John Kay.

BIOGRAPHIE.

 

JOHN KAY/Canada

 

John kay 1

 

Né Joachim Fritz Krauledat, le 12 avril 1944 à Tilsit (Allemagne).

Actif depuis 1964.

Labels:Dunhill,Mums,Epic,MCA,Mercury,Attic,Qwil,I.R.S,K-Tel,Winter Harvest,CMC International,Cannonball,Rainman.

Genre:rock,hard rock,acid rock,blues-rock,heavy metal.

Site officiel:steppenwolf.com

 

La force motrice de Steppenwolf, mais pas que...

En mars 2018, Steppenwolf vient de sortir, via Rainman Records, une collection de 3 CD qui a valeur de rétrospective sur le parcours de ce groupe emblématique du rock.

Steppenwolf At 50 (c'est son nom) et ses 41 titres couvrent une carrière engagée en 1968 et échelonnée sur 5 décennies puisque la formation, même fortement remaniée, est toujours active en 2018.

Certains d'entre eux comme Born To be Wild, The Pusher, Rock Me ou Magic Carpet Ride sont depuis rentrés dans la mémoire collective. De cette formation lancée au Canada et popularisée par la scène californienne, John Kay est le seul des membres d'origine à être encore actif aujourd'hui.

C'est même lui qui, alors qu'il vient d'avoir 74 ans le 12 avril dernier, est à la tête du Steppenwolf qui entreprend depuis le 10 mars 2018, la tournée de promotion de cette publication commémorative (The Steppenwolf 50th Anniversary Tour ).

Chanteur et compositeur principal de Steppenwolf, John Kay en a toujours été la force motrice, le guide dans les bons moments, le paravent dans les phases plus délicates, notamment quand il s'est agi de continuer à avancer tout en gérant les changements de personnel, et ce, sans jamais compromettre ni la musique, ni l'esprit du groupe...

John kay the sparrows 661966 : les Sparrows...

John kay steppenwolf... puis Steppenwolf un an plus tard (1967)...

John kay 2...dont il devient le leader charismatique.

John kay forgottensongsunsungheroesUn excellent premier LP solo en 1972.

John kay 3Quelques concerts par an pour financer la fondation...

John maue kay... de sa femme Maue Kay.

D'Allemagne de l'Est à Toronto.

A Tilsit, en Prusse-Orientale, et l'année 1944, vient au monde Joachim Fritz Krauledat. Il est l'enfant d'un père soldat tué sur le front russe quelques mois avant sa naissance et d'une maman couturière qui, alors que la Russie annexe la région de Tilsit, prend son enfant sous le bras et fuit ce qui est l'Allemagne de l'Est pour s'installer à Hanovre, plus à l'ouest (1948).

Joachim Fritz a 4 ans et est atteint depuis sa naissance d'un trouble congénital (achromatopsie) de la vue. Cette pathologie le fait voir uniquement en noir et blan et en gris et, en cas de forte luminosité, réduit considérablement sa vision. Le port de lunettes noires lui est obligatoire, ce sera sa marque de fabrique quand il accèdera à la popularité.

Il passe son enfance dans la cité de Basse-Saxe où sont stationnées des troupes américaines pour lesquelles la British Forces Broadcasting Service et la US Armed Forces Radio diffusent du rock'n'roll.

Son handicap l'amène à passer un peu plus de temps que les autres jeunes de son âge en contact avec la musique du moment. Il s'en imprègne tellement qu'elle le met en émoi à chaque fois.

Ce sentiment suscite en lui l'envie de rejoindre ce milieu et de faire comme ce Little Richard qu'il écoute sur les ondes et dont il ne comprend pas les paroles.

En 1958, la famille quitte Hanovre et se rapproche de ce terreau musical qu'il affectionne. Elle pose ses valises à Toronto, au Canada où, mal voyant, il apprend la langue anglaise par un programme adapté à son problème, via un magnétophone et des cassettes.

20 ans et des rêves pleins la tête.

Celui que son professeur de gym appelle John a alors 14 ans. Il utilisera ce surnom pour sa carrière en l'associant à Kay, en référence à Mrs K, le sobriquet donné à sa mère par les enfants.

Au Canada, l'adolescent avide de liberté et de culture américaine se rapproche un peu plus de son idéal et se met au folk. A Toronto, le rock de l'Oncle Sam bat son plein, la british invasion va achever de le convaincre que sa voie se situe là.

La famille de Joachim s'installe alors aux Etats-Unis, à Buffalo (1963) mais ce dernier n'est pas convaincu des opportunités qu'offre la place de l'Etat de New York.

Au Canada et notamment à Toronto, ça bouge plus et la scène folk et blues ambiante de Yorkville est très florissante (Gordon Lighfoot, Ronnie Hawkins, Neil Young, Joni Mitchell, Murray McLauchlan, Ian & Sylvia, Bruce Cockburn). Il y revient donc ; il a 20 ans et des rêves pleins la tête.

Devenu John Kay, le jeune artiste consacre ses prochaines années à peaufiner sa musique et à arpenter les circuits du canada et du nord de l'Amérique. En 1965, sa route croise alors celle du groupe The Sparrows (appelé aussi The Sparrow dès 1966), formé un an plus tôt dans l'Ontario.

Les Sparrows : de Yorkville à la Californie.

En septembre de cette même année 65, Kay intègre les Sparrows alors en quête d'un nouveau chanteur après le départ de Jack London. Egalement guitariste, joueur d'harmonica et compositeur, John Kay va dès lors imprimer sa marque au sein du collectif.

Les Sparrows deviennent une des attractions de la scène trépidante de Yorkville et ce statut remonte aux oreilles des A & R américains, amenant les Sparrows à faire la navette entre le Canada et New York, puis de tourner carrément le dos à leur patrie d'origine pour le soleil de Californie (fin 1966).

Ils se partagent alors entre les deux scènes en vogue du moment : San Francisco (Haight-Ashbury) et Los Angeles.

Les Sparrows sont désormais The Sparrow, avant, face à l'insistance du producteur d'ABC-Dunhill Records, Gabriel Mekler, de demander à John kay de rebondir sur une nouvelle formation et de changer de nom.

Leader de Steppenwolf.

A partir de 1967, la suite se fait sous Steppenwolf, nom suggéré par le roman du même nom de l'écrivain allemand Hermann Hesse. Le groupe va alors marquer la fin des 60's et installer les bases du son hard-rock des 70's.

En octobre 1967, Steppenwolf, composé de John Kay au chant, Goldy McJohn aux claviers, Rushton Moreve à la basse, Michaël Monarch à la guitare et de Jerry Edmonton à la batterie, publie un premier single, A Girl I Knew/The Ostrich (Dunhill).

L'année suivante, il enchaîne avec Sookie Sookie (février 1968/Dunhill), puis Born To Be Wild, leur chanson restée la plus populaire (2ème du Billboard) à ce jour et The Pusher, tous deux propulsés sur le devant de la scène par le film Easy Rider, film référence des motards.

Tous ces titres alimentent le premier LP de Steppenwolf (janvier 1968), éponyme. Il est avec The Second (sorti en 1968), le meilleur opus du groupe, porté par le tonique Magic Carpet Ride (3ème des charts US).

Derrière et jusqu'à la première séparation du combo en 1972, les albums qui suivent (At Your Birthday Party et Monster en 1969, Seven/1970, For Ladies Only/1971) n'ont pas la même saveur et les singles (Jupiter's Child, It's Never Too Late, Rock Me) ne touchent pas le cœur de la cible comme les hits précédemment évoqués.

John kay portrait

«  Je ne suis plus très actif avec le Wolf auquel je ne consacre plus qu'une dizaine, une douzaine de dates par an. Je le fais parce que cela permet à ma femme et à moi d'injecter de l'argent dans la fondation Maue Kay, laquelle, à son tour, peut faire opérer sans manquer de fonds. » (John Kay)

Une nouvelle facette de Kay.

Steppenwolf n'en demeure pas moins un groupe très populaire jusqu'à sa rupture, le jour de la Saint Valentin 72. John Kay entame alors une carrière solo.

En 1972, il l'amorce avec le solide album Forgotten Songs and Unsung Heroes (Dunhill), radicalement différent de son travail avec le collectif, et pour cause : la matière ici proposée est constituée de titres qui ont été écartés par Steppenwolf pour ne pas correspondre à l'esprit et à la ligne artistique du groupe. On a donc le plaisir et la surprise de découvrir un John Kay que l'on connaît peu.

Folk-rock/country-rock, My Sportin' Live (1973) prolonge l'enchantement né du disque précédent. Mal promu, ce sublime travail n'a hélas pas eu le succès auquel il aurait pu prétendre.

Moonshine (Friend Of Mine), Nobody Lives Here Anymore, Easy Evil, Giles Of The River, Sing With The Children sont pourtant des chansons de grande classe qui méritent une écoute particulière.

Un 2ème Steppenwolf et des projets personnels.

Steppenwolf se reconstitue en 1974 autour du noyau Kay, Edmonton et McJohn. Bobby Cochran et George Biondo viennent compléter le line-up qui, sans tarder, travaille à un nouvel album du groupe.

Slow Flux (1974) est le premier des trois LP réalisés pour Mums Records. Le come-back est satisfaisant et parvient, de temps en temps, à séduire par son côté créatif.

Mais ça reste rare et si l’on a la sensation de retrouver parfois le véritable Steppenwolf, c’est trop inégal pour pouvoir prétendre détenir une grande œuvre des canado-ricains. Steppenwolf revient néanmoins dans les charts, grâce au titre Straight Shootin’ Woman. Ce n’était plus arrivé depuis 1969.

On ne peut pas en dire autant de Hour Of The Wolf (1975) et de son suivant Skullduggery (1976), insignifiants. L'indigence des deux derniers volumes précipitent la dispersion du groupe une seconde fois.

John Kay & Steppenwolf pour marquer son territoire.

John Kay signe alors pour Mercury Records et relance du même coup sa carrière personnelle. All In Good Time (1978) permet à son auteur de travailler dans un cadre et avec des musiciens prestigieux : les studios Wishbone Recordings Muscle Shoals (Alabama), avec la section cuivres du même nom et des artistes de premier plan comme Clayton Ivey, Roger Clark, Bob Wray... et Larry Byrom qui fut guitariste de Steppenwolf entre 1970 et 1972.

De Steppenwolf, il en est toujours question à ce stade de sa carrière. Mais pas comme John Kay aurait souhaité l'entendre. Il apprend en effet que Steppenwolf est réactivé par deux anciens membres sans en avoir référé à celui qui s'en considère comme le dépositaire : lui.

Trop attaché au groupe qu'il a contribué à développer, il porte l'affaire devant les tribunaux et relance la formation sous John Kay & Steppenwolf (1982) à la tête de laquelle il est toujours.

Impliqué dans la Maue Kay Foundation.

Durant les 80's et 90's, John Kay alterne entre son Steppenwolf et sa carrière solo. Côté discographique, il privilégie toutefois le groupe avec lequel il signe plusieurs LP : Live In London (1980), Wolftracks (1982), Paradox (1984), Rock & Roll Rebels (1987), Rise And Shine (1990) et Feed The Fire (1996).

Pour son propre compte, il sort une compilation en 1987 alimentée par une dizaine de titres de ses deux premiers albums, Forgotten Songs And Unsung Heroes et My Sportin' Live.

Son catalogue se nourrit ensuite d'un 5ème (The Lost Heritage Tapes/1997), puis d'un sixième (Heretics and Privateers/2001) album solo, tandis qu'il édite aussi une biographie, Magic Carpet Ride (1994).

Le Live In Louisville est le dernier LP qui lui soit connu. Publié en 2004, année de son entrée au Walk Of Fame canadien, il est crédité à John Kay and Steppenwolf.

Ces dernières années, John se consacre plus spécialement à la fondation Maue Kay (MKF), fondée avec son épouse et active dans la protection de la faune, de l'environnement et des droits de l'homme.

Très absorbé par cette activité, il a encore le temps d'assurer, bon an mal an, quelques dizaines de concerts annuels. Une sixième décennie s'engage désormais... l'histoire de John Kay et de Steppenwolf n'est donc pas finie (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE STEPPENWOLF 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1968

 

Steppenwolf lp 1968

 

STEPPENWOLF

STEPPENWOLF – 1968  4/5

 

Publié en janvier 1968.

Produit par Gabriel Mekler.

Durée:46:10.

Label:ABC Dunhill.

Genre:hard rock,rock psychédélique,blues-rock.

 

Sur la route du metal.

 

En janvier 1968, ABC Records nous sort une petite merveille de disque d’une petite merveille de groupe : Steppenwolf (en écoute intégrale ici), un LP éponyme, lourd et dur, un bon mélange de Hard rock, de blues et de psyché. Ce disque va poser les fondations du heavy metal.

Joué fort et puissamment, porté par une voix exceptionnelle, une des meilleures du rock, celle du germano-canado-californien John Kay, cet album connaît un grand succès grâce à des titres mémorables comme Born To Be Wild, symbole de la rébellion et devenu hymne des Hells Angels, et The Pusher ; ces deux pièces sont popularisées par le film de Dennis Hopper, Easy Rider, sorti en 1969, et symbole de la contre-culture américaine. Dans la bande son de cette œuvre cinématographique culte, elles côtoient, pour mémoire, les Byrds, Hendrix, Electric Flag, Electric Prunes, Roger McGuinn…

Outre ces chansons mastodontes du rock, ce selftitled propose des superbes reprises comme Sookie Sookie du chanteur soul Don Covay, comme Hootchie Coochie Man de Willie Dixon, comme, cité plus haut, The Pusher de Hoyt Axton. Il rend également hommage à Chuck Berry dans Berry Rides Again. Le reste s’apprécie également à l’image de The Ostrich et de la ballade A Girl I Knew. Les débuts sont réussis au-delà de ce qui pouvait s’imaginer ; il serait donc injuste de réduire ce Steppenwolf aux seules chansons qui l’ont immortalisé (RAZOR©).

 

1. Sookie Sookie.

2. Everybody's Next One.

3. Berry Rides Again.

4. Hoochie Coochie Man.

5. Born to Be Wild.

6. Your Wall's Too High.

7. Desperation.

8. The Pusher.

9. A Girl I Knew.

10. Take What You Need.

11. The Ostrich.

 

John Kay:guitares,harmonica,chant.

Rushton Moreve:basse,choeurs.

Michael Monarch:guitares,choeurs.

Goldy McJohn:orgue,piano,piano électrique.

Jerry Edmonton:batterie,percussions,choeurs.

 

LP Studio 2 - 1968

 

Steppenwolf the second

 

STEPPENWOLF

THE SECOND – 1968  4,5/5

 

Publié en octobre 1968.

Produit par Gabriel Mekler.

Durée:40:25.

Label:ABC Dunhill.

Genre:rock,blues-rock,rock psychédélique. 

 

Le loup a les crocs.

 

Après avoir sobrement intitulé son premier album, Steppenwolf (1968), lequel a connu un grand succès, la bande à John Kay remet le couvert cette même année, en faisant preuve d’une imagination débordante pour  titrer ce deuxième LP : ce sera The Second (en écoute intégrale ici). Pour quoi pas après tout, Chicago (Transit Authority) nous a fait le coup durant toutes les années 70 de nommer ses albums Chicago 1, Chicago 2, Chicago 3 …

Par expérience, quand on ne se foule pas pour un titre, généralement, ça annonce du pas bien, ça suscite des interrogations sur son contenu. Ouf ! D’entrée, on est rassurés. The Second est une copie conforme du précédent : dur et blues, taillé pour réussir dans les charts et sur les ondes.

Vu le succès du LP numéro un, c’est plutôt de bon augure. Il a effectivement beaucoup de points communs avec l’album éponyme précédents : sa réussite commerciale notamment. Sa sortie très rapprochée de Steppenwolf peut être une explication. Steppenwolf surfe sur la dynamique qui l’anime.

Le groupe devant honorer contractuellement deux disques par an, le temps lui a vraisemblablement manqué pour proposer quelque chose de différent. Peu importe, puisqu’il est bon. Il est identique, mais bon. Les seules différences peuvent porter sur une bonification de l’écriture et sur une sophistication plus marquée du travail.

D’autres instruments et effets sonores ont été rajoutés par rapport au projet précédent, ce qui a nécessité un temps d’adaptation supplémentaire. Preuve que Steppenwolf expérimente aussi.

The Second est aussi fort, aussi nerveux, aussi porteur avec des titres considérés, à l’image de Magic Carpet Ride (dans sa version intégrale), comme des classiques de la pop  psychédélique et une excellente Protest Song, Don’t Step On The Grass Sam.

Comptent également parmi les passages marquants, 28, Faster Than The Speed Of Life, Tighten Up Your Wig, la ballade originale Spiritual Fantasy, Ressurection et Reflections. Sa performance globale, ambitieuse, variée,  est très convaincante, c’est du très bon Steppenwolf (RAZOR©).

 

1. Faster Than The Speed Of Life.

2. Tighten Up Your Wig.

3. None Of Your Doing.

4. Spiritual Fantasy.

5. Don't Step On The Grass, Sam.

6. 28.

7. Magic Carpet Ride.

8. Disappointment Number.

9. Lost And Found By Trial And Error.

10. Hodge, Podge, Strained Through A Leslie.

11. Resurrection.

12. Reflections.

 

John Kay:chant,guitare,harmonica.

Michael Monarch:guitare.

Goldy McJohn:orgue,piano.

Rushton Moreve:basse.

Jerry Edmonton:batterie,chant.

 

LP Studio 3 - 1969

 

Steppenwolf at your birthday party

 

STEPPENWOLF

AT YOUR BIRTHDAY PARTY – 1969  3/5

 

Publié en mars 1969.

Produit par Gabriel Mekler.

Durée:41:26.

Label:ABC Dunhill.

Genre:hard rock,rock psychédélique,blues-rock.

 

Un loup édenté.

 

At Your Birthday Party, de mars 1969, manque singulièrement d’inspiration par rapports aux deux premiers albums que Steppenwolf a précédemment sortis. Des failles apparaissent dans la cuirasse du groupe et l’enregistrement tarde à être bouclé. En ouvrant  le songwriting à la collectivité, le message s’en trouve brouillé.

Une usure s’installe, entretenue par le rythme infernal des tournées dans lesquelles se consume Steppenwolf. Mais tant que ça marche, hors de question de lever le pied. Enfin, du point de vue de la maison de disques.

Le groupe se fissure ; Larry Byrom remplace Michael Monarch à la guitare avant la fin des sessions et Rushton Moreve ne va pas tarder à laisser sa place à la basse, à Nick Saint-Nicolas. Le jeu des chaises musicales se met doucettement en place pour ce qui va devenir, au fil de la discographie, pénible et pénalisant.

Partant de ce constat, le contexte de ce troisième LP ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. La critique musicale ne s’y laisse pas prendre, considérant At Your Birthday Party comme une déception. Ce à quoi j’adhère complètement. Confus, brouillon malgré quelques succès comme It’s Never Too Late , Jupiter’s Child, Rock Me, Happy Birthday et Mango Juice, At Your Birthday Party n’a pas vraiment marqué les esprits.

C’est un bon disque de milieu de gamme, orienté hard et sans titre majeur. Pas indispensable (RAZOR©).

 

1. Don't Cry.

2. Chicken Wolf.

3. Lovely Meter.

4. Round And Down.

5. It's Never Too Late.

6. Sleeping Dreaming.

7. Jupiter's Child.

8. She'll Be Better.

9. Cat Killer.

10. Rock Me.

11. God Fearing Man.

12. Mango Juice.

13. Happy Birthday.

 

John Kay:chant,guitare rythmique,harmonica.

Michael Monarch,Larry Byrom:guitare.

Goldy McJohn:claviers.

Rushton Moreve:basse.

Jerry Edmonton:batterie.

 

LP Studio 4 - 1969

 

Steppenwolf monster

 

STEPPENWOLF

MONSTER – 1969  3/5

 

Publié en novembre 1969.

Produit par Gabriel Mekler.

Durée:32:53.

Label:ABC Dunhill.

Genre:hard rock,rock pychédélique,blues-rock.

 

Manque d’arguments.

 

Hervé Picart, dans un numéro de ce qui était notre bible musicale de l’époque, j’entends par là Best, s’extasie devant le Steppenwolf de Monster (en écoute intégrale ici), et lui adjuge un 5/5. Je n’objecte en rien le fait que les canado-ricains était un sacré groupe, par contre je ne sais pas où il trouve matière à justifier ici une telle cotation.

J’ai beau chercher depuis 45 ans, désolé Hervé, mais je ne vois pas. Je concède la maturité de l’album, le ram dam que sa sortie a engendré, la qualité des intervenants, Kay en tête qui figure effectivement parmi ce qui se fait de mieux au chant alors, le petit Byron à la gratte, le soin apporté à bien travailler son hard rock. Sur tout ça, on est d’accord.

Personnellement, cet album politisé avec des sujets en vogue au moment où ils furent traités et qui servent de trame au discours contestataire hippie, Vietnam, esclavage, autorité, justice, corruption, s’accommode très mal de son registre musical.

Et puis, elles sont où les grandes compositions ici ? L’ouverture en 10 minutes et 3 titres enchaînés, Monster, Suicide et America me laisse sur ma faim. Je ne trouve pas cette introduction au message politique et la voie choisie pour régler ses comptes très expressive ; le concept me paraît en décalage total.

J’ai beau réécouter de long en large. On est loin du grand Steppenwolf ici, la faute à une manière peu mémorable et une idée qui fait vite pschitt. Politiquement et musicalement, l’ensemble se retrouve vite à court d’arguments. Au final, il reste quoi ? Draft Resister et Power Play d’un côté. Mais de l’autre ? A part le final, From Here To There Eventually, c’est un peu léger et bancal, non ? Steppenwolf, c’est effectivement un super groupe, mais pas ici, Vévé. Pas ici (RAZOR©).

 

1. Monster/Suicide/America.

2. Draft Resister.

3. Power Play.

4. Move Over.

5. Fag.

6. What Would You Do (If I Did That To You).

7. From Here To There Eventually.

 

John Kay:chant,guitare rythmique,harmonica.

Larry Byrom:guitare.

Goldy McJohn:claviers.

Nick St-Nicolas:basse.

Jerry Edmonton:batterie.

 

LP Studio 5 - 1970

 

Steppenwolf seven

 

STEPPENWOLF

SEVEN – 1970  3,5/5

 

Publié en novembre 1970.

Produit par Richard Podolor.

Durée:39:57.

Label:Dunhill.

Genre:hard rock,rock psychédélique,blues-rock.

 

Retour à la case départ.

 

Après le décevant politico-expérimental Monster, Steppenwolf en a fini d’haranguer ses fans avec ses chansons à pseudo-messages et redonne toute sa place à la musique.

Marri de n’avoir pas accroché les charts depuis un bon moment, et ce n’est pas avec un répertoire contestataire et incitatif à la rébellion que les radios vont lui donner du temps d’antenne, Steppenwolf tente, avec ce Seven mais cinquième album studio de 1970 (en écoute intégrale ici), de redorer son blason en revenant aux bases gagnantes : du lourd, encore du lourd, toujours du lourd.

Je n’ai pas été tendre avec les deux albums précédents (et je confirme) ; je suis plus enthousiaste pour ce disque, bien meilleur. Avec George Biondo en lieu et place de Nick Saint-Nicolas à la basse, Steppenwolf revisite un genre graveleux dans lequel il est était passé maître avant de s’en éloigner et retrouve cette efficacité qui lui a fait défaut l’espace des deux derniers opus.

Il en découle une belle collection de chansons comme Ball Crusher, Forty Days And Forty Nights, l’autobiographique ballade Renegade, Who Needs Ya, Hippo Stomp, ainsi qu’une belle reprise (Snowblind Friend) d’un artiste qui leur est familier, Hoyt Axton (The Pusher sur l’album éponyme de 1968).

Et puis il y a cet instrumental au nom imprononçable, sorte de jazz-rock mélodique assez sympa. Cet album met également à l’honneur les multiples facettes de John Kay, qui peut être aussi bon hard rock singer qu’à l’aise dans un registre acoustique (Snowblind Friend), ainsi que l’apport ô combien important de la doublette Byrom et Biondo, notamment au chant.

Seven est très intéressant, quoi que sans envolées géniales. Mais je m’en contente (RAZOR©).

 

1. Ball Crusher.

2. Forty Days and Forty Nights.

3. Fat Jack.

4. Renegade.

5. Foggy Mental Breakdown.

6. Snowblind Friend.

7. Who Needs Ya'.

8. Earschplittenloudenboomer.

9. Hippo Stomp.

 

George Biondo:basse,choeurs.

Larry Byrom:guitare,choeurs.

Goldy McJohn:claviers.

John Kay:guitares,chant,harmonica.

Jerry Edmonton:batterie.

 

LP Studio 6 - 1971

 

Steppenwolf for ladies only

 

STEPPENWOLF

FOR LADIES ONLY – 1971  2,5/5

 

Publié en novembre 1971.

Produit par Richard Podolor.

Durée:45:19.

Label:MCA/Dunhill.

Genre:rock,hard rock.

 

Victime de l’amour.

 

La discographie de Steppenwolf est à l’image des montagnes russes : ça monte, ça redescend, ça remonte, ça redescend. Les deux premiers albums tutoient quasiment les sommets, puis la qualité baisse dès At Your Birthday qui demeure encore reste correct cependant.

Puis elle touche presque le fond avec Monster, qui voit Steppenwolf se fourvoyer dans un registre politico-hard visiblement pas fait pour lui et John Kay a l’honnêteté d’en assumer la paternité et toute la responsabilité, avant de reprendre des couleurs via Seven.  C’est le recul qui caractérise la trajectoire empruntée par For Ladies Only (en écoute intégrale ici), l’album de 1971, sixième studio.

Pour ce nouveau LP et en dépit des échecs précédents,  Steppenwolf aborde pourtant un autre thème politique, le féminisme. Comme si le hard rock pouvait s’accommoder de romantisme… Le verdict est sans concessions : re-flop.

A la différence près que cette fois-ci, c’est toute la squadra Steppenwolf qui trinque. Tous responsables ! Tout le monde, en effet, a mis la main à l’écriture de l’insipide For Ladies Only. Malheureusement sans trop de réussite au reagrd de ce qu’il recrache et, hormis Ride With Me, Sparkle Eyes, et Tenderness de Mars Bonfire, nada !

Que John Kay n’ait pas pris part à tous les enregistrements indique clairement que le gazier avait déjà la tête à ses desseins personnels. Il dissout officiellement Steppenwolf au terme de ce  sixième album, le jour de la Saint Valentin 1972. Décidément l’amour ne leur réussit pas.  Rideau jusqu’en 1974 pour leur retour (RAZOR©).

 

1. For Ladies Only.

2. I'm Asking.

3. Shackles and Chains.

4. Tenderness.

5. The Night Time's for You.

6. Jaded Strumpet.

7. Sparkle Eyes.

8. Black Pit.

9. Ride With Me.

10. In Hopes of a Garden.

 

John Kay:chant,guitare.

Kent Henry:lead guitare.

George Biondo:basse,chant.

Goldy McJohn:claviers.

Jerry Edmonton:batterie.

 

LP Studio 7 - 1974

 

Steppenwolf slow flux

 

STEPPENWOLF

SLOW FLUX – 1974  3/5

 

Publié en août 1974.

Produit par Steppenwolf.

Durée:45:33.

Label:Mums (U.S.A),Epic.

Genre:rock,hard rock.

 

Retour décent.

 

Slow Flux (en écoute intégrale ici), en 1974, amorce la deuxième phase discographique de Steppenwolf, séparé depuis 1972, le jour de la St Valentin, après avoir pris une veste avec For Ladies Only. La page Dunhill Records est définitivement refermée et c’est chez Mums, étiquette distribuée par CBS, que s’engage la suite ou plutôt le renouveau de Steppenwolf.

Ce dernier se reforme pour sillonner, avec succès, les routes du Vieux Continent où le Loup est toujours aussi populaire, malgré la coupure. Pour ce nouveau label, il sort trois albums.

Dopé par une popularité qui ne retombe pas, le groupe, réuni autour de Goldy McJohn, de John Kay et de Jerry Edmonton, ses piliers, de George Biondo (déjà là avant la séparation) et du nouveau venu Bobby Cochran (guitare), se remet à la planche dans le propre studio californien de John Kay.

Premier volet du triptyque discographique de la seconde période, Slow Flux est acceptable et parvient, de temps en temps, à séduire par son côté créatif. Mais ça reste rare et si l’on a la sensation de retrouver parfois le véritable Steppenwolf, c’est trop inégal pour pouvoir prétendre détenir une grande œuvre des canado-ricains.

Cet album marque cependant le retour du groupe dans les charts, grâce au titre Straight Shootin’ Woman. Ce n’était plus arrivé depuis 1969. Avec Smokey Factory Blues, le beau Morning Blue et Children Of The Night, vous tenez là les vraies réussites de ce Slow Flux. Pas assez pour sauter au plafond, suffisant pour passer un agréable moment. Le retour est décent, on n’en attendait pas moins (RAZOR©).

 

1. Gang War Blues.

2. Children of the Night.

3. Justice Don't Be Slow.

4. Get into the Wind.

5. Jeraboah.

6. Straight Shootin' Woman.

7. Smokey Factory Blues.

8. Morning Blue.

9. Fool's Fantasy.

10. Fishin' in the Dark.

 

George Biondo:basse,chant.

Jerry Edmonton:batterie.

Bobby Cochran:guitare.

John Kay:guitare,chant.

Goldy McJohn:claviers.

 

LP Studio 8 - 1975

 

Steppenwolf hour of the wolf

 

STEPPENWOLF

HOUR OF THE WOLF – 1975  2/5

 

Publié en 1975.

Produit par Steppenwolf.

Durée:37:58.

Label:Epic.

Genre:rock.

 

Sans intérêt.

 

Inutile de faire semblant ou de faire durer le suspense : Steppenwolf, à l’appel de Hour Of The Wolf (en écoute intégrale ici), sorti en 1975 et deuxième album du come-back de l’après For Ladies Only (1972), n’y est plus et s’éloigne de plus en plus de ce pourquoi on aimait ce groupe précédemment. J’entends par là la formation des débuts.

En panne d’arguments convaincants, dans un registre pop-rock décevant, on réservera ce Hour Of The Wolf (1975) aux inconditionnels de Steppenwolf, pour compléter leur collection seulement. Il n’est pas un grand succès commercial (aucun single) et pas un grand disque.

Caroline, qui ouvre, révèle un son différent avec lequel je n’ai pas beaucoup d’accointances. Exit le hard blues, l’univers proposé est résolument pop-rock. Aucune surprise dans le sac, l’album sent le réchauffé.

Steppenwolf ne propose rien de nouveau et surtout d’aguichant. La matière fait gravement défaut.  Seul Annie Annie Over se distingue ; c’est maigre et annonciateur d’un dépôt de bilan imminent. Je ne vois donc pas d’intérêt particulier d’en pincer pour ce disque si ce n’est pour ne manque pas un bouton à la discographie de Steppenwolf (RAZOR©).

 

1. Caroline (Are You Ready for the Outlaw World).

2. Annie, Annie Over.

3. Two for the Love of One.

4. Just for Tonight.

5. Hard Rock Road.

6. Someone Told a Lie.

7. Another's Lifetime.

8. Mr. Penny Pincher.

 

George Biondo:basse,chant.

Bobby Cochran:guitare.

John Kay:guitare,chant.

Jerry Edmonton:batterie.

Andy Chapin:claviers.

 

LP Studio 9 - 1976

 

Steppenwolf skullduggery

 

STEPPENWOLF

SKULLDUGGERY – 1976  1,5/5

 

Publié en 1976.

Produit par Steppenwolf.

Durée:34:26.

Label:Epic.

Genre:pop-rock.

 

La queue basse.

 

Il fallait le faire, contrat oblige. C’est fait. Point barre. On passe à autre chose plutôt que de rester à tartailler des heures inutilement sur un disque qui n’en vaut pas la peine.

Dire qu’il y a des chroniqueurs qui le pointent à 4, voire 5 étoiles. No comment. Il faut rester objectif. La casquette de supporter est parfois lourde à porter, demandez aux supporters messins.

Aucune chanson n’est à relever, le loup rebrousse chemin  la queue basse.  L’affaire finit en eau de boudin. Il est des moments où il vaut mieux s’arrêter avant qu’il ne soit trop tard. Pour ne pas l’avoir appliqué à ses dépens, Steppenwolf signe ici sa plus grosse daube (RAZOR©).

 

1. Skullduggery.

2. (I'm A) Road Runner.

3. Rock and Roll Song.

4. Train of Thought.

5. Life Is a Gamble.

6. Pass It On.

7. Sleep.

8. Lip Service.

 

Bobby Cochran:guitare,chant.

John Kay:guitare,chant.

George Biondo:basse,chant.

Wayne Cook:claviers.

Jerry Edmonton:batterie,percussions,choeurs.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 2 - 1973

 

John kay my sportin live 74

 

JOHN KAY

MY SPORTIN’ LIFE – 1973  4/5

 

Publié en 1973.

Produit par John Kay.

Durée:36:58.

Label:ABC-Dunhill Records.

Genre:rock,blues-rock.

 

Piège à Loups.

 

Le monde est petit, c’est le moins que l’on puisse dire. Comment un jeune immigré est-allemand répondant au nom de John Kay a-t-il pu partager sa couette spartiate du moment, à même le sol, devant la cheminée, avec un Neil Young qui n’était pas encore Neil Young ? Le point commun de cette rencontre improbable, c’est Toronto où les Kraudelat ont posé clandestinement leurs bagages en attendant mieux. Le mieux, c’est l’autre côté de la frontière, les States ; les Krauledat, c’est la famille de Joachim Fritz, celui que l’on surnomme John Kay.

Toronto, Neil Young y traîne alors, avant qu’il ne fasse le grand saut pour la Californie et les Buffalo. Un peu avant le milieu des 60’s, il bricole dans Yorkville, quartier des musiciens et des hippies de Toronto. C’est pour lui l’époque des Squires et des premiers projets discographiques. John Kay rêve lui de devenir une star du rock, s’essaie du côté des Sparrows, un groupe local qui marchait bien d’après le Loner, et qui, avec les Hawks qui deviendront le Band, sont les meilleurs représentants du Toronto Sound.

Dans son autobiographie, Neil Young retrace cette tranche de vie partagée chez Vicky Taylor, au-dessus du Night Owl, passé à entretenir l’oisiveté ambiante entre dormir et écouter des disques. John Kay initie Young à quelques plans de gratte qui, dit ce dernier, vont l’aider à définir son style.

Depuis cet épisode, John Kay, le prusso-canadien a migré aux States et fait du chemin en signant quelques uns des plus grands succès du rock : Born To Be Wild, Sookie-Sookie, Monster, Magic Carpet Ride, Rock Me, The Pusher, Hey Lawdy Mama. Les Sparrows éclatés, une mouture aboutit à Steppenwolf, entré dans la mémoire collective avec ce répertoire mémorable et un bilan impressionnant de plus de 35 millions de disques vendus.

Les Sparrows et Steppenwolf ne sont pas le propos du jour. John Kay a eu une vie artistique personnelle en dehors de ces deux belles communautés, c’est là-dessus que je vous propose de nous attarder. Sur My Sportin’ Life (1973) notamment, deuxième de rang du catalogue après le bel ouvrage-hommage (Hank Williams, Hank Snow, Richard Farina, Robert Johnson) qu’est Forgotten Songs & Unsung Heroes (1972) fait pour ABC/Dunhill Records.

Soyons clairs. My Sportin’ Life mérite bien mieux que l’appréciation tronquée qui lui colle souvent au paletot au motif que l’artiste tente de rompre avec son personnage de hard rockeur ; il ne nous fait pas du Steppenwolf. Oui, et alors ? Si l’on doit s’arrêter à ces seules considérations, où va-t-on ? Kay a des choses à dire et à faire et s’emploie à le faire différemment, laissons-lui la chance de s’exprimer ! Alors ceux qui sont venus entendre hurler le Loup en seront pour leurs frais.

D’autant plus qu’il s’en sort plutôt bien dans un répertoire calibré pour sa voix. Dans une atmosphère plutôt country, Moonshine place l’album sous les meilleurs auspices, sensation que conforte l’acoustique Nobody Lives Here Anymore, excellente escale ici et l’admirable version de Drift Away de Mentor Williams dont Rod Stewart a également fait une très belle traduction (voir le réussi Atlantic Crossing de 1975).

Quelques belles ballades s’invitent ensuite au programme comme Heroes & Devils, My Sportin’ Life. Easy Evil laisse sur une belle impression tandis que Giles Of The River et Dance To My Song affichent le penchant plutôt réussi de Kay pour le registre acoustique. Sing With The Children et son belle slide, un des meilleurs blues rock de l’artiste conclut l’opus sur une note très concluante.

J’ai gardé pour la fin le line-up qui vaque à cet album : Mike Utley, Danny Kortchmar, Russ Kunkel, Leland Sklar, Larry Knechtel, George Biondo… no comment (RAZOR©).

 

Face 1.

1. Moonshine (Friend Of Mine).

2. Nobody Lives Here Anymore.

3. Drift Away.

4. Heroes And Devils.

5. My Sportin' Life.

 

Face 2.

6. Easy Evil.

7. Giles Of The River.

8. Dance To My Song.

9. Sing With The Children.

 

George Biondo,Leland Sklar,Bill Cooper:basse.

Daryl Dragon,Larry Knechtel,Alan O’Day,Hugh Sullivan:claviers.

Stan Farber,Venetta Fields,Gloria Jones,Sherlie Matthews,Gene Monford:choeurs.

Whitey Glan,Russ Kunkel:batterie.

Kent Henry,Danny Kortchmar:guitare.

John Kay:guitare,harmonica,chant.

Richard Podolor:claviers,mandoline.

Mike Utley:piano.

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