John Lennon.

BIOGRAPHIE.

 

JOHN LENNON/Liverpool (Angleterre)

 

Lennon intro

 

Né John Winston Lennon, le 9 octobre 1940 à Liverpool,décédé le 8 décembre 1980 à New York (U.S.A).

Actif entre 1957 et 1975,1980.

Labels:Parlophone,Apple,Capitol.

Genre:rock,pop-rock,rock 'n' roll,musique expérimentale.

Site officiel:www.johnlennon.com

 

Parti trop tôt et violemment.

8 décembre 1980, aux alentours de 23 heures, John Lennon rentre du Robert Plant studio avec Yoko Ono, son épouse. Ils viennent d'enregistrer Walking On The Ice. Celle-ci s'engouffre sous le porche du Dakota Building, l'immeuble qui jouxte Central Park et où le couple réside. John, après avoir fait garer sa limousine dans la 72ème rue, lui emboîte le pas, à quelques longueurs derrière elle.

Soudain, un homme surgit de l'obscurité qui fait feu sur l'ancien Beatles et l'abat de 4 balles, la 5ème allant se loger dans une vitre du bâtiment. Atteint de deux projectiles dans le dos, côté gauche, et de deux autres partis se loger dans l'épaule, John est très grièvement blessé. L'aorte perforée, il titube quelques mètres avant de tomber à terre au pied du poste de sécurité, sous les yeux du portier et de Yoko.

Désarmé par le chauffeur particulier des Lennon, l'auteur de l'assassinat, Mark David Chapman, ne cherche même pas à fuir. Il attend tranquillement l'arrivée de la police et, maîtrisé, s'assoit sur le bord du trottoir. Il vient de tirer sur John Lennon et il le sait. L'artiste décède à l'hôpital St. Luke's Roosevelt, une heure plus tard. Il avait 40 ans. Ironie du sort, dans l'après-midi, Lennon avait signé un autographe à son assassin...devant chez lui. Il revenait tout juste à la musique après s'être accordé une longue trêve...

Lennon jeuneElève médiocre mais doué pour le dessin et la poésie.

Lennon 16 ansA 16 ans, il est déjà excllent musicien.

Lennon quarrymen 57A 17 ans, il fonde The Quarrymen...

Lennon beatles...marchepied pour les Beatles.

Lennon yokoJohn Lennon et Yoko Ono...

Lennon bed in photo getty...un couple qui oeuvre pour la paix dans le monde.

Lennon imagine...dont Imagine est depuis le symbole...

Lennon imagine central park...incontournable à Central Park,à quelques dizaines de mètres...

Lennon dakota mort...de l'entrée du Dakota Building...

Lennon mark chapman...où Mark Chapman a commis son méfait.

Lennon plastic ono bandJohn Lennon/Plastic Ono Band (1970).

Une enfance perturbée.

John Winston Lennon est né à Liverpool le 9 octobre 1940. Fils d'Alfred et de Julia Lennon, née Stanley, il est le seul enfant d'un couple marié en 1938 mais qui va vite se défaire. Le père s'engage dans la marine marchande. Depuis Liverpool par lequel transitent les paquebots, il voyage beaucoup. John le voit très peu. De temps à autre, il envoie de l'argent à la famille...

Julia est, elle, ouvreuse dans un cinéma mais, peu fortunée, retourne vivre chez ses parents. Sans nouvelles de son mari, elle est persuadée qu'il est, ou en prison, ou qu'il a déserté. En tous cas, il a déserté le domicile conjugal, aussi Julia place-t-elle son fils chez sa sœur aînée Mimi Smith de Woolton qui va l'élever dans l'aisance et la stabilité.

La musique, sa planche de salut.

John se révèle vite très médiocre sur le plan scolaire (Dovedale Primary School puis la Quarry Bank Grammar School) et bagarreur de surcroît. Mais il est doué pour la poésie et le dessin. Il invente souvent des paroles sur des comptines pour enfants. Passionné de rock & roll, de Bill Haley And His Comets et d'Elvis Presley, il trouve sa voie dans la musique en montant son premier groupe au milieu des 50's : The Black Jacks, puis The Quarrymen (1956), en référence à l'école qu'il fréquente.

Les Quarrymen ou Quarry Men pratiquent le skiffle, un genre hybride fait de folk, de blues, de jazz, de country et de Hillbilly et ne demandant aucune compétence instrumentale particulière, ni ne faisant appel à aucun matériel spécifique.

John Lennon, Pete Shotton, son meilleur ami depuis l'âge de six ans, Bill Smith (puis Len Garry), Rod Davis, Eric Griffiths, Colin Hanton constituent la première mouture (Ivan Vaughan et Nigel Whalley en feront partie aussi) de cette formation dilletante qui se produit sur la place de Liverpool.

La rencontre avec Paulo...

Le 6 juillet 1957 marque une date historique pour le rock dans la mesure où le jeune Paul McCartney, 15 ans, rencontre pour la première fois John Lennon dont le groupe, les Quarrymen, donne un concert à la St Peter's Church de Liverpool. Ils échangent quelques mots et se donnent rendez-vous ultérieurement.

John accepte l'idée que Paul rejoigne les Quarrymen. Pas Pete Shotton qui ne s'entend pas du tout avec le nouvel entrant. Celui-ci, pourtant co-initiateur du groupe, est écarté au profit de McCartney. Le 8 août 1957, le Cavern Club, club de jazz ouvert quelques mois plus tôt, les accueille.

A l'automne, McCartney, second guitariste, se retrouve officiellement au milieu de la formation de skiffle. Sa première s'effectue le 18 octobre 1957 au Clubmoor Hall (Liverpool). Les Quarrymen vont dès lors progressivement dériver vers le rock 'n' roll et perdre Rod Davis, plus intéressé par la folk music. Le tandem Lennon/McCartney naît à cette époque.

Des Quarrymen...

Les Quarrymen sont alors favorables à la venue d'un troisième guitariste. George Harrison, ami de McCartney, à peine 15 ans, passe une audition improvisée sur la plate-forme supérieure d'un bus à impériale. Très doué, la troisième variable de l'équation menant aux Beatles est engagée en février 1958, en dépit de sa jeunesse et au détriment d'Eric Griffiths.

Son entrée permet aussi aux Quarrymen de répéter au domicile familial des Harrison. Durant l'été 1958, le groupe enregistre un disque de deux titres, That'll Be The Day (de Buddy Holly) et In Spite Of All The Danger, crédité à Harrison/McCartney. La joie de la sortie de ce premier disque est tempérée par la mort accidentelle de la mère de Lennon, Julia, renversée par une voiture (juillet 1958). John est bouleversé.

Cet été là, les Quarrymen sont constitués comme suit : Lennon, McCartney, Harrison, Hanton. Un 5ème élément, John Duff Lowe, est invité régulièrement à jouer du piano avec eux, jusqu'en automne. Il pointe sur le 78T évoqué précédemment. C'est lui d'ailleurs qui a revendu, plus tard, les bandes de cet enregistrement à McCartney et qui figure sur la compilation Beatles Anthology 1 (novembre 1995).

Quelques semaines après le départ de Lowe, Hanton quitte à son tour les Quarrymen. Plus surprenant, George Harrison l'imite et rejoint le Les Stewart Quartet (1959). Sans batteur, Lennon et McCartney voient leur avenir s'assombrir. Ils continuent néanmoins à écrire des chansons ensemble.

Fin août 1959, le Casbah Coffee Club de West Derby (Liverpool) sert de cadre à la renaissance des Quarrymen. Le Les Stewart Quartet, prévu pour inaugurer l'endroit, doit devenir le groupe-résident du club. Les Stewart refuse d'y jouer au motif d'une brouille avec Ken Brown, son guitariste.

Brown et Harrison rappellent Lennon et McCartney pour pallier la défaillance du Les Stewart Quartet. Les Quarrymen assurent l'animation de la Casbah jusqu'au 10 octobre 1959, date à laquelle Brown se blesse à une jambe. Le trio continue sans lui, Brown perd sa place.

...aux Beatles...

Les Quarrymen changent alors de nom à l'automne de l'année 59. Ils deviennent pour un temps très court (un mois), Johnny And The Moondogs. Johnny comme John Lennon, leur leader. Rares sont les occasions où ils évoluent sous cette identité.

Ils redeviennent les Quarrymen au début de l'année 1960. Puis les Beatals, les Silver Beats (qu'intègrent le bassiste Stuart Sutcliffe et le batteur Pete Best, fils de la propriétaire du Casbah Club), les Silver Beetles, puis Beatles en août de cette même année, ce nom étant un jeu de mots entre The Beetles, les Scarabées en français, et Beat, le rythme, car ils sonnent alors très rock 'n' roll.

Sans Sutcliffe (parti en 1961 et mort un an après), sans Pete Best (remplacé au bout de deux ans), mais avec l'expérimenté Ringo Starr venu des Rory Storm And The Hurricanes (18 juin 1962), ce nom va alors déferler sur le monde et marquer au fer rouge et pour l'éternité la musique pop. Le line-up mythique rencontre du succès dès son premier album, Please, Please Me ; il ne se démentira jamais jusqu'à la fin du groupe en 1970.

Au début de cette aventure qui aura duré 8 ans, John Lennon se positionne comme le leader des Beatles, du fait de son état de fondateur des Quarrymen, de par son statut de chanteur principal et de par son implication dans l'écriture. Lennon obtient en 1962 que les crédits de ses compositions avec McCartney apparaissent sous Lennon/McCartney et non pas l'inverse. C'est dire la rivalité entre les deux songwriters...

...dont il s'émancipe 8 ans après.

Si la Beatlemania fait des Beatles des icônes, elle masque en retour beaucoup de choses qui dictent le processus de désagrégation progressif du groupe  : la fragilité de Lennon qui vit très mal les débordements hystériques du public, la fin des tournées en 1966, des concerts qui perdent en qualité, l'importance de Brian Epstein dont la disparition précipite les problèmes en interne, le choix d'Allen Klein comme manager, les tensions en studio entre John et Paul, démarrées à l'occasion de l'Album Blanc et à leur maximum pour les sessions d'Abbey Road, l'échec du projet Get Back (devenu Let It Be), et enfin, c'est la goutte qui fait déborder le vase, l'omniprésence de Yoko Ono, toujours dans les pattes des musiciens. Pendant 4 ans (66/70), les Beatles n'ont plus rien d'un groupe.

L'artiste plasticienne japonaise est la source de nombreux conflits entre John et Paul. Lennon rencontre Yoko en 1966 ; elle devient rapidement sa muse (1968) et prend de plus part aux enregistrements des Beatles, ce que ne tolèrent pas les autres membres. Jamais une femme ne s'est jusque là mise entre eux, qui plus est dans leur processus de création.

L'influence de Yoko Ono.

Or John, à un moment où il recherche une paix intérieure, subit la très forte influence de la nippone. Il s'émancipe progressivement des Beatles et pour bien leur montrer que Yoko, c'est à prendre ou à laisser, entame une carrière parallèle sous John Lennon & Yoko.

Le duo sort en 1968 et 1969, trois albums de musique expérimentale au succès très limité : Unfinished Music N° 1 : Two Virgins, Unfinished Music N° 2 : Life With The Lions et Wedding.

Il pousse la provocation jusqu'à se montrer sur le show pour la télévision, Rock And Roll Circus, du rival historique, les Rolling Stones. Suite à cette mauvaise ambiance, le discret George Harrison quitte les Beatles une dizaine de jours (janvier 1969).

John épouse Yoko à Gibraltar, au printemps 1969, avant d'enregistrer Give Peace A Chance (sortie juillet 1969, sous Plastic Ono Band), sa première chanson officielle hors du cadre des Beatles. Elle est enregistrée dans une suite de l'Hôtel Queen Elizabeth de Montréal en appoint du deuxième bed-in For Peace (fin mars 1969), événement médiatique mettant en scène John et Yoko et promouvant, en pleine guerre du vietnam, la paix dans le monde.

Lennon relate ces faits dans la chanson The Ballad Of John And Yoko, publiée pour les Beatles fin mai 1969. Conscient que le torchon brûle entre lui et le groupe, entre lui et Macca, Lennon s'arrange pour que Give Peace A Chance soit finalement créditée au tandem Lennon/McCartney. Le line-up mythique des Beatles se réunit une dernière fois le mercredi 20 août 1969.

Faire bouger les choses...

Il doit cependant se résoudre à annoncer aux autres Beatles sa résolution de quitter les Fab Four. Cette décision irrévocable est révélée en interne en septembre 1969, reconnue publiquement par McCartney dans une interview donnée en novembre de la même année et rendue officielle par communiqué de presse via le bassiste, le 10 avril 1970, soit une semaine avant la publication de son premier LP solo McCartney.

John Lennon emploie alors son temps et son énergie à démarrer une carrière solo, à Yoko. En fin tacticien et habile communiquant qu'il est, il se sert aussi de son image anti-militariste pour secouer le cocotier (bad-ins, bag-ins, campagne d'affichage dans les plus grandes villes du monde, manifestation pour le retrait des forces anglaises d'Irlande...). Qu'importe que lui et sa femme soient les clowns du monde, si ça fait bouger les choses...

Après les singles Instant Karma (février 1970), 3ème aux Etats-Unis et 5ème au Royaume-Uni et Mother (décembre 1970), en hommage à sa mère disparue et au père qu'il n'a pas beaucoup vu, John Lennon sort son premier véritable disque personnel, John Lennon, Plastic Ono Band (décembre 1970).

Lennon mccartney

« Je me souviens d'une rencontre avec Lennon quelques années après la rupture du groupe. Il m'a serré dans ses bras. C'était génial, parce que nous ne faisions pas ça normalement et il m'a dit : que c'est bon. Je me suis toujours souvenu de ce contact et de ce que c'est bon ! » (Paul McCartney)

L'hymne Imagine.

Album majeur du rock, il n'a aucune commune mesure avec les trois désastres avant-gardistes sortis préalablement. S'il ne devait rester qu'un LP de Lennon, c'est incontestablement celui-ci ou son suivant immédiat (Imagine).

Politiquement engagé, le single Power To The People (7 en Angleterre, 11 aux States) lui succède en mars 1971, deux mois avant l'enregistrement de l'incontournable album Imagine (sorti en automne 1971), porté par sa sublime chanson-titre (mais pas que), pacifiste, un brin utopique et troisième plus grande chanson de tous les temps.

En deux albums, Lennon démontre qu'il n'a pas besoin des Beatles pour être populaire et crédible. En pleine bataille judiciaire avec son ancien groupe, le contestataire que la gauche d'alors s'arrache, signe, entre autres, How Do You Sleep, clairement dirigée contre Paul McCartney. L'année 71 se clôt sur un nouveau single pour la paix, doublé d'une chanson de Noël, Happy Xmas (War Is Over).

Le geste fou de Mark Chapman.

Parti vivre à New York durant l'été 1971 (Greenwich Village), le couple Lennon se retrouve dans le viseur du FBI pour son activisme virulent. L'administration américaine ne veut plus d'eux (mais surtout de Lennon) sur son sol (1972).

Les Lennon déménagent de Greenwich au Dakota Building où ils rachètent l'appartement de Robert Ryan après sa mort (avril 1973), lequel a servi de cadre au tournage d'une scène de Rosemary's Baby.

Côté musique, la discographie de Lennon s'étoffe de quelques albums supplémentaires jusqu'à la fin des 70's : Some Time In New York City (1972 avec Yoko Ono), Mind Games (novembre 1973), enregistré juste avant sa séparation d'avec Yoko et publié alors que John est à Los Angeles auprès de May Pang, son assistante de production, Walls And Bridges (septembre 1974), Rock And Roll (début 1975), un album de reprises.

La compilation Shaved Fish (1975) marque le point de départ d'un silence de 5 ans au cours desquels l'artiste ne renouvèle même pas son contrat avec Apple. Il préfère s'occuper de son fils Sean.

Son retour discographique se fait avec Double Fantasy et Yoko Ono, le 17 novembre 1980. Mal accueilli par le public et la critique, le disque trouve un regain d'intérêt suite au drame du 8 décembre.

L'album et les singles qui en émanent (Just Like Starting Over, Woman) trustent les honneurs (Grammy 1981) et les premières places des deux côtés de l'Atlantique. Il aura malheureusement fallu le geste fou du tristement célèbre Mark Chapman pour faire taire cet écorché vif si fragile (RAZOR©).

DISCOGRAPHIE THE BEATLES 60'S/70'S.

LP Studio 1 - 1963

 

Beatles please please me

 

THE BEATLES

PLEASE PLEASE ME – 1963  4/5

 

Publié le 22 mars 1963 (mono),le 26 avril 1963 (stéréo).

Produit par George Martin,Ron Richards.

Durée:31:47.

Label:Parlophone.

Genre:merseybeat,rock 'n' roll,pop-rock,british invasion.

 

Déjà des phénomènes.

 

Premier album des Beatles, Please Please Me (en écoute intégrale ici) paraît le 22 mars 1963 chez Parlophone, une division d'EMI pour le Royaume-Uni dont George Martin est l'influent responsable.

Alors que le groupe se fait refouler par de grosses maisons de disques, Decca notamment, George Martin les auditionne (avec Love Me Do) et les signe en juin 1962, après avoir demandé aux membres d'écarter le batteur Pete Best au profit de Ringo Starr.

Jusqu'en 1970, celui-ci les produit, supervise les enregistrements et les arrangements, contribuant grandement à leur célébrité (30 titres de N°1 en Grande-Bretagne, 23 aux States). Au regard de son implication, il est appelé le 5ème Beatles.

8 mois après le début de cette collaboration, deux singles tombent : Love Me Do/P.S I Love You, premier morceau crédité Lennon/McCartney, sorti le 5 octobre 1962, qui fait un pic à 17 (16 janvier 1963) dans les charts UK (N°1 aux Etats-Unis en 1964). Sur cette première version, c'est Ringo Starr qui tient la batterie, Andy White apparaissant sur la version de l'album Please Please Me. Quant au single Please Please Me/Ask Me Why (11 janvier 1963), il est supposé être le premier N° 1 officiel des Beatles.

Ce dernier titre nomme le premier album des Beatles lequel va engager le Beatlemania et la British Invasion derrière lui. Please Please Me, As Me Why, Love Me Do et P.S I Love You se retrouvent sur cet album ouvrant le compteur des liverpuldians.

La norme, en 1963, consiste à reprendre des titres, généralement de R & B, pour faire un 33 tours. C’est ce que la quasi globalité des groupes débutants dans le métier s’applique à faire, rares étant ceux qui débarquent dans le métier avec leurs propres compositions.

Les Beatles dérogent quelque peu à ce démarrage classique en y incluant plus de chansons écrites par leur soin (8) que de reprises (6).

Le tandem Lennon/McCartney se montre déjà à son avantage et la qualité de son apport surclasse les morceaux empruntés, des standards du rock n’ roll, qu'ils ont à leur répertoire de scène.

Les Beatles, alors gamins d’une vingtaine d’années, montrent sans tarder ce dont ils sont capables. Leurs mélodies charmeuses les enclavent cependant dans un statut de groupe à minettes et personne n’ose parier une livre sterling sur eux.

Enregistré quasiment dans les conditions du direct sur un malheureux deux pistes (pour faire simple, c’est grosso modo une piste pour les voix, une autre pour les instruments), bouclé en une journée (11 février 1963) en une session d’une dizaine de plombes, avec un Lennon tenaillé par un mal de gorge, Please Please Me est le disque commercial par excellence.

Il passe une trentaine de semaines en tête des albums et, alors que le rock est en souffrance, va changer la donne de la musique, la révolutionner même.

Qui a oublié sa pochette immortalisant les quatre Beatles photographiés par un plan en dessous signé Angus McBean, appuyés contre une balustrade dans les locaux londoniens d’EMI ? Qui a oublié que ce disque éclectique et frais, simple et authentique est un écrin abritant de délicieuses et insouciantes sucreries ?

Les nanans en question ? La chanson titre, Love Me Do, l’ouverture avec I Saw Her Standing There, Do You Want To Know A Secret, P.S I Love You, le ravageur Twist And Shout du duo Phil Medley/Bert Russell (et non pas des Beatles), There’s A Place, Misery, la reprise d’Arthur Alexander, Anna (Go To Him).

Tout ça ne vous rappelle rien? C’était le temps où quatre garçons arborant encore le costard/cravate, qui n’étaient encore que des espoirs, mettaient déjà le feu au Cavern Club, avant, quelques mois plus tard, de se produire à l’Olympia de Coquatrix aux côtés de Sylvie Vartan, Pierre Vassiliu et Trini Lopez.

Alors qu’ils en sont au premier témoignage discographique de leur carrière, la magie opère déjà, les Beatles sont déjà un phénomène. Ils palisent à tout le monde et sont déjà N° 1.

Please Please Me, c’est le rock dans toute sa simplicité, à prendre dans son contexte brut du moment, et ça fait énormément de bien d’y revenir de temps à autre.

Please Please Me est un indispensable, car c’est là que tout commence. Derrière va s'écrire l'histoire. Cette période des Beatles ne s’occulte pas, loin s’en faut (RAZOR©)

 

1. Saw Her Standing There.
2. Misery.
3. Anna (Go To Him).
4. Chains.
5. Boys.
6. Ask Me Why.
7. Please Please Me.
8. Love Me Do.
9. P.S. I Love You.
10. Baby It' S You.
11. Do You Want To Know A Secret.
12. A Taste Of Honey.
13. There' S A Place.
14. Twist And Shout.

 

John Lennon:guitare électrique,guitare acoustique,harmonica,chant.

Paul McCartney:basse,chant.

George Harrison:guitare électrique,guitare acoustique,chant.

Ringo Starr:batterie,tambourin,maracas,chant.

George Martin:piano,célesta.

Andy White:batterie sur 8/9.

 

LP Studio 2 - 1964

 

Beatles with the beatles 64

 

THE BEATLES

WITH THE BEATLES – 1963  5/5

 

Publié le 22 novembre 1963.

Produit par George Martin.

Durée:32:24.

Label:Parlophone.

Genre:beat,pop-rock.

 

Les Beatles mènent la fronde.

 

Après la grande réussite du précédent Please Please Me (1963), premier opus des Beatles, ces derniers remettent l’ouvrage sur le métier : concerts, tournées, émissions de TV, radios. On les voit partout, on ne parle que d’eux. La Beatlemania est en marche.

Un deuxième album s’inscrit dans l'élan de ce battage médiatique hors norme, quatre mois après Please Please Me. Il s’appelle, sans prétention, With The Beatles (en écoute intégrale ici), publié en novembre 1963.

A peine sorti, il déloge son prédécesseur du devant de la scène et du leadership des charts pour s’y installer à son tour. Avec ce disque, les Beatles prennent leur véritable départ et quittent le costume de groupe à minettes auquel leurs mélodies charmeuses les assimilent.

La formation anglaise est alors mieux rodée, les harmonies vocales plus affinées, les compositions mieux travaillées, les arrangements plus épurés, les reprises de meilleure qualité et mieux traitées. La machine est lancée, on sait maintenant ce qu’il en adviendra.

With The Beatles se compose de 8 originaux dus essentiellement au tandem Lennon/McCartney, exception faite de Don’t Bother Me, première contribution officielle de George Harrison (pas la plus mémorable), et de 6 reprises puisées, dans leur majorité, dans le catalogue toujours très porteur et bien achanlandé de la Motown.

Les Beatles de cet album accrocheur franchissent un cap. Cette progression marquée s’affiche dès les trois premiers titres, explosifs, comme le magnifique It Won’t Be Long, All I’ve Got To Do et All My Loving, ce dernier traduisant bien la patte du duo de l’écriture.

I Wanna Hold Your Hand, I Wanna Be Your Man, refilé à des Stones qui ne composent pas encore à ce moment de leur parcours, Till There Was You, la reprise maîtrisée de Roll Over Beethoven, You Really Got A Hold On Me de Smokey Robinson, Please Mister Postman, l’énergique Hold Me Tight, le pugnace Money final témoignent d’une consistance nouvelle dans le répertoire des Beatles.

Même si le meilleur est encore à venir, With The Beatles contient suffisamment d’éléments convaincants pour s'arroger le droit de mener la fronde britannique sur le sol U.S. Meet The Beatles, le pendant américain de With The Beatles, touchera sa cible. C’était le but avoué (RAZOR©).

 

1. It Won't Be Long.

2. All I've Got to Do.

3. All My Loving.

4. Don't Bother Me.

5. Little Child.

6. Till There Was You.

7. Please Mister Postman.

8. Roll Over Beethoven.

9. Hold Me Tight.

10. You Really Got A Hold on Me.

11. I Wanna Be Your Man.

12. Devil In Her Heart.

13. Not A Second Time.

14. Money (That's What I Want).

 

John Lennon:chant,guitare rythmique,harmonica,orgue.

Paul McCartney:chant,basse,piano.

George Harrison:guitare solo,chœurs,chant.

Ringo Starr:batterie,chœurs,chant.

George Martin:claviers.

 

LP Studio 3 - 1964

 

Beatles a hard day s night 64

 

THE BEATLES

A HARD DAY’S NIGHT – 1964  5/5

 

Publié le 10 juillet 1964.

Produit par George Martin.

Durée:30:13.

Label:Parlophone.

Genre:pop-rock,rock.

 

Il y a les Beatles et les autres.

 

A Hard Day's Night (en écoute intégrale ici) est le numéro 3 des Beatles. Il est publié le 10 juillet 1964, alors que le tsunami Beatles bat son plein. Dans la beatlemania ambiante, les Beatles sortent leur premier film, A Hard Day’s Night (Richard Lester). Il s'appele Quatre Garçons Dans le vent chez nous, avec les Scarabées dans leur propre rôle.

Les Beatles transforment alors en or tout ce qui passe entre leurs mains. Le cinéma rajoute à leur phénoménale popularité. Ce disque, programmé pour coïncider avec la sortie sur écran, est, en quelque sorte la bande son du film.

En quelque sorte seulement, parce que seule la face 1 et ses 7 titres (les plus probants) ont un rapport direct avec le film, les 6 pièces de la face B ayant été enregistrées dans le même but, mais n’étant pas retenues sans que leur qualité soit mise en cause pour autant.

Toutes les pistes portent la signature du tandem Lennon/McCartney, dix pour le futur mec de Yoko, trois pour le bassiste gaucher (Can’t Buy Me Love, And I Love Her et Things We Said Today).

En une trentaine de minutes d’un répertoire pop et rock, les auteurs montrent une belle prolificité, une prometteuse inventivité, une maturité déjà affirmée et une magnifique homogénéité. Ils atteignent un premier sommet créatif en tournant le dos aux reprises comme c’est le cas dans leurs deux premiers albums et creusent l’écart qui les sépare de leurs rivaux du moment, si tant est qu’ils en aient. Les Beatles y acquièrent une vraie dimension artistique.

La majorité des titres figurant sur la face initiale d’A Hard Day’s Night vous sont très familiers : le morceau titre, I Should’ve Known Better, Can’t Buy Me Love, And I Love Her font désormais partie du patrimoine musical.

Le reste, s’il est moins populaire, n’en demeure pas moins très inspiré et certaines compositions soulignent l’état de grâce dans lequel le duo de l’écriture évolue alors : Anytime At All, When I Get Home, I’ll Cry Instead, If I Fell, Things We Said Today.

A Hard Day’s Night est donc un très grand album à faire figurer en bonne place dans votre sélection (RAZOR©).

 

1. A Hard Day's Night.

2. I Should Have Known Better.

3. If I Fell.

4. I'm Happy Just To Dance With You.

5. And I Love Her.

6. Tell Me Why.

7. Can't Buy Me Love.

8. Any Time At All.

9. I'll Cry Instead.

10. Things We Said Today.

11. When I Get Home.

12. You Can't Do That.

13. I'll Be Back.

 

John Lennon:chant,guitares,harmonica,tambourin,piano.

Paul McCartney:chant,basse,piano guitare acoustique.

George Harrison:chant,guitare acoustique et électrique.

Ringo Starr:batterie,bongos,maracas,tambourin.

George Martin:piano.

 

LP Studio 4 - 1964

 

Beatles for sale 1964

 

THE BEATLES

BEATLES FOR SALE – 1964  3/5

 

Publié en septembre 1964 (UK).

Produit par George Martin.

Durée:34:13.

Label:Parlophone

Genre:rock,folk-rock,pop-rock.

 

Coup de moins bien.

 

Après trois LP probants, Beatles For Sale marque un premier coup de moins bien dans la carrière des « quatre garçons dans le vent », surnom hérité de leur premier film, A Hard Day’s Night, dont la transposition discographique est le reflet de leur fulgurante ascension artistique.

Paul McCartney et John Lennon assurent désormais l’écriture et signent quelques perles mémorables dans la foulée. Mais l’année 1964 se termine moins bien qu’elle n’a commencé. Les Beatles se dispersent trop, veulent tout bouffer porté par un Beatlemania qui les contraint à toujours en remettre une couche.

Au final, c’est tout l’inverse qui se produit et les Fab Four, trop sollicités, usés jusqu’à la corde par les plateaux TV, les tournées (deux, en 1964, pour le seul compte des Etats-Unis), le cinéma, la radio, pris dans l’éreintante l’hystérie collective accompagnant leur triomphe, ont un coup de mou au moment d’aborder, entre août et septembre 64, ce qui est leur quatrième LP.

C’est l’album de trop ; pour l'année en cours s'entend. Mais business is Bussiness et le quatuor se plie aux impératifs commerciaux autant qu'il subit le rythme infernal qu'on leur impose. Il y a une contrepartie à cette cadence : les Beatles n'ont pas beaucoup le temps de soigner leur écriture et doivent composer avec des reprises, ce qui est généralement annonciateur ou du syndrome de la page blanche, ou du manque de temps.

Prévu pour une publication pour les fêtes de fin d’année et pour respecter le rythme de deux albums par an, Beatles For Sale marque un pas en arrière dans la qualité et de ce fait, ne répond pas aux attentes générées par l’opus précédent.

Le résultat est moins heureux et c’est évidemment une grosse déception pour les fans. Sur les 14 titres, 6 morceaux sont repris à autrui : Words Of Love à Buddy Holly, Rock ‘n’ Roll Music à Chuck Berry, le medley Kansas City (Jerry Leiber et Mike Stoller)/Hey Hey Hey Hey (Little Richard), le controversé Mr Moonlight à Roy Lee Johnson, Everybody’s Trying To Be My Baby et Honey Don’t à Carl Perkins.

Toutes appartiennent à un répertoire que les Beatles connaissent sur le bout des ongles, puisqu’interprété régulièrement à l’époque du Cavern Club.

Outre ces reprises, Beatles For Sale proposent quelques nouveautés composées spécialement pour cet album, à savoir I’m A Loser, Eight Days A Week ou I Feel Fine, mais au final, rien de vraiment emballant, ce qui en fait un opus dispensable, pas essentiel, mais comme les Beatles en sont les auteurs, il est difficile de faire l’impasse.

Heureusement, ce n’est qu’un passage à vide et, dès Help, les Scarabées remettent l’église au milieu du village, et avec Rubber Soul qui se profile à l’horizon, on s’apercevra que, finalement, Beatles For Sale n’est pas si anodin que ça (RAZOR©).

 

1. No Reply.

2. I'm A Loser.

3. Baby's In Black.

4. Rock And Roll Music.

5. I'll Follow The Sun.

6. Mr. Moonlight.

7. Medley:Kansas City/Hey, Hey, Hey, Hey.

8. Eight Days A Week.

9. Words Of Love.

10. Honey Don't.

11. Every Little Thing.

12. I Don't Want To Spoil The Party.

13. What You're Doing.

14. Everybody's Trying To Be My Baby.

 

John Lennon:chant,guitare,claviers.

Paul McCartney:chant,basse,claviers.

George Harrison:chant,guitare.

Ringo Starr:chant,batterie.

 

LP Studio 5 - 1965

 

Beatles help

 

THE BEATLES

HELP! - 1965  5/5

 

Publié en août 1965.

Produit par George Martin.

Durée:34:13.

Label:Parlophone.

Genre:rock,folk-rock,rock & roll.

 

Sémaphore, très fort.

 

Au moment où les Beatles enregistrent Help (en écoute intégrale ici), entre le 11 août et le 26 octobre 1964, ils transforment tout ce qu'ils touchent en or. Cinquième LP studio de leur catalogue sorti début août 1965 au Royaume-Uni (une semaine plus tard sur le marché américain), le nouveau vinyl n'échappe pas à cette bonne habitude.

Préparé pour venir en soutien du film du même nom, Help! fait entrer de plain-pied le groupe dans la musique pop. C'est la deuxième fois que les liverpuldians s'essaient au cinéma. Il faut remonter un an en arrière pour trouver un précédent cinématographique avec A Hard Day's Night (1964).

Plus pop, Help! contient des perles comme la chanson éponyme, comme Ticket To Ride, Yesterday, des chansons superbes comme cette ballade You’ve Got To Hide Your Love Away, Tell Me What You See, un acoustique signé I’ve Just Seen A Face ou The Night Before, voire Another Girl. Seule la face 1 apparaît dans le long métrage, les autres titres en étant écartés par les membres.

Dernier album classique, Help!, 41 semaines dans les charts, marque l’apogée de la première partie professionnelle des Scarabées et peut être considéré comme un des disques majeurs du groupe et de la musique en général. Il est annonciateur d’un groupe qui va croissant dans la qualité.

Ne reste plus aux Beatles qu'à réaliser quelques expériences pour faire le tour de la question ; ce sera le cas avec le prochain album Rubber Soul, qui les fera visiter l’Inde et les mettra en relation avec les paradis artificiels (RAZOR©).

 

1. Help !

2. The Night Before.

3. You've Got To Hide Your Love Away.

4. I Need You.

5. Another Girl.

6. You're Going To Lose That Girl.

7. Ticket To Ride.

8. Act Naturally.

9. It's Only Love.

10. You Like Me Too Much.

11. Tell Me What You See.

12. I've Just Seen A Face.

13. Yesterday.

14. Dizzy Miss Lizzy.

 

John Lennon:chant,harmonies vocales,choeurs,guitare rythmique,guitare acoustique,piano,harmonica,tambourin.

Paul McCartney:chant,harmonies vocales,choeurs,basse,guitare acoustique,piano,orgue Hammond.

George Harrison:harmonies vocales,choeurs,guitare acoustique,guitare 12 cordes,tambour africain.

Ringo Starr:batterie,tambourin,maracas,timpani,cloches,bongos.

George Martin:piano.

 

LP Studio 6 - 1965

 

Beatles rubber soul

 

THE BEATLES

RUBBER SOUL – 1965  4,5/5

 

Publié en décembre 1965.

Produit par George Martin.

Durée:34:50.

Label:Parlophone.

Genre:folk-rock,pop-rock.

 

Un orteil dans le psyché.

 

Pour les amateurs de chiffres, Rubber Soul (décembre 1965/Parlophone) est le sixième LP des Beatles. Il est numéro 1 des charts UK pendant 8 semaines et affiche une présence de presqu'un an dans ces classements. Aux Etats-Unis, il squatte le leadership 6 semaines sur 59 qu'il reste dans le Billboard. Avec plus d’un million de pièces écoulées en quelques jours seulement, Rubber Soul, produit par le phénomène George Martin et placé dans le sillage de Help, est une double réussite commerciale et critique.

Mais ce qui saute aux yeux, ou plutôt aux oreilles, à l’écoute de Rubber Soul (en écoute intégrale ici), c’est que les Beatles s'émancipent de leur pop gentillette pour minettes (exception faite de Michelle) pour amorcer un virage plus rock et un poil psychédélique.

Les liverpuldians poussent les expériences plus loin. L’influence de ce qui se passe aux States, notamment de Bob Dylan et du folk-rock initié par les Byrds, est une des raisons pour lesquelles le son et le ton changent ; l’écriture est mieux maîtrisée par Lennon et McCa qui traversent des turbulences dans leur vie perso.

Par ailleurs, il est fait appel à de nouveaux outils de travail : du sitar sur Norvegian Wood, du clavecin pour In My Life, tandis que la fuzz box (Vox Tone Bender) est sortie pour Think For Yourself.

Fini les bons garçons, les Beatles deviennent adultes, grandissent dans leur tête et leurs perceptions changent sous l’effet conjoint de la marijuana et du LSD qu’ils commencent à consommer régulièrement. Rubber Soul, en ce sens, prépare aux albums de l’ère psychédélique à venir que sont Revolver et Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band et qui voient leur créativité artistique exploser.

L’orientation prise par ce disque explique également pourquoi aucun titre n’a fait de belle carrière en single, en dépit de titres aujourd’hui ultra connus comme Michelle, Norvegian Wood ou Drive My Car.

Rubber Soul est tout simplement imaginé différemment de ce qui a été précédemment réalisé ; c’est un album qui fait le lien entre les gamins adulés d’hier et les hommes avides d’expérimentations de demain. 1965 est un cap majeur pour eux. L’heure est grave si l’on s’en réfère à une pochette qui laisse une drôle d’impression avec des Beatles qui n’esquissent pas le moindre sourire et qui semblent nous alerter sur le changement qui nous attend à l’intérieur.

Primordial, le disque l’est donc dans le catalogue des musiciens de Liverpool. Qui plus est, il est bon, très bon même, bien équilibré, avec des titres simples, aux mélodies souvent magnifiques, aux harmonies grandioses, sans faille (quoi que What Goes On chantée par Ringo…), sans niaiserie musicale ou lyrique.

Pour moi, inutile de soulever le moindre pan de ce disque pour tenter d’y dénicher une faille ; Rubber Soul est un tournant historique dans la carrière des Beatles, une petite merveille.

Sans Rubber Soul, point de Revolver et de Sgt Peppers, d’où son importance capitale. Les amateurs de beau apprécieront : 4,5 (RAZOR©).

 

1. Drive My Car.

2. Norvegian Wood.

3. You Won't See Me.

4. Nowhere Man.

5. Think For Yourself.

6. The Word.

7. Michelle.

8. What Goes On.

9. Girl.

10. I'm Looking Through You.

11. In May Life.

12. Wait.

13. I Needed Someone.

14. Run For Your Life.

 

John Lennon:guitares,orgue,piano,percussions,chant,effets sonores.

Paul McCartney:basse,guitare électrique,piano,orgue,chant.

George Harrison:guitare acoustique,guitare électrique,sitar,chant.

Ringo Starr:batterie,percussions,orgue,chant.

George Martin:orgue,piano,harmonium.

 

LP Studio 7 - 1966

 

Beatles revolver

 

THE BEATLES

REVOLVER – 1966  5/5

 

Publié en août 1966.

Produit par George Martin.

Durée:34:43.

Label:Parlophone.

Genre:rock,pop,rock psychédélique.

 

Toujours plus haut.

 

Moderne avant l'heure, Revolver (en écoute intégrale ici) dont le visuel est signé Klaus Voorman, n'a pas pris une ride depuis sa parution. A plus de 50 balais, il se porte comme un charme, affichant toujours une belle densité et une fraîcheur égale.

Sorti à l'été 1966, le 7ème volume discographique des Beatles, prévu pour s'appeler Magic Circle, compte parmi ce que les gars de Liverpool ont fait de mieux dans leur carrière. Oeuvre magistrale, elle oscille avec maestria entre psychédélisme et expérimental.

On y retrouve, d’une part, des Beatles gentillets, les King de la mélodie facile et, d’autre part, des Beatles qu’on ne connaissait pas encore, tapant dans la boite aux substances psychés, voguant dans des paradis artificiels et expérimentaux.

On a donc, d’un côté les charmants et insouciants morceaux comme Got to Get You Into My Life, Eleanor Rigby ou For No One, Here, There and Everywhere, une mélodie style music-hall ou encore Yellow Submarine interprété par Ringo Starr, devenu depuis un classique pour enfants et que Henri Des aurait pu chanter.

L’autre facette de l’album, plus intéressante car méconnue, c’est Lennon qui fait part de ses trips et de ses dreams. Ca donne une dérive psychédélique dans She Said, She Said, Tomorow Never Knows (paroles empruntées à Timothy Leary dans Le Livre des Morts Tibétains), le paroxysme des expérimentations, et du sitar en veux-tu, en voilà (Love to you d’Harrison qui livre aussi Taxman, I want to tell you). Nous assistons dans Revolver et grâce à cette face cachée, à une seconde naissance des Scarabées. C'est un album majeur du catalogue des Beatles, un coup de maître et certainement le meilleur travail du groupe en ce qui concerne la première partie de sa carrière (RAZOR©).

 

1. Taxman.

2. Eleanor Rigby.

3. I'm Only Sleeping.

4. Love You To.

5. Here, There and Everywhere.

6. Yellow Submarine.

7. She Said She Said.

8. Good Day Sunshine.

9. And Your Bird Can Sing.

10. For No One.

11. Doctor Robert.

12. I Want To Tell You.

13. Got To Get You Into My Life.

14. Tomorrow Never Knows.

 

John Lennon:guitare acoustique,guitare électrique,orgue,harmonium,piano,percussions,effets sonores,chant.

Paul McCartney:basse,guitare électrique,piano,orgue,clavicorde,percussions,effets sonores,chant.

George Harrison:guitare acoustique,guitare électrique,sitar,tampoura,percussions,harmonica,chant.

Ringo Starr:batterie,percussions,chant.

George Martin:orgue,piano,effets sonores,orchestrations.

Mal Evans:choeurs.

Alan Civil:cor d'harmonie.

Anil Bhagwat:tablâ.

 

LP Studio 8 - 1967

 

Sgt pepper s lonely hearts club band

 

THE BEATLES

SERGENT PEPPER’S LONELY HEARTS CLUB BAND – 1967  5/5

 

Publié le 1er juin 1967 (UK), le 2 juin 1967 (USA).

Produit par George Martin.

Durée:39:43.

Label:Parlophone (UK),Capitol (USA).

Genre:rock psychédélique.

 

La perfection.

 

La fanfare du club des coeurs solitaires du Sergent Poivre”… vaste programme! En tout cas, Sergent Peppers (en écoute intégrale ici) est le 8ème opus des Scarabées. Peut-être leur plus grand, mais toujours le plus grand pour Rolling Stones (2003). Sorti en juin 1967, cet album a révolutionné les milieux musicaux.

Rassasiés de la Beatlemania et des tournées, John, Paul, George et Ringo retrouvent avec plaisir Abbey Road, leur studio pour élaborer du « never heard before ». 129 jours seront nécessaires pour donner le jour aux 13 chansons de l’album qui bénéficient pour l’essentiel de la collaboration Lennon-McCartney.

C’est le cas de With a Little Help From My Friends. Il y a celles écrites par Paul et complétées par John comme Getting better ou She’s leaving Home. Il y a celles écrites par John avec le concours de Paul comme Lucy in the Sky with Diamonds. Mieux, dans A Day in the Life (inspirée des journaux), les deux compères assemblent deux chansons écrites chacun dans son coin.

Les Beatles trouvent leur inspiration dans diverses sources : le cirque et une affiche notamment pour Being for the Benefit of Mr Kite, la sonorité de l’expression « Meter Maid » pour le morceau Lovely Rita, des travaux de restauration pour Fixing a Hole, des souvenirs de son père (Mc Cartney) pour When I’m sixty four, un dessin de Julian (Lennon) son fils pour Lucy in the Sky with Diamonds, un pub TV pour céréales pour Good Morning , l’univers de Ravi Shankar pour celle signée Harrison Within, without you.

Tout a été dit et interprété sur cet album mythique mais la seule chose à retenir, c’est qu’il est tout simplement génial, que la pochette a fait fureur à sa sortie et constitue une vraie rupture avec ce que faisaient les Fab Four jusqu’alors et que le précédent Revolver psychédélique laisse entrevoir.

En plus de son unicité, il a une valeur sentimentale pour moi car il ramène inlassablement à des souvenirs de jeunesse et à un certain Christopher Moore, notre correspondant anglais, souvenirs et conneries partagés avec le frangin. Jean-Marc, si tu m’écoutes… celui-là il est pour toi (RAZOR©).

 

1. Sgt Pepper’s Lonely Heart’s Club Band.

2. With A Little Help From My Friends.

3. Lucy In The Sky With Diamonds.

4. Getting Better.

5. Fixing A Hole.

6. She’s Leaving Home.

7. Being For The Benefit Of Mr. Kite !

8. Within You Without You.

9. When I’m Sixty-Four.

10. Lovely Rita.

11. Good Morning Good Morning.

12. Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band (Reprise).

13. A Day In The Life.

 

John Lennon:guitare acoustique,guitare électrique,orgue,piano,percussions,chant,effets sonores.

Paul McCartney:basse,guitare acoustique,guitare électrique,piano,orgue,chant,effets sonores.

George Harrison:guitare acoustique,guitare électrique?sitar,tambura,harmonica,percussions,chant.

Ringo Starr:batterie,percussions,piano,harmonica,chant.

George Martin:clavecin,orgue,piano,harmonium.

Mal Evans:piano,harmonica,harmonium,percussions,chant.

Neil Aspinall:harmonica,tambura.

Asian Music Circle:tablâ,dilruba,swordmandel,percussions indiennes.

London Symphony Orchestra.

 

LP Studio 9 - 1968

 

Beatles white album 68

 

THE BEATLES

THE WHITE ALBUM – 1968  5/5

 

Publié le 22 novembre 1968 (UK),le 25 novembre 1968 (USA).

Produit par George Martin.

Durée:93:45.

Label:Apple Records.

Genre:rock,pop.

 

Le début de la fin.

 

Très, très bon album des Fab Four sorti en novembre 1968, qui prend le contre-pied du psychédélisme. Chacun y va de ses chansons préférées et joue des coudes pour le voir figurer au programme de l'éponyme The Beatles, appelé aussi l'album blanc (The White Album). Il est le premier opus à paraître sous l'étiquette Apple.

Lennon, avec ses Revolution 9 aux expérimentations lennoniennes (McCartney ne voulait pas de ce titre sur le double blanc) et Dear Prudence (qui évoque la spiritualité très avancée de Prudence Farrow, la sœur de Mia lors d’un séminaire en Inde).

McCartney, avec Back in USSR (parodie de Back in the USA de Chuck Berry et de California Girls des Beach Boys, mais les milieux conservateurs américains y voyaient une propagande pour le communisme), Helter Skelter (pondu suite à une interview des Who en guise de réaction brutale à I Can See For Miles).

Harrison qui propose While My Guitar Gently Weeps (inspirée de la philosophie du Yi Jing) sur lequel Eric Clapton himself signe le solo de guitare. Piggies est un autre morceau signé George Harrison et un autre titre jugé pro-communiste.

Et puis il y a Obladi Oblada, écrit en hommage au reggae car de nombreux jamaïcains arrivaient alors en Angleterre et qui vient du nom d’un club fréquenté par les Beatles.

Ce disque marque le retour au rock 'n' roll, à la pop et au folk après trois années d'expérimentation en studio. Il solde aussi la période excentrique et psychédélique précédente. Sur la quanrantaine de titres disponibles, une trentaine sont retenus pour constituer ce qui est un double LP.

Très féconds, les Beatles s'offrent même le luxe d'écarter de cette sélection Hey Jude, préalablement publié en single fin août 1968.

A cette époque, les Beatles commencent à se diviser en raison d'une Yoko Ono devenue de plus en plus présente auprès de John Lennon et envahissante pour son entourage ; sa présence nuit au relationnel et au travail et ça agace les autres, d'autant qu'un pacte honorifique passé entre eux voulait qu'aucune femme ou petite amie ne vienne perturber leur processus créatif.

Parallèlement Ringo part, revient, repart, revient et George Harrison tente d'imposer son style. Malgré ces tensions durant les sessions, les Beatles parviennent à rester homogènes et à faire preuve d'enthousiasme et de créativité.

Dans un tel contexte, cet album aurait pu déboucher un sur catastrophe ; finalement, il s'avère encore très riche et est aussi mythique que ses prédécesseurs immédiats (RAZOR©).

 

1. Back In The U.S.S.R.

2. Dear Prudence

3. Glass Onion.

4. OB-LA-DI,OB-LA-DA.

5. Wild Honey Pie.

6. The Continuing Story Of Bungalow Bill.

7. While My Guitar Gently Weeps.

8. Happiness Is A Warm Gun.

9. Martha My Dear.

10. I'm So Tired.

11. Blackbird.

12. Piggies.

13. Rocky Raccoon.

14. Don`t Pass Me By.

15. Why Don`t We Do It In The Road.

16. I Will.

17. Julia.

18. Birthday.

19. Yer Blues.

20. Mother Nature's Son.

21. Everybody's Got Something To Hide Except Me & My Monkey.

22. Sexy Sadie.

23. Helter Skelter.

24. Long Long Long.

25. Revolution.

26. Honey Pie.

27. Savor Truffle.

28. Cry Baby Cry.

29. Revolution 9.

30. Good Night.

 

John Lennon:chant,harmonies vocales et chœurs,guitare acoustique et électrique,guitare solo,basse,piano,orgue,harmonium,harmonica,percussions,effets sonores sur 29. 

Paul McCartney:chant, harmonies vocales et chœurs,guitare acoustique et électrique,basse,piano,orgue,percussions,batterie,flûte à bec.

George Harrison:chant,harmonies vocales et chœurs,guitare acoustique et électrique,basse,orgue sur 7,percussions,,effets sonores.

Ringo Starr:chant sur 14/30,harmonies vocales sur 6, batterie,percussions,piano,percussions,cloches sur 14.

George Martin :celesta sur 30.

Eric Clapton :guitare solo sur 7.

Mal Evans:harmonies vocales,claquements de mains sur 2/18,trompette sur 23.

Jack Fallon:violon sur sur14.

Pattie Harrison:choeurs sur 18.

Jackie Lomax:chœurs et claquements de mains sur 2.

Yoko Ono:chant,chœurs et claquements de mains sur 14,chœurs sur 18, effets sonores divers sur 29.

Maureen Starkey:chœurs sur 6.

Ted Barker:trombone sur9.

Leon Calvert:trompette,bugle sur 9.

Henry Datyner,Eric Bowie,Norman Lederman,Ronald Thomas:violon sur 3.

Bernard Miller,Dennis McConnell,Lou Soufier,Les Maddox :violons sur 9.

Reginald Kirby:violoncelle sur 3/9.

Eldon Fox:violoncelle sur 3.

Frederick Alexander:violoncelle sur 9.

Harry Klein:saxophones sur 26/27.

Dennis Walton,Ronald Chamberlain,Jim Chest,Rex Morris:saxophones sur 26.

Raymond Newman,David Smith:clarinette sur 26.

Art Ellefson,Danny Moss,Derek Collinssaxophone sur 27.

Ronnie Ross,Bernard George:saxophone baryton sur 27.

Alf Reece:tuba sur 9.

The Mike Sammes Singers:chœurs sur 30.

Stanley Reynolds,Ronnie Hughes:trompette sur 9.

Chris Shepard:violon sur 6.

Tony Tunstall:cor français sur 9.

John Underwood,Keith Cummings:viole sur 3.

Leo Birnbaum,Henry Myerscough:viole sur 9.

 

LP Studio 10 - 1969

 

Beatles yellow submarine 59

 

THE BEATLES

YELLOW SUBMARINE – 1968  3/5

 

Publié le 13 janvier 1969 (USA), le 17 janvier 1969 (UK).

Produit par George Martin.

Durée:39:39.

Label:Apple Records.

Genre:rock,soundtracks.

 

Pas indispensable du tout.

 

Il en fallait bien un et le voilà ! Yellow Submarine est le mouton noir du catalogue des Beatles. Leur dixième album, publié en janvier 1968, n’est ni plus ni moins que la bande-son du film d’animation du même nom, dont les Beatles sont les acteurs et sorti sur les écrans près d’un an avant.

Sur la face 1, du Beatles. Sur la 2, du pas Beatles, c’est aussi simple que cela. Des six titres affectés aux liverpuldians les plus célèbres de la terre, quatre sont inconnus au bataillon et pour cause, ce sont des rescapés de sessions de 67 : All Together Now, qui ne vaut pas un clou, It’s All Too Much, psychédélique mais à peine mieux, Hey Bulldog et Only Northern Song qui eux, tiennent la route.

All You Need Is Love et Yellow Submarine sont plus familiers dans la mesure le premier cité est sorti préalablement en single et que le second connaît une deuxième vie après avoir figuré dans l’album Revolver. Résumons, deux inédits pas fameux, deux déjà entendus, une face B constituée d’instrumentaux pas mal gaulés de George Martin dont, franchement, je me tape comme de l’an quarante. Je suis venu pour les Beatles et là, rien ou peu.

La raison ? Les Beatles ne s’intéressent pas du tout à ce projet qu’ils réfutent complètement et traînent des pieds à confectionner à son intention la moindre chanson nouvelle.

Yellow Submarine en subit le contrecoup. Lennon avait de quoi haïr ce disque qui n’a rien pour lui. Ce lot est des plus insignifiants. C’est le mouton noir, je vous dis (RAZOR©).

 

1. Yellow Submarine.

2. Only a Northern Song.

3. All Together Now.

4. Hey Bulldog.

5. It's All Too Much.

6. All You Need is Love.

7. Pepperland.

8. Sea of Time and Sea of Holes.

9. Sea of Monsters.

10. March of the Meanies.

11. Pepperland Laid Waste.

12. Yellow Submarine in Pepperland.

 

John Lennon:guitare électrique,acoustique,banjo,ukulélé,harmonica,claviers,chant.

Paul McCartney:basse,guitare acoustique,contrebasse,tambourin,chant.

George Harrison:guitare électrique,acoustique,orgue,violon,tambourin,chant.

Ringo Starr:batterie,tambourin,chant.

George Martin:piano,orchestration.

 

LP Studio 11 - 1970

 

Beatles abbey road 1969

 

THE BEATLES

ABBEY ROAD – 1969  5/5

 

Publié en septembre 1969.

Produit par Goerge Martin.

Durée:47:02.

Label:Apple Records.

Genre:pop-rock,rock,pop.

 

Magnifique conclusion !

 

Abbey Road (en écoute intégrale ici) est le nom de l'artère londonienne située entre Camden et Westminster. C'est aussi et surtout la rue qui abrite, à son extrémité sud-est, les studios EMI qui prendront le nom d'Abbey Road en 1970, fief de la plupart des enregistrements des Beatles entre 1962 et 1969, mais où de nombreux artistes ont également enregistré. C'est le cas de Pink Floyd notamment.

Abbey Road est également le titre du dernier LP des liverpuldians, car, si Let It Be est sorti un an après (le 8 mai 1970), il a été enregistré avant. Ce 11ème album est passé à la postérité pour sa pochette affichant les quatre musiciens traversant un passage pour piétons. Le lieu est aujourd'hui intégré dans les visites touristiques de la capitale.

La photo popularisée par l'album est prise par Iain Mac Millan, le 8 août 1969 peu avant midi, après que la police londonienne ait bouclé le quartier. Le groupe vit alors ses dernières heures ; quelque 8 mois plus tard, en avril 1970, Paul McCartney annonce la fin des Beatles.

Quand Abbey Road est publié le 26 septembre 1969, on nage en plein délire médiatique : Paul McCartney serait mort trois ans plus tôt dans un accident routier. La rumeur naît après la parution d'Abbey Road et la pochette est l'élément déclencheur ; les indices les plus farfelus vont alors alimenter les commentaires complotistes et fleurir les presses conspirationnistes.

Non seulement Paulo serait mort mais le secret de son remplacement par un sosie est bien gardé. Par allusions, John, George et Ringo rendent hommage ou réfèrent souvent au bassiste.

La pochette ? Paul est pieds nus et dans la tradition indienne, c'est ainsi que se fait le passage dans l'au-delà. La plaque d'immatriculation de la Coccinelle (comme par hasard la Beetle en anglais) garée sur la gauche, LMW281F, cacherait un message codé : Living McCartney Would Be 28 If. Traduisez par Si McCartney était en vie, il aurait 28 ans...

Les imposteurs (les Beatles ne doivent pas être étrangers à ce montage médiatique) renvoient même à la couverture et aux textes de Sergent Peppers pour appuyer cette supercherie ; en épluchant les chansons de McCartney, ils en arrivent à faire des interprétations aussi loufoques les unes que les autres. Du moment que ça accrédite cette version...

N'empêche, les rumeurs de séparation vont bon train d'autant qu'au terme de ce disque, John Lennon persiste un peu plus avec son Plastic Ono Band (avec Yoko Ono). La rupture est consommée mais elle reste tue jusqu'à ce que Paul McCartney ne l'officialise au printemps 70.

Reste le disque. Dans ce contexte tendu et suspicieux, il est bien accueilli par le public. Les Beatles s'y montrent inspirés ; pour la dernière fois, ils laissent leur empreinte sur un répertoire pourtant diversifié.

Abbey Road est certainement le plus bigarré des albums des Beatles sur leur courte période d’existence de 6/7ans. Excellent opus sorti, il recèle quelques titres frais comme le sympa Octopus’s Garden chanté par Ringo, l’optimiste Here Comes The Sun (ballade dans laquelle se révèle toute la spiritualité de George Harrison), l’indémodable et romantique Something (encore et toujours George qui est au top de sa créativité) aux belles notes de guitare.

Le noyau dur dans cet Abbey Road, par lequel Lennon et McCartney se tirent la bourre une ultime fois, s'articule autour de Because, Oh Darling, titre parodique de Paul mais surtout de Come Together (McCartney), I Want You (Lennon) ou Maxwell’s Silver Hammer, réplique enfantine de McCartney que détestait Lennon qui s’est peu investi dans cet album et qui avait vraisemblablement d’autres chats à fouetter avec Yoko Ono.

C’est leur dernier vrai disque avant de tirer leur révérence, l’œuvre est majeure, riche et puissante, les chansons de Macca sont sublimes. On ne peut pas ne pas en être (RAZOR©).

 

1. Come Together.

2. Something.

3. Maxwell's Silver Hammer.

4. Oh! Darling.

5. Octopus's Garden.

6. I Want You (She's So Heavy).

7. Here Comes The Sun.

8. Because.

9. You Never Give Me Your Money.

10. Sun King.

11. Mean Mr. Mustard.

12. Polythene Pam.

13. She Came In Through The Bathroom Window.

14. Golden Slumbers.

15. Carry That Weight.

16. The End.

17. Her Majesty.

 

John Lennon:guitares,orgue,piano,chant,effets sonores.

Paul McCartney:basse,guitares,piano,orguechant,effets sonores.

George Harrison:guitares,basse,orgue,synthétiseur Moog,chant.

Ringo Starr:batterie,percussions,chant.

Mal Evans:piano,harmonica,harmonium,percussions,enclume,choeurs.

George Martin:clavecin,orgue,piano,harmonium.

Billey Preston:orgue sur 6.

 

LP Studio 12 - 1970

 

Beatles let it be 70

 

THE BEATLES

LET IT BE – 1970  4/5

 

Publié le 8 mai 1970 (UK),le 18 mai 1970 (USA).

Produit par Phil Spector.

Durée:35:13.

Label:Apple Records.

Genre:pop-rock,folk-rock.

 

Le disque de Paulo.

 

Si l’on se réfère à ce que les Beatles ont pu créer précédemment dans leur carrière, on pourra être déçu par Let It Be (en écoute intégrale ici). Si, par contre, l’on fait abstraction de cet aspect et que l’on écarte la trilogie Sgt Peppers, The Beatles et Abbey Road, ainsi que, à un degré moindre, Rubber Soul et Revolver, on verra Let It Be comme un très bon disque.

Sorti en 1970, il est un album que d’aucuns qualifient de posthume, étant paru un mois après que les Beatles se soient séparés. Le disque a été enregistré alors que des tiraillements commençaient à lézarder ce groupe mythique, raison pour laquelle il a mis du temps à être créer et à sortir.

Dans un premier temps, l’album a accouché de Maggie May et de One After 909 (live). Il devait,comme c’était initialement prévu, porter le nom du projet Get Back de McCartney. Le titre Get Back figure sur Let It Be et a été enregistré en live sur le toit de la maison de disques Apple, pour les besoins d’un documentaire du même nom que l’album (Dig A Pony, I’ve Got A Feeling sont également enregistrés en direct). Ce Rooftop Concert devait être la dernière fois que les 4 garçons dans le vent étaient vus ensemble sur scène, si tant est qu’un toit en soit une.

Dans Let It Be, vous trouverez des morceaux qui valent le déplacement. Outre Get Back de McCartney, un des meilleurs morceaux jamais réalisés par les Fab Four, une bien agréable ballade spirituelle signée Lennon (Across the Universe), dans laquelle il montre qu’il est encore capable de bien belles choses, I Me Mine une des plus grandes compositions de George Harrison, Let It Be orchestré par Phil Spector (et sans l’aval de son créateur Paul McCartney). Bonjour l’ambiance !

En 2003, Macca ripostera en sortant Let It Be…Naked. McCartney, par ailleurs n’était pas du tout satisfait du résultat de The Long And Winding Road, fait dans son dos. A écouter également, For You Blue (Ringo Star), Two Of Us (une chanson acoustique chantée par Lennon et McCartney, réconciliés pour l’occasion).

On a toujours dit que Let It Be était le dernier enregistrement des Beatles. Il est sorti en mai 1970, mais a été enregistré bien avant Abbey Road, qui demeure le chant du cygne des Beatles. C'est assurément le disque de Paulo (RAZOR©).

 

1. Two Of Us.

2. Dig A Pony.

3. Across The Universe.

4. I Me Mine.

5. Dig It.

6. Let It Be.

7. Maggie Mae.

8. I’ve Got A Feeling.

9. One After.

10. The Long And Winding Road.

11. For You Blue.

12. Get Back.

 

George Harrison:guitare,chant.

John Lennon:guitare rythmique,chant.

Paul McCartney:basse,chant.

Ringo Starr:batterie,chant.

Billy Preston:piano électrique,orgue.

DISCOGRAPHIE SOLO 70'S.

LP Studio 1 - 1970

 

Lennon plastic ono band

 

JOHN LENNON

PLASTIC ONO BAND – 1970  4,5/5

 

Publié en décembre 1970.

Produit par John Lennon,Yoko Ono,Phil Spector.

Durée:39:16.

Label:Apple Records.

Genre:pop-rock,folk-rock.

 

Banni hier, adulé aujourd'hui.

 

Les Beatles n’étaient rien ! . Ce n’est pas moi qui le prétend, c’est Lennon, en 1970, année de la sortie de Plastic Ono Band (en écoute intégrale ici), que l’on peut considérer comme son premier véritable album solo, si l’on veut bien ne pas considérer comme disques les trois bouses avant-gardistes déféquées avec Yoko Ono , entre 1968 et 1968 et que l’histoire n’a pas retenues.

1970 est une année où les Beatles rebondissent individuellement après la fermeture de leur entreprise commune. Outre Lennon, George Harrison publie l’excellent All Things Must Pass et McCartney y va d’un tout aussi bon premier LP éponyme. Ringo Starr se contente d’une premier œuvre acceptable : Sentimental Journey.

En criant haut et fort à la face du monde que les Beatles ne valent pas un pet de lapin, John Lennon veut montrer qu’il tire un trait définitif sur son passé de Fab Four et que son avenir se situe plus entre les bras de sa « Mother » comme l’indique la pochette de l’album.

A son propos, une précision s’impose pour éviter toute confusion éventuelle. Dans le même temps que Lennon publie son John Lennon/Plastic Ono Band de référence, sa mémère sort, sous Yoko Ono/Plastic Ono Band, un LP de 6 titres consitant en les restes de l’étron expurgé dans les expérimentations précédentes.

La différence entre les deux se situe au niveau de l’inversion des poses entre le couple. Pour éviter toute méprise, sur l’offre qui nous intéresse, Lennon est allongé contre Yoko Ono. Pour le reste, il est enregistré en même temps et par le même line-up que son prestigieux alter égo.

Mon premier contact avec ce Lennon introspectif et impudique n’a pas été des meilleurs. Sa manière d’envoyer tout le monde se faire foutre, de cracher dans la soupe, d’avoir les yeux de Chimène pour l’intruse responsable du split des Beatles, de s’abandonner en sa compagnie de manière provocante, de se fourvoyer artistiquement dans des disques inécoutables avec cette égérie et comme un toutou domestiqué, j’avoue ne pas avoir aimé du tout. Ou rien compris.

Pour moi, Lennon était jusque là une icône, les Beatles une autre, et il n’avait pas besoin de manier la controverse comme il le fit à la sortie de ce disque. C’était à l’époque et j’ignorais alors tout du contexte, de ce personnage complexe. J’avais surtout tendance à coller tout ce tintouin, un peu trop hâtivement et rapidement, sur le dos de sa dulcinée.

Les lignes de piano dépouillées, le son inhabituel, les guitares acides, la voix de Lennon presqu’à la limite de rompre, le côté torturé de l’écriture, cette façon crue de se dévoiler, tout cela me gênait beaucoup. Je ne devais pas être le seul. Erreur.

Avec le recul, et compte tenu de ce que l’on a depuis appris sur le sujet, Plastic Ono Band est un album d’émotion sans filtre, parfois terrifiant, rarement facile d’accès, même aujourd’hui. Il est surtout bouleversant.

Sous les abords sereins qui accompagnent le décor champêtre de la pochette, on est loin de s’imaginer que le contenu est aussi explosif et prompt à exorciser avec autant de force, les vieux démons qui habitent l’artiste : la perte de sa mère, le père qui l’a abandonné, l’enfance malheureuse…

L’introspectif Mother et son glas lugubre et tétanisant, l’un des plus grands morceaux de Lennon, l’émouvante complainte God, l’amer et à la limite du blasphème, Working Class Hero, donnent le ton d’un album rude, torturé, qui ne sort pour ainsi dire jamais de cette ambiance sombre, mélancolique et désespérée, partagé entre rock brut et magnifiques ballades.

Les fans du Lennon des Scarabées peuvent aller voir ailleurs. Personnellement, il m’a fallu du temps pour l’apprivoiser, mais maintenant que c’est fait, je me dis que j’ai failli passer à côté d’une merveilleuse œuvre. Encore fallait-il en maîtriser les tenants et les aboutissants (RAZOR©).

 

1. Mother.

2. Hold On.

3. I Found Out.

4. Working Class Hero.

5. Isolation.

6. Remember.

7. Love.

8. Well Well Well.

9. Look At Me.

10. God.

11. My Mummy's Dead.

 

John Lennon:chant,guitare acoustique,guitare électrique,piano,claviers.

Klaus Voormann:basse.

Ringo Starr:batterie.

Phil Spector:piano sur 2.

Billy Preston:piano sur 10.

LP Studio 2 - 1971

 

Lennon imagine 71

 

JOHN LENNON

IMAGINE – 1971  3,5/5

 

Publié en septembre/octobre 1971.

Produit par John Lennon, Yoko Ono, Phil Spector.

Durée:39:29.

Label:Apple,EMI.

Genre:rock.

 

Lennon redevient Lennon.

 

Je vais être clair et ne pas y aller par quatre chemins. Le Lennon de sa Yoko, ça n'a jamais été ma tasse de thé. Aux côtés de sa soit-disante muse, dans les travaux dans lesquels elle est, de près ou de loin, impliquée, les choses sur lesquelles elle a un droit de regard artistique, fut-il a minima, rares sont les moments du fondateur des Beatles à me sensibiliser.

Le bordel que sa mémère a mis dans les Beatles, précipitant sa fin même, le rebond du couple sur le Plastic Ono Band que j'ai eu du mal à assimiler et surtout à comprendre, la manière expéditive de faire une croix sur le passé des Beatles, , voire de cracher carrément dans la soupe, le nombrilisme de l'anglais et de son aînée, leur côté provoc', je n'ai pas aimé du tout... Avec le temps, mon aversion pour ce duo s'est certes tempéré, même si je ne suis pas pour autant devenu un supporter inconditionnel non plus.

C'est plus Imagine (en écoute intégrale ici) que l'album précédent avec le Plastic Ono Band qui, au fil du temps, m'a réconcilié avec Lennon. Dans ce LP de 71, j'ai retrouvé un artiste que j'estimais avoir perdu depuis que les Fab Four ont, par sa faute et sous l'influence de sa nipponne, viré en eau de boudin.

Deuxième album de Lennon après Plastic Ono Band, dont il revendique la continuation de l’idée initiale et le grand écart trop conséquent avec son passé en s'inventant un style plus personnel, Imagine, enregistré en juillet 1971, aurait pu être un disque des Beatles. L'espace d'un album, Lennon redevient peu ou prou, ce qu’il a été dans les sixties.

Lennon, entouré d'une pléïade de musiciens, y parle de lui, de Yoko sa bienaimée (Oh my Love et Jealous Guy, repris du temps des Beatles sous le titre Child of Nature), règle ses comptes avec McCartney (How do you sleep ?), évoque ses rêves et idéaux dans Imagine, critique les soldats (I Don’t Wanna Be a Soldier).

On retiendra surtout de cet album, Imagine, un très beau morceau hier et aujourd'hui un hymne plébiscité dans le concert de violence subi régulièrement à l'international, Jealous Guy, un autre temps fort et une vraie pépite, Gimme some Truth, super arrangé, Oh My Love, belle ballade et Cripple Inside, très frais. It’s so hard est efficace. How est pas mal, sans plus.

Le reste ne m'émeut aucunement et il y en a trop pour Yoko, Oh Yoko ! Oh Oh ! Basta ! Arrête ton char...

Je crois que Lennon, dans cet album, a encore du Lennon des Scarabées dans le sac avec une capacité créatrice nourrie et intacte, mais, visiblement, il a pété un câble le John. L'amour rend aveugle... Sa révolution, c'est avec un fusil en plastique et des balles en caoutchouc qu'il la mène. Musicalement, je n'adhère que modérément. Le statut d'album culte du rock me semble un tantinet surfait. Mais ça n'engage que moi (RAZOR©).

 

1. Imagine.

2. Crippled Inside.

3. Jealous Guy.

4. It's So Hard.

5. I Don't Want To Be A Soldier.

6. Gimme Some Truth.

7. Oh My Love.

8. How Do You Sleep ?

9. How ?

10. Oh Yoko !

 

John Lennon:chant,guitares,piano,harmonica.

George Harrison:guitare solo,slide guitare,dobro.

Rod Linton,Joey Molland,Tom Evans,Andy Davis,John Tout,Ted Turner:guitare acoustique.

Klaus Voorman:basse,contrebasse.

Steve Brendell:contrebasses,maracas.

John Barham:harmonium,vibraphone.

Nicky Hopkins:piano,piano électrique.

King Curtis:saxophone.

The Flux Fiddlers:cordes.

Alan White:batterie,cymbales,vibraphone.

Jim Gordon,Jim Keltner:batterie.

Michael Pinder:tambourin.

Phil Spector:choeurs.

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