Frank Zappa.

BIOGRAPHIE.

 

FRANK ZAPPA/Baltimore (Maryland – USA)

 

Zappa intro

 

Né Frank Vincent Zappa, le 21 décembre 1940 à Baltimore,décédé le 4 décembre 1993 à Los Angeles.

Actif entre 1955 et 1993.

Labels:Verve,Bizarre,Straight,Discreet,Zappa,Barking Pumpkin.

Genre:rock expérimental,jazz,jazz-fusion,classique,pop expérimentale,proto-prog,rock.

Site officiel:zappa.com

 

Aussi prolifique qu'inclassable.

Dans la Tchécoslovaquie de l'été 1968, envahie par les troupes blindées du Pacte de Varsovie sous l'impulsion de l'URSS, afin de mettre un terme au Printemps de Prague et de revenir à une supposée normalisation, un groupe garage psychédélique tchécoslovaque se constitue dans l'ombre : PPU, alias The Plastic People Of The Universe.

Avant-gardiste et influencé par le Velvet Underground, par Captain Beefheart, les Doors et les Mothers Of Invention, cette formation entrée dans la résistance contre Moscou et symbole de la dissidence artistique prend le nom d'une chanson de Frank Zappa.

Contrainte à se dissoudre en 1988 et à évoluer des années durant dans la clandestinité, elle renaît de ses cendres en 1997 sous la pression de Vaclav Havel, homme d'état tchèque, lequel, en 1990, nomme Frank Zappa, dont il est grand fan (les deux hommes se vouent une amitié mutuelle), ambassadeur spécial de la Tchécoslovaquie pour l'Ouest dans le domaine culturel et du touristique.

Pour la première fois, l'américain d'origine sicilienne pose un pied en Europe de l'Est. Symbole de liberté, le freak déjanté, provocateur, critique et grande gueule y est accueilli comme une star par 5.000 de ses admirateurs avant d'apparaître en 1991, soit deux ans après que le bloc de l'Est ne se soit effondré, sur une scène de Prague.

Qu'il soit Ruben (and The Jets), Sheikh Yerbouti ou Francesco Zappa, le mégalo moustachu avait des inconditionnels partout ; en dépit d'un catalogue discographique foisonnant, inclassable du fait de la variété de sa trajectoire musicale, souvent complexe, mystérieux et zarbi, et d'une carrière traversée à contre-courant des modes, Zappa l'électron libre, un paradoxe à lui seul, appartient au Gotha du rock et au cénacle des meilleurs pratiquants de la six cordes....

Self Made Man.

Natif de Baltimore dans le Maryland, le 21 décembre 1940, Frank Vincent Zappa - Zappa suffira pour les supporters purs et durs – est un auteur-compositeur-interprète qui s'est fait tout seul.

Guitariste, ingénieur du son, producteur, satiriste, réalisateur, concepteur de pochettes, peintre (encre de chine et aquarelle), ce touche-à-tout intronisé à titre posthume au Rock and Roll Hall Of Fame (1995), Grammy Award pour l'ensemble de son œuvre (1997), 71ème du classement des plus grands artistes de rock pour le magazine Rolling Stone qui, par ailleurs, l'a élu 22ème meilleur guitariste de tous temps (2011), est une influence majeure pour le milieu de la musique, musiciens comme compositeurs confondus.

Aîné d'une fratrie de quatre enfants, Zappa passe sa prime jeunesse dans le Maryland, mais déménage en Californie à l'âge de 10 ans, où sa famille, italo-américaine, s'installe. A Monterey d'abord, puis à Claremont, à El Cajon, San Diego, enfin à Lancaster (1956), au gré des missions que l'industrie de la Défense propose alors à son père, chimiste et mathématicien.

Premiers contacts avec la musique.

C'est à San Diego (Mission Bay High School), dans le cadre de l'école, que se font ses premiers contacts avec la musique ; il prend part à ses premières expériences de groupes en intégrant une formation scolaire comme batteur ; il pratique une variété d'instruments, avec une prédilection toutefois pour la guitare.

Ses premières influences viennent du Rock and Roll et du R & B, mais il voue aussi un intérêt pour la musique classique et pour des compositeurs comme Igor Stravinski et, plus particulièrement, pour l'américain d'origine française Edgar Varese, un modèle pour les groupes pop-rock anglo-saxons comme Grateful Dead, Jefferson Airplane et Soft Machine (et Zappa).

L'ado Zappa découvre Ionisation qu'il considère comme une œuvre émanant du plus grand compositeur vivant. Il a 16 ans quand il passe un coup de fil à son Pygmalion pour lui exprimer l'admiration qu'il lui voue.

Au lycée de Lancaster (Antelope Valley), il fonde son premier groupe, les Blackouts, seul groupe de R & B du désert de Mojave. On le retrouve alors à la batterie sous FZ.

A la même époque, il fait la connaissance de Don Van Vliet, étudiant comme lui, connu plus tard sous le nom de scène de Captain Beefheart. L'histoire dit que c'est Frank qui lui aurait trouvé ce surnom.

La guitare l'intéressant plus, il fait l'acquisition d'une en 1957 et commence à se passionner pour quelques guitaristes de renom comme le texan Johnny Guitar Watson (ce dernier prendra part à plusieurs disques de Zappa), comme le louisianais Howlin' Clarence Gatemouth Brown ou encore comme le mississippien Guitar Slim. Ceux-ci auront une influence primordiale sur le jeu de guitare de Zappa.

Zappa jeune hommeFrank Zappa : un self made Man.

Zappa blackoutsDes Blackouts pour débuter...

Zappa mothers 68...en passant par les provocateurs Mothers...

Zappa 3...Zappa a mené une carrière riche, variée...

Zappa vieux...qui a influé sur le rock tout entier.

Zappas log cabin ranch laurel canyonMort à Los Angeles (son ranch)...

Zappa gail...auprès de Gail, sa fidèle épouse depuis 67...

Zappa dweezil...son fils Dweezil assure l'héritage.

Zappa lance sa carrière musicale.

Outre son intérêt pour la guitare, Zappa montre également des dispositions pour composer, arranger et orchestrer. Ce qu'il fait pour le compte de l'orchestre de son école en organisant et dirigeant des pièces déjà très avant-gardistes.

Diplômé d'Antelope Valley High School (1958), il étudie, dès l'année suivante, la théorie musicale au Chaffey College d'Alta Loma mais renonce au bout de six mois, au motif de ne pas avoir d'atomes crochus avec l'autorité scolaire.

Durant ce semestre vite expédié, Zappa rencontre sa première femme Kathryn J.Kay Sherman, avec laquelle il partage, la même année 1959, un appartement d'Echo Park dans le centre branché de Los Angeles. Il l'épouse le 28 décembre 1960 (jusqu'en 1964).

Après avoir travaillé un temps dans la publicité, Frank lance enfin sa carrière musicale et les 60's sont en ce sens des années bien remplies et intéressantes. Il les aborde en se produisant dans les salons, les bars de jour et les clubs nocturnes et en composant (entre novembre et décembre 1961) sa première B.O. pour The World's Greatest Sinner (Timothy Carey/1962), film de série B, puis en signant (1962/63) le thème musical de Run Home Slow, western à petit budget (Ted Brenner/1965).

Agitateur notoire.

Avec l'argent qu'il gagne (il joue des concerts sous les Blackouts, Joe Perino & The Mellotones, The Soul Giants), il se paie Pal Recording Studio, studio d'enregistrement de Cucamonga (Californie) qu'il fréquente depuis 1961 et dont il connaît les moindres recoins techniques.

Studio Z naît le 1er août 1964 mais, incarcéré pour une supposée complicité dans une affaire de film porno, Zappa rate plusieurs opportunités de rentabiliser son acquisition.

Elle est fermée en 1965 et le bâtiment réquisitionné pour permettre l'agrandissement de la rue dans laquelle il se trouve. Zappa dérange, il est dans le collimateur de l'Establishment. Cet incident va le changer irrémédiablement pour le reste de ses jours.

Son implication avec les Mothers (les Muthers à l'origine, nés sur les cendres de Soul Giants, de 1962 à 1964), après son rapprochement avec Van Vliet au sein des Soots (1964), achève de l'étiqueter comme original et agitateur notoire.

Zappa se paie la société américaine.

Les Mothers Of Invention prennent le relais en 1965. Le groupe fait office de backing band (Ray Collins, David Coronado, puis Elliot Ingber, Ray Hunt, Roy Estrada, Jimmy Carl Black) pour soutenir les compositions de Zappa sur le circuit proto-hippie de L.A.

Il y rencontre un franc succès au point d'être signé par le label MGM/Verve, spécialisé dans le jazz, mais sur le point de se diversifier.

Les Mothers Of Invention tombent à pic pour inaugurer cette stratégie commerciale et enregistrent rapidement un premier LP. Freak Out ! (27 juin 1966) est double, et à un mois près, il aurait pu être le premier disque rock de l'histoire publié dans ce format.

Mais Dylan et Blonde On Blonde (16 mai 1966/CBS) passe par là. Zappa (guitare et chant), Black (batterie), Collins (percussions, chant, harmonica), Estrada (basse) et Ingber (guitares) en sont les signataires.

Déjanté, crade, véhiculant autant d'idées novatrices que de textes corrosifs et méchamment acérés contre la société américaine des 60's, Freak Out est historique malgré le côté foutraque de ce qu'y est consigné : du R & B, du blues-rock, du doo-wop, des collages sonores avant-gardistes osés, des arrangements orchestraux jamais entendus dans le rock de l'époque.

L'Amérique sociale en prend plein la tronche tandis qu'Edgar Varese a droit à l'hommage du Maître de cérémonie (Return Of The Son Of Monster Magnet).

Mal reçu à sa publication (aux États-Unis surtout), il est aujourd'hui un album culte du catalogue de Zappa.

Les Underground Oratorios.

Les Mothers Of Invention perdent alors Elliot Ingber (1966), en partance pour le Magic Band du complice d'Antelope Valley, Captain Beefheart, mais ouvrent leur porte à Bunk Gardner et Motorhead Sherwood (saxophonistes), au batteur Billy Mundi et au claviériste Don Preston.

Ce line-up enregistre Absolutely Free (mai 1967) pour MGM/Verve lequel ne dispose pas d'une enveloppe financière conséquente et n'a pas à sa disposition les moyens techniques nécessaires pour le peaufiner. Dans ces conditions, sortir un album de cette qualité relève de l'exploit.

Zappa tient une part prépondérante dans le sauvetage d'un disque free-jazz et avant-gardiste parti pour être une partouze musicale confuse, inaccessible et, au final, assez bon, mature et moins difficile à digérer qu'il n'y paraît.

Le moustachu le plus célèbre du rock, en deux longues suites (ses Underground Oratorios comme il les appelle) continue, dans un chaos maîtrisé et organisé, son entreprise de démolition sarcastique contre l'Amérique, les radios, la presse, les compagnies de disques, les hommes politiques (Brown Shoes Do Not Make It et Plastic People).

Café-clopes.

Attiré par les compositions orchestrales et la musique électro-acoustique, Frank Zappa se fend en août 1967 d'un premier album symphonique, Lumpy Gravy, pour lequel, autour de quelques Mothers et musiciens de session, il recrute un orchestre de 50 musiciens qu'il nomme Abnuceals Emuukha Electric Symphonic Orchestra.

Pour des raisons contractuelles, Zappa ne joue pas sur cet album enregistré pour Capitol, se contentant d'un rôle de chef d'orchestre. L'excellent et historique Lumpy Gravy est néanmoins le troisième volet de sa discographie.

En 1967, année de son mariage avec Adelaide Gail Sloatman (son épouse jusqu'à la mort du guitariste le 4 décembre 1993), alors que le monde est passé en mode hippie, Zappa prend pour cible ces fils de bourges étudiants qui tentent de se rebeller et d'entraîner à leur suite la planète. Il les hait, déteste leurs drogues (lui c'est café-clopes) et leurs postures, leur mode de vie, leur révolution sur-médiatisée et commercialisée à outrance, ainsi que l'importance qu'ils se donnent.

Zappa barry miles

« Frank et Don avaient ce problème d'ego permanent entre eux. Frank avait très peu d'amis parce qu'il transformait tout en une relation d'affaires. Je pense que l'un comme l'autre avait une grande nostalgie de tous ses jours où ils faisaient le tour de Lancaster et écoutaient les disques de R & B ensemble. Leur amitié était très, très profonde, mais je suis convaincu que les affaires et Los Angeles ont été un frein à leur amitié. » (Barry Miles)

No Commercial Potential.

Sa manière de les recadrer, c'est de sortir un album, We're Only In It For The Money (septembre 1968/Verve) qui ne soit pas dans la veine du rock psychédélique ambiant.

Anti Sgt. Peppers (la pochette parodie le LP référence des Beatles), son disque, encore excellent et influencé par le doo-wop et le rock des 50's, se veut pop et une succession de délires avant-gardistes et de titres plus conventionnels.

Pour réaliser Cruising with Ruben & The Jets (décembre 1968/Bizarre-Verve), Zappa se glisse dans les habits de Ruben Sano, un personnage inventé de toutes pièces, par lequel il dresse un nouvel hommage au Doo-Wop. Sans prétentions mais toujours aussi caustique sur la société américaine, Zappa se fait plaisir en signant une musique qu'il aime tout particulièrement, celle qui a bercé son adolescence et ses années lycée.

Pendant l'enregistrement de Cruising With Ruben & The Jets, Zappa et ses Mothers Of Invention (sans Bill Mundi parti après Lumpy Gravy) s'attellent à Uncle Meat (avril 1969-Bizarre/Reprise), un album-concept important pour le guitariste, conçu dans le cadre du projet No Commercial Potential (comme Lumpy Gravy, We're Only In It For The Money et Cruising with Ruben & The Jets), promis à un film mais jamais achevé.

Un Zappa accessible, créatif et inspiré.

Excellent, Uncle Meat (double LP), comme les disques publiés dès 1968 (et la compilation Mothermania de Mars 1969), est associé au label Bizarre, société de production créée par Zappa et son manager Herb Cohen, destinée à garantir à son auteur un contrôle créatif total sur son travail. Et Dieu sait s'il est un des plus inventifs et des plus passionnants esprits du rock.

Dans le même temps, les deux partenaires s'unissent pour fonder Straight Records et produire les artistes choisis par Zappa (Captain Beefheart, Alice Cooper, Tim Buckley, Jeff Simons, Judy Henske et Jerry Yester ou Rosebud).

Tandis que Zappa s'installe à Los Angeles (Log Cabin Ranch à Laurel Canyon), il met de côté ses Mothers pour publier, deux ans après Lumpy Gravy, son second opus solo, Hot Rats (octobre 1969-Bizarre/Reprise).

Amputé de ses soldats de la première heure, le musicien de Baltimore concocte malgré tout un délirant et génial cocktail de free-jazz et de rock. Très inspiré et sérieux, Zappa, ici instrumental, n'a jamais été aussi accessible. Hot Rats est certainement un des pans les plus abordables d'une discographie souvent complexe.

Burnt Weeny Sandwich (février 1970-Bizarre/Reprise) est posthume. Entendez par là que, quand il est publié, les Mothers of Invention sont dissous depuis un an. Des bandes inédites de studio et live (1967/1969) sont alors exhumées qui alimentent ce nouvel album que l'on réservera volontiers aux fans de l'artiste. On en fera de même de son suivant, Weasels Ripped My Flesh (août 1970-Bizarre/Reprise), dans une veine identique à Burnt Weeny Sandwich, à savoir nourri par des titres gardés jusque là au chaud (et live).

Nouvelle incarnation des Mothers.

Tandis qu'il travaille sur la composition de la B.O pour le film surréaliste 200 Motels (sorti en novembre 1971) qu'il co-écrit avec Tony Palmer et qu'il consacre à la vie sur la route des musiciens rock (en s'appuyant sur l'exemple des Mothers), il sort l'élégant Chunga's Revenge (octobre 1970-Bizarre/Reprise), sa 3ème levée discographique solo.

Les Mothers de la première heure n'étant plus (excepté Ian Underwood), Zappa recrute une nouvelle formation avec Mark Volman et Howard Kaylan, anciens Turtles, Jim Pons (bassiste), George Duke (claviers) et Aynsley Dunbar, le batteur britannique passé par les Bluesbreakers et pressenti pour être celui du Jimi Hendrix Experience.

Plus ancré dans le blues et réalisé avec une formation remaniée en profondeur, Chunga's Revenge traduit la transition s'opérant alors chez Zappa qui, en laissant abusivement la voie libre, au chant, aux lourdingues Flo et Eddie (Volman et Kaylan), ouvre un peu plus la porte aux délires scéniques sexuels et scatologiques et perd en crédibilité comme en atteste le décevant Fillmore East – Juin 1971, crédité aux Mothers de la nouvelle génération.

Mauvaise passe...

Un second live de rang vient alors se greffer au catalogue. Just Another Band From L.A. (mars 1972), enregistré le 7 août 1971 dans la salle de basket (Pauley Pavilion) du campus de l'Université de Los Angeles, est un peu plus crédible que son alter ego précédent mais comme lui, reste une œuvre mineure de sa carrière.

Seul témoignage posthume de la seconde incarnation des Mothers, ce disque et son devancier sont le reflet de la période difficile traversée par l'artiste. Entre l'échec de 200 Motels et de sa B.O., l'incendie à l'occasion d'un de ses concerts du Festival de Montreux et qui donne le jour à Smoke On The Water (Deep Purple), une jambe cassée et un larynx écrasé à cause d'un fan excité qui le balance dans la fosse, la fin des Mothers, 1971 est une année à oublier.

Zappa, contraint au repos forcé et de se déplacer en fauteuil roulant, s'oriente alors vers une sorte de jazz fusionné (du Zappa, quoi !) en publiant coup sur coup un excellent Waka/Jawaka (juillet 1972/Bizarre-Reprise) et l'exceptionnel The Grand Wazoo (novembre 1972/Bizarre-Reprise), avec un nouveau Mothers mais élargi à un Big Band.

...avant une trilogie royale.

L'artiste est alors dans une phase musicale plutôt favorable mais elle n'est rien comparée à la trilogie qui s'annonce, Overnite Sensation (septembre 1973), Apostrophe (mars 1974), disque d'or aux USA, et One Size Fits All (juin 1975), laquelle représente son sommet artistique, 3 disques réalisés pour le label Discreet de Zappa. Ce come-back s'accompagne d'un retour de son auteur dans les bacs.

Dans cette tierce royale studio s'invite un live : Roxy & Elsewhere (septembre 1974/Discreet). Tous ces disques sont crédités à Zappa et à des Mothers alors en proie à des mouvements de personnel constants. L'album You Can't Do It On Stage Anymore de 1988 (vol 2) retrace cette période et resitue le line-up du moment.

Rupture avec ses partenaires.

Si la carrière de Zappa est à son zénith, celle de son copain d'enfance Captain Beefheart bat de l'aile. Aussi pour lui filer le coup de main, il l'invite sur la scène de l'Amarillo World Headquaters d'Austin (20 et 21 mai 1975), cadre de ce qui alimente Bongo Fury (octobre 1975/Discreet), son 21ème LP et, malgré une relation turbulente née de Trout Mask Replica (1969), l'emploie comme salarié le temps de la tournée (30 dates entre avril et mai 1975) de promo de l'album. Van Vliet figure donc dans la dernière mouture connue des Mothers. 

En 1976, la relation entre Zappa et Cohen est très tendue. Les deux partenaires en affaires règlent leurs différends devant la justioce. Discreet étant distribué par Warner, Zappa exige du label qu'il lui rétrocède son contrat afin d'avoir toute liberté de manœuvre pour gérer sa musique et pour écarter Cohen de toute ingérence et récupération. Warner accepte, Zoot Allures (octobre 1976) sort à ces conditions.

Premier vrai disque de rock du Maître, sobre et moins délirant que ce à quoi il nous a habitué, le très bon Zoot Allures (inspiré de l'expression française Zut Alors!) vaut surtout par les trois monstrueuses pièces que sont Black Napkins, The Torture Never Stops et la chanson-titre.

Dès l'année suivante (1977), Warner remet en cause ses accords avec Zappa qui a dans sa besace la matière nécessaire et suffisante pour réaliser un quadruple LP (extraits live, inédits et chutes de studio...). Il compte bien le publier pour son étiquette nouvellement créée, Zappa Records (distribué par Phonogram), mais il est encore redevable de 4 LP à Warner.

Pour solde de tout compte, il leur transmet les bandes qui, éparpillées façon puzzle, aboutissent à Zappa In New York (publié en 1978), Studio Tan (septembre 1978/Discreet), Sleep Dirt (janvier 1979/Discreet) et Orchestral Favourites (mai 1979/Discreet). Ces pièces forment le coffret posthume Läther (1996).

Yellow Shark, ultime legs discographique.

Ayant rompu les liens avec Warner et Cohen, Frankie ouvre le compteur de sa maison de disques en publiant le double Sheik Yerbouti. Preuve que malgré les déboires judiciaires pouvant affecter sa prolificité légendaire son inspiration reste intacte, Sheik Yerbouti (mars 1979) se vend très bien et demeure l'album de Z le plus vendu au monde (plus de 2 millions de pièces écoulées). Côté musiciens, les Mothers, c'est de l'histoire ancienne. Désormais tout ce qui évoluera à ses côtés portera le nom de Zappa.

Dernier disque des 70's, le subtil opéra-rock Joe's Garage (septembre 1979/Zappa Records), inspiré par la révolution iranienne de 1979 et aux titres reliés par la voix off du Central Scrutinizer, englobe divers styles musicaux et revient à des textes sarcastiques sur la société américaine et les politiques, auxquels il reproche de tout faire pour tuer la musique.

Jusqu'à sa mort d'un cancer, fin 1993, Frank Zappa a continué à nourrir avec plus ou moins de réussite une discographie considérée comme assez opaque. 22 albums studio, une B.O de film (Baby Snakes/1982) et une poignée de live couvrent les 80's et le début des 90's.

Yellow Shark est l'ultime LP réalisé de son vivant. Il est édité peu de temps avant qu'il ne s'éteigne dans l'hiver de Laurel Canyon, entouré de sa femme et de ses quatre enfants. Il allait avoir 52 ans et c'était un génial touche-à-tout de la musique (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE MOTHERS 60'S.

LP Studio 1 - 1966

 

Zappa mothers freak out

 

FRANK ZAPPA & THE MOTHERS OF INVENTION

FREAK OUT – 1966  5/5

 

Publié en juin 1966.

Produit par Tom Wilson.

Durée:60:55.

Label:Verve Records.

Genre:musique expérimentale,R & B,avant-garde,doo-wop,rock symphonique,rock psychédélique.

 

Tout Zappa concentré dans Freak Out.

 

C'est par Freak Out (en écoute intégrale ici) que les Mothers Of Invention ouvrent leur compteur discographique. Quand on évoque les Mothers, on pense forcément à FranK Zappa lequel en était l'élément dominant et visionnaire. Si ce dernier dictait l'orientation artistique de la musique qu'il avait en tête, il avait à ses côtés, une escorte de sujets tout acquis à sa vision et aussi décalés que lui.

Le satirique et subversif Freak Out, sorti en 1966, en est le premier témoignage, qui, dit-on, aurait été jusqu'à influencer le mythique Sergent Peppers des Beatles...

Frank Zappa était, disais-je, un visionnaire ; il a façonné tout au lond de sa riche carrière un univers musical hors norme. Ici, il débarque et pond, comme si rien n’était, un double disque. C’est complexe, plein d’humour, auto-dérisoire, contestataire avec des sons nouveaux et une voix géniale aux notes mexicaines. C’est du Zappa avec des déjantés (The Mothers Of Invention), indissociables de son leader.

Une première écoute furtive de Zappa, des Mothers et de Freak Out, ne révélera rien et peinera à capter l’auditeur, à le maintenir branché, mais en insistant, on devient progressivement coutumier, fidèle, avant de succomber à l'addiction.

En creusant un peu, en lisant entre les lignes de la portée, on se prend à découvrir une créativité débordante, insatiable, une grande richesse musicale avec des textes subversifs qui se foutent royalement des chansons d’amour à la « mords-moi le nœud ».

C’est dans Freak Out que l’on se rend compte que Zappa, le provocateur et maître guitariste moustachu, était en avance sur son époque et que son génie nous fait défaut (il a quand même fait plus de 60 albums le coco !).

Dans Motherly Love, il lance un appel aux groupies, détourne les pop songs comme dans Wowie Zowie, réagit aux émeutes raciales avec Trouble Every Day (quel solo de guitare, les enfants !), tutoie la musique contemporaine dans Help, I’m A Rock et The Return Of The Son Of Monster Magnet, barbote dans le doo-wop avec Go Cry On Somebody Else’s Shoulder.

Le Zap, c’était un avant-gardiste, Freak Out est la première pierre d’une œuvre globale et colossale qui lui aura permis d’explorer toute la musique (classique, contemporaine, rock, jazz, pop, engagée, intellectuelle, paillarde…).

Mal perçu aux States (normal, Freak Out est une farce ironique sur le rock et l’Amérique) à sa sortie, les européens eux, l’ont tout de suite adopté. Cette musique dite de drogués a quand même influencé des générations d'artistes, Beatles en tête, et vous voudriez que l'on s'en plaigne ? Non, on écoute, on analyse et derrière, comme c'est très vraisemblable, on prend. C'est écrit depuis des lustres et des lustres (RAZOR©).

 

1. Hungry Freaks Daddy.
2.
Ain't Got No Heart.

3. Who Are The Brain Police?

4. Go Cry On Somebody Else's Shoulder.

5. Motherly Love.

6. How Could I Be Such A Fool.

7. Wowie Zowie.

8. You Didn't Try To Call Me.

9. Any Way The Wind Blows.

10. I'm Not Satisfied.

11. You're Probably Wondering Why I'm Here.

12. Trouble Everyday.

13. Help I'm A Rock /It Can't Happen Here.

14. Return of the Son of Monster Magnet.

 

Frank Zappa:guitare,harmonica,cymbales,tambourin,chant.

Jimmy Carl Black:percussions,batterie,chant.

Ray Collins:harmonica,cymbales,tambourin,chant.

Elliot Ingber:guitare.

Roy Estrada:basse,chant.

 
Autres musiciens. 

Gene Estes:percussions.

Eugene Di Novi:piano.

Neil Levang:guitare.

John Rotella:clarinette,saxophone.

Kurt Reher:violoncelle.

Raymond Kelley:violoncelle.

Paul Bergstrom:violoncelle.

Emmet Sargeant:violoncelle.

Joseph Saxon:violoncelle.

Edwin V. Beach:violoncelle.

Arthur Maebe:cor,tuba.

George Price:cor.

John Johnson:tuba.

Carol Kaye:guitare 12 cordes.

Virgil Evans:trompette.

David Wells:trombone.

Kenneth Watson:percussions.

Plas Johnson:saxophone,flûte.

Kim Fowley:hypophone.

Mac Rebennack:piano.

Les McCann:piano.

Jeannie Vassoir:the voice of Cheese.

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