1977

 

Eric clapton slowhand

 

ERIC CLAPTON

SLOWHAND – 1977 5/5

 

Publié en novembre 1977.

Produit par Glyn Johns.

Durée:39:06.

Label:RSO Records.

Genre:rock.

 

Tout d'un best-of.

 

Beaucoup prennent Slowhand (en écoute intégrale ici), sorti en novembre 1977, pour une compilation, tant il véhicule de titres populaires de Clapton. L'entrée dans ce disque culte, le meilleur de Clapton en solitaire, se faisant par trois valeurs sûres de son catalogue, Cocaine, Wonderful Tonight et Lay Down Sally, cette impression de best-of s'en trouve renforcée. Que l'on ne se méprenne pas pour autant, Slowhand est bel et bien un LP studio. C'est même le 5ème pour ce qui concerne sa discographie personnelle jusque là assez inégale.

Pour ce disque, Clapton réunit Dick Sims aux claviers, le bassiste Carl Raddle, le guitariste Terry George, le saxophoniste Mel Collins et le batteur Jaime Olddaker, tous des familiers, ainsi que les choristes Marcy Levy et Yvonne Elliman.

Marquant le début d’une période qui voit Clapton s’assagir, ce disque, pour lequel Glyn Johns (Beatles, Who, Stones…) assure la production, dévoile un lot très éclectique de titres (blues, country, rock). Répétés inlassablement durant la précédente tournée européenne, les morceaux sélectionnés affichent de la maîtrise et de la virtuosité, faisant de Slowhand un classique de Clapton.

Il ouvre avec Cocaine, la chanson la plus populaire de cet album, qu’il emprunte à J.J. Cale dont la version laid back country-blues signée l'année précédente n'a pas marché. Clapton la mène au succès.

Clapton et Cale, c'est une histoire d'amitié commencée après que l'anglais lui ait préalablement soutiré After Midnight (1970) et lui ait fait connaître une destinée aussi heureuse que Cocaïne. Elle se reconduira dans les années 2000 avec Road To Escondido (2006), réalisé en commun et avec l'album de l'hommage rendu au père du Tulsa Sound après sa mort (The Breeze : An Appreciation of J.J.Cale/2014).

L'autre fleuron de Slowhand et de l’écriture de Clapton, c'est Wonderful Tonight, écrit pour Patti, celle qui va devebir sa femme ; le titre met à jour la grande sensibilité de l’artiste, derrière laquelle se devine, en filigrane, l’homme Clapton.

Avec l’accrocheur Lay Down Sally, un shuffle amusant, pour suite, la tierce d’ouverture est mémorable. Next Time You See Her passe de la mélodie d’amour à l’intense désir de vengeance. Meurtri dans ses chairs, Clapton fait preuve, à nouveau, d’un grand réalisme. Il va mieux, plus personne n'en doute même si son penchant pour la bibine est toujours très marqué.

The Core (Marcy Levy fait son show) est une pièce sublime, façon Derek & The Dominos, tandis que May You Never (John Martyn), même s’il n’ajoute rien au disque, demeure très bon. Il en va de même pour l’instrumental de clôture, Peaches And Diesel (peut-être un clin d’œil à Duane Allman).

Complété par le bluesy Mean Old Frisco et un doux We’re All The Way (Don Williams), Slowhand appartient à la race des chefs d'oeuvre (RAZOR©).

 

1. Cocaine.

2. Wonderful Tonight.

3. Lay Down Sally.

4. Next Time You See Her.

5. We're All the Way.

6. The Core.

7. May You Never.

8. Mean Old Frisco.

9. Peaches and Diesel.

 

Eric Clapton:guitares,chant.

George Terry:guitare.

Carl Radle:basse.

Jamie Oldaker:batterie,percussions.

Dick Sims:claviers.

Marcy Levy:harmonies vocales,choeurs, chant sur 6.

Mel Collins:saxophone sur 6.

Yvonne Elliman:choeurs

LP Studio 6 - 1978

 

Eric clapton backless

 

ERIC CLAPTON

BACKLESS – 1978 3,5/5

 

Publié en novembre 1978.

Produit par Glyn Johns.

Durée:41:01.

Label:Polydor.

Genre:rock.

 

N’est pas Slowhand qui veut.

 

Reproduire un disque exceptionnel comme Slowhand, sorti un an avant Backless (en écoute intégrale ici) eut été un exploit, alors ce nouveau LP de Clapton, de bon niveau, on prend.

Même s’il se situe un bon ton en dessous de sa meilleure référence discographique à ce jour, il faut saluer le grand professionnalisme de cet artiste, qui aurait pu se contenter de faire fructifier son précédent chef d’œuvre et de compter les espèces sonnantes et trébuchantes.

Au lieu de cela, il remet l’ouvrage sur le métier, peut-être contraint et forcé par sa maison de disques, et offre à un fan club encore grossi grâce à Slowhand, un opus plus fait dans le dur que réellement inspiré.

Néanmoins, le coup est simple, mais joli. Backless a son lot de plages très fréquentables: Promises, Tulsa Time, Watch Out For Lucy, Walk Out The Rain, Golden Ring, Roll It ou If I Don’t Be There By Morning.

Fidèle à son habitude, il reprend du J.J. Cale (I’ll Make Love To You) sans l’amener au même succès que Cocaine, du Dylan que le père Zim lui a concédé (et on pige vite pourquoi). La déception vient surtout d’Early The Blues qui n’est pas à la hauteur de ce que Clapton sait faire et fait plus remplissage qu’autre chose.

En dépit de ces petits couacs, Backless s’écoute agréablement, mais n’a aucun vrai argument pour prétendre rivaliser avec son devancier (RAZOR©)

 

1. Walk Out In The Rain.

2. Watch Out For Lucy.

3. I'll Make Love To You Anytime.

4. Roll It.

5. Tell Me That You Love Me.

6. If I Don't Be There By Morning.

7. Early In The Morning.

8. Promises.

9. Golden Ring.

10. Tulsa Time.

 

Eric Clapton:guitare,chant.

Carl Radle:basse,chant.

George Terry:guitare.

Marcy Levy:chant.

Jamie Oldaker:batterie,percussion,chant.

Dick Sims:claviers.

Benny Gallagher,Graham Lyle:chœurs sur 9.

DISCOGRAPHIE ERE MODERNE.

LP Studio 21 - 2013

 

Eric clapton old sock

 

ERIC CLAPTON

OLD SOCK – 2013 3,5/5

 

Publié en mars 2013.

Produit par Eric Clapton,Doyle Bramhall II,Justin Stanley,Simon Climie.

Durée:68:16.

Label:Surfdog,Duck,ADA,Polydor.

Genre:rock,blues,reggae.

 

Chaussette à son pied.

 

Une vieille chaussette fait du rab grâce aux reprises. La vieille chaussette, Old Sock (en écoute intégrale ici) que nous agite sous les narines, en 2013, le père Clapton obéit aux mêmes principes. Les reprises maintiennent en vie et Slow Hand s’appuie sur cette règle pour sortir du tiroir une vingt-et-unième pièce studio, s’offrant le plaisir de réaliser un album bâti sur des couvertures de titres qui l’ont le plus marqué depuis son enfance.

Paresse, création en berne ou caprice ? Nul ne le saura jamais. Les stars osent, c'est à cela qu'on les reconnaît et Clapton peut tout se permettre, il n’a besoin de la permission de personne.

J’ai vachement aimé ce disque, c’est un vrai album de blues, de blues funky porté par une voix qui colle véritablement à l’entreprise. On n’est donc pas dans la norme Clapton habituelle et attendue à chacune de ses sorties discographiques. Personnellement, je m’en tape comme de l’an 40 de ce que ce mythe nous balance. A partir du moment où c’est bon… Et pour moi, ça me convient.

Toutes proportions gardées, cette nouveauté s’inscrit dans un registre similaire à From The Craddle (1994), disque alors atypique qui, souvenez-vous en, était construit sur la même idée de rendre hommage à ses héros et qui, a surpris et déçu dans un premier temps, puis au final séduit le panel de fans du God.

Comme quoi ne vous arrêtez pas aux commentaires taillant à la serpe un travail qui aurait du être conforme aux seules attentes d’aficionados à œillères ou nostalgiques d’une période qui ne sera certainement plus.

Old Sock est le disque que l’on n’attendait pas depuis 2010. Pour l’album complètement inédit, on patientera encore (seuls Every Little Thing et Gotta Get Over sont des originaux). Clapton expose ici un paysage musical motivé par ses propres émotions, couvrant des œuvres essentiellement blues, mais aussi reggae et jazz ou carrément années 30.

On n’apprend pas au Maître ce que bonne chanson signifie. Pour mener à bien son opération Old Sock, il pioche chez le bluesman black Leadbelly, Good Night Irene, chez Gerschwin, Our Love Is Here To Stay et emprunte à Taj Mahal, Further On Down The Road.

Il poursuit sa quête affective en se servant dans le catalogue de Peter Tosh (Till Your Well Runs Dry), de Gary Moore, sublimant au passage et de manière différente Still Got The Blues ou encore de Hank Snow (Born To Lose).

Winwood (aux claviers sur Still Got The Blues), J.J Cale (au chant sur Angel), Jim Keltner (batteur sur Our Love Is Here To Stay) et Paulo Macca (qui tient la basse sur All Of Me) contribuent à ce disque à titre de guest-stars, histoire de rendre la monnaie de la pièce à un artiste qui s’est souvent rendu disponible pour eux.

Bien sûr qu’on aurait aimé des nouveaux titres, bien évidemment qu’on aurait aimé en découdre avec le Clapton guitariste que l’on apprécie au-delà de tout, mais pour l’heure, ce qu’il sort est largement supérieur à toute ces pets de lapin dont on nous rebat les esgourdes quotidiennement.

C’est du blues de première main (ou de premier pied). J’ai trouvé avec Old Sock chaussette à mon pied. Même reprisée, j’achète (RAZOR©).


1. Further on Down the Road.

2. Angel.

3. The Folks Who Live On the Hill.

4. Gotta Get Over.

5. Till Your Well Runs Dry.

6. All of Me.

7. Born to Lose.

8. Still Got the Blues.

9. Goodnight Irene.

10. Your One and Only Man.

11. Every Little Thing.

12. Our Love Is Here to Stay.

 

Eric Clapton:chant,guitares.

Steve Gadd:batterie.

Willie Weeks:basse.

Chris Stainton:claviers.

J.J Cale:guitare,chant sur 2.

Chaka Khan:choeurs sur 4.

Steve Winwood:Hammond sur 8.

Paul McCartney:basse sur 6.

Jim Keltner:batterie sur 12.

2 votes. Moyenne 5.00 sur 5.