Joe Walsh.

BIOGRAPHIE.

 

JOE WALSH/Wichita (Kansas)

 

Joe walsh 1

 

Joseph Fidler Walsh, dit Joe Walsh.

Né le 20 novembre 1947 à Wichita (Kansas).

Actif de 1964 à aujourd’hui.

Label: Asylum,Epic,ABC,Dunhill,Probe,Warner Bros.,Full Moon,Atlantic,MCA,Fantasy,The Orchard.

Genres:rock,hard rock,folk rock,blues rock,country rock,southern rock,electric blues.

Site officiel:joewalsh.com

 

L’homme qui a secoué les Aigles.

La vie de Joe Walsh aurait pu basculer définitivement du mauvais côté le 1er avril 1974, quand, au sortir d’une tournée, il est frappé la mort accidentelle de son bout de chou Kirsten, à un mois de ses trois ans. Cette gamine, qui dort sur le plancher du studio quand papa répète, est la fille de Joe, alors âgé de 27 ans, et de Stefany Walsh, née Rhodes, belle jeune femme brune rencontrée à l’Université de Boston. Le rock bat alors son plein et il en est une des figures marquantes. Un an et demi plus tard, quand il rejoint Eagles (1975), alors déjà très populaire, lui-même affiche un bilan déjà très élogieux, entre James Gang et son parcours professionnel en solo. Malheureusement son mariage ne résiste pas au drame, le couple divorce. A Boulder, où les Walsh vivaient alors, une fontaine commémore cette tragédie.

Le guitariste concourt, grâce au son graveleux dont il le dote alors, à détourner Eagles de son country-rock décontracté. Dès son apparition dans le groupe légendaire, il contribue au phénoménal succès d’Hotel California (1976), un des albums les plus vendus de toute l’histoire du rock.

Joe walsh james gang chris walter photo

James Gang pour débuter.

Avant de toucher du doigt la gloire, Joseph Fidler Walsh, dit Joe Walsh, né au Kansas (Wichita) est de la belle aventure de James Gang, groupe de hard rock originaire de Cleveland dans l’Ohio, créé par Jim Fox. Passé précédemment par les Measles, Joe Walsh intègre James Gang quand le guitariste Glen Schwartz le quitte pour Pacific Gas & Electric (Are You Ready).

Avec James Gang, structure à trois, il prend part à 3 albums studio de très bonne facture : Yer Album (1969), le magnifique Rides Again (1970) avec Dale Peters (basse) et Jim Fox (batterie), la meilleure incarnation du groupe, ainsi que Thirds (1971). Paradoxalement, leur live James Gang in Concert s’avère le moins intéressant. Le groupe étant réputé comme une grosse pointure en public, ne déchaîne pas ici les passions.

James Gang/Photo Chris Walter.

Le bel intermède Barnstorm.

Joe Walsh arrête sa collaboration avec James Gang juste après ce live. Il s’engage alors dans une carrière solo pour laquelle il fonde Barnstorm, unité formée au Colorado et qui réunit, outre Joe Walsh, le batteur Joe Vitale (ancien Measles), Kenny Passarelli (bassiste) dont l’éponyme Barnstorm (1972) est le premier volume discographique. Grand disque.

The Smoker You Drink, The Player You Get (73), son deuxième LP, reconduit  Barnstorm, qui, cette fois, intègre un claviériste, Rock Grace. Ce disque au titre halluciné se révèle encore très bon et moderne. Un titre en émerge : Rocky Mountain Way. Généralement affecté à Walsh, ces deux LP sont ceux d’un groupe à part entière : Barnstorm, qui est dissous après The Smoker You Drink, The Player You Get. L’opus suivant So What (1974) ouvre officiellement la discographie solo de Walsh. 

Joe walsh barnstorm

Il se réalise avec une pléiade d’invités : Dan Fogelberg, un familier de la villa des Walsh à Boulder, Russ Kunkel, J.D Souther ainsi que Glenn Frey,Don Henley et Randy Meissner. Tiens, tiens… des Aigles, comme par hasard. Kenny Passarelli et Joe Vitale sont également du coup, mais plus sous Barnstorm. Sur cet album très introspectif, Joe rend un vibrant et émouvant hommage à son enfant disparue via Emma’s Song. Abattu, plus grand-chose n’a vraiment d’importance pour lui ; il est fatigué de travailler seul.

Joe walsh 2

« James Gang, Barnstorm ou Eagles ont tous été des moments très agréables. Mais le plus mémorable est celui qui a connu le plus de succès : Eagles. Parce que ça a été une belle réussite, c’est celui qui a aussi été le plus agréable. Nous avions la chance de jouer une musique à laquelle beaucoup de gens ont adhéré et de jouer partout sur la planète.» (Joe Walsh)

Les Eagles et Hotel California.

Le sourire, Joe Walsh le retrouve en déménageant pour la Californie et notamment pour  Los Angeles. Après un petit dernier pour la route arpentée en solo, l’acceptable live You Can’t Argue With A Sick Mind de 1976, Joe Walsh est sollicité par le légendaire Eagles dans l'objectif de remplacer Bernie Leadon, pas très intéressé pour poursuivre l’aventure plus loin.

Joe walsh eagles 1

Le kansan saute dans la brèche et se retrouve à l’appel d’Hotel California (1976) dont le morceau-titre de 6 minutes et 30 secondes, dont 2 minutes 10 pour le célèbre solo de guitare, installe Eagles dans le livre d’or du rock. Ce solo, puisque l’occasion m’est donnée de corriger le tir, est généralement et à tort crédité à Joe Walsh ; son auteur est Don Felder, depuis sa guitare à double manche et relayé par Walsh.

Comme le nouvel Eagles bascule alors d’un country-rock laid-back vers un son plus dur et que cette métamorphose se fait avec l’arrivée de Walsh, ce dernier est souvent considéré comme l’interprète du solo.

But Seriously, Folks pour bien finir les 70’s..

Durant son engagement avec Eagles, Joe Walsh n’a pas abandonné pour autant son travail solo. Il le mène de front et profite de la lenteur d’Eagles pour donner une suite à Hotel California pour s’y adonner. The Long Run ne sortant qu’au début de l’automne 1979, Joe Walsh rajoute une ligne supplémentaire à son compteur discographique : But Seriously, Folks, excellent quatrième LP studio personnel, est édité en mai 1978.

Eagles étant en pleine tempête interne, et Joe étant tenu pour responsable des tensions par Don Henley, le groupe californien, succombant comme beaucoup aux drogues et à l’alcool, s’octroie une longue pause dès 1980 qui se prolonge jusqu’en 1994. L’arrêt est prononcé en 1982.

Joe walsh analog man

Analog Man, l’album tant attendu.

Joe Walsh en éprouve énormément de tristesse et de solitude ; il erre alors au point de le retrouver à la fin de la décennie dans un projet d’anciens combattants : le All-Star Band de Ringo Starr. Il sombre dans les excès dont il n’émergera que dans les 90’s. Les retrouvailles d’Eagles au début des années 90 sont sa planche de salut.

Il poursuit alors son parcours en solitaire avec plus ou moins de succès : There Goes The Neighborhood (1981) est encore très bon.

La qualité se fait cependant plus rare. Après avoir réactivé ponctuellement James Gang en 2006, il réapparaît en studio également. Hélas, il faut attendre 2012 et Analog Man, son premier LP en deux décennies, pour que Joe Walsh nous ressorte un album studio digne de ce nom (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE JAMES GANG 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1969

 

James gang yer album 1969

 

JAMES GANG

YER’ ALBUM – 1969  3,5/5

 

Publié le 29 mars 1969.

Produit par Bill Szymczyk.

Durée:49:40.

Label:Bluesway/ABC.

Genre:rock,hard rock.

 

Un bel avenir en perspective.

 

James Gang voit le jour en 1966 à Cleveland. Jimmy Fox (batteur), Tom Kriss (bassiste), Ronnie Silverman (guitariste), Greg Grandillo (guitariste vite remplacé par Dennis Chandler) et Phil Giallombardo (claviériste) en sont les initiateurs.

Par le jeu des chaises musicales, des arrivées et des départs, le groupe, quintet dans son origine devient trio par la force des choses. C’est la désaffection d’un de leurs membres lors d’un concert qui fait qu’ils se retrouvent à trois sur scène.

L’idée est conservée de poursuivre en trio et c’est dans cette configuration que naît Yer Album avec Joe Walsh, Jim Fox et Tom Kriss (publié en 1969), Joe Walsh venant relayer Glen Schwartz.

Yer Album mêle des reprises de Buffalo Springfield comme Bluebird, des Yardbirds de Beck, Dreja, McCarty, Relf et Samwell-Smith (Lost Woman) et de… Mort Shuman (Stop, cosigné avec Jerry Ragovoy), avec des compositions personnelles ou collectives des trois membres.

James Gang nous livre un album varié (vous avez même droit à une Rhapsodie au piano avec Wrapcity In), facile à écouter, parfois un peu exagérément étiré (quatre pistes sur 11 dépassent les six minutes : Bluebird, Lost Woman, Take A Look Around et Stop).

Bien interprété par des musiciens talentueux et adeptes de l’impro, disposant d’une matière honnête, placé dans un registre blues rock, parfois pop et rock progressif, ce premier album (et le seul pour l’excellent Tom Kriss) prédit un bel avenir au James Gang et à Walsh. Tout n’est pas encore parfait, ni bien rôdé, c’est un album de début avec ses imperfections mais aussi les charmes de son époque. Bil Szymczyk est aux manettes, ce qui ne gâche rien. Donc… (RAZOR©).

 

1. Introduction.

2. Take a Look Around.

3. Funk #48.

4. Bluebird.

5. Lost Woman.

6. Stone Rap.

7. Collage.

8. I Don't Have the Time.

9. Wrapcity in English.

10. Fred.

11. Stop.

 

Joe Walsh:chant,guitare,piano,claviers.

Jim Fox:chant,orgue,claviers,batterie.

Tom Kriss:flûte,vibraphone.

Bill Szymczyk:orgue,maracas,tambourin.

Jerry Ragavoy:piano.

Marge,Linda,Ken,Jill,Barry,Crazy Jon:choeurs.

The Seymour Barab Strings

LP Studio 2 - 1970

 

James gang rides again 1970

 

JAMES GANG

RIDES AGAIN – 1970  4/5

 

Publié en juillet 1970.

Produit par Bill Szymczyk.

Durée:35:09.

Label:ABC.

Genre:rock,hard rock.

 

Superbe moment.

                                       

Après un bon premier album (Yer de 1969), James Gang y va d’un second LP, publié un an plus tard : Rides Again (en écoute intégrale ici). Pour l’occurrence, Tom Kriss, son bassiste, est remplacé par Dale Peters. Le groupe évolue donc toujours sous la forme d’un trio. Bill Szymczyk est aux manettes comme sur l’opus précédent.

Rides Again est le meilleur opus de la bande à Joe Walsh avec Thirds, son suivant. Enregistré à Los Angeles est court (35 minutes), il est électrique dans sa phase initiale, plus acoustique dans sa deuxième partie. Il est un excellent disque auquel on réfère prioritairement dès lors que l’on évoque ce trio qui, ici, fait montre de beaucoup de cohésion et de percussion. C’est aussi qui est évoqué pour situer les premières grandes joutes guitaristiques de Joe Walsh.

Le guitariste a alors 22/23 balais quand il entre en studio ; le moins que l’on puisse dire est qu’il tire son épingle du jeu, distillant des riffs d’une belle puissance et des soli inspirés. Rides Again est fervent, les passages rock sont du meilleur tonneau, les plages acoustiques d’une grande douceur ; le paquet est bien ficelé et particulièrement appréciable à écouter.

Les temps forts situent un groupe en évolution par rapport à Yer Album, plus précis, moins brouillon, au son plus calé : l’énergique rock Funk 49 avec beau riff et belle basse, le récréatif instrumental Ashtonpark, The Bomber qui débouche sur un Bolero de Ravel à la guitare, le bon hard blues qu’est Woman.

Dans un genre plus acoustique, plus apaisé, l’affaire, superbement produite, est toute aussi emballante : Garden Gate, There I Go Again (avec Rusty Young à la Pedal Steel) et Thanks, deux belles petites ballades, ainsi que  le mélancolique Ashes The Rain And I. Rides Again offre un superbe moment de détente, dont il serait stupide de se priver. Et en voiture, cheveux au vent, zizique à donf, c’est encore mieux.

 

1. Funk #49.

2. Asshtonpark.

3. Woman.

4. The Bomber:Closet Queen/Boléro/Cast Your Fate to the Wind.

5. Tend My Garden.

6. Garden Gate.

7. There I Go Again.

8. Thanks.

9. Ashes, the Rain and I.

 

Joe Walsh:chant,guitare,claviers.

Dale Peters:choeurs,guitare,percussions.

Jim Fox:chant,orgue,claviers,batterie,percussions.

Rusty Young:steel guitare.

Jack Nitzsche:cordes.

DISCOGRAPHIE BARNSTORM 70'S.

LP Studio 1 - 1972

 

Joe walsh barnstorm 1

 

JOE WALSH

BARNSTORM – 1972  5/5

 

Publié en octobre 1972 (U.S.A),en janvier 1973 (U.K).

Produit par Bill Szymczyk,Joe Walsh.

Durée:37:48.

Label:ABC/Dunhill.

Genre:rock,hard rock,pop rock,blue- rock.

 

Walsh visionnaire.

 

Barnstorm est créé par Joe Walsh après qu’il ait quitté James Gang et opté pour une carrière sous son propre nom. Cette carrière solo, Joe Walsh la veut orientée autour d’un groupe : le sien, autrement dit Barnstorm. Nous sommes en 1972 et Joe réunit, à l’origine, un trio : Joe Vitale (batterie, flûte, claviers), Kenny Passarelli (basse), lui-même assurant la guitare, le chant, les claviers et les compositions.

Walsh, entre 1971 et 1979, a réalisé une série de travaux qui méritent le plus grand respect. L’aboutissement avec Eagles a tendance à beaucoup occulter la richesse de sa production personnelle. La période Barnstorm mérite une grande considération avec ses deux premiers jets, Barnstorm (en écoute intégrale ici) et The Smoker You Drink, The Player You Get (1973). L’autre centre d’intérêt est But Seriously Folks (1979).

Trois LP sont rattachés à son parcours calé sur le créneau 1972/73, les deux cités précédemment et So What (1974). L’audacieux éponyme Barnstorm ouvre le catalogue ; outre les capacités techniques qu’on prête à ce guitariste déroutantt depuis James Gang, Joe Walsh fait valoir ici de belles dispositions pour l’écriture, se positionnant même comme un visionnaire de la musique ici.

Enregistré pour le compte du label ABC/Dunhill, le LP est une grande réussite pour Walsh, un monstre d’inventivité et certainement aussi le plus mélancolique de l’artiste. La plus belle que l’on puisse lui attribuer avec des guitares exceptionnelles, qu’elle soit électrique ou acoustique, des claviers éplorés et lourds, du synthé, de sublimes arrangements, une rythmique remarquable et des mélodies langoureuses et mémorables.

Pour moi, c’est un chef d’œuvre qui laisse l’auditeur sur le cul au terme de l’écoute. Crosby Stills & Nash ne sont pas bien loin sur cet album sorte de une passerelle entre west coast et country-rock, enregistré au Caribou Ranch dans les Rocheuses du Colorado, bien connu pour voir été un lieu d’enregistrement très prisé dans les années 70/80 ; pas de 180 artistes ont fréquenté l’endroit parmi lesquels Stephen Stills, Les Beach Boys, Frank Zappa, Chicago, Billy Joel ou encore Michael Jackson. Elton John réfère à ce lieu dans le titre de son 8ème album de 1974 : Caribou.

Barnstorm n’a pas donné lieu au moindre hit. Encore que Turn The Stone, aux riffs de malade, ait été classé 93 dans les charts, mais pas suite à sa présence dans l’opus éponyme. Il l’a été en 1975 et a été réenregistré pour les besoins de So What.

En vitrine, Branstorm affiche des pièces d’orfèvrerie : Mother Says, Here We Go ou encore Coming Down. Mais le magasin regorge d’un lot de sublimes pièces comme Home, une ballade de derrière les fagots, comme Turn The Stone, le primé à retardement, Birdcall Morning ou I’d Tell The World. Superbe de bout en bout, Branstorm est incontestablement sa meilleure œuvre et un tournant capital dans sa carrière. On en vient à regretter qu’il ne dure pas plus longtemps (RAZOR©).

 

1. Here We Go.

2. Midnight Visitor.

3. One and One.

4. Giant Bohemoth.

5. Mother Says.

6. Birdcall Morning.

7. Home.

8. I'll Tell The World.

9. Turn To Stone.

10. Comin Down.

 

Joe Walsh:guitare,chant,claviers,basse.

Bryan Garofalo,Kenny Passarelli,Dale Peters:basse.

Tom Stephenson,Rocke Grace:claviers.

Joe Vitale:batterie,percussions,piano.

Bill Szymczyk,Guille Garcia,Jim Fox,Ron Grinel:batterie,percussions.

Glenn Frey,Don Henley,Randy Meisner,JD Souther:chœurs.

Al Perkins:pedal steel guitare.

Paul Harris:piano sur 2.

Chuck Rainey:basse sur 7.

LP Studio 2 - 1972

 

Joe walsh the smoker you drink

 

JOE WALSH

THE SMOKER YOU DRINK, THE PLAYER YOU GET – 1973  5/5

 

Publié le 18 juin 1973 (U.S.A),en septembre 1973 (U.K).

Produit par Joe Walsh Bill Szymczyk.

Durée:35:44.

Label:ABC/Dunhill.

Genre:rock,hard-rock,blues-rock.

 

L’album de la coolitude.

 

Le titre The Smoker You Drink, The Player You Get (en écoute intégrale ici) renvoie au cliché en vogue dans le rock qui veut que, plus un artiste se déchire, meilleur il est. J’ignore si Joe Walsh s’est mis chiffon pour les besoins de ce disque, je suppose que oui car il était connu pour ne pas sucer des glaçons et pour ne pas être le dernier à s’encanailler avec les substances interdites ; en revanche, meilleur, il l’est assurément depuis qu’il a embarqué Barnstorm, son trio, à la suite de l’épisode James Gang.

Ce disque d’or (6 aux Etats-Unis), au titre aussi absurde que long se situe dans la filière rock californienne de l’époque, influencée par la musique folk, la country, le jazz et le blues (et même des influences caribéennes pour Happy Ways), distinctive par son rythme plus soft, dominée par les ballades et les harmonies vocales. Joe Walsh est déjà sur la voie qui va le mener à Eagles et à Hotel California.

Dans ce disque, nous avons tout ce pour quoi nous aimons cet artiste visionnaire, dont l’utilisation de la talk box est ici une vraie curiosité : le son, la technique et une matière de qualité pour laquelle Barnstorm, sans exception, a mis la main à la pâte.

La relation de Walsh avec la talk box, dont l’américain est un virtuose familier, date de l’époque James Gang qui avait alors l’habitude de jouer à Nashville. Grâce à sa rencontre avec Dottie West, chanteuse de country mariée à Bill West, lui-même joueur de pedal steel guitare et concepteur d’une box, que Walsh s’est entiché de cette technique novatrice. S’il met quelque temps à l’apprivoiser, il n’en est pas moins devenu un utilisateur talentueux : la preuve avec son fameux Rocky Mountain Way au son assez stupéfiant.

Rocky Mountain Way ouvre the Smoker. Ce titre est issu de la collégialité scripturale, mais les paroles sont d’un Walsh tombé sous le charme du majestueux décor des Rocheuses, amoureux du style de vie de l’endroit et terriblement zen depuis qu’il a tourné le dos à James Gang. Le groupe a d’abord composé la musique avant que Walsh n’y apporte sa touche personnelle au niveau des textes. Kenny Passarelli, Joe Vitale et le claviériste Rocke Grace, qui a rejoint le trio à la fin de l’année 72, doivent être associés à ce titre crédité de tout temps au seul Walsh. Rendons à César…  

La coolitude ambiante constatée se ressent dans les ballades absolument sublimes qui alimentent le répertoire du Smoker : Dream, Days Gone Down et (Day Dream) Prayer. Le Walsh nouveau est arrivé : assagi et positif, il fidélise ici une grosse base de fans qui se retrouvent dans son écriture. Dans un registre plus rock, Walsh nous livre un Meadows convaincant.

Walsh, et ce qui est toujours Barnstorm, nous gratifient également d’un très intéressant instrumental Midnight Moodies, révélant la belle expertise de ses acteurs et notamment de Joe Vitale, multi instrumentiste notoire, dont la flûte illumine le morceau.

Le présent disque de Walsh/Barnstorm est un très grand disque de rock qui a pour lui de sonner très moderne, ce qui ne gâche rien ! Le meilleur Walsh avec Branstorm et But Seriously Folk. Plus de 40 ans après, personnellement, je repique souvent au truc : il est des signes qui ne trompent pas (RAZOR©).

 

1. Rocky Mountain Way.

2. Book Ends.

3. Wolf.

4. Midnight Moodies.

5. Happy Ways.

6. Meadows.

7. Dreams.

8. Days Gone By.

9. (Day Dream) Prayer.

 

Joe Walsh:lead guitare,synthétiseurs,claviers,chant,talk box.

Kenny Passarelli:basse,guitare,chant.

Joe Vitale:batterie,percussions,piano,claviers,piano électrique,flûte,chant.

Rocke Grace:claviers,chant.

Joe Lala:percussions.

Venetta Fields,Clydie King:choeurs.

DISCOGRAPHIE THE EAGLES.

LP Studio 5 - 1976

 

Eagles hotel california

 

THE EAGLES

HOTEL CALIFORNIA – 1976  5/5

 

Publié le 8 décembre 1976.

Produit par Bill Szymczyk.

Durée:43:28.

Label:Asylum.

Genre:rock,soft rock,hard rock.

 

Lorsqu’Eagles retrouve les chemins des studios au printemps 1976 pour Hotel California (en écoute intégrale ici), deux faits majeurs l’affectent qui vont changer son histoire. Le premier, c’est la perte de Bernie Leadon après l’excellent One Of These Nights, membre fondateur et élément clé de la bonne tenue des Aigles entre 1972 et 1975, créneau ponctué de 4 LP, un bon (On The Border), et 3 très bons LP (The Eagles, Desperado et One Of This Nights). Cette phase  s’accompagne de succès qui ont fait la popularité du groupe : Take It Easy, Desperado, Doolin’ Dalton, Tequila Sunrise, One Of These Nights…

L’autre événement d’importance consiste en l’arrivée de Joe Walsh pour le remplacer. Son parcours l’ayant mené à figurer parmi les plus grands guitaristes américains du moment, ajouté au fait que Meisner, Frey et Henley sont des fidèles contributeurs de ces derniers disques sous Barnstorm, il n’en faut pas plus pour que le kansan réponde favorablement aux sollicitations d’Eagles, après avoir décliné l’offre faite par Steve Marriott de rejoindre Humble Pie en remplacement du partant Peter Frampton.

Jugé un peu trop individualiste par Don Henley, le chef de groupe, trop hard-rock pour d’autres, l’affaire n’est pas gagnée d’avance, certains fans craignant même que le loup n’entre dans la bergerie. Joe se fond dans le moule et fait taire ses détracteurs en contribuant sans perdre de temps, au-delà de ce qui était alors imaginé. Son apport contribue à la direction et au son pris par Eagles sur Hotel California, le disque aux scores vertigineux scellant le nouveau départ du groupe, mais sa fin aussi.

Hotel California est un monstre sacré du rock des 70’s. Mythique, celui qui a failli s’appeler Mexican Reggae et servi de cadre à l’écriture d’Hotel California, (en réalité, c’est le Beverly Hills Hotel de Los Angeles qui trône sur la pochette imaginée par les designers David Alexander et John Kosh), est alors le cinquième opus d’Eagles.

Paru en 1976, Il est un des plus gros coups commerciaux de l’industrie du disque, balançant entre rock, country et ballades, entre vitalité et rêverie. Avec ses mélodies accrocheuses (Hotel California, New Kid In Town, Wasted Time, Last Resort, Pretty Maids All In A Row), ses arrangements délicats, ses magnifiques harmonies de voix à la Crosby & Co et sa touche de variété entre acoustique et électrique, Hotel California, cet album, le plus parfait du groupe, est inscrit au patrimoine culturel planétaire.

Dans ce contexte, le rôle tenu pas Joe Walsh n’est pas négligeable. Ses riffs râpeux, sa slide fluide, ses soli pleins d’énergie, tout fleure bon la classe, la maturité, la perfection. Eagles ne fera jamais mieux derrière et aura même du mal à s’en remettre (RAZOR©).

 

1. Hotel California.

2. New Kid In Town.

3. Life In The Fast Lane.

4. Wasted Time.

5. Wasted Time (Reprise).

6. Victim Of Love.

7. Pretty Maids All In A Row.

8. Try And Love Again.

9. The Last Resort.

 

Don Felder:guitare,pedal steel guitare,chant.

Glenn Frey:guitare,piano,clavinet,synthétiseur,chant.

Don Henley:batterie,percussions,chant.

Randy Meisner:basse,chant.

Joe Walsh:guitare,slide guitare,piano électrique,orgue,synthétiseur, chant.

LP Studio 6 - 1979

 

Eagles the long run

 

THE EAGLES

THE LONG RUN – 1979  3/5

 

Publié le 24 septembre 1979.

Produit par Bill Szymczyk.

Durée:42:50.

Label:Asylum.

Genre:rock.

 

Le chant du Cygne des Aigles.

 

En 1979, à sa publication, on est légitimement en droit d’attendre autre chose de ce The Long Run (en écoute intégrale ici) qui, pour mémoire, succède au méga-vendeur qu’est Hotel California. Est-ce le fait d’être placé dans le sillage immédiat d’un des plus gros cartons de tous les temps du rock qui plombe ce LP ? Pas que, même s’il est indéniable qu’il souffre trop la comparaison avec le légendaire album de 1976.

1976…1979. Eh oui, trois ans se sont écoulés depuis Hotel California qu’il a fallu rentabiliser dans des tournées, dans des promos, trois ans à gérer les problèmes d’égos de plus en plus récurrents… Randy Meisner, pourtant de la précédente victoire, quitte Eagles. Le contexte est lourd et déteint indéniablement sur The Long Run, plus disque d’un ensemble d’individualités que celle d’un collectif d’une part, et pénalisé par une matière en deçà de son prédécesseur, avec quelques belles casseroles au cul comme le maillon faible Those Shoes, Teenage Jail et The Greeks Don’t Want No Freaks. Heureusement que Sad Cafe permet de sauver une sortie d’écoute bien tristounette.

The Long Run, partant de là, avec ses trois canards boiteux, ne peut rivaliser avec le format précédent, parfait, et que tous les avis ont d’ailleurs toujours confirmé comme tel au fil du temps. A cela il faut rajouter le fait que In The City, pas trop vilain dans son genre, écrit par le duo Walsh/Barry De Worzon, est inclus sur ce LP alors qu’il a été fait pour les besoins du film The Warriors (1979). Si ça ne fait pas remplissage à des fins de bouclage, ça y ressemble bien et ça dénote que, ou l’inspiration est en berne au niveau du songwriting, ou que les membres de ce poste n’ont pas eu le temps de proposer autre chose. En 3 ans…

Il est donc légitime de voir ce disque comme le chant du cygne des Aigles, malgré le succès commercial qu’il obtient encore une dernière fois pour la décennie encours. Faut dire qu’avec les I Can’t Tell You Why, King Of Hollywood, Sad Café et surtout Heartache Tonight, il a les arguments pour les envoyer faire le buzz sur les ondes et truster les hits. Une bonne compil’ permet de les retrouver ; pas besoin d’engager des frais dans cet album.

Quoi qu’il en soit, cette réussite commerciale n’occulte en rien la faiblesse et l’indigence de plus de la moitié du disque. Même si Eagles est un habile manœuvrier pour masquer ses carences du moment, la réalité est toute autre : le groupe est en fin de cycle. Les promesses engendrées par l’album précédent et non concrétisées ici annoncent même une rupture imminente. Eagles est devenu quelconque et The Long Run en est la porte d’entrée ; ce que laisse entrevoir son morceau titre introductif, dépourvu de tout ce qui faisait le charme de ce groupe et plus particulièrement de son ambition. La suite, hélas, ne fait que confirmer la voie commerciale privilégiée par ceux qui ont la mainmise sur le groupe : vocalement, lyriquement, musicalement, les Aigles n’y sont plus et perdent leur identité. Ils n’y survivront pas (RAZOR©).

 

1. The Long Run.

2. I Can't Tell You Why.

3. In the City.

4. The Disco Strangler.

5. King of Hollywood.

6. Heartache Tonight.

7. Those Shoes.

8. Teenage Jail.

9. The Greeks Don't Want No Freaks.

10. The Sad Café.

 

Don Felder:guitares,orgue,chant.

Glenn Frey:guitares,synthétiseurs,claviers,chant.

Don Henley:batterie,percussions,chant.

Timothy B. Schmit:basse,chant.

Joe Walsh:guitares,steel guitare,slide guitare,claviers,chant.

Jimmy Buffett:chant,choeurs.

The Monstertones:choeurs.

David Sanborn:saxophone alto.

DISCOGRAPHIE THE EAGLES ERE MODERNE.

LP Studio 7 - 2007

 

Eagles long road out of eden

 

THE EAGLES

LONG ROAD OUT OF EDEN – 2007  4/5

 

Publié le 30 octobre 2007.

Enregistré entre 2001 et 2007.

Produit par Eagles,Steuart Smith,Richard F.W. Davis,Scott Crago,Bill Szymczyk.

Durée:90:53.

Label:Polydor,Eagles Recording Company II,Lost Highway.

Genre:rock.

 

Retour gagnant.

 

En révélant que Long Road Out Of Eden (en écoute intégrale ici) serait très certainement leur ultime témoignage studio, les Eagles risquent de froisser leur parterre de fans. Pourtant, en ce qui me concerne, tout a mal débuté dans ma relation avec de disque. J’ai été un inconditionnel des pseudos californiens des seventies (avant que Walsh ne les rejoignent). Pour moi, ils étaient alors  les cadors du country-rock. De ce country-rock que j’aime par-dessus tout.

J’ai fait l’acquisition de cet album événementiel, comme beaucoup de fans de l’époque, je présume. Pensez donc, depuis 1982, plus de son, plus d’images, si ce n’est un retour fabriqué pour pondre, laissons-le lui, un bon Hell Freezes Over (live-1996). 29 ans que ça dure depuis The Long Run. Donc, ce nouveau bébé, trop impatient de le prendre dans mes bras, inutile de dire que je lui ai accordé une attention préférentielle. Je l’ai passé, repassé sous toutes ses coutures et puis je l’ai écarté.

Depuis quelques années, un lustre même, il n’a jamais suscité en moi une irrésistible envie d’en découdre à nouveau avec lui, ne lui trouvant, à vrai dire, pas suffisamment d’éléments qui puissent me rapprocher de ce disque, pour moi alors, décevant.

Convenons que le morceau Fast Company (j’avais complètement oublié son nom) n’a pas servi ses intérêts. Je pense honnêtement être resté inconsciemment sur ce désagréable constat d’un Don Henley jouant les Gibb et ne pas avoir cherché à approfondir, pensant qu’Eagles a fait le disque de trop. Ce titre est une horreur à laquelle, je ne me suis pas plus habitué aujourd’hui.

Pas plus que je le suis avec l’unique morceau de Joe Walsh, Last Good Time In Town, que je considère comme une des seules faiblesses de ce disque. Idem pour le titre de clôture du second volume : It’s Your World Now. Il m’a fallu un concours de circonstances pour que je ramène finalement cet opus sur le haut de ma pile de disques de chevet, pour lui redonner une chance de se réhabiliter à mes yeux, pour que je daigne le reconsidérer à sa juste valeur et non plus le voir comme un produit d’un groupe en fin de parcours, affecté artistiquement par l’avancée dans l’âge de ses sujets, ni comme la formation multi primée pour ses tubes et ses ventes records depuis plus de 40 ans.

En faisant abstraction de ces lieux communs  qui collent à la peau de bon nombre de groupes des années 70 encore en activité et plus particulièrement d’Eagles, il est clair que l’angle d’attaque, quant à son écoute, diffère. Et j’avoue avoir réellement redécouvert cet album il y a peu. Comme quoi l’espoir fait vivre.

Ma reconsidération de Long Road Of Eden m’amène à reconnaître son peu de failles, encore que celles d’hier demeurent. Les mélodies sont là et encore belles ; les harmonies vocales sont toujours délicieuses et les compositions, derrière lesquelles on retrouve la patte de deux anciens de la maison au niveau de l’écriture, J.D. Souther et Jack Tempchin, sont des inédits bien ficelés.

Globalement, l’heure et demie passée en leur compagnie n’a pas été une perte de temps. Comme c’est joué avec talent et chaleur par un quatuor orfèvre en matière de soft rock (Glen Frey, Don Henley, Timothy B.Schmit, Joe Walsh), qu’on retrouve dans sa grande majorité ce qui faisait la croustillance de la production discographique des Aigles des années 70, ce disque est une agréable surprise dans son cheminement, variée du fait de la contribution de chacun des membres, marquée par l’homogénéité. Comme quoi les jugements hâtifs… Conclusion : le retour est convaincant. Dire que j’ai failli passer à côté. Mea Culpa (RAZOR©).

     

CD 1

 1. No More Walks In The Wood.

 2. How Long.

 3. Busy Being Fabulous.

 4. What Do I Do With My Heart.

 5. Guilty Of The Crime.

 6. I Don't Want To Hear Any More.

 7. Waiting In The Weeds.

 8. No More Cloudy Days.

 9. Fast Company.

 10. Do Something.

 11. You Are Not Alone.

 

CD 2

 1. Long Road Out Of Eden.

 2. I Dreamed There Was No War.

 3. Somebody.

 4. Frail Grasp On The Big Picture.

 5. Last Good Time In Town.

 6. I Love To Watch A Woman Dance.

 7. Business As Usual.

 8. Center Of The Universe.

 9. It's Your World Now.

 

Glenn Frey:guitare,claviers,basse,chant.

Don Henley:batterie,percussions,guitare,chant.

Joe Walsh:guitare,claviers,chant.

Timothy B. Schmit:basse,chant.

Steuart Smith:guitare,claviers,mandoline.

Scott Crago:batterie,percussions.

Richard F.W. Davis:claviers.

Michael Thompson:claviers,accordéon,trombone.

Will Hollis:claviers.

Al Garth:saxophone alto,violon.

Bill Armstrong:trompette.

Chris Mostert:saxophone tenor,saxophone alto.

Greg Smith:saxophone baryton.

Greg Leisz:pedal steel guitare.

Lenny Castro,Luis Conti:percussions

Richard Davis,Glenn Frey:orchestrations.

Greg Smith,Don Henley:arrangements cuivres.

DISCOGRAPHIE COMPLETE THE EAGLES - 1972/79.

Coffret complet Studio 1972/1979 (6 LP) - 2013

 

Eagles coffret 1972 1979 2013

 

THE EAGLES

THE STUDIO ALBUMS 1972-1979 BOX SET 6 LP – 2013  5/5

 

Coffret publié en 2013.

Produit par Glyn Johns, Bill Szymczyk, Pandora Productions.

Label:Asylum,Warner.

Genre:rock,country-rock,classic rock,folk rock.

 

Le nec plus ultra.

 

Bougez-vous le fion si vous voulez être de cette offre alléchante, because il n’y en aura pas pour tout le monde. D’autant plus qu’Eagles a toujours autant la cote et qu’il est toujours aussi populaire près de quarante ans après sa glorieuse époque. L’offre en question ne joue pas les pimbêches, ni ne fait dans la demi-mesure ; elle bombe les pectoraux en alignant dans un coffret ou une boite, c’est selon, les six LP à l’ancienne,  des vinyles studio 180 grs de la période 1972/1979. D’où son titre.

Ainsi, on y retrouve dans l’ordre d’apparition à l’écran, l’album éponyme Eagles (72), Desperado (73), On The Border (74), One Of These Nights (75), Hotel California (76) et The Long Run (78), à savoir l’intégralité du partenariat avec Asylum Records. L’offre est limitée, cela coule de source. 5000 pièces, pas une de plus ! A l’heure actuelle, c’est certainement déjà écoulé…

Peu importe, pour les profanes, cette collection soutenant la collaboration discographique entre Eagles et Asylum est une occasion unique de tout posséder en un seul achat et de décortiquer l’évolution de l’ex formation de Linda Ronstadt, en un trait. En ce qui nous concerne, il nous aura fallu 8 ans. Pour peu qu’un coup de bol permette à un lecteur d’y accéder, elle constituera certainement un inoubliable et inestimable cadeau de Noël, d’autant plus que rien ne remplace la version acétate. Autant rêver…

Les Eagles Addicts ont, bien évidemment, les pièces originales ici référencées des californiens. Aujourd’hui écornées, usagées, rayées, ces témoignages de la brillance country-rock et soft-rock ambiante ont constitué le fleuron de leur discothèque des 70’s. Ils réapparaissent relookés quasiment à l’identique, dans le collector que Warner fait miroiter via une proposition commerciale déséquilibrée, puisque la demande submergera l’offre. J’entends par quasiment à l’identique le fait que chaque pochette de LP, non collée pour l’effet à venir, se déplie en un poster. Le tout est emballé dans une box numérotée, rehaussée du logo (doré à la feuille) d’Eagles. Ca a de la gueule.

N’est pas Eagles qui veut, qui peut se permettre de réapparaître aux abords des fêtes de fin d’année et de lancer une opération promotionnelle au succès garanti dès son évocation dans les coulisses de la maison d’édition.

Pour les bleus bites qui récupèrent l’événement, qui prennent le train en marche ou qui connaissent mal l’œuvre d’Eagles, sachez que ce lot a marqué, et son époque et le rock, mais à des degrés différents. Tout est là, ne cherchez pas, il n’y a rien d’autre. L’éponyme Eagles démarre leur carrière discographique des seventies, The Long Run la clôt. Après plus rien, côté studio s’entend, jusqu’en 2007 et Long Road Out Of Eden ; les Eagles, c’est de l’histoire ancienne depuis leur séparation en 82. De temps à autre, ils sortent de leur tanière, histoire de faire fructifier leur nom et on voit resurgir une énième compil’, ou repartent dans de fructueuses tournées, le citron pouvant encore être pressé quelques années.

C’est ça Eagles. Remarquez, je ne m’en plains pas étant un inconditionnel de leur art depuis leurs premières vocalises, mais autant je surveille comme le lait sur le feu tout ce qui bouge du côté de Poco (dès fois que…), qui aurait dû être calife à la place du calife Eagles, autant je crois qu’on a fait le tour de la bande à Glen Frey depuis un bon moment.

L’offre en question ne fera donc pas s’auto-palucher les initiés ou les fans qui ont déjà tout et depuis belle lurette. Les collectionneurs ou ceux qui ont jeté sur dévolu sur ce lot pour remplir la hotte de Papa Noël, pourront toujours chasser derrière, faire des pieds et des mains pour tenter de se l’accaparer, il leur en faudra longuement frotter le ventre du Bouddha en ivoire, caresser la patte de lapin, prier les saints, brûler un cierge… C’est au choix.

Si d’aventure l’offre est disponible, soyez sûrs de passer (ou de faire passer à l’heureux élu) un superbe moment au son des hits nombreux et ayant résisté au temps, qui jalonnent la carrière de ce groupe éternel, vendeur de plus de 120 millions d’albums dans le monde entier. (RAZOR©)

 

LP Eagles - 1972

1. Take It Easy.        

2. Witchy Woman.    

3. Chug All Night.     

4. Most Of Us Are Sad.     

5. Nightingale.          

6. Train Leaves Here This Morning.

7. Take The Devil.    

8. Earlybird.     

9. Peaceful Easy Feeling.

10. Tryin'.         

        

LP Desperado (1973)

11. Doolin-Dalton.   

12. Twenty-One.      

13. Out Of Control.  

14. Tequila Sunrise.          

15. Desperado.         

16. Certain Kind Of Fool.

17. Doolin-Dalton (Instrumental).   

18. Outlaw Man        

19. Saturday Night.

20. Bitter Creek.      

21. Doolin-Dalton / Desperado (Reprise).

        

LP On The Border (1974)

22. Already Gone     

23. You Never Cry Like A Lover.       

24. Midnight Flyer.   

25. My Man.     

26. On The Border.  

27. James Dean.      

28. Ol' 55.        

29. Is It True?

30. Good Day In Hell.       

31. The Best Of My Love.

        

LP One Of These Nights (1975)

32. One Of These Nights.          

33. Too Many Hands.        

34. Hollywood Waltz.       

35. Journey Of The Sorcerer.   

36. Lyin' Eyes.

37. Take It To The Limit.

38. Visions.      

39. After The Thrill Is Gone.    

40. I Wish You Peace.

        

LP Hotel California (1976)

41. Hotel California.         

42. New Kid In Town.      

43. Life In The Fast Lane.         

44. Wasted Time.     

45. Wasted Time (Reprise).     

46. Victim Of Love.  

47. Pretty Maids All In A Row.

48. Try And Love Again.   

49. The Last Resort.

        

LP The Long Run (1979)

50. The Long Run.    

51. I Can't Tell You Why.

52. In The City.        

53. The Disco Strangler.  

54. King Of Hollywood.    

55. Heartache Tonight.     

56. Those Shoes.      

57. Teenage Jail.     

58. The Greeks Don't Want No Freaks.     

59. The Sad Café.     

Bonus

60. Take It Easy.      

61. Get You In The Mood.

 

Bernie Leadon:chant,guitare,mandoline,steel guitare,banjo.

Glenn Frey:chant,guitare,piano.

Don Henley:chant,batterie,percussions.

Randy Meisner:basse,chant.

Don Felder:guitare.

Timothy B.Schmit:basse,chant.

Joe Walsh:guitare,chant.

DISCOGRAPHIE ERE MODERNE.

LP Studio 11 - 2012

 

Joe walsh analog man 2012

 

JOE WALSH

ANALOG MAN – 2012  3/5

 

Publié en juin 2012.

Produit par Jeff Lynne,Joe Walsh,Tim Armstrong.

Durée:36:22.

Label:Fantasy.

Genre:hard rock,country-rock,soft rock.

 

Un aigle mazouté.

 

Vingt ans. Cela fait 20 piges que Joe Walsh, l’ex Eagles est aux abonnés absents, son dernier album solo étant Songs For A Dying Planet de 1992. Absorbé par une carrière qu’il mène de front avec son ancien groupe, les Aigles, qui se sont reformés pour Hell Freezes Over en 1994 et avec lesquels il tourne beaucoup et prend part à Long Long Road Out Of Eden (2007).

Walsh s’éparpille entre des piges pour le Crossroad Guitar Festival au profit de l’association soutenue par Eric Clapton et d’autres causes, entre des tournées avec Jim Fox et Dale Peters deux ex James Gang, entre un soutien à Carson, candidat à la présidence des Etats-unis, entre le cinéma qui le sollicite pour un rôle en 98.

Il profite de ce parcours désordonné pour remettre en contrepartie de l’ordre dans son mode de vie en tentant de décrocher de la drogue et de la bibine. En s’achetant une conduite, Joe Walsh retrouve l’envie de bosser, d’où Analog Man (2012) qui nous change des deux malheureuses compils ayant meublé son trou de deux décennies dans l’industrie du disque (Look What I Did de 95 et Greatest Hits/Little Did He Know de 97).

En vingt berges, l’eau a coulé sous le pont et si Walsh, comme il le dit dans une interview, pense qu’il est revenu, laissons-lui la responsabilité de cette impression. Pour être tout à fait objectif, je ne suis pas vraiment d’accord avec lui.

Je trouve qu’après un départ très prometteur, l’album, son 11ème, devient vite plat et s’essouffle aussi rapidement. Au regard des deux premiers titres qui portent la griffe de l’artiste, je m’attendais à mieux, mais l’étincelle ne met jamais le feu aux poudres. Tu as les alloufs, le baril qui n’demande qu’à péter et rien ne se passe, une fois la mèche allumée.

C’est plan-plan et à quelques exceptions près, le morceau titre, Spanish Dancer, Family, Wrecking Ball et One Day At A Time, je me suis fait chier à cent sous d’l’heure. Manque d’originalité, manque de pêche, c’est comme si Walsh joue avec des musiciens recrutés à moindre coût et à la sauvette, comme s’il manque de moyens pour faire mieux.

A regarder le pédigrée du line-up, on se demande si l’avancée dans l’âge n’est pas contagieuse. L’aigle a les ailes mazoutées et semble dépassé par les événements, incapable de faire mieux. Cependant, il faut lui laisser une chose : il joue toujours aussi bien de la gratte ; il est seulement regrettable que sa rugosité coutumière, enfin je veux dire celle d’il y a vingt carats, fasse franchement défaut.

Au final, je m’interroge. Que reste-t-il de mémorable au terme de cette écoute ? 5 titres sur 10. Trop peu pour ne pas l’installer dans le ventre mou de son catalogue et pour se réjouir qu’un quelconque renouveau. La seule chose qui puisse me faire plaisir, c’est de recommencer à entendre parler de lui, parce que je l’aime bien le Bob. Sors-nous vite quelque chose de potable, mais pas dans vingt ans (RAZOR©).

 

1. Analog Man.

2. Wrecking Ball.

3. Lucky That Way.

4. Spanish Dancer.

5. Band Played On.

6. Family.

7. One Day At a Time.

8. Hi-Roller Baby.

9. Funk 50.

10. India.

 

Tim Armstrong:guitare.

David Crosby,Graham Nash,Tommy Lee James:choeurs.

Richard Davis:synthétiseur.

Jim Fox:batterie,chœurs.

Steve Jay:percussions.

Greg Leisz,Jay Dee Maness:pedal steel guitare.

Little Richard:piano,choeurs.

Jeff Lynne:basse,batterie,guitare,claviers,choeurs.

Kenny Passarelli,Dale Peters,Rick Rosas:basse.

Ringo Starr:batterie.

Bruce Sugar:orgue,percussions.

Joe Vitale:claviers,sitar.

Joe Walsh:batterie,guitare,synthétiseurs,chant,choeurs.

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