Harvey Mandel.

BIOGRAPHIE.

 

HARVEY MANDEL/Detroit (Michigan)

 

Harvey mandel intro

 

Né le 11 mars 1945 à Detroit.

Actif depuis 1966.

Label:Epic,Philips,Bellaphon,Repertoire,Janus,BGO,Ovation,Western Front,Clarity,Lightyear,Orchard,Electric Snake,Wide Hive,Tompkins Square.

Genre:rock,blues,blues-rock,jazz.

Site officiel:harveymandel.com

 

La filière des blancs-becs du blues de Chicago.

Harvey Mandel, comme Michael Bloomfield, appartient à cette vague de blancs-becs venus du Michigan ayant émergé sur la scène de Chicago dans les années 60 et qui ont fait leurs premières gammes au contact des légendes noires du blues nées avant guerre : les Buddy Guy, Elmore James, Howlin' Wolf, Little Walter, Muddy Waters, Otis Rush, Magic Sam, Willie Dixon, des King et des Williamson.

Ces freluquets ambitieux et déterminés avaient à coeur de leur démontrer que ce blues forgé dans les rues et les pince-culs chicagoans pouvait aussi être blanc. Donc le leur. En sillonnant le circuit des clubs mal fâmés de West Side et bien qu'ils n'aient pas toujours eu l'âge légal d'y pousser la porte, ils ont tout appris au contact de ceux qui furent leurs mentors, au point de compter aujourd'hui parmi les précurseurs du blues électrique moderne.

Autodidacte, Harvey Mandel est depuis devenu un des meilleurs guitaristes de sa génération, l'un des plus distinctifs et des plus inventifs du rock ; il est difficile de quantifier à quel point il a influencé des générations de gratteurs depuis la sortie de son exceptionnel Cristo Redentor, en 1968. Les Stanley Jordan, Eddie Van Halen ou Steve Vai savent, eux, tout ce qu'ils lui doivent.

Canned Heat, John Mayall et les Stones.

Passé par Canned Heat, un temps auprès de John Mayall, le Snake, comme on l'appelle, a failli, ni plus, ni moins, finir Rolling Stones. Une nuit de 1976, un coup de fil de Mick Jagger le prie de venir rejoindre le groupe à Munich dans le cadre du Hot Stuff Black & Blue Tour.

Ce dernier a dans l'idée de remplacer le démissionnaire Mick Taylor par un guitariste plus posé. Jagger a pu juger du professionnalisme de l'américain lors des sessions de l'album Black And Blue auxquelles Harvey prend part (Hot Stuff et Memory Motel). Mais Keith Richards s'y oppose et impose Ron Wood avec lequel il est très complice.

Harvey Mandel s'en remettra en signant de son côté une belle carrière solo et en collaborant avec les plus grandes stars du rock. Depuis quelques années, il traverse toutefois des moments difficiles. Diagnostiqué en 2011 avec un cancer nasal, il doit depuis subir une succession de lourdes opérations de chirugie esthétique (34 interventions) pour réparer son nez (un coût estimé entre 60 et 70 000 dollars).

Harvey mandel the new breedLes New Breed : sa période pré-Chicago Blues.

Harvey mandel 2La filière des blancs-bacs du blues de Chicago...

Harvey mandel charlie musselwhite...où il est pris en main par Charlie Musselwhite.

Harvey mandel elvin bishopAvec Elvin Bishop, également de Chicago.

Harvey mandel the snake don sugarcane harrisUn guitariste inventif (avec Don Sugarcane Harris).

Harvey mandel canned heat nowPassé par Canned Heat...

Harvey mandel stones black and bluePas loin de devenir un Rolling Stones (Black & Blues)...

Harvey mandel cristo redontor...l'auteur de l'excellent Cristo Redentor (1968)...

Harvey mandel now...est plus que jamais actif malgré des soucis de santé...

Harvey mandel snake pit 2017...comme l'atteste Snake Pit sorti en 2017.

Une discographie de qualité, une carrière bien remplie.

Le système de santé américain étant ce qu'il est, Harvey Mandel a du se séparer de certains biens personnels pour s'assurer la rémission de son cancer et sa réparation faciale, tandis que sa sœur Rose a lancé un fonds pour lui venir en aide dans le paiement de ses soins médicaux.

Malgré ses ennuis de santé, il signe un superbe album sorti fin 2016. Snake Pit, premier travail de studio depuis deux décennies, est un des meilleurs disques qu'il ait publié.

Derrière, ce novateur musical respecté enchaîne avec l'électronique Snake Attack (février 2017) sur lequel il joue de tous les instruments.

Il porte ainsi sa discographie à 25 LP (tout confondu) : du blues, du rock, du blues psychédélique et du jazz. Par ailleurs, il continue à se produire sur scène avec le Chicago Blues Reunion et le Snake Crew.

Passé par les clubs formateurs de West et South Side.

Natif de Detroit (le 11 mars 1945), Harvey Mandel grandit à Chicago où, ado, il fait ses premiers pas dans la musique en jouant des percussions (bongos) avant de commencer la pratique de la guitare.

Inspiré par le son des Ventures, il privilégie l'instrument à cordes, d'autant qu'il tombe sous le charme de joueurs de blues comme Buddy Guy qu'il découvre dans les clubs de West et South Side. Il a alors 16 ans.

Au contact de ce dernier, mais aussi d'Albert King, d'Howlin' Wolf, de Muddy Waters, d'Otis Rush avec lesquels il tape le bœuf, Harvey progresse plus vite que prévu. Sa technique s'affine et, rapidement, il se positionne comme un guitariste créatif et très doué.

Charlie Musselwhite en père protecteur.

Ce talent précoce n'échappe pas à l'oeil avisé de l'harmoniciste mississippian Charlie Musselwhite, lequel, profitant de l'émergence du blues blanc initiée par Paul Butterfield à Chicago (1965), vient de fonder son propre groupe, le Charlie Musselwhite's South Band.

Musselwhite, admiratif de la manière qu'a Harvey de jouer de la guitare sans forcer, le recrute. A 21 ans, il est une des forces de ce line-up constitué, outre Musselwhite, de Bob Anderson (basse), Barry Goldberg (claviers) et Fred Below (batterie).

Cette main gauche magique, lui valant de son employeur le surnom de The Snake, illumine le séminal Stand Back (1966/Vanguard) de Charlie Musselwhite et de son groupe, album qui rapproche un peu plus le blues du rock 'n' roll.

Harvey y livre une prestation remarquable comme en atteste son solo sur Chicken Shack et son jeu sur Help Me et 4 P.M qu'il a lui-même composé.

Cependant, sa carrière se lance véritablement quand il déménage en Californie à la fin des années 60. A l'instar de Musselwhite, Harvey s'installe dans la région de San Francisco.http://rock6070.e-monsite.com/pages/rock/jerry-garcia.html

Il y fait ses débuts en août 1967 aux côtés de l'harmoniciste sur les planches du Fillmore de Bill Graham, en ouverture de Cream et d'Electric Flag, la formation montée par son copain de l'Illinois, Michael Bloomfield.

A Frisco et notamment au Matrix, il côtoie alors les barons de la scène locale, comme Jerry Garcia ou comme Elvin Bishop, également passé par la scène de Chicago (Paul Butterfield Blues Band).

Le virtuose Cristo Redentor.

Une de ses rencontres l'amène à croiser la route d'Abe « Voco » Kesh (Abe Keshishian), animateur-radio à KSAN, producteur de Blue Cheer et originaire de Detroit (le monde est petit), grâce auquel il s'engage avec le label Philips, distribué aux Etats-Unis par Mercury.

Ce dernier produit également le premier LP de Mandel, le grandiose Cristo Redentor (1968), un disque pop-psych essentiellement instrumental qui met en lumière toute la technique, la virtuosité et la précocité de son auteur. Si Bach avait fait du rock, il aurait pu signer un tel disque.

Avec le peu de recul qu'a Mandel à ce stade de sa carrière, la performance est d'autant plus exceptionnelle ! Charlie Musselwhite, Art Stavro, Bob Moore, Kenny Buttrey, Eddie Hoh, Hargus Robbins, Chip Martin, Pete Drake et Nick De Caro sont également de ce disque en avance sur son époque. Le gratin de la place, quoi !

En remplacement d'Henry Vestine.

Cristo Redentor reçoit l'adhésion de la presse spéialisée et du milieu. Cela vaut à Mandel de taper dans l'oeil de Canned Heat qui, quelques jours après avoir sorti Hallelujah (juillet 69), voit Henry Vestine quitter le groupe pour des démêlés répétés avec Larry Taylor.

Sur la scène du Fillmore, c'est, cette fois, allé trop loin entre les deux hommes. Le lendemain de cette altercation, Michael Bloomfield et Harvey Mandel sont sollicités par Canned Heat pour reprendre le poste de guitariste. Après avoir assuré chacun un set, Bloomfield décline, pas Mandel.

Celui-ci est donc sur la scène du festival de Woodstock au sein du légendaire combo californien en cette fin d'après-midi du samedi 16 août 1969. Resté un peu plus d'un an chez Canned Heat, il prend part au 5ème opus du groupe, l'excellent Future Blues, sorti en août 1970.

Auprès de John Mayall.

Entre le moment où il cesse sa collaboration avec Canned Heat et son engagement auprès de John Mayall, sa discographie personnelle s'enrichit de quelques pièces : Righteous (1969) et Games Guitar Plays (1970) pour Philips, ainsi que Baby Batter pour Janus Records.

Aux côtés du bluesman mancunien, Harvey prend part à l'enregistrement de USA Union et Back To The Roots (1970).

Après Baby Batter, Mandel enchaîne, en 1972, avec The Snake, pour Janus et Get Off In Chicago (Ovation), album de jam réalisé avec des musiciens de l'Illinois.

Cette même année, Mandel se rapproche de Don Sugarcane Harris qui vient de former Pure Food And Drug Act avec Paul Lagos (batterie), Larry Taylor (basse) et l'inexpérimenté Randy Resnick (guitare).

Black And Blue.

Inconsistant, son entrée donne un peu plus de poids à un groupe que le label Epic menace de lâcher pour manque de sérieux. Néanmoins, il est l'auteur d'un LP dispensable du nom de Choice Cuts (1972). A sa suite, Pure Food And Drug Act disparaît corps et âme.

Dans le même temps, le Snake poursuit son parcours solo et publie, toujours pour Janus, deux autres opus studio, Shangrenade (1973) et Feel The Sound Of Harvey Mandel (1974) ainsi qu'un best of (1975), avant, comme évoqué précédemment, d'auditionner pour les Rolling Stones et de participer aux sessions de Black & Blue (1976), quatorzième album des anglais.

Harvey signe le remarquable solo de Hot Stuff et tient la guitare principale sur la magnifique ballade qu'est Memory Motel.

Après cette expérience avec les Stones, Harvey consacre l'essentiel de son temps comme joueur de session (Love And The Ventures) et évolue dans un power-trio aux côtés de Jimmy Haslip, l'ancien bassiste des Yellowjackets, avant de déménager sur Chicago (fin des 70's), puis de s'installer en Floride où il devient un familier du Woody's On The Beach de Miami, club appartenant à Ron Wood.

L'inconnu le plus connu des guitaristes américains.

Durant tout ce temps, il met sa carrière personnelle en stand-by (entre sa période Janus et le début des 90's) et se consacre essentiellement à tourner. Soit environ une vingtaine d'années.

En 1990, il se rappelle au bon souvenir de ses fans en figurant sur un album réunissant des grands noms de la guitare tels que Tony Iommi, Jan Akkerman, James Mankey, Dennis Greaves, Hank Marvin, Robin Trower, Frank Marino, Bernies Marsden et Jean-Paul Bourelly (Guitar Speak 2 - Various Artists).

Harvey mandel mick jagger

« Je voulais quelqu'un qui soit facile à vivre en tournée, qui soit bon musicien et qui ait l'habitude de la scène. J'ai pensé à Harvey. » (Mick Jagger)

La même année, lui et le Charlie Musselwhite's South Band sont au générique de la compilation Guitar Player Presents Legens Of Guitar Volume 1 (Rhino Records) avec Help Me. Ce disque précède une vidéo pédagogique publiée pour Hot Licks et intitulée Harvey Mandel : Blues Guitar & Beyond (1991).

Il enregistre ensuite Twin City pour le label de Chicago Western Front Entertainment (1993), Snakes And Stripes (Clarity Recordings/1995) tandis que Polygram réédite ses trois premiers albums sur support numérique (1995). Harvey fonde alors sa propre société d'édition (Electric Snake Productions) sur laquelle est publié le LP blues-rock Planetary Warrior (1997). Shangrenade est réédité à sa suite, précédant, toujours pour le même label, Emerald Triangle (1998), un bel album de musique instrumentale moderne.

Une collaboration techno avec son fils Eric (Lick This) marque l'entrée de Mandel dans le 21ème siècle. Elle est prolongée par des tournées avec Snake Crew, Chicago Blues Reunion et Canned Heat que le guitariste rejoint officiellement en 2010. En 2011, il est invité à accompagner Bob Dylan (Mumford & Sons et The Avett Brothers) sur scène à l'occasion du 53ème anniversaire des Grammies.

Le meilleur de sa carrière est réuni dans un coffret, Snake Box (2015/Cleopatra). Magnifique puzzle de son talent et de son inventivité, il met sous les projecteurs l'inconnu le plus connu des guitaristes américains, un architecte de la 6 cordes comparable à nul autre de ses contemporains (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 4 - 1971

 

Harvey mandel baby batter 1971

 

HARVEY MANDEL

BABY BATTER – 1971  4,5/5

 

Publié en 1971.

Produit par Abe Kesh.

Durée:38:18.

Label:Janus records.

Genre:rock,blues,funk,soul,jazz.

 

Grande fresque instrumentale.

 

Que ceux qui ne portent pas dans leur cœur le principe du tout instrumental, aillent voir là-bas si j’y suis, le temps de rancarder les autres sur Baby Batter (1971), un des fleurons, avec Cristo Redentor, du catalogue de ce guitariste inventif qu’est Harvey Mandel.

Il est si doué avec ses doigts qu’il s’abstient de chanter, préférant ne pas prendre le risque de se fourvoyer dans un LP classique. D’où l’instrumental en question. Remarquez bien, on ne perd pas au change car cette dispense de textes et de chant l’amène à redoubler d’intensité, de finesse, de créativité dans ses compositions et dans les prestations qui en découlent.

Influencé par le blues et le jazz qu’il fusionne au rock, Harvey Mandel explore des horizons musicaux proches de ceux de Santana, de Roy Buchanan ou de Jeff Beck.

L’ex-Canned Heat (1969/70), collaborateur de Mayall dans sa période californienne (USA Union et Back To The Roots) et partenaire des Pierres Qui Roulent sur deux titres de Black And Blue (il a passé une audition pour pourvoir au remplacement de Mick Taylor à son départ des Stones), fait montre d’une phénoménale technique, fluide, élégante ponctuée de grandes lignes harmonieuses de guitare et d’une utilisation experte de la wah-wah.

Dans les sept titres qu’il développe ici, c’est la simplicité qui prime. Le Snake a cette faculté à se fondre littéralement dans chaque pièce. Aidé par un backing band (dont Larry Taylor, le complice des heures sous Canned Heat) qui lui apporte le soutien nécessaire pour faire briller son jeu et doter l’album de ce son si typique, Mandel livre une intéressante copie moulée dans le rock, le blues et le R & B.

Côté son, c’est une pureté. Si vous n’avez jamais entendu parler d’Harvey Mandel, c’est l’occasion rêvée de piquer au truc. Chaque piste a un gros potentiel (j’ai un faible pour Freedom Ball, Hank The Ripper et El Stinger).

Baby Batter est un grand disque qui ne s’éteint jamais, fut-il complètement instrumental ; il tient constamment en haleine (RAZOR©).

 

1. Baby Batter.

2. Midnight Sun.

3. One Way Street.

4. Morton Grove Mama.

5. Freedoom Ball.

6. El Stinger.

7. Hank The Ripper.

 

Larry Taylor:basse.

Big Black:congas sur 2.

Colin Bailey,Paul Lagos:batterie.

Harvey Mandel:guitare électrique,guitare acoustique.

Howard Wales,Mike Melvoin:orgue,piano électrique.

Emil Richards:percussions sur 3 et 7.

Sandra Crouch:tambourin sur 1 et 2.

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