J.J. Light.

BIOGRAPHIE.

 

J.J. LIGHT/Farmington (Nouveau-Mexique - U.S.A.)

 

Jj light 1

 

Né James Michaels (Jim) Stallings, à Farmington en 1942.

Actif depuis 1962.

Labels:Capitol Records,SRK Records,ODL,mercury records,sunbeam records.

Genre:rock,country,blues,navajo rock,rock tribal.

 

Nul n'est prophète en son pays.

A l'automne 1969, l'Europe n'échappe pas au succès de Heya, un 45 Tours extrait de l'album du même nom, que l'on doit à l'américain J.J. Light. Dans l'hexagone, il fait son entrée dans le hit-parade national en octobre 69, venant prendre position à la 8ème place, entre Chimène de René Joly et le monstre sacré de Leo Ferré qu'est C'est Extra. Un mois plus tard, il pointe tout en bas du top 20.

En décembre, le soufflé étant retombé et Venus de Shocking Blue ayant pris le relais, le 45 Tours a disparu de la circulation. Sauf en Allemagne où il reste dans les charts plusieurs semaines.

Bien que furtif one-shot, l'air est encore bien ancré dans les têtes. Si l'Europe, le Japon, l'Amérique du Sud, vraisemblablement à cause de ses origines amérindiennes, ou la Nouvelle-Zélande s'en souviennent encore, aux Etats-Unis, J.J. Light est un illustre inconnu du rock, son album n'ayant jamais été édité chez l'Oncle Sam.

Bien que n'ayant jamais été prophète en son pays, ce précurseur du rock tribal que Redbone a ensuite repris à son compte, n'en a pas moins été un digne représentant de la scène psychédélique de Los Angeles.

Jj light stallings sdqJim Stallings avant d'être J.J Light...

Jj light stallins sdq...bassiste du Sir Douglas Quintet (2ème à partir droite).

Jj light 2Devenu J.J. Light, il cartonne avec Heya (1969)...

Jj light heya 45... en Europe où il fait N°1.

Jim Stallings pour l'état-civil.

Toujours actif, le navajo d'origine compose et joue toujours. Chaque jour, il donne le jour à une nouvelle chanson. Récemment, il vient de réaliser un de ses rêves, à savoir écrire un album très personnel, dédié à sa maman aujourd'hui décédée. Brave Heart Woman : Triny Mary Stallings Rock (2015) est aussi son dernier LP.

Inscrit à l'état civil du Nouveau-Mexique sous le patronyme de Jim Stallings, J.J. Light chausse plusieurs casquettes : musicien, auteur-compositeur, interprète, auteur de bouquins, producteur, professeur.

Dès le début des 60's et jusqu'en 1994, année qui le voir revenir à Albuquerque dans son état d'origine, Stallings est actif sur la scène californienne (un single Dreamin' In School en 1961 pour Paxley, le label de Kim Fowley et Gary Paxton), à cheval entre San Francisco et Los Angeles.

Il est de Mendocino.

L'Area Bay, il y est confronté quand il intègre le groupe texan Sir Douglas Quintet, formation considérée comme une lignée majeure dans l'histoire de la musique américaine, pour avoir intégré le Tex-Mex et le cajun dans le rock après l'avoir élargi par ailleurs au doo-wop, au blues électrique, au R & B et aux influences nées de la british invasion.

Son initiateur, le chanteur et guitariste Doug Sahm, ayant fait le choix d'absorber aussi le San Francisco Sound, il sollicite Stallings pour renforcer le poste basse (Harvey Kagan en est le titulaire) en studio, dans le line-up mythique de Sir Douglas Quintet, celui qui vaque à l'album Mendocino (avril 1969) : Doug Sahm, Frank Morin (saxo), Harvey Kagan, Augie Meyers (claviers) et John Perez (Ernie Durawa ou TJ Ritterbach à la batterie).

4/5 ans dans le SDQ.

Ce partenariat implique Stallings dans plusieurs albums d'un groupe alors sujet à bien des mouvements de personnels. La basse et le groove sont des éléments essentiels du son du Sir Douglas Quintet avec lequel Stallings passe 4/5 ans.

En 1972, Doug Sahm abordant une carrière solo chez Atlantic, Stallings rebondit auprès de The Quintet, formation comprenant les rescapés du Sir Douglas Quintet, Meyers, Perez et Morin, ainsi que Sonny Farlow (en lieu et place de Sahm).

Sous cette identité sort pour Mercury un LP, Rough Edges (1973), lequel collecte une matière assez hétéroclite due à Doug Sahm. Stallings est encore de ces enregistrements d'excellente qualité.

Quand Stallings devient J.J Light.

En Californie, Stallings joue au sein de multiples bons petits groupes (comme les Forerunners), mais va surtout faire parler de lui quand il entre dans les habits de J.J. Light, à la fin des années 60 et à Los Angeles.

En ce sens, sa rencontre (dans une pizzeria), en 1969, avec le controversé aristocrate hippie Bob Markley (fils adoptif d'un magnat du pétrole et d'une mère avocate), au (décrié) West Coast Pop Art Experimental Band ce qu'Andy Warhol est au Velvet Underground, s'avère déterminante.

Markley le prend sous son aile, lui décroche un contrat d'enregistrement et lui trouve un nom de scène (J.J. Light) qui soit en phase avec les origines indiennes de Stallings, avant de produire, en 1969, un premier LP au titre inspiré par le succès de la chanson Heya (1969), disque qui mérite une meilleure visibilité que celle accordée par son propre pays qui ne le publie pas.

Un LP contrarié mais de qualité.

Liberty Records, en 1968, est en proie à une grosse réorganisation (racheté par Transamerica Corporation, un groupe d'assurance qui possède déjà United Artists).

Il est vraisemblable que la parution américaine aurait été, si le projet n'avait pas été contrarié par ce rachat et si, dans la foulée, les bandes n'avaient été égarées, Liberty tirant sa révérence en 1972.

Porté par la chanson qui nomme l'album, Heya est un très bon disque, varié et partagé entre titres radio friendly (Heya, Until It Snows), pistes garage/psych (Follow Me Girl), folk à la Dylan (Silently Sleeping) et pièces rock influencées par ses origines amérindiennes (Na Ru Ka).

Jj light jimmy stallings

« Le succès s'est avéré être un gros échec pour ma famille et moi. Chaque fois que j'ai eu du succès, j'ai fini dans un centre psychiatrique. Mais j'y ai survécu, j'ai surmonté ces épreuves, tout traversé et je suis toujours là pour en parler. J'ai retenu la leçon et je remercie Dieu. » (Jim Stallings)

La matière est bonne, preuve de la qualité et de la pertinence de son écriture. L'interprétation est excellente et en cela, outre les compétences musicales et vocales de Stallings, la présence de pointures de la place angeline comme le claviériste Larry Knechtel, les batteurs Jim Gordon (Derek and The Dominos) et Earl Palmer, les guitaristes Gary Rowles (Arthur Lee, Love) et Ron Morgan (The Electric Prunes, Three Dog Night, West Coast Pop Art Experimental Band), Joe Osburn, Michael Lloyd, contribue à rendre ce disque encore plus intéressant. Et ce, d'autant qu'en 2007, le label Sunbeam Records l'a enrichi d'un lot conséquent de titres supplémentaires, alimentant ainsi un double CD.

Retour à Albuquerque.

Heya et l'expérience avec Doug Sahm sont les deux gros faits d'armes de Stallings, dont la carrière a été plombée par sa difficulté à gérer le succès. Certaines de ses phases d'angoisse qu'il était incapable de contrôler, l'ont mené en milieu psychiatrique, c'est dire...

Installé, avec son épouse, à Albuquerque juste avant les années 2000 pour se rapprocher de sa mère malade, Stallings a puisé dans son retour au Nouveau-Mexique une motivation supplémentaire.

Celle-ci lui a permis depuis 2003 d'enchaîner 7 albums supplémentaires : Heya (crédité à Jim Stallings et plus à J.J. Light) (2003), Adios (2005), Holidays Blues, Midnight Love Affair, Songs For Jesus Born To Follow Him (2006), Oh Great Spirit Wonk-Kan-Tonka The Return of J.J. Light (2008) et Brave Heart Woman : Triny Mary Stallings Rock (2015). Et si J.J. Light était enfin de retour et qu'il nous refasse le coup de Heya ? (RAZOR©)

DISCOGRAPHIE SOLO.

LP Studio 1 - 1969 (Réédition avec bonus de 2007)

 

Jjheya lp 69

 

J.J LIGHT

HEYA – 1969 (2007)  4/5

 

Publié en 1969,réédité en 2007 avec bonus.

Produit par Bob Markley.

Durée version originale:23:51,réédition (65:25).

Label:Liberty (original),Sunbeam (réédition).

Genre:rock,rock tribal.

 

Heya Heya Heya Heya Hey….

 

Il est inscrit à l’état civil du Nouveau-Mexique sous le patronyme de Jim Stallings. Musicien, auteur-compositeur, interprète, auteur de bouquins, producteur, professeur, ce pluridisciplinaire yankee a été à la scène le bassiste du Sir Douglas Quintet sous sa véritable identité (d’abord au coup par coup puis d’une manière plus engagée en 1971/72), mais c’est sous J.J Light qu’il a rééllement brillé.

Son album Heya (1969), loin d’être alors prophète en son pays, est reconnu aujourd’hui comme une excellente représentation de la scène rock psychédélique angeline et de son talent, tandis que l’hypnotique single du même nom qui en est extrait, à la forte sapidité amérindienne, a cartonné chez nous en 70, sans que le public amerloque, complètement désintéressé, ne s’en offusque le moins du monde. C’est plutôt surprenant pour un américain du crû et poulain d’un éditeur majeur de cette scène. Heya ne paraîtra jamais chez l’Oncle Sam.

Précurseur d’un rock tribal que Redbone a ensuite repris à son compte, le Navajo d’origine qu’est J.J Light (il doit son nom d’artiste au magnat Bob Markley producteur du West Coast Pop Art Experimental Band) revient par la grande porte en 2007, grâce à la réédition du label britannique Sunbeam.

Le LP tant attendu et que personne ne connaît vraiment constitue la trame via ses 11 titres d’origine. Autour de ce qui est l’élément fort de cette réédition remasterisée, les éditeurs brodent une armada de bonus en tous genres pour gonfler l’affaire à 26 chansons : des faces B, des pièces qui auraient dû alimenter un second disque, des alternatives … qui, pour moi, ont moins d’intérêt (certains apports étant même de moindre qualité sur le plan sonore), tout en méritant une écoute.

La plus grande des considérations pour cette version extensible réside surtout dans sa première partie, de Na Ru Ka à On The Road (1/14). C’est là que se concentre toute la substantifique moelle du catalogue de Stallings, que sa voix pleine de fougue et de passion se montre le plus à son avantage, que son écriture brille le plus et que son rock dur s’exprime le mieux.

Comme il bénéficie du soutien de cadors de studios (Larry Knechtel, Earl Palmer, Joe Osbourne, Jim Gordon, Ron Morgan, Gary Rowles), il ne surprendra personne de voir cet album (je parle du Heya de 1969) se positionner à une note de 4/4,5.

Na Ru Ka, Hey Yo Hanna Wa et Heya proposent de surprenantes et intéressantes influences ethniques qui apportent un vent de fraîcheur au rock.

Silently Sleeping a du Dylan sous le capot. It’s Wednesday, Gallup New Mexico, Until It Snows, Indian Dysneyland, Follow Me Girl, Hello Hello Hello figurent également au sommet de cette pyramide discographique.

Heya, dont on peut louer la force et la jouvance, ne méritait pas cette mise à l’écart des siens. La réédition tombe à pic pour redorer le blason d’un disque oublié et d’un artiste dont le parcours solitaire fut pour le moins concis. On sait maintenant que c’est à regret (RAZOR©).

 

1. Na Ru Ka.
2. Silently Sleeping.
3. Follow Me Girl.
4. It's Wednesday.
5. Until It Snows.
6. The Electric Land Band.
7. Hello, Hello, Hello.
8. Heya.
9. While the World Turns to Stone.
10. Henry Glover.
11. Hey Yo Hanna Wa.
12. Indian
Disneyland.
13. Gallup, New Mexico.
14. On the Road Now.

Bonus.

15. Low Rider Rule.
16. Running Bear.
17. Rose Marie.
18. A Thousand Years Old.
19. Love Is Not a Game.
20. Power to the People.
21. Kent State Massacre.
22. Christine.
23. Don't We All Get Lonely Sometimes?.
24. Have You Seen My Baby?.
25. Stuck in Prison.
26. Heya.


Jim Stallings:chant,basse,guitare.
Gary Rowles:guitare.
Ron Morgan:guitare.
Larry Knechtel:piano,orgue.
Joe Osborne:basse.
Jim Gordon:batterie.
Earl Palmer:batterie

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