Jim Capaldi.

BIOGRAPHIE.

JIM CAPALDI/Evesham (Angleterre)

 

Capaldi 1

 

Né Nicola James Capaldi, le 2 août 1944 à Evesham (Worcestershire/Angleterre).

Décédé le 28 janvier 2005 à Londres (Angleterre).

Actif de 1964 à 2004.

Label:Island,RSO,WEA.

Genre:rock,pop,rock progressif,rock psychédélique,soft rock.

Site officiel:jimcapaldi.com

 

Il avait tout d'un grand.

Dans quelques jours, on commémorera les 11 ans de sa disparition. Mort d'un cancer fin janvier 2005 alors qu'il n'a que 60 ans, Jim Capaldi, Nicola James pour l’état civil anglais, a une formation de batteur qui l'a conduit à prendre place derrière les fûts et les cymbales du légendaire Traffic et à être sollicité pour leurs besoins, par les plus grandes stars du rock, les Jimi Hendrix, Eric Clapton, Alvin Lee, George Harrison et j'en passe.

Pendant quarante ans, le nom de Capaldi a brillé dans tous les clubs, tous les festivals tant en qualité de batteur-percussionniste que de chanteur. Qu'il ait été intronisé au Rock And Roll Hall Of Fame avec ses potes de Traffic n'est que juste retour des choses au regard de sa contribution à la musique pop, rock, prog ou psyché. Jim Capaldi était un très grand.

Un musicien précoce.

Précoce, Capaldi, fils d'immigrés italiens, forme son premier groupe à l'âge de 14 ans : les Saphirs ; il en est le chanteur avant de rentrer à l'apprentissage dans une industrie locale où il fait la rencontre de David Mason (1960). Avec ce dernier en rupture de Jaguars, il fonde, en 1963, les Hellions, talentueux groupe de la très belle scène de Worcester, où il hérite du poste de batteur.

Professionnalisée, la formation phare du Flamingo Coffee Bar, en août 1964, répond favorablement à un appel du Star Club de Hambourg disposé à l'engager pour soutenir la modeste chanteuse Tanya Walsall Day. En jouant le jeu, la jeune bande à Capaldi et Mason forge son collectif, travaille ses bases, progresse lentement mais sûrement. Le coup de pouce du destin fait le reste, en ce sens que les Hellions sont amenés à partager le même hôtel que le Spencer Davis Group, emmené par Steve Winwood. Musicalement, les deux formations ont des atomes crochus et l'une comme l'autre ont une solide réputation.

Capaldi 3

Les Hellions comme tremplin.

Dans l'ombre du Spencer Davis Group, déjà une grosse pointure internationale, les Hellions de Capaldi servent de groupe de soutien à des vedettes du moment comme Dave Berry ou Adam Faith, les idoles pop de la jeunesse anglaise d'alors. Fin 1964, les Hellions passent régulièrement au Whisky-A-Go-Go londonien, attirant l'attention du producteur américain Kim Fowley et de Jackie De Shannon, la chanteuse anglaise en vogue, grâce à laquelle ils bénéficient d'un contrat pour Piccadilly Records, filiale de Pye. Fin 1965, alors que le succès commence à pointer le bout de son nez, Jim Capaldi délaisse la batterie pour le chant.

Au départ de Dave Mason, début 1966, Capaldi continue les Hellions mais change le nom en Deep Feeling qui se produit essentiellement dans la région de Birmingham et plus lourd.

Giorgio Gomelsky, manager des Yardbirds, les a dans le collimateur et tient à leur faire enregistrer un album. Hélas, le disque n'accouche que de 5 pistes (sorties en 2008 sous Pretty Colours/Sunbeam Records) et ne peut être bouclé en raison de la décision de Capaldi de rejoindre Dave Mason dans le projet Traffic avec Steve Winwood et Chris Wood, un ancien de Locomotive. Le partenariat de l'écriture Capaldi/Winwood allait alors ouvrir une des plus prestigieuses pages du rock.

La notoriété avec Traffic.

Traffic est fondé au printemps 1967, tuant dans l’œuf par la même occasion le sémillant Spencer Davis Group en cours. Certains critiques de l'époque crient même au sabordage alors qu'il est en pleine bourre avec Gimme Some Loving caracolant en tête des hits. Le montage de Traffic répond à une nouvelle ambition de Winwood après 5 ans passé dans le Spencer Davis Group et se prépare entre la scène du Elbow Room de Birmingham et le cottage isolé d'Aston Tirrold dans le Berkshire, où s'écrit et se répète le nouveau matériel.

Jim Capaldi est à l'origine du nom, inspiré après une soirée à regarder l'intense circulation urbaine. Traffic bénéficie du soutien financier du patron du label Island, le Jamaïcain Chris Blackwell, lequel cherche un groupe ambitieux pour mettre jeune sa maison d'édition discographique sur les bons rails. Avec le populaire Winwood dans les rangs, l'affaire est gagnée d'avance.

Le premier LP de Traffic, Mr Fantasy (décembre 1967), mélange de pop psychédélique, de jazz, de rock et de blues, atteint le but fixé par Blackwell ; il va même au-delà de ses espérances en faisant 16 au Royaume-Uni et 88 aux USA. Le partenariat entre Island et Traffic est reconduit 8 fois derrière ce disque : 6 LP studio (Traffic/1968, Last Exit/1969, John Barleycorn Must Die/1970, The Low Spark Of High Heeled/1971, Shoot Out At The Fantasy Factory/1973, When The Eagles Flies/1974) et 2 live (Welcome To The Canteen/1971 et On The Road/1973). Un album studio, celui de la réunion de Winwood et Capaldi, est fait pour le compte de Virgin, Far From Home, en 1994. Jim Capaldi prend une part très active dans tous les albums de Traffic, aventure qui est mise en sommeil quand Steve Winwood tombe malade.

Jim capaldi dave mason

«  Jim et moi avons eu des groupes ensemble quand nous étions jeunes. Nous n'étions, géographiquement parlant, pas très éloignés l'un de l'autre, ce qui a facilité les choses. Tous deux étions également de grands fans de Spencer Davis Group. Steve Winwood en faisait partie et, à partir d'une rencontre dans un club, nous avons commencé à traîner ensemble. Comme Steve voulait faire quelque chose de nouveau, Jim et moi avons accepté de le suivre. Ce fut la naissance de Traffic. » (Dave Mason)

Un beau parcours solo.

Jim Capaldi saute sur l'occasion pour enregistrer aux Muscle Shoals Sound Studios de Sheffield (Alabama) son premier album solo au début de l'année 1972. Oh How We Danced est réalisé dans l'intervalle temps situé entre John Barleycorn Must Die (1970) et The Low Spark Of High Heeled (1971), disque sur lequel il reprend du service au chant sur des titres de sa composition, Light Up Or Leave Me Alone ou en co-écriture, Rock & Roll Stew.

Si Oh How We Danced, édité par Island, marque un parallèle avec ce que propose le collectif Traffic à son démarrage, il n'en est pas moins différent et surtout très probant. Il bénéficie du soutien des fidèles Dave Mason et Steve Winwood, de celui plus surprenant de Paul Kossoff (Free) et a le privilège de jouir de la section musicale des lieux (Barry Beckett, David Hood, Roger Hawkins et Jimmy Johnson). L'accueil favorable de la presse et du public fait à ce premier jet motive la poursuite de son parcours en solitaire.

Il se concrétise par un nouvel album, en 1974 (Island), nommé Whale Meat Again, réalisé alors que Traffic lâche ses premiers râles après que la tournée internationale de 1973 l'ait mis sur les rotules. Il est à nouveau enregistré à Sheffield et dans les mêmes conditions, à nouveau bien accueilli par la critique bien que n'étant pas couronné de succès dans les bacs. Pourtant Capaldi s'y montre aussi bon auteur-compositeur qu’interprète.

Capaldi love hurts

Jim capaldi short cut

Le pic de sa carrière individuelle.

En décembre 1975, il publie Short Cut Draw Blood (Island). Avec ce troisième LP, Capaldi franchit un cap. Désormais libéré de l’étreinte de Traffic, il se donne à 100% pour ce travail considéré comme le meilleur de sa carrière. Milieu professionnel, presse et public sont unanimes autour de Short Cut Draw Blood.

Ce disque dans lequel il traite aussi bien de la drogue que de l'environnement ou où il taille un costume aux politiques corrompus, est musicalement varié et beaucoup de fans y trouvent matière à les satisfaire.

L'artiste livre une prestation remarquable sur Love Hurts que Nazareth, dans une version plus rock, a placé dans le top 10 aux Etats-Unis. Capaldi fait mieux : 4ème des charts en novembre 1975, mais au Royaume-Uni. Il y reste 11 semaines.

Dans le même temps qu'il prépare son nouvel album, Jim contribue à celui de Steve Winwood, éponyme de 1977, et attendu désespérément par le public depuis 10 ans. Cette publication appuyée fortement par Island, label commun aux deux ex-Traffic, détourne-t-elle les supporters de Capaldi vers Winwood ?

Tout le laisse penser car l'album initialement prévu, Play It By Ear, ne sera pas publié. Son enregistrement traîne en longueur et la priorité d'island semble s'être portée ailleurs. Au final, il est annulé ; les relations se tendent entre Blackwell et Capaldi. La rupture est inévitable.

Un coup de moins bien.

Son retour discographique se fait deux ans plus tard pour l'étiquette RSO, Robert Stigwood Organisation, créée en 1973 et qui, outre Clapton, s'est faire la spécialiste des B.O de films. C'est justement sur ce créneau que se positionne The Contender (1978), dont la version réorganisée pour les States est The Daughter Of The Night. Produit dans un esprit disco, il est très commercial et a son public. Pas celui des fans de Traffic cependant, moins demandeurs.

RSO l'encourage dans cette voie, aussi il n'est pas surprenant qu'Electric Nights (1979) soit dans la même veine que son devancier, même si le rock anime encore Capaldi. Il n'est cependant pas le plus intéressant de ses albums.

Dès le début des 80's, son catalogue s'enrichit de 5 nouveaux disques studio moins disco : The Sweet Smell Of... Success/1980 et Let The Thunder Cry/1981, Fierce Heart (1983), One Mission Man (1984) et Some Came Running (1988), 11ème LP studio qui marque la fin de carrière solo de Capaldi.

Il préfère se consacrer alors au rôle de parolier et à celui de collaborateur sur les disques de ses confrères de la profession.

Retour gagnant.

Il fait ainsi le bonheur de Winwood (One And Only Man) qui se place à la 18ème place du Billboard 100 et y reste deux semaines, de Bob Marley pour lequel il écrit This Is Reggae Music, de Santana et de bien d'autres encore avant de s'offrir le plaisir de réactiver Traffic en 1993 et de s'engager avec lui dans une double tournée britannique et américaine, en soutien du nouvel album Far From Home (1994), 20 ans après When The Eagle Flies. En se positionnant au 29ème rang des classements U.K, Far From Home renoue avec les chiffres élogieux ayant ponctué le disque le plus vendu de Traffic, John Barleycorn Must Die.

La fin du 20ème siècle (1998) l'amène à tourner aux Etats-Unis avec Dave Mason. Quelques mois avant sa mort, il publie un ultime LP, Poor Boy Blue. Capaldi s'y montre toujours aussi inspiré, dynamique et digne. Rien ne laisse supposer alors que le cancer le ronge et que la mort va refermer sur lui le livre bien rempli d'un artiste passionnant et désormais culte, comme en attestent les hommages qu'il a depuis reçus des plus grands du rock. Ciao l'artista (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE TRAFFIC 60'S/70'S

LP Studio 1 - 1967

 

Traffic mr fantasy

 

TRAFFIC

MR FANTASY – 1967 4,5/5

 

Publié en 1967.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:33:54.

Label:Island.

Genre:rock,rock psychédélique.

 

Un petit régal.

 

Mr Fantasy (en écoute intégrale ici) ouvre le catalogue de Traffic. Sorti en 1967, année psychédélique par excellence au cours de laquelle le groupe anglais, comme beaucoup d’autres formations, y va de son album. A année psychédélique, album psychédélique, cela tombe sous le sens. Celui que nous concocte Traffic pour tenter de faire aussi bien que la norme ambiante du genre, le Sergent Peppers des Beatles, est également un petit régal.

En pluri-instrumentistes émérites qu’ils sont, les membres de Traffic expérimentent ici une palanquée d’instruments qui dotent le LP d’une atmosphère flower power très agréable. Mr Fantasy fleure bon le patchouli et les herbes qui décoiffent.

Subtil mélange de rock, de blues et de jazz, il s’appuie essentiellement sur un répertoire issu du tandem en chef de l’écriture, Jim Capaldi et Steve Winwood. Capaldi pour les textes, Winwood pour la musique. Cependant, ce sont les titres créés par Dave Mason qui se montrent les plus psychédéliques du lot : Utterly Simple, Hope I Never Find Me There et surtout le baroque House For Everyone sont très accrocheurs.

Dear Mr Fantasy et Coloured Rain se situent dans des ambiances différentes, soul pour le premier, plus jazz-rock pour le second, comme le final Giving To You, tandis qu’Heaven Is Your Mind tire vers le pop-psychédélique, Dealer vers l’Espagne et Berkshire Poppies vers le music hall. C’est donc la variété qui prédomine sur ce disque très sympathique et pour le moins réussi, même si on a parfois l’impression d’un gros foutoir dans le répertoire. En fait, Traffic garde toujours le contrôle de la situation, aidé en cela par la production très efficace de Jimmy Miller. A noter aussi la belle ballade No Face No Name No Number avec un Steve Winwood craquant au chant. Cet album est bien de son époque. Aucun doute là-dessus (RAZOR©).

 

1. Heaven Is in Your Mind.

2. Berkshire Poppies.

3. House for Everyone.

4. No Face, No Name, No Number.

5. Dear Mr. Fantasy.

6. Dealer.

7. Utterly Simple.

8. Coloured Rain.

9. Hope I Never Find Me There.

10. Giving to You.

 

Jim Capaldi :batterie,percussions,chant.

Dave Mason:guitare,mellotron,sitar,tambura,shakkai,basse,chœurs.

Steve Winwood:orgue,guitare,basse,piano,clavecin,percussions,chant,arrangements.

Chris Wood:flûte,saxophone,orgue,percussions,choeurs.

LP Studio 2 - 1968

 

Traffic lp 1969

 

TRAFFIC

TRAFFIC – 1968  3,5/5

 

Publié en octobre 1968.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:40:24.

Label:Island.

Genre:rock,folk rock,jazz fusion.

 

Une sensation étrange.

 

Mr Fantasy fut bon, même très bon. Pour enfoncer le clou, renforcer une crédibilité installée des deux côtés de l’Atlantique et prouver qu’il a bien fait de saborder un Spencer Davis Group au sommet de sa popularité au détriment de Traffic, pour lequel il a réuni des multi-instrumentistes avertis et sur la même longueur d’ondes artistique que lui, Steve Winwood mobilise ses partenaires autour du projet Traffic (en écoute intégrale ici), deuxième levée discographique du catalogue.

Sorti à la fin de l’année 1968, le rock psychédélique de Mr Fantasy s’efface au profit d’un mélange de rock, de soul, de psyché et de jazz, une sorte d’acid-jazz en fait. Si Winwood, son orgue et sa voix, tiennent le haut du pavé ici, il n’en limite pas pour autant l’implication de ses collaborateurs parmi lesquels Dave Mason, pourtant parti juste après Mr Fantasy au motif que la balance de l’écriture penche trop en faveur du duo Capaldi/Winwood. Il s’estime un peu le laissé-pour-compte de Traffic, ce à quoi le tandem lui accorde la priorité scripturale de cet album.

5 des 10 titres sont de Mason : l’ouvreur pop-rock effervescent et groovy You Can All Join In, la ballade Don’t Be Sad, Feelin’ Alright, Vagabond Virgin en collaboration avec Capaldi et Cryin’ To Be Heard. En alternance avec ses titres, le répertoire privilégie dans la même proportion les morceaux du tandem maison Capadi/Winwood. Un coup toi, un coup nous.

J’avoue que ces sautes me gênent et je reconnais avoir une préférence pour la dot de Mason qui donnent plus de profondeur au disque, trouvant l’apport du duo moins inspiré et surtout moins entraînant, ce qui ne veut pas dire mauvais. Rien ne l’est ici dans un album qui dont une bonne moitié des titres alimente généralement les best of ou compil’ de Traffic : You Can All Join In, le bluesy Pearly Queen, le soul Who Knows What Tomorrow May Bring, Feelin’ Alright popularisé pat Joe Cocker et Cryin’ To Be Heard.

Mais cette alternance entre Mason, d’un côté, Capaldi/Winwood, de l’autre, empêche de s’installer vraiment dans le disque et nuit à son rendement. Chez moi, en tout cas, il suscite une impression étrange. Ni rééllement convaincant, ni franchement détestable.

Quoi qu’il en soit et c’est suffisamment rare à cette époque pour ne pas mettre le doigt dessus, Traffic, l’album, ne recense que des titres originaux. Encore dans l’esprit du flower power, ce deuxième LP n’est pas mon préféré, pour les raisons évoquées précédemment. D’autres y trouvent leur compte. C’est donc selon ; chacun voit midi à sa porte (RAZOR©).

 

1. You Can All Join In.

2. Pearly Queen.

3. Don't Be Sad.

4. Who Knows What Tomorrow May Bring.

5. Feelin' Alright.

6. Vagabond Virgin.

7. Forty Thousand Headmen.

8. Cryin' to Be Heard.

9. No Time to Live.

10. Means to an End.

 

Jim Capaldi:batterie,percussions,chœurs.

Dave Mason:guitare,basse,sitar,orgue,chant.

Steve Winwood:claviers,guitare,basse,chant.

Chris Wood:flûte,saxophone,percussions.

LP hybride Studio 3/live - 1969

 

Traffic last exit

 

TRAFFIC

LAST EXIT – 1969  2/5

 

Publié en mai 1969.

Produit par Jimmy Miller.

Durée:34:28.

Label:Island,United Artists.

Genre:rock,rock progressif.

 

Du bricolage mercantile.

 

Steve Winwood a dissous Traffic pour rejoindre ce qui sera l’éphémère Blind Faith, partagé avec Eric Clapton. Pour des raisons contractuelles et commerciales, Island, la maison de disques, cherche à rentabiliser le phénomène Traffic par la sortie de ce Last Exit (en écoute intégrale ici) de mai 1969, Traffic étant, avant sa mise en sommeil, sur une trajectoire ascendante, fort de deux albums très appréciés des fans : les flower power Mr Fantasy et l’éponyme Traffic.

Pour ce, la maison Blackwell assemble, dans la hâte, une suite de titres, piochés à gauche et à droite pour un résultat médiocre et largement en deçà des attentes des fans.

La collecte se concentre essentiellement sur des morceaux tirés de la production originale de Traffic, des singles de 1968, de faces B. Bref, l’album racle les fonds de tiroirs et n’est, en aucun cas, révélateur de qualité de Traffic et de son début de parcours tonitruant.

Très inégal, il se limite, à mon sens, aux seuls Noodle Factory Shangai et à Medicated Goo, placés dans sa première partie. La deuxième est accordée à deux morceaux live (enregistrés au Fillmore West de Frisco), chiants, aux impros interminables et au son détestable. Qui plus est, Mason n’étant pas présent (il avait déjà quitté le groupe), ça sonne vachement le creux.

Voilà, rien d’autre à rajouter sinon que les fans se rueront dessus, comme c’est de coutume, car il n’a d’intérêt que son aspect historique. Pas les autres, car c’est vraiment à court de munitions. D’autant plus que les deux faits saillants se retrouvent sur les best of et meilleures compils du groupe. Ce disque est insignifiant ; c’est vous qui voyez, vous êtes prévenus (RAZOR©).

 

1. Just for You.

2. Shanghai Noodle Factory.

3. Something's Got a Hold of My Toe.

4. Withering Tree.

5. Medicated Goo.

6. Feelin' Good (live).

7. Blind Man (live).

 

Steve Winwood:guitare,claviers,chant.

Dave Mason:guitare,chant.

Jim Capaldi:batterie,percussions,chant.

Chris Wood:flûte,claviers

LP Studio 4 - 1970

 

Traffic john barleycorn

 

TRAFFIC

JOHN BARLEYCORN MUST DIE – 1970  5/5

 

Publié en juillet 1970.

Produit par Chris Blackwell,Steve Winwood,Guy Stevens.

Durée:35:06.

Label:Island (U.K),United Artists (U.S.A).

 

A la hauteur du talent de son homme-orchestre.

 

C’est l’album de Traffic qui a figuré le plus haut dans les charts (N°5 Bilboard). Disque d’or, John Barleycorn Must Die (en écoute intégrale ici) est, à l’origine, un album solo de Steve Winwood (Mad Shadows), de retour de sa très courte implication dans Blind Faith, projet avec Eric Clapton qui a vite capoté (un seul album mais un indispensable).

Depuis plus d’un an, et avant le départ de Winwood avec le God, Traffic a bel et bien cessé d’exister. Pour ce projet en solitaire, Winwood, revenu aux affaires, veut tout assumer seul de A à Z. Il déchante bien vite et bat le rappel des anciens de Traffic, Jim Capaldi et Chris Wood. Pas de Mason, resté aux Etats-Unis.

Un 3ème LP studio apparaît en juillet 1970 au crédit de Traffic et fait suite chronologiquement, à Last Exit n’entrant pas dans la catégorie studio pour n’être qu’une arnaque d’Island pour thésauriser sur le nom pendant le break.

L’approche voulue pour John Barleycorn Must Die est toute autre que les disques précédents. Traffic étire ses titres et pas moins de quatre morceaux dépassent les 6 minutes, les quatre minutes pour les deux autres. Le style est cantonné dans des influences de blues et de jazz et bénéficie d’une touche folk.

Très grand disque, il est une référence musicale de la formation britannique et caractéristique de ce qu’elle aurait toujours dû faire. Doté d’un son superbe, John Barleycorn Must Die ne présente aucune faille et c’est tout à l’honneur de son initiateur et catalyseur, le touche à tout instrumental Steve Winwood qui, rappelons le à 22 ans à l’époque des faits. C’est ahurissant, d’autant plus d’être inspiré, il signe des prestations exceptionnelles derrières ses touches et au chant (Stranger To Himself).

L’enjoué Glad, par exemple, instrumental jazzy d’ouverture, met le clavier glorieux de Winwood sur le devant de la scène, aidé en cela par les apports délicieux de Wood au sax et à la flûte. La flûte et le piano sont au registre du délicieux Freedom Rider tandis qu’Empty Pages, un bon rock soutenu par les claviers de Steve, révèle un style d’écriture proche du Winwood façon Blind Faith.

Les introspectifs Stranger To Himself (pop/soul) et le bluesy Every Mother’s Son sont les deux titres préalables à la réunion du groupe pour cet album. Si j’aime le premier, j’ai moins d’affinités avec le second, en raison de son solo d’orgue un peu fade.

J’ai gardé pour la fin le must de cet opus : sa chanson titre, très beau moment, puisée dans le folk traditionnel médiéval écossais et portée avec bonheur par la flûte et la guitare acoustique, soutenue par de belles harmonies de voix (le duo Capaldi/Winwood). Cette ballade est simple mais redoutable de délicatesse. Tout comme l’est son homologue, la triste John Barleycorn, ancienne chanson traditionnelle celte du XVème siècle.

Vous tenez là un des meilleurs disques de l’année 70 ; assurément le meilleur que le groupe ait réalisé. Dire que je vous le recommande est un euphémisme, vous vous en seriez douté… (RAZOR©).

 

1. Glad.

2. Freedom Rider.

3. Empty Pages.

4. Stranger To Himself.

5. John Barleycorn.

6. Every Mother's Son.

 

Chris Wood:flûte,saxophone,saxophone électrique,orgue,percussions.

Steve Winwood:chant,guitare acoustique,piano,piano électrique,orgue, guitare basse,percussions.

Jim Capaldi:chant,batterie,tambourin,percussions.

LP Live - 1971

 

Traffic welcome to the canteen

 

TRAFFIC

WELCOME TO THE CANTEEN – 1971  3/5

 

Publié en septembre 1971.

Durée:39:21.

Label:Island,United Artists.

Genre:rock progressif,jazz-fusion.

 

Un ersatz de live.

 

Welcome To The Canteen (en écoute intégrale ici), enregistré à Londres en 1971, s’inscrit dans la continuité chronologique de John Barleycorn Must Die. Parti en tournée pour promouvoir ce très bon album, Traffic ne puise pas pour autant dans la substantifique moelle du LP de la réunion pour alimenter Welcome To The Canteen de 1971. Pour des raisons contractuelles, bien évidemment.

Welcome To The Canteen est un live, mais un live pas très emballant, même s’il demeure un des disques les plus populaires de Traffic qui, pour l’occasion, voit ses rangs se grossir avec les arrivées de Rick Grech, ramené de l’expérience Blind Faith avec Clapton, de Jim Gordon, également de l’entourage du guitariste pour avoir été de Derek And The Dominos. Jim Gordon est, rappelons-le, co-auteur de Layla avec Slowhand. Derniers larrons à venir gonfler l’effectif : le percussionniste Rebop Kwaku Baah (Dizzy Gillespie) et… Dave Mason qui fait l’accordéon entre l’Angleterre et les Etats-Unis, entre Traffic et ses projets personnels.

Quelle est la finalité première de ce disque ? D’abord mettre à jour son compteur discographique vis-à-vis de l’éditeur. Comme Traffic n’a pas de live à son crédit, Welcome To The Canteen se pose là pour satisfaire les fans.

Deuxièmement, le choix des titres s’avère surprenant et ne répond pas à un disque supposé faire la promotion de John Barleycorn Must Die puisqu’il ne reprend aucune chanson de cet album. Il s’appuie pour 50% sur deux titres de Dave Mason, Sad And Deep As You et Shouldn’t Have Took More Than You Gave, et sur un morceau datant de l’époque du Spencer Davis Group, Gimme Some Lovin’. Le reste consiste en des reprises d’albums antérieurs de Traffic. Certains tirent même abusivement en longueur (Fory Thousand Headmen) et en deviennent d’une monotonie crasse quand la cacophonie s’invite (Gimme Some Lovin’). Même Dear Mr Fantasy boite bas.

Tirent leur épingle du jeu, le sympathique et léger titre pop Medicated Goo et les titres joués par, et de, Dave Mason comme la ballade triste Sad And Deep As You et Shouldn’t Have Took More Than You Gave.

Il ne ressort pas grand-chose de cet opus attribué à la collégialité active de Welcome To The Canteen. Sa non affectation officielle au catalogue de Traffic (la pochette reprend les individualités présentes mais ne mentionne pas Traffic) est un signe supplémentaire que quelque chose cloche ici. Quelque chose qui m’échappe et qui ont nourri jusqu’ici mon désintérêt total pour cet album décousu, passable, faible sur le plan sonore. Un live pour faire suite au travail très concluant de John Barleycorn eut été plus judicieux, mais pas cet ersatz (RAZOR©).

 

1. Medicated Goo.

2. Sad and Deep as You.

3. Forty Thousand Headmen.

4. Shouldn't Have Took More Than You Gave.

5. Dear Mr. Fantasy.

6. Gimme Some Lovin'.

 

Steve Winwood:chant,orgue,piano électrique,guitare.

Chris Wood:saxophone,flûte,piano électrique,orgue.

Jim Capaldi:batterie,choeurs.

Dave Mason:chœurs,lead guitare,guitare acoustique.

Jim Gordon:batterie.

Rebop Kwaku Baah:congas,timbales,bongos.

Ric Grech:basse.

LP Studio 5 - 1971

 

Traffic the low spark

 

TRAFFIC

THE LOW SPARK OF HIGH HEELED BOYS – 1971  5/5 

 

Publié en novembre 1971.

Produit par Steve Winwood.

Durée:41:05.

Label:Island.

Genre:rock progressif,jazz-fusion.

 

Fluidité et subtilité. 

 

Nickel-chrome ! Autorisez-moi le vocabulaire de la contemporanéité pour dire tout le bien que je pense de ce disque d’hier. Nous, on disait bat’ mais sur le fond, ça ne change absolument rien : The Low Spark Of High Heeled Boys (en écoute intégrale ici) de la fin de l’année 1971, est une petite régalade confondue de rock prog, de jazz, de funky et de pop.

Dans le genre studio, ce LP est le deuxième à créditer au groupe de la reformation, après le monumental John Barleycorn Must Die. Au trio nouvellement reformé (Winwood, Capaldi et Wood) viennent se greffer Ric Grech, un vrai bassiste de formation (Family, Blind Faith) assurant désormais les parties jusqu’alors jouées par Winwood depuis son clavier, un percussionniste sud-africain virtuose, Rebop Kwaku Baah, et un batteur de métier, Jim Gordon (Derek & The Dominos), amenant Capaldi à lâcher la batterie pour mieux se consacrer au chant. Ces arrivées et cette redistribution des rôles influent sur le son du groupe qui, pour le coup, dispose d’une rythmique exceptionnelle et se détourne de la soul pour laquelle il est également apprécié.

Partant de là, l’album en question divise les fans. Ceux de la première heure vont casser du Low Spark ; la nouvelle vague arrivée dans le sillage de Barleycorn applaudit des deux mains et rejoint en cela les admirateurs qui l’ont porté aux disques d’or et de platine, essentiellement américains terre sur laquelle Traffic a toujours été en odeur de sainteté.

J’éprouve énormément de sympathie pour ce travail raffiné, fluide, subtil et dynamique, aux belles et solides impros et au son délicieux. Les arguments à verser en sa faveur se situent principalement au niveau de Rainmaker, merveille de musique pastorale signée Capaldi/Wood, d’Hidden Treasure, un petit bijou d’acoustique sur lequel serpente la flûte de Wood (c’est le morceau le plus court), du morceau titre de près de 12 minutes, rock jazzy au riff de piano caractéristique, de l’humoristique Light Up Or Leave Me Alone de, et chanté par Capaldi, passé et repassé sur les ondes et dans les clubs dans les années 80, de l’effervescent Rock & Roll Stew (Grech/Gordon), de Many A Mile To Freedom qui possède une douceur merveilleuse.

Lentement mais sûrement, ce disque opère sur l’auditeur et notamment ses splendides lignes de flûte et de sax. C’est très agréable, d’où ma grande sympathie pour ce travail subtilement lissé, délicieusement lancinant, presque paresseux, un des meilleurs que Traffic ait fourni (RAZOR©).

 

1. Hidden Treasure.

2. The Low Spark of High Heeled Boys.

3. Light Up or Leave Me Alone.

4. Rock & Roll Stew.

5. Many a Mile to Freedom.

6. Rainmaker.

 

Steve Winwood:chant,guitare,piano,orgue.

Chris Wood:saxophone,flûte.

Jim Capaldi:chant,percussions.

Ric Grech:basse,violon.

Jim Gordon:batterie.

Rebop Kwaku Baah:percussions.

LP Studio 6 - 1973

 

Traffic shoot out

 

TRAFFIC

SHOOT OUT AT THE FANTASY FACTORY – 1973  2,5/5

 

Publié en février 1973.

Produit par Steve Winwood.

Durée:39:18.

Label:Island.

Genre:rock progressif,jazz-fusion.

 

Faiblard, à court d’idées, et digne de peu d’intérêt.

 

Pour Grech et Gordon, le binôme de la belle rythmique de l’album précédent The Low Spark Of High Heeled Boys (1971), la collaboration avec Traffic a pris fin. Traffic se resserre autour de sa base légendaire, Steve Winwood, Jim Capaldi et Chris Wood et oriente son recrutement vers deux américains et pas des moindres, le bassiste David Hood pour remplacer Grech, et Roger Hawkins pour suppléer Gordon.

Les nouveaux venus, que Jim Capaldi a préalablement sollicités pour l’enregistrement de son premier album solo (Oh How We Dance/1972), ont pour eux d’avoir fondé et donc pris part à la célèbre Muscle Shoals Rhythm Section alabamienne, les célèbres Swampers (Barry Beckett, Roger Hawkins, David Hood et Jimmy Johnson) ; ce backing band est à l’origine créé pour travailler pour le compte des studios Fame de Rick Hall.

Traffic a le privilège en 1972 et pour la sortie de Shoot Out At The Fantasy Factory (en écoute intégrale ici), de pouvoir disposer, à temps plein, de 50% de cette mythique unité, qui a transformé le son du rock et qu’une flopée d’artistes a sollicitée durant toute la décennie. A y regarder de plus près, le 50% restant n’est pas très loin puisqu’il apparaît, ponctuellement lui, à titre de musiciens additionnels de Shoot Out At The Fantasy Factory. J’entends par là Barry Beckett et Jimmy Johnson. 

Enregistré en Jamaïque (Strawberry Hill Studios) et publié au début de l’année 1973, l’album réunit donc un groupe de 6 acteurs à l’esprit désormais carrément tourné vers les Etats-Unis.

Le sixième LP studio de Traffic se place dans un registre jazzy boudé par les britanniques mais apprécié des ricains ; les titres s’allongent, pas toujours avec bonheur, la faute à une écriture moins inspirée, le duo en charge de ce poste s’y montrant moins à l’aise ici. Traffic est sur le reculoir mais continue à séduire. Commercialement considéré, la bande à Winwood s’offre un petit supplément de popularité, sans toutefois révéler ici beaucoup d’originalité, de force et d’intérêt, hormis cet apport des Swampers.

Traffic devient moins attrayant ; ceux qui ont embarqué à bord du train à la station de départ peuvent soupeser à quel point Traffic se liquéfie. Les autres, ceux qui ont pris le train en marche, jugeront cela décent et pourront, à la rigueur, mais je ne vois pas où et quoi, apprécier un contenu très limité de seulement 5 titres, étirés pour masquer leurs insuffisances et le manque d’inspiration flagrant qui les affecte. Le morceau final (Sometimes I Feel So) Uninspired est en ce sens révélateur de tout ce qui précède. Ne tournons pas autour du pot, c’est un Traffic faiblard qu’il nous est donné d’entendre ici.

En ce qui me concerne, cet album s’écoute uniquement pour la chanson titre (et encore) et, à un degré moindre, pour Evening Blue. Parce que en ce qui concerne le reste, mon Dieu que c’est pauvre. Avec When The Eagle Flies de 1974, c’est certainement la plus catastrophique des galettes de Traffic. Le déclin est annoncé (RAZOR©).

 

1. Shoot Out at the Fantasy Factory.

2. Roll Right Stones.

3. Evening Blue.

4. Tragic Magic.

5. (Sometimes I Feel So) Uninspired.

 

Steve Winwood:chant,guitare,piano,orgue.

Chris Wood:saxophone,flûte.

Jim Capaldi:percussions,choeurs sur 2.

David Hood:basse.

Roger Hawkins:batterie.

Rebop:percussions.

Barry Beckett:claviers sur 4.

Jimmy Johnson:clarinette sur 4.

LP Studio 7 - 1974

 

Traffic when the eagle flies

 

TRAFFIC

WHEN THE EAGLE FLIES – 1974  2,5/5

 

Publié en septembre 1974.

Produit par Chris Blackwell.

Durée:39:45.

Label:Island.

Genre:rock,rock progressif.

 

Sortie ratée.

 

Traffic a beau être le groupe ayant révélé à la face du monde tout le talent et l’originalité de Steve Winwood, son initiateur, il n’en traine pas moins derrière lui quelques belles casseroles dispensables dont When The Eagle Flies (en écoute intégrale ici) est la démonstration tangible.

Dernier jalon des 70’s, tombant dans les bacs en septembre 1974 après le déjà insignifiant et peu inspiré Shoot Out At The Factory Fantasy (1973), When The Eagles Flies est le genre de disques qui n’incite pas à fédérer autour du nom de Traffic, pourtant une référence de la place rock. Avouez que c’est ballot au regard de la richesse de son catalogue.

Ce disque très décevant, s’il n’est pas le dernier du groupe puisque Traffic se reforme en 1994 pour un neuvième LP studio, il est celui qui achève l’ère dite dorée des anglais, l’ultime des 70’s. Pour ce que la formation a apporté au rock, il est désolant que l’atterrissage se fasse hors piste. J’ai beau l’écouter, le réécouter, c’est globalement passable. A peine moyen, voire indécent. En tous cas, indigne de son statut.

A part l’épique Dream Gerrard qui offre 11 belles minutes d’impros et Walking In The Wind, le reste de l’album est fait au frein à main. De surcroît, c’est hyper mal produit. When The Eagle Flies compte parmi les disques sur lesquels je me suis le plus fait chier. Qu’on ne vienne pas me dire que la matière est riche et inspirée. Quant à certains qui voient en ce LP une œuvre d’art… Si, si, je n’invente rien : une œuvre d’art. J’invite ces personnes à passer chez Afflelou, la deuxième paire est à 1 euros ou chez Phonak, leur sonotone doit être débranché ou niqué. Ca, une œuvre d’art ? Où place-t-on l’art, je me le demande ?

Honnêtement, j’attendais autre chose de ce disque, quoi que la faiblesse déjà criarde de son prédécesseur et la baisse de régime constatée depuis The Low Spark Of High Heeled Boys sont d’excellents  indicateurs de l’état des troupes de la reformation.

Dire que leur carrière si enrichissante s’arrête sur ce raté, c’est regrettable. Difficile dans ce contexte d’y voir un seul grand titre, alors pour l’œuvre d’art, vous repasserez mon cher, même si je vous laisse l’entière responsabilité de votre jugement. Quand ce n’est pas bon, il ne faut pas chercher à édulcorer le tableau sous prétexte que l’on est fan. Il faut le dire ; il n’est que ceux qui ne font rien qui ne se trompent jamais. Et des belles choses, Traffic en a réalisées. (RAZOR©).

 

1. Something New.

2. Dream Gerrard.

3. Graveyard People.

4. Walking in the Wind.

5. Memories of a Rock N' Rolla.

6. Love.

7. When the Eagle Flies.

 

Steve Winwood:chant,orgue,guitare,piano,Mellotron.

Chris Wood:flûte,saxophone.

Jim Capaldi:batterie,percussions,claviers,chant.

Rosko Gee:basse.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 3 - 1975

 

Jim capaldi short cut

 

JIM CAPALDI

SHORT CUT DRAW BLOOD – 1975 4,5/5

 

Publié en décembre 1975.

Produit par Steve Smith,Chris Blackwell,Jim Capaldi.

Durée:44:06.

Label:Island.

Genre:rock.

 

S’il en est un, c’est celui-ci.

 

Island Records prête son cadre à Short Cut Draw Blood (en écoute intégrale ici), troisième LP solo de Jim Capaldi sorti en 1975, et certainement le meilleur d’une carrière en solitaire débutée trois ans auparavant et menée en parallèle avec son implication comme batteur, percussionniste et chanteur dans Traffic.

Un an avant la publication de ce disque, en 1974, le britannique Nicolas James Capaldi, dit Jim, membre co-fondateur de cette prestigieuse formation avec Steve Winwood, s’en sépare pour s’investir dans une voie artistique plus personnelle.

S’il marque une étape majeure dans le parcours individuel de l’artiste, il n’en scelle pas moins une rupture définitive avec un groupe de fusion culte qui est alors sur le déclin, miné par les frasques auto-destructrices croissantes du flûtiste-saxophoniste jazzy Chris Wood (l’inoubliable John Barleycom Must Die, c’était lui), auquel l'auteur de Short Cut Draw Blood rend hommage dans l’excellent Boy With A Problem qui figure ici.

Si la collaboration avec Traffic est fructueuse, on ne peut pas en dire autant de son investissement pour son propre compte. Capaldi, parolier et compositeur reconnu (on ne compte plus les chansons qu’il a écrites ou co-signées), aligne au compteur plus d’une douzaine d’albums sur lesquels le rock et la soul planent ; rares sont ceux qui ont connu une issue favorable tant sur le plan artistique que critique et populaire.

Le seul qui échappe à ce désolant constat, à ce bilan décalé pour un baron de son rang, c’est celui que l’on a entre les mains ce jour. La faute à des arrangements souvent un peu justes, dit-on. D’où cette carrière perso en dent de scie et sa tentative de relancer Traffic avec Winwood (1994).

Jim Capaldi, multi-instrumentaliste, doublé d’un excellent chanteur, ami des stars du rock qu’il a accompagnées (Clapton, Marley, Harrison, Santana…) meurt en janvier 2005, d’un cancer (60 ans) sans être parvenu à, artistiquement parlant, redorer son blason personnel. Six mois avant, le Rock Hall Of Fame l’honorait pour l’ensemble de son œuvre. Cette reconnaissance tardive nous incitera donc à être doublement attentif à ce disque de 75, lequel reste son plus joli coup avec son morceau This Is Reggae Music, devenu hymne du genre.

Short Cut Draw Blood est le premier de ses trois premiers disques à avoir eu un retour commercial. Love Hurts (que la version de Nazareth supplantera), reprise up-tempo de Roy Orbinson contribue pour beaucoup à ce coup d’éclat. Il figure en bonne place (N°4) dans les hits de nombreux pays dont les States et le Royaume-Uni.

It’s All Up To You, publié un an avant la sortie du LP, connût un sort quasi identique. Johnny Too Bad est la troisième piste à avoir eu l’honneur des radios FM. A ces titres accrocheurs et dans ce concert éclectique de rock, de soul, de ballades, de reggae et de samba, je leur préfère toutefois la chanson-titre, l’émouvant Goodbye Love, le puissant Boy With A Problem, le festif endiablé Keep On Trying, l’apaisant Seagull et surtout le superbe Living On A Marble. Il y en a pour tous les goûts et c’est ce qui fait la force et l'intérêt de ce disque.

Les potes de Traffic ne sont jamais bien loin, aussi il n’y a rien de surprenant que le gars d’Evesham ait obtenu le soutien des Winwood, Wood (qui illumine Seagull). Sa gentillesse légendaire lui permet de pouvoir compter aussi sur la présence de la section rythmique de Muscle Shoals, ce qui n’est pas rien, ainsi que sur celle de pointures du moment comme Paul Kossoff (Free), comme Chris Spedding, guitariste de studio notoirement apprécié, ou encore comme les percussionnistes Rebop Kwaku Baah et Remi Kabaka. Tout ce parterre tire l’album vers le haut. S’il est une œuvre du regretté Capaldi à posséder, c’est ce troisième jet sorti en 1975. Avis aux amateurs (RAZOR©).

 

1. Goodbye Love.

2. It's All Up To You.

3. Love Hurts.

4. Johnny Too Bad.

5. Short Cut Draw Blood.

6. Living On A Marble.

7. Boy With A Problem.

8. Keep On Trying.

9. Seagull.

 

Jim Capaldi:chant,claviers,batterie.

Steve Winwood:guitare,claviers.

Chris Spedding,Jimmy Johnson,Jess Roden,Paul Kossoff,Pete Carr:guitare.

Peter Yarrow:guitare acoustique.

Ray Allen:saxophone.

Rico Rodriguez:trombone.

Muscle Shoals Horns:cuivres.

Jean Roussel,John "Rabbit" Bundrick,Barry Beckett:claviers.

Gerry Conway,Roger Hawkins:batterie.

Rebop Kwaku Baah,Remi Kabaka:percussions.

Chris Wood:flute.

Phil Chen,Rosko Gee,David Hood:basse.

Harry Robinson:arrangements cordes.

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