Frankie Miller.

BIOGRAPHIE.

 

 

FRANKIE MILLER/Glasgow (Écosse – UK)

 

Frankie miller intro 2

 

Né le 2 Novembre 1949 à Bridgeton (Glasgow).

Actif entre 1966 et 1994.

Labels:Chrysalis,Capitol,Mercury.

Genre:rock,hard rock,folk-rock,blues-rock,blue-eyed soul,blues,soul.

Site officiel:frankiemiller.net

 

Frappé en pleine gloire.

Rien n'indique aujourd'hui que l'avenir réservera à Frankie Miller de meilleurs moments que ceux qu'ils a traversés depuis fin août 1994 et son dramatique accident vasculaire cérébral.

Celui qui était un songwriter très sollicité et un artiste au sommet de son art à la fin des 70's pense surtout à revivre normalement.

Après un long séjour hospitalier de 15 mois dont 5 de coma profond, l'écossais a entamé, avec infiniment de courage et de détermination, une longue rééducation par laquelle il a d'abord réappris à marcher, puis à converser mais son vocabulaire se limite malheureusement à quelques mots.

Hélas, il semble qu'il ne sera plus en mesure de chanter comme il le faisait merveilleusement sur Darlin, son succès le plus populaire, ni même de jouer comme il le démontrait avec talent avant cet été maudit.

Frankie miller stoicsDes Stoics...Frankie miller jude...à Jude.Frankie miller introUn statut de star...Frankie miller 1...pour un artste hors norme.Frankie miller 3Une des plus belles voix des des 70's.Frankie miller darlin...entendue sur Darlin' (1978).Frankie miller autreFauché en pleine gloire...Frankie miller dougle takesSes amis ne sont jamais loin...

L'hommage des siens.

Sa reconstruction lui a quand même permis de rester proche de son environnement de prédilection, en travaillant en étroite collaboration avec une association caritative, Drake Music Project qui offre la possibilité aux personnes atteintes d'un handicap de continuer à œuvrer dans la création musicale.

Partant de là, Frankie Miller, à défaut de pouvoir faire mieux et avec ses moyens du moment, a pu s'impliquer, en 2016, dans la réalisation de Double Take, une magnifique collection d'une vingtaine de ses titres repris par des artistes invités.

Joe Walsh, Elton John, Steve Crooper, Bonnie Tyler, Huey Lewis, Rod Stewart, Francis Rossi de Status Quo, Kiki Dee, Kim Carnes, Kid Rock, Willie Nelson, Paul Carrack s'invitent dans un duo avec Frankie dont la voix peut encore être entendue par la magie du mixage.

Le milieu a tenu à se mobiliser pour un artiste dont le catalogue, avant son drame sanitaire personnel, a été couvert par le gotha du rock, du blues et de la country. L'empressement à l'honorer et à le soutenir de ses homologues artistes a été tel qu'un triple album aurait pu être envisagé.

De Bob Seger à Joe Walsh, en passant par Eagles, Joe Cocker, Etta James, Roy Orbison, Waylon Jennings, Rod Stewart, Ray Charles ou les Bellamy Brothers, nombreux sont les confrères qui ont tâté du Miller, qui pour se relancer, qui pour briller, qui pour rendre hommage à une écriture de très grande qualité.

Des Stoics à Jude.

Venu au monde le 2 novembre 1949 à Glasgow, Frankie est issu d'une famille qui vit au rythme de la musique.

Entre la maman qui se façonne une belle collection de disques rock et R&B et les sœurs qui passent en boucle Ray Charles, Little Richard et Elvis Presley, l'enfant qu'il est succombe aux effets de ces musiques toniques et exaltantes par lesquelles il se défoule et tente de canaliser un trop-plein de vitalité.

Il en est tellement imprégné qu'il s'identifie très tôt à la soul et au R&B, alors, quand il reçoit en cadeau sa première guitare, l'envie lui vient aussitôt de mettre à profit cette aubaine de pouvoir jouer et chanter.

D'écrire aussi, car il n'a pas 10 ans qu'il compose sa première chanson, But I Do. Même si celle-ci appelle plus les fous-rires familiaux, elle n'en reste pas moins un premier pas qui dénote sa motivation pour la l'écriture.

Comme on lui prête de réelles dispositions pour évoluer dans cette voie, Frankie insiste et intègre vite des formations locales grâce auxquelles il se forme au métier. Doué, il prend vite de l'envergure.

Les Stoics sont la première formation sérieuse dans laquelle il évolue en 1970. Ceux-ci deviennent Howl et ont le privilège d'ouvrir pour Ten Years After au St Georges Hall de Liverpool, le 3 novembre 1970. Quelques semaines plus tôt, le groupe a l'honneur de fouler la scène du festival de Wight (27 août 1970).

Les Stoics et Howl signent quelques démos (Chrysalis), sans rien concrétiser sur un LP officiel.

La rencontre de Robin Trower, alors en rupture de Procol Harum (1971) aboutit à Jude. James Dewar, chanteur-bassiste transfuge de Stone The Crows, et le batteur Clive Bunker (ex-Jethro Tull) sont également partie prenante dans ce projet éphémère.

Sorte de super-groupe avant l'heure, Jude s'est séparé sans avoir mis les pieds en studio (1972). Il n'en a pas moins été un véhicule important pour la notoriété de l'artiste.

Un statut de star.

Chrysalis l'ayant conservé, c'est le moment choisi par Frankie pour initier sa carrière solo. Once In A Blue Moon, pour lequel il fait appel à Brinsley Schwarz pour l'accompagner, est publié en janvier 1973.

Frankie miller rod stewart

« Frankie est le meilleur chanteur blanc de tous les temps. La première fois que je l'ai vu chanter, il interprétait These Arms Of Mine d'Otis Redding. Il l'a si bien fait qu'il m'a fait monter la larme à l’œil. » (Rod Stewart)

La critique applaudit des deux mains ce premier opus d'humeur blues-rock, quand, dans le même temps, le public mort à l'hameçon. Mélange de blues et de R&B, il installe son auteur comme une des plus belles voix du genre.

Bien qu'élevée au niveau des Rod Stewart, Paul Rodgers, Joe Cocker, Terry Reid, sa performance sur Once In A Blue Moon ne booste pas les ventes. Elle appelle cependant à l'optimisme pour la suite de son parcours.

Une brillante discographie.

Sa trajectoire et son statut changent après ce magnifique disque. Un an plus tard est publié High Life, deuxième pan du catalogue pour lequel Allen Toussaint, une sommité dans la soul, s'implique sans retenue, allant même jusqu'à enregistrer le disque sur ses terres néo-orléanaises.

Ce dernier, s'il signe 7 des 13 titres de l'opus, officie comme producteur et a le bon goût de mettre en avant la voix de Miller. Résultat : un disque très réussi et chargé d'émotion qui fait de l'écossais un délicieux mélange de Paul Rodgers et d'Otis Redding.

The Rock, N°3 de la discographique, sort en septembre 1975 ; il est crédité au Frankie Miller Band qui réunit, outre Miller, le guitariste Henry McCullough (ex-Grease Band), Chris Stewart (basse), Stu Perry (batterie) et Mick Weaver (claviers).

The Rock a la particularité d'être enregistré à la prison d'Alcatraz et de faire appel à deux ensembles légendaires : les Memphis Horns, côté cuivres, et Edwin Hawkins Singers, côté chœurs.

L'objectif de Miller est ici de s'approcher au plus près du son de la Stax mais, faute d'une matière de la même teneur que ce qui précède, l'album rate un peu son coup.

Bien qu'encore crédible et cohérent, cet enregistrement est le moins intéressant de la tierce vinylique initiale, en dépit des succès d' A Fool In Love et Ain't Got No Money. Malgré leur bonne recevabilité, ils ne se traduisent pas pour autant par de bons scores dans les bacs.

Le diagnostic posé par Keith Reid (Procol Harum), nouveau manager de Miller, indique alors que son protégé doit accroître le nombre de ses apparitions publiques promotionnelles. Un programme de tournées un peu plus conséquent est mis en place et décision est prise de faire du prochain album, un LP live.

Tout est organisé en ce sens et le Roundhouse londonien est réservé pour servir de cadre à ces enregistrements mais des problèmes techniques font achopper le projet de live.

Full House (juin 1977), avec Clive Davis aux consoles et un nouveau groupe de soutien (dissout avant la fin de l'année en cours), s'inscrit alors comme le quatrième volet studio de Miller.

Mélange d'originaux et de reprises (Jealous Guy de Lennon notamment), il est plus funky que ses devanciers. Dans ce lot de qualité, l'intro Be Good To Yourself se démarque plus particulièrement.

L'effet Darlin'.

A l'appel de Double Trouble (1978), enregistré entre Londres (studios AIR) et New York (Studios Plant Records), Frankie Miller bat le rappel des troupes pour reconstituer un groupe.

Le batteur de Procol Harum BJ Wilson, les guitaristes Ray Russell (Mouse) et Ian Gomm (Brinsley Schwarz), le claviériste et chanteur Paul Carrack (Roxy Music, Roger Waters, Squeeze), le bassiste Chris Stewart (Spooky Tooth) une section de cuivres (Chris Mercer et Martin Drower) accèdent à sa proposition.

Steven Tyler (Aerosmith), qui retrouve ici son producteur Jack Douglas, pointe également parmi les choristes de ce disque encore une fois très bon, mais qui peine toujours commercialement parlant.

Chrysalis continue à croire en Frankie Miller et ne le lâche pas, persuadé que l'artiste n'est pas loin de décrocher le pompon.

Darlin' tombe alors qui propulse l'écossais dans le top 10 britannique (N°6) en octobre 78 ; When I'm Away From You, le single suivant, fait top 50 (N°42). Le nom de Frankie Miller devient enfin familier auprès du public.

Caledonia, dernier coup d'éclat.

L'album Falling In Love (1979) profite de la popularité de ces deux pièces mais bénéficie surtout d'un lot de chansons encore très pertinent, dont A Woman To Love et Papa Don't Know sont les symboles.

Après être parti sur les routes défendre son album et ses succès (avec un nouveau line-up), Miller estime qu'il lui faut passer à autre chose alors que la décennie se referme.

Le théâtre et le cinéma comme acteur, la B.O de film (Rules Of Game), Nashville et les meilleurs musiciens du Tennessee pour les besoins d'Easy Money (juillet 1980), son N°7, jalonnent son début des eighties.

Deux autres albums alimentent cette nouvelle décennie : Standing On The Edge (Capitol/1982) et Dancing In The Rain (1986) qui s'avère être son dernier album studio avant son grave anévrisme cérébral.

Caledonia (N°45/1992), extrait d'une publicité pour une bière écossaise, est le dernier coup d'éclat d'une carrière qui n'en manque pas. Écouter sa musique, c'est le minimum que l'on puisse faire pour lui (RAZOR©2022).

MON CHOIX DISCOGRAPHIQUE.

LP Studio 1 - 1973

 

Frankie miller once in a blue

 

FRANKIE MILLER

Once In A Blue Moon – 1973  5/5

 

Publié en janvier 1973.

Produit par David Robinson.

Durée:32:15.

Label:Chrysalis.

Genre:rock,folk-rock,pub rock.

 

Des débuts fracassants.

 

Avant son dramatique accident vasculaire cérébral en 1994, Frankie Miller appartenait au cénacle des songwriters huppés, ceux dont la pertinence et la popularité de leur écriture leur ont valu d'être sollicités de toutes parts et de tous temps.

Miller l'a été de ses débuts dans le métier jusqu'à son arrêt contraint par la maladie mais son brillant catalogue n'a jamais cessé d'être visité par ses pairs du milieu, ceux d'hier comme les contemporains.

Si aujourd'hui, malgré une rééducation qui lui a permis de recouvrer une partie de ses moyens physiques et intellectuels depuis, il n'est plus en mesure de chanter et de jouer, le milieu du disque se mobilise régulièrement pour le soutenir et continuer à faire vivre son répertoire.

De Bob Seger à Joe Walsh, en passant par Eagles, Joe Cocker, Etta James, Roy Orbison, Waylon Jennings, Rod Stewart, Ray Charles ou les Bellamy Brothers pour n'en citer que quelques-uns, nombreux sont les confrères qui ont tâté du Miller, qui pour se relancer, qui pour briller, qui pour rendre hommage à un songwriting hors norme et à un artiste qui était alors au sommet de son art.

L'interprète du populaire Darlin' (il n'en est pas l'auteur) débute sa carrière personnelle par Once In A Blue Moon pour lequel il bénéficie de l'appui de Brinsley Schwarz notamment.

Le LP, réalisé pour Chrysalis (1973) confirme la qualité des 7 chansons originales, pour l'essentiel introspectives (I Can't Change It, You Don't Need Laugh, After All I Just live My Life) de son auteur, et sur ses aptitudes vocales à les mettre en valeur.

Sa voix est une des plus belles du moment, l'humeur est blues et R&B, le soutien de Brinsley Schwarz d'une grande efficacité mais dans la pondération pour ne pas voler la vedette à Miller. A noter les deux belles reprises de Bob Dylan (Tom Thumb's Blues) et de Willie Dixon (I'm Reasy).

Once In A Blue Moon est pour moi une réussite. A son écoute, il est difficile de croire que c'est un premier album (RAZOR©2022).

 

1. You Don't Need To Laugh (To Be Happy)

2. I Can't Change It.

3. Candelight Sonata In F Major.

4. Ann Eliza Jane.

5. It's All Over.

6. In No Resistance.

7. After All (I Live My Life).

8. Just Like Tom Thumb's Blues.

9. Mail Box.

10. I'm Ready.

 

Frankie Miller:chant,guitare acoustique,harmonica.

Bob Andrews:piano,accordéon,chœurs.

Brinsley Schwarz,Ian Gomm:guitares.

Nick Lowe:basse,chœurs.

Billy Rankin:batterie.

Bridgit,Joy and Janice:chœurs.

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